⭐⭐⭐Livre sur les milliardaires africains par Chris Bishop

Introduction

Le livre « Africa’s Billionnaires » du journaliste Chris Bishop dresse le portrait de célèbres milliardaires africains.

Points clés à retenir

1. Aliko Dangote et ses connexions – Nigéria

Aliko Dangote est né dans une riche et influente famille commerçante dans la ville de Kano au nord du Nigéria. La légende veut que sa première entreprise commerciale a été de vendre des bonbons dans la rue. En réalité, il achetait les bonbons et ses serviteurs les vendaient.

A 20 ans, en 1977, il obtint un prêt de 500 000 nairas de son oncle pour se lançait dans le commerce de matières premières et autres denrées essentielles : riz, pâtes, sel, coton, millet, cacao, textiles et huiles végétales.

Il mit en place un important réseau de distribution à travers le pays afin de fournir les marchandises plus rapidement et efficacement que ses concurrents. Cela lui permit par la même occasion de développer ses talents de négociation et de vente.

Aliko Dangote réalisa l’importance du ciment dans le développement de l’infrastructure. Il utilisa ses relations pour obtenir un permis d’importation. La demande était insatiable et le succès fut instantané. Il prit alors la décision d’investir dans la production et l’exportation du ciment dans les autres pays africains.

En 2002, il fit construire sa propre usine de ciment au nord du Nigéria à l’aide de subventions gouvernementales…

Malgré cela le projet ne fut pas une sinécure. Aliko ne souhaitait pas attirer l’attention de ses concurrents en faisant une étude de faisabilité.  Au milieu du projet, des difficultés avec le terrain sélectionné causèrent une révision complète des plans. D’autre part, la faiblesse capitalisation du système bancaire rendait difficile le financement de 480 millions de dollars du projet. De plus, les prêts bancaires étaient généralement limités à 90 jours. Finalement, il réussit à obtenir un prêt de 478 millions de l’IFC une filiale de la Banque Mondiale.

Mais le problème principal concernait l’énergie. Il fallait construire un pipeline de 92 km pour acheminer le gaz ainsi que toutes sortes d’infrastructures inexistantes à l’époque. En 2003, malgré quelques problèmes, l’usine fut opérationnelle.

Le Groupe Dangote fut introduit en bourse en 2012 au Nigéria puis à Londres quelques semaines plus tard avec une capitalisation boursière de 11 milliards de dollars.

Dangote prévoit de développer ses exportations en Afrique du fait des incitations gouvernementales à l’exportation et de la franchise de droits de douanes. D’autres usines sont en construction en Afrique de l’Ouest. Ses prochains projets sont dans le domaine du pétrole, notamment dans la construction de raffineries. En effet, une grande partie du pétrole produit en Afrique doit être transformé à l’extérieur du continent avant d’être importée à grands frais.

2. Mohamed Dewji, l’héritier – Tanzanie

A l’inverse de la plupart des autres milliardaires africains, Mohamed Dewji n’a pas fait sa fortune dans la production ou le commerce des matières premières mais dans la production de biens de première nécessité comme la nourriture et l’habillement.

Les grands-parents de Dewji ont fui la misère du Gujarat en Inde pour s’installer à Singida en Tanzanie. Ils survécurent en achetant des produits de base au prix du gros et en les revendant au détail.

Dans les années 1970, Gulam Dewji, le père de Mohamed, créa un commerce d’import-export qui deviendra le géant MeTL. Au total, la fortune amassée par le père représentait environ 560 millions de dollars.

Le fils, bien qu’éduqué aux États-Unis, apprit les ficelles du métier avec son père lors des congés d’hiver et d’été. Par exemple, il accompagna son père à 11 ans lors d’une visite d’affaires en Chine pour y rencontrer des entrepreneurs et hommes d’affaires.

Après un diplôme de Georgetown, à Washington D.C., il devint brièvement trader à Wall Street. Comme sa carrière ne semblait le mener nulle part, son père lui demanda de revenir en 1999. Il devint rapidement le PDG du groupe à 29 ans.

Mohamed développa le groupe en créant des opérations en Ouganda, au Malawi, en Zambie et au Mozambique. Il fit l’acquisition d’entreprises publiques décrépites dans le textile et la transformation d’aliments pour les rendre profitables.

En plus de la production, Dewji a développé un réseau de distribution à travers le pays avec plus d’une centaine de points de vente et un millier de camions. C’est cela qui lui a permis de battre la compétition d’Unilever et d’autres multinationales.

Dewji reconnaît que son principal avantage a été de disposer du capital accumulé par son père à partir de rien. Même ainsi, ses projets se sont heurtés à la difficulté de trouver un financement bancaire en Tanzanie. Il dut même rechercher du capital en Afrique du Sud dans certaines occasions.

Mohamed Dewji a aussi engagé son conglomérat dans une série d’activités spéculatives : production de fibre d’agave, terres arables, terrains immobiliers à Dar es Salaam. Celles-ci ont été profitables jusqu’à présent. En revanche, d’autres aventures telles que l’achat d’un club de football et le projet de concurrencer Coca-Cola ont été des échecs retentissants.

Dewji prétend travailler 100 heures par semaine. La majorité de son temps de son temps est occupée à lire et répondre à des courriels et assister à des rencontres. Certains détracteurs estiment que Mohamed Dewji perd du temps et de l’argent dans des activités frivoles comme ses activités caritatives dans sa ville natale.

Par ailleurs, son goût ostentatoire pour le luxe et sa double carrière en politique et dans les affaires entre 2005 et 2015 lui ont créé de nombreux ennemis.

3. Sudhir Rupaleria, le self-made man – Ouganda

Ruparelia a bâti une fortune estimée à 1,1 milliard de dollars en 30 ans à partir d’un capital de seulement 25 000$. Il n’est pas né dans une famille riche, n’a pas hérité d’une entreprise familiale et n’avait personne pour le guider.

La famille de Ruparelia s’était installée en Ouganda en 1903 où elle gérait une station-service dans le Parc National Queen Elisabeth.

En 1972, Les parents du jeune Sudhir fuirent l’Ouganda après que le nouveau président Idi Amin déclara indésirables les 60 000 Indiens présents au pays. Comme beaucoup d’autres, il se réfugièrent à Londres et Sudhir ne tarda pas partir lui aussi.

Il arriva dans un camp de réfugié, mais refusa d’y passer plus qu’une journée. Après avoir rejoint des amis dans un deux-pièces surpeuplé, il s’arrangea pour obtenir un emploi dans un supermarché payé 30$ par semaine. Il occupa toutes sortes de petits boulots pendant les deux années suivantes, cumulant parfois trois emplois en même temps pour subvenir à ses besoins.

D’après Rupaleria : « lorsque vous avez occupé ces emplois subalternes, vous savez ce qu’est la vie. »

Il rencontra sa future épouse Jyotsna dans un bus. Jyotsna devint banquière et le couple acheta et rénova des propriétés pendant le boom des années 1980. Avec ses profits immobiliers, Rupaleria repartit s’installer en Ouganda en 1985. Malgré deux coups d’état successifs, Rupaleria prit le temps d’étudier son environnement et les opportunités.

Il en identifia deux. D’abord, il y avait une pénurie de devises étrangères. Ensuite, la guerre civile ayant détruit les brasseries, Rupaleria raisonna que les gens trouveraient toujours de l’argent pour acheter de la bière.

En 1986, Rupaleria ouvrit un magasin de vente de bière, de vin et de sel et se positionna comme l’intermédiaire entre les importateurs et les distributeurs à Kampala. Son expérience à Londres lui avait appris à être discipliné et il gagna ainsi la confiance des importateurs, confiance qui se traduisit par des facilités de crédit.

Rupaleria fit ensuite le nécessaire pour devenir lui-même un importateur. Afin d’acquérir les devises indispensables au commerce international, il mit en place un service de change où la concurrence était pratiquement inexistante. La forte demande pour des devises étrangères propulsa son entreprise. Avec les profits, Rupaleria investit dans l’immobilier en sélectionnant les meilleurs quartiers de la ville.

En 1995, son service de change générait plus de profits que les banques commerciales. Rupaleria décida alors de créer sa propre banque Crane Bank avec 1 million de dollars. Il offrait des services peu onéreux, simplifiés, avec des horaires étendus et une ouverture le samedi. Ce fut à nouveau un succès populaire.

Meera Investments, la branche immobilière de son groupe, possède à ce jour plus de 300 propriétés résidentielles et commerciales dont un complexe hôtelier estimé à 165 millions de dollars. Une des clés du succès de Rupaleria a été d’investir 90% de ses profits dans l’acquisition de biens immobiliers.

Plus récemment, Rupaleria s’est lancé dans la production de roses à destination du marché européen, ce qui lui rapporte 5 millions de dollars annuellement. Ses projets d’expansion ont été contrariés à cause d’ accusations de pollution. Mais en 2013, les autorités ont finalement blanchi Rupaleria.

4. Herman Mashaba, le meilleur vendeur – Afrique du Sud

Hermann Mashaba est né dans la campagne sud-africaine au nord de Pretoria en 1959. Son père est décédé alors qu’il n’avait que deux ans, laissant sa mère seule pour élever cinq enfants.

L’adolescent Mashaba n’était pas intéressé à travailler pour une riche famille blanche comme sa mère ou ses amis du quartier. Il préférait organiser des jeux de hasard dans la rue même si cela pouvait s’avérer dangereux.

Après un bref passage à l’université, Mashaba retourna chez lui pour éviter les affrontements entre étudiants et forces de l’ordre au plus fort de l’apartheid.

Herman Mashaba consommait et vendait du cannabis. C’était de plus un voleur notoire.

Après quelques emplois alimentaires, il décida de devenir vendeur en porte à porte dans une banlieue blanche. Malgré les risques de se faire contrôler par la police, les insultes racistes, il découvrit qu’il était capable de vendre à peu près n’importe quoi pour peu qu’on le laisse rentrer.

Au début des années 1980, la coupe Afro devint très populaire. Mashaba eut l’idée de vendre des produits capillaires adaptés. Ainsi, il empochait 4000 rands par mois lorsque les autres gagnaient quelques centaines de rands, tout au plus.

En 1984, il s’associa avec Joseph Molwantwa un autre vendeur et Johan Kriel un Afrikaner qui avait une expertise dans les produits de soin pour les cheveux. Pour le financement, il fit appel à Walter Dube un entrepreneur du bidonville qui lui prêta 30 000 rands contre 10% d’intérêts et 25% des parts sociales de « Black Like Me ». En à peine sept mois, le prêt fut remboursé. Les produits se vendaient extrêmement bien et commençaient à avoir du succès au-delà de l’Afrique du Sud.

En 1993, à cause des lois d’apartheid qui l’empêchaient de s’installer en zone industrielle, Mashaba fit construire une usine dans le bidonville. Ce fut une autre réussite jusqu’à ce qu’un incendie criminel la détruise.

En 1997, Mashaba vendit l’entreprise à Colgate-Palmolive avec profit. Deux années plus tard, il la racheta à prix modique et changea le nom de la marque !

Après la fin de l’apartheid, Mashaba participa au programme gouvernemental « Black Economic Empowerment » dont l’objectif était d’aider à l’émergence d’élites économiques noires. Ainsi, il put investir 40 millions de rands dans Samancor, la plus grande compagnie minière de chrome du monde. Quelques années plus tard, sa participation était valorisée à 2 milliards de rands. Il fit un profit comparable avec son investissement dans Stocks Building Africa.

5. Tim Tebeila n’abandonne jamais – Afrique du Sud

Tim Tebeila a grandi dans le plus grand dénuement. Ses parents devaient travailler à Johannesburg tandis que lui et ses six frères et sœurs devaient survivre dans Sekhukhune, un village isolé au Nord.

Ses parents pouvaient s’absenter durant deux mois. Il fallait bien apprendre à se débrouiller seul et faire le maximum avec le peu qu’il avait. Par exemple, Tim achetait un cageot de pommes et les vendait à la pièce. Il eut aussi l’idée de faire une entente avec des chauffeurs de bus pour obtenir des pommes plus fraîches d’un marché mieux achalandé mais lointain.

Il devint un leader de l’organisation South African Youth Congress qui fut réprimée par les autorités. Pour se mettre à l’abri, il pouvait passer plusieurs jours cachés dans les montagnes en endurant le froid et la faim sans broncher.

Après ses études, il devint enseignant mais ses activités politiques lui coutèrent son poste. Sans argent, il dut survivre quatre mois durant avec une demie-miche de pain chaque jour. Il obtint finalement un poste d’enseignant dans une autre province pour un salaire de misère.

Pour arrondir les fins de mois, il se mit à vendre des polices d’assurance à ses collègues. Après quelques mois, son activité lui rapportait douze fois son salaire d’enseignant.

En 1994, le marché de l’assurance vie fut transformé comme tout le reste par la fin de l’apartheid. Le salaire des professeurs noirs fut revalorisé et un nouveau marché s’offrait à Tim. Le courtier qu’il créa, Morethi Insurance Brokers, connut malgré tout des difficultés et Tim choisit de nouvelles voies.

Constatant l’énorme besoin en infrastructure de sa province d’origine Limpopo, Tim Tebeila créa une compagnie de construction avant de se lancer dans l’industrie minière.

Tim Tebeila essuya dix refus lorsqu’il chercha à obtenir des droits d’extraction. En 2004, il trouva une mine de charbon avec un grand potentiel et en 2005 le gouvernement lui octroya une licence d’exploitation. Il lui restait à trouver 1,5 million de rands pour l’exploration mais il n’avait plus d’argent et aucune banque ne voulait lui prêter les fonds.

Tim Tebeila se retourna vers les gens de la région qui le connaissaient et avaient confiance en lui pour obtenir un financement. Après avoir réuni l’argent nécessaire, il engagea une firme de géologues pour l’exploration du site. Malheureusement la firme fut dissolue et le géologue en chef s’enfuit en Australie avec les résultats de l’exploration.

Plutôt que d’avouer la vérité aux villageois, Tim essaya de trouver une solution. Après quelques recherches, Tim découvrit que le laboratoire avait conservé les résultats d’exploration et un expert monta un rapport à partir de ces données.

Après des mois d’efforts infructueux pour trouver une compagnie minière capable de développer le site, Tim fut contacté par Coal Africa qui lui racheta les droits pour 90 millions de rands.

6. Pascal Dozie, le vieux sage – Nigéria

Pascal Dozie est né en 1939 à Oweri en pays Imo dans l’est du Nigéria dans une famille aisée. Il fut envoyé étudier à la London School of Economics. Après ses études, il occupa un emploi au « National Economic Development Office », un organisme de planification économique.

Entre 1967 et 1970, la guerre civile faisait rage au Biafra et Dozie préféra rester hors de danger. De retour au Nigéria en 1971, il créa une société de conseil : « African Development Consulting Group ». Il obtint presque aussitôt des contrats juteux avec Pfizer et Nestlé.

Dans son temps libre, Dozie écrivait des articles dans Business International.

Dans les années 1980, Dozie observa que les marchands qui voyageaient entre l’est du Nigéria et Lagos transportaient souvent beaucoup d’espèces avec tous les risques que cela comportait. Il eut l’idée de proposer un service de paiement électronique.

La tâche ne fut pas aisée. Les clients potentiels ne voulaient pas faire affaire avec une nouvelle banque qui pourrait disparaître du jour au lendemain. Il fallut donc envoyer ses employés convaincre les marchands de déposer leur argent chez lui. Après quelques années, en 1991, la Diamond Bank vit le jour.

En 1998, Dozie reçut une proposition exceptionnelle. La compagnie de Télécommunications sud-africaine MTN proposa d’investir massivement dans une nouvelle filiale nigériane MTN Nigéria où les Nigérians devraient participer à hauteur de 40%. Dozie fit un « road show » à Londres et aux États-Unis pour obtenir des financements des riches expatriés Nigérians, mais avec un succès limité. Seul 20% du financement fut réuni mais MTN alla quand même de l’avant avec le projet.

Depuis, les investisseurs nigérians ont multiplié leur mise par 20.

Pascal Dozie est désormais à la tête d’un fonds d’investissement Kunoch dont la capitalisation est estimée à 50 millions de dollars.

7. Reginald Mengi, le touche-à-tout – Tanzanie

Reginald Mengi est aujourd’hui un magnat des médias africains avec une fortune estimée à 500 millions de dollars. Mengi a grandi dans une famille très pauvre au nord de la Tanzanie près du Kilimandjaro.

Alors qu’il n’avait pas encore terminé le lycée, il déposa sa candidature pour une bourse afin d’étudier à Glasgow en comptabilité. De façon inattendue, sa demande fut acceptée et il quitta l’école sans plus de formalité en dépit de tous ceux qui voulaient le convaincre de rester en Tanzanie.

Une fois en écosse, il décida que la comptabilité ne l’intéressait pas. Il put rester sur place en faisant des petits boulots. Il fit aussi l’école du soir pour finir ses études secondaires.

Par la suite il fut engagé chez PriceWaterHouseCoopers où il grimpa les échelons un à un. Neuf ans plus tard, il profita d’une mobilité interne pour aller au Kenya. Il démissionna quelques heures après son arrivée pour retourner dans la Tanzanie voisine.

Dans les années 1980s, la Tanzanie socialiste souffrait de pénuries continuelles de biens de consommation courants. Après une journée passée à chercher en vain un simple stylo, Mengi contacta un fournisseur au Kenya et commença à vendre des stylos. Il élargit son offre progressivement : du savon, du papier toilette, du détergent, des lits, des chaussures, du dentifrice.

Réalisant que le contrôle d’un média offrait une grande influence à son propriétaire, Mengi créa IPP Group. En 1994, il fit l’acquisition du Guardian en Tanzanie puis à peine un an plus tard de la chaîne de télévision ITV.

Plus récemment, son groupe IPP s’est diversifié dans l’industrie minière.

8. Stephen Saad, l’ambitieux chanceux – Afrique du Sud

Stephen Saad est devenu millionnaire à 29 ans et milliardaire à 50. Il possède aujourd’hui un conglomérat valorisé à 200 milliards de rands.

Saad semble avoir un talent pour identifier les opportunités sur le marché et les exploiter. Ainsi sa compagnie couvre des secteurs divers : produits pharmaceutiques, éducation etc.

Tout a commencé par un incroyable coup de chance. Le propriétaire de la compagnie QuickMed lui offrit un poste de représentant en produits pharmaceutiques alors qu’il était encore dans la vingtaine. Cela l’a conduit à aller dans les bidonvilles où la violence était endémique dans les années 1980.

Aucun blanc n’osait aller là-bas. Pourtant ce furent les années les plus formatrices de Stephen Saad. De plus, il réalisa qu’il existait des opportunités énormes. Les gens des bidonvilles étaient sensibles au prix mais étaient prêts à payer le prix fort pour leur santé.

Par la suite Saad fit l’acquisition de 50% de QuickMed. Du fait de sa croissance, QuickMed apparut sur le radar des grandes compagnies pharmaceutiques qui lui rachetèrent sa filiale Covan Zurich.

Saad lança sa propre affaire, cette fois dans le domaine de l’éducation en rachetant et restructurant une institution d’enseignement privé : Varsity College. Surtout, Saad et son associé Michael Attridge lançèrent une campagne marketing agressive promettant un remboursement si l’élève ne réussissait pas ses examens.

En à peine 3 ans, ils convertirent un investissement de 185,000$ en un profit de 12 millions de dollars lors de la vente à LeisureNet.

Avec Michael Attridge et Steve Sturlese, ils fondèrent Aspen Healthcare. L’objectif de la compagnie était parfaitement clair : acheter des licences de distribution aux multinationales pour leurs produits moins connus pour les offrir à des clients désireux de payer pour la qualité.

Quelques années plus tard, malgré le scepticisme de la communauté financière, Aspen (200 employés) racheta une autre compagnie pharmaceutique bien plus grande : SAD (3000 employés).

Aujourd’hui, l’argent investi dans les usines de production au Cap-Oriental sont parmi les plus avancées au monde et exportent leurs produits dans plus de 100 pays.

9. Nicky Oppenheimer et sa vieille fortune – Afrique du Sud

Nicky Oppenheimer vient d’une vieille famille juive qui est derrière la création des géants miniers De Beers et Anglo American. Aujourd’hui, la famille se tourne vers le placement privé avec une fortune estimée à 7 milliards de dollars.

Selon Oppenheimer : « Vous devez apprendre à vous entendre avec les autres. Vous devez apprendre à faire la part entre le baratin et les choses sérieuses. Ensuite, il vous faut avoir du bon sens et une idée d’où vous voulez aller. »

Harry Oppenheimer, le père de Nicky a pris soin de l’initier aux affaires comme son père Ernest avant lui. Il apprit à Nicky que les affaires sont avant tout une évaluation des risques et que pour avoir du succès il n’y a pas d’autres choix que de prendre des risques.

A 7 ans, il fut envoyé en Angleterre dans Harrow, la même école élitiste que Churchill. Il étudia à Oxford les sciences politiques, la philosophie et l’économie, mais sans trop se forcer et en profitant de ses jeunes années.

En 2011, après la vente de De Beers qui ne s’est jamais vraiment remis de la crise de 2008, Oppenheimer et Temasek ont créé Tana Africa, un fonds d’investissement avec une participation à parts égales de 150 millions de dollars.

Le fonds investit dans pratiquement tous les secteurs : l’alimentation, des biens de consommation, le commerce de détail, l’éducation, la santé, les médias, la logistique, l’agriculture et les services financiers.

10. Narendra Raval, le gourou des puissants – Kenya

Narendra est arrivé au Kenya en 1978 à 16 ans pour officier en tant que prêtre hindou. En prévision de son mariage, il dut finalement quitter le temple et se trouver une nouvelle occupation.

Raval et son épouse ouvrirent une boutique avec l’aide d’un ancien ministre des finances qui avait apprécié ses conseils alors qu’il était gourou.

Raval et sa femme se répartirent les rôles pour tenir la boutique et faire les livraisons. En 1986, le revenu mensuel de leur affaire s’élevait à 24,000$.

Narendra décida de s’embarquer dans une entreprise d’une autre ampleur en construisant une usine sidérurgique. Il fit à nouveau jouer ses relations en s’attachant les services de l’ancien président kenyan Daniel arap Moi. En 1989, il obtint 30 acres (environ 12 hectares) de terrains industriels pour la somme dérisoire de 4,000$.

De plus, la Kenya Commercial Bank, une institution gouvernementale, lui prêta l’équivalent de 700,000$ pour construire l’usine.

Les compétiteurs de Raval furent moins tendres avec lui et l’accueillir avec une guerre des prix. La situation devint si critique que Raval exigea de ses salariés qu’ils ne soient pas payés pendant trois mois, hormis une allocation pour se nourrir…

Alors que tout semblait perdu, en 1992 les prix de l’acier doublèrent pratiquement du jour au lendemain et Devki Steel engrangea d’énormes profits. Le conglomérat a continué à se développer depuis et à se diversifier.

Le groupe produit désormais 200,000 tonnes de métaux chaque année. Depuis 2010, Raval investit également dans le ciment. En 2014, il reçut un prêt de 70 millions de la Banque Mondiale pour augmenter sa production de ciment.

Raval a par ailleurs refusé une offre de Aliko Dangote pour ses activités dans le ciment. Dangote a par la suite essayé de s’implanter directement au Kenya, pour l’instant sans succès.

Aujourd’hui, la fortune de Raval est estimée à 400 millions de dollars.

11. Christo Wiese, le Sam Walton africain – Afrique du Sud

Christo Wiese a fait fortune dans l’habillement à partir d’une idée simple : même les pauvres veulent avoir l’air chic.

Wiese a grandi dans la petite ville de Upington en Afrique du Sud. Le fils d’un couple de fermiers entrepreneurs, il a toujours aimé l’indépendance. Pendant ses études de droit, il participa à l’entreprise familiale « PEP Stores » fondée en 1965, une chaîne de magasins de vêtements bon marché.

Après son diplôme en 1967, il rejoignit l’entreprise comme administrateur. Entre 1973 et 1979, il choisit de s’éloigner en devenant avocat au barreau du Cap. A cette même époque, il acheta une mine de diamant non loin de Upington pour 20 millions de dollars. Il la vendit cinq ans plus tard avec un important profit.

En 1981, ceci lui permit de racheter les parts de PEP Stores détenues par le fondateur, son cousin pour l’équivalent de 100 millions de dollars d’aujourd’hui. A ce moment-là, la chaîne incluait environ 450 boutiques et une épicerie, Shoprite.

Pour Wiese, un entrepreneur doit accepter que dès lors qu’il dépasse la moyenne, il devient une cible. Les autres se disent : « Ce type n’est pas plus malin que moi. Pourquoi a-t-il du succès alors que moi je suis plus intelligent et que je ne réussis pas aussi bien ? »

Wiese reconnaît qu’il existe de multiples façons de s’enrichir, mais qu’il y a une constante : « la règle d’or est que faire fortune prend des décennies. »

Dès 1982, Wiese changea le nom de la chaîne en Pepkor, réduisit les coûts, fit l’acquisition de 11 usines pour fabriquer les vêtements vendus dans ses magasins. Il mit sur pied un système d’entrepôts qui lui permit de faire des économies et ouvrit une centaine de magasins par an.

En 1985, le rand perdit la moitié de sa valeur face au dollar. La compagnie connut sa première crise et Wiese réagit en la restructurant. Certains actifs furent vendus. Shoprite fut séparé de la holding.

Wiese remarque à ce propos que « se sortir d’un mauvais pas, est quelque chose qu’on n’apprend que par l’expérience. »

Selon Wiese, sa compagnie est fondée sur cinq piliers : la foi, l’optimisme, l’enthousiasme, la compassion et l’effort.

Il a su s’entourer des bonnes personnes pour créer des équipes, les motiver et les guider. D’après lui, la sélection de ces personnes est plus le fruit du hasard que de la sagesse. Néanmoins, « vous essayez de juger la personne vit sur la même planète que vous, s’ils voient les choses de la même manière que vous. Souvent, vous avez été ami avec elle depuis des décennies et il se trouve que vous vous entendez aussi bien dans les affaires que dans la vie. »

En 1994, son groupe s’installa en Zambie. En 1999, ce fut le tour de l’Europe.

En 2015, Wiese fit l’acquisition de Virgin Active, la chaîne de remise en forme de Richard Branson. Wiese précise que Virgin Active remplissait tous les critères selon lui : Direction solide, des résultats avérés, un grand potentiel de croissance et la participation des directeurs dans le capital.

12. Wendy Appelbaum, la dilettante – Afrique du Sud

Wendy Appelbaum est née dans une riche famille juive en Afrique du Sud. Son père, Donald Gordon, est un poids lourd des affaires en Afrique.

Ses ancêtres ont fui l’antisémitisme de la Lituanie dans les années 1920 pour s’installer à Johannesburg et Cape Town.

Donald Gordon, âgé de tout juste 27 ans fonda en 1957 Liberty Life une compagnie d’assurance vie avec 120,000$. En effet, dans son métier d’auditeur, il observa que certaines compagnies d’assurances réalisaient un profit alors même qu’elles étaient mal gérées. En 1999, lorsque la compagnie fut vendue à Standard Bank, elle était valorisée à 12 milliards de dollars.

Donald Gordon discutait chaque jour de ses affaires avec ses enfants et leur partageait les leçons qu’il en tirait. Il leur apprit comment identifier et exploiter la moindre opportunité.  

Après avoir occupé un siège dans divers conseils d’administration dont celui de Liberty Life, Appelbaum décida de se lancer dans l’industrie du vin bio. Cette initiative a été accueillie avec scepticisme dans la mesure où l’industrie est concurrentielle et avec des marges faibles.

La fortune de Wendy Appelbaum est estimée à 180 millions de dollars.

13. Patrice Motsepe, né pour diriger – Afrique du Sud

Patrice Motsepe est le fils d’une famille royale en Afrique du Sud. Dès six ans, il aidait son père dans son commerce dont la clientèle était constituée de mineurs. Lorsqu’il fut en âge de conduire, il faisait la livraison de caisses de bière embouteillées dans la boutique de sa mère.

Motsepe étudia le droit à l’université de Swaziland puis à l’université Witwatersrand à Johannesburg avant de devenir partenaire chez Bowman Gilfillan en 1993.

La fin de l’Apartheid en 1994 lui donna l’opportunité de faire partie de conseils d’administration à la recherche de personnalités Noires comme Motsepe. Il choisit de s’intéresser à l’industrie minière et eut ainsi accès à des informations privilégiées.

La première entreprise de Motsepe fut une compagnie de sous-traitance pour une minière aurifère. D’après Motsepe, « ce que ça signifie est d’aller dans une mine et de demander aux responsables quel est le pire travail de la mine et s’ils veulent bien vous laisser le faire. »

Pour réduire ses coûts, il choisit de ne pas avoir de bureaux. Il proposa aussi à ses salariés un salaire plus faible en échange d’une participation aux profits à une époque où la pratique était rare.

Motsepe entreprit ensuite de convaincre Anglo American de se séparer de ses mines les moins profitables. L’idée était que ses effectifs seraient mieux à même de gérer une petite mine qu’Anglo American. Malgré le soutien actif de Bobby Godsell, le PDG de la division Or et Uranium d’Anglo American, Motsepe ne trouva aucune banque pour le financer.

Cela lui prit cinq ans avant de concrétiser son projet. La première étape a été de former Future Mining, une compagnie minière offrant ses services à la mine Vaal Reefs d’Anglo American. Après trois ans, Motsepe transforma la compagnie en African Rainbow Minerals Gold (ARM Gold). Il put alors racheter les puits non profitables d’Anglo American.

Afin de rendre ses opérations profitables, il négocia avec les syndicats pour augmenter le nombre de jours ouvrables de 276 à 353 par an. Trois années plus tard, Motsepe était en mesure de rembourser les 8,2 millions de dollars empruntés pour réaliser son rêve.

Tandis qu’Anglo American voulait se diversifier hors de l’Afrique du Sud, Motsepe réalisa qu’il était systématiquement en compétition avec Harmony pour l’acquisition des actifs d’Anglo American. De plus, Harmony était une compagnie publique et avait un meilleur accès au financement que ARM Gold.

Il proposa à Bernard Swanepoel, le PDG d’Harmony une fusion des deux compagnies en une nouvelle compagnie : Freegold.

Motsepe comprit aussi que la nationalisation des mines était la principale menace qui pesait sur l’industrie minière en Afrique du Sud. C’est ce qui explique qu’en dépit des réactions négatives de ses actionnaires américains, Freegold ait financé à hauteur de 9 millions de dollar la construction d’une route dans la province Limpopo.

La fortune de Motsepe est estimée à 1,6 milliards de dollars.

14. Adrian Gore, l’intrapreneur – Afrique du Sud

Adrian Gore est né en 1964 dans une famille d’universitaires en Afrique du Sud. Il a créé Discovery Holdings, une groupe financier diversifié, il y a plus de 25 ans.

Son groupe génère un revenu de 4 milliards de dollar chaque année et est coté à la bourse. Toute sa fortune est investie dans son groupe dont il détient 9% des parts sociales. Sa fortune est évaluée à 480 millions de dollars.

Adrian Gore est un homme discret. Sa devise est « N’en parlez pas tant que vous ne l’avez pas fini. »

Discovery Holdings est célèbre à cause de son programme « Vitalité » qui récompense ses membres lorsqu’ils vont à la salle de fitness, mange équilibré et se font faire des examens médicaux régulièrement.

Gore est un Juif orthodoxe qui consacre le Chabat à sa famille et à la contemplation. Il est aussi un homme passionné de sport qui coure six kilomètres chaque matin pour se rendre à son bureau. Il se lève chaque jour à 4h30 le matin pour s’entraîner. Il profite de la moindre occasion pour monter et descendre les escaliers incendie où qu’il soit.

Adrian Gore a commencé sa carrière comme actuaire chez Liberty Life. Peu avant la trentaine, il quitta Liberty Life et proposa à FirstRand de démarrer une petite compagnie d’assurance vie à partir à l’intérieur du groupe.

La rencontre avec Laurie Dippenaar, le PDG de FirstRand, ne fut pas un succès dans la mesure où ses idées étaient trop conventionnelles. Une année plus tard, Gore raffina sa proposition pour se concentrer sur l’assurance santé. Une de ses idées était que la plupart des jeunes paient des primes sans réclamer de service de santé et qu’ils devraient être récompensés.

Gore conquit un marché après l’autre. Ce faisant, il s’est fait beaucoup d’ennemis : ses compétiteurs qui l’accusent de pratiques déloyales pour éliminer la concurrence, les médecins qui se plaignent du mode de compensation qui limite leur facturation et certains clients qui jugent que leur couverture se détériore au profit de gadgets comme le programme Vitalité.

Mais la principale menace pour Gore provient du gouvernement qui prévoit de mettre en place une couverture médicale universelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *