⭐⭐⭐Livre « La grande saignée » de François Morin

Points clés à retenir

Voici quelle a été la réaction des grands pays lors de la crise de 2008 :

  1. Rachat massif des dettes souveraines
  2. Injection de liquidités sur les marchés monétaires
  3. Diminution très progressive des déficits publics
  4. Guerre des monnaies

Cela n’a pas réglé pas les problèmes mais a permis d’éloigner l’heure de vérité.

Le but caché d’injecter des liquidités est de créer suffisamment d’inflation pour réduire le poids de la dette, mais sans décourager l’épargne. Cependant, aujourd’hui, avec des taux d’intérêts réels négatifs, quelle est l’incitation à investir sur les marchés obligataires ?

Lors d’une crise financière, il y a plusieurs scénarios possibles à la suite d’une perte de fonds propres d’une banque :

  1. Disparition (Lehman Brothers, 2008)
  2. Nationalisation partielle ou totale (États-Unis, Grande Bretagne)
  3. Absorption par une autre entité aux reins plus solides
  4. Pour les banques qui restent solvables et indépendantes, restrictions sur leur activité

En 2008 et après, la quinzaine de banques qui établissaient le taux LIBOR* s’étaient entendues pour communiquer des taux interbancaires inférieurs à la réalité. L’objectif était de ne pas faire paniquer le marché sur la situation réelle.

L’origine de la prochaine crise :

  • Défaut souverain
  • Faillite d’une banque

Les deux scénarios sont interconnectés. Un défaut souverain ruinera la ou les banques qui ont vendu les CDS** sur ce défaut. S’il y a une banque (assureur) systémique impliquée, le système bancaire sera touché dans son ensemble. Les états n’auront plus les moyens ni l’agrément des populations pour sauver les banques. Il est vraisemblable que celles-ci soient immédiatement nationalisées et que les créances du nouveau propriétaire (état) soient annulées.

La faillite d’une banque systémique, à la suite d’investissements risqués ou de fraudes, aura les mêmes effets. On peut s’attendre lors d’un tel événement à des ventes de détresse qui vont faire plonger tous les autres marchés.

Les états mettront en place des contrôles :

  • Change
  • Accès aux guichets
  • Plus généralement sur les mouvements de capitaux
  • Il y a de fortes chances que la garantie sur les dépôts soit une illusion. Les exemples grec et chypriote sont là pour le prouver.

Les faillites de banques vont se succéder. Le premier effet sera le resserrement du crédit. Les projets d’investissement des entreprises seront reportés. Les projets immobiliers des ménages seront remis aux calendes grecques. Le deuxième effet sera une contraction économique. Des krachs de grande ampleur se produiront sur les marchés financiers. Le troisième effet sera une crise sociale et politique majeure. La classe politique dans son ensemble sera vouée aux gémonies.

Ceux qui détiennent le capital des banques seront lésés, en particulier les fonds de pension. Les fonds de pension seront également victimes de l’implosion du marché obligataire.

La voie inflationniste ne semble plus possible d’après l’auteur. L’inflation gruge l’épargnant et serait un aveu d’échec pour une banque centrale. Autrement dit, à la moindre apparition d’une inflation conséquente, les taux d’intérêt seraient automatiquement remontés.

Y a-t-il une issue par la croissance ? Cela ne semble pas réaliste pour les pays développés.

(*) Le LIBOR ou London Inter-Bank Offered Rate, est utilisé comme référence pour les emprunts à court terme. Beaucoup de contrats dans lesquels il y a un prêt ou une possibilité de prêt à court terme vont établir un taux sous la forme LIBOR + x.

(**) Un CDS ou Credit Default Swap est un instrument dérivé qui fonctionne comme une assurance contre le défaut d’une entreprise. Un CDS peut être utilisé comme un moyen de spéculer sur la faillite d’une entreprise.

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