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><channel><title>Comprendre - Economie rebelle</title> <atom:link href="http://economierebelle.com/ressources/comprendre/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>https://economierebelle.com/ressources/comprendre/</link> <description>Mon argent, mon choix</description> <lastBuildDate>Wed, 08 Mar 2023 04:22:43 +0000</lastBuildDate> <language>fr-FR</language> <sy:updatePeriod> hourly </sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency> 1 </sy:updateFrequency> <generator>https://wordpress.org/?v=6.6.1</generator> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « The Asian Financial Crisis » de Russell Napier</title><link>https://economierebelle.com/livre-the-asian-financial-crisis-de-russell-napier/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-the-asian-financial-crisis-de-russell-napier</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-the-asian-financial-crisis-de-russell-napier/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sat, 31 Dec 2022 01:08:00 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[Investir]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <category><![CDATA[macro]]></category> <category><![CDATA[marchés émergents]]></category> <guid
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Contrairement aux investissements directs étrangers qui se traduisent sous forme tangible&nbsp;: usine, équipements, les flux peuvent s’inverser du jour au lendemain.</p><p>La qualité des flux d’investissement se dégradait aussi avec de plus en plus d’investissements à court terme et de moins en moins d’investissements à long terme.</p><p>Une large partie des flux financiers provenaient en fait d’emprunts en USD par les entreprises et les gouvernements, ce qui allait avoir des conséquences catastrophiques une fois que le taux de change serait dévalué. Cette situation ne fut connue qu’après la crise. Aussi, il est critique pour un investisseur boursier d’être au fait de ce qui se passe sur les marchés de la dette et tout particulièrement les emprunts en devises du gouvernement et du secteur privé.</p><p>Après l’été 1996, la situation n’a pas cessé de se dégrader. C’est aussi pendant cet été que les actions bancaires asiatiques ainsi que les réserves de change ont atteint leurs sommets.</p><p>Le début de la crise qui a commencé avec les difficultés de la monnaie Thai a démontré que les flux de capitaux étaient à l’origine des fondamentaux de l’économie et non l’inverse. Les autorités ont très vite réalisé la situation et ont fait pression sur les analystes et les médias pour ne pas diffuser un discours négatif.</p><p>Peu de personnes avaient réalisé à l’époque les montants invraisemblables de dettes étrangères, libellées en USD, en Yen etc., créés par les banques asiatiques. Pourtant ces données étaient disponibles pour qui voulait bien les regarder.</p><p>Une idée reçue erronée qui a favorisé le développement des marchés asiatiques était qu’il existait une corrélation entre croissance et rendement sur actif. Or rien n’est moins vrai&nbsp;!</p><p>L’engouement pour les marchés asiatiques était tel que les fonds de pension britanniques avaient investi plus d’argent en Asie qu’aux États-Unis. En effet, le benchmark utilisé par l’industrie n’était pas simplement lié à un indice, mais à la moyenne des fonds de pension. Cela a donc exacerbé le mimétisme.</p><h3 class="wp-block-heading">En route vers la dévaluation</h3><p>En octobre 1996, certaines compagnies thaïes ont commencé à faire défaut sur les intérêts de leurs prêts, ce qui les incite à vendre leurs actifs. Cela se produit alors que le marché immobilier est devenu illiquide, car les vendeurs ne voulaient pas réduire les prix.</p><p>Les pays du Sud-Est asiatique avaient tous un régime de change fixe. Dans un tel régime, les flux de capitaux, plutôt que de se traduire en une appréciation de la devise nationale, ont eu pour conséquence une appréciation des actifs boursiers et immobiliers. Il était possible de suivre mois après mois l’évolution des flux de capitaux en observant les réserves de change. Du moins, cela demandait une certaine dose de scepticisme puisque la Banque Centrale thaï n’a pas hésité à mentir sur sa situation en omettant une partie de son passif.</p><p>En effet, les réserves de change restaient inchangées alors même que la Banque Centrale défendait le baht avec des fonds venus de diverses contreparties. C’est ainsi que la communauté financière thaïe a compris qu’elle ne pouvait pas se fier aux chiffres publiés, ce qui a créé encore plus d’incertitudes sur la situation réelle. Après la crise asiatique, la parade a été trouvée pour garder le secret&nbsp;: les lignes de swap entre banques centrales.</p><p>Une banque centrale motivée pourra toujours défendre la devise nationale, mais à quel prix. En février 1997, le taux d’intérêt «&nbsp;overnight&nbsp;» a atteint 30%&nbsp;! C’est essentiellement ce qui s’est aussi passé dans certains pays de la zone euro en 2011 et 2012, toujours à cause du régime de change fixe.</p><p>Le Japon est un exportateur net de capital, mais la destination de ses investissements peut changer brusquement. C’est ce qui s’est passé en 1997 et 1998&nbsp;: les pays asiatiques étaient devenus moins attrayants.</p><p>En mars 1997, la Thaïlande a suspendu la cotation de ses compagnies financières. Tout et n’importe quoi plutôt qu’une dévaluation.</p><p>Le capitalisme des pays du Sud-Est asiatique était un capitalisme de connivence. Les familles qui contrôlaient les entreprises cotées contrôlaient également les entreprises non cotées. Il n’était pas rare que la compagnie publique, détenue partiellement par des intérêts étrangers, fût dépouillée au profit de l’entreprise privée, détenue à 100% par la famille.</p><p>Cette situation a créé des dynamiques intéressantes. Parfois, les prêts de l’entreprise familiale étaient garantis par les parts sociales de l’entreprise publique. Parfois, les difficultés de l’entreprise familiale accéléraient drastiquement le transfert de patrimoine de l’entreprise publique vers l’entreprise familiale. Ces histoires d’horreur à propos des compagnies privées étaient dans les journaux locaux pour qui voulaient bien les chercher.</p><p>Les devises de la région étaient soumises à une pression à la hausse, mais il s’agissait en réalité d’un effet secondaire de l’afflux de capitaux en régime de taux de change fixe. Les analystes en actions spécialisés avaient développé une confiance excessive dans la solidité des monnaies nationales. Par exemple, pour valoriser des actifs, ils utilisaient les taux d’intérêts américains au lieu des taux d’intérêt locaux souvent très élevés. Autrement dit, les actions étaient très surévaluées. À mesure que les pays asiatiques s’enfonçaient dans la crise, les taux locaux s’ajustaient encore davantage à la hausse.</p><p>En juin 1997, la Banque Centrale thaïe a déclaré Georges Soros, ennemi public numéro 1. En effet, le célèbre spéculateur avait une position de 4 milliards à découvert sur la devise thaïe. Cette posture de la Banque Centrale thaïe aurait dû mettre la puce à l’oreille des investisseurs sur la gravité de la situation. Une banque centrale devrait avoir d’autres préoccupations que de cibler un individu donné.</p><h3 class="wp-block-heading">Dévaluation et crise</h3><p>Le capitalisme asiatique est très différent de la variété occidentale. En Asie, les marchands et entrepreneurs ont toujours été les victimes des voleurs et des gouvernements. Dans ces contrées, il n’y a rien qui ressemble à l’état de droit et à une justice indépendante. Aussi, les investissements sur le long terme ne sont pas privilégiés. L’objectif est plutôt de rapidement faire la culbute. Les entreprises publiques sont ainsi souvent vues comme le moyen de transformer une partie de l’entreprise familiale en espèces tout en en gardant le contrôle. Si la famille doit fuir pour sauver sa vie, comme cela s’est souvent produit dans cette région tourmentée, elle n’aura pas à repartir de zéro.</p><p>Le capitalisme asiatique a ces caractéristiques&nbsp;: capitalisme de connivence, protectionnisme, inflation des actifs, devise stable, coût du capital faible, banquiers captifs, monopoles ou oligopoles, faible risque de faillite.</p><p>Le FMI est arrivé en Thaïlande en août 1997 accompagné d’une délégation d’une douzaine de pays asiatiques et européens. Le sort des investisseurs étrangers était la moindre de leurs préoccupations. Ce qui les intéressait, c’était plutôt les risques qui pesaient sur les banques asiatiques et européennes qui avaient prêté des dollars à tort et à travers dans la région. Ces banques risquaient d’être fragilisées par des défauts de paiement en cascade.</p><p>En fait, à la manœuvre derrière le FMI se trouvait le Trésor américain qui voulait profiter de la crise pour ouvrir les économies asiatiques au commerce international, ou dit autrement aux multinationales américaines.</p><p>Le FMI a exigé entre autres choses la fermeture de 58 compagnies financières thaïes. Une conséquence inattendue de cette décision a été le gel des fonds de roulement des entreprises exportatrices. Du fait du gel du crédit, la demande allait de toute façon plonger, mais le FMI n’a rien trouvé de mieux que d’imposer de plus une augmentation des taux d’intérêt.</p><p>Même les investisseurs directs ne voulaient pas des actifs bradés par les entreprises. Comment l’investisseur en actions, c’est-à-dire des titres qui représentent les actifs <em>nets de dettes</em>, pouvaient-ils être gagnants dans de telles circonstances? La crise semblait donc partie pour durer.</p><p>Rétrospectivement, un moyen de différencier les entreprises gagnantes et perdantes lors de la crise asiatique consistait à se fier aux notations de crédit. Celles-ci prédisaient assez bien le taux de survie des entreprises.</p><p>Un investisseur qui achète des actions bancaires achète en fait son inventaire de prêts passés qui déterminent ses futurs revenus. Plus que pour d’autres entreprises, les actionnaires des banques étaient particulièrement exposés au mal-investissement.</p><p><strong>Le secret pour investir consistera à faire l’acquisition d’actifs sur la base de la loi de l’offre et de la demande.</strong> Or le rapport entre l’une et l’autre n’est jamais aussi favorable qu’après l’éclatement d’une bulle spéculative. Il faut savoir que les banques commerciales sont les principales pourvoyeuses du carburant qui alimente les bulles. Il importe donc de savoir étudier la croissance du crédit des banques – qui dépend de leur capital – commerciales pour évaluer le degré d’avancement d’une bulle.</p><p>En 1997, en Thaïlande, le capital des banques n’avait pas encore atteint son point le plus bas, qui est le moment où le transfert de propriété des actifs utilisés comme collatéral par les banques est complété. Autrement dit, c’est le moment où les biens vendus à des prix de liquidation ont trouvé preneurs.</p><p>La crise asiatique était différente des autres crises financières, à l’exception près de la crise mexicaine de 1995. En effet, dans ces deux cas, les actions ont joué un rôle prépondérant dans la crise en plus de la classique contamination des banques étrangères. Or à la différence des banques, les investisseurs n’avaient pas à attendre le renouvellement des prêts pour éliminer leur exposition. Ils n’avaient qu’à vendre leurs titres dans l’instant. Malheureusement avec de tels acteurs, et contrairement aux banques, il n’était pas possible de coordonner une sortie de crise ordonnée.</p><p>La crise s’est étendue à l’Asie du Nord à partir d’octobre 1997. Le fait que Taiwan ait dévalué en octobre a fait craindre le pire pour la Chine, Hong Kong et la Corée du Sud. En effet, Taiwan était une économie moderne avec une balance des paiements positive et des réserves de change très importantes. Les craintes furent fondées uniquement pour la Corée du Sud.</p><p>De nombreux investisseurs s’attendaient à ce que la Chine dévalue sa monnaie. Cela aurait alors été le signal que la crise était arrivée à sa conclusion et qu’il était temps d’entrer dans la partie. Or, la dévaluation tant attendue n’eut jamais lieu. En fait, durant la crise, la Chine continuait d’accumuler des réserves de change, ses banques étaient continuellement recapitalisées et ses entreprises étaient toujours la cible d’acquisitions par des multinationales.</p><p>En novembre 1997, le FMI a débarqué en Corée du Sud. L’organisation fut choquée d’apprendre&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Que les succursales étrangères des banques sud-coréennes avaient prêté plus de 70 milliards de dollars</li><li>Qu’une large portion des réserves de change du pays s’étaient retrouvées prêtées ou déposées auprès des banques commerciales sud-coréennes</li></ul><p>Selon Russell Napier, trois conditions devaient être remplies pour décréter la fin de la crise&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Stabilisation du taux de change</li><li>Banques recapitalisées</li><li>La reprise des investissements étrangers directs (usines, équipement, etc.)</li></ul><p>Le point bas pour les devises asiatiques fut finalement atteint en janvier 1998. Du fait des risques pesant sur l’Indonésie, les États-Unis et le FMI ont pesé de tout leur poids pour soutenir Suharto peu après son coup d’État.</p><p>Une des principales leçons de la crise asiatique est que les devises nationales peuvent se stabiliser bien avant que les actions arrêtent de chuter. Aussi le point bas pour les indices actions de la région a-t-il été en septembre 1998, près de huit mois après la stabilisation des taux de change. Ce phénomène s’explique par des taux d’intérêt anormalement élevés qui déprécient les valorisations des actions. Les taux sont restés élevés pour convaincre la population de laisser ses dépôts dans les banques (seules la Corée du Sud et les Philippines disposaient d’un mécanisme de garantie des dépôts).</p><p>Une autre leçon est que lorsqu’un pays libéralise son économie, les potentiels de plus-value les plus élevés sont dans le secteur financier. Dans les autres secteurs, le capital employé participe au processus de destruction-création avec les risques associés.</p><h3 class="wp-block-heading">Le point bas</h3><p>En mai 1998, les marchés actions avaient chuté depuis leurs sommets de 90% pour la Thaïlande, 90% pour l’Indonésie, 80% pour la Malaisie, 85% pour la Corée du Sud, 67% pour les Philippines. D’autre part, la crise asiatique s’était propagée à la Russie et à d’autres pays émergents.</p><p>En Asie, historiquement, la façon de devenir riche consistait à observer les investissements directs étrangers. Lorsqu’ils reprenaient, cela signifiait deux choses&nbsp;: les actifs étaient peu chers et du fait du taux de change fixe, il y avait création de monnaie domestique. La recette ne fonctionnait plus tout à fait à la fin de la crise asiatique, mais servait au moins à identifier lorsque le prix des actifs s’était stabilisé.</p><p>La crise asiatique menaçait l’économie mondiale de déflation du fait de l’excédent de capacité et d’une nouvelle compétitivité du fait des nouveaux taux de changes. Aussi, les multinationales se sont mobilisées (voire se sont coordonnées) pour racheter les moyens de production asiatique et éviter la menace d’une surproduction mondiale qui aurait détruit leurs profits.</p><p>Les investisseurs étrangers qui avaient investi en Asie l’avaient fait en croyant faire bénéficier les locaux de leurs méthodes de gestion du capital. En réalité, ces locaux jouaient un autre jeu&nbsp;très courant dans les marchés émergents : profiter du capital abondant et peu cher pour parier sur tout ce qui était susceptible de fonctionner à court terme. La majorité de ces «&nbsp;entrepreneurs&nbsp;» n’étaient toutefois pas assez malins pour remarquer quand la musique s’arrêtait et sauver leurs plumes.</p><p>Le fait qu’on était proche du point bas de la crise est devenu apparent en août. En effet, l’écœurement des intervenants était à son comble. Plus personne ne voulait entendre parler d’actions asiatiques, et cela en dépit des bonnes nouvelles qui commençaient à s’accumuler&nbsp;: recapitalisation d’entreprises, valorisations extrêmement faibles, achat net des devises nationales positif sans que cela affecte les taux d’intérêt qui étaient proches de 20%, etc.</p><p>Malgré un nième assaut sur le dollar de Hong Kong en août, la devise a résisté. En Malaisie, des contrôles sur les capitaux ont été mis en place en septembre 1998.</p><p>Les difficultés du fonds alternatif LTCM qui est intervenue en septembre 1998 a poussé la FED à orchestrer son sauvetage et surtout à baisser ses taux d’intérêt, donnant implicitement le signal aux marchés financiers qu’ils avaient le champ libre pour utiliser autant de levier que nécessaire. Et c’est ce qu’il s’est passé depuis avec le développement de l’ingénierie financière.</p><p>La nouvelle architecture financière mondiale qui était le résultat de la crise asiatique se caractérisait par du crédit abondant et bon marché, des réserves de change asiatiques pléthoriques, et des prix à l’exportation trop bas qui ont déprimé l’inflation et les taux d’intérêts des pays développés.</p><h3 class="wp-block-heading">Le début de l’ère de la dette</h3><p>La crise asiatique a convaincu les dirigeants de la région d’accumuler autant de réserves de change que possible pour éviter une répétition de la crise et des conditions humiliantes imposées par le FMI.</p><p>La leçon a aussi été apprise par la Chine, un pays plutôt épargné en 1997 et 1998. Les réserves de change sont ainsi passées de 145 milliards de dollars en 1998 à 3993 milliards de dollars en 2014.</p><p>Les réserves de change colossales des pays asiatiques ont été recyclées dans des obligations du Trésor américain, ce qui a eu pour effet de réduire artificiellement les taux d’intérêt. D’autre part, puisque les banques centrales des pays asiatiques se chargeaient d’acheter les obligations des États-Unis et d’autres pays développés, les épargnants des pays développés pouvaient diriger leurs fonds vers les instruments de dette du secteur privé.</p><p>Le flot de biens en provenance d’Asie à des prix défiants toute concurrence a également modéré l’inflation, et donc indirectement les taux d’intérêt.</p><p>Les taux d’intérêt anormalement bas depuis 1998 ont fait exploser les inégalités entre les propriétaires des actifs (qui sont énormément appréciés) et les autres. Les plus grands perdants dans le monde développé sont ceux qui ont vu leur emploi délocalisé en Asie. L’accroissement invraisemblable du niveau de dette a par ailleurs fragilisé le système financier mondial.</p><p>Le système actuel est clairement instable. Vraisemblablement, il a déjà failli s’effondrer dans les dernières années. La fin du système pourrait se produire lorsque nous ne serons plus en mesure d’assurer le service d’une dette devenue hors de contrôle.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2183</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;Livre « How the Weak Win Wars » par Ivan Arreguin-Toft</title><link>https://economierebelle.com/livre-how-the-weak-win-wars-par-ivan-arreguin-toft/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-how-the-weak-win-wars-par-ivan-arreguin-toft</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-how-the-weak-win-wars-par-ivan-arreguin-toft/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Fri, 10 Jun 2022 02:41:28 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[guerre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2124</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre How the Weak Win Wars est un livre dont la thèse principale est que lors d&#8217;une guerre asymétrique, le faible l&#8217;emporte tant que le fort mène une guerre conventionnelle et se refuse à cibler les civils. L&#8217;ouvrage est répétitif et la thèse proposée n&#8217;est pas suffisamment supportée par les données. Nous lui&#8230; <a
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Nous lui préférons la thèse de Walter Laqueur selon laquelle les guérillas qui ont réussi sont celles qui disposaient d&rsquo;un sanctuaire et étaient soutenues par une des grandes puissances.</p><p>L&rsquo;intérêt principal du livre réside dans l&rsquo;étude et la comparaison des principales guerres asymétriques de l&rsquo;époque moderne.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Mise en contexte</h3><p>Depuis 1816, les conflits asymétriques entre un acteur beaucoup plus fort que son adversaire a tourné à l’avantage du plus fort <em>seulement</em> dans deux cas sur trois. Ce résultat est surprenant car il ne reflète pas la force relative des belligérants et semble donner un avantage particulier au plus faible.</p><p>En fait, entre 1950 et 1999, le ratio s’est dégradé. Le plus fort l’a emporté autant de fois qu’il a perdu.</p><p>Certains avancent que les pays autoritaires sont plus efficients dans la guerre que les pays démocratiques du fait de leur contrôle de l’information et de leur capacité de coercition et du peu de cas qu’ils font de la vie humaine. Toutefois, au total, il semblerait que les pays autoritaires soient fortement pénalisés par leur économie planifiée et centralisée.</p><p>Une autre hypothèse est que le faible, qui se bat pour survivre, a beaucoup plus à perdre que le fort. Il est donc incité à se battre jusqu’au bout. D’un autre côté, on pourrait objecter qu’une superpuissance risque de voir son statut menacé si elle bat en retraite face à un adversaire faible.</p><p>L’interaction stratégique entre belligérants offre une meilleure explication. Pour simplifier, deux grands types de stratégies existent&nbsp;: la stratégie directe et la stratégie indirecte. Les cas où le faible l’emporte semble correspondre aux situations où le fort utilise la stratégie directe et le faible la stratégie indirecte.</p><h3 class="wp-block-heading">Le conflit asymétrique expliqué</h3><p>Les régimes autoritaires ont un double avantage sur les démocraties. Tout d’abord, ils ont un bien meilleur contrôle de l’information qui parvient à leurs sujets. Ils peuvent ainsi justifier leurs guerres. D’autre part, lorsque les sujets ont connaissance des exactions commises par leur régime, cela peut apparaître comme une juste rétribution pour actions de l’ennemi.</p><p>En général, toutefois, les pays autoritaires gagnent moins souvent leurs guerres que les pays démocratiques. En effet, ils sont souvent dotés d’une économie planifiée et centralisée qui les handicapent. Il y a toutefois une exception. Lorsque les guerres sont particulièrement longues, les régimes autoritaires ont l’avantage.</p><p>Lorsqu’un acteur fort, à la suite d’une longue guerre, n’a que peu à gagner d’une victoire et que l’adversaire ne constitue pas une menace immédiate, il est incité à abandonner le combat. La population et/ou la classe dirigeante ne souhaite plus payer le prix économique et en pertes humaines pour poursuivre la guerre.</p><p>Les belligérants peuvent adopter toutes sortes de stratégies ou combinaisons de stratégies pour atteindre leurs objectifs politiques et militaires. Si l’un des acteurs est capable de prédire la stratégie de son ennemi, il dispose d’un avantage colossal. Il pourra trouver la meilleure stratégie à adopter.</p><p>La stratégie directe consiste à détruire les forces militaires de l’ennemi. La stratégie indirecte consiste à détruire la volonté de combattre de l’ennemi. Des exemples de stratégies indirectes&nbsp;: les exactions contre les civils, la guérilla, le terrorisme et la désobéissance civile.</p><p>Le fait d’utiliser une stratégie indirecte en réponse à une stratégie directe a pour résultat de frustrer les attentes de l’adversaire. Pour cette raison, la lutte s’éternise. Or, plus le temps passe et plus le faible augmente ses chances de l’emporter.</p><p>Dans 77% des 202 conflits asymétriques entre 1816 et 2003, les deux belligérants conservent la même stratégie du début à la fin du conflit. Ce chiffre suggère qu’il y a inertie liée à des groupes d’intérêt, à des technologies, à des doctrines ou des formations. D’autre part, des pays comme les Etats-Unis sont plus préoccupés d’un éventuel face à face avec la Russie qu’avec des guérilleros dans une jungle.</p><p>En face d’un adversaire qui recourt à la guérilla, un attaquant beaucoup plus fort aura toutes les chances de l’emporter s’il recourt à une stratégie indirecte de meurtres, torture et viols contre l’adversaire le plus faible pour le soumettre.</p><p>Dans environ ¾ des cas où le fort et le faible emploient la même approche (directe-directe ou indirecte-indirecte), soit 151 conflits, le fort l’emporte. Dans les 2/3 des cas où le fort et le faible emploient une approche opposée (directe-indirecte ou indirecte-direct), <strong>soit 22 conflits</strong>, le faible l’emporte.</p><h3 class="wp-block-heading">Russie contre le Caucase, 1830-1859</h3><p>Les montagnes du Daguestan prolongées par les monts et les forêts denses de Tchétchénie représentaient une position défensive formidable. Lorsque les Russes concentraient leurs troupes, ils devenaient des cibles faciles pour les Tchétchènes. Lorsque les Russes se dispersaient, ils devenaient plus mobiles et moins vulnérables, mais ils perdaient aussi l’avantage de l’artillerie et de leur approvisionnement.</p><p>Les Russes se sont finalement adaptés en construisant des forts et en abattant les forêts, ce qui n’est pas sans rappeler la stratégie des Américains au Vietnam avec l’utilisation de défoliants. Du point de vue Tchéchène, la résistance a été victorieuse tant que les différentes ethnies ont pu présenter un front uni contre l’adversaire.</p><p>La Russie impériale était le stéréotype d’un pays autoritaire. L’intérêt de la classe dirigeante dans la conquête du Caucase était simple&nbsp;: la gloire, l’annexation de nouveaux territoires, la conversion et la pacification.</p><p>A la suite des atrocités commises par les Russes particulièrement à l’endroit des populations musulmanes, les tribus du Daguestan et de Tchétchénie s’unifièrent sous l’égide de Khazi Muhammed en 1930 et adoptèrent le Muridisme une forme de fanatisme islamique. Après la mort sur le champ de bataille de Khazi Muhammed, puis celle de son successeur, Shamil devint le 3<sup>ème</sup> imam et exerça une autorité absolue les 25 années suivantes. Jusque-là les Muridites obtenaient d’éclatantes victoires tactiques mais sans coordinations stratégiques. L’intérêt des Muridites a également évolué de la rapine et la gloire à celui de l’expulsion des infidèles et l’établissement d’une théocratie de la mer Noire à la mer Caspienne.</p><p>Une des clés dans la montée en puissance du mouvement de Shamil a été la série de victoires contre les Russes. Cela a suscité des vocations dans les tribus soucieuses de voler au secours de la victoire.</p><p>Après de nombreuses erreurs, les Russes ont finalement trouvé la bonne méthode&nbsp;: déforestation massive, larges routes, installation de l’artillerie à portée des forts ennemis, blocage de l’approvisionnement des combattants par la population… et une politique de clémence. Mais tout cela n’aurait sans doute pas pu avoir d’effet sans une longue période de lutte.</p><p>Une des leçons de cette guerre est qu’une guérilla n’est efficace que si elle s’appuie sur une forte organisation sociale qui rend inopérant les bakchichs et la coercition.</p><h3 class="wp-block-heading">Grande-Bretagne et Guerre des Boers 1899-1902</h3><p>La Grande-Bretagne avait installé un avant-poste colonial en Afrique du Sud et souhaitait annexer les deux Républiques des Boers fondées par les Afrikaners. L’option de la guerre, même soutenue par la propagande des journaux, était difficilement justifiable auprès de l’opinion britannique. Chamberlain, alors Secrétaire Colonial, a justifié l’emploi de la force pour ne pas donner l’impression de faiblesse aux ennemis de la Grande-Bretagne et aussi car il prétendait que Kruger, le président de la République de Transvaal, lui céderait sans combattre.</p><p>De leur côté, les Boers voulaient l’indépendance.</p><p>La guerre a mobilisé environ 200&nbsp;000 troupes britanniques contre 45&nbsp;000 Boers sur une population totale d’environ 250&nbsp;000 Afrikaners. Initialement, seules 15&nbsp;000 soldats britanniques étaient présents sur le sol sud-africain. Les Boers ont raté l’occasion de prendre un avantage décisif avant l’arrivée des renforts.</p><p>Les commandos mobiles Boers se sont très vites illustrés face aux Britanniques. Les Boers avaient des armes à feu supérieures, des tactiques «&nbsp;hit-and-run&nbsp;», mais peu d’artillerie. Les Britanniques, quant à eux, répétaient leurs tactiques des guerres coloniales sans succès contre un ennemi européens. Leur principale erreur aura été de sous-estimer la valeur militaire des Boers.</p><p>Après une série de défaites humiliantes, la Grande Bretagne envoya de nombreux renforts et remplaça le commandement britannique en Afrique du Sud en juin 1900. Roberts repris les grandes villes très rapidement.</p><p>Christiaan De Vet, le meilleur général Boer, fit adopter par le conseil de guerre Boer le passage à la stratégie de guérilla, 4 jours seulement après la prise de la première ville par les Britanniques. La stratégie avait 3 volets.</p><p>Tout d’abord, il fallait une force Boer entièrement dédiée au combat. De Vet avait donné congé à ses hommes sachant pertinemment que peu reviendraient, mais ceux qui reviendraient seraient fiables.</p><p>Deuxièmement, cette force ne devait plus dépendre de la caravane traditionnelle Boer tirée par des bœufs.</p><p>Troisièmement, De Vet insista pour que les Boers n’attaquent plus des forces britanniques concentrées mais uniquement leurs lignes de communication qui étaient très vulnérables.</p><p>Enfin, plus que tout autre chose, il fallait des victoires, aussi insignifiantes soient-elles, pour soutenir le moral de la population.</p><p>La stratégie de la guérilla, comme devaient le savoir les commandants Boers, exposait les civils aux représailles britanniques. C’est ce qui s’est produit. Roberts fit brûler des fermes et déporta les femmes et les enfants dans des camps de concentration.</p><p>L’incompétence de l’armée britannique pour ce qui concerne la logistique ne tarda pas à causer des morts dans leurs rangs, en particulier à la suite d’épidémies de typhus. Les femmes et les enfants commencèrent également à mourir en grand nombre dans les conditions insalubres des camps.</p><p>L’opinion publique britannique découvrit la situation et les conditions s’améliorèrent. Sur le front, les Britanniques armèrent les Africains contre les Boers. Ils retournèrent les femmes et les enfants aux Boers au pire moment&nbsp;: pas de nourriture pour eux, attaques continues des indigènes, pas de moyens pour continuer la guerre, la menace de la confiscation des terres, l’impossibilité de conserver les prisonniers britanniques (ils étaient libérés faute de pouvoir les garder).</p><p>Le conseil de guerre entérina la cessation des hostilités et l’acceptation des conditions de la Grande-Bretagne.</p><h3 class="wp-block-heading">L’Italie en Éthiopie&nbsp;: 1935-1940</h3><p>L’Italie a fabriqué un prétexte pour s’en prendre à l’Éthiopie en 1934. En réalité, les intérêts de l’Italie étaient les suivants&nbsp;: effacer l’humiliation d’une défaite cuisante à Adowa contre les Éthiopiens quelques décennies auparavant, s’affirmer comme une puissance coloniale et exploiter les ressources naturelles de ce pays.</p><p>L’Éthiopie, quant à elle, était dirigée par l’empereur Hailé Sélassié, mais seulement jusqu’à un certain point. Il s’agissait d’un régime féodal où chaque région était sous la direction d’une famille noble. La principale motivation des Éthiopiens dans le conflit était l’honneur&nbsp;: familial, tribal, voire national.</p><p>L’avancée italienne est rentrée sans opposition au cœur du territoire éthiopien jusqu’à Adowa. Le général italien se montrait extrêmement prudent alors qu’il disposait d’une écrasante supériorité en nombre de soldats et en qualité de l’équipement, sans parler de la domination des airs et de leurs communications radio.</p><p>Sélassié a très vite réalisé qu’une guerre de guérilla était la seule chance de l’Éthiopie. Cependant, pour des raisons culturelles, les Éthiopiens avaient des scrupules à attaquer par derrière leur ennemi.</p><p>Lors de la première bataille à Tembien, les Italiens ont mal coordonné leurs attaques, mais surtout les armées éthiopiennes se sont battues avec une détermination inouïe sous les bombes, attaquant les chars à mains nues pour ainsi dire. Les Éthiopiens ont de plus très vite appris à se disperser à l’approche des avions pour limiter les pertes dues aux bombardements. Pour éviter la déroute, les Italiens décidèrent d’employer le gaz moutarde.</p><p>L’effet sur les armées éthiopiennes fut décisif. Sélassié utilisa sa garde impériale pour monter une attaque contre les Italiens. Au courant de ses plans grâce à une interception radio, les Italiens eurent tout de même beaucoup de difficulté à repousser son attaque. Finalement, Sélassié dut battre en retraite. L’empereur quitta Addis Abeba pour Djibouti.</p><p>Après à peine deux mois de paix relative, des chefs tribaux lancèrent une attaque contre la capitale sans succès. Le commandement italien captura par la suite les instigateurs et les fit exécuter.</p><p>Le commandant militaire italien fut pris pour cible dans un attentat à la grenade où il fut grièvement blessé. Incapable de retrouver les auteurs, il donna libre cours à sa colère en tuant, violant et brûlant les habitants de la capitale. En outre, il extermina l’élite éthiopienne. En 1937, ce fut le tour de 297 moines du monastère Debra Libanos. Cela n’eut pas tout à fait l’effet escompté.</p><p>Le changement de commandement à l’initiative de Mussolini ne changea rien à la révolte. Les Éthiopiens n’étaient plus intéressés à discuter avec les Italiens. Plusieurs campagnes militaires furent montées pour mater la rébellion, mais aussitôt qu’une région semblait pacifiée qu’une autre s’embrasait. Les Italiens ne contrôlaient réellement que les garnisons dans lesquelles ils étaient enfermés.</p><p>Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a changé la donne. Les Britanniques, après une série de revers contre les Italiens en Éthiopie, ont pris l’avantage et ont réinstallé Sélassié au pouvoir en 1941.</p><h3 class="wp-block-heading">Guerre du Vietnam&nbsp;: 1969-1973</h3><p>Après la victoire de Diên Biên Phu contre les Français, le Vietnam a été scindé en deux en 1955. Après plusieurs années d’agitation politique dans le Sud orchestrée par le Parti communiste, Hô Chi Minh démarra les préparatifs pour la guerre en 1959 avec l’objectif de chasser tout étranger du pays, y compris ceux qui répondaient à des intérêts étrangers.</p><p>4000 soldats furent affectés à la construction d’une ligne de communication à travers le Vietnam, le Laos et le Cambodge, appelée chemin Hô Chi Minh. Les Nord-Vietnamiens envoyèrent clandestinement des armes au Sud par la mer. En 1960, ils créèrent le Front de libération nationale pour coordonner la guerre contre le sud Vietnam. En 1961, les unités de guérilla nord-vietnamienne ou Viet Kong assassinèrent des milliers de chefs de village ou de province. Ceux-ci furent remplacés par des militaires sud-vietnamiens sans attaches dans leurs communautés.</p><p>Le leader sud-vietnamien, Ngo Dinh Diem, était avant tout intéressé à consolider son pouvoir, d’abord sur le sud Vietnam puis &nbsp;sur le Nord. Pour cette raison, il s’entoura d’un carré de fidèles, pas toujours les plus compétents. Son armée s’avéra tout juste capable de réprimer la population et d’éliminer les menaces de rivaux au Sud. Diem a été assassiné en 1963 et son successeur Nguyen Khanh était davantage préoccupé par sa survie que par la reconstruction économique et militaire du Sud, et ce malgré le support très actif des États-Unis.</p><p>Les États-Unis ne semblaient pas intéressés à détruire la République démocratique du Vietnam, mais seulement à empêcher l’effondrement du sud Vietnam et le risque d’une contagion communiste en Asie du Sud-Est puis ailleurs dans le monde.</p><p>La première phase de la guerre appelée «&nbsp;Rolling Thunder&nbsp;» de 1965 à 1968 à consister à bombarder massivement le nord Vietnam pour qu’il cesse de soutenir la guérilla au sud Vietnam. Les cibles avaient une valeur militaire quasi nulle et ont causé beaucoup de dommages collatéraux sans faire fléchir le gouvernement nord-vietnamien.</p><p>Dans leurs rencontres contre l’armée régulière nord-vietnamienne et les grandes unités Viet Kong, l’armée américaine a presque systématiquement prouvé sa supériorité dans sa capacité à manœuvrer, sa puissance de feu et la qualité de son équipement. Toutefois, les Nord-Vietnamiens se sont adaptés et ont réduit le nombre d’engagements de cette nature. Ils ont aussi apporté des changements tactiques. Lors des engagements, l’armée nord-vietnamienne venait immédiatement au contact de l’ennemi l’empêchant ainsi d’utiliser son artillerie et son aviation. D’un point de vue stratégique, le nord Vietnam intensifia son soutien à la guérilla au sud Vietnam.</p><p>Dans le Sud Vietnam, l’usage indiscriminé de l’artillerie et des bombardements aériens ont progressivement entamé le soutien des populations locales.</p><p>Les Américains démontrèrent également une grande capacité d’adaptation. Ils s’inspirèrent de la méthode «&nbsp;agroville&nbsp;» des Français. Un village au complet a été relocalisé dans un hameau fortifié, ce qui privait les Viet Kong de renseignements et de leur approvisionnement. Cependant, l’effet fut désastreux lorsque ces scènes furent montrées dans les médias. Surtout, l’implémentation par l’armée sud-vietnamienne était lamentable du fait de sa corruption et de son incompétence. Par exemple, les hameaux n’étaient pas fortifiés. Cela a jeté de nombreux villageois dans les bras des Viet Kong.</p><p>Les Américains exécutèrent aussi une autre stratégie beaucoup plus payante&nbsp;: le projet Phoenix. La stratégie a consisté à éliminer physiquement les cadres Viet Kong dans le sud Vietnam. Certains considèrent que c’est ce qui a conduit le nord Vietnam à lancer les offensives coûteuses du Tet en 1968. En 1969, techniquement, le nord Vietnam était défait militairement. Mais Hô Chi Minh a réussi à prolonger suffisamment sa défaite finale que les États-Unis ont finalement abandonné la lutte en 1973.</p><h3 class="wp-block-heading">Afghanistan et URSS&nbsp;: 1979-1989</h3><p>L’URSS avait trois motivations principales pour son invasion de l’Afghanistan en 1979&nbsp;: soutenir un régime marxiste ami et voisin, la possibilité d’avoir une tête de pont vers le golfe arabo-persique, et réduire le risque que les investissements passés l’aient été en pure perte. Initialement, l’intervention était d’une ampleur limitée&nbsp;: soutenir le régime et se concentrer sur les grandes villes.</p><p>L’État afghan a cessé d’exister en 1978 avec la fin du régime de Daoud. D’un côté, les différentes factions marxistes étaient occupées à piller les ressources et éliminer leurs adversaires, sans aucun relais pour administrer ou appliquer leurs «&nbsp;réformes&nbsp;» radicales et hors sol. De l’autre, une douzaine de mouvements de résistance, sunnites, chiites, pashtounes, azéris, ouzbeks, etc. ont adopté la même structure&nbsp;: une direction politique installée au Pakistan et un commandement militaire en Afghanistan. L’invasion russe a cimenté la résistance avec pour objectif unique de chasser l’occupant et ses sbires.</p><p>Entre 1980 et 1982, l’URSS a déployé une stratégie conventionnelle contre la guérilla des Moudjahidines. La première phase a consisté à prendre Kaboul, éliminer le dirigeant afghan, Amin et le remplacer par un pantin, Karmal. Un message radio prétendant venir de Radio Kaboul a commencé par annoncer le changement de gouvernement et sa demande d’assistance à l’URSS. Les troupes russes n’ont rencontré aucune résistance jusqu’à Kaboul où elles ont eu à faire face à la garde personnelle d’Amine.</p><p>En préparation de leur intervention, les Russes ont&nbsp;empoisonné Amin, saboté les blindés de la Garde, changé les balles pour des balles à blanc. Malgré tout cela, les armées russes rencontrèrent une résistance farouche. De peur de voir d’autres unités afghanes se joindre à la Garde, les Russes employèrent des gaz neurotoxiques. Pas un seul soldat des 1800 soldats de la Garde ne survécut.</p><p>La géographie de l’Afghanistan est faite de vallées flanquées de hautes montagnes qui sont autant d’ouvertures sur d’autres vallées. Pour cette raison, certains points qui se trouvaient à l’intersection de vallées et de routes le long des rivières constituaient des lieux stratégiques. Malheureusement pour les Russes, ils n’ont jamais réussi à mettre suffisamment d’hommes pour en assurer la défense.</p><p>Les forces russes étaient par ailleurs constituées de jeunes conscrits inexpérimentés. Leurs équipements étaient vétustes et médiocres et inadaptés au terrain montagneux. Une embuscade typique consistait à immobiliser une colonne de blindés russes en détruisant le véhicule de tête. Par la suite, les soldats paniqués tiraient à l’aveugle jusqu’à épuisement de leurs munitions. L’issue était en général fatale.</p><p>Les Russes s’adaptèrent en réduisant l’usage des chars et en augmentant celui des hélicoptères. Plusieurs offensives furent menées avec des succès mitigés dans la vallée du Panshir contre Massoud.</p><p>En 1982, la stratégie des Russes évolua à nouveau. Les Russes détruisirent les systèmes d’irrigations, les vergers et les champs de culture. Les non-combattants étaient visés tout particulièrement après des pertes militaires.</p><p>Après un cessez-le-feu en 1983, les Russes ont repris leurs offensives dans la vallée du Panshir, mais avec un équipement beaucoup plus moderne et des tactiques plus efficaces contre les Moudjahidines. Cependant, les forces de Massoud étaient pour l’essentiel intactes et les Russes commirent l’erreur d’installer des garnisons fortifiées. Ces forteresses nécessitaient un approvisionnement continu, ce qui exposait les convois russes aux embuscades.</p><p>Les Russes étaient si peu nombreux en Afghanistan que Massoud pouvait ralentir leurs opérations ailleurs dans le pays en attaquant leurs garnisons dans la vallée.</p><p>Les Russes, par une stratégie de dépopulation des vallées, étaient parvenus à détruire l’approvisionnement local des Moudjahidines qui dépendaient de plus en plus de l’aide extérieure de l’Arabie Saoudite, du Pakistan et des États-Unis. En 1986, les missiles Stinger permirent un saut qualitatif dans l’armement des Moudjahidines. Ce fut un tournant dans la mesure où les Soviétiques avaient tout misé sur les forces aéroportées et tout particulièrement les hélicoptères.</p><p>On estime qu’en 1987, près de 10% de la population afghane a été tuée, soit une proportion supérieure à celle de l’URSS au sortir de la Seconde Guerre mondiale. 6 millions de personnes ont été déplacées, principalement en Iran et au Pakistan.</p><p>Une des leçons de la guerre en Afghanistan est qu’il est possible pour une guérilla de survivre à une stratégie de dépopulation à condition (1) de s’approvisionner à l’extérieur du pays (et de disposer d’un sanctuaire) et (2) d’obtenir du renseignement par exemple au travers d’éléments infiltrés dans les forces armées.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2124</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Immoderate Greatness » de William Ophuls</title><link>https://economierebelle.com/%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90livre-immoderate-greatness-de-william-ophuls/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=%25e2%25ad%2590%25e2%25ad%2590%25e2%25ad%2590livre-immoderate-greatness-de-william-ophuls</link> <comments>https://economierebelle.com/%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90livre-immoderate-greatness-de-william-ophuls/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sat, 28 May 2022 17:05:09 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
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À partir d’un certain point, le sacrifice demandé dépasse ce qui est supportable. Le progrès s’arrête. Une dégradation, d’abord imperceptible, s’étend et affaiblit la civilisation en la rendant indolente, vulnérable, inefficiente. Finalement, la décadence devient évidente, mais il est déjà trop tard.</p><h3 class="wp-block-heading">Limites biophysiques</h3><h4 class="wp-block-heading">Épuisement écologique</h4><p>La civilisation et tout particulièrement son centre, la ville, consomme et détruit toute une palette de ressources autour d’elles. Ce processus atteint ses limites lorsque l’écosystème ne peut plus satisfaire les besoins de la civilisation sans un effort de plus en plus considérable.</p><h4 class="wp-block-heading">Croissance exponentielle</h4><p>Le cerveau humain n’est pas capable de se représenter une croissance exponentielle. L’évolution a fait de nous des individus qui vivent surtout dans le moment présent et qui sont incapables de se projeter dans le long terme.</p><p>Par exemple, une inflation de 3,7% aura pour résultat au bout de 100 ans que le pouvoir d’achat de 1$ sera réduit à 3cts. L’effet est à la fois insidieux et spectaculaire. La croissance économique a le même effet sur l’environnement. À long terme, elle le détruit.</p><h4 class="wp-block-heading">Entropie</h4><p>La deuxième loi de la thermodynamique indique que l’énergie a tendance à être dégradée en une forme de moins en moins utile&nbsp;: la chaleur, c’est-à-dire le désordre moléculaire. La vie – et la civilisation – n’est donc qu’une parenthèse dans la marche inexorable vers la mort de l’univers.</p><p>À notre échelle, même l’agriculture raisonnée dégrade et appauvrit les sols. Pour contrer cet effet, appelé l’entropie, il faut un apport additionnel d’énergie. C&rsquo;est une erreur de croire que la technologie peut se substituer à l’énergie.</p><h4 class="wp-block-heading">Le défi de la complexité</h4><p>La civilisation tend non seulement à consommer de plus en plus de ressources, mais elle devient également de plus en plus complexe. La complexité peut être mesurée, par exemple, par le nombre de métiers et le nombre d’institutions.</p><p>Une société devient plus complexe pour résoudre les problèmes qu’elle rencontre. Cependant, la complexité a des rendements décroissants. Les nouveaux problèmes demandent une complexité de plus en plus grande, avec les coûts que cela implique.</p><h3 class="wp-block-heading">Failles humaines</h3><h4 class="wp-block-heading">Décadence morale</h4><p>Les civilisations connaissent la même progression depuis leur essor jusqu’à leur déclin : (1) l’ère des pionniers où la gloire et l’honneur sont les principales motivations, (2) l’ère des marchands où l’esprit d’entreprise domine, (3) l’ère de la prospérité où l’égoïsme et la cupidité commence à se faire sentir, et où rien ne compte plus que les droits acquis et l’état providence, (4) l’ère de l’intellect où les avancées scientifiques favorise l’arrogance et le relativisme moral, (5) l’ère de la décadence marquée par l’esthétisme, l’hédonisme, le cynisme, le pessimisme, le narcissisme, le consumérisme, le matérialisme, le nihilisme, le fatalisme et le fanatisme.</p><p>La principale force d’une civilisation est avant tout morale&nbsp;: la croyance dans ses valeurs et ses institutions. Tout comme pour la thermodynamique, initialement, la valeur morale d’une civilisation est dense et évolue progressivement vers des formes de plus en plus diluées.</p><h4 class="wp-block-heading">Dysfonctionnement</h4><p>La décadence morale n’est pas tout. Du fait de la complexité et de l’affaiblissement moral, il devient plus difficile pour l’élite de prendre les bonnes décisions. La société est minée par les conflits entre les masses et l’élite, et au sein même de l’élite, entre différentes factions.</p><p>Les investissements passés dans l’infrastructure, l’idéologie, et les institutions ainsi que l&rsquo;existence de groupes d’intérêts deviennent un passif qui empêche la civilisation de s’adapter aux changements. Contrairement à la méthode scientifique, il n’existe pas de critère pour décider rationnellement de la meilleure option dans les débats. En pratique, chacun défend donc son groupe d’intérêt ou son idéologie préférée.</p><p>Face aux problèmes insolubles, les dirigeants ont finalement recours à la stupidité&nbsp;: (1) les guerres et aventures non nécessaires, (2) le pain et les jeux pour calmer la populace, (3) l’inflation qui est la plus insidieuse des trois.</p><p>Les élites feront tout pour éviter de véritables réformes. Et l’histoire leur donne raison. Machiavel considère qu’il n’est rien de plus difficile ni de plus dangereux que de créer un nouvel ordre.</p><h3 class="wp-block-heading">Conclusion</h3><p>La société industrielle remplit tous les critères d’une civilisation en pleine décadence&nbsp;: désastres écologiques, nature exponentielle des défis, pertes thermodynamiques, complexité, moralité déclinante, dysfonctionnements sociaux.</p><p>De plus, les systèmes sont interreliés du fait de l’économie mondialisée. Une catastrophe peut se propager instantanément à toute la planète et affecter pratiquement toutes les sociétés en même temps.</p><p>Du fait de la taille de la population humaine, de la perte de savoir-faire agricole et de l’atomisation sociale, l’effondrement à venir promet d&rsquo;être d’une ampleur extraordinaire.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2119</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Twin Misconceptions » de Nancy L. Segal</title><link>https://economierebelle.com/livre-twin-misconceptions-de-nancy-l-segal/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-twin-misconceptions-de-nancy-l-segal</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-twin-misconceptions-de-nancy-l-segal/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Tue, 29 Mar 2022 22:30:44 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <category><![CDATA[psychologie]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2024</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre Twin Misconceptions de Nancy L. Segal traite des idées reçues sur les jumeaux. Le sujet est intéressant car il permet d&#8217;avoir des éléments de réponse dans le débat inné versus acquis. Points clés à retenir Les 4 lois de l’hérédité Tous les traits humains peuvent être hérités génétiquement L’influence des gènes est&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre <em>Twin Misconceptions</em> de Nancy L. Segal traite des idées reçues sur les jumeaux.</p><p>Le sujet est intéressant car il permet d&rsquo;avoir des éléments de réponse dans le débat inné versus acquis.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Les 4 lois de l’hérédité</h3><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Tous les traits humains peuvent être hérités génétiquement</li><li>L’influence des gènes est plus grande que l’influence intrafamiliale</li><li>Les facteurs autres que les gènes et l’environnement familial ont davantage d’influence que ces derniers</li><li>Une caractéristique comportementale est liée à l’expression de nombreux gènes&nbsp;; chacun d’eux pris isolément a une influence faible sur le trait comportemental.</li></ol><p>Comme illustration de la loi 2 précédente, des vrais jumeaux séparés à la naissance ont beaucoup plus en commun que des faux jumeaux élevés ensemble.</p><h3 class="wp-block-heading">Fréquence de naissances de jumeaux</h3><p>Il existe des variations importantes dans le taux de naissance de jumeaux dans la population. Le taux est faible au Japon et élevé au Bénin. Dans le premier pays, la naissance de jumeaux était traditionnellement une source de honte pour la famille. Au contraire, au Bénin, les naissances de jumeaux sont célébrées.</p><p>De façon assez remarquable, l’étude des populations Yoruba au Nigéria a démontré que la consommation de patates douces avait un effet positif sur le nombre de naissances de jumeaux.</p><h3 class="wp-block-heading">Nature ou environnement</h3><ul
class="wp-block-list"><li>Le cancer du sein chez une vraie jumelle conduit à un risque de 20% de développer un cancer du sein chez l’autre jumelle.</li><li>Un diabète chez un vrai jumeau conduit à un risque de 50% de diabète chez l’autre jumeau.</li><li>Les vrais jumeaux vivent plus vieux que les faux jumeaux qui eux-mêmes vivent plus vieux que les non-jumeaux. L’effet semble être dû à la protection contre les comportements à risque, le support en cas de difficulté et l’émulation pour des activités bonnes pour la santé.</li><li>L’étude des jumeaux a permis de conclure que le mariage prolonge la vie et non l’inverse, c’est-à-dire que les gens en bonne santé ont plus tendance à se marier.</li><li>Les vrais jumeaux obtiennent des scores similaires dans les tests d’intelligence, de traitement de l’information, capacité mentale, etc.</li><li>Même lorsqu’ils sont élevés dans deux familles différentes, les scores aux tests psychométriques sont plus proches entre vrais jumeaux qu’entre faux jumeaux élevés dans la même famille.</li><li>Une étude effectuée sur les jumeaux, vrais et faux, a montré que ceux qui faisaient de l’exercice ont davantage de matière grise que leur jumeau, de plus grands ventricules cervicaux, et une meilleure activité cérébrale.</li><li>Si un vrai jumeau est homosexuel, l’autre le sera aussi dans 50% des cas. Ce ratio est plus élevé pour les hommes, et plus faible pour les femmes. Dans le cas d’un faux jumeau, le pourcentage est de 20%.</li><li>Si un vrai jumeau est atteint d’autisme, l’autre le sera aussi dans 88% des cas. Pour les faux jumeaux, le taux est 31%.</li><li>Les études sur les jumeaux montrent que l’empathie chez les adultes est influencée à 50% par la génétique. Plus précisément, le souci des autres et le partage avec les autres sont influencés à 76% et 67% respectivement par les gènes. C’est un peu moins le cas de la gentillesse (47%).</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Quelques autres observations</h3><ul
class="wp-block-list"><li>Nous ne savons pas pourquoi une cellule œuf fécondée va donner deux embryons</li><li>Une hypothèse est que ce serait lié à une carence en calcium dans la cellule œuf. En particulier, cette carence se produit lorsqu’une femme allaite.</li><li>Il y a une surreprésentation des vraies jumelles par rapport aux vrais jumeaux. L’embryon féminin a tendance à être un peu plus vieux que l’embryon masculin.</li><li>Le mécanisme à l’œuvre semble être un affaiblissement de la paroi de l’embryon qui lors de la division cellulaire pourrait conduire à «&nbsp;pincer&nbsp;» l’embryon pour en faire deux.</li><li>Cette hypothèse expliquerait aussi pourquoi le taux de vrais jumeaux est plus élevé lors des procréations médicalement assistées.</li><li>Certaines familles font plus de vrais jumeaux que les autres. Un facteur génétique semble également jouer.</li><li>Le taux de vrais jumeaux dans le monde est 0,3% à 0,4%. Certaines communautés en Jordanie et au Pakistan ont jusqu’à 10% de vrais jumeaux.</li><li>L’âge de la mère ne semble pas avoir d’influence sur la probabilité d’avoir de vrais jumeaux. Mais il est établi que plus la mère est âgée plus elle a de chance d’avoir des faux jumeaux.</li><li>Plus le père est âgé plus le taux de jumeaux (vrais et faux) augmente, mais moins que pour la mère.</li><li>Les gènes des vrais jumeaux ne sont pas 100% identiques à cause des mutations qui se produisent après séparation des embryons, à cause de la recopie de longs segments d’ADN inertes, et parce que certains gènes sont activés chez certains jumeaux mais pas d’autres.</li><li>Les faux jumeaux conçus artificiellement ont plus de différences entre eux que ceux conçus naturellement.</li><li>Les patates douces blanches consommées quatre fois par jour au Nigéria pourraient stimuler la fertilité en faisait croire au corps que le niveau d’hormone qui contrôle l’ovulation est faible.</li><li>La consommation de produits laitiers est corrélée avec le taux de faux jumeaux.</li><li>Au moins 12 à 15% de toutes les grossesses commencent comme des grossesses de jumeaux. Un des deux jumeaux est absorbé par le placenta, la mère ou même l’autre jumeau. De nombreuses tumeurs découvertes à l’âge adulte sont des jumeaux absorbés.</li><li>Une hypothèse plausible sur l’existence des gauchers est qu’il s’agit de jumeaux miroirs dont le jumeau original a disparu.</li><li>Les chiens bien entrainés peuvent distinguer deux vrais jumeaux.</li><li>De vrais jumeaux ont des similarités dans leurs empreintes digitales, mais il n’y aucune difficulté à les distinguer.</li><li>10% des vrais jumeaux développent des anomalies congénitales.</li><li>Les jumeaux ne naissent pas toujours le même jour.</li><li>Les femmes dominantes ont plus de chance de donner naissance à des garçons.</li></ul><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2024</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « L&#8217;économie politique en une leçon » de Henry Hazlitt</title><link>https://economierebelle.com/livre-leconomie-politique-en-une-lecon-de-henry-hazlitt/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-leconomie-politique-en-une-lecon-de-henry-hazlitt</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-leconomie-politique-en-une-lecon-de-henry-hazlitt/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Tue, 15 Mar 2022 01:56:23 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[économie]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2008</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Economics in One Lesson, de Henry Hazlitt est un classique de l&#8217;école autrichienne. Cet ouvrage étonnamment court illustre la seule leçon d&#8217;importance en économie : Tout l&#8217;art de l&#8217;économie consiste à ne pas se contenter d&#8217;observer les conséquences immédiates mais aussi les effets à long terme d&#8217;une politique publique ; Il consiste à identifier&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p><em>Economics in One Lesson</em>, de Henry Hazlitt est un classique de l&rsquo;école autrichienne.</p><p>Cet ouvrage étonnamment court illustre la seule leçon d&rsquo;importance en économie :</p><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Tout l&rsquo;art de l&rsquo;économie consiste à ne pas se contenter d&rsquo;observer les conséquences immédiates mais aussi les effets à long terme d&rsquo;une politique publique ; Il consiste à identifier les conséquences de cette politique non seulement sur un groupe mais sur tous les groupes.</p></blockquote></figure><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 1&nbsp;: la leçon</h3><p>L’économie, comme discipline, est percluse par les idées fausses. Contrairement aux mathématiques et aux sciences physiques et naturelles, l’économie est victime des groupes d’intérêts. Certaines politiques bénéficient seulement à certains groupes au détriment des autres. De tels groupes auront donc un intérêt à payer les meilleurs talents pour présenter leur vision sous le meilleur jour ou à défaut créer la confusion dans les esprits.</p><p>D’autre part, les idées fausses en économie sont souvent aussi le résultat d’une négligence à évaluer les effets à long terme des politiques publiques.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 2&nbsp;: la fenêtre cassée</h3><p>Commençons par examiner une idée fausse illustrée par l’économiste Bastiat. Un jeune voyou jette une brique à travers la vitre du boulanger. Loin d’être un danger public, le jeune voyou serait un bienfaiteur. Le remplacement de la vitre va donner du travail au verrier. Avec le montant payé, disons 50$, le verrier va acheter d’autres biens et services à d’autres fournisseurs, diffusant la prospérité dans la société dans des boucles toujours plus grandes.</p><p>Du point de vue du boulanger, les choses sont un peu différentes. Au lieu d’avoir une vitre et 50$, il a maintenant juste une vitre. S’il prévoyait de s’acheter un costume avec les 50$, il va devoir faire sans maintenant. Le gain du verrier est la perte du tailleur. L’erreur a été de ne considérer que le boulanger et le verrier et d’ignorer la perte pour le reste de la communauté.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 3&nbsp;: les bienfaits de la destruction</h3><p>Une variante de la fenêtre cassée est que si de petites destructions sont bonnes pour l’économie, de grandes destructions doivent certainement être excellentes. La guerre serait donc un bienfait.</p><p>L’erreur est ici de confondre les besoins à l’issue de la guerre pour remplacer ce qui a été détruit avec une demande solvable. La Chine de l’après-guerre a de grands besoins, mais pas les moyens de payer pour les satisfaire.</p><p>La plupart des bienfaits que les mauvais économistes attribuent à la guerre sont en fait directement reliés à la planche à billets. Mais la planche à billets peut créer le même effet illusoire en temps de paix.</p><p>En réalité, la guerre modifie la direction que prend l’économie lors de la reconstruction en favorisant certaines industries comme la construction au détriment d’autres.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 4&nbsp;: les projets d’infrastructure signifient plus d’impôts</h3><p>De nos jours, le moindre problème économique trouve sa panacée dans davantage de dépenses publiques.</p><p>Certains économistes prétendent que le gouvernement peut dépenser sans compter et ne pas augmenter les impôts, car après tout, la dette n’est due qu’à nous-mêmes. De telles inepties se concluent généralement par un défaut de paiement ou une inflation hors de contrôle.</p><p>Naturellement, le gouvernement doit couvrir les dépenses nécessaires au maintien des services publics essentiels&nbsp;: entretien de la voirie, des bâtiments publics y compris ceux des institutions gouvernementales, de la police et des pompiers. Ce dont nous parlons correspond aux travaux publics, vus comme un moyen de créer des emplois. Si par exemple, nous construisons un pont dans ce but, il faut considérer les autos, les maisons et tous les autres biens et services qui n’auront pas été produits de ce fait.</p><p>Bien sûr, cela est beaucoup plus difficile à se représenter que le pont, les HLM ou mieux encore le monumental barrage qui sont là sous nos yeux.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 5&nbsp;: les impôts découragent la production</h3><p>Une entreprise perd 100% de ce qu’elle perd, mais ne conserve que 60% de ce qu’elle gagne. De ce fait, les entreprises seront moins enclines à embaucher, investir ou à développer leurs marchés.</p><p>Il en est de même lorsque les individus sont taxés marginalement à 60%, 80% ou 90%. Ils se demandent, à juste titre, si cela vaut vraiment la peine de travailler davantage. Cela affecte aussi le capital disponible pour entreprendre puisqu’à des taux élevés d’imposition, le capital s’accumule plus lentement.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 6&nbsp;: le crédit détourne la production</h3><p>Il faut parfois craindre davantage les encouragements du gouvernement que son hostilité. Cela prend souvent la forme de subventions ou de garanties sur des prêts.</p><p>C’est en particulier le cas pour le crédit offert aux fermiers. Toutes les excuses sont bonnes&nbsp;: le taux d’intérêt est trop élevé, seuls les riches ont accès au crédit, etc.</p><p>Cependant, de telles propositions omettent deux considérations. D’abord, elles ne tiennent compte que du point de vue du fermier. Ensuite, elles s’intéressent à la première partie de la transaction, mais pas à la seconde, c’est-à-dire le remboursement.</p><p>La différence entre un prêt privé et un prêt du gouvernement est que le prêteur privé risque son capital et est incité à prêter prudemment. D’autre part, ce n’est pas tant de l’argent qui est prêté que du capital&nbsp;: une ferme ou un tracteur, qui sont en nombre limité. Si le gouvernement prête à A pour acheter la ferme ou le tracteur, alors B ne pourra pas obtenir la ferme ou le tracteur.</p><p>Prêter à A, dont le crédit, la réputation, la compétence et le capital sont moins élevés que B, a pour résultat un gaspillage de ressources et de capital. De plus, contrairement à un prêteur privé, le gouvernement n’est pas ruiné lorsqu’il fait des prêts à tort et à travers.</p><p>L’autre problème des prêts du gouvernement est qu’ils peuvent être octroyés à des amis ou en échange de pots-de-vin.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 7&nbsp;: la malédiction des machines</h3><p>La croyance selon laquelle les machines créent le chômage est bien ancrée dans la population.</p><p>Si elle était vraie, pourquoi ne pas revenir à l’âge de pierre où en effet beaucoup de travail était nécessaire pour accomplir la moindre tâche&nbsp;?</p><p>L’arrivée des machines est en général une mauvaise nouvelle pour les artisans et leur famille, mais pas pour la société dans son ensemble. C’est ce qui s’est passé avec l’industrie textile britannique. L’invention d’Arkwright a au bout du compte créé bien plus d’emplois qu’elle n’en a détruits&nbsp;du fait de l’essor du commerce international.</p><p>Les machines permettent d’offrir des biens à des prix plus faibles. Les économies réalisées par le consommateur lui permettent d’acheter d’autres bien et services par ailleurs. C’est cela qui va générer de nouveaux emplois.</p><p>Pour autant, les machines causent un réel tort à ceux qui du jour au lendemain ont des compétences dont le marché n’a plus besoin. Si l’on veut considérer les effets à long terme, il ne faut pas non plus négliger les effets immédiats.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 8&nbsp;: le partage du travail</h3><p>Une autre erreur cousine de la précédente suppose qu’il n’existe que le travail à faire est en quantité limitée. Voilà qui explique la territorialité des professions.</p><p>Au lieu d’engager un seul professionnel qui fera la plomberie et le carrelage, il faudra en chercher deux. Cela a pour effet d’augmenter les coûts.</p><p>Une autre version du partage du travail est la réduction du temps de travail.</p><p>La réduction du temps de travail, sans changement du taux horaire, ne fait que répartir le travail sur de plus nombreux employés. En supposant que les nouveaux employés sont aussi productifs que les anciens, l’effet est nul dans l’ensemble.</p><p>La réduction du temps de travail avec augmentation du taux horaire a pour résultat une augmentation des coûts de production, l’élimination des firmes les moins efficientes, et le chômage des employés les moins productifs.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 9&nbsp;: démobiliser les troupes et les bureaucrates</h3><p>Il y a toujours des craintes lorsqu’un grand nombre de soldats retournent à la vie civile. Le secteur privé sera-t-il capable d’absorber ces nouveaux travailleurs ou consommateurs&nbsp;?</p><p>Lorsque cela se produit, les contribuables n’ont plus à soutenir financièrement les soldats par leurs impôts. La demande civile sera moins contrainte et stimulera la production.</p><p>Le même type de raisonnement s’applique aux bureaucrates.</p><p>Ceux dont le salaire était bien supérieur aux services fournis pourront avoir une contribution positive sur la société en intégrant le secteur privé. Mieux encore, les bureaucrates particulièrement énergiques qui s’affairent à décourager et perturber la production seront mieux hors d’état de nuire.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 10&nbsp;: le fétiche du plein emploi</h3><p>L’objectif économique de toute organisation ou individu est toujours d’obtenir le résultat maximum avec le minimum d’effort, c’est-à-dire le minimum de travail.</p><p>L’objectif du plein emploi est différent. Hitler l’a atteint grâce à son programme de réarmement. Il y a eu le plein emploi dans les camps de concentration aussi. La coercition parvient toujours à créer le plein emploi.</p><p>En fait, l’objectif de production maximal est de loin préférable, même si c’était au prix d’entretenir dans l’oisiveté une partie de la population.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 11&nbsp;: qui est protégé par le protectionnisme&nbsp;?</h3><p>Adam Smith a éloquemment exprimé l’intérêt du libre-échange.</p><p>«&nbsp;Dans tout pays, il est toujours et a toujours été dans l’intérêt du plus grand nombre, d’acheter ce qu’ils veulent à celui qui le leur vend au meilleur prix.&nbsp;»</p><p>L’imposition de droits de douane protège une industrie particulière et ses affiliés, mais elle pénalise surtout les consommateurs.</p><p>Le supplément payé en droits de douane est autant d’argent en moins qui peut être utilisé pour payer d’autres biens et services. Les ressources sont détournées pour faire plus de produits inefficacement et moins de produits où le pays dispose d&rsquo;un réel avantage.</p><p>En conséquence, le protectionnisme a pour conséquence de modifier la structure de nos industries.</p><p>Tous les droits de douane ne sont pas mauvais. Ils peuvent générer des revenus pour le gouvernement. Ils peuvent aussi protéger des industries vitales pour la défense nationale.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 12&nbsp;: la passion pour l’export</h3><p>Un individu doit obtenir ses revenus en fournissant des biens et des services à d’autres individus, puis utilise ses revenus pour obtenir des biens et services des autres. De la même façon, un pays exporte pour pouvoir importer.</p><p>Il est presque aussi déraisonnable de donner la priorité aux exportations que de limiter les importations.</p><p>Cette doctrine est si bien ancrée qu’elle est utilisée pour justifier des prêts à des pays étrangers pour financer leurs importations de nos produits. En réalité, si les prêts ne sont pas payés, cela revient à leur donner gratuitement les biens.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 13&nbsp;: parité du pouvoir d’achat</h3><p>L’argument de la parité du pouvoir d’achat a été inventé pour subventionner les fermiers.</p><p>En effet, le pouvoir d’achat d’un fermier a diminué par rapport au début du siècle. Il faudrait en conséquence les subventionner pour qu’ils puissent maintenir leur pouvoir d’achat. Mais pourquoi la société devrait-elle se préoccuper de cela&nbsp;?</p><p>Si le fermier est gagnant, le citadin qui doit payer sa farine 50% plus cher ne l’est pas. Ce n’est pas tout, le dispositif gouvernemental pour des prix plus élevés exige une réduction de la production, parfois même la destruction de la production excédentaire.</p><p>Dans les faits, c’est le même principe que l’imposition de droits de douane sur les produits agricoles. Cependant, contrairement aux droits de douane, la parité du pouvoir d’achat n’entraîne pas de représailles des pays clients de nos produits agricoles.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 14&nbsp;: il faut sauver l’industrie XYZ</h3><p>L’histoire est toujours la même. L’industrie XYZ est malade, il faut la sauver, par des droits de douane, des subventions, des prix garantis, des barrières à l’entrée, etc. Si nous ne faisons rien, des milliers de travailleurs vont se retrouver à la rue. D’autres personnes vont en pâtir, leur bailleur, leur tailleur, leur boulanger, etc.</p><p>Dans tous les cas, il s’agit d’un transfert de richesse du public vers l’industrie XYZ. D’autre part, le capital et les travailleurs sont moins bien employés qu’ils auraient pu l’être sans l’intervention gouvernementale.</p><p>Le présupposé erroné est que dans une économie en croissance, toutes les industries doivent prospérer. C’est totalement faux. De nouvelles industries prospèrent en cannibalisant certaines industries en perte de vitesse. Fallait-il soutenir la fabrication des attelages de chevaux&nbsp;face à la concurrence de l’automobile ?</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 15&nbsp;: comment le système des prix fonctionne</h3><p>Une idée reçue qui se cache derrière chaque politique de partage des richesses est qu’on devrait laisser la production entre les mains des experts plutôt que celles des hommes d’affaires.</p><p>Les experts, scientifiques, ingénieurs, techniciens, seraient mieux à même de produire sans limites et de façon efficiente là où les hommes d’affaires sont obnubilés par les profits.</p><p>Une fois de plus, la source de l’erreur est de considérer une industrie indépendamment du reste de l’économie. La production d’une industrie ne peut être démultipliée qu’aux dépens des autres.</p><p>Dans une société capitaliste, le problème de quoi produire et en quelle quantité est résolu par le système des prix. Les prix sont utilisés comme des signaux dans une telle économie. Lorsqu’un article est en demande, le prix augmente. Lorsqu’un article n’est plus voulu, son prix diminue.</p><p>Une autre idée fausse prétend que le prix est relié au coût marginal de production. Certes, il existe un lien, mais il est moins clair qu’on le prétend généralement. En effet, si un bien n’est plus en demande, la matière première qui sert à le produire sera elle aussi moins en demande et son prix diminuera de concert.</p><p>Comme dans la vraie vie, chaque chose que nous produisons doit l’être en se privant de produire autre chose.</p><p>Sans un système de prix, nous devrions compter sur un groupe de bureaucrates omniscients et bienveillants qui détermineraient la production de millions d’articles différents non selon les préférences des consommateurs, mais selon ce qu’ils jugent bon pour nous.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 16&nbsp;: stabilisation du prix des matières premières</h3><p>Une variante des subventions consiste à demander du gouvernement qu’il soutienne des prix anormalement bas. Les prix, selon le groupe de pression, reviendront à la normale, mais pourquoi attendre et subir des dommages irréversibles.</p><p>Dans les cas des fermiers, cela se traduirait peut-être par des prêts pour limiter la quantité vendue sur le marché.</p><p>Cela a des effets pervers. Par exemple, une conséquence inattendue de la rétention des surplus de production de coton a été de stimuler la production dans les autres pays.</p><p>L’effet de la restriction sur la production est d’empêcher les producteurs les plus efficients de s’agrandir et de maintenir en vie les moins performants.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 17&nbsp;: contrôle des prix</h3><p>Nous avons vu les conséquences du maintien des prix à des niveaux artificiellement élevés. Le gouvernement peut aussi intervenir pour maintenir les prix à des niveaux artificiellement bas.</p><p>Cela se produit en particulier en temps de guerre pour les biens de consommation essentiels. Mais ces mesures ont la fâcheuse tendance à se prolonger bien au-delà du prétexte initial.</p><p>Lorsque le prix d’un bien est fixé au-dessous du prix de marché, deux choses se produisent. D’une part, la demande pour le bien sous-évalué augmente. D’autre part, l’offre pour ce produit diminue.</p><p>Cela se traduit rapidement en pénuries, soit l’exact contraire de ce que prétendaient faire les autorités.</p><p>Par la suite, différents dispositifs sont mis en place par le gouvernement pour réduire les effets pervers du contrôle sur les prix. Il y a tout d’abord le rationnement qui limite les quantités qui peuvent être achetées avec un système de coupon.</p><p>Pour ce qui concerne l’offre, c’est plus compliqué. Le gouvernement peut vouloir essayer de contrôler tous les prix du processus de production&nbsp;: salaire dans les boulangeries, prix de la farine, taux de profit des meuniers, prix du blé, etc. De nouvelles pénuries touchent alors ces facteurs de production à leur tour. En désespoir de cause, le gouvernement subventionnera la production.</p><p>En plus du contrôle des prix vertical précédent, les autorités se retrouvent dans l’obligation d’effectuer des contrôles sur les prix horizontaux. En effet, le rationnement de certains produits entraîne une demande accrue sur les produits non rationnés substituables.</p><p>En situation de guerre, l’économie est contrôlée comme dans un pays communiste. En particulier, la quantité de matières premières et les travailleurs sont alloués par l’État aux entreprises. La compétition pour les ressources, y compris le capital humain, n’est plus tolérée.</p><p>Il est remarquable que beaucoup d’Européens doivent leur survie pendant et après la Seconde Guerre mondiale au marché noir. Sans lui, les erreurs de gestion des bureaucrates leur auraient été fatales.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 18&nbsp;: salaire minimum</h3><p>La première chose qui se produit lorsqu&rsquo;on instaure un salaire minimum, disons de 30$ par semaine est que tous ceux qui ne sont pas suffisamment productifs sont exclus du marché du travail. La seule exception à cette règle se produit lorsqu&rsquo;un groupe de travailleurs est sous-payé.</p><p>Mais même dans une telle situation, il serait plus efficace serait de se syndiquer que de fixer un salaire minimum.</p><p>En général, l’industrie essaie de réagir à l’augmentation artificielle des salaires en augmentant le prix de son produit. Cependant, rien ne dit que le consommateur va l’accepter. Il peut chercher un produit de substitution ou réduire sa consommation. Dans tous les cas, la production et donc l’emploi en souffriront.</p><p>Il est illusoire de croire que nous pouvons payer les salariés plus que ce qu’ils produisent. En fait, la seule façon d’augmenter les salaires est d’augmenter la productivité, par l’accumulation du capital, par une meilleure organisation et par une main-d’œuvre mieux qualifiée.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 19&nbsp;: est-ce que les syndicats permettent d’augmenter les salaires&nbsp;?</h3><p>Le niveau des salaires est davantage une fonction du niveau de productivité que de la présence des syndicats. C’est pour cela que l’ouvrier américain avait un meilleur niveau de vie que l’ouvrier allemand ou britannique pendant l’entre-deux-guerres.</p><p>Le rôle du syndicat est d’éviter les situations d’abus et donner à l’ouvrier l’information sur les taux qu’il est en droit d’attendre. La relation entre l’employeur et l’employé n’est pas symétrique et une erreur de jugement coûte plus cher à l’employé qu’à l’employeur. L’employé hésitera donc avant de quitter son emploi.</p><p>Les syndicats, lorsqu’ils utilisent la coercition et la violence, ont un effet délétère sur la société. En effet, si des cheminots, des mineurs ou des employés de la construction syndiqués usent de leur pouvoir de nuisance, ils vont certes obtenir des salaires au-delà du marché. Mais, cela se fera aux dépens des autres travailleurs et des chômeurs.</p><p>Cependant, même si les syndicats arrivent à obtenir des augmentations salariales exagérées de la part des capitalistes, la situation ne peut être que temporaire. Les capitalistes, dont le capital est pris en otage, cessent d’investir dans leur appareil productif.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 20&nbsp;: assez pour racheter le produit</h3><p>D’après les marxistes, les crises économiques sont causées par des salaires trop faibles. Pour ces derniers, le bon niveau de salaire est celui qui permet de «&nbsp;racheter le produit fabriqué&nbsp;».</p><p>Ce qu’ils entendent par là est qu’il faut augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs. Cependant, l’augmentation du pouvoir d’achat pour le bénéfice d’un seul groupe entraîne inévitablement l’appauvrissement de toute l’économie.</p><p>Encore une fois de plus, les meilleurs prix ne sont pas les prix les plus élevés, mais ceux qui autorisent le niveau de production maximale.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 21&nbsp;: les profits</h3><p>Les politiques gouvernementales semblent supposer que la production ne fera que croître, peu importe les initiatives pour la décourager.</p><p>Dans une économie libre, les profits signalent quel article intéresse le public. Rien n’est plus efficace pour résorber des pénuries que des profits sans limites.</p><p>Le profit sert également d’aiguillon aux entreprises pour s’améliorer constamment.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 22&nbsp;: le mirage de l’inflation</h3><p>Il est important de comprendre l’attrait des gouvernements pour l’inflation en dépit de ses conséquences désastreuses.</p><p>L’erreur originelle dans le cas de l’inflation est de confondre la richesse avec l’argent. La vraie richesse est l’ensemble des biens et services que nous produisons ainsi que l’infrastructure dont nous disposons.</p><p>Les naïfs croient que si le gouvernement donnait plus d’argent aux citoyens, tout le monde s’en porterait mieux. Des économistes moins naïfs réalisent que l’inflation monétaire cause la dépréciation de la monnaie et l’augmentation des prix. Ils avancent néanmoins que cela est bénéfique, car l’inflation favorise le pauvre débiteur sur le riche créditeur ou, car elle favorise les exportations ou même le plein emploi.</p><p>En réalité, ceux qui reçoivent l’argent nouvellement créé sont les gagnants et le reste est perdant. L’argent nouveau achète comme l’ancien. Ce n’est que lorsqu’il aura circulé dans l’économie que les prix vont progressivement augmenter en réaction.</p><p>L’inflation cause également des distorsions en favorisant artificiellement certaines industries.</p><p>Finalement, si une inflation de 25% est bonne, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas demander une inflation de 50% ou 100% ?</p><p>Le seul argument en faveur de l’inflation est de relancer l’industrie, en dépréciant indirectement les salaires. Ainsi, les marges de profit sont rétablies. Il serait plus honnête, mais plus difficile politiquement de baisser les salaires.</p><p>C’est sans doute d’ailleurs parce que l’inflation crée de la confusion, y compris chez ceux qui en souffrent, que nos gouvernements y ont de plus en plus recours dans le monde moderne. Malheureusement, l’inflation corrompt la société. Elle décourage la prudence et l’économie. Elle encourage le gaspillage et la spéculation. L’inflation est la mère du communisme et du fascisme.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 23&nbsp;: l’attaque contre les épargnants</h3><p>Notre époque valorise la consommation par rapport à l’épargne au motif qu’elle crée des emplois. Mais un dollar épargné y contribue tout autant en finançant l’appareil productif, directement ou indirectement.</p><p>Par contraste, la thésaurisation de l’argent sans raison valable est toxique pour l’économie. De nos jours, cette pratique est marginale.</p><p>Comme pour la loi de l’offre et de la demande, l’épargne (offre de capital) rencontre l’investissement (demande de capital). Le taux d’intérêt est la variable qui égalise les deux à un niveau donné.</p><p>La tentation est grande pour les gouvernements de maintenir au plancher le taux d’intérêt afin de «&nbsp;stimuler l’investissement&nbsp;». Cependant, les épargnants ne sont pas incités à épargner avec des taux d’intérêt trop bas. L’offre de vrai capital est donc réduite. De plus, les politiques monétaires accommodantes auront sur le long terme un effet déstabilisateur sur l’économie.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 24&nbsp;: la leçon répétée</h3><p>L’économie, disons-nous, consiste à voir les conséquences à long terme sur le public d’une politique publique.</p><p>Elle se réconcilie avec le bon sens qui nous dit qu’une fenêtre cassée et une ville rasée ne sont pas des aubaines.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2008</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Le Prince » de Machiavel</title><link>https://economierebelle.com/livre-le-prince-de-machiavel/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-le-prince-de-machiavel</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-le-prince-de-machiavel/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Tue, 08 Mar 2022 23:38:00 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[guerre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2004</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le Prince de Machiavel est la bible des politiciens dans nos états-nations et éclaire leurs agissements. Points clés à retenir Chapitre 2, monarchies héréditaires Le pouvoir est plus stable dans une monarchie héréditaire que dans une monarchie qui vient de se constituer. Le prince a moins de difficultés à régner s’il ne fait que&#8230; <a
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Du point de vue du prince, le coup d’État est une entreprise difficile puisqu’il se met à dos le peuple conquis et qu’en même temps il ne peut pas toujours récompenser ceux qui l’ont soutenu à hauteur de leurs espérances. Pour se prémunir des frustrations en tout genre, le prince devra profiter de l’impunité qui caractérise les périodes troublées pour identifier les suspects, arrêter les coupables et prendre des dispositions sur les points les plus faibles.</p><p>Si le pays à conquérir est voisin par la langue et les mœurs et que de plus le peuple n’est pas libre, l’entreprise sera aisée. On peut donner cependant deux conseils au prince. D’abord, il devra exterminer la lignée ennemie. Ensuite, laisser tel quel le cadre juridique et administratif de l’État conquis. Les réels problèmes se posent lorsque le prince conquiert un État différent par les coutumes et par la langue. Le meilleur conseil qu’on puisse donner est que le prince aille en personne habiter sur place. Ainsi on étouffera le mal à la racine avant qu’il ne prenne des proportions incontrôlables. De plus, la présence du prince limite les incartades des fonctionnaires. Enfin, la proximité du prince (et la possibilité d’un recours auprès de lui) le fera davantage aimer par les sujets loyaux et davantage craindre par les autres. Un second conseil utile est l’établissement de colonies dans le pays conquis. Celles-ci ne coûtent pratiquement rien. Elles lèsent une infime minorité de la population qui est pauvre et dispersée et qui par conséquent ne peut nuire. En revanche, le maintien de troupes dans la contrée est plus dangereux en même temps qu’il est plus coûteux. Parce que l’on fait subir du tort à plus de monde et que ces gens ont encore tous leurs moyens, on doit donc dans ce cas craindre la vengeance.</p><p>En faisant la conquête d’une province, le prince devra se faire chef et défenseur des puissances mineures adjacentes et empêcher un étranger puissant d’étendre son influence dans la région. En principe cela ne pose pas de difficultés, car ces dernières se rallient d’elles-mêmes à nous. Il faudra simplement prendre garde avec nos forces et leur accord à ce qu’aucune ne nous fasse de l’ombre (il faut même les abaisser).</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 4, pourquoi le royaume de Darius ne se révolta pas après la mort d’Alexandre</h3><p>Il y a deux sortes de monarchies&nbsp;; dans l’une on trouve un prince et ses ministres qui détiennent leur pouvoir de par la volonté du prince&nbsp;; dans l’autre on trouve un prince et des barons qui doivent leur prestige à leur sang. Le premier type jouit de plus d’autorité que le second parce que les sujets n’y ont pas d’autre maître que le prince et s’ils obéissent à ses fonctionnaires, ils ne leur sont nullement attachés. Le premier genre est plus difficile à conquérir, car le pays est uni et on ne peut espérer vaincre en y semant le désordre et en même temps plus facile à conserver (royaume du Turc). Le second vérifie la situation opposée (royaume de France).</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 5, comment gouverner les cités conquises qui avaient leurs lois propres</h3><p>Il y a trois moyens de procéder quand on veut conquérir une cité habituée à ses propres lois et à la liberté&nbsp;: la détruire, y habiter ou constituer un gouvernement oligarchique tout en laissant leurs lois. Dans la pratique, seules les deux premières ont un effet. Les peuples habitués à la liberté ne l’oublient pas. Un gouvernement oligarchique composé de citoyens de la cité et maintenu par nous permet certes de mieux accepter le joug, mais il ne fait en général que retarder l’inévitable.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 6, monarchies nouvelles acquises par nos armes et nos talents</h3><p>Le génie sans l’occasion s’éteint, et sans le génie, c’est en vain que vient l’occasion. De grands hommes nous enseignent comment par leurs talents ils ont réussi à créer de nouveaux royaumes au travers des difficultés.</p><p>Une entreprise particulièrement périlleuse lorsqu’on établit une nouvelle monarchie est l’introduction de nouvelles institutions destinées à nous protéger et à fonder l’État. D’un côté s’y opposent tous ceux que les anciennes lois avantageaient, de l’autre ceux qui y peuvent gagner demandent à voir (de plus, ils ont les anciennes lois contre eux). Les novateurs suivant qu’ils peuvent contraindre ou qu’ils ne le peuvent pas, réussiront ou échoueront lamentablement. Il est facile de convaincre les foules, mais il est malaisé de les maintenir dans leur croyance.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 7, monarchies acquises par les armes des autres ou par la chance</h3><p>Quand la fortune nous sourit et qu’on a la chance d’accéder au pouvoir grâce à elle, les difficultés ne manquent pas pour se maintenir. Il faut s’assurer de ses ennemis, se gagner des amis, vaincre par force ou par ruse, se faire aimer ou craindre du peuple, suivre et respecter des soldats, supprimer ceux qui doivent ou peuvent nuire, rénover par de nouveaux usages les institutions anciennes, être sévère et bienveillant, magnanime et libéral, détruire une milice infidèle, en recréer une nouvelle, entretenir l’amitié des rois pour qu’ils aient ou plaisir à vous être utile ou inquiétude à vous nuire.</p><p>Note en passant&nbsp;: quand on a une basse besogne à exécuter (comme de pacifier une province) autant le faire faire par un ministre qui servira de bouc émissaire le moment venu.</p><p>Ne pas oublier que des bienfaits ne compensent pas des préjudices de sorte qu’il faut toujours se méfier de ceux à qui on a causé du tort et aussi de ceux qui ont peur de vous.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 8, De ceux qui sont devenus princes par scélératesse</h3><p>Considérez l&rsquo;exemple d’Agathocle qui devint prince de Syracuse grâce au mérite, mais s’y maintint par des scélératesses. Il tua les sénateurs les plus riches et trahit ses amis entre autres choses.</p><p>On peut faire plus ou moins bon usage de la cruauté. Si celle-ci est faite d’un seul coup pour assurer sa sécurité (et celle de ses concitoyens), son goût ne persistera pas. Si au contraire elles se perpétuent en s’amplifiant au cours des années, il y a matière à craindre un contre coup. On doit alors dispenser les bienfaits à la suite de ses cruautés de façon qu’on les savoure. Surtout les changements dans l’attitude du prince ne doivent pas dépendre de la conjoncture plus ou moins heureuse de ses affaires. En cas de coup dur, ses bienfaits paraîtront forcés, et on ne lui en saura pas gré.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 9, monarchie civile</h3><p>Le prince peut obtenir la faveur du pouvoir par les grands ou par le peuple. Les grands font un prince parce qu’ils ne peuvent résister au peuple et qu’ils comptent assouvir leurs désirs à son ombre. Le peuple fait un prince parce qu’il ne peut résister aux grands afin que son autorité les protège. Par le peuple, il sera plus libre n’ayant pas de rival. D’autre part le peuple est plus facile à contenter que tous les grands. Ses vues sont plus modestes et moins ambitieuses. Les grands sont aussi plus à craindre, car ils sont prompts à découvrir qui va nous détrôner et à s’acquérir ses faveurs. Enfin, élu par le peuple, c’est lui qui fera et défera les grands, tandis qu’il gouvernera toujours le même peuple.</p><p>Des grands, il s’en trouvera de plusieurs sortes. Ceux qui se lient à nous et les autres. Parmi ceux-là, il y a ceux qui ne le font pas par manque de courage&nbsp;: ceux-là sont de bon conseil dans la prospérité et inoffensifs dans l’adversité et il y a ceux qui le font par calcul et par ambition&nbsp;: ceux-là n’attendent que l’occasion pour nous combattre.</p><p>Le prince qui acquiert le pouvoir à la faveur des grands doit se gagner le peuple avant toute chose. S’il y parvient, il sera d’autant plus aimé que le peuple s’attendait à être opprimé et qu’il trouve un protecteur. De plus, le prince devra se rendre nécessaire aux citoyens de façon qu’ils ne se débinent à la première occasion (pas quand une avarie surviendra).</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 10, comment évaluer les forces de toutes monarchies</h3><p>Deux situations sont possibles pour le prince. Ou bien il est capable par l’argent ou par le nombre de lever une armée capable de le défendre ou bien il est obligé d’être secouru par autrui. S’il est capable de livrer bataille et si en outre son peuple ne le hait point et que sa ville est solide, peu oseront l’attaquer. On rechigne toujours devant les entreprises difficiles, jamais devant les faciles.</p><p>Si malgré tout on l’attaque et qu’on assiège sa ville, il devra surmonter de nouvelles difficultés. L’ennemi détruira naturellement les possessions des habitants à l’extérieur de la ville&nbsp;; le prince devra empêcher les plus virulents de son camp d’intervenir. Les sacrifices que le peuple aura faits pour le prince le rendront encore plus précieux pour lui. On s’attache à quelqu’un par ses bienfaits, mais aussi par suite de ceux qu’on lui prodigue.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 12, combien de sortes d’armées il y a</h3><p>les mercenaires ne devraient pas faire partie de l’armée du prince. Dans la paix, ils nous rançonnent et dans la guerre ils s’enfuient. Ainsi si l’État doit combattre, il faut qu’il emploie ses propres ressources et qu’elles soient commandées par un citoyen habile que les lois empêcheront de s’écarter du droit chemin.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 13, des soldats auxiliaires mixtes et propres</h3><p>Les troupes auxiliaires sont plus dangereuses que l’autre sorte. Celles-ci ne sont pas payées par nous, et sont toutes dévouées à un autre. D’où il résulte encore une fois que ses armes propres sont meilleures que celles qui sont empruntées.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 14, ce qui convient au prince en matière militaire</h3><p>C’est souvent par les armes que se font les princes. C’est aussi parce qu’on les néglige qu’on perd le pouvoir. Il y a un monde de différence entre celui qui est désarmé et celui qui est armé. Le premier est méprisé, même chez les siens. Et il faut craindre d’être entouré de serviteurs armés quand on est soi-même inoffensif.</p><p>Le prince devra donc s’appliquer à connaître à fond l’art militaire. Surtout en temps de paix, en plus des manœuvres de l’armée, il devra s’habituer à la peine et à l’effort (chasse par exemple) et apprendre à reconnaître son pays. Il y trouvera deux avantages&nbsp;; d’abord, il sera plus à même de le défendre le moment venu et ensuite il sera plus facile de reconnaître de nouveaux sites au moyen de cette première expérience. Il y lui faut également exercer son esprit par la lecture des hauts faits d’armes et par ce qu’enseigne l’histoire sur comment mener une guerre.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 15, des choses pour lesquelles les princes sont loués ou blâmés</h3><p>Il n’est pas bon qu’un prince cherche à être vertueux en tout point et en tout moment. Au contraire, il y a des vertus qui le perdront et des vices qui lui assureront la sécurité.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 16, libéralité et parcimonie</h3><p>Le prince ne doit pas avoir peur de passer pour un pingre. Car s’il est libéral, il va droit à sa perte en consumant les ressources de ses administrés, en devenant pauvre et méprisé et en étant contraint à devenir rapace. Tandis que s’il est parcimonieux, il ne manquera jamais de fonds pour ses entreprises et pour la défense. En plus, les citoyens lui sauront gré de ne pas les taxer outre mesure et seulement un petit nombre lui en voudra de ne pas lui donner davantage.</p><p>La libéralité ne se justifie que quand le prétendant au pouvoir est en passe de devenir prince ou lorsqu’étant prince il use du bien d’autrui (rapines) pour sa libéralité. Dans ce dernier cas, c’est même une nécessité pour que les soldats le suivent.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 17, être aimé ou être craint, telle est la question</h3><p>Le nouveau prince aura du mal à ne pas se faire une réputation de cruauté. Même s’il est meilleur d’avoir une réputation de magnanimité que de cruauté, il est non moins vrai qu’être magnanime et laisser les désordres se prolonger est plus mauvais pour la collectivité que d’être cruel et de faire exécuter quelques particuliers.</p><p>Si le prince n’a pas la possibilité d’être craint et aimé tout à la fois, il devra préférer d’être craint. Les hommes sont par nature ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, ennemis des dangers et avides de gains. Quand le besoin est lointain, ils te promettent leur sang&nbsp;; quand il s’approche, ils se dérobent. Les amitiés que le prince acquiert à prix d’argent sont pour ainsi dire louées et le moment venu on ne peut les utiliser. Pire, les gens hésitent moins à nuire à un prince qui est aimé parce que l’amour est facilement rompu par toute occasion de profit particulier qu’à un prince qui est craint parce que la peur du châtiment est plus durable.</p><p>Cependant, le prince devra faire en sorte que s’il ne peut être aimé qu’au moins il ne soit pas haï. Cela peut se faire aisément en se gardant d’usurper le bien d’autrui. Si le sang doit parfois être versé, il faut que l’acte soit pleinement justifié. Dans tous les cas, les sujets oublient moins facilement la mort d’un père que la perte de patrimoine.</p><p>En revanche dans la guerre le prince ne devra pas craindre de passer pour cruel auprès de ses soldats, il y gagnera même en autorité.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 18, comment les princes doivent garder leur foi</h3><p>Le prince ne saurait être toujours loyal et respecter les promesses qu’il a faites. Quand la mise en œuvre de celles-ci doit tourner à son désavantage ou bien que les raisons qui les ont motivées sont devenues caduques, le prince doit y renoncer et il trouvera bien de quoi se justifier auprès de son peuple. Il peut user de la ruse en bien d’autres occasions&nbsp;; il devra être un grand simulateur et dissimulateur. Les hommes sont simples et il trouvera toujours qui tromper. En bref, il faut toujours prêcher la bonne parole et faire le contraire quand c’est utile. Seule une minorité impuissante percevra la nature réelle du prince, le reste de la foule ne se fiera qu’aux apparences.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 19, éviter le mépris et la haine</h3><p>Pour ne pas être haï, le prince ne devra pas atteindre aux biens ni à l’honneur de ses sujets. Pour ne pas être méprisé, il devra faire preuve de courage, de gravité et de fermeté. Un prince qui est révéré par ses citoyens est difficile à renverser. On trouve peu de gens prêts à conspirer et d’ennemis déterminés à partir en guerre contre lui. De ces dernières il se garde avec de bonnes armes et des amis, l’un et l’autre allant de pair. Contre la conspiration, il y a l’appui du peuple&nbsp;: celle-ci ne peut qu’échouer si le peuple ne hait pas le prince.</p><p>Note&nbsp;: faire faire les basses besognes par les autres et s’adjuger les actions positives</p><p>Cependant si l’on ne peut être aimé de toutes les collectivités il faut s’assurer la plus puissante (souvent les soldats) au risque d’être injuste envers le reste de la population.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 20, forteresses utiles ou nuisibles</h3><p>Quand on devient maître de son pays, il est naturel d’armer ses sujets. Ceux que tu armes deviennent tes obligés par la faveur qui leur est faite et les autres t’excusent parce qu’ils comprennent que les récompenses s’accompagnent de plus de dangers et de responsabilités. Quand on acquiert une province, il faut là encore armer ses partisans&nbsp;; cependant à long terme il faut que toutes tes armes soient détenues par les seules troupes de ton État.</p><p>Semer la discorde pour mieux manipuler ses sujets peut être utile en temps de paix, mais se révèle catastrophique quand la guerre éclate en facilitant la tâche à l’ennemi.</p><p>Le prince trouvera de plus fidèles serviteurs en ceux qui lui sont suspects quand il accède au pouvoir qu’auprès des autres. En effets, ceux-là veulent effacer la mauvaise opinion qu’on a d’eux en le servant loyalement tandis que les autres sont confiants et ont tendance à négliger ses affaires. De la même façon, lorsque c’est le peuple qui a installé au pouvoir le prince parce qu’il était mécontent de l’ancien État, le prince aura plus de facilité à satisfaire ceux qui étaient contents de l’ancien État que de garder l’amitié du reste du peuple.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 21, ce qui convient au prince pour se faire estimer</h3><p>Il convient au prince de faire des grandes choses afin de tenir son peuple en haleine pour ainsi dire. Ensuite le prince doit être vrai ami et vrai ennemi, c’est-à-dire qu’il prend parti franchement (exemple d’une guerre entre deux États voisins, conséquences). Celui qui te demande de rester neutre est ton ennemi et celui qui te demande de prendre les armes est ton ami. Si tu perds la guerre, tu as un compagnon d’infortune. Si tu la gagnes, et que c’est grâce à toi, ton ami t’est redevable. Si c’est ton ami qui est le plus fort, c’est toi qui es son prisonnier.</p><p>Favoriser les arts et les lettres ainsi que le commerce, etc.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 22, des ministres des princes</h3><p>C’est dans le choix des ministres que l’on peut observer la qualité d’un prince. Il y a cependant un moyen simple de savoir si un ministre est bon ou non&nbsp;: pense-t-il davantage à lui-même qu’au prince&nbsp;? Ou bien l’entretient-il de choses qui ne l’intéressent pas&nbsp;? Dans l’autre sens, le prince devra veiller à enrichir son ministre et à lui donner suffisamment de charges et d’honneurs pour qu’il n’en désire pas davantage.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 23, comment il faut fuir les flatteurs</h3><p>Pour se garder des flatteurs, il faut donner la permission à quelques esprits éclairés de nous dire toute la vérité et à ceux-là seulement. En effet, sinon chacun est libre de dire ce qu’il pense et il s’ensuit que nous serions méprisés. Ensuite, le prince se fait son propre jugement et doit rester ferme dans ses convictions même s’il entend maints avis contradictoires par la suite. Il devra en outre distinguer dans les conseils qu’on lui donne ce qui lui est utile.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 24, pourquoi les princes d’Italie ont perdu leur État.</h3><p>Il y a une double gloire pour les monarchies nouvelles à s’être établies puis maintenues. C’est en effet toujours par le mérite que le prince conserve le pouvoir après l’avoir conquis. En revanche, il y a une double peine à ceux qui ont eu gratuitement leur État et qui l’ont perdu.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 25, comment résister à la fortune</h3><p>La fortune n’est pas seule responsable de notre sort. D’ailleurs, bien souvent, ses effets peuvent être atténués pourvu qu’on ait pris les devants. De plus, si la nature du prince changeait avec les temps, la fortune elle ne changerait pas. Il y a des époques où il faut être impétueux et d’autres où il faut être circonspect.</p><p>Note&nbsp;: cependant en règle générale il vaut mieux être impétueux, car la fortune sourit plus souvent aux audacieux c’est-à-dire qu’ils provoquent l’occasion.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2004</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;Livre « Climat : comment éviter un désastre » de Bill Gates</title><link>https://economierebelle.com/livre-climat-comment-eviter-un-desastre-de-bill-gates/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-climat-comment-eviter-un-desastre-de-bill-gates</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-climat-comment-eviter-un-desastre-de-bill-gates/#comments</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sat, 04 Dec 2021 16:38:20 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[Protéger]]></category> <category><![CDATA[climat]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1685</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Que vous croyiez ou non à la «&#160;science climatique&#160;», il ne fait aucun doute que les élites mondialisées vont prendre action et que cela va affecter votre vie. Bill Gates est très écouté parmi les chefs de gouvernement et les PDG. Son récent livre Climat : comment éviter un désastre mérite donc d’être étudié avec&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Que vous croyiez ou non à la «&nbsp;science climatique&nbsp;», il ne fait aucun doute que les élites mondialisées vont prendre action et que cela va affecter votre vie.</p><p>Bill Gates est très écouté parmi les chefs de gouvernement et les PDG. Son récent livre <em>Climat : comment éviter un désastre</em> mérite donc d’être étudié avec attention.</p><p>De plus, Bill Gates dispose une extraordinaire capacité à analyser les données et séparer l’essentiel de l’accessoire. Il l’a illustré dans un autre livre <em><a
href="https://economierebelle.com/livre-at-the-speed-of-thought-de-bill-gates/">Le travail à la vitesse de la pensée</a></em>, publié en 1999 qui a prédit très précisément le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.</p><p>A bon entendeur.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Mise en contexte</h3><p>L’humanité rejette environ 51 milliards de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère chaque année. Nous devons trouver un moyen de faire tomber ce nombre à zéro. Comme le développement économique est très corrélé à la consommation énergétique, il faudra donc que notre énergie soit propre. Le solaire et l’éolien ne sont qu&rsquo;une partie de la solution et ils ne concernent que la production d’électricité. Or 73% des émissions ne sont pas liés à la production d’électricité.</p><p>Le principal défi est de rendre les énergies vertes aussi abondantes et moins chères que les énergies fossiles.</p><h3 class="wp-block-heading">Pourquoi zéro&nbsp;?</h3><p>80% du CO2 que nous émettons aujourd’hui sera éliminé de l’atmosphère au cours des 10000 prochaines années. En attendant, les molécules de CO2 présentes dans l’atmosphère la réchauffent à cause de ce qu’on appelle «&nbsp;l&rsquo;effet de serre&nbsp;».</p><p>La plupart des radiations solaires traversent les gaz à effet de serre sans interagir avec eux et vient réchauffer la surface de la planète. La Terre renvoie alors une partie de l’énergie vers l’espace sous forme d’infrarouges qui vont exciter les gaz à effet de serre et ainsi réchauffer l’atmosphère. Ce phénomène physique ne concerne que les molécules composées d’atomes différents comme le CO2, mais pas le dioxygène ni le diazote.</p><p>L’objectif zéro carbone ne signifie pas que nous allons arrêter la production de ciment ou d’engrais. L’idée est plutôt de rétablir un équilibre entre la production et l’élimination du CO2, ce qui était probablement la situation avant le milieu du 18<sup>ème</sup> siècle.</p><p>Nous sommes d’ores et déjà près de 1°C au-dessus des températures préindustrielles.</p><p>Si nous ne faisons rien, les températures vont encore augmenter de 1 ou 2 degrés Celsius d’ici 2050. Ce faible chiffre ne dit pas l’étendue des changements que cela va entraîner. A l’époque des dinosaures, la température était seulement 4°C plus élevée, et l’on trouvait des crocodiles au niveau du cercle arctique.</p><p>Il existe d’autres gaz à effet de serre comme le méthane qui d’un côté est 120 fois plus «&nbsp;nocif&nbsp;» que le CO2 mais est éliminé plus rapidement de l’atmosphère. Les 51 milliards de tonnes de CO2 sont en fait des équivalents CO2, seuls 37 milliards sont réellement dus au CO2. Le restant provient d&rsquo;autres gaz à effet de serre.</p><p>Le changement climatique va augmenter le nombre de catastrophes naturelles. Par exemple, l&rsquo;air plus chaud absorbe davantage l’humidité et dessèche les sols, ce qui augmente les risques de feux de forêt et diminue les rendements agricoles. Le réchauffement des océans les dilate, ce qui contribue à la montée du niveau de la mer d’environ 50cm.&nbsp; Cela n’a l’air de rien, mais les plages seront menacées de même que les villes établies sur sol poreux comme Miami.</p><p>Du point de vue de l’alimentation, les céréales tirent parti d’un surplus de CO2 dans l’atmosphère. Concrètement les régions froides augmenteront leur rendement tandis que l’Europe du Sud et l’Afrique Subsaharienne seront pénalisées par la sécheresse. L’augmentation des températures devrait aussi avoir un impact négatif sur les rendements laitiers et la production de viande. Les écosystèmes des océans seront touchés. Certaines zones auront un surplus d’oxygène et d’autres un déficit d’oxygène, ce qui va amener à un déplacement des ressources halieutiques.</p><p>Dans la prochaine décennie ou la suivante, le changement climatique aura un effet sur l’économie équivalent à un Covid19 tous les dix ans.</p><h3 class="wp-block-heading">Ce sera difficile</h3><p>Les hydrocarbures se retrouvent partout. Ils sont dans nos produits, nos infrastructures et dans les carburants qui permettent le transport des personnes et des marchandises. Ils sont très difficiles à remplacer dans la mesure où ils contiennent beaucoup d’énergie et ont un prix dérisoire. En fait, un baril de pétrole coûte moins cher qu’un volume équivalent de soda&nbsp;!</p><p>Dans le même temps, les pays en voie de développement consomment de plus en plus d’hydrocarbures pour la construction, pour les voitures, l’air conditionné, les réfrigérateurs et les ordinateurs. <strong>Plus grave encore, les populations de ces pays augmentent constamment.</strong></p><p>L’augmentation du niveau de vie est une bonne nouvelle pour ces individus, mais pas pour le climat. Bien entendu, il serait immoral de maintenir les pays en voie de développement de rester sur le bord de la route. <em>Nous</em> devons simplement les aider à progresser sans endommager davantage le climat.</p><p>Historiquement, la transition d’une source d’énergie vers une autre prend des décennies&nbsp;: du bois au charbon, du charbon au pétrole, du pétrole au gaz naturel et maintenant la transition vers les énergies renouvelables.</p><p>Jusqu’à aujourd’hui, les transitions ont eu lieu vers une source d’énergie moins chère, mais la transition vers les énergies renouvelables est motivée par l’environnement. Si les choses devaient évoluer naturellement, la part d’énergies renouvelables serait trop faible. <strong><em>Nous</em> devons forcer une transition à un rythme non naturel pour arriver à l’objectif zéro carbone</strong>.</p><p>Une façon de changer la donne consiste à créer les bonnes incitations. En effet, l’industrie de l’énergie est régulée selon des lois et règlements d’une époque où le changement climatique n’était pas sur le radar. Il faudrait donc adapter les contraintes pesant sur les compagnies énergétiques.</p><p><strong>Un autre problème est que le pouvoir politique change au gré des élections, ce qui ne permettra pas de maintenir le cap sur la priorité climatique</strong>. Cela crée des incertitudes pour l’emploi des chercheurs, pour les entrepreneurs et les marchés privés.</p><p>Contrairement à l’opinion commune, il n’y a pas un consensus parfait sur le changement climatique. Certes, 3% des chercheurs ne pensent pas que le changement climatique est causé par des activités humaines. Mais surtout, beaucoup de gens ne croient pas que nous devrions consacrer des ressources pour l’empêcher ou s’y adapter, surtout en comparaison de sujets comme la santé et l’éducation. Un autre groupe considère que nous avons tout ce qu’il nous faut avec le solaire et l’éolien. <em>Nous</em> sommes en désaccord avec ces deux positions.</p><h3 class="wp-block-heading">Cinq questions à poser dans tout débat climatique</h3><h4 class="wp-block-heading">De quelle proportion des 51 milliards de tonnes parle-t-on&nbsp;?</h4><p>Pour mettre les choses en perspectives, il ne faut pas s’arrêter à mesurer les tonnes de CO2 économisées mais rapporter ce montant au total annuel de 51 milliards. De plus, il faut aussi juger un programme de réduction des émissions selon son potentiel à long terme. Si la réduction des émissions proposée est fixe, c’est une chose, mais si le programme promet des réductions de plus en plus importantes, c’en est une autre.</p><h4 class="wp-block-heading">Quel est la solution pour le ciment&nbsp;?</h4><p>Cinq activités génèrent des émissions. Nous devons trouver une solution pour chacune d’entre elles et pas seulement nous focaliser sur la production d’électricité.</p><figure
class="wp-block-table"><table><tbody><tr><td><strong>Pourcentage des émissions de gaz à effet de serre</strong></td></tr><tr><td>Fabrication (ciment, acier, plastique)</td><td>31%</td></tr><tr><td>Électricité</td><td>27%</td></tr><tr><td>Agriculture</td><td>19%</td></tr><tr><td>Transport</td><td>16%</td></tr><tr><td>Chauffage, réfrigération, air conditionné</td><td>7%</td></tr></tbody></table></figure><h4 class="wp-block-heading">De combien de Watts parle-t-on&nbsp;?</h4><p>Une maison utilise de l’ordre d’un kW (kilo Watt), une ville utilise de l’ordre du GW (Giga Watt), un grand pays utilise de l’ordre d’une centaine de GW.</p><h4 class="wp-block-heading">Combien d’espace cela utilise-t-il&nbsp;?</h4><p>Les terrains sont en quantité limitée et les sources d’énergie en font un usage plus ou moins important. La mesure intéressante, ici, est la densité énergétique.</p><figure
class="wp-block-table"><table><tbody><tr><td><strong>Source d’énergie</strong></td><td><strong>Watts par m²</strong></td></tr><tr><td>Hydrocarbures</td><td>500-10000</td></tr><tr><td>Nucléaire</td><td>500-1000</td></tr><tr><td>Solaire</td><td>5-20</td></tr><tr><td>Hydroélectrique</td><td>5-50</td></tr><tr><td>Éolien</td><td>1-2</td></tr><tr><td>Bois et biomasse</td><td>&lt; 1</td></tr></tbody></table></figure><h4 class="wp-block-heading">Combien ça va coûter&nbsp;?</h4><p>Lorsque l’on compare des énergies fossiles et leur équivalent vert, il est intéressant de calculer la prime environnementale associée, c’est-à-dire le surcoût de l’alternative verte. Par exemple, si le prix au gallon du kérosène est 2,22$ et le prix d’une quantité équivalente de biocarburant est 5,35$, alors la prime environnementale est de 3,13$.</p><p>Si la prime environnementale est élevée, il y a matière à poursuivre des recherches pour produire une avancée qui changera la donne. D’autre part, <strong>ces primes vertes pourront servir à mesurer le progrès dans la lutte contre le changement climatique</strong>.</p><h3 class="wp-block-heading">Électricité</h3><p>Il est fascinant de réaliser à quel point l’électricité est bon marché dans un pays développé. Laisser une ampoule de 40W allumée une heure durant vous coûtera seulement ½ cent.</p><p>D’un autre côté, l’électricité contribue massivement au changement climatique du fait de ses émissions de gaz à effet de serre. Notez en passant qu&rsquo;il est plus facile de se passer d’hydrocarbures pour produire de l’électricité que de fabriquer des choses sans le gaz naturel, le pétrole ou le charbon.</p><p>Enfin, il y a un potentiel pour davantage de demande notamment par ceux qui n’y ont pas encore accès.</p><p>Bref, il faut commencer par l’électricité.</p><p>Actuellement dans le monde, 36% de l’électricité provient du charbon, 23% du gaz naturel, 16% des barrages hydroélectriques, 11% des énergies renouvelables, 10% du nucléaire, et 3% du pétrole.</p><p>Le passage au tout renouvelable est possible aux États-Unis moyennant un surcoût d’environ 15%, mais ce serait plus difficile ailleurs. En Chine, par exemple, le miracle économique de ces dernières décennies doit beaucoup à la construction d’une multitude de centrales au charbon. Avec l&rsquo;expérience accumulée, ce pays a réduit le coût de la construction d’une telle centrale de 75%. La Chine entend maintenant exporter son savoir-faire dans les pays en voie de développement.</p><p>Les primes vertes ne sont pas tellement une fonction du coût de production des énergies renouvelables que du coût de transport (un tiers du total) à partir d’une région bien pourvue en soleil et en vent, ainsi que du coût induit par une énergie intermittente et peu fiable.</p><p>Un autre problème est le coût extrêmement prohibitif du stockage de l’électricité dans des batteries. Trois jours d’électricité à Tokyo représentent 14 millions de batteries de 1kWh, soit un coût d’environ 400 milliards de dollars.</p><p>Pour les États-Unis, l’objectif zéro carbone pourrait être atteint en 2050 si nous rajoutons 75 GWatt de capacité chaque année, contre 22 GWatt aujourd’hui. Des efforts importants devront aussi être consacrés à la refonte du réseau électrique. En effet, jusqu’ici les centrales étaient localisées près des villes tandis que l’approvisionnement en carburant s’effectuait via les pipelines ou le réseau ferré. Dans le futur, il faudra disposer de câbles à très haut voltage pour transporter l’électricité sur de longues distances. <strong>Les nombreux propriétaires sur le chemin pourraient s’y opposer.</strong></p><p>La construction du nouveau réseau électrique va demander plus de coopération entre les États, pour produire l’électricité là où il y a du soleil et du vent puis la transporter partout ailleurs. Comme la consommation d’électricité va augmentée par exemple pour le chauffage ou pour recharger les véhicules électriques, il faudra redimensionner le service pour chaque foyer (fois 2 au minimum). Les câbles électriques souterrains ou en surface devront être aussi être remplacés. Bref, ces travaux ne passeront pas inaperçus.</p><p>Passons en revue les énergies sans émission.</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li><strong>Fission nucléaire</strong>&nbsp;:&nbsp; nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire. De plus, une centrale nucléaire représente une utilisation optimale des matériaux puisque la quantité de béton, ciment, acier, verre rapportée à l’énergie produite est dérisoire. TerraPower, une société fondée par Gates en 2008, travaille à créer un réacteur plus sécuritaire. Des discussions sont en cours avec le gouvernement américain.</li><li><strong>Fusion nucléaire</strong>&nbsp;: Nous sommes à environ une décennie de maîtriser la fusion nucléaire. Lorsque la technologie sera contrôlée, il n’y aura plus de problème d’approvisionnement car l’hydrogène utilisé pour la fusion nucléaire est abondant dans les océans. De plus, la réaction émet peu de matériau radioactif et celle-ci ne dure que quelques centaines d’années au lieu quelques centaines de milliers d’années pour le plutonium.</li><li><strong>Éolien offshore&nbsp;:</strong> Le vent souffle presque en continu sur l’océan. De plus, les sites offshores ont l’avantage de se trouver près des grandes villes côtières. Bien sûr, les propriétaires de maisons au bord de la plage, les pêcheurs, et les zones touristiques apprécieront modérément les éoliennes offshores.</li><li><strong>Géothermie&nbsp;</strong>: La géothermie n’est disponible que dans certains endroits dans le monde et malheureusement c’est souvent près de volcans. Il faut savoir que 40% des puits creusés pour la géothermie ne donnent rien. Mais des avancées technologiques pourraient améliorer la situation.</li></ol><p>Pour stocker l’électricité, nous avons les moyens suivants.</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li><strong>Batteries</strong>&nbsp;: Il est très difficile d’améliorer les performances des batteries lithium-ion. Peut-être arrivera-t-on à multiplier les performances actuelles par un facteur 3, mais certainement pas par un facteur 30.</li><li><strong>Gravité&nbsp;</strong>: lorsque le coût de l’électricité est bas, des pompes peuvent être actionnées pour remplir un réservoir en hauteur. L’eau en aplomb est ultérieurement utilisée pour générer de l’électricité. Mais ce n’est pas réalisable dans beaucoup d’endroits. Une alternative prometteuse serait de maintenir de l’eau sous-pression sous terre et relâcher la pression pour actionner une turbine et générer de l’électricité.</li><li><strong>Réserve thermique&nbsp;</strong>: certains matériaux conservent bien la chaleur comme les sels fondus. Ils pourraient être utilisés pour stocker la chaleur du jour et produire de l’électricité la nuit.</li><li><strong>Hydrogène&nbsp;</strong>: L’idée est de produire de l’hydrogène par électrolyse à partir d’électricité solaire ou éolienne puis de stocker l’hydrogène sous une forme ou une autre avant de l’utiliser dans une pile à combustible le moment venu. Beaucoup de problèmes techniques restent à surmonter.</li></ol><p>Voici également quelques autres innovations.</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li><strong>Piégeage du CO2</strong>&nbsp;: Cette solution existe depuis des décennies et permet de capturer le CO2 au point d’émission dans les usines. Une autre alternative capture le CO2 dans l’air ambiant. Mais il y a de la marge pour s’améliorer car le dispositif consomme encore beaucoup trop d’énergie.</li><li><strong>Économies d’énergie&nbsp;</strong>: Actuellement, nous générons de l’électricité lorsque nous en avons besoin. Mais dans le futur, nous pourrions renverser le principe&nbsp;: <strong>nous utiliserons l’électricité au moment de la journée où elle sera la plus abondante</strong>. Cela suppose des équipements intelligents qui s’adapteront à l’offre et la demande, mais aussi une <strong>politique de rationnement si la demande est trop forte</strong>.</li></ol><h3 class="wp-block-heading">Fabrication</h3><p>Le béton qui est un mélange de gravier, sable, eau et ciment, est un matériau extraordinaire&nbsp;: il ne rouille pas, il ne pourrit pas et est ignifugé. Les États-Unis produisent 90 millions de tonnes de ciment chaque année (la Chine en produit six fois plus) et une quantité équivalente d’acier. Les autres matériaux qu’on retrouve à peu près partout sont les plastiques, le verre et l’aluminium.</p><p>Actuellement, la fabrication d’une tonne d’acier génère 1,8 tonne de CO2 selon le procédé traditionnel. Pour le ciment, c’est encore pire car celui-ci est obtenu à partir de la chaux dont on extrait le calcium en la brûlant. Il n’y a pas d’autre façon de faire du ciment. Au total, la fabrication d’une tonne de ciment génère une tonne de CO2.</p><p>Pour ce qui concerne les plastiques, produits à partir des hydrocarbures, environ la moitié des atomes de carbone restent dans le plastique à l’issue du processus de fabrication. Pour cette raison, les plastiques ne sont pas l’ennemi numéro un pour ce qui concerne le changement climatique.</p><p>Les primes vertes associées à la production du ciment, de l’acier et du plastique correspondent aux coûts des dispositifs de capture du carbone et sont respectivement&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Ciment&nbsp;: 75%-140%</li><li>Acier&nbsp;: 16-29%</li><li>Éthylène&nbsp;: 9-15%</li></ul><p>Dans un produit fini, comme une voiture, ces surcoûts pourraient être passés sans trop de difficulté au consommateur et celui-ci serait possiblement d’accord avec l’idée. Le problème est que ce sont les entreprises et non les consommateurs qui achètent l’acier, le ciment et les plastiques et elles achèteront le produit le moins cher même s’il contribue au changement climatique.</p><p>Il y a plusieurs façons de s’y prendre. <strong>Les entreprises pourraient être contraintes par la loi d’acheter l’alternative verte</strong>. L’autre avenue est de modifier les procédés pour émettre moins de CO2 dans l’atmosphère.</p><p>Le ciment représente plus grand défi. Pour l’acier, des essais sont en cours pour produire du fer pur à partir du minerai de fer grâce à l’électrolyse. Pour les plastiques, il sera peut être un jour possible d’avoir un procédé de fabrication à émission négative&nbsp;: le CO2 de l’atmosphère serait utilisé pour produire le plastique ainsi que de l’électricité verte.</p><h3 class="wp-block-heading">Agriculture</h3><p>Les animaux d’élevage sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre&nbsp;: méthane et dioxyde d’azote, ce qui représente environ 7 milliards de tonnes d’équivalents CO2.</p><p>En 1968, le biologiste Ehrlich craignait que des centaines de millions de personnes ne meurent de faim dans les décennies à venir. Mais grâce aux travaux d’un autre biologiste Norman Borlaug, les paysans à travers le monde ont exploité des variétés de blé à haut rendement et la catastrophe annoncée n’a pas eu lieu.</p><p>Dans le futur, la population va continuer d’augmenter et elle va vouloir consommer de plus en plus de viande, ce qui va aggraver le changement climatique.</p><p>Les bovins sont les principaux responsables. Les vaches d’Amérique latine contribuent cinq fois plus que les vaches européennes ou nord-américaines. C’est encore pire pour les vaches africaines. En effet, les races utilisées en Europe et en Amérique du Nord convertissent bien plus efficacement la nourriture ingérée en lait et en viande.</p><p>Parmi les solutions actuelles pour réduire la consommation de viande et le gaspillage alimentaire, citons&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>La «&nbsp;viande&nbsp;» à base de plantes,</li><li>La viande créée en laboratoire,</li><li><strong>Une poubelle intelligente qui reconnaît les aliments jetés et fournit un rapport détaillé du coût et de l’empreinte carbone associée</strong>.</li></ul><p>La population humaine serait réduite d’environ 50% si nous n’étions pas capables de créer des engrais synthétiques comme nous le faisons aujourd’hui. A cet égard, les engrais à l’azote sont essentiels pour la croissance des plantes (elles vont utiliser tout l’engrais azoté disponible pour grandir) mais ils contribuent aussi au changement climatique.</p><p>Une percée majeure avait été réalisée au début du 20<sup>ème</sup> siècle lorsque deux chimistes allemands mirent au point un procédé pour synthétiser ce type d’engrais. Le problème est que la fabrication, le transport et l’application des engrais à l’azote génèrent beaucoup d’émissions. En particulier, la moitié de l’engrais appliqué n’est pas absorbé par les plantes et se retrouve dans les nappes phréatiques ou dans l’atmosphère sous forme de dioxyde d’azote.</p><p>Une idée populaire consiste à planter des arbres pour capturer le CO2, mais si l’on considère tous les paramètres pertinents, la réalité est qu’il faudrait planter 20 hectares dans une zone tropicale (là où l’effet bénéfique pour le climat est maximal à cause de l’humidité produite) pour compenser les émissions d’un Américain durant son existence. Rapporté à la population américaine, cela représente la moitié de la surface émergée de la Terre. De plus, pour qu’il y ait réellement un effet, il faut que les arbres plantés le soient dans une zone où les arbres n’allaient pas pousser naturellement&nbsp;! En fait, la meilleure stratégie consiste à ne pas couper les arbres des forêts.</p><h3 class="wp-block-heading">Transports</h3><p>La plupart des gens pensent que les émissions de CO2 sont causées par les centrales à charbon, les voitures et les avions. C’est faux au niveau mondial, comme nous l’avons vu. Cependant, aux États-Unis, la voiture et les avions sont la première cause d’émission de gaz à effet de serre.</p><figure
class="wp-block-table"><table><tbody><tr><td><strong>Pourcentage des émissions de gaz à effet de serre</strong></td></tr><tr><td>Voitures, motos, SUV</td><td>47%</td></tr><tr><td>Camions, bus</td><td>30%</td></tr><tr><td>Cargos, navires</td><td>10%</td></tr><tr><td>Avions</td><td>10%</td></tr><tr><td>Autre (trains)</td><td>3%</td></tr></tbody></table></figure><p>Pour les voitures, il y a deux possibilités pour arriver à l’objectif de zéro émission. Soit nous produisons du carburant à partir du carbone de l’atmosphère. Soit nous utilisons une autre forme d’énergie verte. C’est déjà le cas avec les véhicules électriques. La prime verte correspondante, qui est fonction du coût du carburant et de l’électricité est relativement faible et même pratiquement nulle dans certains pays d’Europe. Quant à la première option, il reste du chemin à faire pour les bio-carburants puisque la prime verte est encore de 106%, mais nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Il y a également les électro-carburants à considérer qui sont obtenus en combinant l’hydrogène de l’eau avec le carbone de l’atmosphère (l&rsquo;électricité fournissant l&rsquo;énergie nécessaire à la réaction).</p><p>Il y a un effet d’échelle pour les batteries électriques. Plus le véhicule est grand, plus il est difficile d’utiliser l’électricité pour la locomotion. De même si les distances sont longues. Les batteries contiennent actuellement au mieux 35 fois moins d’énergie que l’essence. Pour cette raison, des camions à l’électricité n’ont pas vraiment de sens. La prime verte est 103% pour les biocarburants et 234% pour les électro-carburants.</p><p>Le même principe qui s’applique aux bus ou aux camions est encore plus vrai pour les avions. La meilleure avenue reste encore les carburants alternatifs. Les primes vertes sont respectivement de 141% pour les biocarburants et 296% pour les électro-carburants.</p><p>La situation est la même pour les navires. En fait, les primes vertes sont de 326% pour les biocarburants et 601% pour les électro-carburants car le fuel utilisé est un reliquat du raffinage peu dispendieux.</p><h3 class="wp-block-heading">Climatisation</h3><p>L’appareil qui consomme le plus de courant dans la maison est probablement l’air conditionné, si on ne tient pas compte des chaudières et des chauffe-eaux. Avec l’augmentation du niveau de vie, l’utilisation de ces appareils va augmenter fortement, ce qui est ironique puisque nous essayons de combattre le réchauffement climatique.</p><p>En plus de l’électricité qu’ils consomment, les climatiseurs utilisent des gaz à effet de serre très puissants. Mais des alternatives sont en cours d’élaboration.</p><p>Le chauffage dans les bâtiments, qu’il s’agisse de chauffer l’air ou l’eau, représente un tiers de la consommation totale dans les bâtisses. Contrairement à l’air conditionné, la majorité de l’énergie employée provient des énergies fossiles. L’approche ici serait similaire à celle pour les voitures&nbsp;: électrifier au maximum et lorsque ce n’est pas possible utiliser des carburants alternatifs.</p><p>La bonne nouvelle est que la prime verte est négative pour électrifier le chauffage domestique. Autrement dit, il est avantageux financièrement de passer au tout électrique. Le secret est d’utiliser des pompes thermiques. Cependant, comme les pompes thermiques sont moins efficientes que des chaudières aux gaz naturel, par exemple, elles restent encore encouragées par les incitations gouvernementales. Mais <strong>les régulations peuvent être révisées pour tenir compte des émissions plutôt que l’efficience</strong>. Une possibilité serait par exemple d’interdire la vente de chaudières à partir de 2035.</p><p>La construction des immeubles verts est encore très couteuse, mais celle des maisons vertes ne l’est pas. Il suffit de créer une couche enveloppante pratiquement étanche à l’air et d’utiliser de bons matériaux isolants, des fenêtres à triple vitrage et des portes efficientes.</p><h3 class="wp-block-heading">S’adapter à un monde plus chaud</h3><p>Une étude estime que 10 millions de personnes mourront chaque année du fait des vagues de chaleur d’ici la fin du siècle. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud Est seront les plus touchées. Plutôt de d’essayer de réduire les émissions de carbone des pays les plus pauvres, qui sont déjà très faibles, l’essentiel de l’effort devrait aller à l’adaptation.</p><p>Le réseau CGIAR s’occupe de créer de meilleurs animaux et de meilleures plantes. Par exemple, le réseau développe activement une variété de maïs qui résiste à la sécheresse.</p><p>Bill Gates participe aussi à la Commission Globale sur l’Adaptation dont les recommandations sont les suivantes&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Aider les fermiers à gérer les risques d’un climat imprévisible&nbsp;: diversification des variétés cultivées et des animaux élevés, <strong>sécurité sociale</strong>, assurances climatiques.</li><li>Protéger les groupes vulnérables&nbsp;: <strong>promotion des droits de propriété des femmes</strong>, <strong>conseil ciblé pour les femmes</strong>.</li><li>Orienter les décisions des gouvernements&nbsp;: <strong>promotion de politiques de réduction des émissions</strong> tout en stimulant la croissance de la production de produits agricoles.</li></ul><p>Il existe une panoplie d’idées pour se préparer au mieux au réchauffement climatique. Dans l&rsquo;éventualité où nous devions atteindre un point de non-retour, par exemple si les cristaux de méthane au fond des océans étaient relâchés dans l’atmosphère, il faudrait envisager des <strong>approches radicales&nbsp;de géo-ingénierie</strong>.</p><p>Pour compenser les effets du réchauffement climatique actuel, il suffirait de réduire le niveau d’ensoleillement de 1%. Cela peut être réalisé&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>En diffusant des particules très fines en haute atmosphère.</li><li>En augmentant le réfléchissement des nuages.</li></ul><p>Ces remèdes sont peu couteux, efficaces et sans effets indésirables à long terme. Le seul problème est de les faire accepter par les populations. En effet, certains clament qu’il s’agit d’un traitement expérimental. Cependant, l’émission d’énormes quantités de gaz à effet de serre n’est-elle pas aussi une expérience à grande échelle sur la planète ?</p><h3 class="wp-block-heading">Les politiques gouvernementales sont importantes</h3><p>Les chefs d’État à travers monde doivent formuler une vision pour réduire les émissions à zéro. Ils peuvent par exemple spécifier le maximum d’émission des voitures, des centrales et des usines. Ils peuvent aussi favoriser les innovations sur les marchés financiers pour mettre un prix sur les risques climatiques. D’autre part, ils ont une grande influence sur la recherche scientifique aujourd’hui et contrôle le délai pour délivrer les autorisations de mise sur le marché des nouvelles solutions.</p><p>Les autres échelons du gouvernement peuvent aussi intervenir à différents niveaux&nbsp;: sur leurs achats d’équipement, sur la régulation des marchés de l’électricité, sur les codes de la construction ou sur les projets d’infrastructure.</p><p>Les gouvernements sont donc très importants. <strong>Si Microsoft avait eu l’idée de créer une relation avec les officiels du gouvernement dans les années 90, cela lui aurait sans doute évité une loi anti-trust</strong>.</p><p>Il ne serait que justice que les énergies fossiles soient surtaxées pour tenir compte des dommages qu’elles créent sur l’environnement. De plus, cela stimulera la compétitivité des énergies vertes.</p><p>L’approche qui a le plus de chance de réussir combine des politiques de réduction des émissions, le développement de nouvelles technologies et des incitations pour développer des marchés autant du côté de l’offre que de la demande.</p><h3 class="wp-block-heading">Un plan pour arriver à zéro</h3><p>La science nous dit que nous devons arriver à zéro émission d’ici 2050. Pour y parvenir, nous devrions nous efforcer de <strong>ne plus construire de centrales au charbon ou même au gaz car celles-ci seraient encore fonctionnelles en 2050</strong>.</p><p>Nous ne devons pas faire preuve du même manque de préparation que lors de la pandémie. <strong>La science climatique nous dit pourquoi nous devons traiter le problème</strong>. &nbsp;Elle ne nous dit pas comment. La bonne approche est à la fois d&rsquo;encourager la production d’innovations et la demande pour ces innovations.</p><p>Les technologies requises pour le futur&nbsp;sont&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Production d’hydrogène sans émission de carbone</li><li>Stockage d’électricité à l’échelle du réseau électrique pour au moins une saison</li><li>Électro-carburants</li><li>Biocarburants de seconde génération</li><li>Ciment zéro-carbone</li><li>Acier zéro-carbone</li><li>Viande et lait de synthèse</li><li>Engrais zéro-carbone</li><li>Fission nucléaire de seconde génération</li><li>Fusion nucléaire</li><li>Capture du carbone</li><li>Transmission électrique souterraine</li><li>Plastiques zéro-carbone</li><li>Géothermie</li><li>Hydro-pompe</li><li>Stockage thermique</li><li>Variétés de céréales résistantes à la sécheresse et aux inondations</li><li>Alternatives à l’huile de palme zéro-carbone</li><li>Liquide de refroidissement sans gaz à effet de serre</li></ul><p>La recherche ne doit pas être cloisonnée. Nous pouvons faire de la recherche fondamentale tout en ayant une application en vue. De même, le public doit impliquer très tôt le privé, plutôt que de faire un passage de témoin. Ainsi, les entreprises auront la possibilité de développer des prototypes, réfléchir à un produit commercial et participer au financement.</p><p>Une taxe carbone pourrait servir à de multiples usages, mais celui qui fait le plus de sens est le financement de la recherche et développement. <strong>La taxe carbone permettrait aussi de faire payer par le public le prix de leurs émissions</strong>.</p><p>En plus des nouvelles technologies vertes, les gouvernements devraient mettre en œuvre des mesures pour retirer de la circulation des technologies fossiles peu efficientes. Toute une panoplie d’actions peut être entreprise au niveau du gouvernement fédéral, des provinces ou États, et des villes.</p><p>Au niveau international, le but des accords internationaux est de créer un effet d’entraînement et un moyen de pression sur les gouvernements. <strong>Aucun pays ne voudra apparaître comme le mouton noir ou le passager clandestin en refusant des objectifs de réduction d’émission</strong>. Pour ceux qui refuseraient de «&nbsp;faire leur part&nbsp;», les autres pays pourraient mettre en place des droits de douanes pour pénaliser les énergies fossiles importées. Une alternative serait de «&nbsp;punir&nbsp;» les récalcitrants en refusant de faire affaire avec eux.</p><h3 class="wp-block-heading">Ce que chacun d’entre nous peut faire</h3><p>Les politiciens ont beaucoup de sujets qui occupent leur attention. Ils décident de leurs priorités en fonction de ce que leur disent leurs électeurs. Pour cette raison, l’activisme peut faire une différence. Faîtes des appels, envoyez des lettres, participez aux assemblées publiques, présentez-vous aux élections.</p><p>En tant que consommateur, vous pouvez aussi voter grâce à votre portefeuille. Vous pouvez opter auprès de votre compagnie d’électricité pour recevoir uniquement de l’électricité renouvelable (plus chère). A la maison, vous pouvez remplacer les lampes incandescentes par des lampes à DEL, installer des thermostats intelligents, isoler vos fenêtres, et utiliser une pompe à chaleur.</p><p>Si vous achetez une nouvelle maison, vous pouvez exiger de l’acier recyclé et utiliser des matériaux isolants comme le béton isolant, une barrière thermique pour le toit et des fondations isolantes. Vous pouvez aussi acheter un véhicule électrique.</p><p>Le secteur privé peut agir lui aussi. Les compagnies peuvent s’imposer une taxe carbone selon leur unité de production. Elles peuvent prioriser les solutions à faibles émissions notamment pour ce qui est de leur budget de R&amp;D. Les entreprises peuvent aussi montrer l’exemple en adoptant rapidement les nouvelles technologies vertes. Enfin, elles devraient se rapprocher du gouvernement pour participer à des initiatives conjointes.</p><h3 class="wp-block-heading">Épilogue</h3><p>La pandémie du Covid19 doit servir de leçon pour les prochaines étapes du changement climatique. Comme pour la lutte contre le virus, <strong>il doit y avoir un effort concerté des gouvernements, des chercheurs, et des entreprises pour réussir à avancer</strong>.</p><p>En refusant la distanciation sociale et les masques, nous n’avons fait que prolonger l’agonie. Nous devrions simplement laisser la science guider nos actions. Ceci est aussi valable pour le changement climatique.</p><p>A l’issue de la crise économique de 2008, la lutte contre le changement climatique a perdu en popularité. Nous ne devons pas faire la même erreur pour les prochaines années.</p><iframe
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1685</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre sur l&#8217;essor et le déclin de l&#8217;Occident par Jacques Barzun</title><link>https://economierebelle.com/livre-sur-lessor-et-le-declin-de-loccident-par-jacques-barzun/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-sur-lessor-et-le-declin-de-loccident-par-jacques-barzun</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-sur-lessor-et-le-declin-de-loccident-par-jacques-barzun/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Mon, 22 Nov 2021 00:15:54 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1585</guid><description><![CDATA[<p>Introduction L&#8217;ouvrage «&#160;From Dawn to Decadence&#160;» de Jacques Barzun est une rétrospective érudite de l&#8217;histoire occidentale entre 1500 et 2000. L&#8217;auteur décrit l&#8217;évolution de la pensée, de la culture et des idées dominantes en Occident au cours des cinq derniers siècles. Ses commentaires éclairent l&#8217;origine de certaines de nos institutions et de nos croyances actuelles.&#8230; <a
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class="screen-reader-text">&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre sur l&#8217;essor et le déclin de l&#8217;Occident par Jacques Barzun</span></a></p><p>The post <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading" id="introduction">Introduction</h2><p>L&rsquo;ouvrage «&nbsp;From Dawn to Decadence&nbsp;» de Jacques Barzun est une rétrospective érudite de l&rsquo;histoire occidentale entre 1500 et 2000.</p><p>L&rsquo;auteur décrit l&rsquo;évolution de la pensée, de la culture et des idées dominantes en Occident au cours des cinq derniers siècles. Ses commentaires éclairent l&rsquo;origine de certaines de nos institutions et de nos croyances actuelles.</p><h2 class="wp-block-heading" id="points-cles-a-retenir">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading" id="preambule">Préambule</h3><p>L&rsquo;Occident a toujours été tiraillé entre l&rsquo;émancipation (libertés individuelles et droits de propriété) et le primitivisme (le noble sauvage, les hippies). Il y a quatre ères distinctes dans la période s’étendant du 15<sup>ème</sup> siècle au 20<sup>ème</sup> siècle :</p><ul
class="wp-block-list"><li>1500-1660, de Luther à Newton : dominé par ce qu&rsquo;il faut croire en religion</li><li>1660-1789, de Louis XIV à la guillotine : dominée par le statut de l&rsquo;individu et la forme de gouvernement</li><li>1789-1920, de Goethe à l&rsquo;<em>Armory Show</em> de New York : par quels moyens parvenir à l&rsquo;égalité économique et sociale</li><li>1920-présent</li></ul><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>L&rsquo;humanité ne ferait rien sans les initiatives des inventeurs, grands ou petits, et l&rsquo;imitation par le reste d&rsquo;entre nous. Les individus montrent la voie et établissent les modèles. L’histoire du monde n’est que l’histoire de la rivalité de ces modèles</p><cite>William James, 1908</cite></blockquote></figure><h3 class="wp-block-heading" id="l-occident-dechire">L&rsquo;Occident déchiré</h3><p>Tout a commencé avec <strong>une révolution, autrement dit, un transfert violent de richesse et de pouvoir au nom d&rsquo;une idée</strong>. Il y en eu quatre au total sur la période allant du 15<sup>ème</sup> siècle au 20<sup>ème</sup> siècle.</p><p>Leurs premiers effets et leurs conséquences imprévues se sont déroulés sur plusieurs décennies :</p><ul
class="wp-block-list"><li>Révolution religieuse</li><li>Révolution monarchique</li><li>La Révolution française libérale et individualiste</li><li>La révolution sociale et collectiviste russe</li></ul><p>La révolution luthérienne a commencé avec un article académique de Luther. Sa diffusion massive a été rendue possible par l&rsquo;imprimerie, et renforcée par le travail artistique de Dürer. Dans son article, Luther a remis en question l&rsquo;efficacité des « indulgences » payées. Les indulgences étaient des montant versés à l’église afin d’obtenir le pardon pour des transgressions.</p><p>Luther valorisait également l&rsquo;église primitive avec ses représentants choisis (telle que dans l&rsquo;évangile). Luther était loin d&rsquo;être une âme sans tache. Mais il a été guidé par ce principe : « Je crois au pardon des péchés ». C&rsquo;était le don de la grâce de Dieu. Sans elle, le pécheur ne pourrait pas avoir la foi et marcher sur le chemin du salut. C&rsquo;était l&rsquo;essence de l&rsquo;idée protestante.</p><p>Pour l&rsquo;observateur distant, une révolution peut ressembler à un torrent, alors que pour ceux qui s&rsquo;y trouvent, c&rsquo;est un tourbillon. Les motifs d&rsquo;une révolution sont le mélange habituel : espoir, ambition, cupidité, peur, luxure, envie, haine de l&rsquo;ordre et de l&rsquo;art, ferveur fanatique, dévouement héroïque et amour de la destruction. Les mœurs sont bafouées et les coutumes brisées. Le langage grossier et l&rsquo;insulte directe deviennent normaux. Les bâtiments sont dégradés, les images détruites et les magasins pillés. Des débats acrimonieux se multiplient sur des choses pourtant réglées depuis longtemps.</p><p>De quoi les gens voulaient-ils se débarrasser ? Le prêtre qui, au lieu d&rsquo;être un maître, était un ignorant ; le moine qui, au lieu d&rsquo;être pieux, était un profiteur ; l&rsquo;évêque, qui au lieu de s&rsquo;occuper des âmes de son diocèse, était un homme politique et un homme d&rsquo;affaires.</p><p>Le système était pourri. <strong>Il était décadent au sens technique du terme : les gens acceptaient la futilité et l&rsquo;absurde comme normaux.</strong></p><p>Luther préférait les repentants aux pharisiens. Cet antagonisme entre la foi et la conduite morale s&rsquo;est manifesté à maintes reprises dans la culture occidentale.</p><p>Après de nombreuses années de lutte en Allemagne, la nouvelle foi a été reconnue. Chaque prince pourrait choisir d&rsquo;être catholique ou protestant et son choix serait imposé à son peuple. Les gens qui ne souhaitaient pas changer de foi pouvaient partir librement. L&rsquo;individualisme était implicite.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-nouvelle-vie">La nouvelle vie</h3><p>Jusqu&rsquo;à Luther, les Bibles étaient très rares. Il a fait de la Bible le livre de tous les protestants. Lorsque beaucoup plus tard, le monde occidental s’est sécularisé, la lecture de la Bible a disparu chez la majorité et avec elle le fond d&rsquo;idées et d&rsquo;allusions communes à tous.</p><p><strong>Dans une révolution, l&rsquo;ambition est le critère qui sélectionne les dirigeants.</strong> Il n&rsquo;y a pas de légitimité dans la révolution. Le pouvoir appartient à qui peut s&rsquo;en emparer ; et le nouveau venu est le plus susceptible de gagner s’il est le plus « pur », strict et systématique. Calvin était un tel homme. Il a écrit l&rsquo;équivalent d&rsquo;un guide de référence qui a solidifié plusieurs croyances évangéliques à partir des écritures. A cette époque en effet, tout le monde avait accès à la Bible et de nombreuses innovations étaient régulièrement introduites.</p><p>Le thème applicable à la révolution n&rsquo;est pas la liberté mais l&rsquo;émancipation. <strong>Les révolutions commencent paradoxalement par promettre la liberté puis deviennent coercitives et « puritaines ».</strong> Créer une vie plus pure exige que les gens oublient d&rsquo;autres objectifs ; par conséquent, la conduite publique et privée doit être réglementée. Le calviniste était un protestant craignant Dieu, une âme anxieuse.</p><p>La situation culturelle est délicate après une révolution. Il s’agit de savoir comment réintégrer la communauté, comment vivre avec ceux contre lesquels vous vous êtes battus. Après trois décennies de violence, les protestants ont été invités par le Conseil de l&rsquo;Église. Les invitations ont été déclinées. L&rsquo;Église catholique intensifiait sa Contre-Réforme à Trente pour « déraciner les hérésies, réformer la discipline ecclésiastique et la morale ».</p><p>À peu près au même moment où Calvin entraînait ses disciples à la Discipline pour faire de nouveaux convertis protestants, Ignacio de Loyola fonda la Compagnie de Jésus pour reconquérir les pays perdus au protestantisme.</p><p>Jusqu’à ce point, l&rsquo;Église catholique avait su faire évoluer les enseignements qui ne faisaient pas partie de la doctrine centrale de la foi. Cela était possible dans la mesure où le clergé était le seul groupe à être alphabétisé et qu&rsquo;il entretenait des débats publics et actifs en son sein. Désormais, en réaction au protestantisme, aucune évolution n’était plus possible. De manière détournée, on pourrait soutenir que Galilée a été condamné à cause des révolutionnaires porteurs de Bible.</p><p>La casuistique jésuite devint synonyme de sournoiserie. En essayant de rendre à nouveau l&rsquo;ancienne foi attrayante, certains écrivains ont trouvé des moyens ingénieux pour se dispenser de devoirs simples mais pénibles. L&rsquo;ordre des jésuites fournissait des confesseurs. Certains ont trouvé un rôle permanent dans les grandes maisons. Avec le temps, la pratique a conduit à de tels abus qu&rsquo;elle a été dénoncée sur des bases morales et intellectuelles.</p><p>Malgré cela, les jésuites sont restés inégalés dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;éducation. Leur succès était dû à la forme de formation des enseignants la plus efficace jamais réalisée. Ils ont conçu une préparation qui comprenait une formation complète et un filtrage sévère des inaptes à chaque phase d&rsquo;un long apprentissage.</p><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>L&rsquo;Université de Paris s&rsquo;est opposée aux jésuites non seulement parce qu&rsquo;ils étaient étrangers, mais parce qu&rsquo;ils rivalisaient avec les salariés de l&rsquo;Université en offrant un enseignement gratuit. Il n&rsquo;est pas difficile pour des hommes solidement unis, intelligents et courageux de faire de grandes choses dans le monde. Dix de ces hommes en affectent 100 000</p><cite>Burckhardt</cite></blockquote></figure><h3 class="wp-block-heading" id="les-belles-lettres">Les belles lettres</h3><p>En plus de l&rsquo;émancipation et du primitivisme incarnés dans la nouvelle religion, et de l&rsquo;individualisme qui était une justification possible à la prolifération des sectes, l&rsquo;humanisme renforçait la conscience et les revendications de l&rsquo;individu.</p><p>L&rsquo;humanisme décrit le style des anciens, les « belles lettres » c&rsquo;est-à-dire une littérature moins abstraite que la théologie médiévale, exprimée dans une grammaire plus élégante et un vocabulaire plus concis. <strong>Pour les premiers humanistes, les anciens classiques représentaient une civilisation qui traitait les affaires du monde d&rsquo;une manière centrée sur l&rsquo;homme.</strong> C&rsquo;est dans cette perspective qu&rsquo;émerge le terme Laïcité.</p><p>Cicéron est devenu le héros des humanistes : un écrivain d&rsquo;une superbe prose, un orateur et homme d&rsquo;État, un philosophe moral et le dernier défenseur de la Rome républicaine. Ses idées, ses discours et ses slogans ont rempli l&rsquo;esprit des hommes occidentaux instruits pendant 500 ans. Jusqu&rsquo;au 20 s., on s&rsquo;attendait à ce que les plus instruits maîtrisent à la fois le latin et le grec ancien.</p><p>Le fil conducteur des humanistes est un corpus d&rsquo;auteurs reconnus et une méthode d&rsquo;étude. Les deux vont de pair avec la conviction que les meilleurs guides pour une bonne vie sont la Raison et la Nature. Quant à la méthode, elle est toujours utilisée à ce jour : citations et date exactes, consultation des travaux antérieurs, citation des sources, référencement de la bibliographie et ajout de notes de bas de page.</p><p>Pétrarque a dit «&nbsp;Je ne ressemble à personne de ma connaissance&nbsp;» et «&nbsp;Chacun devrait écrire dans son propre style&nbsp;». Le thème sous-jacent ici, LA CONSCIENCE DE SOI, bien que lié à l&rsquo;INDIVIDUALISME, en diffère en n&rsquo;étant pas une condition sociale ou politique mais un état mental.</p><p>Les premiers humanistes étaient de fervents chrétiens. Leurs héros romains ou grecs leur paraissaient presque chrétiens. Érasme a fait référence à « Saint Socrate » par exemple. Au 17ème siècle, ils se déclarent stoïciens sans renoncer à leur prétention à être chrétiens.</p><p><strong>L&rsquo;effort sans fin pour changer la société pour le mieux vient de la tradition gréco-romaine.</strong></p><p>Les humanistes oscillaient entre le platonisme, c&rsquo;est-à-dire la quête de la forme pure, la pensée pure, l&rsquo;amour pur – une sorte de primitivisme, et la philosophie aristotélicienne – une sorte de matérialisme.</p><p>L&rsquo;imprimerie a apporté une plus grande exactitude à l&rsquo;échange d&rsquo;idées savant. Le prix à payer pour cette commodité : une mémoire individuelle et collective affaiblie et des spécialités qui se multiplient.</p><h3 class="wp-block-heading" id="l-artiste-est-ne">L&rsquo;artiste est « né »</h3><p>En plus des belles lettres, une pléthore de traités sur l&rsquo;architecture, la sculpture et les peintures ont été publiés principalement par des artistes italiens. Quelles conditions amènent les grandes périodes artistiques ? <strong>La première condition requise est un groupe d&rsquo;individus passionnés.</strong> Un événement ou la découverte d&rsquo;une nouvelle technique attire un groupe de personnes de talent. <strong>L&rsquo;intérêt obsessionnel, l&rsquo;opposition et la rivalité entre les artistes élèvent ensuite la performance au-delà de la norme.</strong> Dans les meilleures périodes, la pratique précède la théorie.</p><p>Les traités de la Renaissance, déclarent que le devoir de l&rsquo;artiste est d&rsquo;imiter la nature. Le style est « réaliste ». En plus de plaire à l&rsquo;œil, l&rsquo;art graphique doit traiter d&rsquo;un sujet clair, principalement chrétien ou classique.</p><p>La peinture à l&rsquo;huile a apporté deux changements. Premièrement, il est devenu possible de corriger les erreurs. Ensuite, il a rendu la peinture portable.</p><p>Le statut d&rsquo;Artiste s&rsquo;est amélioré par rapport à son ancêtre l&rsquo;artisan. Il n&rsquo;était plus anonyme. Il signait maintenant son œuvre. Il choisissait également son bienfaiteur aussi souvent que son bienfaiteur le choisissait. Le paiement effectif étant parfois délicat, il n&rsquo;était pas rare qu&rsquo;un artiste travaille pour deux mécènes en même temps.</p><p>Contrairement à la tradition médiévale qui consistait à reproduire l&rsquo;œuvre du maître, l&rsquo;artiste suivait son penchant, créait son propre style comme le préconisait Pétrarque.</p><p>Alors que les nobles et leurs protégés artistes jouissaient d’une relative liberté dans leurs activités quotidiennes, ils étaient impliqués dans la politique ou dans des intrigues amoureuses et des vendettas. Ils devaient gérer leur succession et penser à long terme avec qui s&rsquo;associer dans les affaires et dans le mariage. Ils n&rsquo;étaient pas des oisifs. Pourtant, leur mode de vie ne pourrait être possible sans une certaine dose de dilettantisme. Le loisir était un état d&rsquo;esprit, favorisé par la société de l’époque.</p><h3 class="wp-block-heading" id="les-eutopiens">Les «&nbsp;Eutopiens&nbsp;»</h3><p><strong>L&rsquo;Occident a été le pionnier d&rsquo;un genre appelé utopies, où l&rsquo;auteur imagine un monde meilleur et en particulier des États parfaits</strong>. Le thème de l&rsquo;ÉMANCIPATION des épreuves de son temps est le motif principal de l&rsquo;auteur. Les utopies empruntent aussi aux récits de voyages des explorateurs qui foisonnent après la découverte de Colomb au 16ème siècle. La connaissance des coutumes étrangères crée la CONSCIENCE DE SOI. Nos propres coutumes ne semblent plus inévitables.</p><p>Avec le changement des attentes, vint l&rsquo;opposition des anciens et des modernes qui dura jusqu&rsquo;à l&rsquo;époque de Voltaire. Au lieu d&rsquo;imiter les figures classiques, la contre-Renaissance valorise ce qui est nouveau et naturel. Certes, en science, il était devenu clair au 17ème siècle que les modernes étaient davantage dans le vrai.</p><p>L&rsquo;héritage des «&nbsp;Eutopiens&nbsp;» est de cinq ordres : (1) l&rsquo;égalité sociale est plus humaine que la hiérarchie, (2) tout le monde doit travailler et gagner sa vie, (3) les règles doivent être choisies par le peuple, (4) le mariage et le divorce ont besoin d&rsquo;accommodements et (5) l&rsquo;ordre existant n&rsquo;est pas fixé pour toujours.</p><h3 class="wp-block-heading" id="epique-et-comique-lyrique-et-musique-critique-et-public">Épique et comique, Lyrique et musique, critique et public</h3><p>Notre demi-millénaire de marche vers l&rsquo;égalité a évolué parallèlement à la séquence des genres littéraires : épopée, tragédie, la parole lyrique parlant pour soi, le roman et la pièce de théâtre critiquant la vie. C&rsquo;est-à-dire, <strong>nous sommes passé du héros de tout un peuple, au grand héros de la tragédie, au héros commun et à l&rsquo;anti-héros</strong>.</p><h3 class="wp-block-heading" id="universite-invisible">Université invisible</h3><p>Les anciens systèmes astronomiques ont tenu sur la durée parce qu&rsquo;ils étaient bons. Ils n&rsquo;avaient que quelques défauts. Par exemple, ils ne pouvaient pas expliquer pourquoi Mars semblait parfois faire marche arrière (épicycle). Ils ne pouvaient pas non plus expliquer ce qui propulsait une flèche et pourquoi elle s&rsquo;arrêtait finalement.</p><p>La première amélioration ou simplification des anciens systèmes est venue de Copernic. En plaçant le soleil au centre du système au lieu de la Terre, il a pu réduire le nombre d&rsquo;épicycles de 84 à 30. Mais Copernic n&rsquo;a pas abandonné les cercles et les sphères parfaits et a laissé son modèle planétaire incomplet.</p><p>Le fait d’utiliser de nouveaux mots tels que masse au lieu de poids, énergie au lieu de force, gravitation au lieu de l&rsquo;idée implicite dans le mot « lourd », permettait de garder à l&rsquo;esprit l&rsquo;idée géométrique ou l&rsquo;abstraction au lieu de l’objet concret. Cela a également contribué à éliminer la fausse notion de la physique d&rsquo;Aristote selon laquelle les choses se produisent dans un but final.</p><p>Descartes a perfectionné <strong>l&rsquo;analyse, c’est-à-dire la méthode pour décomposer les problèmes en parties plus simples, les résoudre et réassembler le tout</strong>. C&rsquo;est la méthode idéale pour la science, car elle suppose que la chose analysée est composée de pièces, comme une horloge.</p><p>Bacon a fait peu pour la science mais beaucoup pour faire avancer la cause de la science dans la population en général. Il a défié l&rsquo;autorité des anciens et a insisté sur une observation attentive, des enregistrements méticuleux et la vérification d&rsquo;hypothèses exemptes de notions préconçues. <strong>Sans Bacon, la science serait restée l&rsquo;activité dangereuse qu&rsquo;elle était à l&rsquo;époque de Galilée, principalement à cause des opinions mal informées des masses.</strong></p><p>Jusqu&rsquo;à la fin du 19ème siècle, les inventions pratiques ont précédé la science. Les inventeurs ont construit des appareils sans comprendre pourquoi ils fonctionnaient. Quelque chose de semblable se produit aussi dans la littérature et les beaux-arts.</p><p>Les sciences se sont fortement appuyées sur l&rsquo;expérimentation et cela nécessitait des instruments. Pour observer le ciel, il fallait un meilleur télescope au 17<sup>ème</sup> siècle, ce qui demandait à son tour la maîtrise du soufflage du verre et de la métallurgie. Les marins ont amélioré la cartographie par l&rsquo;utilisation de la géométrie, qui a popularisé la discipline. On dit que Newton a écrit ses <em>Principia</em> en langage mathématique à cause de la vogue de l’époque.</p><p>La construction des bâtiments et des canaux a également bénéficié de l&rsquo;application des calculs, ce qui a conduit en retour à des progrès en mécanique et en hydrostatique. Tout cela contribua lentement à convaincre le public de l&rsquo;utilité de la science en dépit des expériences inutiles de l&rsquo;astrologie et de l&rsquo;alchimie.</p><p>Le commerce, et en particulier la comptabilité en partie double inventée au 16<sup>ème</sup> siècle à Venise, favorise le développement de l&rsquo;algèbre. La comptabilité en partie double insistait sur l&rsquo;exactitude au centime près, ce qui n&rsquo;est pas un trait aristocratique. La méthode reposait également sur des équations et des abstractions. Il semble que le signe moins provienne des expéditions qui variaient un peu en poids. Lorsque cela se produisait, la différence était marquée d&rsquo;un signe plus ou moins afin de faire une transaction équitable.</p><p>Enfin, un changement d&rsquo;attitude propulsa la science. L&rsquo;alchimiste travaillait en secret pour une bonne raison. Mais le scientifique s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;une grande vérité se découvre petit à petit. Tout le monde profite de l&rsquo;échange d&rsquo;idées et de la correction des erreurs.</p><p>Par exemple, le mathématicien Mersenne jouait le rôle d&rsquo;une sorte de bureau de poste où les chercheurs envoyaient leurs derniers calculs. En 1645, à Oxford, une université d’un nouveau genre fut créée et regroupa médecins, physiciens et mathématiciens. Celle-ci devint plus tard la Royal Society of London. Le journal de l&rsquo;académie enregistrait les conférences et les discussions au sein du groupe et mettait à l’honneur des articles choisis. Cette institution est l&rsquo;ancêtre de l&rsquo;association professionnelle.</p><p>Pascal est celui qui a montré que tout ne pouvait pas être soumis à l&rsquo;esprit géométrique et à la méthode de Descartes car tous les composants ne pouvaient pas être identifiés. D&rsquo;autres vérités, sur l&rsquo;amour, l&rsquo;ambition ou le bon gouvernement sont accessibles par « l&rsquo;esprit de finesse », ou l&rsquo;esprit intuitif.</p><h3 class="wp-block-heading" id="les-revolutions-des-monarques">Les révolutions des monarques</h3><p>La guerre des sectes appelle une autre révolution, celle des monarques, dont le but est de ramener la paix et la stabilité.</p><p>Avant le monarque, le roi n&rsquo;était que le premier parmi ses égaux. Les duchés étaient constamment en guerre et se disputaient des territoires. La transition du roi au monarque et du royaume à l&rsquo;État-nation a été lente. Il lui a fallu environ 200 ans pour se développer. L&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Italie, en particulier, étaient en retard à la fête.</p><p>Le facteur de différenciation décisif est lorsque <strong>le monarque détient le monopole de la guerre et de la fiscalité</strong>. Cela signifie à son tour que le monarque a l&rsquo;argent pour payer une armée permanente. L&rsquo;argent permet aussi de payer une autre armée de fonctionnaires pour faire respecter la fiscalité, la justice et le monnayage. Pour ces raisons, les monarques devaient être financièrement indépendants et prudents avec l&rsquo;argent.</p><p>La monarchie implique la centralisation. Richelieu a mis en place un tel système en France. Un réseau d&rsquo;espions et d&rsquo;hommes de paille était maintenu pour contrôler les complots des nobles et des clercs. Les huguenots étaient assignés à certaines villes seulement. Les nobles ont été tenus en échec, notamment par des exécutions pour avoir enfreint la loi.</p><p>La monarchie trouva des alliés dans les artisans et les marchands qui en voulaient aux seigneurs de la guerre qui les humiliaient et perturbaient leur commerce. Ils fournissaient également la majeure partie des administrateurs compétents du royaume. En effet, les aristocrates ne s&rsquo;intéressaient pas à la paperasse. En conséquence, les plus lettrés de la bourgeoisie ont commencé à exercer le pouvoir au nom du monarque.</p><p><strong>La fusion de l&rsquo;aristocratie et de la bourgeoisie s&rsquo;est également produite au niveau culturel : les idéaux chevaleresques et la rigueur marchande se sont mélangés pour créer les mœurs civilisées des 300 années suivantes.</strong></p><p>Le monarque ne pouvait pas être un dirigeant séculier. Il avait besoin de l&rsquo;Église, qu&rsquo;elle soit catholique ou protestante. L&rsquo;Église servait son peuple et soutenait fermement son gouvernement légitime. À une époque sans presse et peu alphabétisée, le sermon était aussi un bulletin d&rsquo;information et un instrument de propagande du pouvoir. Elle fournissait en outre des services sociaux à la communauté.</p><p>Le livre <em>Le Prince</em> de Machiavel est essentiellement un portrait du monarque. Dans une Italie déchirée par la violence, l&rsquo;objectif du <em>Prince</em> était de rendre les conditions de vie tolérables. Il illustre la raison de l&rsquo;État, qui fait des choses injustes pour promouvoir l&rsquo;intérêt de l&rsquo;État.</p><h3 class="wp-block-heading" id="puritains-et-democrates">Puritains et démocrates</h3><p>Au 17<sup>ème</sup> siècle, l&rsquo;autorité du monarque est contestée par le Parlement, qui est presbytérien et par l&rsquo;armée de Cromwell, qui est puritaine. Le conflit a dégénéré en une guerre civile meurtrière.</p><p>Certains historiens pensent que la clé des conflits de l’époque réside dans l&rsquo;affrontement entre une aristocratie foncière et une classe marchande émergente qui a bénéficié du commerce international.</p><p>Pourtant, un autre point de vue verrait les puritains, les presbytériens et les indépendants comme des réformateurs politiques qui différaient seulement par leur degré de radicalisme. <strong>Ces sectes chrétiennes et d&rsquo;autres mues par l&rsquo;égalitarisme visaient quelque chose qui ressemblait à la démocratie.</strong></p><p>Si une meilleure religion pouvait être obtenue en se débarrassant de la hiérarchie dans l’Église et en élisant le ministre dans leur congrégation comme ils l’avaient fait, pourquoi ne devrait-elle pas s&rsquo;appliquer à la société en général ? Pourquoi auraient-ils besoin de supérieurs politiques et sociaux ?</p><p>Les Puritains croyaient que chaque être humain a le droit naturel de vivre sans être inquiété et que le gouvernement est nécessaire pour garantir ce droit. Si une loi civile va à l&rsquo;encontre d&rsquo;un droit naturel, la loi ne doit pas être suivie et il y a de bonnes raisons de renverser le gouvernement.</p><p>Le livre <em>Léviathan</em> de Hobbes décrit la nature de l&rsquo;homme comme celle d&rsquo;un agresseur et conclut qu&rsquo;un gouvernement doit être fort pour empêcher le chaos. L&rsquo;autre livre qui rivalise avec l’avant-gardisme de <em>Leviathan</em> est <em>Commonwealth of Oceana</em> de James Harrington. La république décrite dans cet ouvrage implique une constitution écrite, une législature avec deux chambres, une rotation des fonctions et un vote à bulletin secret de tous les citoyens. L&rsquo;auteur insiste sur le fait que lorsque le pouvoir politique et le pouvoir économique sont en opposition, la révolution s&rsquo;ensuivra.</p><p>Les Puritains incarnaient une ferveur religieuse à la fois viscérale et intellectuelle. Chacun d&rsquo;eux surveillait attentivement son comportement et celui des autres. Chaque déviation pouvait se propager comme une maladie dans la communauté et devait être combattue. La persécution, une sorte de guerre civile religieuse, était devenue un devoir.</p><p>Cromwell, un Puritain, bien qu&rsquo;animé de la même ferveur religieuse, a également compris qu&rsquo;il vaut mieux ne pas être trop certain de ses croyances. En tant qu&rsquo;homme d&rsquo;État, il a également incarné la tolérance. Si un homme a bien servi l&rsquo;État, alors on ne devrait pas le juger durement pour ce qui concerne sa religion. De plus, la répression ne pouvait qu&rsquo;attiser la dissidence et non la réduire. Cromwell a également rendu l&rsquo;Angleterre plus prospère grâce aux «&nbsp;Actes de Navigation&nbsp;» qui ont accru le commerce international et marqué la naissance de l&rsquo;Empire britannique.</p><p>On se souvient de Cromwell comme du monarque modèle, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;un chef d&rsquo;État qui est un bon administrateur et qui obéit aux lois.</p><p>En Nouvelle-Angleterre, les Puritains ont laissé un héritage ambivalent : la tolérance de la conscience individuelle dans la mesure où elle est liée au droit de participer au gouvernement et d&rsquo;exiger la justice sociale, et l&rsquo;acceptation du plaisir de vivre, des arts et de la promiscuité. Les Puritains ont également fait preuve d&rsquo;un sens élevé du devoir.</p><h3 class="wp-block-heading" id="le-regne-de-l-etiquette">Le règne de l&rsquo;étiquette</h3><p>Le jeune roi Louis XIV a eu une enfance mouvementée qui l&rsquo;a poussé à rechercher la stabilité. Il y parvint de deux manières, d&rsquo;abord en étant un administrateur diligent siégeant chaque jour en conseil avec ses secrétaires, puis en développant une cour et une étiquette pour contrôler les nobles.</p><p>Louis XIV a grandi pendant une guerre civile anarchique qui impliquait les nobles rancuniers, une assemblée d&rsquo;avocats voulant imiter le Parlement de Londres et la foule parisienne à la recherche d&rsquo;un minimum de démocratie.</p><p>La cour coûtait chère à entretenir, mais moins que les espions de Richelieu et les guerres continuelles. Les nobles étaient occupés à se disputer des faveurs et à participer à des divertissements réguliers. Le roi remarquait les absents et cela suffisait à alarmer leurs proches à la cour. La cour était en sous l’emprise d’un roi qui inspirait admiration et terreur.</p><p>L&rsquo;ère des petits tyrans fut révolue avec la centralisation accrue de Colbert, un bourgeois à la tête du ministère des Finances. Il créa une armée de fonctionnaires enregistrant et justifiant toute dépense et tout revenu et faisant respecter les réglementations sur les importations et les exportations.</p><p>L&rsquo;aristocratie, la bourgeoisie et le peuple étaient partagés sur les avantages et les inconvénients de la monarchie. Les marchands se plaignaient des tarifs élevés, et les nobles de leur perte de liberté et même de la trahison de leur race. Les roturiers avaient la nostalgie de leurs assemblées et des États généraux. Les intellectuels comme Montesquieu craignaient que la monarchie ne se termine par la tyrannie.</p><p>Un autre groupe, les jansénistes qui incluaient des éléments du protestantisme tels que la prédestination et l&rsquo;absence de libre arbitre, restaient fidèles à la foi catholique. Ils s&rsquo;opposaient à la laïcité accrue et à l&rsquo;influence des jésuites un peu trop flexibles.</p><p>Après avoir épousé en secret Mme de Maintenon, une fervente catholique, la cour accorda plus d&rsquo;importance à la religion ne serait-ce que par hypocrisie. Un autre effet fut la persécution des huguenots, les meilleurs artisans de France, qui furent massacrés ou s&rsquo;enfuirent en Angleterre, en Hollande et en Prusse.</p><h3 class="wp-block-heading" id="le-siecle-encyclopedique">Le siècle encyclopédique</h3><p>Pierre Bayle, réfugié en Hollande, a écrit une analyse critique de la Bible, où il a mis en évidence les contradictions et affiché son scepticisme. Mais c&rsquo;est Voltaire qui a popularisé ses idées dans les salons. Il peut y avoir un dieu mais quand il a créé le monde, il l&rsquo;a établi selon les lois de la science, par la suite n&rsquo;a jamais interféré avec. Alors à quoi bon les moines, les évêques, les bougies et autres rituels ?</p><p>Après un séjour de deux ans à Londres, Voltaire écrivit ses <em>Lettres Persanes</em> et mit à la mode les mœurs et les idées anglaises.</p><p>En particulier, il a présenté les travaux de Newton et les idées de Locke sur le gouvernement. Il était devenu évident que la liberté d&rsquo;expression et de débattre aidaient à faire ressortir la vérité. John Locke a promu la même idée que les Puritains selon laquelle le gouvernement pourrait être renversé si l&rsquo;autorité était mal utilisée, mais contrairement aux Puritains, l&rsquo;argument de Locke était basé sur la Raison et non sur la Religion ou la Nature.</p><p>La <em>Déclaration des droits</em> de Locke traite de la vie, de la liberté et de la propriété. Selon Locke, le pouvoir ne devrait pas résider dans un dirigeant absolu, que ce soit un monarque ou un groupe de personnes, qui se transforment en tyrans, mais dans le peuple à travers deux groupes de représentants. Certains d&rsquo;entre eux font les lois, tandis que d&rsquo;autres les exécutent.</p><p>Le système anglais comporte un Parlement (Commons and Lords), dont les Communes sont élues et responsables de la fiscalité et de l&rsquo;armée. En raison du danger toujours présent d&rsquo;un coup d&rsquo;État par l&rsquo;armée, une disposition astucieuse, le <em>Mutiny Act</em>, à renouveler chaque année, serait nécessaire pour donner force de loi aux disciplines ou aux cours martiales.</p><p>Diderot contribua peut-être plus que Voltaire à l&rsquo;avancement des idées « nouvelles » en publiant une Encyclopédie. Ce travail se heurta à la résistance des jésuites et des jansénistes et de l&rsquo;establishment pendant 25 ans. Malgré la censure, l&rsquo;ouvrage a trouvé un public et est devenu une référence sur de nombreux sujets, notamment les arts, l&rsquo;artisanat et les outils de l&rsquo;époque.</p><p>En ce qui concerne la science, le progrès le plus important a été la découverte de l&rsquo;électricité. D&rsquo;autres percées ou inventions comprennent&nbsp;: le développement de l&rsquo;hydrodynamique, qui a amélioré la construction de ponts et de navires, le thermomètre, la pompe, la machine à vapeur de Watt, la navette volante et la jenny tournante, et une horloge précise utilisée pour mesurer la longitude. Jenner a développé un vaccin de vache contre la variole. Lavoisier, le chimiste, isole les éléments et les classe.</p><p>Toutes ces avancées ont été rendues possibles par le développement des mathématiques, en particulier du calcul différentiel. Dans de nombreuses villes, des lieux ont été mis en place où les personnes instruites se mêlaient aux curieux afin de leur montrer les derniers développements de la science. Des prix pour les questions contestées ont été offerts.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-troupe-oubliee">La troupe oubliée</h3><p>La Révolution française aurait pu être une transition pacifique d&rsquo;une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle. Cependant, l<strong>es hommes qui ont mené la révolution manquaient de deux qualités nécessaires : l&rsquo;habileté politique et l&rsquo;habileté administrative. </strong>La première est la capacité de comprendre ce qui peut être fait et de pousser les autres à le vouloir. La seconde est l&rsquo;art d&#8217;empêcher une situation de sombrer dans le désordre.</p><p>Divers groupes organisés, clubs et sociétés étaient à l&rsquo;origine d&rsquo;actions militantes pour faire pression ou menacer l&rsquo;assemblée. Ces groupes connus sous le nom de « Sans Culottes » n&rsquo;étaient pas toujours unis mais ils agissaient de concert dans les moments critiques.</p><p>La Révolution a également mis en avant l&rsquo;idée des « Droits de l&rsquo;Homme ». Elle a étendu le suffrage à une grande partie de la population masculine. Elle créa aussi deux France, l&rsquo;une laïque et l&rsquo;autre résolument catholique.</p><p>La Révolution française a été la clé de la naissance du nationalisme et du libéralisme (droits individuels et gouvernement représentatif). Les ennemis étrangers et intérieurs ainsi que la faim ont conduit à un régime de terreur pour protéger la patrie.</p><p>Robespierre créa ainsi le premier État policier. Aux côtés de Robespierre, Carnot, un brillant administrateur, lève une formidable armée populaire de 750 000 hommes, les ravitaille et les organise suffisamment pour qu&rsquo;ils s&rsquo;imposent sur le champ de bataille. En réunissant dans un combat commun des peuples de différentes provinces, la Révolution a contribué à créer une nation et à exporter l&rsquo;idée du nationalisme dans toute l&rsquo;Europe.</p><h3 class="wp-block-heading" id="le-travail-de-l-esprit-et-du-coeur">Le travail de l&rsquo;esprit et du cœur</h3><p>Le romantisme n&rsquo;est pas tant un mouvement qu&rsquo;un Zeitgeist, l’esprit de l&rsquo;époque. C&rsquo;est un phénomène comme la Renaissance et le puritanisme. D&rsquo;une certaine manière, c&rsquo;est une réaction à la foi en la Raison au 18<sup>ème</sup> siècle, mais ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;anti-intellectualisme.</p><p>Cette ère s&rsquo;étend de la dernière décennie du 18<sup>ème</sup> siècle au milieu du 19<sup>ème</sup> siècle. Rousseau, Kant, Burke et Goethe ont été les pionniers lorsqu&rsquo;ils ont promu l&rsquo;idée que les humains sont animés par des passions. La raison n&rsquo;est pas un ennemi mais un moyen d&rsquo;accomplir ce que le cœur veut. Plus précisément, le schéma du romantisme est d&rsquo;abord le sentiment, puis l&rsquo;introspection pour lui donner forme et sens, enfin l&rsquo;aventure soutenue par la foi.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-mere-des-parlements">La mère des parlements</h3><p>La Révolution française a favorisé l&rsquo;individualisme en ce sens qu&rsquo;il était désormais entendu que <strong>l&rsquo;individu était libre d&rsquo;agir comme il l&rsquo;entendait tant qu&rsquo;il ne portait pas atteinte aux droits d&rsquo;autrui et à la nation dans son ensemble. </strong>Les intérêts intermédiaires des guildes et des groupes n&rsquo;étaient plus pris en compte.</p><p>Partout en Europe et dans le Nouveau Monde, les gens ont remis en question les anciennes façons de faire. Le modèle à suivre était celui de la Chambre des communes en Angleterre. Mais malheureusement, l&rsquo;évolution des arrangements politiques n&rsquo;a pas apporté l&rsquo;émancipation attendue.</p><p>En fait, le sort de l&rsquo;individu était objectivement pire dans un monde dominé par les industriels, où il était isolé et où les machines dégradaient les conditions de travail. C&rsquo;était une époque de « pauvreté au milieu de l&rsquo;abondance ». Incidemment, le développement de l&rsquo;industrie a rendu les réglementations, les contrôles, les inspections et les statistiques incontournables ne serait-ce que pour sauver des vies.</p><p>Le socialisme était une réaction aux nouvelles conditions qui prévalaient pour les multitudes. Elle a fini par prendre l&rsquo;une des deux formes, la dictature d&rsquo;un parti unique ou l&rsquo;État-providence sous le contrôle d&rsquo;un parlement démocratique.</p><p>Aucun parlement n&rsquo;a été aussi apte à remplir ses fonctions que le parlement anglais. Leurs imitations ultérieures en Europe et ailleurs étaient soit dysfonctionnels, soit de pures façades. Les autres parlements, y compris celui des États-Unis, étaient également limités par l&rsquo;évolution des normes et des circonstances. Leurs constitutions écrites sont devenues obsolètes à un moment donné, ce qui a généré des crises parlementaires.</p><p>En revanche, le Parlement anglais n&rsquo;est pas seulement composé d&rsquo;une Chambre des communes et d&rsquo;une Chambre des Lords, mais aussi d&rsquo;un ensemble de coutumes et de règles non écrites appelées le «&nbsp;roi au Parlement&nbsp;» qui régit ce que chacun des trois éléments peut ou ne peut pas faire. Cette caractéristique de juger quand et comment changer les choses est difficilement reproductible. Une telle qualité a en effet été acquise par les Anglais dans la douleur au cours de plusieurs siècles.</p><p>Le Parlement anglais a évolué d&rsquo;une assemblée d&rsquo;intérêts tels que l&rsquo;église, l&rsquo;aristocratie, les capitalistes… à un système bipartite. <strong>En effet, dans le système « un homme, un vote », la force dominante est l’opinion publique, mais elle est imprévisible</strong>. Le système bipartite offrait l’avantage d’avoir moins de frictions car un gagnant clair émergerait toujours. Il convient également de noter la disposition spatiale du parlement qui met en vis-à-vis la Droite et la Gauche, ce qui décourage les dispositifs théâtraux et les discours abstraits d&rsquo;autres parlements semi-circulaires.</p><p>En Amérique, Tocqueville a relevé les qualités exceptionnelles d&rsquo;un peuple ferme, non servile, ouvert dans ses rapports avec les autres, libéré du passé et prêt à s’associer bénévolement pour de bonnes œuvres. Pourtant, Tocqueville sentait que le grand danger de la démocratie américaine était la tyrannie de la majorité à la fois juridiquement et socialement.</p><p>Cette époque fut aussi celle des chemins de fer, du développement de la thermodynamique et du triomphe de la vision mécaniste du monde. C’est aussi à ce moment de l’histoire que le philosophe naturel amateur est devenu le scientifique à temps plein, par exemple en expérimentant sur l&rsquo;électricité. Helmholtz formule une vision d&rsquo;un monde d&rsquo;atomes liés par des forces fondamentales.</p><h3 class="wp-block-heading" id="un-sommet-des-energies">Un sommet des énergies</h3><p>Le tournant du siècle a été à bien des égards une réaction à la morale conventionnelle. À sa place, les artistes ont promu une philosophie du pragmatisme : faire face aux circonstances en recherchant le résultat le plus harmonieux.</p><p>Le monde industriel, l&rsquo;impérialisme et les luttes ouvrières les ont aliénés. Certains comme Rimbaud, Isidore Ducasse ou Alfred Jarry souhaitaient le détruire. D&rsquo;autres, appelés les Décadents, étaient satisfaits de voir le monde s&rsquo;autodétruire. Les symbolistes, quant à eux, ont choisi de s&rsquo;évader en imaginant un univers fantastique.</p><p>Plus généralement, l&rsquo;art est devenu un « art pur », plus abstrait et plus éloigné de la réalité. Comme le scientifique, l&rsquo;artiste a cherché à créer une expérience pour illustrer un principe général. Son héritier, l&rsquo;art du 20<sup>ème</sup> siècle, n&rsquo;a pas de sens sans comprendre cette idée.</p><p>Les mouvements artistiques de l&rsquo;époque visaient à désorienter et à désorganiser les sens. Le modèle actuel de la poésie vient de cette époque : vers libres, déformation du langage, obscurcissement du sens.</p><p>Pendant ce temps, le mouvement naturaliste a attiré l&rsquo;attention du public sur des situations actuelles insupportables. Leur approche consistait à documenter la réalité sur la base de faits et de statistiques, mais ce n&rsquo;était pas du réalisme. Des artistes comme Zola cherchaient à exposer les maux sociaux.</p><p>La révolution sexuelle s&rsquo;est produite à cette époque, et non au milieu du 20<sup>ème</sup> siècle, comme on le croit. De nombreux romans et traités ont été publiés sur le sujet. L&rsquo;émancipation des femmes reflétait la révolution sexuelle. Le divorce est devenu plus courant.</p><p>La santé et l&rsquo;hygiène corporelles ont pris de l&rsquo;importance : assainissement de l’eau, toilettes à chasse d&rsquo;eau, etc. De nombreux sports de balle ont été inventés. Le mouvement des scouts a été fondé et les écoles ont ajouté la gymnastique à leurs programmes.</p><p>Les progrès sur la santé ont été contrebalancés par une utilisation plus répandue des drogues par les classes supérieures et une épidémie de maladies mentales et sexuellement transmissibles.</p><p>En sciences, Michelson et Morley ont montré qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;éther dans l&rsquo;espace. Mendeleïev a produit un tableau d&rsquo;éléments qui a prédit de nouveaux éléments et leurs propriétés. Gibbs, inspiré par la thermodynamique, a créé la chimie physique. En cette fin de siècle, de nombreuses incohérences entre les différentes branches de la science ont été identifiées et ont appelé à un grand nettoyage.</p><p>Pasteur a découvert des micro-organismes et des moyens de les tuer. Claude Bernard a exploré les fonctions des organes et le système circulatoire. C&rsquo;est aussi une période de progrès rapides en chirurgie.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-decennie-cubiste">La décennie cubiste</h3><p>L&rsquo;impressionnisme est le dernier héritier du romantisme. Comme Zola, les impressionnistes ont travaillé sur une recréation de la nature et ont choisi leurs sujets parmi des objets communs : une gare, une cathédrale, etc.</p><p>En 1908, une autre école, les cubistes, dirigée par Braque et Picasso rompt avec l&rsquo;impressionnisme. Cette école cherchait à représenter l&rsquo;essence de l&rsquo;objet et à suggérer le mouvement. Le bon terme pour décrire les cubistes est «&nbsp;art résiduel&nbsp;». Il s’agit de supprimer le particulier et l&rsquo;individuel pour ne laisser que le général et l&rsquo;abstrait. L&rsquo;art moderne est le descendant direct du cubisme.</p><p>Le populisme est caractéristique du tournant du siècle. C&rsquo;est une présence fortement ressentie des gens, de leurs besoins, de leurs droits, de leurs comportements et de leurs idées. C&rsquo;est aussi à cette époque que la sociologie devient une science sociale indépendante. Le sondage est issu de la sociologie et de sa volonté d&rsquo;étudier toute activité sociale.</p><p>Pour résumer les leçons tirées de 500 ans d&rsquo;histoire occidentale, on peut observer que :</p><p>&#8211; Une époque est caractérisée par un ou deux besoins pressants, mais il y a désaccord sur les remèdes à prescrire.</p><p>&#8211; Les meilleures œuvres d&rsquo;un mouvement sont produites lorsque le combat fait rage pour vaincre le précédent mouvement.</p><p>&#8211; Les idées en Occident, font leur travail en s&rsquo;appuyant sur des slogans simples. C&rsquo;est après coup que les savants et les partisans lisent les détails de la théorie.</p><p>Le pragmatisme, qui aurait dû s&rsquo;appeler instrumentalisme, est une méthode pour tester la vérité des idées en les mettant en action et en voyant les résultats. En ce sens, Nietzsche est un pragmatique. Il critique à la fois l&rsquo;homme du commun et l&rsquo;intellectuel conformiste sur des bases psychologiques et sociologiques : ils flétrissent l&rsquo;individualisme et le progrès des choses.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-grande-illusion">La grande illusion</h3><p>Les années 1890 ont vu l&rsquo;avènement de journaux bon marché qui diffusaient la propagande des entreprises et du gouvernement. Cependant, les journaux ont également servi d&rsquo;outil pour éduquer les masses en matière de santé, d&rsquo;affaires, de finances, de sports, de mode ou de théâtre.</p><p>La principale question de l&rsquo;époque était la question sociale. En Angleterre, les socialistes Fabiens ont été préférés au marxisme. Cette variété de socialisme convenait mieux au tempérament anglais en transformant progressivement le pays en État-providence.</p><p>Les électeurs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui devraient tous être appelés des socialistes conservateurs libéraux. Chaque parti représente une combinaison différente de ces dimensions. Libéral fait référence au degré d&rsquo;intervention du gouvernement, tandis que conservateur et socialiste se rapportent respectivement à la droite et à la gauche.</p><p>Il y avait de nombreuses causes à la Grande Guerre de 1914, mais aucune n&rsquo;aurait été suffisante s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu<strong> le pouvoir des journaux d&rsquo;alimenter la colère, la humiliation et la fierté des masses</strong>.</p><p>Avant la Grande Guerre, la guerre des Boers a donné au monde les premières balles creuses, les uniformes de camouflage militaires et les camps de concentration.</p><p>La Grande Guerre a commencé avec beaucoup d&rsquo;enthousiasme. D&rsquo;une certaine manière, la guerre était libératrice. Plus de métro-boulot-dodo, fini les quarts de travail en usine. À cause de la mobilisation, il y avait moins de voisins vigilants et plus de possibilités de liberté sexuelle. L&rsquo;hostilité envers le patron, l&rsquo;État ou le prochain a été remplacée par celle contre l&rsquo;ennemi anonyme. Le clergé a également encouragé les combats.</p><p>Qu&rsquo;est-ce qui peut expliquer que les intellectuels aient retourné leur veste ? En fait, la guerre a permis aux créateurs de culture d&rsquo;être reconnus de leur vivant comme leaders d&rsquo;opinion. La tentation était irrésistible.</p><p>La guerre se caractérise également par un état général de paranoïa et de folie dans la population. Il y avait une dissidence perpétuelle au sein des gouvernements. Par exemple, les politiciens tentaient de prendre l’avantage sur leurs rivaux pour être bien positionnés une fois la guerre terminée. Les journaux devaient être censurés, les décisions devaient plaire à de nombreux maîtres : les dissidents dans les cabinets, les États alliés et l&rsquo;opinion publique. L&rsquo;échec devait être masqué ou dissimulé.</p><p>L’hallucination collective s&rsquo;est d&rsquo;abord évanouie dans les tranchées, où les mots avaient peu de poids comparé à l&rsquo;expérience traumatique. Incidemment, il y a eu de nombreux épisodes de fraternisation en première ligne.</p><h3 class="wp-block-heading" id="l-artiste-prophete-et-bouffon">L&rsquo;artiste prophète et bouffon</h3><p>Au lendemain de la Grande Guerre, trois mouvements véritablement amorcés au tournant du siècle marquent l&rsquo;époque :</p><p>&#8211; L&rsquo;émancipation sexuelle</p><p>&#8211; Les droits des femmes</p><p>&#8211; État providence</p><p>Le mouvement surréaliste lancé par André Gide s&rsquo;inscrit dans la continuité du mouvement cubiste. Il cherche à donner libre cours à l&rsquo;inconscient. Il agit comme le fou qui dit des vérités troublantes au monde.</p><p>Plus tard, l&rsquo;art abstrait est allé plus loin en niant l&rsquo;art. L&rsquo;objectif était de ridiculiser l&rsquo;art et d&rsquo;effacer la beauté. En architecture, les « Arts Déco » ont également voulu donner aux objets un aspect moderne, c&rsquo;est-à-dire plus industriel et plus éloigné de la forme humaine.</p><h3 class="wp-block-heading" id="embrasser-l-absurde">Embrasser l&rsquo;absurde</h3><p>Après la seconde guerre mondiale, l&rsquo;idée qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sens à la vie humaine est devenue plus répandue. Les découvertes scientifiques défiaient régulièrement l’intuition. Les arts ont tenté d&rsquo;imiter la science en épatant le bourgeois.</p><p>Cette époque est celle de l&rsquo;Absurde. La vie et la nature ne sont plus des références. Des systèmes sont construits pour éliminer l&rsquo;infinie variété de choses et leur subtilité. Des théories sont créées qui permettent à leurs créateurs de se libérer de la réalité de l’expérience sensible.</p><p>Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la fin du colonialisme a laissé un ensemble de petits États qui ont été contrôlés tour à tour par les communistes et des dictatures militaires. Divers fondamentalismes ont animé la multitude des peuples mais n&rsquo;ont pas réussi à les unir. De nombreux conflits ont nécessité l’interventions des grandes puissances. Le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peut regarder les mêmes films et manger la même malbouffe, mais il est profondément divisé.</p><p>L&rsquo;allégorie du Grand Inquisiteur dans les Frères Karamazov de Dostoïevski explique le dilemme. L&rsquo;homme de masse est faible, crédule, pécheur. La liberté de choix lui est insupportable et il veut des certitudes. Il est satisfait que d’autres décident pour lui tant qu&rsquo;il a son pain quotidien. Il veut aussi l&rsquo;unité, c&rsquo;est-à-dire la tranquillité d&rsquo;esprit qui découle du fait de savoir que tous pensent et ressentent la même chose.</p><p>En Occident, le désir de sécurité incarné par l&rsquo;État-providence se double d&rsquo;un désir de liberté qui lui est incompatible.</p><h3 class="wp-block-heading" id="temps-demotique">Temps démotique</h3><p>De nombreux gouvernements se disent démocratiques. Dans les pays communistes, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un faux semblant. Dans les pays occidentaux, les gouvernements ne sont pas démocratiques au sens propre mais seulement représentatifs.</p><p>Les sociétés et les individus en Occident n&rsquo;agissent pas non plus de manière démocratique. Les manifestations sont généralement contre une décision légale. De même, exiger un vote après un sondage s’apparente à de la démagogie.</p><p><strong>La tendance la plus forte de la fin du 20<sup>ème</sup> siècle est le séparatisme</strong>. La principale réalisation de l&rsquo;État-nation a été de réduire le niveau de violence à l’intérieur du pays. Cependant, au cours des dernières décennies, l&rsquo;Occident a connu une augmentation significative des crimes, y compris dans les écoles publiques.</p><p>L&rsquo;État-providence protégeait non seulement l&rsquo;individu par le biais de la gratuité des soins de santé et de la sécurité sociale, mais par d&rsquo;innombrables protections contre tout événement indésirable, qu&rsquo;il soit accidentel ou intentionnel. L&rsquo;État devait également financer l&rsquo;art, la science et éduquer les enfants jusqu&rsquo;à l&rsquo;université. Inévitablement, l&rsquo;État-providence est devenu l&rsquo;État judiciaire. Offrir des avantages à tous s&rsquo;est avéré coûteux et a entraîné un niveau d’imposition élevé.</p><p>Accessoirement, la sécurité sociale était aussi un filet de sécurité pour la production de masse en assurant un approvisionnement constant d&rsquo;acheteurs solvables.</p><p>Les grandes organisations telles que les entreprises ou les universités ont développé de grandes bureaucraties comparables aux agences gouvernementales. L&rsquo;homme moderne consacre beaucoup de temps et d&rsquo;efforts à ses relations avec elles. À cet égard, les temps actuels ressemblent à l&rsquo;époque d&rsquo;avant la Révolution française où rien ne pouvait être fait d’une façon simple.</p><p>La concurrence de nombreux partis politiques, aggravée si la représentation est proportionnelle, a contribué à promouvoir des intérêts particuliers qui ont utilisé leur pouvoir de négociation pour entrer dans des coalitions. En conséquence, ce n&rsquo;était pas l&rsquo;intérêt national qui était poursuivi mais un compromis entre lobbies. Un signe caractéristique de décadence a été les projets de loi proposés, adoptés dans la législation mais bientôt oubliés et jamais mis en œuvre.</p><p>Il existe plusieurs autres symptômes de décadence. Un exemple serait la tendance au laisser aller dans l&rsquo;habillement, les manières et le comportement. Un autre serait le tout en un, qui cherche à satisfaire de multiples envies au même endroit : cinéma, snack, bibliothèque, jeux. Un autre est la grande offre de cours sur les campus universitaires.</p><p>L&rsquo;homme de la fin du 20<sup>ème</sup> siècle est tourmenté par une conscience excessive de lui-même et de ses motivations. Il est coupable de ne pas être coupable ou de se sentir coupable, ou quoi que ce soit, et il doit avouer n&rsquo;importe quoi à n&rsquo;importe qui.</p><p>Les attitudes caractéristiques de notre époque démotique, c’est-à-dire familière, sont la compassion, l&rsquo;irrévérence et la créativité. Ces caractéristiques ne se retrouvent pas nécessairement dans la majorité mais sont suffisamment partagées pour influencer notre ère.</p><p>Le divertissement est saturé de sexualité et de violence, sans doute pour stimuler un public assis et passif. Une telle exposition à des scènes choquantes ou dérangeantes a probablement eu un effet déprimant sur la population.</p><p>Les institutions, et en particulier les écoles publiques, sont devenues autodestructrices. La pédagogie inutile, la formation inepte des enseignants, la réticence au travail soutenu, l’amour des gadgets, tout cela contribua à la détérioration du système scolaire. À la maison, les enfants trouvaient peu d&rsquo;encouragements et n&rsquo;apprenaient même pas les bonnes manières et encore moins le sens moral.</p><p>La décadence est également visible dans le sport. Si les performances se sont améliorées, c&rsquo;est au détriment du fair-play et à l&rsquo;aide de stéroïdes. Lorsque les équipes se rencontrent pour jouer un match, les supporters créent souvent des émeutes. Les médecins ont perdu leur autorité parce qu&rsquo;ils semblaient un peu trop motivés par l&rsquo;argent et pas assez par leurs patients. De même, les professeurs, les avocats et les journalistes sont devenus de plus en plus des objets de mépris.</p><p>Seules la science et la technologie semblent en bonne santé à l&rsquo;heure actuelle.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1585</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre sur l&#8217;origine du progrès humain par Henry  Grady Weaver</title><link>https://economierebelle.com/livre-sur-lorigine-du-progres-humain-par-henry-grady-weaver/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-sur-lorigine-du-progres-humain-par-henry-grady-weaver</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-sur-lorigine-du-progres-humain-par-henry-grady-weaver/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sat, 20 Nov 2021 19:33:11 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1575</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre « The Mainspring of Human Progress » de Henry Grady Weaver est un ouvrage qui va à contrecourant des idéologies mortifères en « isme ». A notre époque particulière où l’État est présenté comme la solution à tous les problèmes, la santé, l&#8217;écologie, l&#8217;économie, l&#8217;éducation, etc., ce livre est rafraichissant. L&#8217;auteur présente l&#8217;histoire sous un angle&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre « The Mainspring of Human Progress » de Henry Grady Weaver est un ouvrage qui va à contrecourant des idéologies mortifères en « isme ».</p><p>A notre époque particulière où l’État est présenté comme la solution à tous les problèmes, la santé, l&rsquo;écologie, l&rsquo;économie, l&rsquo;éducation, etc., ce livre est rafraichissant. L&rsquo;auteur présente l&rsquo;histoire sous un angle inédit, non pas celui des Princes, des États, ou des Nations, mais celui de l&rsquo;individu.</p><p>La thèse proposée est que le principal obstacle au progrès est le gouvernement. Au-delà d&rsquo;un certain seuil nécessaire pour garantir la sécurité publique et les droits de propriété, plus d’État veut dire moins de responsabilité pour les individus, et donc moins d&rsquo;incitations pour innover et créer.</p><p>Vous ne trouverez jamais un tel discours dans vos manuels d&rsquo;histoire ! Alors, bonne lecture.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Questions intrigantes</h3><p>Les États-Unis d’Amérique sont devenus le pays le plus prospère du monde en à peine trois génération. A quoi cela est-il dû&nbsp;? Pas aux ressources naturelles. La Chine, la Russie, l’Inde et l’Afrique en disposent aussi. Ce n’est pas non plus parce que les Américains travaillent plus dur que les autres. En fait, ce sont sans doute les autres qui travaillent dur pour survivre. Les Américains sont-ils supérieurs&nbsp;? Pas vraiment, leurs ancêtres ont connu la faim comme tous les autres peuples.</p><p>En fait, la réponse est que nulle part ailleurs dans le monde, l’énergie humaine n’est mieux utilisée qu’aux États-Unis.</p><p>La condition humaine est celle d’une lutte permanente pour la survie et contre les forces de la nature&nbsp;: les maladies, les éléments, les catastrophes naturelles, les nuisibles, etc. Nous ne devons jamais oublier cet état de fait, sans quoi nous risquons d’être déconnectés de la réalité et ne plus faire face comme il le faut.</p><p>Vos actions peuvent être limitées, contraintes ou empêchées par la force, mais au bout du compte le choix d’obéir ou de pas obéir vous appartient. Rien, ni personne ne pourra vous enlever ce choix-là.</p><p>Comme pour l’énergie mécanique ou l’énergie électrique, il existe une bonne façon d’exploiter l’énergie humaine. Tout d’abord, l’homme est doué de raison et capable d’imagination. Il peut apprendre de ses expériences et de celles des autres. Pour ces raisons, il est capable de créer de nouvelles choses. Remarquez que si ces choses n’étaient pas sa propriété, il n’aurait aucune incitation à les améliorer.</p><h3 class="wp-block-heading">L’effet de levier</h3><p>L’invention des outils a démultiplié la productivité du travail humain en&nbsp;permettant une meilleure utilisation de l’énergie, une spécialisation du travail, et une collaboration accrue. Le concept de propriété privée est sans doute apparu en même temps que les outils.</p><h3 class="wp-block-heading">Un réseau de relations et ses contraintes</h3><p>Celui qui blesse les autres se blesse lui-même en réduisant les opportunités qui naissent de la coopération et de l’échange. Comme il existe une infinité de goûts et de couleurs, tous les hommes ne voudront pas la même chose au même moment. Les choix, les compromis et les décisions qui sont l’aboutissement d’un processus coopératif et compétitif sont meilleurs que ceux qui seraient faits sans tenir compte des autres.</p><p>Du point de vue de l’individu, ces frictions peuvent paraître une perte de temps et un obstacle à la réalisation de ses désirs. Si seulement une autorité suprême pouvait orienter les affaires humaines, tout serait tellement plus simple&nbsp;! Supposons que vous ayez une idée grandiose qui améliorera le sort de l’humanité mais malheureusement certains ne sont pas d’accord. Fatigué d’essayer de les convaincre, vous concluez que la coercition est la solution. Après tout, la fin justifie les moyens&nbsp;!</p><p>L’argument est toujours le même. Si seulement il existait une autorité centrale à qui déléguer la résolution de nos problèmes, tout serait tellement mieux dans le meilleur des mondes. Vraiment ? A peu près toutes les variantes de cette idée ont été testées depuis Platon. Elles ont toutes échoué car (1) seul un humain peut générer de l’énergie humaine et (2) seul un humain peut contrôler l’énergie qu’il génère.</p><p>C’est l’incapacité à comprendre cette règle simple qui est la cause de la stagnation de la plupart des sociétés humaines depuis 6000 ans.</p><p>Le comportement humain est, pour une large part, déterminé par les croyances religieuses du groupe auquel il appartient. C’est par conséquent la foi religieuse qui anime le groupe qui contrôle les énergies à l’intérieur du groupe.</p><h3 class="wp-block-heading">Vision païenne</h3><p>La vision païenne est fataliste. Elle considère que l’individu est impuissant et qu’il n’y a rien qui puisse être fait pour améliorer son sort. Dans cette vision du monde, l’homme ne contrôle rien et par conséquent n’est pas responsable de ses actes. Possiblement la plus ancienne forme de cette vision païenne est la croyance dans la toute puissance de la volonté de la tribu, aujourd’hui appelée «&nbsp;l’intérêt général&nbsp;». Au nom de cette vision, la partie doit être sacrifiée pour le tout. Les Aztèques retiraient le cœur palpitant de leurs victimes, les Crétois donnaient leurs filles en sacrifice à Minos et les Carthaginois brûlaient vifs leurs bébés pour le dieu Moloch.</p><p>De nos jours, beaucoup de personnes intelligentes, civilisées, amicales continuent de penser qu’il faut se conformer à la volonté des masses. Cela est contraire aux vertus chrétiennes d’auto-suffisance, de développement personnel, de confiance en soi, de respect de soi et d’autodiscipline. Cette vision est promue sous le nom de progrès social mais fait en réalité le lit des tyrans, dictateurs et autres despotes.</p><p>La plupart des malheurs dans l’histoire des hommes trouve son origine dans le zèle d’individus bien intentionnés. Armés de la-grande-idée-qui-explique-tout, et faisant fi des libertés individuelles sauf la leur, ces «&nbsp;saints&nbsp;» ont toujours voulu faire le bonheur des gens malgré eux… Curieusement, ils arrivent au même argument&nbsp;: «&nbsp;J’ai raison. Ceux qui ne sont pas d’accord ont tort. S’ils ne veulent pas se conformer, ils doivent être détruits.&nbsp;» A ce stade, les «&nbsp;saints&nbsp;» sortent les guillotines.</p><h3 class="wp-block-heading">Socialisme et/ou communisme</h3><p>Il n’y a pas de différence de nature entre le socialisme et le communisme, la destination est la même, seul le chemin est (un peu) différent. Karl Marx, soutenu par le riche Engels, a ressuscité la vision païenne de la volonté collective sous des dehors pseudo-scientifiques.</p><p>A peu près à la même époque que Marx, un économiste français, Frédéric Bastiat observa que plus le capital s’accumulait, plus la part relative allant aux travailleurs augmentait. Et c’est effectivement ce qui s’est passé dans l’économie de marchés américaine.</p><p>Marx et ses acolytes, quant à eux, faisaient l’erreur de supposer que l’économie était statique. Ils se concentraient sur les économies industrialisées arrivées selon eux à maturité grâce aux capitalistes. De telles économies leur apparaissaient comme des cibles de choix pour une prise de contrôle via les autorités gouvernementales. Lénine, au début du 20<sup>ème</sup> siècle, était trop impatient pour attendre l’industrialisation de son pays la Russie et prôna la prise du pouvoir par la violence et sans attendre.</p><p>Il y eut toutes sortes de communautés fondées sur des principes communistes aux États-Unis à commencer par la première&nbsp;: le <em>May Flower</em>. Cependant, après un hiver qui tua la moitié des Pèlerins, la communauté commença à donner plus de place à l’individualisme. Depuis lors, les autres tentatives de communautés communistes américaines ont toutes échoué. En effet, les membres de ces communautés pouvaient facilement comparer leur sort avec celui des communautés libres environnantes.</p><p>Sous un régime communiste, tout est supposé est sous le contrôle des masses, du moins en théorie. En pratique, un petit nombre de dirigeants éliminent toute idée contraire à «&nbsp;l’intérêt général&nbsp;», lui-même défini par les dirigeants… Certains communistes admettent cet état de fait mais clament qu’il est seulement temporaire. Pourtant, l’expérience humaine démontre que les dictatures ont tendance à durer. En fait, leurs méthodes ont même tendance à devenir de plus en plus impitoyables afin de masquer les erreurs et les faillites du système.</p><h3 class="wp-block-heading">Le monarque</h3><p>Là où le communisme met au-dessus de tout l’intérêt général, d’autres régimes vont ériger une personne en représentant de leur dieu ou comme l’incarnation de leur dieu. C’était le cas des Pharaons d’Égypte par exemple. Ce monarque est en général entouré par un groupe de personnes, nobles, samouraïs, bureaucrates qui ensemble forment le gouvernement.</p><p>De tels régimes ont certains avantages par rapport au communisme. Tout d’abord, leurs dirigeants ne se croient pas en général investis d’une mission humanitaire. Ensuite, ils ont tendance à être moins extrêmes que l’ambitieux dictateur collectiviste. Alors que le communisme a pour objectif une société statique, les régimes monarchiques présentent souvent des discontinuités entre deux règnes qui sont propices à l’essor de l’initiative individuelle.</p><p>Le progrès humain était donc plus l’exception que la règle dans notre histoire. Chaque fois que des hommes ont essayé d’améliorer leur sort, le gouvernement est intervenu pour les arrêter dans leur élan. L’objectif du gouvernement, comme toujours, était de les aider et de canaliser leurs énergies comme il l’entendait, sous la supervision des bureaucrates et parfois avec l’aide de la police et de l’armée. Ces méthodes n’étaient malheureusement pas appropriées pour susciter la créativité, l’effort et la persévérance. Voilà pourquoi le travail d’esclave n’a jamais été à la hauteur de celui fourni par des hommes libres dans les occupations qui requiert de l’imagination et de l’initiative.</p><p>Le pouvoir absolu engendre également des effets délétères sur ceux qui en usent&nbsp;et abusent : arrogance, intolérance, sadisme.</p><p>Le gouvernement a bien un rôle à jouer. L’homme étant ce qu’il est, certains seront toujours tentés de s’en prendre aux autres. Plutôt que d’armer toute la population et de créer des milices qui pourraient prendre goût à leur fonction, il est plus économique de financer une police et une justice.</p><h3 class="wp-block-heading">Le grand manège</h3><p>A maints égards, un dirigeant incompétent, paresseux ou négligent est préférable à un dirigeant trop efficace. C’est grâce à l’incurie du Roi John que la charte des libertés «&nbsp;Magna Carta&nbsp;» fut possible.</p><p>Des lois et réglementations ont régulièrement été passées pour favoriser l’industrie. En réalité, ce sont les gens productifs qui sont taxés et perdent beaucoup d’énergie à naviguer à travers la bureaucratie. L’effet de ces réglementations est de susciter des vocations de contrebandiers, mais ce sont ces contrebandiers qui ont permis à l’industrie française de survivre à la bienveillance de l’État sous Louis XIV.</p><p>Aucun homme ne peut contrôler les pensées, les initiatives et la créativité d’un autre homme. L’utilisation de la force ne peut que limiter, gêner ou empêcher. Elle n’est donc pas le meilleur moyen de contrôler les énergies humaines.</p><p>Le monopole de la violence dont dispose le gouvernement n’est possible que parce que (1) la population consent et (2) elle le soutient économiquement. Il arrive que les masses se révoltent contre l’autorité en place. Lorsqu’elles souffrent de la faim, elles considèrent qu’elles ne sont pas adéquatement contrôlées et qu’une autorité plus forte, plus sage va arranger les choses. Lorsqu’elles en ont assez de changer de roi, elles changent de régime&nbsp;: un moine roi, un roi dieu, un roi et un parlement, un tyran et un parlement, un tyran et des aristocrates… A peu près toutes les combinaisons ont été essayées, mais à chaque fois, il s’agit toujours de trouver l’autorité qui va améliorer leur sort.</p><p>Nos révolutions sont des révolutions seulement dans le sens où il s’agit de faire tourner en permanence une roue dont l’axe est immobile. En fin de compte, nous tournons en rond.</p><p>En réalité, il n’y a eu qu’une seule révolution, celle pour la liberté individuelle.</p><h3 class="wp-block-heading">Première tentative</h3><p>Tout a commencé avec Abraham. Alors que les autres hommes voyaient l’action des dieux en toute chose, Abraham réalisa qu’il n’y avait qu’un seul Dieu, que l’homme était libre de choisir le bien ou le mal, et qu’il était responsable de ses actes.</p><p>Moïse eut les plus grandes difficultés à soustraire son peuple de l’esclavage. Et les fils d’Israël ne lui furent pas reconnaissants. Après des générations d’esclavage, ce peuple était devenu passif, soumis et s’attendait à être nourri et logé. Ils voulaient faire de Moïse leur roi pour pouvoir le critiquer et le rendre responsable de tous leurs maux. Mais Moïse s’obstina que nul homme ne pouvait régner sur un autre et qu’ils étaient responsables de ce qui leur arrivait.</p><p>Samuel avait aussi averti les fils d’Israël qui lui demandait avec insistance de devenir leur roi. D’abord, il y aurait la ponction sur la production, puis l’arrivée d’une bureaucratie et de lourds impôts, suivi par la stagnation et la pauvreté pour finir dans la guerre. Mais les fils d’Israël se choisirent un roi et comme toutes les autres nations, ils ont été détruits par la guerre.</p><p>En dépit de tout cela, les fils d’Israël ont continué à transmettre depuis 4000 ans les enseignements d’Abraham. A cause de leur liberté et de leur esprit d’entreprise, ils ont toujours été haïs dans l’ancien monde et le monde moderne.</p><p>Le Christ poursuivit l’œuvre d’Abraham et des autres prophètes et l’élargit dans le sens d’une plus grande collaboration entre frères. Il enseigna de faire aux autres ce que nous souhaiterions qu’ils nous fassent. Lorsqu’il dit qu’il fallait rendre à César ce qui appartenait à César, il parlait uniquement des choses qui peuvent prises par la force&nbsp;: l’argent, les biens et la vie elle-même, mais pas la liberté.</p><h3 class="wp-block-heading">Compromis</h3><p>La démocratie n’est pas du tout une garantie de paix et de prospérité. La règle de la majorité, lorsqu’elle n’est pas restreinte, conduit immanquablement à l’oppression de la minorité. Si le principe démocratique n’est pas maintenu dans des limites raisonnables, le pire est à craindre. La tentation est grande d’acheter les voix en échange des dépenses gouvernementales. Un chef émerge qui promet qu’on rasera gratis demain. C’est un peu ce qui s’est produit avec Périclès et l’histoire s’est achevée par la victoire de Sparte sur Athènes.</p><p>Les Romains ont appris des Grecs. Leur grande avancée fut d’introduire des lois qui n’étaient pas basées sur des superstitions locales. Leur vaste empire ne leur laissait pas le choix. La loi romaine était appliquée avec rigueur et impartialité.</p><p>Au Moyen-Age, est apparu le système féodal, qu’on pourrait décrire comme une espèce de communisme à l’intérieur de classes sociales hiérarchisées. La dureté des conditions de vie était atténuée par la vie en communauté et par le christianisme. La guerre était continuelle mais cela restait une affaire de nobles.</p><p>Mais le système féodal s’est éteint un peu partout en Europe, sauf en Grande Bretagne où les nobles purent faire barrage au roi. La «&nbsp;Magna Carta&nbsp;» fut une reconnaissance par le roi de certaines libertés individuelles.</p><p>En principe, la liberté est un droit naturel. Elle ne devrait pas être donnée comme un privilège par une autorité, quelle qu’elle soit. Si une liberté est donnée, elle peut être reprise. En effet, dans les autres pays européens, il y eut des équivalents de la Magna Carta, mais les souverains ultérieurs abrogèrent ces accords.</p><p>En Grande Bretagne, l’héritage du féodalisme est encore visible dans la valeur accordée aux droits individuels, tandis que le christianisme a contribué à rendre la loi plus humaine.</p><h3 class="wp-block-heading">Deuxième tentative</h3><p>Il y a 1400 ans environ, un commerçant entreprenant fut à l&rsquo;origine de la seconde tentative d’instaurer la liberté individuelle. Né en 570 après J.C., venant d’une bonne famille, il fut dépouillé de son héritage à la mort de ses parents et dut travailler 16 à 18h par jour et dormir à la belle étoile. Bien que ne sachant ni lire ni écrire, il démontra de grandes capacités et devint respecté dans sa communauté. Il était d’accord avec Abraham et Jésus. &nbsp;Il n’y a qu’un seul Dieu, qui juge les hommes mais ne les contrôle pas, chaque individu est responsable de ses actes, et tous les hommes sont des frères.</p><p>En partageant ses opinions, il se créa beaucoup d’ennemis à la Mecque qui était le centre d’un pèlerinage païen. Il était convaincu que les prêtres avaient corrompu le message d’Abraham en imposant leur autorité d&rsquo;abord sur les juifs, puis plus tard sur les chrétiens.</p><p>En dépit des menaces, la popularité du Prophète de l’Islam grandit. De plus en plus de pèlerins venaient à la Mecque pour l’écouter plutôt que pour adorer les idoles de la Kaaba. Malgré l’interdiction de verser le sang à la Mecque, les notables de la ville s’entendirent pour l’assassiner, mais le Prophète et ses compagnons étaient déjà en route pour Médine.</p><p>Les Mecquois s’organisèrent pour attaquer Médine par surprise avec une armée plus nombreuse que les habitants de l’oasis. Ils furent arrêtés au milieu de leur charge de cavalerie par un barrage de flèches. Les Médinois avaient préparé des tranchées où étaient installés leurs archers. Les cavaliers qui arrivaient à franchir les tranchées étaient rapidement encerclés. La nouvelle de cette victoire du Prophète se propagea alors jusqu&rsquo;aux confins du monde.</p><p>Six ans plus tard, le Prophète revint à la Mecque comme simple pèlerin&#8230; mais accompagné par 30 000 hommes armés. Les Mecquois embrassèrent la nouvelle religion et les idoles furent détruites. Deux ans plus tard, le Prophète s’éteignit.</p><p>Pendant 800 ans, alors que l’Europe stagnait, une civilisation plus proche de celle de l’Amérique qu’aucune autre illuminait le monde. De fervents défenseurs de la liberté individuelle ont fondé et maintenu cette civilisation pendant 30 générations.</p><p>Malheureusement, il a toujours existé de forts préjugés chez les Européens à l’endroit des «&nbsp;Sarrasins&nbsp;», en particulier depuis les croisades. En réalité, chez les Sarrasins, aucune autorité n’a censuré leurs scientifiques. Ils ont fondé des écoles de Bagdad à Grenade dont certaines sont devenues des universités.</p><p>Les universités, suivant en cela le précepte que l’organisation entraîne la corruption, avaient très peu de règles. Ces institutions n’avaient pas de programme et n’offraient pas de diplôme. Il n&rsquo;était pas question d’enseigner mais d’apprendre là où se trouvait le savoir. Les cours étaient ouverts à tous. Si un étudiant voulait continuer d’écouter, il s’entendait avec le professeur sur un prix par leçon. Dans le cas où l’étudiant n’était pas satisfait, il arrêtait de payer le professeur et allait voir ailleurs. Avec un tel système, les Sarrasins ont exploité et développé les sciences et techniques héritées des Grecs, des Romains, des Indiens et des Chinois. A partir de leurs observatoires astronomiques sur trois continents, ils ont déduit la forme de la Terre, la révolution autour de son axe et autour du soleil.</p><p>En médecine et en santé publique, les Sarrasins réalisaient des dissections de cadavres et des opérations sous anesthésie locale. L&rsquo;idée des quarantaines lors des épidémies vient des Sarrasins par le truchement de Venise. Le fait que la Renaissance ait eu lieu en Italie doit beaucoup à ses ports et aux échanges avec cette brillante civilisation.</p><p>Les croisades, cette agression sans provocation par une armée de 500&nbsp;000 hommes, a déclenché une guerre mondiale qui s’est arrêtée en 1804 lorsque les Marines des États-Unis ont éliminé la «&nbsp;piraterie&nbsp;» en Méditerranée. Mais pour les pirates, il s’agissait de la continuation de cette guerre mondiale.</p><p>Les croisés découvrirent sur place des objets et produits inconnus chez eux&nbsp;: le sucre, le café, la crème glacée, les cosmétiques, la soie, le verre, l’acier damassé, la porcelaine, l’émail, le coton, la mousseline, les matelas. Ils furent surpris par l’abondance des produits&nbsp;agricoles obtenus par une agriculture intensive : riz, épinards, asperges, citrons, melons, pêches, fraises. La propreté des Sarrasins contrastait avec l’hygiène déplorable des chevaliers.</p><p>Lorsqu’après un siècle d’occupation Saladin reprit Jérusalem, il permit aux Croisés de partir en sécurité en emportant leurs biens. Les Croisés rapportèrent chez eux quelque chose de plus précieux, les mœurs civiles et le fairplay des Sarrasins qui donnèrent naissance, par la suite, à l’esprit chevaleresque en Europe.</p><p>Les Sarrasins ne tuaient pas les blessés, ils ne torturaient pas leurs prisonniers. Ils ne persécutaient pas les Chrétiens, ne mentaient pas et respectaient la parole donnée. C’est à partir de leur exemple que l’aristocratie britannique a donné le jour à l’une des classes dirigeantes les plus remarquables de l’histoire.</p><p>Là où les Romains avaient construit des routes pour leurs campagnes militaires, les Sarrasins ont développé des routes pour faciliter le commerce entre les villes. Le service de poste pouvait parcourir 300 km par jour. Les pigeons voyageurs étaient utilisés pour communiquer du Maroc à l’Inde, un système sans égal pour la vitesse et la sécurité avant le 19<sup>ème</sup> siècle.</p><p>La civilisation islamique pourrait être caractérisée par l’anarchie qui existait entre des groupes hétéroclites. Comme les Américains d’aujourd’hui, les différents groupes conservaient leurs traditions. D’un autre côté, ces derniers se regroupaient volontairement dans d’autres associations&nbsp;: commerçants, professeurs, artisans. Les disputes étaient résolues au sein du groupe, souvent grâce à l’arbitrage d’un homme avec une réputation d’intégrité, tout comme dans le Far West. Cette civilisation s’est maintenue 800 ans, sans force de police et sans structures politiques. Son déclin n’a malheureusement pas été aussi étudiée que celui des Égyptiens, des Grecs et des Romains. C’est finalement sous les coups de boutoir de l’Inquisition en Espagne et les assauts barbares des Turcs que cette civilisation brillante s’est éteinte au 15<sup>ème</sup> siècle.</p><h3 class="wp-block-heading">Prélude à la troisième tentative</h3><p>Lorsque Christophe Colomb s’est lancé dans son aventure à peine sept mois après la chute de Grenade, il l’a fait muni d’un compas et d’une carte maritime des Sarrasins. L’Inde y était indiquée à l’ouest mais à 13000 km trop près. La raison de ce détour par l’océan était d’éviter les Turcs. Les Sarrasins n’avaient pas ce problème et n’ont donc jamais exploité la voie maritime.</p><p>Christophe Colomb n’est pas le premier Européen à avoir atteint l’Amérique. Diverses expéditions avant la sienne ont touché le continent Nord-Américain. Certaines traces de campements scandinaves ont même été retrouvées jusqu’au Minnesota. Par ailleurs, une carte du 13<sup>ème</sup> siècle est conservé à Venise qui indique précisément les contours de l’île du Labrador.</p><p>Cependant, l’aventure de Christophe Colomb est différente car il s’en est suivit un mouvement de colonisation sans précédent. Des milliers d’Espagnols, héritiers de fait de l’esprit de liberté des Sarrasins, se sont engagés en masse et de leur propre initiative pour conquérir le nouveau monde. Le désir de fuir l’Inquisition aura sans doute aussi aidé.</p><p>Armés des meilleures intentions, et pour le salut de leurs âmes, les Rois Catholiques entreprirent de purger l’Espagne de ses Morisques qui s’obstinaient à suivre en cachette les traditions de leurs ancêtres Sarrasins. Après avoir envisagé l’extermination, la décision finale fut la déportation en masse des Morisques. Beaucoup moururent avant d’atteindre l’Afrique du Nord ou peu après. L’Espagne était finalement sauvée, purifiée et enfin unie sous une autorité qui allait s’affairer à régenter la vie de chacun.</p><p>En apparence, une ère de prospérité s’ouvrait pour l’Espagne qui dominait toute l’Europe, l’Afrique du Nord, les Amériques, et les Philippines. Cependant, après des décennies à se vider de ses forces vives qui s’installaient dans le Nouveau Monde ou combattaient dans les guerres de l’empire, la population espagnole était toute acquise au gouvernement central et la liberté individuelle n’était plus qu’un lointain souvenir.</p><p>A la même période, l’Angleterre sombrait dans une relative anarchie du fait de l’impotence de la Reine Elizabeth. Les Anglais n’eurent d’autres choix que de s’organiser comme ils le pouvaient pour survivre, notamment grâce au commerce. L’Espagne crut pouvoir conquérir l’Angleterre à bon compte mais fut défaite par une flotte réunie à la hâte par Francis Drake. C’était le début de la fin pour l’Espagne.</p><p>Ses colonies étaient en train de stagner sous le poids de la bureaucratie de Madrid. L’industrie domestique espagnole était anémiée et les dépenses de l’État hors de contrôle. Deux générations plus tard, la population arrivait à peine à manger à sa faim.</p><p>Lorsque les gens s’habituent à dépendre d’une autorité centrale pour les choses qu’eux seuls peuvent produire, la psychologie de groupe s’impose toujours, et ils finissent par tous s’entasser dans les villes. Le gouvernement n’est alors plus en mesure de collecter les taxes et réduit drastiquement ses dépenses mais il est déjà trop tard.</p><h3 class="wp-block-heading">Troisième tentative</h3><p>La troisième tentative commença dans les nouvelles colonies dans les Amériques. Initialement et pour à peu près un siècle, les Conquistadors avaient une organisation minimale et réglaient les problèmes de façon expéditive. Le pouvoir central reprit la main sur les affaires des colonies. Des paysans sélectionnés avec soin par le gouvernement espagnol furent envoyés dans les colonies pour travailler dans des fermes collectives.</p><p>Ces fermes étaient établies et gérées de la même manière qu’elles l’auraient été en Espagne. Il en allait de même pour les colonies françaises le long du fleuve Saint-Laurent, autour des Grands Lacs et à la Nouvelle Orléans. Les colons espagnols comme les colons français reproduisaient autant que possible leur façon de vivre en Europe.</p><p>A l’inverse des Espagnols, des Français et des Hollandais, les colons anglais ne bénéficiaient d’aucun soutien de leur gouvernement. Leurs villages n’étaient pas bâtis selon des plans précis. Les maisons étaient éloignées les unes des autres sans égards pour les normes européennes. Leurs moissons n’étaient pas partagées équitablement et les colons n’avaient que peu de respect pour les autorités. Les désaccords étaient fréquents dans les communautés et, très souvent, les renégats s’en allaient plus profondément dans l’Ouest.</p><p>Les premiers colons anglais étaient loins d’être la crème de la société. Beaucoup n’avaient rien à perdre et n’avaient pas hésité à acheter leur passage au prix d’une servitude de plusieurs années. D’autres ont été kidnappés pour servir comme marins. Enfin, des femmes étaient vendues sur les ports aux colons qui voulaient une épouse.</p><p>Tandis que les colons français et espagnols venaient pour servir les intérêts de leur gouvernement, les colons anglais cherchaient à fuir les monarques de l’Ancien Monde. En particulier, certains groupes décriés en Angleterre pour leur radicalisme étaient en quête de liberté religieuse.</p><p>Toute l’opération de colonisation était une entreprise privée. Des aventuriers avançaient le capital pour organiser les voyages, promouvoir les opportunités et financer le ravitaillement des colonies en échange d’une partie des profits des colons. Mais, au début tout au moins, ni les organisateurs, ni les colons n’ont vraiment respecté leur part de ce marché.</p><p>Il y avait très peu d’aristocrates parmi les colons, et même ceux-là durent trimer pour survivre. Mais c’était un sort sans doute plus enviable que ceux qui avaient toujours été à l’emploi d’un autre et qui durent apprendre à créer leur propre emploi dans le Nouveau Monde.</p><p>Après quelques temps, les retours dans le vieux continent se firent plus rares. Des Aristocrates rebelles et aventuriers décidèrent de bâtir une nouvelle vie. D’autres groupes religieux vinrent s’installer pour profiter de la tolérance religieuse du Nouveau Monde. Puis, ce fut au tour des classes moyennes européennes et en particulier les Allemands. Une partie du succès de la colonisation venait de la règle de primogéniture en Europe qui obligeait les fils puinés à se débrouiller comme ils pouvaient. L’Amérique leur offrait une échappatoire.</p><h3 class="wp-block-heading">Les germes de la révolution</h3><p>Aux alentours de 1660, le roi Charles II signa un décret permettant aux colons de vendre leur coton, leur bois de construction et leur tabac à l’Angleterre, mais uniquement à elle. En échange, les Américains pourraient obtenir du sucre et de la mélasse.</p><p>En 1733, la France interdit les importations de produits agricoles des Caraïbes pour maintenir les prix en métropole. Les habitants des Caraïbes étaient prêts à vendre leurs produits à prix modiques aux Américains. Mais les Anglais ne le voulaient pas pour ne pas déprécier les prix dans les colonies. Ils présentèrent la mesure aux Américains comme temporaire. Certains se mirent aussitôt à faire de la contrebande. Au bout des cinq ans prévus, les Anglais renouvelèrent l’interdiction. Les Américains s’en donnèrent à cœur joie et respectèrent l’interdiction comme ils le feront durant la prohibition des années 1920.</p><p>Les conflits de la Vieille Europe rattrapèrent les colonies lorsque la France et la Grande Bretagne s’affrontèrent en Amérique du Nord. Les colons développèrent une activité juteuse d’échange de prisonniers entre les belligérants.</p><p>Après son accession au trône d’Angleterre, George III mit un terme au laisser-faire de ses deux prédécesseurs. Sous l’influence des philosophes des lumières et de leur idéal du despote éclairé, il entreprit de réglementer la vie de ses sujets et de reprendre en main les colonies.</p><p>Alarmé par les prévisions de ses statisticiens qui lui annonçait la dépopulation de Londres à un horizon de 50 ans, il prit action immédiatement pour éviter la catastrophe en restreignant l’émigration vers les colonies et l’expansion à l’ouest des colonies elles-mêmes. Il détermina que les colonies développeraient l’agriculture tandis que l’Angleterre favoriserait l’industrie. L’imposition de certaines taxes, parfois dérisoires, furent très mal accueillie par les colons. La crise culmina avec l&rsquo;incident du <em>Boston Tea Party</em>.</p><p>Le roi réagit violemment en récusant la Charte du Massachusetts, en interdisant les rassemblements et en nommant gouverneur de l’État un de ses militaires. L’envoi de ses forces armées pour contrôler Boston rencontra alors la résistance ferme des Américains.</p><p>La Révolution Américaine n’avait pas de chef. Elle était la réaction spontanée d’une multitude d’individus qui savaient qu’ils étaient libres, non pas de manière abstraite mais parce qu’ils l’avaient appris de par leur auto-suffisance et leur initiative.</p><h3 class="wp-block-heading">L’individu inconnu</h3><p>Parmi les individus qui ont contribué à l’émancipation de l’Amérique vis-à-vis de l’Angleterre, il y a Thomas Paine, un écrivain dont la première publication consistait à donner la recette de la poudre à canon en 1775 pour contrer l’embargo de l’Angleterre.</p><p>En 1776, il publia <em>Common sense</em>, un essai écrit dans un style populaire qui fut un succès immédiat. En substance, l’essai expliquait aux Américains&nbsp;de faire ce qui était juste à leurs yeux, de couper les ponts avec l’Angleterre et de mettre en place un gouvernement pour le peuple.</p><p>Après dix ans de guerre avec l’Angleterre, les représentants des treize colonies se rencontrèrent à Philadelphie pour s’entendre sur les principes de gouvernement de l’Amérique. Certains souhaitaient une monarchie sur le modèle européen, d’autres une démocratie pure avec les risques que cela comportait de déboucher sur une tyrannie. Le compromis qui émergea, la constitution américaine, fut le résultat d’innombrables discussions et désaccords à travers les colonies.</p><p>Comme préalable à la constitution américaine, il fallait d’abord s’entendre sur les constitutions de chaque colonie.</p><p>Jusque là, les chartes royales qui régissaient chacune des colonies partaient du principe que ce qui n’était pas autorisé expressément était interdit. L’approche des Américains était inédite&nbsp;: ce qui n’était pas expressément interdit était autorisé.</p><p>Les constitutions des colonies furent âprement discutées durant six années, rejetées régulièrement par une population méfiante vis-à-vis de toute autorité. Ce n’est qu’après avoir obtenu des garanties sur les cas autorisés d’utilisation de la force que les Américains acquiescèrent finalement.</p><h3 class="wp-block-heading">Le nouveau modèle</h3><p>La démocratie ne pouvait pas être le mode de fonctionnement de la nouvelle république. James Madison l’a bien expliqué&nbsp;:</p><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Une pure démocratie […] est sans recours face aux agissements d’une faction. […] Une passion ou intérêt commun […] sera partagé par une majorité […] et il n’y aura aucun moyen de contrecarrer la tentation de sacrifier la minorité […] Ainsi, c’est un fait que de telles démocraties […] ont toujours été incompatibles avec les libertés individuelles ou les droits de propriété ; et elles ont, en général, une vie aussi courte que leur mort est violente.</p></blockquote></figure><p>L’Amérique a choisi de s’organiser sous la forme d’une république représentative. Une république est un régime qui ne traite que des affaires publiques, et reconnaît donc implicitement qu’il existe des affaires privées qui ne sont pas de son ressort, ce qui limite l’étendue du pouvoir politique.</p><p>Toute forme de gouvernement place un homme ou un groupe d’hommes au-dessus des autres. Dans ces conditions, comment être certain qu’un tel pouvoir ne soit pas l’objet d’abus&nbsp;? La seule garantie est de réduire au strict minimum ce pouvoir. D’un autre côté, comment cela pourrait-il être réalisé sans prendre le risque de faire sombrer la société dans le chaos&nbsp;?</p><p>La réponse est fournie par la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et par la création des règles et contrepouvoirs qui régissent les interactions entre ces pouvoirs. L’objectif de ce dispositif était qu’en aucun cas, une personne seule ou un groupe de personnes ne puisse avoir trop de pouvoir. De plus, les libertés individuelles, y compris d’un seul individu contre tout le reste de la société, devaient être sanctuarisées.</p><p>Les dix premiers amendements de la constitution, qui protègent les droits individuels, furent le prix demandé par les colonies pour ratifier la constitution américaine.</p><p>La Révolution Américaine est la seule révolution car elle considère les droits humains comme inaliénables. <strong>En Amérique, les dépositaires de l’autorité publique sont ceux qui reçoivent une permission, et non ceux qui la donnent.</strong></p><h3 class="wp-block-heading">Organisation sans organisation</h3><p>L’expansion des États-Unis ne s’est pas faite selon un plan, mais a souvent été le résultat de certains individus particulièrement entreprenants. Par exemple, le Président Jefferson n’a pas été ravi d’apprendre l’achat de la Louisiane à Napoléon par deux diplomates à Paris. De même, la Californie a été conquise par un général aventurier.</p><h3 class="wp-block-heading">La révolution gagne du terrain</h3><p>La Révolution Américaine eut des répercussions dans la Vieille Europe. Les Européens qui ont connu l’Amérique, parfois en combattant contre elle, ont rapporté leurs profondes impressions chez eux. Ils arrivaient aux mêmes conclusions&nbsp;: «&nbsp;L’Amérique est un magnifique pays libre…&nbsp;»</p><p>Par la suite, l’exemple américain a inspiré la Révolution Française, puis les mouvements d’indépendance en Amérique Latine. Puis, la répression des mouvements révolutionnaires en Europe a généré de nouvelles vagues d’émigration dans le Nouveau Monde.</p><p>En 1848, la Suisse réforma son mode de gouvernance et le calqua sur l’exemple américain, les cantons jouant le même rôle que les États américains dans la fédération.</p><p>La guerre de Sécession n’a pas été une guerre civile ni une guerre au nom de la lutte contre l’esclavage mais une guerre entre le Nord industrialisé et le Sud agricole. Le Nord voulait imposer des droits de douane uniformisés sur tous les ports afin de protéger son industrie tandis que le Sud souhaitait pouvoir continuer d’importer des produits manufacturés européens.</p><p>Au-delà des motivations économiques, le Nord souhaitait la cohésion de l’Union et le fait que des armées européennes venaient de pénétrer au Mexique lui a sans doute donné raison. D’un autre côté, il se peut qu’ultimement le dernier mot revienne au Sud car la victoire du Nord a fait pencher l’équilibre constitutionnel vers le gouvernement fédéral au détriment des États de l’Union.</p><p>En 1898, les Américains aidèrent les Cubains à se libérer du joug espagnol, mais le gouvernement fédéral en profita pour en prendre le contrôle. La même année, les Philippins déclarèrent leur indépendance et le gouvernement fédéral les combattit dans une guerre sanglante quatre années durant, avant d’acheter les îles à l’Espagne.</p><h3 class="wp-block-heading">Le progrès par l’innovation</h3><p>Tandis qu’Adam Smith théorisait la production de masse, de l’autre côté de l’Atlantique, des industriels mettaient en pratique le concept sans le savoir. Whitney inventa l’égreneuse à coton, ce qui stimula la production de coton, et indirectement les investissements dans les usines textiles. Jeremiah Wilkinson développa de son propre chef un procédé pour accroître la production de rivets.</p><p>Outre la spécialisation du travail, la production de masse nécessitait également une uniformisation des procédés pour respecter de meilleures tolérances. Jusque-là, les pièces mécaniques avaient des dimensions qui pouvaient varier selon la personne ou le procédé utilisé.</p><p>Whitney automatisa la production d’armes à feu pour répondre à un contrat du gouvernement fédéral. Il remplaça chaque étape manuelle de fabrication par une procédé mécanique. Cela facilita également les remplacements dans la mesure où les pièces devenaient interchangeables.</p><p>Whitney demanda plusieurs extensions au contrat et les obtient avec l’aide de Jefferson. La production de masse demande, en effet, une longue période de mise en place&nbsp;: nouvelles machines, organisation de la chaîne de production, expérimentations. Les 10000 fusils demandés furent prêts pour la guerre de 1812 avec les Britanniques.</p><p>Eli Terry appliqua les mêmes méthodes pour produire en masse une montre au prix de 10$ au lieu de 25$. Jusque-là, dans l’Ancien Monde, le temps humain ne paraissait pas une chose importante. Les esclaves étaient là pour les basses besognes et le mode de vie oisif de leurs maîtres leur permettait de les surveiller. En somme, il n’y avait pas vraiment d’incitation à améliorer la productivité du travail. Mais pour des hommes libres, le temps avait une valeur qu’il convenait de mesurer.</p><p>En 1795, à une époque où la construction connaissait un boom historique, Jacob Perkins développa une machine qui pouvait produire 60&nbsp;000 clous par semaine. Auparavant, chaque clou devait être forgé à la main.</p><p>Les plaines du Midwest furent cultivées efficacement, non pas grâce au gouvernement, mais grâce à une invention de John Deere, un forgeron. Ce dernier créa un sillon bien conçu et tout en acier qui permettait de creuser les terres argileuses de la région. Il s’agissait d’une invention toute simple, mais pourquoi n’avait-elle pas été réalisée et exploitée plus tôt, alors que le plus grand nombre ne mangeait pas à sa faim&nbsp;?</p><p>L’essentiel de la prospérité dont nous profitons aujourd’hui, nous le devons aux façons de penser de nos ancêtres d’il y a 100 ou 150 ans. Il est peu probable qu’il n’y ait jamais eu dans l’histoire une période plus propice à libérer les énergies humaines, ainsi que l’inventivité et la créativité des hommes.</p><p>De la même manière, notre futur dépend de ce qu’il y a dans la tête de la jeune génération d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Sont-ils fatalistes ou autonomes&nbsp;? Quelle est l’influence de la famille&nbsp;et comment cela se compare-t-il au passé ? Que se passe-t-il à l’école&nbsp;? Quelle est la philosophie de nos éducateurs et de nos hommes publics&nbsp;?</p><h3 class="wp-block-heading">L’espoir versus la peur</h3><p>La créativité existe partout dans le monde, mais ce qui compte est ce qu’on en fait. L’Amérique a exploité des idées vieilles de plusieurs siècles pour les mettre à l’essai. Dans le Vieux Monde, les inventions de génie prenaient habituellement la poussière, à moins qu’elles n&rsquo;aient un usage militaire.</p><p>Pour que les inventions puissent avoir de réelles applications, il faut que les inventeurs aient l’opportunité et l’incitation de le faire, il faut que les acheteurs aient l’opportunité et l’incitation de les utiliser et entre les deux, il faut des opportunités et des incitations pour produire et échanger. L’Amérique offre tout cela.</p><p>Pour l’essentiel, les Américains ont toujours été libres de travailler pour qui ils voulaient, de faire affaire avec quelqu’un à l’autre bout du pays ou de dépenser leur argent comme ils l’entendaient.</p><p>Certes, il peut arriver que des monopoles privés voient le jour. Mais c’est souvent parce que les autorités n’ont pas fait leur travail de police contre les gangsters corporatifs ou ont été achetées pour fermer les yeux sur leurs pratiques. Il y a alors deux recours&nbsp;: les clients peuvent boycotter le monopole ou un nouveau gouvernement peut y mettre un terme. En revanche, on ne peut rien faire contre un <em>monopole public</em>. En la matière, le principe devrait toujours être la liberté de choix pour le consommateur.</p><p>Le système politique américain est propice au développement puisque chaque individu est responsable de sa vie et a des incitations adéquates&nbsp;: des gains fantastiques en cas de succès, des pénalités limitées en cas d’échec. Dans un État totalitaire, l’équilibre est précisément le contraire. Un esprit inventif est un esprit qui doute et qui sort des sentiers battus. Un tel individu ne survivrait pas très longtemps dans un régime totalitaire. Même dans le cas d’une agence gouvernementale de recherche scientifique, comment celle-ci sélectionnerait-elle ses éléments&nbsp;? Aurait-elle choisi Thomas Edison ou Henry Ford&nbsp;? Comment une telle agence saurait à l’avance où sont les domaines les plus prometteurs&nbsp;ou les plus féconds&nbsp;?</p><p>Une société libre comme l’Amérique permet l’émergence de nombreux génies puisque la totalité de la population peut choisir cette voie si elle en a l’opportunité et si elle a le talent requis. De plus, étant donné la nature compétitive de l’Amérique, plus il y a de talents, plus il y a d’émulation et meilleurs sont les gagnants. Mais même dans cette compétition, les talents de second ordre n’ont pas participé en vain, car ils sont nécessaires pour réaliser et mettre en application le menu détail des grandes inventions.</p><p>En Amérique, il y a un continuum depuis l’inventeur jusqu’à l’utilisateur en passant par le spécialiste et l’amateur. Chacun est libre d’expérimenter comme il le souhaite, quitte à gâcher un matériel qui aurait pu servir un objectif plus noble sous la supervision d’un «&nbsp;expert&nbsp;». <strong>N’ayant pas à se soucier des atteintes à son intégrité physique, à sa liberté et à sa propriété, l’Américain peut consacrer son énergie à la production de biens et services utiles aux autres.</strong></p><p>Enfin, les habitudes de frugalité et d’épargne des Américains ont été fondamentales pour financer l’investissement nécessaire aux gains de productivité et à la production de masse.</p><p>The post <a
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class="wp-block-list"><li>Le taux de base&nbsp;: par exemple 85% des taxis de cette ville sont verts. Si vous n’avez pas d’autre information spécifique pertinente, c’est le taux à utiliser.</li><li>De l’information spécifique à une instance, un individu, un cas.</li><li>La précision attendue de la prévision sachant l’information disponible.</li></ul><p>L’art de la prédiction statistique est de pondérer adéquatement l’information de base et l’information spécifique. Cela est particulièrement important pour distinguer la compétence de la chance.</p><p>Lorsqu’un phénomène est totalement dû à la chance, comme de gagner à la loterie, on devrait se fier uniquement à l’information de base (la chance de gagner au loto). En revanche, lorsqu’un phénomène est dû uniquement à la compétence, comme le jeu d’échec, on devrait se fier seulement à l’information spécifique (chance que l’individu en question gagne selon sa performance passée).</p><h3 class="wp-block-heading">2. Compétence, chance et trois leçons simples</h3><p>Lorsqu’il est raisonnable de penser qu’un autre événement aurait pu se produire que celui qui s’est produit, alors la chance est de la partie.</p><p>La chance n’est pas tout à fait la même chose que le hasard. En effet, le hasard concerne un système tandis que la chance s’applique à une instance, un individu ou un cas.</p><p>Certaines activités laissent peu de place à la chance et impliquent presque exclusivement de l’aptitude&nbsp;: la course de fond, les échecs ou le violon. La situation est inverse pour des activités telles que le poker et l’investissement. Dans ces deux derniers cas, la compétence est l’acquisition d’un «&nbsp;bon&nbsp;» processus de décision.</p><p>Qu’est-ce qui différencie les activités où la chance joue un rôle négligeable et celles où elle joue un rôle important&nbsp;?</p><p>Dans les activités où la chance joue un rôle mineur, un bon mode opératoire conduit presque systématiquement à un bon résultat. Dans les activités où la chance est prépondérante, un bon mode opératoire aura aussi un bon résultat, mais seulement après une longue période.</p><p><strong>Voici un autre bon test pour différencier les deux situations. Demandez-vous&nbsp;: est-ce que je peux perdre intentionnellement&nbsp;? Cela est facile aux échecs, mais impossible à la roulette.</strong></p><p>Naturellement, il existe en fait un continuum d’activités qu’on peut classer selon le degré plus ou moins important qu’y joue la chance. <strong>Si la chance joue un rôle important, alors la taille de l’échantillon de résultats sera critique pour juger la compétence (ou non)</strong>. En effet, à tailles d’échantillon égales, l’estimation de la moyenne est plus précise pour une variabilité des observations faible (chronos d’un sprinteur par exemple) que pour une variabilité des observations élevée (performance d’un gestionnaire de portefeuille).</p><p>Il peut sembler naturel de rechercher les exemples de succès chez les entreprises pour s’en inspirer. D’ailleurs, des millions de livres sur ce sujet se vendent chaque année. Pourtant, les études montrent que plus des trois quarts des entreprises considérées comme supérieures le doivent à la chance.</p><p>Dès que la chance a une influence sur le résultat d’une activité, alors un résultat exceptionnel aura tendance à être suivi par un résultat moins exceptionnel. Ce phénomène est connu sous le nom de retour à la moyenne. <strong>L’élément important ici est que la rapidité du retour à la moyenne est fonction de la position dans le continuum chance/talent.</strong></p><p>Par exemple, au tennis, les cinq meilleurs joueurs mondiaux restent souvent les mêmes d’une année à l’autre. En revanche, au baseball, où la chance joue un plus grand rôle, seule une équipe, les New York Yankees, a fait partie du top 4 en 2009, 2010 et 2011.</p><h3 class="wp-block-heading">3. Pourquoi sommes-nous si mal équipés pour distinguer le talent de la chance&nbsp;?</h3><p>Nous avons tendance à croire que parce que B se produit après A, que B est causé par A. Il s’agit de l’illusion <em>post hoc, ergo propter hoc</em>, c’est-à-dire <em>après cela, donc à cause de cela</em>. C’est ce type de biais qui explique les superstitions. Si par exemple, vous avez eu du succès un jour donné, vous serez peut-être incité à porter la même chemise ou la même cravate que ce jour-là.</p><p>Un autre biais consiste à penser que les événements sont plus inéluctables qu’ils ne le sont réellement. Étant donnée le dénouement d’une histoire, nous allons probablement reconstituer un enchaînement inéluctable de causes et d’effets qui produit le résultat final. Ainsi, le rôle de la chance est sous-estimé. Des fins alternatives auraient pu se produire, mais ne sont pas considérées.</p><p>Dans <em>Good to Great</em> de Jim Collins, onze compagnies exceptionnelles sont analysées afin d’en tirer des conclusions sur les stratégies managériales gagnantes. Le problème avec une telle approche est qu’elle ne répond pas à la bonne question&nbsp;: <strong>combien ont réussi parmi les entreprises qui ont essayé ces stratégies ?</strong> Peut-être que les onze entreprises sont une infime minorité. Là encore, nous avons tendance à relier des effets (la réussite) à des causes (certaines stratégies) sans tenir compte du rôle de la chance.</p><p>En conclusion, d’un point de vue statistique, il semble bien <strong>plus pertinent d’étudier une stratégie et de voir si elle a réellement contribué au succès que d’étudier le succès et voir quelles stratégies ont fonctionné</strong>.</p><p>En plus de la sous-estimation du rôle de la chance, la relation de cause à effet est difficile à déterminer. En particulier, la façon de mesurer ces relations de cause à effet influence les conclusions. Ainsi, une étude du professeur Ionnadis a établi qu’en médecine près de 80% des études observationnelles débouchaient sur des conclusions erronées ou très exagérées tandis que les études cliniques randomisées aboutissaient à des résultats vrais dans trois quarts des cas.</p><p>En fait, les études observationnelles souffrent de deux défauts majeurs. D’abord, il y a le biais du chercheur qui est plus ou moins consciemment incité à donner la «&nbsp;bonne réponse&nbsp;». Ensuite, il y a l’excès de tests. Plus on effectue de tests, plus il y a de chance qu’on trouve un lien de cause à effet fictif.</p><h3 class="wp-block-heading">4. Le continuum talent-chance</h3><p>Lorsque le talent prédomine, un petit échantillon est suffisant pour le confirmer. Lorsque la chance est la composante principale, un grand échantillon est nécessaire pour le valider.</p><p>Lorsque la proportion relative talent vs chance est inconnue, la taille adéquate de l’échantillon peut être difficile à établir. Deux erreurs (au moins) peuvent être commises. La première est de penser que les observations à notre disposition sont représentatives. Peut-être qu’avec un échantillon plus grand, nous observerions des cas très différents. La seconde erreur est de penser que les résultats vont s’équilibrer comme dans la nature. Par exemple, une série de jours de pluie est plus probablement suivi par du beau temps. Cependant, c’est faux lorsque les observations sont indépendantes l’une de l’autre, comme au jeu du pile ou face. Vous pourriez avoir 100 faces de suite, ça ne changerait rien au fait qu’au 101<sup>ème</sup> lancer, il y a 50% de chance de tirer pile et 50% de tirer face.</p><p>Au basketball, chacune des deux équipes a possession de la balle 65 fois en moyenne durant le match. Notez que chaque possession de balle est l’occasion de transformer le score. Dans le jeu de crosse, chaque équipe a possession de la balle 33 fois seulement. Nous pourrions donc dire que puisque l’échantillon obtenu à l’issue d’un match de basket est plus grand que celui obtenu à l’issue d’un match de crosse, la chance joue un rôle moins important au basket qu’au jeu de crosse. Remarquez de plus que la durée du jeu n’a pas vraiment d’influence sur la position dans le continuum talent-chance.</p><p>Il existe ce qu’on appelle un paradoxe du talent qui n&rsquo;est pas sans rappeler la course aux armements. Une entreprise peut améliorer ses opérations mais ne se distinguera pas d’un concurrent qui l&rsquo;imite. Pour cette raison, paradoxalement, des accidents de parcours peuvent complètement rebattre les cartes entre les deux concurrents. La chance joue alors à nouveau un rôle de premier plan. C’est également ce qui se passe lorsque les investisseurs utilisent les mêmes stratégies. La chance départage les gagnants et les perdants. Une autre illustration de ce phénomène est le faible écart des meilleures performances sportives à la course à pied. Cela contribue à rendre plus aléatoire le résultat des courses.</p><p>Au baseball, certains batteurs de légende ont connu des séries gagnantes très longues (56 pour Joe DiMaggio). De telles séries sont le résultat combiné d’un talent exceptionnel avec de la chance.</p><p>La position sur le continuum talent-chance affecte la rapidité du retour à la moyenne. Ainsi, <strong>pour une activité où seule le talent entre en ligne de compte, la performance sera toujours la même</strong>. Pour une activité où seule la chance joue un rôle, un résultat élevé sera suivi en moyenne d’un résultat… moyen donc plus faible que le résultat précédent. De même, un résultat faible sera suivi en moyenne d’un résultat moyen donc plus élevé que le résultat précédent.</p><h3 class="wp-block-heading">5. Placer des activités sur le continuum talent-chance</h3><p>Trois questions aident à placer approximativement une activité sur le continuum talent-chance&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li><strong>Est-il facile d’associer une cause à un effet observé ?</strong> Dans un tel cas de figure, l’activité a tendance à être stable (la structure de l’activité ne change pas) et linéaire (même réaction pour une même action) et donc se situera plutôt dans la partie talent du continuum.</li><li><strong>Quel est la rapidité du retour à la moyenne ?</strong> Un retour à la moyenne lent est caractéristique des activités où le talent prédomine.</li><li><strong>Pouvons-nous faire de bonnes prédictions ?</strong> En ingénierie, dans certaines branches de la médecine, dans les compétitions d’échecs, les prédictions des experts sont dignes de confiance, mais c&rsquo;est beaucoup moins le cas dans les sciences sociales.</li></ul><p>Une autre approche consiste à considérer les deux cas extrêmes&nbsp;: pure chance et pur talent et à la combiner les distributions «&nbsp;pure chance&nbsp;» et «&nbsp;pur talent&nbsp;» selon la bonne pondération pour approcher la distribution observée. Par exemple, une analyse des résultats du football américain semblerait donner une pondération 52% talent, 48% chance. Compte-tenu de ce qui précède, la modélisation statistique donnerait 75% de fiabilité aux prédictions. Cela semble confirmé par les performances des meilleurs parieurs sportifs.</p><p>Enfin, une troisième méthode repose sur l’analyse des variances. Contrairement à la précédente méthode, on n’a pas besoin de connaître la forme des distributions de probabilité de la chance et du talent.</p><p>Variance (talent) = Variance (observations) – Variance (chance)</p><p>Par exemple, dans la saison 2010-2011 de la NBA, la meilleure équipe, celle des Chigago Bulls a remporté 75% de ses matchs tandis que la plus mauvaise équipe celle du Minnesota a remporté 21% de ses matchs. L’écart-type du taux de matchs gagnés par les 30 équipes participantes au cours de 82 matchs s’élève à 0,16 ce qui correspond à la Variance (observations) = 0,16² = 0,026. Le point important est que toutes ces équipes aient joué le même nombre de matchs (82 ici). D’autre part, il est facile d’évaluer Variance (chance) puisqu’il s’agit de simuler 82 matchs où chaque équipe a 50% de chance de gagner et de perdre. D’où Variance (chance) = 0,055² = 0,003. D’où Variance (talent) = 0,026 – 0,003 = 0,023. Ici la contribution de la chance n’est que de 0,003/0,026 soit environ 12%, ce qui est très faible.</p><h3 class="wp-block-heading">6. La longévité du talent</h3><p>Qu’il s’agisse de sport, d’affaires ou de capacités cognitives, prendre de l’âge réduit les performances. Au baseball, les meilleurs batteurs ont besoin d’une acuité visuelle hors norme et d’une réactivité explosive. Avec l’âge, l&rsquo;acuité visuelle se détériore ainsi que les fibres musculaires spécialisées dans les efforts courts et intenses.</p><p>L’âge de la performance optimale dépend du sport mais est concentrée dans la vingtaine. Hormis des domaines très spécialisés avec des règles rigides et qui demandent une pratique délibérée (échecs, dames etc.), il en est de même pour les facultés utiles à la prise de décision&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li><strong>Intelligence fluide</strong>, c’est-à-dire la capacité à résoudre des problèmes jamais vus auparavant. Le pic est à 20 ans et les performances diminuent d’1% chaque année.</li><li><strong>Intelligence cristallisée</strong>, c’est-à-dire la capacité à utiliser la connaissance accumulée pour résoudre des problèmes. Ce type d’intelligence croît avec l’âge et compense dans une certaine mesure la perte d’intelligence fluide.</li></ul><p>Le vieillissement ne touche pas seulement les individus mais les organisations aussi. Des études montrent que les performances des entreprises déclinent avec le temps. Une explication possible est que la prise de risque n’est pas ce que préfèrent les entreprises bien établies. Au contraire, elles auront tendance à privilégier les opportunités connues en améliorant des processus existants.</p><h3 class="wp-block-heading">7. Toute les nuances de la chance</h3><p>Jusqu’ici, nous avons implicitement supposé que les résultats successifs étaient indépendants. Cependant, il est aussi possible qu’il existe une mémoire dans les performances. Par exemple, un joueur peut être en feu ou malade, ce qui affecte sa performance. Des simulations ont montré que les résultats sportifs étaient <em>essentiellement</em> indépendants les uns des autres, mais qu’il existait tout de même une (légère) dépendance entre des résultats successifs.</p><p>Lorsqu’on observe le succès ou l’échec de chansons ou de séries télévisées, la chance semble avoir un rôle majeur mais d’une façon indirecte. A un même niveau de qualité, si une chanson est légèrement plus populaire qu’une autre, son avantage va aller en s’accentuant à mesure que les gens vont s’influencer les uns les autres. Au bout du compte, à qualités égales, l’une des chansons fera beaucoup plus de ventes que l’autre.</p><p>En fait, il existe tout un ensemble de phénomènes sociaux qui ont cette caractéristique&nbsp;: peu de gagnants qui accaparent l’essentiel du succès. Une poignée de livres se vendent par millions, tandis que des millions de livres font moins de 100 ventes. La loi statistique derrière ces phénomènes est appelée «&nbsp;loi puissance&nbsp;».</p><p>Le mécanisme est intimement relié à la dépendance qui existe entre un résultat et le suivant. Par exemple, le biais d’attachement préférentiel va vous conduire à utiliser des plateformes qui sont bien connues (indépendamment de leur qualité), ce qui augmente leur succès. Par ailleurs, si un seuil critique est dépassé pour une nouvelle technologie, ou une nouvelle mode, ou une épidémie, le «&nbsp;succès&nbsp;» est pratiquement assuré.</p><p>Dans le passé, les revenus de célébrités au talent équivalent auraient été assez similaire. De nos jours, grâce à la technologie, le public va préférer acheter l’enregistrement de celui qui est perçu comme marginalement meilleur. Il en résulte une concentration massive des revenus dans un petit groupe d’artistes.</p><p>Non seulement, la chance explique l’inégalité des revenus, mais même notre perception du talent est elle-même imprévisible principalement à cause des dynamiques sociales sur ce qui est valorisé ou non. C’est une chose de comparer les temps de coureurs (une seule dimension), mais c’en est une autre d’évaluer la meilleure université (multiples dimensions). Dans ce dernier cas de figure, d’ailleurs, certaines des métriques utilisées comme la réputation de l’université sont elles-mêmes très subjectives.</p><h3 class="wp-block-heading">8. Caractéristiques d’une statistique utile</h3><p>Une statistique utile pour discriminer entre le talent et la chance doit avoir ces caractéristiques&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Elle doit être persistante. Ses résultats doivent être cohérents sur différentes périodes.</li><li>Elle doit être prédictive. Les résultats de la statistique doivent être indicatifs de la performance.</li></ul><p>Ces deux critères sont mesurés au travers du coefficient de corrélation. Par exemple, supposons qu&rsquo;une équipe de baseball fait un écart-type plus de points que la moyenne, et gagne 0,75 écart-type de plus que la moyenne. Ici, le coefficient de corrélation est 0,75 (toutes les valeurs entre -1 et 1 sont possibles).</p><p>Au baseball, par exemple, le taux de «&nbsp;strike-out&nbsp;» (balle renvoyée) entre deux années successives d’un batteur a une plus forte corrélation que le «&nbsp;batting average&nbsp;» (balle touchée). Cela en fait donc une meilleure statistique pour mesurer la performance puisque plus persistante.</p><p><strong>Le principal intérêt d’utiliser une statistique plus persistante et prédictive est que cela réduit, parfois massivement, la taille de l’échantillon nécessaire pour la calculer.</strong></p><p>Les décideurs, qu’ils évoluent dans le domaine sportif ou dans les affaires, ont tendance à se concentrer sur certaines heuristiques pour sélectionner des joueurs ou des stratégies. Ces règles du pouce fonctionnent mais elles aveuglent les décideurs sur les vraies causes du succès qui peuvent être mises au jour par l’analyse statistique.</p><p>Dans le monde des affaires, la croissance du profit par action ou «&nbsp;Earnings Per Share&nbsp;» (EPS), est souvent utilisée pour mesurer le succès d’une entreprise. Cependant, cette relation ne va pas de soi puisque le profit par action peut augmenter alors même que la valeur pour l’actionnaire est détruite. En fait, il existe peu de corrélation d’une période à l’autre sur la croissance du profit par action, et en tout cas moins que la croissance du chiffre d’affaires. D’un autre côté, la croissance du chiffre d’affaires a un pouvoir prédictif plus faible que la croissance du profit par action sur la valeur totale pour l’actionnaire…</p><h3 class="wp-block-heading">9. Favoriser le talent</h3><p>Pour les activités où l’environnement est stable et le lien entre cause et effet est direct et rapide, la pratique délibérée contribue à améliorer les compétences. A contrario, pour des activités où l’environnement est changeant et où la rétroaction est moins claire, la meilleure approche est de se concentrer sur le processus de décision.</p><p><strong>Le principal problème survient lorsque l’intuition qui s’applique bien dans le premier cas de figure est utilisée pour les situations où la chance est prépondérante. </strong>C’est ce qui se passe souvent pour l’investissement.</p><p>Une pratique délibérée réussie implique de mettre sur pied un programme construit pour accroître la performance. <strong>Un bon programme vous sortira suffisamment de votre zone de confort pour que vous progressiez mais pas trop pour ne pas vous décourager.</strong></p><p>Les listes de contrôles sont pertinentes dans les activités où la chance intervient peu pour s’assurer de ne rien oublier et de respecter l’ordre des opérations. Elles le sont également lorsque la chance est partie intégrante de l’activité. Il s’agit alors de respecter un processus qui garantit de bons résultats sur le long terme.</p><h3 class="wp-block-heading">10. Gérer la chance</h3><p>Lors d’une confrontation militaire avec un adversaire plus fort, il est de l’intérêt du plus faible de compliquer le théâtre de guerre afin d’accroître le rôle de la chance. Cela peut être fait, par exemple, en multipliant les engagements ou en devenant imprévisible.</p><p>L’histoire des guerres asymétriques de ces deux derniers siècles démontrent qu’un belligérant beaucoup plus faible qu’un autre a 38% de chances de l’emporter. Les bonnes pratiques consistent à éviter l’engagement lorsque la défaite est certaine et à changer régulièrement de stratégie. Le taux de réussite s’améliore avec le temps car les guérillas apprennent les unes des autres.</p><p>Un concept similaire existe dans les affaires. Dans les années 1970, Toyota et Honda ont commencé à produire des voitures petites et peu dispendieuses, un segment délaissé par les grands constructeurs américains. Après avoir améliorer leurs produits et être monté en gamme, Toyota et Honda ont progressivement augmenté leurs parts de marché.</p><p>La théorie de la disruption établit que&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Une entreprise bien établie qui améliore un produit a tendance à réussir</li><li>Une nouvelle entreprise qui améliore un produit existant a tendance à échouer</li><li>Une entreprise bien établie qui crée un nouveau produit dans le cadre organisationnel habituel a tendance à échouer</li><li>Une entreprise bien établie qui crée un nouveau produit dans un cadre autonome a tendance à réussir</li></ul><p>Lorsque la chance intervient dans un résultat, il est difficile de démêler cause et effet. Dans cette configuration, les essais randomisés avec un groupe de contrôle sont utiles car ils permettent de vérifier des hypothèses sur la chaîne de causalité.</p><h3 class="wp-block-heading">12. Retour à la moyenne</h3><p>Karl Pearson, le statisticien, a comparé la taille des pères avec celle des fils. Il a trouvé un coefficient de corrélation de 0,5 ce qui reflète le fait que la taille est pour partie une caractéristique héréditaire. Plus intéressant, Karl Pearson observa que les fils dont le père était de grande taille avaient une taille plus proche de la moyenne (10 cm de plus que la moyenne) que leurs pères (20 cm de plus que la moyenne).</p><p>Le phénomène précédent illustre le concept de retour à la moyenne. Ce concept est difficile à saisir pour plusieurs raisons. Lorsqu’une performance diminue, nous avons tendance à rechercher une explication. En réalité, la performance précédente a probablement eu un coup de pouce de la chance.</p><p>Une autre idée fausse consiste à interpréter le retour à la moyenne comme une réduction de variance (dispersion) des résultats. Par exemple dans l’exemple de la taille des pères et des fils, les données démontrent que la distribution des tailles est assez semblable entre les pères dans leur ensemble et les fils dans leur ensemble.</p><p>En fait, le phénomène de retour à la moyenne se manifestera dès que la corrélation d’une année sur l’autre pour une mesure de performance n’est pas parfaite (=1 ou -1). Lorsque la corrélation est très faible, la meilleure prédiction du prochain résultat sera le taux de base. Lorsque la corrélation est très élevée, la meilleure prédiction du prochain résultat sera le résultat précédent. Entre ces deux situations, il s’agit de pondérer correctement le taux de base et le résultat précédent.</p><p>La formule est celle-ci&nbsp;:</p><p>Z = Ῡ + c.(Y &#8211; Ῡ)</p><p>Où Z est la prédiction du résultat, Ῡ est le taux de base, Y le résultat précédent, et c un facteur correctif.</p><p>Le paramètre c peut valoir de 0 (chance pure) à 1 (talent pur). Le meilleur estimateur est obtenu pour c = r où r est le coefficient de corrélation. Mais attention, le coefficient de corrélation est rarement stable dans le temps. Il y a donc une incertitude sur la bonne valeur à utiliser, si toutefois celle-ci existe vraiment.</p><p>La méthode ci-dessus suppose également qu’il existe un taux de base. Or dans le cas des lois de puissance (comme la répartition des revenus), une telle moyenne n’a pas vraiment de sens.</p><h3 class="wp-block-heading">13. L’art de l’estimation</h3><p>Voici dix suggestions pour améliorer les prédictions&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Trouvez où vous vous situez sur le continuum talent-chance.</li><li>Évaluez la taille de l’échantillon, la significativité statistique et le potentiel pour des cygnes noirs (événements imprévisibles avec des effets disproportionnés).</li><li>Toujours considérez l’hypothèse nulle (commencez par le modèle le plus simple que vous puissiez imaginer).</li><li>Considérez la qualité des boucles de rétroactions et évaluez si les incitations rétribuent la chance ou le talent.</li><li>Efforcez-vous à imaginer des scénarios alternatifs (univers parallèles possibles). &nbsp;</li><li>Développez des béquilles pour améliorer vos résultats&nbsp;:<ul><li>La chance&nbsp;prédomine : utilisez un bon processus, comprenez la psychologie, mettez en place des garde-fous institutionnels.</li><li>Mix chance et talent&nbsp;: utilisez des listes de contrôle.</li><li>Le talent prédomine&nbsp;: pratiquez intensivement si possible avec l’aide d’un coach.</li></ul></li><li>Ayez un plan pour les interactions stratégiques (simplifiez le jeu si vous êtes fort, complexifiez-le sinon).</li><li>Utilisez le retour à la moyenne à votre avantage (pour faire de bonnes prédictions).</li><li>Développez des statistiques pertinentes (persistantes et prédictives).</li><li>Connaissez vos limites (les règles du jeu peuvent changer). &nbsp;&nbsp;</li></ol><p>The post <a
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