Introduction
Le livre « The Millionaire Next Door » de Thomas J. Stanley et William D. Danko est un classique écrit en 1996 qui étudie la population des millionnaires américains, ainsi que leur démographie et leurs habitudes.
Contrairement à l’idée reçue, le millionnaire n’est pas le conducteur de Ferrari qui flambe au casino entouré de mannequins. Il s’agit plutôt d’un Picsou, qui travaille consciencieusement dans son entreprise depuis 30 ans.
Points clés à retenir
Mise en contexte
Beaucoup de gens qui vivent dans maisons luxueuses et qui conduisent des voitures haut-de-gamme vivent en fait au-dessus de leurs moyens.
La plupart des gens se trompent aussi sur la façon de devenir riche en Amérique. Ce n’est pas une question de diplôme, d’héritage, d’intelligence ni de chance mais plutôt une question de persévérance, de planification à long terme et de discipline.
Typiquement, le millionnaire est un entrepreneur qui a vécu dans la même ville durant toute sa vie adulte. Il possède une petite usine, une chaîne de magasins ou une compagnie de service, s’est marié une seule fois et est resté marié. Il vit dans un quartier au milieu de gens qui gagnent beaucoup moins que lui. Enfin, il épargne et investit systématiquement.
En fait, 80% des millionnaires américains sont devenus riches par eux-mêmes.
Voici les 7 facteurs qui sont communs à la plupart de ceux qui ont fait fortune :
- Les millionnaires vivent très en-dessous de leurs moyens.
- Ils allouent leur temps, énergie et argent efficacement et de manière à accumuler du patrimoine.
- Ils croient que l’indépendance financière est plus importante que de montrer leur statut social.
- Leurs parents ne les ont pas aidés une fois hors du cocon familial.
- Leurs enfants adultes sont auto-suffisants économiquement.
- Ils sont doués pour identifier des opportunités économiques.
- Ils ont choisi la bonne occupation professionnelle.
A la rencontre du millionnaire d’à côté
Voici quelques statistiques sur les millionnaires :
- Moins de 19% perçoivent de l’argent d’une fiducie
- Moins de 20% ont reçu au moins 10% de leur fortune d’un héritage
- Plus de la moitié n’a reçu aucun héritage
- Moins de 25% a bénéficié de dons de leur famille d’un montant supérieur à 10 000$
- 91% n’ont jamais reçu gratuitement de parts dans une entreprise familiale
- Environ la moitié n’a jamais eu d’aide financière de leurs parents pour payer leurs études supérieures
- Moins de 10% pensent recevoir un héritage dans le futur
La plupart des gens pensent que les millionnaires viennent de vieilles familles d’origine anglaise qui se sont installées avant la révolution. Mais rien n’est moins vrai. En fait, les descendants d’Écossais sont surreprésentés dans les millionnaires, notamment parce qu’ils sont économes, et que leurs enfants sont rapidement indépendants économiquement. D’autres groupes, comme les Russes et les Israéliens se démarquent nettement. Cela semble dû au fait qu’ils sont souvent des nouveaux immigrants et des entrepreneurs. En tant que nouveaux immigrants, ils n’ont pas été conditionnés à suivre un mode de vie typiquement américain et à surconsommer. De plus, deux tiers des millionnaires sont des entrepreneurs et il semble bien que cela soit une condition importante pour faire fortune.
Frugalité, frugalité, frugalité
Les millionnaires dépensent beaucoup moins qu’on croit dans des biens de consommation. Par exemple, 50% n’ont jamais payé plus de 400$ pour un costume ou plus de 140$ pour des chaussures dans leur vie.
En général, les millionnaires répondent oui à ces trois questions :
- Vos parents étaient-ils très économes ?
- Êtes-vous très économe ?
- Est-ce que votre époux/épouse est plus économe que vous ?
Le dernier point est particulièrement important. Un couple ne peut pas accumuler une fortune si l’un des deux est un dépensier invétéré.
La principale dépense de la plupart des ménages est l’impôt sur le revenu. C’est pourquoi, les plus riches font tout pour réduire leur revenu taxable et faire fructifier leurs actifs à l’abri de l’impôt (les gains en capital ne sont pas taxables tant que l’actif n’est pas vendu).
Ainsi par exemple, quelqu’un qui a une valeur nette de 2 millions de dollars, aurait typiquement (d’après les services fiscaux américains) 3,7% de revenus réalisés par an soit environ 72 000$. Si cette personne vit dans des quartiers résidentiels aisés comme la moitié des millionnaires, le pourcentage de revenus réalisés serait plutôt de l’ordre de 6,7% : il faut se payer un revenu plus important pour vivre en ville (et donc payer davantage d’impôts).
Si vous n’êtes pas encore devenu riche, mais que vous voulez le devenir, n’achetez jamais une maison dont l’hypothèque est plus du double de votre revenu réalisé annuel.
Temps, énergie et argent
Ceux qui accumulent du patrimoine ont tendance à être moins éduqués que les autres. En effet, plus tôt quelqu’un commence à épargner et investir et plus rapidement il accumulera du capital. C’est aussi pourquoi ceux qui poursuivent des études longues et en particulier les médecins ont tendance à moins accumuler de patrimoine.
Il est donc important de commencer à gagner de l’argent et à investir le plus tôt possible dans la vie.
Il y aussi une autre raison qui explique pourquoi les personnes très diplômées sous-épargne et sous-investissent. Compte-tenu de leur statut social, elles se doivent d’afficher un train de vie en ligne avec leurs revenus.
De plus, en plus de la dépense monétaire, acheter des produits de luxe prend du temps et de l’énergie et cela se fait au détriment d’activités de planification financière.
Les enfants qui grandissent dans des familles à haut revenus mais dépensières ont tendance à être dépensiers aussi. Souvent, ils n’ont pas des hauts revenus comme leurs parents et sont dépendants d’eux pour maintenir leur train de vie. Pire, les enfants sont en compétition pour récupérer des dons, prêts et aides de leurs parents.
95% des millionnaires étudiés possèdent des actions boursières. Mais ils transigent rarement. En fait, seulement 9% d’entre eux conservent leur investissement moins d’un an. 42% n’ont fait aucun changement dans leur portefeuille durant l’année précédente. En effet, être un investisseur actif coûte cher en frais de transaction.
Ceux qui sont les plus capables d’accumuler du capital ont tendance à prendre le temps nécessaire pour sélectionner leurs investissements. Ils ont aussi tendance à recruter les meilleurs talents pour les aider : comptable, avocat, conseiller financier. Là encore, les propriétaires d’entreprise ont un avantage car ils sont habitués à sélectionner leurs collaborateurs.
Vous n’êtes pas ce que vous conduisez
La moitié des millionnaires n’a jamais payé au-delà de 24 800$ pour un véhicule. Les habitudes d’achats : nouveau/occasion, loyauté à un concessionnaire/magasinage sont aussi variées que dans la population.
Achat d’un nouveau véhicule, client loyal au concessionnaire (29%) :
Plus d’un millionnaire sur cinq de cette catégorie fréquente un concessionnaire avec qui il a une relation d’affaires. Une grande partie traite directement avec le propriétaire de la concession automobile.
Achat d’un nouveau véhicule, client qui fait jouer la concurrence (35%) :
Ces derniers paient environ 15% moins cher que le groupe précédent, moyennant un investissement supérieur pour rechercher, comparer et négocier leur véhicule.
Achat d’un véhicule d’occasion, client loyal au concessionnaire (17%) :
C’est la catégorie qui compte la plus forte proportion d’entrepreneurs. Ceux-ci veulent en avoir pour leur argent et ne souhaitent pas perdre de temps dans une longue recherche. Comme dans le premier cas, beaucoup d’acheteurs sont dans une relation de réciprocité avec les concessionnaires.
Achat d’un véhicule d’occasion, client qui fait jouer la concurrence (19%) :
Ces acheteurs sont toujours sur le qui-vive pour faire une bonne affaire. Ils peuvent acheter à un concessionnaire, un particulier, une banque, une enchère etc. En un certain sens, ces acheteurs sont les plus représentatifs des millionnaires dans la mesure où les autres achats sont souvent l’occasion de renforcer des relations d’affaires ou d’échanger des références.
Assistance financière aux enfants
43% des millionnaires paient tout ou partie des frais d’école privée de leurs petits-enfants. 59% aident financièrement leurs enfants ou petits-enfants pour faire l’acquisition d’une maison. 46% font des dons de 15 000$ ou plus annuellement à leurs enfants ou petits-enfants.
Certains millionnaires apprennent à leurs enfants comment dépenser. Les dons en argents sont les plus destructeurs car ils créent l’anticipation d’autres subsides.
D’autres millionnaires donnent de l’argent dans un but d’investissement. Ainsi, les enfants des millionnaires frugaux reçoivent de l’argent mais pour des occasions spéciales : frais d’études de médecine ou de droit, aide pour démarrer une entreprise, parts non liquides dans l’entreprise familiale.
Voici les emplois occupés par les enfants de millionnaires :
- Directeur dans une entreprise
- Entrepreneur
- Cadre intermédiaire
- Médecin
- Vendeur
- Avocat
- Ingénieur, architecte ou scientifique
- Comptable
- Professeur universitaire
- Professeur au secondaire ou au primaire
Pour la plupart de ces occupations, les personnes qui acceptent de l’argent de leurs parents millionnaires ont des revenus et un patrimoine plus faibles que les autres. L’effet est particulièrement marqué pour les comptables. En revanche, les professeurs ont tendance à épargner les dons des parents.
Ceux qui reçoivent de l’argent de leurs parents ont aussi tendance à ne pas faire de différence entre la propriété de leurs parents et la leur. Ils ont également tendance à utiliser davantage le crédit à la consommation que ceux qui ne reçoivent pas d’argent de leurs parents. Comme ils ont tendance à surconsommer et à utiliser le crédit, il ne leur reste plus d’argent pour investir non plus.
Au-delà des transferts d’argent, les parents peuvent vouloir surprotéger leur enfant et le rendre plus faible sans le vouloir. Par exemple, faire ses devoirs à sa place n’est pas une bonne idée. Comment apprend-t-on le courage à ses enfants ? En n’offrant pas un environnement sans risques, sans difficultés et sans dangers.
Discrimination positive dans la famille
Les enfants qui réussissent moins bien ont tendance à être ceux qui sont le plus aidés financièrement par leurs parents millionnaires. C’est particulièrement le cas des filles qui sont femmes au foyer.
Il y a en a de deux types. Celles qui comprennent que les aides des parents viennent avec des conditions et les autres. Les femmes au foyer qui acceptent l’argent de leurs parents ont tendance à créer une dépendance qui détruit l’initiative.
Une deuxième catégorie d’enfants qui reçoivent de l’aide sont ceux qui sont sans emploi.
D’une manière générale, si vous êtes riche et que vous souhaitez que vos enfants soient heureux et indépendants, éviter les discussions sur l’argent qu’on peut recevoir des autres.
Pour éviter qu’un conflit ne dégénère entre les enfants, il peut être bon d’inclure également un professionnel extérieur à la famille (avocat) dans les exécuteurs testamentaires. Il vaut mieux, en effet, que les enfants se fâchent contre l’avocat qu’entre eux.
En passant, on peut noter que les millionnaires ont souvent des relations de long-terme avec certains professionnels, comme des avocats ou des comptables. D’autre part, leur réseau amical et professionnel les conscientisent sur la nécessité de bien préparer leur succession.
Les leçons des millionnaires pour élever des enfants indépendants et productifs :
- Ne leur dîtes jamais que leurs parents sont riches
- Enseignez-leur à être disciplinés et économes en montrant l’exemple
- Assurez-vous que vos enfants ne découvrent pas que vous êtes riche avant qu’ils aient établi une vie indépendante et mature
- Evitez les discussions autour de ce que les enfants et petits-enfants recevront comme héritage
- Ne faites jamais de dons importants à vos enfants pour les amadouer ou par culpabilité
- N’intervenez pas dans le mode de vie de vos enfants
- Ne vous comparez pas à vos enfants : « quand j’avais ton âge, j’avais déjà… »
- Vos enfants ont chacun leurs caractéristiques. N’aggravez pas les différences avec l’argent.
- Enseignez-leur à être des producteurs plutôt que des consommateurs.
- Expliquez à vos enfants qu’il y a beaucoup de choses plus importantes que l’argent.
Trouvez votre niche
Beaucoup d’entrepreneurs et de professionnels n’arrivent pas à réaliser des revenus élevés. Peut-être est-ce parce qu’ils s’adressent à des gens qui n’ont pas d’argent ? Pourquoi ne pas plutôt viser une clientèle fortunée et qui est prête à payer pour la qualité, qu’il s’agisse de comptabilité, de conseil juridique, de fiscalité, de conseil en investissement, etc. ?
Millionnaires versus héritiers
Les entrepreneurs ont 4 fois plus de chances d’être millionnaires que ceux qui travaillent pour quelqu’un d’autre. Le type d’entreprise n’est pas ce qui est important pour le succès, mais plutôt la personnalité de l’entrepreneur.
D’ailleurs, seulement un millionnaire entrepreneur sur cinq cède les rênes de l’entreprise à la génération suivante. Ils savent très bien que les chances d’une succession réussie sont minces. Ceux-ci conseillent plutôt à leurs enfants ces occupations : médecins, avocats, ingénieurs, architectes, comptables et dentistes. Aussi, les millionnaires ont 4 ou 5 fois plus de chances d’envoyer leurs enfants à l’école de médecine ou à l’école de droit.
Un riche entrepreneur, par ailleurs survivant de l’holocauste, explique bien l’avantage d’une profession libérale : « Ils peuvent vous prendre votre entreprise mais pas votre savoir. »
Les entrepreneurs prennent des risques mais ils sont plus en contrôle de leur destinée qu’un employé. Surtout, ils ont autant de sources de revenus qu’ils ont de clients, au lieu d’une seule source pour un employé. Parmi les entrepreneurs, ceux qui ont le plus de succès sont invariablement ceux qui aiment ce qu’ils font.
Comment sélectionnent-ils leur industrie ? La plupart des entrepreneurs qui réussissent connaissent déjà le secteur dans lequel ils s’investissent.