⭐⭐⭐Livre « Commodities Rising » de Jeffrey Christian, partie 1

Introduction

Le livre de Jeffrey Christian, écrit en 2006, déconstruit certains mythes sur le marché des matières premières.

Cet ouvrage est particulièrement pertinent aujourd’hui car la configuration des marchés est similaire en 2021: marchés boursiers, obligataires et immobiliers surévalués d’un côté et essor des matières premières de l’autre.

Points clés à retenir

Éviter les pièges

Le pétrole est de loin le plus grand marché de matières premières. Malgré cela, il existe de larges différences entre les estimations des analystes du quota de production excédentaire de l’OPEP. Les autres marchés de matières premières sont bien pires.

Il y a une prévalence d’information fausses sur le marché des matières premières parce que :

  • Contrairement à d’autres marchés financiers, il est moins réglementé et il y a moins de contrôles sur les informations publiées ;
  • Il existe des statistiques douteuses et une incompréhension de ces statistiques ;
  • Il y a un battage publicitaire.

Contrairement au marché boursier, il n’y a pas d’interdiction de délit d’initié sur les marchés des matières premières. D’autre part, il n’y a pas de conséquences à répandre des rumeurs du moment qu’elles ne concernent pas des sociétés. De nombreux bulletins d’information sur l’or font la promotion de sociétés minières canadiennes en échange d’actions.

Considérez également le commerce circulaire de l’or entre Mumbai et Dubaï, qui a été utilisé par les bijoutiers indiens pour obtenir des subventions gouvernementales sur les exportations. Les bijoutiers indiens importaient des lingots de Dubaï, fabriquaient des bijoux et les exportaient à Dubaï où ils étaient fondus puis renvoyés en Inde en tant qu’« importation de lingots neufs ». Cette arnaque a propulsé artificiellement la « demande » indienne. Pire, les acteurs du marché au courant, ont partagé cette nouvelle pour faire augmenter les prix de l’or.

Les marchés des matières premières sont asymétriques (quelques-uns en savent beaucoup et d’autres peu) et inefficaces. Les données rapportées sont souvent inexactes!

Il existe deux mythes persistants sur les matières premières : le « supercycle » des matières premières et la demande insatiable de la Chine. Même les investisseurs avisés tombent dans le panneau.

Décrypter la réalité

Le principal moteur du boom des matières premières est le suivant. 40% de la population mondiale, principalement originaire de Chine, d’Inde et de Russie, cherche à améliorer son niveau de vie.

Il est important de noter que les marchés des matières premières ne reflètent pas exactement ce qui se passe sur les matières premières. En outre, il est préférable d’être sceptique sur le produit qui sera à la hausse ou à la baisse à un moment donné.

Réussir dans le climat actuel (2006)

La clé est de fonder sa décision sur des informations précises et non sur des croyances.

Que pouvons-nous faire ?

L’analyse des actions se concentre sur la juricomptabilité. L’étude du marché obligataire est principalement quantitative. En revanche, les matières premières sont intéressantes car elles traitent de la vie réelle : habitudes de consommation, logement, transports, politique, politiques économiques gouvernementales, nature humaine et développement mondial.

Les marchés des matières premières sont un bon moyen pour les investisseurs ordinaires de gagner de l’argent à condition de faire leur revue diligente. Une recherche minutieuse et beaucoup d’analyses détaillées sont nécessaires pour réussir. De plus, les investisseurs ont besoin d’une bonne dose de scepticisme à propos de toutes les histoires qui circulent sur les matières premières.

Le mythe du supercycle (2006)

La plupart des produits de base, mais pas tous, voient leur prix augmenter. Certains voudraient croire que nous venons d’entrer dans un supercycle des matières premières. Ils voudraient croire que la loi éprouvée et intemporelle de l’offre et de la demande ne s’applique plus. Pourtant, il n’y a pas d’exemple dans l’histoire d’une hausse durable des prix des matières premières !

Les prix ont augmenté en raison de l’augmentation de la demande industrielle. Lorsque les prix ont commencé à augmenter, les investisseurs ont rejoint le mouvement et ont contribué à accélérer les hausses de prix. L’offre, en revanche, n’a répondu que lentement à l’augmentation de la demande. En effet, les entreprises productrices de matières premières ont été privées de capitaux depuis des décennies. Elles ne sont plus en mesure de répondre rapidement à la hausse des prix en augmentant la production. Le gestionnaire averti de ces sociétés peut ne pas être disposé à s’engager dans des dépenses en capital massives avant d’observer deux ou trois années de hausse des prix continue.

Dans les matières premières, le remède contre un prix élevé est… un prix élevé. Par exemple, à mesure que le cuivre, l’or et le pétrole deviennent plus chers, leur utilisation industrielle a tendance à diminuer. D’un autre côté, les activités d’exploration et de développement sont stimulées par la rentabilité accrue.

L’industrialisation et le passage à une économie axée sur les services ont eu un impact négatif sur les prix des matières premières. C’est parce que la production de marchandises est devenue beaucoup plus efficace. En conséquence, il ne faut pas s’attendre à ce que les prix des matières premières reviennent à leurs niveaux du 19e siècle.

Mythe du géant chinois

Les consommateurs chinois n’achèteront pas de voitures dans les quantités généralement espérées. 900 millions de chinois vivent encore avec moins de 3 dollars par jour. Alors que la classe de consommateurs urbains augmente en Chine, cela n’aura pas un effet disproportionné sur les matières premières. Les ventes automobiles annuelles sont de 2 millions par an, soit 0,15% de la population chinoise, à comparer à 6% aux États-Unis.

Il y a une autre faille dans la thèse sur la demande chinoise de matières premières. L’industrie chinoise est tournée vers l’exportation. Les produits de base qui étaient consommés par l’industrie occidentale le sont maintenant comme intrants dans l’industrie chinoise. Il n’y a donc pas beaucoup de demande nette supplémentaire mais simplement un déplacement de la capacité de production.

Enfin, même pour ce qui concerne les matières premières, la Chine est devenue un exportateur net plutôt qu’un importateur net car elle a renforcé ses capacités de production d’acier, d’aluminium, de cuivre, de coton, etc. À titre d’exemple, depuis 1998, la Chine exporte de l’argent, qu’elle récupère de la ferraille et comme sous-produit de l’extraction du plomb, du zinc ou du cuivre. Cette source d’argent ne s’épuisera pas comme les stocks des banques centrales et continuera d’exercer une pression à la baisse sur les prix.

Matières premières et économie mondiale

Certains utilisent les matières premières comme indicateur général de l’économie. D’autres l’utilisent comme indicateur avancé de l’inflation. Dans les deux cas, cela peut ne pas être sage car il existe des preuves quantitatives du contraire. Par exemple, l’or est souvent utilisé comme indicateur avancé de l’inflation. Le problème est que l’or peut augmenter pour des raisons politiques qui n’ont rien à voir avec la politique monétaire. Si la relation entre les prix des matières premières et l’inflation a jamais existé, elle s’est affaiblie au cours des trois dernières décennies lorsque le secteur des matériaux de bases et le secteur industriel sont devenus moins importants dans l’économie.

Il est intéressant de noter que les prix du pétrole n’ont augmenté qu’après que l’inflation se soit installée au début des années 1970. De même, entre 1988 et 1990, l’inflation est passée de 1,7% à 6% tandis que le prix de l’or baissait.

Matières premières et production économique

Les matières premières ont tendance à augmenter et à baisser en fonction de l’activité économique réelle. Mais la relation est complexe et en constante évolution. Par exemple, la technologie influence la quantité requise d’une commodité dans des produits et des industries individuels, mais aussi en relation avec l’économie au sens large. Dans l’ensemble, le PIB réel et les prix des matières premières n’ont pas vraiment évolué en parallèle.

Matières premières et développement économique

Les matières premières restent essentielles à la croissance économique globale des pays en développement mais aussi des pays développés. Par exemple, les produits agricoles représentent 8 % des exportations américaines et les métaux 3 %.

Toujours d’actualité

Les marchandises sont la forme primordiale du commerce. Les flux mondiaux de devises étaient principalement des règlements commerciaux. De nos jours, ceux-ci sont éclipsés par les flux de capitaux.

Les produits de base ont tendance à être négligés et marginalisés dans les pays développés, probablement en raison de leur manque d’éclat. Cette négligence se traduit par un sous-investissement : exploration, capacité de production, technologie et innovation, gestion et flux d’informations sur ces marchés.

Informations et connaissances

Les producteurs et les transformateurs de produits de base ont été longs à la détente au cours des dernières décennies. Ils n’ont pas mis en œuvre les meilleures pratiques. Par exemple, peu d’entre eux utilisent réellement la couverture offerte par les contrats à terme pour gérer leur exposition au marché. Lorsque le prix du café a grimpé en flèche, de nombreux producteurs n’ont pas pensé à sécuriser ces prix élevés. Aujourd’hui, trois ans plus tard, ils sont sur la paille tandis que les prix ont baissé de 70%.

Plus que l’accès à des informations précises, le réel problème tient davantage à l’incapacité à utiliser les informations disponibles. Les outils sont pourtant là pour ceux qui le recherchent, mais le manque de compréhension et le manque d’analyse sont répandus et conduisent à de grosses erreurs inutiles.

Manque de discernement dans l’importance de l’information

Le manque de capacité à discerner les informations critiques par rapport aux informations importantes est un problème majeur dans cette industrie. Les sociétés minières passent énormément de temps à s’inquiéter de leur structure de coûts, à acheter des bases de données pour comparer combien elles paient pour le remplacement des pneus par rapport à leurs concurrents. Pourtant, elles ne prêtent aucune attention au prix de leurs produits sur le marché libre, aux moyens d’améliorer leur rentabilité en utilisant des techniques de marketing ou de gestion des risques financiers. La volonté collective, la hauteur de vue et l’investissement nécessaires pour mettre en œuvre une réforme ne sont tout simplement pas présents dans l’industrie.

Des efforts pour améliorer la situation

La Banque mondiale a mis en place l’International Task Force (ITF) sur la gestion des risques liés aux matières premières afin d’améliorer la couverture financière des petits producteurs. Cependant, il existe un décalage entre les acteurs du marché à New York, Londres et Tokyo d’une part et les producteurs d’autre part. Les traders pourraient ne pas être autorisés à leur fournir des couvertures ou bien leur vendre des produits inappropriés. Tout cela finit de convaincre les producteurs que l’achat d’une couverture n’a aucun sens.

Les matières premières comme classe d’actifs

Les investisseurs ont afflué dans les matières premières parce que :

  • Les rendements d’autres investissements n’ont pas été particulièrement attrayants
  • Les investisseurs suivent la tendance et il se trouve que les matières premières sont à la hausse
  • Les matières premières ont retrouvé une certaine respectabilité

Les matières premières sont toujours considérées comme des actifs alternatifs, mais elles sont plus facilement acceptées dans les milieux financiers. La principale raison d’être de l’inclusion de matières premières dans un portefeuille est qu’elles diversifient un portefeuille d’actions et d’obligations puisqu’elles évoluent indépendamment d’elles.

Marchés déconnectés

Les corrélations entre les matières premières et les actions ou les obligations sont faibles. Il existe quelques exceptions telles que la corrélation à long terme de 42% entre l’or et les bons du Trésor américain (l’or est de la monnaie). Notez que les niveaux des marchés boursiers et les taux d’intérêt influencent le prix des matières premières, mais pas de manière claire, car d’autres variables telles que le taux de change peuvent interférer.

Il existe des configurations classiques mais ceux-ci ne se répètent pas régulièrement. Par exemple, une augmentation des taux d’intérêt américains aura dans un premier temps un effet haussier sur l’or mais déprimera le prix à long terme. En effet, sur des marchés interconnectés, la première réaction instinctive des investisseurs est de vendre des actions, et certains achèteront de l’or au passage.

De nombreux traders fondent leurs décisions sur des ratios tels que le ratio pétrole-or ou le ratio argent-or. Cela peut mener droit au désastre, car un autre fait important et souvent ignoré est que les marchandises n’évoluent pas les unes par rapport aux autres. Certains pensent que l’or et le cuivre fluctuent ensemble mais la relation est plutôt faible. De même, certains traders croient que le pétrole et le cuivre évoluent en tandem car ce sont deux des intrants industriels les plus fondamentaux. Cependant, en moyenne, une augmentation de 1 $ des prix du pétrole a coïncidé avec une baisse de 1,6% des prix du cuivre !

En conclusion, il vaut mieux ignorer les ratios.

Rôle des matières premières dans les portefeuilles

Ajouter une seule matière première à un indice boursier ne rend pas justice à la classe d’actifs des matières premières, car ce serait comme ajouter une seule action à un indice obligataire.

Les matières premières comme classe d’actifs

Les matières premières ne sont pas seulement un outil de diversification, elles peuvent également générer des rendements, surtout si vous êtes prêt à vendre à découvert. En règle générale, les matières premières n’étaient pas rentables pour un investisseur d’achat et de conservation pendant une grande partie des années 1980 et 1990. Mais cela a changé dans les années 2000.

Véhicules d’investissement en matières premières

On peut acheter des matières premières physiques, avec des futures (contrats à terme) ou des forwards (contrats à terme de gré à gré). Il existe également des options telles que des options d’achat et de vente, mais également des stratégies de combinaisons d’options. On peut aussi participer indirectement aux marchés de matières premières à travers des options sur actions et des actions des entreprises productrices/transformatrices/consommatrices de matières premières.

Citons également les fonds de ressources naturelles, les fonds communs de placement et les fonds spéculatifs. Il existe de plus des fonds de matières premières et des pools de matières premières. Enfin, il y a les véhicules d’investissement liés aux matières premières tels que les Fonds Négociés en Bourse.

Les contrats à terme sont pour ceux qui recherchent un effet de levier. Par exemple, vous n’avez besoin de financer que 15% du compte en espèces pour investir dans l’or. D’autres investisseurs préfèrent les options car la perte maximale est limitée à la prime de l’option. D’autres encore préfèrent investir dans des actions minières.

Achats physiques

Cela se fait souvent avec les métaux précieux : or, argent et platine. Mais l’achat physique est encombrant avec d’autres produits. Certains métaux rares tels que l’iridium, le rhodium, le ruthénium, le bismuth et le cobalt peuvent être achetés – pour un acheteur motivé – mais cela pose de nombreux problèmes. Par exemple, il peut être difficile de vendre ou avec une démarque importante même lorsque le prix augmente. Cela peut aussi être dangereux. Par exemple, l’osmium (groupe platine) dégage des gaz toxiques à température ambiante…

En décembre 2005, il y avait 117,6 milliards d’onces d’argent pouvant être livrées par le COMEX. Ceux-ci ont lieu dans 4 endroits aux États-Unis : Brinks (Brooklyn), Wilmington (Delaware), Scotia Macotta (NYC) et HSBC (NYC). Dans les mêmes voûtes, il y a 52,1 milliards d’onces supplémentaires répondant aux spécifications du COMEX mais détenues par des investisseurs individuels. Il y a aussi de l’argent à ces endroits qui ne répond pas aux exigences du COMEX, ce qui, par conséquent, n’est pas comptabilisé. D’autres coffres-forts importants se trouvent à Londres et près de Zurich (plusieurs milliards).

On estime qu’un stock supplémentaire de 400 à 500 milliards d’onces d’argent est détenu par les investisseurs individuels sous forme de lingots. Enfin, 3 ou 4 milliards d’onces supplémentaires sont détenus sous forme de bijoux ou d’objets ornementaux en Inde et au Moyen-Orient.

De nombreux métaux sont illiquides et leurs marchés sont sous le contrôle d’un petit nombre d’acteurs.

Contrats à terme (futures)

Les achats physiques sont faisables pour les métaux précieux mais pas pour les autres matières premières. Les contrats à terme sont plus pertinents pour la plupart des matières premières. Le mois du contrat au comptant, ou « spot », représente une marchandise disponible pour une « livraison immédiate », c’est-à-dire dans un ou deux jours dans la plupart des cas. Une entité qui vend à découvert le contrat a le droit de remettre des récépissés d’entrepôt à la chambre de compensation d’échange. La chambre de compensation attribue ensuite les avis de livraison et les récépissés d’entrepôt aux entités qui ont une position longue sur le contrat au comptant en utilisant une formule pour répartir les livraisons entre les acteurs longs.

Une légende urbaine persistante est que certaines personnes ont en fait reçu des livraisons de céréales ou de cuivre à leur domicile. En réalité, pour toute marchandise, un investisseur ou d’autres participants au marché prenant livraison d’un contrat se voit remettre un reçu pour la quantité de marchandise couverte dans un entrepôt, une voûte de banque, un silo à grains ou à pétrole ou toute autre installation enregistrée et reconnue par ce contrat.

Sur la plupart des marchés de matières premières, environ 1% des contrats négociés font l’objet d’une livraison effective. La plupart du temps, vous pouvez simplement fermer votre position avant la date de livraison et la reporter au mois suivant, on parle de « roll over ». En général, le contrat du mois le plus actif, c’est-à-dire celui avec le plus d’intérêts ouverts, est le mois le plus proche. Les contrats de mois à terme affichent généralement un prix basé sur le prix au comptant, mais avec une prime qui représente principalement le coût de l’argent. Cet écart à terme est appelé contango.

Une autre idée fausse persistante est que le prix à terme transmet des informations sur les anticipations du prix futur. Ce n’est simplement pas le cas. Mais parfois, les prix à terme transmettent des informations sur les attentes futures. Par exemple, l’approvisionnement en pétrole peut être tendu ce mois-ci et les acteurs du marché se précipitent pour obtenir la livraison en faisant monter le prix par la même occasion. Pourtant, le prix futur tiendra compte du fait qu’il s’agit d’un problème à court terme et qu’il sera résolu dans les mois à venir…. Mais cela ne donne aucune indication sur quel sera le prix à ce moment-là ni ce que les gens pensent que ce sera. Il indique seulement si le marché s’attend à ce que les conditions actuelles du marché restent telles qu’elles sont à l’avenir.

Un autre exemple est celui où les revendeurs de métaux précieux et les traders demandait une prime du contrat à terme par rapport au spot pour l’argent métal lorsque le marché fut inondé par les stocks des investisseurs. Les revendeurs et les marchands s’attendaient donc à conserver le métal pendant un bon moment et voulaient être compensés pour le taux d’intérêt et leur coût de détention de l’argent.

Les contrats à terme standardisés sont fondamentalement des transactions basées sur des taux d’intérêt. A ce titre, ils tiennent compte de la solvabilité des contreparties et ce risque est géré par la chambre de compensation. C’est une autre idée fausse de croire qu’au début du contrat à terme sur l’argent ou l’or, du métal est en fait vendu sur le marché au comptant. C’est simplement que l’acheteur accepte le risque de crédit du vendeur commercial, qu’il y ait ou non une livraison physique à un stade ultérieur.

Forwards

Le marché forward est vraiment là où interviennent les producteurs, les consommateurs et les autres entreprises industrielles. Ce marché leur offre de meilleures conditions que les contrats à terme (futures). Les négociants et les banques qui arrangent ces forwards couvrent ensuite leur exposition en entrant dans des contrats à terme. Les forwards ont également été utilisés par les fonds spéculatifs pour diverses raisons. Le rapport « Commitment of Traders » peut être trompeur dans la mesure où les banques ont été amalgamées aux traders commerciaux alors même qu’elles répliquent aussi l’exposition longue des contrats à terme par les hedge funds.

Les forwards ressemblent souvent à des accords d’approvisionnement. Parfois, le prix n’est pas mentionné ou est basé sur une règle telle que « prix au comptant sur NYMEX tel que rapporté par le magazine XYZ ». Il existe même des contrats à terme « prépayés », qui sont une forme de prêt.

Options

Une option est un droit, mais pas une obligation, d’acheter ou de vendre une marchandise à un prix spécifié.

Fonds Négocié en Bourse (Exchange Traded Funds)

Le premier FNB sur métaux précieux est apparu en 2003-2004 et a contribué à populariser l’investissement dans l’or par les gestionnaires d’actifs institutionnels, qui étaient réticents à détenir de l’or physique. Pour les autres matières premières, il n’y aura pas suffisamment de stocks pour avoir un FNB adossé physiquement. Ceux-ci devront être basés sur des dérivés.

Actions

Investir dans des actions fonctionne pour les sociétés pétrolières, gazières, charbonnières et minières. Mais cela s’accompagne de risques supplémentaires : qualité de la gestion, qualité de la propriété, risque pays, etc. Notez également que certaines sociétés minières sont exposées à plus d’un minerai. En dehors de l’énergie et des mines, il est difficile d’investir ou de parier contre des matières premières en utilisant des actions.

Fonds communs de placement

Il y a trop de restrictions associées aux fonds communs de placement : charte des investissements autorisés, possibilité de participer uniquement aux actions et aux options sur actions, pas de vente à découvert.

Fonds de matières premières

Il y en a plusieurs milliers. Ils sont principalement actifs sur les marchés à terme et utilisent des stratégies de graphiques de prix dites « chartistes », des stratégies de momentum ou des stratégies quantitatives opaques dites « boîte noire ». Certains sont basés sur l’analyse fondamentale ou la macroéconomie.

Fonds spéculatifs

Il y en a beaucoup, mais seuls quelques-uns sont fidèles à leur nom et investissent dans une vaste gamme d’actifs à long ou à court terme.

Stratégies rationnelles sur les matières premières

Une approche consiste à acheter des actifs qui sont sous-évalués et pour lesquels il existe des raisons économiques de croire que le prix augmentera. Une telle analyse de la valeur doit être basée sur des faits :

  • Fondamentaux et perspectives de l’offre et de la demande
  • Comment l’environnement économique est susceptible d’affecter les fondamentaux du marché des matières premières

Une autre approche connexe est l’investissement à contre-courant, qui consiste à acheter ce qui n’est pas en faveur et à vendre ce qui est à la mode. Cependant, il faut être prudent :

  • Parfois, le marché peut avoir raison, même pour les mauvaises raisons
  • Comment gérerez-vous le marché lorsqu’il tombe finalement d’accord avec vous ?

La couverture est une autre technique suggérée. Vous pouvez utiliser un stop-loss, mais il est beaucoup plus efficace de créer une position en utilisant des options et de verrouiller vos bénéfices avec des contrats à terme. Par exemple, si vous êtes haussier du maïs, vous pouvez acheter un contrat à terme, puis acheter des options de vente. Ou vous pouvez acheter des options d’achat, puis si les prix augmentent, vendre des contrats à terme sur le maïs pour cristalliser vos bénéfices au cas où le prix chuterait.

Un autre outil serait la diversification. Disons que vous voulez investir dans l’uranium. Il n’est pas simple de le faire directement. Une solution de contournement possible pourrait être d’investir dans un grand producteur tel que Cameco et également dans des actions de sociétés d’exploration. Il est très difficile d’évaluer la probabilité de succès des sociétés d’exploration. La règle principale est que la qualité de la gestion est plus importante que la propriété.

Un investisseur doit être principalement orienté vers le long terme. Cependant, lorsque les prix évoluent fortement, c’est une bonne idée de verrouiller les bénéfices à court terme même si vous vous attendez à ce que le mouvement se poursuive à long terme.

Commitment of Traders

Le COT ne couvre que les contrats à terme et les options négociées en bourse, pas les forwards ni les options de courtier. Une position longue importante d’un fonds spéculatif via un forward avec un courtier se traduira par une position commerciale longue équivalente sur le marché à terme par le courtier. De même, une position courte d’un producteur d’or utilisant un forward avec un courtier aura une position commerciale courte équivalente sur le marché.

Remarque : la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) fait disparaître les options hors de la monnaie, qui ne sont pas comptabilisées comme des contrats unitaires. En conséquence, il pourrait y avoir d’énormes positions non visibles à l’extrémité des prix d’exercice. Cela peut être important lors de l’achat d’options hors de la monnaie. Celles-ci ont tendance à coûter très peu et à prendre de la valeur à un rythme plus rapide que les autres options.

Qui est qui dans le CoT ?

  • Fonds de matières premières : traders spéculatifs (non commerciaux)
  • Fonds spéculatifs ou « Hedge Funds » : traders spéculatifs (non commerciaux), depuis 2001
  • Négociation pour compte propre par les banques et les courtiers : en théorie, devrait être non commerciale, mais certaines banques mélangent à la fois des positions d’investissement et des positions de couverture.
  • Couverture par les banques : statut de trader commercial.

Il est intéressant de noter que les mêmes données du COT pourraient être lues différemment par les acteurs haussiers et les acteurs baissiers. À la fin de 2005, il y a eu une augmentation importante des positions à découvert des traders spéculatifs. Les acteurs haussiers pensaient que si les prix continuaient d’augmenter malgré des ventes à découvert massives, c’était parce que la demande de fabrication et la demande d’investissement étaient très fortes. Les acteurs baissiers, en revanche, ont considéré que l’augmentation des ventes à découvert signifiait que le marché devenait méfiant.

Mettre cela en pratique

Décembre 2003 : décision d’acheter de l’argent à 6$.

L’argent s’échangeait autour de 5$ depuis longtemps. Maintenant, vous pourriez décider que le prix continuerait de fluctuer autour de ce niveau ou vous pourriez penser que l’argent sortirait de cette fourchette. En décembre 2003, le marché devint plus tendu. Mais le marché de l’argent avait déjà connu de nombreux faux départs et il y avait de bonnes raisons d’être sceptique vis-à-vis d’un rallye.

La solution : acheter à la fois un call de mars 2004 à 6,20 $ et un put de mars 2004 à 5,80 $.

En février, l’argent s’échangeait entre 6,25 $ et 6,50 $. L’option de vente était désormais presque sans valeur. Nous avons exercé l’option d’achat à 6,20 $, la convertissant en un contrat à terme de mars. Nous sommes ensuite passés à un contrat à terme de juillet pour nous donner du temps.

En avril, les prix montent en flèche à 8,34 $, ce qui ne semble pas tenable. Nous vendons notre future de juillet avec un bénéfice d’environ 2 $. Avec 10 % du bénéfice, nous achetons une option d’achat hors de la monnaie avec 9 $ pour capitaliser sur de nouvelles augmentations. Avec 10 % de plus, nous achetons des options de vente en dessous du marché.

Les prix tombent ensuite à 6 $.

Début mai, le prix est tombé à 5,50$ puis remonte à 6$. Nous vendons les puts et réalisons un profit important.

Nous recommençons le processus en achetant un call au prix d’exercice de 6,40 $.

Trading avec les ratios

Les ratios d’investissement dans les matières premières sont un non-sens pur et simple. Le rapport pétrole-or a fluctué entre 10 et 38 entre 1968 et aujourd’hui. Avant 1968, le prix de l’or était fixé à 35 $ et le prix du pétrole était contrôlé par Aramco. Il n’y a pas d’argument raisonnable selon lequel le ratio devrait revenir à la moyenne historique de 16.

Pour autant, les prix du pétrole et de l’or sont effectivement liés. Une évolution à la hausse du prix du pétrole :

  • a tendance à être inflationniste
  • nuit aux bénéfices des entreprises et au cours des actions
  • fait monter les taux d’intérêt
  • affaiblit le dollar américain

Tous ces facteurs stimulent la demande d’investissement pour l’or. Les pays exportateurs de pétrole tenteront de neutraliser leur exposition accrue à l’affaiblissement du dollar en convertissant leurs dollars en actifs alternatifs, notamment en or pour lequel ils ont une propension culturelle.

Indices sur matières premières

En raison des faibles perspectives des marchés boursiers et obligataires, les investisseurs se sont tournés vers les matières premières. Plutôt que de sélectionner des matières premières spécifiques, les investisseurs nouveaux dans cette classe d’actifs ont adopté une approche indexée.

Étant donné que l’investissement passif dans les matières premières est si répandu, même un changement dans la composition de ces indices est susceptible d’affecter les prix des matières premières. De nombreux produits de base ont vu leurs prix augmenter uniquement en raison des entrées d’investissements indexés. Lorsque cette tendance s’inversera, les prix baisseront fortement alors même que les fondamentaux n’auront pas changé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *