⭐⭐⭐⭐Livre « L’économie politique en une leçon » de Henry Hazlitt

Introduction

Economics in One Lesson, de Henry Hazlitt est un classique de l’école autrichienne.

Cet ouvrage étonnamment court illustre la seule leçon d’importance en économie :

Tout l’art de l’économie consiste à ne pas se contenter d’observer les conséquences immédiates mais aussi les effets à long terme d’une politique publique ; Il consiste à identifier les conséquences de cette politique non seulement sur un groupe mais sur tous les groupes.

Points clés à retenir

Chapitre 1 : la leçon

L’économie, comme discipline, est percluse par les idées fausses. Contrairement aux mathématiques et aux sciences physiques et naturelles, l’économie est victime des groupes d’intérêts. Certaines politiques bénéficient seulement à certains groupes au détriment des autres. De tels groupes auront donc un intérêt à payer les meilleurs talents pour présenter leur vision sous le meilleur jour ou à défaut créer la confusion dans les esprits.

D’autre part, les idées fausses en économie sont souvent aussi le résultat d’une négligence à évaluer les effets à long terme des politiques publiques.

Chapitre 2 : la fenêtre cassée

Commençons par examiner une idée fausse illustrée par l’économiste Bastiat. Un jeune voyou jette une brique à travers la vitre du boulanger. Loin d’être un danger public, le jeune voyou serait un bienfaiteur. Le remplacement de la vitre va donner du travail au verrier. Avec le montant payé, disons 50$, le verrier va acheter d’autres biens et services à d’autres fournisseurs, diffusant la prospérité dans la société dans des boucles toujours plus grandes.

Du point de vue du boulanger, les choses sont un peu différentes. Au lieu d’avoir une vitre et 50$, il a maintenant juste une vitre. S’il prévoyait de s’acheter un costume avec les 50$, il va devoir faire sans maintenant. Le gain du verrier est la perte du tailleur. L’erreur a été de ne considérer que le boulanger et le verrier et d’ignorer la perte pour le reste de la communauté.

Chapitre 3 : les bienfaits de la destruction

Une variante de la fenêtre cassée est que si de petites destructions sont bonnes pour l’économie, de grandes destructions doivent certainement être excellentes. La guerre serait donc un bienfait.

L’erreur est ici de confondre les besoins à l’issue de la guerre pour remplacer ce qui a été détruit avec une demande solvable. La Chine de l’après-guerre a de grands besoins, mais pas les moyens de payer pour les satisfaire.

La plupart des bienfaits que les mauvais économistes attribuent à la guerre sont en fait directement reliés à la planche à billets. Mais la planche à billets peut créer le même effet illusoire en temps de paix.

En réalité, la guerre modifie la direction que prend l’économie lors de la reconstruction en favorisant certaines industries comme la construction au détriment d’autres.

Chapitre 4 : les projets d’infrastructure signifient plus d’impôts

De nos jours, le moindre problème économique trouve sa panacée dans davantage de dépenses publiques.

Certains économistes prétendent que le gouvernement peut dépenser sans compter et ne pas augmenter les impôts, car après tout, la dette n’est due qu’à nous-mêmes. De telles inepties se concluent généralement par un défaut de paiement ou une inflation hors de contrôle.

Naturellement, le gouvernement doit couvrir les dépenses nécessaires au maintien des services publics essentiels : entretien de la voirie, des bâtiments publics y compris ceux des institutions gouvernementales, de la police et des pompiers. Ce dont nous parlons correspond aux travaux publics, vus comme un moyen de créer des emplois. Si par exemple, nous construisons un pont dans ce but, il faut considérer les autos, les maisons et tous les autres biens et services qui n’auront pas été produits de ce fait.

Bien sûr, cela est beaucoup plus difficile à se représenter que le pont, les HLM ou mieux encore le monumental barrage qui sont là sous nos yeux.

Chapitre 5 : les impôts découragent la production

Une entreprise perd 100% de ce qu’elle perd, mais ne conserve que 60% de ce qu’elle gagne. De ce fait, les entreprises seront moins enclines à embaucher, investir ou à développer leurs marchés.

Il en est de même lorsque les individus sont taxés marginalement à 60%, 80% ou 90%. Ils se demandent, à juste titre, si cela vaut vraiment la peine de travailler davantage. Cela affecte aussi le capital disponible pour entreprendre puisqu’à des taux élevés d’imposition, le capital s’accumule plus lentement.

Chapitre 6 : le crédit détourne la production

Il faut parfois craindre davantage les encouragements du gouvernement que son hostilité. Cela prend souvent la forme de subventions ou de garanties sur des prêts.

C’est en particulier le cas pour le crédit offert aux fermiers. Toutes les excuses sont bonnes : le taux d’intérêt est trop élevé, seuls les riches ont accès au crédit, etc.

Cependant, de telles propositions omettent deux considérations. D’abord, elles ne tiennent compte que du point de vue du fermier. Ensuite, elles s’intéressent à la première partie de la transaction, mais pas à la seconde, c’est-à-dire le remboursement.

La différence entre un prêt privé et un prêt du gouvernement est que le prêteur privé risque son capital et est incité à prêter prudemment. D’autre part, ce n’est pas tant de l’argent qui est prêté que du capital : une ferme ou un tracteur, qui sont en nombre limité. Si le gouvernement prête à A pour acheter la ferme ou le tracteur, alors B ne pourra pas obtenir la ferme ou le tracteur.

Prêter à A, dont le crédit, la réputation, la compétence et le capital sont moins élevés que B, a pour résultat un gaspillage de ressources et de capital. De plus, contrairement à un prêteur privé, le gouvernement n’est pas ruiné lorsqu’il fait des prêts à tort et à travers.

L’autre problème des prêts du gouvernement est qu’ils peuvent être octroyés à des amis ou en échange de pots-de-vin.

Chapitre 7 : la malédiction des machines

La croyance selon laquelle les machines créent le chômage est bien ancrée dans la population.

Si elle était vraie, pourquoi ne pas revenir à l’âge de pierre où en effet beaucoup de travail était nécessaire pour accomplir la moindre tâche ?

L’arrivée des machines est en général une mauvaise nouvelle pour les artisans et leur famille, mais pas pour la société dans son ensemble. C’est ce qui s’est passé avec l’industrie textile britannique. L’invention d’Arkwright a au bout du compte créé bien plus d’emplois qu’elle n’en a détruits du fait de l’essor du commerce international.

Les machines permettent d’offrir des biens à des prix plus faibles. Les économies réalisées par le consommateur lui permettent d’acheter d’autres bien et services par ailleurs. C’est cela qui va générer de nouveaux emplois.

Pour autant, les machines causent un réel tort à ceux qui du jour au lendemain ont des compétences dont le marché n’a plus besoin. Si l’on veut considérer les effets à long terme, il ne faut pas non plus négliger les effets immédiats.

Chapitre 8 : le partage du travail

Une autre erreur cousine de la précédente suppose qu’il n’existe que le travail à faire est en quantité limitée. Voilà qui explique la territorialité des professions.

Au lieu d’engager un seul professionnel qui fera la plomberie et le carrelage, il faudra en chercher deux. Cela a pour effet d’augmenter les coûts.

Une autre version du partage du travail est la réduction du temps de travail.

La réduction du temps de travail, sans changement du taux horaire, ne fait que répartir le travail sur de plus nombreux employés. En supposant que les nouveaux employés sont aussi productifs que les anciens, l’effet est nul dans l’ensemble.

La réduction du temps de travail avec augmentation du taux horaire a pour résultat une augmentation des coûts de production, l’élimination des firmes les moins efficientes, et le chômage des employés les moins productifs.

Chapitre 9 : démobiliser les troupes et les bureaucrates

Il y a toujours des craintes lorsqu’un grand nombre de soldats retournent à la vie civile. Le secteur privé sera-t-il capable d’absorber ces nouveaux travailleurs ou consommateurs ?

Lorsque cela se produit, les contribuables n’ont plus à soutenir financièrement les soldats par leurs impôts. La demande civile sera moins contrainte et stimulera la production.

Le même type de raisonnement s’applique aux bureaucrates.

Ceux dont le salaire était bien supérieur aux services fournis pourront avoir une contribution positive sur la société en intégrant le secteur privé. Mieux encore, les bureaucrates particulièrement énergiques qui s’affairent à décourager et perturber la production seront mieux hors d’état de nuire.

Chapitre 10 : le fétiche du plein emploi

L’objectif économique de toute organisation ou individu est toujours d’obtenir le résultat maximum avec le minimum d’effort, c’est-à-dire le minimum de travail.

L’objectif du plein emploi est différent. Hitler l’a atteint grâce à son programme de réarmement. Il y a eu le plein emploi dans les camps de concentration aussi. La coercition parvient toujours à créer le plein emploi.

En fait, l’objectif de production maximal est de loin préférable, même si c’était au prix d’entretenir dans l’oisiveté une partie de la population.

Chapitre 11 : qui est protégé par le protectionnisme ?

Adam Smith a éloquemment exprimé l’intérêt du libre-échange.

« Dans tout pays, il est toujours et a toujours été dans l’intérêt du plus grand nombre, d’acheter ce qu’ils veulent à celui qui le leur vend au meilleur prix. »

L’imposition de droits de douane protège une industrie particulière et ses affiliés, mais elle pénalise surtout les consommateurs.

Le supplément payé en droits de douane est autant d’argent en moins qui peut être utilisé pour payer d’autres biens et services. Les ressources sont détournées pour faire plus de produits inefficacement et moins de produits où le pays dispose d’un réel avantage.

En conséquence, le protectionnisme a pour conséquence de modifier la structure de nos industries.

Tous les droits de douane ne sont pas mauvais. Ils peuvent générer des revenus pour le gouvernement. Ils peuvent aussi protéger des industries vitales pour la défense nationale.

Chapitre 12 : la passion pour l’export

Un individu doit obtenir ses revenus en fournissant des biens et des services à d’autres individus, puis utilise ses revenus pour obtenir des biens et services des autres. De la même façon, un pays exporte pour pouvoir importer.

Il est presque aussi déraisonnable de donner la priorité aux exportations que de limiter les importations.

Cette doctrine est si bien ancrée qu’elle est utilisée pour justifier des prêts à des pays étrangers pour financer leurs importations de nos produits. En réalité, si les prêts ne sont pas payés, cela revient à leur donner gratuitement les biens.

Chapitre 13 : parité du pouvoir d’achat

L’argument de la parité du pouvoir d’achat a été inventé pour subventionner les fermiers.

En effet, le pouvoir d’achat d’un fermier a diminué par rapport au début du siècle. Il faudrait en conséquence les subventionner pour qu’ils puissent maintenir leur pouvoir d’achat. Mais pourquoi la société devrait-elle se préoccuper de cela ?

Si le fermier est gagnant, le citadin qui doit payer sa farine 50% plus cher ne l’est pas. Ce n’est pas tout, le dispositif gouvernemental pour des prix plus élevés exige une réduction de la production, parfois même la destruction de la production excédentaire.

Dans les faits, c’est le même principe que l’imposition de droits de douane sur les produits agricoles. Cependant, contrairement aux droits de douane, la parité du pouvoir d’achat n’entraîne pas de représailles des pays clients de nos produits agricoles.

Chapitre 14 : il faut sauver l’industrie XYZ

L’histoire est toujours la même. L’industrie XYZ est malade, il faut la sauver, par des droits de douane, des subventions, des prix garantis, des barrières à l’entrée, etc. Si nous ne faisons rien, des milliers de travailleurs vont se retrouver à la rue. D’autres personnes vont en pâtir, leur bailleur, leur tailleur, leur boulanger, etc.

Dans tous les cas, il s’agit d’un transfert de richesse du public vers l’industrie XYZ. D’autre part, le capital et les travailleurs sont moins bien employés qu’ils auraient pu l’être sans l’intervention gouvernementale.

Le présupposé erroné est que dans une économie en croissance, toutes les industries doivent prospérer. C’est totalement faux. De nouvelles industries prospèrent en cannibalisant certaines industries en perte de vitesse. Fallait-il soutenir la fabrication des attelages de chevaux face à la concurrence de l’automobile ?

Chapitre 15 : comment le système des prix fonctionne

Une idée reçue qui se cache derrière chaque politique de partage des richesses est qu’on devrait laisser la production entre les mains des experts plutôt que celles des hommes d’affaires.

Les experts, scientifiques, ingénieurs, techniciens, seraient mieux à même de produire sans limites et de façon efficiente là où les hommes d’affaires sont obnubilés par les profits.

Une fois de plus, la source de l’erreur est de considérer une industrie indépendamment du reste de l’économie. La production d’une industrie ne peut être démultipliée qu’aux dépens des autres.

Dans une société capitaliste, le problème de quoi produire et en quelle quantité est résolu par le système des prix. Les prix sont utilisés comme des signaux dans une telle économie. Lorsqu’un article est en demande, le prix augmente. Lorsqu’un article n’est plus voulu, son prix diminue.

Une autre idée fausse prétend que le prix est relié au coût marginal de production. Certes, il existe un lien, mais il est moins clair qu’on le prétend généralement. En effet, si un bien n’est plus en demande, la matière première qui sert à le produire sera elle aussi moins en demande et son prix diminuera de concert.

Comme dans la vraie vie, chaque chose que nous produisons doit l’être en se privant de produire autre chose.

Sans un système de prix, nous devrions compter sur un groupe de bureaucrates omniscients et bienveillants qui détermineraient la production de millions d’articles différents non selon les préférences des consommateurs, mais selon ce qu’ils jugent bon pour nous.

Chapitre 16 : stabilisation du prix des matières premières

Une variante des subventions consiste à demander du gouvernement qu’il soutienne des prix anormalement bas. Les prix, selon le groupe de pression, reviendront à la normale, mais pourquoi attendre et subir des dommages irréversibles.

Dans les cas des fermiers, cela se traduirait peut-être par des prêts pour limiter la quantité vendue sur le marché.

Cela a des effets pervers. Par exemple, une conséquence inattendue de la rétention des surplus de production de coton a été de stimuler la production dans les autres pays.

L’effet de la restriction sur la production est d’empêcher les producteurs les plus efficients de s’agrandir et de maintenir en vie les moins performants.

Chapitre 17 : contrôle des prix

Nous avons vu les conséquences du maintien des prix à des niveaux artificiellement élevés. Le gouvernement peut aussi intervenir pour maintenir les prix à des niveaux artificiellement bas.

Cela se produit en particulier en temps de guerre pour les biens de consommation essentiels. Mais ces mesures ont la fâcheuse tendance à se prolonger bien au-delà du prétexte initial.

Lorsque le prix d’un bien est fixé au-dessous du prix de marché, deux choses se produisent. D’une part, la demande pour le bien sous-évalué augmente. D’autre part, l’offre pour ce produit diminue.

Cela se traduit rapidement en pénuries, soit l’exact contraire de ce que prétendaient faire les autorités.

Par la suite, différents dispositifs sont mis en place par le gouvernement pour réduire les effets pervers du contrôle sur les prix. Il y a tout d’abord le rationnement qui limite les quantités qui peuvent être achetées avec un système de coupon.

Pour ce qui concerne l’offre, c’est plus compliqué. Le gouvernement peut vouloir essayer de contrôler tous les prix du processus de production : salaire dans les boulangeries, prix de la farine, taux de profit des meuniers, prix du blé, etc. De nouvelles pénuries touchent alors ces facteurs de production à leur tour. En désespoir de cause, le gouvernement subventionnera la production.

En plus du contrôle des prix vertical précédent, les autorités se retrouvent dans l’obligation d’effectuer des contrôles sur les prix horizontaux. En effet, le rationnement de certains produits entraîne une demande accrue sur les produits non rationnés substituables.

En situation de guerre, l’économie est contrôlée comme dans un pays communiste. En particulier, la quantité de matières premières et les travailleurs sont alloués par l’État aux entreprises. La compétition pour les ressources, y compris le capital humain, n’est plus tolérée.

Il est remarquable que beaucoup d’Européens doivent leur survie pendant et après la Seconde Guerre mondiale au marché noir. Sans lui, les erreurs de gestion des bureaucrates leur auraient été fatales.

Chapitre 18 : salaire minimum

La première chose qui se produit lorsqu’on instaure un salaire minimum, disons de 30$ par semaine est que tous ceux qui ne sont pas suffisamment productifs sont exclus du marché du travail. La seule exception à cette règle se produit lorsqu’un groupe de travailleurs est sous-payé.

Mais même dans une telle situation, il serait plus efficace serait de se syndiquer que de fixer un salaire minimum.

En général, l’industrie essaie de réagir à l’augmentation artificielle des salaires en augmentant le prix de son produit. Cependant, rien ne dit que le consommateur va l’accepter. Il peut chercher un produit de substitution ou réduire sa consommation. Dans tous les cas, la production et donc l’emploi en souffriront.

Il est illusoire de croire que nous pouvons payer les salariés plus que ce qu’ils produisent. En fait, la seule façon d’augmenter les salaires est d’augmenter la productivité, par l’accumulation du capital, par une meilleure organisation et par une main-d’œuvre mieux qualifiée.

Chapitre 19 : est-ce que les syndicats permettent d’augmenter les salaires ?

Le niveau des salaires est davantage une fonction du niveau de productivité que de la présence des syndicats. C’est pour cela que l’ouvrier américain avait un meilleur niveau de vie que l’ouvrier allemand ou britannique pendant l’entre-deux-guerres.

Le rôle du syndicat est d’éviter les situations d’abus et donner à l’ouvrier l’information sur les taux qu’il est en droit d’attendre. La relation entre l’employeur et l’employé n’est pas symétrique et une erreur de jugement coûte plus cher à l’employé qu’à l’employeur. L’employé hésitera donc avant de quitter son emploi.

Les syndicats, lorsqu’ils utilisent la coercition et la violence, ont un effet délétère sur la société. En effet, si des cheminots, des mineurs ou des employés de la construction syndiqués usent de leur pouvoir de nuisance, ils vont certes obtenir des salaires au-delà du marché. Mais, cela se fera aux dépens des autres travailleurs et des chômeurs.

Cependant, même si les syndicats arrivent à obtenir des augmentations salariales exagérées de la part des capitalistes, la situation ne peut être que temporaire. Les capitalistes, dont le capital est pris en otage, cessent d’investir dans leur appareil productif.

Chapitre 20 : assez pour racheter le produit

D’après les marxistes, les crises économiques sont causées par des salaires trop faibles. Pour ces derniers, le bon niveau de salaire est celui qui permet de « racheter le produit fabriqué ».

Ce qu’ils entendent par là est qu’il faut augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs. Cependant, l’augmentation du pouvoir d’achat pour le bénéfice d’un seul groupe entraîne inévitablement l’appauvrissement de toute l’économie.

Encore une fois de plus, les meilleurs prix ne sont pas les prix les plus élevés, mais ceux qui autorisent le niveau de production maximale.

Chapitre 21 : les profits

Les politiques gouvernementales semblent supposer que la production ne fera que croître, peu importe les initiatives pour la décourager.

Dans une économie libre, les profits signalent quel article intéresse le public. Rien n’est plus efficace pour résorber des pénuries que des profits sans limites.

Le profit sert également d’aiguillon aux entreprises pour s’améliorer constamment.

Chapitre 22 : le mirage de l’inflation

Il est important de comprendre l’attrait des gouvernements pour l’inflation en dépit de ses conséquences désastreuses.

L’erreur originelle dans le cas de l’inflation est de confondre la richesse avec l’argent. La vraie richesse est l’ensemble des biens et services que nous produisons ainsi que l’infrastructure dont nous disposons.

Les naïfs croient que si le gouvernement donnait plus d’argent aux citoyens, tout le monde s’en porterait mieux. Des économistes moins naïfs réalisent que l’inflation monétaire cause la dépréciation de la monnaie et l’augmentation des prix. Ils avancent néanmoins que cela est bénéfique, car l’inflation favorise le pauvre débiteur sur le riche créditeur ou, car elle favorise les exportations ou même le plein emploi.

En réalité, ceux qui reçoivent l’argent nouvellement créé sont les gagnants et le reste est perdant. L’argent nouveau achète comme l’ancien. Ce n’est que lorsqu’il aura circulé dans l’économie que les prix vont progressivement augmenter en réaction.

L’inflation cause également des distorsions en favorisant artificiellement certaines industries.

Finalement, si une inflation de 25% est bonne, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas demander une inflation de 50% ou 100% ?

Le seul argument en faveur de l’inflation est de relancer l’industrie, en dépréciant indirectement les salaires. Ainsi, les marges de profit sont rétablies. Il serait plus honnête, mais plus difficile politiquement de baisser les salaires.

C’est sans doute d’ailleurs parce que l’inflation crée de la confusion, y compris chez ceux qui en souffrent, que nos gouvernements y ont de plus en plus recours dans le monde moderne. Malheureusement, l’inflation corrompt la société. Elle décourage la prudence et l’économie. Elle encourage le gaspillage et la spéculation. L’inflation est la mère du communisme et du fascisme.

Chapitre 23 : l’attaque contre les épargnants

Notre époque valorise la consommation par rapport à l’épargne au motif qu’elle crée des emplois. Mais un dollar épargné y contribue tout autant en finançant l’appareil productif, directement ou indirectement.

Par contraste, la thésaurisation de l’argent sans raison valable est toxique pour l’économie. De nos jours, cette pratique est marginale.

Comme pour la loi de l’offre et de la demande, l’épargne (offre de capital) rencontre l’investissement (demande de capital). Le taux d’intérêt est la variable qui égalise les deux à un niveau donné.

La tentation est grande pour les gouvernements de maintenir au plancher le taux d’intérêt afin de « stimuler l’investissement ». Cependant, les épargnants ne sont pas incités à épargner avec des taux d’intérêt trop bas. L’offre de vrai capital est donc réduite. De plus, les politiques monétaires accommodantes auront sur le long terme un effet déstabilisateur sur l’économie.

Chapitre 24 : la leçon répétée

L’économie, disons-nous, consiste à voir les conséquences à long terme sur le public d’une politique publique.

Elle se réconcilie avec le bon sens qui nous dit qu’une fenêtre cassée et une ville rasée ne sont pas des aubaines.

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