⭐⭐⭐Livre sur la psychologie de l’argent par Morgan Housel


Introduction

Le récent livre « Psychology of Money » de Morgan Housel aborde la question des finances personnelles du point de vue psychologique.

La thèse principale de l’auteur est que l’investisseur ou l’épargnant doit se connaître et avoir un certain contrôle sur ses émotions pour atteindre ses objectifs.

Le livre dresse un portrait de ce qu’il est réaliste d’attendre de ses investissements en s’intéressant à des aspects souvent négligés : la diversité des horizons de placement, des objectifs changeants, la sécurité qu’offrent des liquidités, ou encore la justification de l’irrationalité des investisseurs.

Points clés à retenir

La richesse est davantage une question de contrôle de soi que d’intelligence. De nos jours, la finance est enseignée de la même manière que la physique alors qu’il serait plus pertinent de l’expliquer en termes de psychologie.

1. Personne n’est fou

Nous avons tous des expériences différentes avec l’argent selon l’endroit où nous vivons, si nous avons connu ou non de l’inflation, selon nos valeurs ou notre marché du travail, etc. Ces expériences façonnent notre rapport à l’argent. Nous avons tendance à penser que nous comprenons comment le monde fonctionne, mais nous n’avons expérimenté qu’une fraction de ce qui est possible. Souvent, nos conceptions sont formées lors de l’adolescence ou dans la vingtaine. Puis, nous continuons à les appliquer tout au long de notre vie, qu’elles soient encore valides ou non. D’autre part, les gens font des choix en fonction des alternatives qu’ils connaissent et qui sont à leur portée. En outre, la plupart des gens sont novices en matière d’investissement. Par exemple, cela ne fait que deux générations dans les pays riches que nous préparons notre retraite.

2. Chance et risque

La chance et le risque sont les deux faces d’une même médaille. La chance, c’est quand le hasard est favorable et le risque quand ce n’est pas le cas. Le hasard joue un rôle dans la réussite mais personne ne sait à quel point, en particulier dans l’investissement. Si j’échoue, c’est un manque de chance. Si tu échoues, c’est un manque de talent ! Parce qu’il est si difficile de faire la distinction entre la chance et le talent, comment pouvons-nous identifier et imiter les habitudes qui mènent au succès ? Par exemple, quelle est la différence entre un Rockefeller et un Enron ? Si nous étions cyniques, nous pourrions dire que l’un s’est fait prendre, l’autre non.

3. Jamais assez

Un problème récurrent avec l’argent est de savoir quand vous en avez assez. En en voulant plus que nécessaire, de nombreux hommes d’affaires ont franchi la ligne rouge. Ils avaient tout, richesse, pouvoir, liberté et ont décidé de tout miser pour en avoir encore plus. Puis, ils ont tout perdu et sont parfois allés en prison comme Madoff ou Gupta. Vous devez déterminer le montant d’argent qu’il vous faut. C’est le montant à partir duquel les risques n’en valent plus la peine, c’est-à-dire quand vous risquez de perdre votre réputation, votre indépendance et votre liberté, votre famille et vos amis, et votre bonheur.

4. Composition confondante

Warren Buffet est un grand investisseur, mais son succès est attribuable non seulement à ses talents d’investisseur mais surtout à la durée pendant laquelle il les a exercés. Au moment de la rédaction de ce livre, 81,5 milliards de la fortune de Buffett sur 84,5 milliards ont été constitués après qu’il ait atteint 65 ans ! Voici une autre façon de voir les choses, si Buffet n’avait investi qu’entre 30 ans à 60 ans avec son rendement moyen annuel de 22%, à partir de 25000 $, sa fortune personne s’élèverait à seulement 11,9 millions de dollars !

5. Devenir riche versus rester riche

Obtenir de l’argent est une chose, le garder en est une autre. Bien qu’il existe de nombreuses façons de devenir riche, rester riche implique généralement un ensemble spécifique de compétences. Cela demande de la frugalité, de l’humilité et de la prudence. En un mot, il faut avoir un instinct de survie. En utilisant l’exemple de Warren Buffett, on peut voir ce qu’il n’a pas fait : il ne s’est pas endetté, il n’a pas paniqué et vendu pendant les 14 récessions qu’il a vécues, il n’a pas entaché sa réputation, il n’est pas resté fidèle à une stratégie ou thèse, il n’a pas eu à faire face à des rachats d’investisseurs, et il ne s’est pas épuisé à la tâche.

6. Pas besoin de gagner souvent

Vous pouvez vous tromper 99% du temps tant que vous avez en portefeuille quelques investissements exceptionnels. Il est tout à fait normal que beaucoup de choses échouent et il n’y a aucun moyen de savoir ce qui fonctionnera finalement. Sur 21 000 financements en capital-risque entre 2004 et 2014, 65% ont perdu de l’argent, tandis que 100 entreprises ont rapporté 50 fois la mise initiale. Il en va de même pour le marché boursier. En tant qu’investisseur, votre performance dépendra de ce que vous ferez 1% des jours, probablement les jours où les autres perdront leur sang-froid.

7. Liberté

L’argent n’achète pas le bonheur ; il achète la liberté, qui est une grande composante du bonheur. En effet, les personnes les plus heureuses sont celles qui sentent qu’elles contrôlent leur vie. Le cerveau d’œuvre (ou travailleur intellectuel) de notre époque travaille en fait peut-être plus que l’ouvrier d’usine des années 50, puisque son outil (son esprit) ne le quitte jamais. Contrôler son temps est clairement l’un des plus grands avantages que l’argent achète.

8. Argent et ostentation

Pourquoi les gens achètent des voitures tape-à-l’œil ? Nous pensons que c’est pour que les autres les respectent et les admirent. Mais il y a de meilleures façons de gagner le respect que de dépenser son argent.

9. La richesse est ce que vous ne voyez pas

Si vous dépensez votre argent pour acheter des choses, vous aurez les choses mais pas l’argent. Quand les gens disent qu’ils veulent être millionnaires, ce qu’ils essaient de dire, c’est qu’ils veulent dépenser un million de dollars. Cela ne pourrait pas être plus éloigné de ce que c’est que d’être un millionnaire. La richesse signifie la maîtrise de soi et la retenue. Cela signifie ne pas acheter la plus grande maison ou la voiture la plus chère. Pour cette raison, il est difficile de trouver des données sur l’art et la manière d’accumuler du capital : ce serait un peu comme vouloir apprendre à écrire un roman sans avoir accès aux chefs-d’œuvre littéraires.

10. Épargner

Vous ne pourrez peut-être pas contrôler la performance de votre investissement, mais vous pouvez contrôler votre taux d’épargne. De nombreuses personnes travaillent dur pour augmenter leur performance d’investissement de 0,1%, alors qu’il serait beaucoup plus productif et plus facile d’augmenter leur taux d’épargne de 2 à 3%. Pour économiser, dépensez moins. Pour dépenser moins, désirer moins. Pour désirer moins, ne vous souciez pas de ce que les autres pensent de vous.

11. Raisonnable > Rationnel

Les gens ne visent pas une allocation optimale du portefeuille ; ils cherchent une stratégie qui ne les empêche pas de dormir la nuit. Il peut être rationnel de mettre toutes vos économies en bourse et d’ajouter un effet de levier de 200%, mais qui ferait cela ? Parfois, être irrationnel a du bon. Par exemple, vous serez plus susceptible de vous en tenir à votre stratégie si vous aimez vos investissements que si vous ne les aimez pas.

12. Surprises

Il est dangereux de se fier à l’histoire économique et financière pour déterminer ce qui va se passer dans le futur. La bonne leçon à tirer des surprises n’est pas que vous avez fait une erreur, mais plutôt que le monde est imprévisible. D’une certaine manière, les surprises sont les événements qui ont le plus d’impact car nous sommes le moins préparés à y faire face. Le monde change constamment. Les formules du livre « L’investisseur intelligent » de Ben Graham ne sont plus applicables au monde d’aujourd’hui. Même de son vivant, Ben Graham a révisé 5 fois ses formules entre 1934 et 1972. Michael Batnick a dit d’ailleurs que « Les douze mots les plus dangereux en matière d’investissement sont: « Les quatre mots les plus dangereux en matière d’investissement sont : c’est différent cette fois » ».

13. Marge de sécurité

Une marge de sécurité est le seul moyen de naviguer dans un monde fait de probabilités et non de certitudes. Mais nous avons du mal à accepter le caractère aléatoire du monde. En outre, une gamme de possibilités au lieu d’une prévision précise rend plus difficile la prise de décision.

Vous devez également considérer une marge de sécurité non seulement financièrement mais aussi émotionnellement. Comment allez-vous réagir si vous subissez une perte de 30% sur un investissement ? Surtout, il vous faut reconnaître que votre plan ne se déroulera pas comme prévu. La meilleure façon de faire est peut-être simplement de diminuer vos attentes. Rappelez-vous également que le risque de ruine ne vaut jamais la peine d’être pris.

Enfin, comme l’avenir est imprévisible, vous devez réduire votre exposition à des événements qui auront un effet disproportionné sur votre vie. Par exemple, une épargne de précaution insuffisante pourrait vous obliger à vendre des actifs au pire moment.

14. Vous allez changer

Peu d’entre nous savent ce qu’ils désireront dans le futur. Le monde, vos objectifs et vos circonstances personnelles changent avec le temps. Vous allez probablement changer d’avis à un moment donné de votre vie. C’est tout à fait normal. Ce que vous voulez éviter, ce sont les situations extrêmes de quelqu’un qui n’épargne jamais et de quelqu’un qui perd sa vie à la gagner.

15. Rien n’est gratuit

Dans la vie comme sur les marchés, on ne peut pas espérer obtenir quelque chose pour rien. Les bons retours sur investissement ont un prix, qui est la volatilité.

16. Vous et moi

Personne ne peut expliquer pourquoi les bulles spéculatives se produisent. Comme les guerres, il y a sans doute une multiplicité de causes. Cependant, il y a une idée qui a fait beaucoup de tort à la finance qui pourrait expliquer en partie la formation des bulles. C’est l’idée qu’il existe un juste prix pour un actif.

Pourtant, le prix ne devrait pas être le même en fonction de votre horizon temporel. Pris à l’extrême, tout prix est acceptable pour un « day trader ». Pour cette raison, les bulles ne sont pas tant une question de prix que de rétrécissement de l’horizon temporel des participants. Lors de la bulle Internet, les gros titres annonçaient souvent des volumes de transactions records. En réalité, cela témoignait des horizons temporels raccourcis. Vous devez donc faire tout votre possible pour savoir à quel jeu vous jouez : court terme, moyen terme ou long terme.

17. Les sirènes du pessimisme

Le pessimisme paraît toujours plus convainquant et plus plausible que l’optimisme. Il a aussi tendance à attirer davantage l’attention que l’optimisme, car nous nous efforçons avant tout d’éviter le danger et les déconvenues. Par exemple, l’interdépendance de l’économie signifie qu’une crise financière affectera tout le monde, alors chacun a intérêt à y prêter une certaine attention.

Mais alors que le pessimisme se nourrit d’événements tragiques (11 septembre, Katrina, etc.), la plupart des choses s’améliorent progressivement sans faire la une des journaux.

Il faut croire que le pessimisme est avant tout un moyen de réduire ses attentes pour, ironiquement, d’être agréablement surpris.

18. Lorsque vous prenez des vessies pour des lanternes

Ne confondez vos désirs avec la réalité. C’est tentant chaque fois que les enjeux sont importants, en santé, en investissement ou en prévision économique. Lorsque nous préparons un plan, nous ne devons pas seulement nous concentrer sur ce que nous voulons faire et ce que nous pouvons faire, mais aussi sur les plans et les compétences des autres dont les décisions pourraient affecter nos résultats.

Demandez-vous dans quelle mesure le résultat de vos efforts dépendra-t-il de ce que vous faites dans votre entreprise ? Cela ne tiendra probablement pas compte de ce que feront vos concurrents. En conséquence, vous surestimerez votre capacité à influencer les résultats.

19. Synthèse

Les conseillers financiers devraient opérer comme les médecins avec leur patients. Je ne peux pas vous dire quoi faire de votre argent si je ne vous connais pas et si je ne sais pas ce que vous voulez.

20. Confessions

Les décisions financières importantes ne sont pas prises pour maximiser les rendements mais pour minimiser la déception chez un conjoint ou un enfant. Charlie Munger a déclaré: « Je n’avais pas l’intention de devenir riche. Je voulais juste devenir indépendant. » Chaque investisseur doit choisir une stratégie qui a les chances les plus élevées d’atteindre ses objectifs avec succès. Pour la plupart des investisseurs, des placements échelonnés dans un fonds indiciel à faible coût est la voie à suivre. Il n’y a pratiquement pas de corrélation entre l’effort d’investissement et les résultats d’investissement. La raison derrière cela est que les résultats sont tirés par les événements extrêmes et si vous les manquez, vous vous privez de l’essentiel de la performance.

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *