⭐⭐⭐⭐Livre « L’art d’apprendre » de Josh Waitzkin

Introduction

Josh Waitzkin est un maître du jeu d’échecs mais aussi un champion de Tai Chi. L’auteur explore les approches qu’il a développées pour arriver à un haut niveau de compétition. Le livre prend parfois des tournures ésotériques, mais son contenu est original et riche d’enseignements. Il arrive à mettre le doigt sur certains aspects de l’apprentissage que nous autres simples mortels ne pouvons qu’entrevoir.

Points clés à retenir

Théorie de l’apprentissage

Il existe deux théories de l’apprentissage :

  • La théorie de l’apprentissage incrémentale (la connaissance est liée à l’effort)
  • La théorie de l’apprentissage ontologique (la connaissance est liée à des capacités ou des incapacités de la personne).

La théorie de l’apprentissage ontologique donne de moins bons résultats que la théorie incrémentale car elle décourage l’apprentissage après un échec. La théorie incrémentale, à l’inverse, valorise l’effort. Une phrase telle que « Tu as réussi parce que tu t’es bien pratiqué » incite davantage à poursuivre l’effort que « Tu as réussi parce que tu es doué ».

Après un échec, il ne faut pas dire que ce n’est pas grave, car c’est une insulte à l’intelligence de son enfant. Au contraire, il vaut mieux prendre l’habitude de réfléchir aux conditions psychologiques qui ont amenées l’échec : a-t-il perdu sa concentration ? A-t-il perdu ses moyens et fait une série d’erreurs d’affilé ? Était-il trop confiant ? Impatient ? A-t-il été déstabilisé par les paroles déplacées de son adversaire ? Était-il fatigué ? La revue technique de l’échec ne sera à faire que plus tard.

Rien de nouveau ne sera appris de n’importe quel défi, si on n’y met pas tout son cœur. En effet, l’apprentissage n’est effectif qu’au point de résistance exactement comme l’exercice musculaire.

Apprendre comme au Tai Chi

L’apprentissage suit la même progression qu’au Tai Chi. D’abord, apprendre à se laisser transporter par tout ce qui vient. Ensuite apprendre à utiliser tout ce qui vient à notre avantage. Enfin apprendre à être autonome et créer nos propres inspirations sans l’aide d’un stimulus externe.

Chacun d’entre nous est différent. Nous n’apprenons pas de la même façon. C’est pourquoi il est important de se connaître et de découvrir la façon dont des maîtres de même nature que nous ont progressé.

Si nous devions toute notre philosophie en une phrase ce serait : « Se concentrer sur ne jamais refaire la même erreur deux fois. »

Pour progresser, il est nécessaire d’accepter de mal paraître et de laisser son égo de côté.

Choisissez toujours la profondeur plutôt que l’étendue. Apprenez à internaliser et raffiner la technique. Ce n’est pas une technique mystérieuse, qui nous mène au sommet, mais plutôt une maîtrise profonde d’un ensemble de savoir-faire de base.

Soyez en paix avec l’imperfection et préférez être le roseau qui plie plutôt que chêne. Utilisez l’imperfection à votre avantage.

Ce qui sépare le bon de l’excellent : forte présence, relaxation de la conscience, ce qui permet de donner libre cours à l’inconscient. L’état qui en résulte permet de combiner concentration intense (vision centrale, conscience) et perception étendue (vision périphérique, inconscient).

S’entraîner à améliorer sa capacité de récupération par des pauses plus courtes et des efforts plus intenses. Cela permet aussi d’améliorer la résistance au stress.

Conditionnement à l’aide d’une routine. Trouver des choses où l’on est 100% présent et construire sa routine là-dessus. Par la suite, très progressivement la réduire d’une heure à une dizaine de minute. Josh utilise cette technique juste avant ses compétitions (visualisation et simulation Tai chi).

Quelques techniques

  • Pratiquer la fin de partie (pions versus roi, fou versus roi etc.) : poser de solides fondations.
  • Faire des petits cercles : internaliser une technique ou une idée par une pratique assidue en l’améliorant de façon continue jusqu’à ce qu’on ressente son essence.
  • Ralentir le temps : améliorer la qualité de la concentration en observant les détails importants tout en maintenant une attention face à l’imprévu (vision périphérique).
  • Illusion mystique : en utilisant les deux techniques précédentes, on peut apprendre à identifier les intentions de l’adversaire.
  • A un niveau de compétition avancé, tout le monde est excellent. Celui qui remporte la décision est celui qui est capable de fixer le ton de la bataille. Les champions sont des spécialistes qui ont su développer leurs forces et la capacité d’orienter le combat à leur avantage.
  • Créativité : Imaginons qu’on construise une pyramide de connaissances. Chaque niveau est construit à partir d’informations techniques et de principes qui expliquent l’organisation de ces techniques. Imaginons qu’on est au 10ème niveau, on peut avoir des illuminations. C’est comme si on voyait quelque chose de nouveau suspendu au-dessus de la pyramide. Il existe bien sûr une relation entre cette nouvelle chose et ce qu’on sait déjà sans quoi on ne l’aurait pas trouvé. L’étape suivante est de décortiquer les composantes techniques de la trouvaille.
  • Utilisez la technique de Petrotian. Prenez le temps de décrypter votre humeur et jouer en accord avec état intérieur.

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