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><channel><title>histoire - Economie rebelle</title> <atom:link href="http://economierebelle.com/tag/histoire/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>https://economierebelle.com/tag/histoire/</link> <description>Mon argent, mon choix</description> <lastBuildDate>Fri, 10 Jun 2022 16:42:36 +0000</lastBuildDate> <language>fr-FR</language> <sy:updatePeriod> hourly </sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency> 1 </sy:updateFrequency> <generator>https://wordpress.org/?v=6.7.1</generator> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;Livre « How the Weak Win Wars » par Ivan Arreguin-Toft</title><link>https://economierebelle.com/livre-how-the-weak-win-wars-par-ivan-arreguin-toft/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-how-the-weak-win-wars-par-ivan-arreguin-toft</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-how-the-weak-win-wars-par-ivan-arreguin-toft/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Fri, 10 Jun 2022 02:41:28 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[guerre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre <em>How the Weak Win Wars</em> est un livre dont la thèse principale est que lors d&rsquo;une guerre asymétrique, le faible l&#8217;emporte tant que le fort mène une guerre conventionnelle et se refuse à cibler les civils.</p><p>L&rsquo;ouvrage est répétitif et la thèse proposée n&rsquo;est pas suffisamment supportée par les données. Nous lui préférons la thèse de Walter Laqueur selon laquelle les guérillas qui ont réussi sont celles qui disposaient d&rsquo;un sanctuaire et étaient soutenues par une des grandes puissances.</p><p>L&rsquo;intérêt principal du livre réside dans l&rsquo;étude et la comparaison des principales guerres asymétriques de l&rsquo;époque moderne.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Mise en contexte</h3><p>Depuis 1816, les conflits asymétriques entre un acteur beaucoup plus fort que son adversaire a tourné à l’avantage du plus fort <em>seulement</em> dans deux cas sur trois. Ce résultat est surprenant car il ne reflète pas la force relative des belligérants et semble donner un avantage particulier au plus faible.</p><p>En fait, entre 1950 et 1999, le ratio s’est dégradé. Le plus fort l’a emporté autant de fois qu’il a perdu.</p><p>Certains avancent que les pays autoritaires sont plus efficients dans la guerre que les pays démocratiques du fait de leur contrôle de l’information et de leur capacité de coercition et du peu de cas qu’ils font de la vie humaine. Toutefois, au total, il semblerait que les pays autoritaires soient fortement pénalisés par leur économie planifiée et centralisée.</p><p>Une autre hypothèse est que le faible, qui se bat pour survivre, a beaucoup plus à perdre que le fort. Il est donc incité à se battre jusqu’au bout. D’un autre côté, on pourrait objecter qu’une superpuissance risque de voir son statut menacé si elle bat en retraite face à un adversaire faible.</p><p>L’interaction stratégique entre belligérants offre une meilleure explication. Pour simplifier, deux grands types de stratégies existent&nbsp;: la stratégie directe et la stratégie indirecte. Les cas où le faible l’emporte semble correspondre aux situations où le fort utilise la stratégie directe et le faible la stratégie indirecte.</p><h3 class="wp-block-heading">Le conflit asymétrique expliqué</h3><p>Les régimes autoritaires ont un double avantage sur les démocraties. Tout d’abord, ils ont un bien meilleur contrôle de l’information qui parvient à leurs sujets. Ils peuvent ainsi justifier leurs guerres. D’autre part, lorsque les sujets ont connaissance des exactions commises par leur régime, cela peut apparaître comme une juste rétribution pour actions de l’ennemi.</p><p>En général, toutefois, les pays autoritaires gagnent moins souvent leurs guerres que les pays démocratiques. En effet, ils sont souvent dotés d’une économie planifiée et centralisée qui les handicapent. Il y a toutefois une exception. Lorsque les guerres sont particulièrement longues, les régimes autoritaires ont l’avantage.</p><p>Lorsqu’un acteur fort, à la suite d’une longue guerre, n’a que peu à gagner d’une victoire et que l’adversaire ne constitue pas une menace immédiate, il est incité à abandonner le combat. La population et/ou la classe dirigeante ne souhaite plus payer le prix économique et en pertes humaines pour poursuivre la guerre.</p><p>Les belligérants peuvent adopter toutes sortes de stratégies ou combinaisons de stratégies pour atteindre leurs objectifs politiques et militaires. Si l’un des acteurs est capable de prédire la stratégie de son ennemi, il dispose d’un avantage colossal. Il pourra trouver la meilleure stratégie à adopter.</p><p>La stratégie directe consiste à détruire les forces militaires de l’ennemi. La stratégie indirecte consiste à détruire la volonté de combattre de l’ennemi. Des exemples de stratégies indirectes&nbsp;: les exactions contre les civils, la guérilla, le terrorisme et la désobéissance civile.</p><p>Le fait d’utiliser une stratégie indirecte en réponse à une stratégie directe a pour résultat de frustrer les attentes de l’adversaire. Pour cette raison, la lutte s’éternise. Or, plus le temps passe et plus le faible augmente ses chances de l’emporter.</p><p>Dans 77% des 202 conflits asymétriques entre 1816 et 2003, les deux belligérants conservent la même stratégie du début à la fin du conflit. Ce chiffre suggère qu’il y a inertie liée à des groupes d’intérêt, à des technologies, à des doctrines ou des formations. D’autre part, des pays comme les Etats-Unis sont plus préoccupés d’un éventuel face à face avec la Russie qu’avec des guérilleros dans une jungle.</p><p>En face d’un adversaire qui recourt à la guérilla, un attaquant beaucoup plus fort aura toutes les chances de l’emporter s’il recourt à une stratégie indirecte de meurtres, torture et viols contre l’adversaire le plus faible pour le soumettre.</p><p>Dans environ ¾ des cas où le fort et le faible emploient la même approche (directe-directe ou indirecte-indirecte), soit 151 conflits, le fort l’emporte. Dans les 2/3 des cas où le fort et le faible emploient une approche opposée (directe-indirecte ou indirecte-direct), <strong>soit 22 conflits</strong>, le faible l’emporte.</p><h3 class="wp-block-heading">Russie contre le Caucase, 1830-1859</h3><p>Les montagnes du Daguestan prolongées par les monts et les forêts denses de Tchétchénie représentaient une position défensive formidable. Lorsque les Russes concentraient leurs troupes, ils devenaient des cibles faciles pour les Tchétchènes. Lorsque les Russes se dispersaient, ils devenaient plus mobiles et moins vulnérables, mais ils perdaient aussi l’avantage de l’artillerie et de leur approvisionnement.</p><p>Les Russes se sont finalement adaptés en construisant des forts et en abattant les forêts, ce qui n’est pas sans rappeler la stratégie des Américains au Vietnam avec l’utilisation de défoliants. Du point de vue Tchéchène, la résistance a été victorieuse tant que les différentes ethnies ont pu présenter un front uni contre l’adversaire.</p><p>La Russie impériale était le stéréotype d’un pays autoritaire. L’intérêt de la classe dirigeante dans la conquête du Caucase était simple&nbsp;: la gloire, l’annexation de nouveaux territoires, la conversion et la pacification.</p><p>A la suite des atrocités commises par les Russes particulièrement à l’endroit des populations musulmanes, les tribus du Daguestan et de Tchétchénie s’unifièrent sous l’égide de Khazi Muhammed en 1930 et adoptèrent le Muridisme une forme de fanatisme islamique. Après la mort sur le champ de bataille de Khazi Muhammed, puis celle de son successeur, Shamil devint le 3<sup>ème</sup> imam et exerça une autorité absolue les 25 années suivantes. Jusque-là les Muridites obtenaient d’éclatantes victoires tactiques mais sans coordinations stratégiques. L’intérêt des Muridites a également évolué de la rapine et la gloire à celui de l’expulsion des infidèles et l’établissement d’une théocratie de la mer Noire à la mer Caspienne.</p><p>Une des clés dans la montée en puissance du mouvement de Shamil a été la série de victoires contre les Russes. Cela a suscité des vocations dans les tribus soucieuses de voler au secours de la victoire.</p><p>Après de nombreuses erreurs, les Russes ont finalement trouvé la bonne méthode&nbsp;: déforestation massive, larges routes, installation de l’artillerie à portée des forts ennemis, blocage de l’approvisionnement des combattants par la population… et une politique de clémence. Mais tout cela n’aurait sans doute pas pu avoir d’effet sans une longue période de lutte.</p><p>Une des leçons de cette guerre est qu’une guérilla n’est efficace que si elle s’appuie sur une forte organisation sociale qui rend inopérant les bakchichs et la coercition.</p><h3 class="wp-block-heading">Grande-Bretagne et Guerre des Boers 1899-1902</h3><p>La Grande-Bretagne avait installé un avant-poste colonial en Afrique du Sud et souhaitait annexer les deux Républiques des Boers fondées par les Afrikaners. L’option de la guerre, même soutenue par la propagande des journaux, était difficilement justifiable auprès de l’opinion britannique. Chamberlain, alors Secrétaire Colonial, a justifié l’emploi de la force pour ne pas donner l’impression de faiblesse aux ennemis de la Grande-Bretagne et aussi car il prétendait que Kruger, le président de la République de Transvaal, lui céderait sans combattre.</p><p>De leur côté, les Boers voulaient l’indépendance.</p><p>La guerre a mobilisé environ 200&nbsp;000 troupes britanniques contre 45&nbsp;000 Boers sur une population totale d’environ 250&nbsp;000 Afrikaners. Initialement, seules 15&nbsp;000 soldats britanniques étaient présents sur le sol sud-africain. Les Boers ont raté l’occasion de prendre un avantage décisif avant l’arrivée des renforts.</p><p>Les commandos mobiles Boers se sont très vites illustrés face aux Britanniques. Les Boers avaient des armes à feu supérieures, des tactiques «&nbsp;hit-and-run&nbsp;», mais peu d’artillerie. Les Britanniques, quant à eux, répétaient leurs tactiques des guerres coloniales sans succès contre un ennemi européens. Leur principale erreur aura été de sous-estimer la valeur militaire des Boers.</p><p>Après une série de défaites humiliantes, la Grande Bretagne envoya de nombreux renforts et remplaça le commandement britannique en Afrique du Sud en juin 1900. Roberts repris les grandes villes très rapidement.</p><p>Christiaan De Vet, le meilleur général Boer, fit adopter par le conseil de guerre Boer le passage à la stratégie de guérilla, 4 jours seulement après la prise de la première ville par les Britanniques. La stratégie avait 3 volets.</p><p>Tout d’abord, il fallait une force Boer entièrement dédiée au combat. De Vet avait donné congé à ses hommes sachant pertinemment que peu reviendraient, mais ceux qui reviendraient seraient fiables.</p><p>Deuxièmement, cette force ne devait plus dépendre de la caravane traditionnelle Boer tirée par des bœufs.</p><p>Troisièmement, De Vet insista pour que les Boers n’attaquent plus des forces britanniques concentrées mais uniquement leurs lignes de communication qui étaient très vulnérables.</p><p>Enfin, plus que tout autre chose, il fallait des victoires, aussi insignifiantes soient-elles, pour soutenir le moral de la population.</p><p>La stratégie de la guérilla, comme devaient le savoir les commandants Boers, exposait les civils aux représailles britanniques. C’est ce qui s’est produit. Roberts fit brûler des fermes et déporta les femmes et les enfants dans des camps de concentration.</p><p>L’incompétence de l’armée britannique pour ce qui concerne la logistique ne tarda pas à causer des morts dans leurs rangs, en particulier à la suite d’épidémies de typhus. Les femmes et les enfants commencèrent également à mourir en grand nombre dans les conditions insalubres des camps.</p><p>L’opinion publique britannique découvrit la situation et les conditions s’améliorèrent. Sur le front, les Britanniques armèrent les Africains contre les Boers. Ils retournèrent les femmes et les enfants aux Boers au pire moment&nbsp;: pas de nourriture pour eux, attaques continues des indigènes, pas de moyens pour continuer la guerre, la menace de la confiscation des terres, l’impossibilité de conserver les prisonniers britanniques (ils étaient libérés faute de pouvoir les garder).</p><p>Le conseil de guerre entérina la cessation des hostilités et l’acceptation des conditions de la Grande-Bretagne.</p><h3 class="wp-block-heading">L’Italie en Éthiopie&nbsp;: 1935-1940</h3><p>L’Italie a fabriqué un prétexte pour s’en prendre à l’Éthiopie en 1934. En réalité, les intérêts de l’Italie étaient les suivants&nbsp;: effacer l’humiliation d’une défaite cuisante à Adowa contre les Éthiopiens quelques décennies auparavant, s’affirmer comme une puissance coloniale et exploiter les ressources naturelles de ce pays.</p><p>L’Éthiopie, quant à elle, était dirigée par l’empereur Hailé Sélassié, mais seulement jusqu’à un certain point. Il s’agissait d’un régime féodal où chaque région était sous la direction d’une famille noble. La principale motivation des Éthiopiens dans le conflit était l’honneur&nbsp;: familial, tribal, voire national.</p><p>L’avancée italienne est rentrée sans opposition au cœur du territoire éthiopien jusqu’à Adowa. Le général italien se montrait extrêmement prudent alors qu’il disposait d’une écrasante supériorité en nombre de soldats et en qualité de l’équipement, sans parler de la domination des airs et de leurs communications radio.</p><p>Sélassié a très vite réalisé qu’une guerre de guérilla était la seule chance de l’Éthiopie. Cependant, pour des raisons culturelles, les Éthiopiens avaient des scrupules à attaquer par derrière leur ennemi.</p><p>Lors de la première bataille à Tembien, les Italiens ont mal coordonné leurs attaques, mais surtout les armées éthiopiennes se sont battues avec une détermination inouïe sous les bombes, attaquant les chars à mains nues pour ainsi dire. Les Éthiopiens ont de plus très vite appris à se disperser à l’approche des avions pour limiter les pertes dues aux bombardements. Pour éviter la déroute, les Italiens décidèrent d’employer le gaz moutarde.</p><p>L’effet sur les armées éthiopiennes fut décisif. Sélassié utilisa sa garde impériale pour monter une attaque contre les Italiens. Au courant de ses plans grâce à une interception radio, les Italiens eurent tout de même beaucoup de difficulté à repousser son attaque. Finalement, Sélassié dut battre en retraite. L’empereur quitta Addis Abeba pour Djibouti.</p><p>Après à peine deux mois de paix relative, des chefs tribaux lancèrent une attaque contre la capitale sans succès. Le commandement italien captura par la suite les instigateurs et les fit exécuter.</p><p>Le commandant militaire italien fut pris pour cible dans un attentat à la grenade où il fut grièvement blessé. Incapable de retrouver les auteurs, il donna libre cours à sa colère en tuant, violant et brûlant les habitants de la capitale. En outre, il extermina l’élite éthiopienne. En 1937, ce fut le tour de 297 moines du monastère Debra Libanos. Cela n’eut pas tout à fait l’effet escompté.</p><p>Le changement de commandement à l’initiative de Mussolini ne changea rien à la révolte. Les Éthiopiens n’étaient plus intéressés à discuter avec les Italiens. Plusieurs campagnes militaires furent montées pour mater la rébellion, mais aussitôt qu’une région semblait pacifiée qu’une autre s’embrasait. Les Italiens ne contrôlaient réellement que les garnisons dans lesquelles ils étaient enfermés.</p><p>Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a changé la donne. Les Britanniques, après une série de revers contre les Italiens en Éthiopie, ont pris l’avantage et ont réinstallé Sélassié au pouvoir en 1941.</p><h3 class="wp-block-heading">Guerre du Vietnam&nbsp;: 1969-1973</h3><p>Après la victoire de Diên Biên Phu contre les Français, le Vietnam a été scindé en deux en 1955. Après plusieurs années d’agitation politique dans le Sud orchestrée par le Parti communiste, Hô Chi Minh démarra les préparatifs pour la guerre en 1959 avec l’objectif de chasser tout étranger du pays, y compris ceux qui répondaient à des intérêts étrangers.</p><p>4000 soldats furent affectés à la construction d’une ligne de communication à travers le Vietnam, le Laos et le Cambodge, appelée chemin Hô Chi Minh. Les Nord-Vietnamiens envoyèrent clandestinement des armes au Sud par la mer. En 1960, ils créèrent le Front de libération nationale pour coordonner la guerre contre le sud Vietnam. En 1961, les unités de guérilla nord-vietnamienne ou Viet Kong assassinèrent des milliers de chefs de village ou de province. Ceux-ci furent remplacés par des militaires sud-vietnamiens sans attaches dans leurs communautés.</p><p>Le leader sud-vietnamien, Ngo Dinh Diem, était avant tout intéressé à consolider son pouvoir, d’abord sur le sud Vietnam puis &nbsp;sur le Nord. Pour cette raison, il s’entoura d’un carré de fidèles, pas toujours les plus compétents. Son armée s’avéra tout juste capable de réprimer la population et d’éliminer les menaces de rivaux au Sud. Diem a été assassiné en 1963 et son successeur Nguyen Khanh était davantage préoccupé par sa survie que par la reconstruction économique et militaire du Sud, et ce malgré le support très actif des États-Unis.</p><p>Les États-Unis ne semblaient pas intéressés à détruire la République démocratique du Vietnam, mais seulement à empêcher l’effondrement du sud Vietnam et le risque d’une contagion communiste en Asie du Sud-Est puis ailleurs dans le monde.</p><p>La première phase de la guerre appelée «&nbsp;Rolling Thunder&nbsp;» de 1965 à 1968 à consister à bombarder massivement le nord Vietnam pour qu’il cesse de soutenir la guérilla au sud Vietnam. Les cibles avaient une valeur militaire quasi nulle et ont causé beaucoup de dommages collatéraux sans faire fléchir le gouvernement nord-vietnamien.</p><p>Dans leurs rencontres contre l’armée régulière nord-vietnamienne et les grandes unités Viet Kong, l’armée américaine a presque systématiquement prouvé sa supériorité dans sa capacité à manœuvrer, sa puissance de feu et la qualité de son équipement. Toutefois, les Nord-Vietnamiens se sont adaptés et ont réduit le nombre d’engagements de cette nature. Ils ont aussi apporté des changements tactiques. Lors des engagements, l’armée nord-vietnamienne venait immédiatement au contact de l’ennemi l’empêchant ainsi d’utiliser son artillerie et son aviation. D’un point de vue stratégique, le nord Vietnam intensifia son soutien à la guérilla au sud Vietnam.</p><p>Dans le Sud Vietnam, l’usage indiscriminé de l’artillerie et des bombardements aériens ont progressivement entamé le soutien des populations locales.</p><p>Les Américains démontrèrent également une grande capacité d’adaptation. Ils s’inspirèrent de la méthode «&nbsp;agroville&nbsp;» des Français. Un village au complet a été relocalisé dans un hameau fortifié, ce qui privait les Viet Kong de renseignements et de leur approvisionnement. Cependant, l’effet fut désastreux lorsque ces scènes furent montrées dans les médias. Surtout, l’implémentation par l’armée sud-vietnamienne était lamentable du fait de sa corruption et de son incompétence. Par exemple, les hameaux n’étaient pas fortifiés. Cela a jeté de nombreux villageois dans les bras des Viet Kong.</p><p>Les Américains exécutèrent aussi une autre stratégie beaucoup plus payante&nbsp;: le projet Phoenix. La stratégie a consisté à éliminer physiquement les cadres Viet Kong dans le sud Vietnam. Certains considèrent que c’est ce qui a conduit le nord Vietnam à lancer les offensives coûteuses du Tet en 1968. En 1969, techniquement, le nord Vietnam était défait militairement. Mais Hô Chi Minh a réussi à prolonger suffisamment sa défaite finale que les États-Unis ont finalement abandonné la lutte en 1973.</p><h3 class="wp-block-heading">Afghanistan et URSS&nbsp;: 1979-1989</h3><p>L’URSS avait trois motivations principales pour son invasion de l’Afghanistan en 1979&nbsp;: soutenir un régime marxiste ami et voisin, la possibilité d’avoir une tête de pont vers le golfe arabo-persique, et réduire le risque que les investissements passés l’aient été en pure perte. Initialement, l’intervention était d’une ampleur limitée&nbsp;: soutenir le régime et se concentrer sur les grandes villes.</p><p>L’État afghan a cessé d’exister en 1978 avec la fin du régime de Daoud. D’un côté, les différentes factions marxistes étaient occupées à piller les ressources et éliminer leurs adversaires, sans aucun relais pour administrer ou appliquer leurs «&nbsp;réformes&nbsp;» radicales et hors sol. De l’autre, une douzaine de mouvements de résistance, sunnites, chiites, pashtounes, azéris, ouzbeks, etc. ont adopté la même structure&nbsp;: une direction politique installée au Pakistan et un commandement militaire en Afghanistan. L’invasion russe a cimenté la résistance avec pour objectif unique de chasser l’occupant et ses sbires.</p><p>Entre 1980 et 1982, l’URSS a déployé une stratégie conventionnelle contre la guérilla des Moudjahidines. La première phase a consisté à prendre Kaboul, éliminer le dirigeant afghan, Amin et le remplacer par un pantin, Karmal. Un message radio prétendant venir de Radio Kaboul a commencé par annoncer le changement de gouvernement et sa demande d’assistance à l’URSS. Les troupes russes n’ont rencontré aucune résistance jusqu’à Kaboul où elles ont eu à faire face à la garde personnelle d’Amine.</p><p>En préparation de leur intervention, les Russes ont&nbsp;empoisonné Amin, saboté les blindés de la Garde, changé les balles pour des balles à blanc. Malgré tout cela, les armées russes rencontrèrent une résistance farouche. De peur de voir d’autres unités afghanes se joindre à la Garde, les Russes employèrent des gaz neurotoxiques. Pas un seul soldat des 1800 soldats de la Garde ne survécut.</p><p>La géographie de l’Afghanistan est faite de vallées flanquées de hautes montagnes qui sont autant d’ouvertures sur d’autres vallées. Pour cette raison, certains points qui se trouvaient à l’intersection de vallées et de routes le long des rivières constituaient des lieux stratégiques. Malheureusement pour les Russes, ils n’ont jamais réussi à mettre suffisamment d’hommes pour en assurer la défense.</p><p>Les forces russes étaient par ailleurs constituées de jeunes conscrits inexpérimentés. Leurs équipements étaient vétustes et médiocres et inadaptés au terrain montagneux. Une embuscade typique consistait à immobiliser une colonne de blindés russes en détruisant le véhicule de tête. Par la suite, les soldats paniqués tiraient à l’aveugle jusqu’à épuisement de leurs munitions. L’issue était en général fatale.</p><p>Les Russes s’adaptèrent en réduisant l’usage des chars et en augmentant celui des hélicoptères. Plusieurs offensives furent menées avec des succès mitigés dans la vallée du Panshir contre Massoud.</p><p>En 1982, la stratégie des Russes évolua à nouveau. Les Russes détruisirent les systèmes d’irrigations, les vergers et les champs de culture. Les non-combattants étaient visés tout particulièrement après des pertes militaires.</p><p>Après un cessez-le-feu en 1983, les Russes ont repris leurs offensives dans la vallée du Panshir, mais avec un équipement beaucoup plus moderne et des tactiques plus efficaces contre les Moudjahidines. Cependant, les forces de Massoud étaient pour l’essentiel intactes et les Russes commirent l’erreur d’installer des garnisons fortifiées. Ces forteresses nécessitaient un approvisionnement continu, ce qui exposait les convois russes aux embuscades.</p><p>Les Russes étaient si peu nombreux en Afghanistan que Massoud pouvait ralentir leurs opérations ailleurs dans le pays en attaquant leurs garnisons dans la vallée.</p><p>Les Russes, par une stratégie de dépopulation des vallées, étaient parvenus à détruire l’approvisionnement local des Moudjahidines qui dépendaient de plus en plus de l’aide extérieure de l’Arabie Saoudite, du Pakistan et des États-Unis. En 1986, les missiles Stinger permirent un saut qualitatif dans l’armement des Moudjahidines. Ce fut un tournant dans la mesure où les Soviétiques avaient tout misé sur les forces aéroportées et tout particulièrement les hélicoptères.</p><p>On estime qu’en 1987, près de 10% de la population afghane a été tuée, soit une proportion supérieure à celle de l’URSS au sortir de la Seconde Guerre mondiale. 6 millions de personnes ont été déplacées, principalement en Iran et au Pakistan.</p><p>Une des leçons de la guerre en Afghanistan est qu’il est possible pour une guérilla de survivre à une stratégie de dépopulation à condition (1) de s’approvisionner à l’extérieur du pays (et de disposer d’un sanctuaire) et (2) d’obtenir du renseignement par exemple au travers d’éléments infiltrés dans les forces armées.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2124</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Immoderate Greatness » de William Ophuls</title><link>https://economierebelle.com/%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90livre-immoderate-greatness-de-william-ophuls/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=%25e2%25ad%2590%25e2%25ad%2590%25e2%25ad%2590livre-immoderate-greatness-de-william-ophuls</link> <comments>https://economierebelle.com/%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90livre-immoderate-greatness-de-william-ophuls/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sat, 28 May 2022 17:05:09 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2119</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Dans son livre Immoderate Greatness, William Ophuls expose les principales causes et les principaux symptômes d&#8217;une civilisation décadente. Est-il utile de préciser que cela s&#8217;applique à notre époque ? Points clés à retenir Grandeur et démesure Nous croyons à tort que la société industrielle nous épargnera le sort des civilisations qui se sont éteintes.&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Dans son livre <em>Immoderate Greatness</em>, William Ophuls expose les principales causes et les principaux symptômes d&rsquo;une civilisation décadente.</p><p>Est-il utile de préciser que cela s&rsquo;applique à notre époque ?</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Grandeur et démesure</h3><p>Nous croyons à tort que la société industrielle nous épargnera le sort des civilisations qui se sont éteintes. Pourtant, comme les autres civilisations avant elle, notre société est toujours à la merci des passions humaines et des contraintes naturelles. D’ailleurs, le processus de décadence est déjà bien entamé.</p><p>La cause principale de ce processus est l’hubris, autrement dit, la démesure. La civilisation n’est pas un phénomène naturel, elle exige un sacrifice de la société qui la supporte. À partir d’un certain point, le sacrifice demandé dépasse ce qui est supportable. Le progrès s’arrête. Une dégradation, d’abord imperceptible, s’étend et affaiblit la civilisation en la rendant indolente, vulnérable, inefficiente. Finalement, la décadence devient évidente, mais il est déjà trop tard.</p><h3 class="wp-block-heading">Limites biophysiques</h3><h4 class="wp-block-heading">Épuisement écologique</h4><p>La civilisation et tout particulièrement son centre, la ville, consomme et détruit toute une palette de ressources autour d’elles. Ce processus atteint ses limites lorsque l’écosystème ne peut plus satisfaire les besoins de la civilisation sans un effort de plus en plus considérable.</p><h4 class="wp-block-heading">Croissance exponentielle</h4><p>Le cerveau humain n’est pas capable de se représenter une croissance exponentielle. L’évolution a fait de nous des individus qui vivent surtout dans le moment présent et qui sont incapables de se projeter dans le long terme.</p><p>Par exemple, une inflation de 3,7% aura pour résultat au bout de 100 ans que le pouvoir d’achat de 1$ sera réduit à 3cts. L’effet est à la fois insidieux et spectaculaire. La croissance économique a le même effet sur l’environnement. À long terme, elle le détruit.</p><h4 class="wp-block-heading">Entropie</h4><p>La deuxième loi de la thermodynamique indique que l’énergie a tendance à être dégradée en une forme de moins en moins utile&nbsp;: la chaleur, c’est-à-dire le désordre moléculaire. La vie – et la civilisation – n’est donc qu’une parenthèse dans la marche inexorable vers la mort de l’univers.</p><p>À notre échelle, même l’agriculture raisonnée dégrade et appauvrit les sols. Pour contrer cet effet, appelé l’entropie, il faut un apport additionnel d’énergie. C&rsquo;est une erreur de croire que la technologie peut se substituer à l’énergie.</p><h4 class="wp-block-heading">Le défi de la complexité</h4><p>La civilisation tend non seulement à consommer de plus en plus de ressources, mais elle devient également de plus en plus complexe. La complexité peut être mesurée, par exemple, par le nombre de métiers et le nombre d’institutions.</p><p>Une société devient plus complexe pour résoudre les problèmes qu’elle rencontre. Cependant, la complexité a des rendements décroissants. Les nouveaux problèmes demandent une complexité de plus en plus grande, avec les coûts que cela implique.</p><h3 class="wp-block-heading">Failles humaines</h3><h4 class="wp-block-heading">Décadence morale</h4><p>Les civilisations connaissent la même progression depuis leur essor jusqu’à leur déclin : (1) l’ère des pionniers où la gloire et l’honneur sont les principales motivations, (2) l’ère des marchands où l’esprit d’entreprise domine, (3) l’ère de la prospérité où l’égoïsme et la cupidité commence à se faire sentir, et où rien ne compte plus que les droits acquis et l’état providence, (4) l’ère de l’intellect où les avancées scientifiques favorise l’arrogance et le relativisme moral, (5) l’ère de la décadence marquée par l’esthétisme, l’hédonisme, le cynisme, le pessimisme, le narcissisme, le consumérisme, le matérialisme, le nihilisme, le fatalisme et le fanatisme.</p><p>La principale force d’une civilisation est avant tout morale&nbsp;: la croyance dans ses valeurs et ses institutions. Tout comme pour la thermodynamique, initialement, la valeur morale d’une civilisation est dense et évolue progressivement vers des formes de plus en plus diluées.</p><h4 class="wp-block-heading">Dysfonctionnement</h4><p>La décadence morale n’est pas tout. Du fait de la complexité et de l’affaiblissement moral, il devient plus difficile pour l’élite de prendre les bonnes décisions. La société est minée par les conflits entre les masses et l’élite, et au sein même de l’élite, entre différentes factions.</p><p>Les investissements passés dans l’infrastructure, l’idéologie, et les institutions ainsi que l&rsquo;existence de groupes d’intérêts deviennent un passif qui empêche la civilisation de s’adapter aux changements. Contrairement à la méthode scientifique, il n’existe pas de critère pour décider rationnellement de la meilleure option dans les débats. En pratique, chacun défend donc son groupe d’intérêt ou son idéologie préférée.</p><p>Face aux problèmes insolubles, les dirigeants ont finalement recours à la stupidité&nbsp;: (1) les guerres et aventures non nécessaires, (2) le pain et les jeux pour calmer la populace, (3) l’inflation qui est la plus insidieuse des trois.</p><p>Les élites feront tout pour éviter de véritables réformes. Et l’histoire leur donne raison. Machiavel considère qu’il n’est rien de plus difficile ni de plus dangereux que de créer un nouvel ordre.</p><h3 class="wp-block-heading">Conclusion</h3><p>La société industrielle remplit tous les critères d’une civilisation en pleine décadence&nbsp;: désastres écologiques, nature exponentielle des défis, pertes thermodynamiques, complexité, moralité déclinante, dysfonctionnements sociaux.</p><p>De plus, les systèmes sont interreliés du fait de l’économie mondialisée. Une catastrophe peut se propager instantanément à toute la planète et affecter pratiquement toutes les sociétés en même temps.</p><p>Du fait de la taille de la population humaine, de la perte de savoir-faire agricole et de l’atomisation sociale, l’effondrement à venir promet d&rsquo;être d’une ampleur extraordinaire.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2119</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Le Prince » de Machiavel</title><link>https://economierebelle.com/livre-le-prince-de-machiavel/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-le-prince-de-machiavel</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-le-prince-de-machiavel/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Tue, 08 Mar 2022 23:38:00 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[guerre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2004</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le Prince de Machiavel est la bible des politiciens dans nos états-nations et éclaire leurs agissements. Points clés à retenir Chapitre 2, monarchies héréditaires Le pouvoir est plus stable dans une monarchie héréditaire que dans une monarchie qui vient de se constituer. Le prince a moins de difficultés à régner s’il ne fait que&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p><em>Le Prince</em> de Machiavel est la bible des politiciens dans nos états-nations et éclaire leurs agissements.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 2, monarchies héréditaires</h3><p>Le pouvoir est plus stable dans une monarchie héréditaire que dans une monarchie qui vient de se constituer. Le prince a moins de difficultés à régner s’il ne fait que prolonger l’état des choses. Sauf s’il se fait haïr pour des vices extraordinaires, il n’aura aucun mal à se faire aimer de son peuple.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 3, monarchies mixtes</h3><p>Les hommes inclinent toujours à rechercher de nouveaux maîtres en croyant que ceux-ci seront meilleurs que les anciens. Ils se trompent en général. Du point de vue du prince, le coup d’État est une entreprise difficile puisqu’il se met à dos le peuple conquis et qu’en même temps il ne peut pas toujours récompenser ceux qui l’ont soutenu à hauteur de leurs espérances. Pour se prémunir des frustrations en tout genre, le prince devra profiter de l’impunité qui caractérise les périodes troublées pour identifier les suspects, arrêter les coupables et prendre des dispositions sur les points les plus faibles.</p><p>Si le pays à conquérir est voisin par la langue et les mœurs et que de plus le peuple n’est pas libre, l’entreprise sera aisée. On peut donner cependant deux conseils au prince. D’abord, il devra exterminer la lignée ennemie. Ensuite, laisser tel quel le cadre juridique et administratif de l’État conquis. Les réels problèmes se posent lorsque le prince conquiert un État différent par les coutumes et par la langue. Le meilleur conseil qu’on puisse donner est que le prince aille en personne habiter sur place. Ainsi on étouffera le mal à la racine avant qu’il ne prenne des proportions incontrôlables. De plus, la présence du prince limite les incartades des fonctionnaires. Enfin, la proximité du prince (et la possibilité d’un recours auprès de lui) le fera davantage aimer par les sujets loyaux et davantage craindre par les autres. Un second conseil utile est l’établissement de colonies dans le pays conquis. Celles-ci ne coûtent pratiquement rien. Elles lèsent une infime minorité de la population qui est pauvre et dispersée et qui par conséquent ne peut nuire. En revanche, le maintien de troupes dans la contrée est plus dangereux en même temps qu’il est plus coûteux. Parce que l’on fait subir du tort à plus de monde et que ces gens ont encore tous leurs moyens, on doit donc dans ce cas craindre la vengeance.</p><p>En faisant la conquête d’une province, le prince devra se faire chef et défenseur des puissances mineures adjacentes et empêcher un étranger puissant d’étendre son influence dans la région. En principe cela ne pose pas de difficultés, car ces dernières se rallient d’elles-mêmes à nous. Il faudra simplement prendre garde avec nos forces et leur accord à ce qu’aucune ne nous fasse de l’ombre (il faut même les abaisser).</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 4, pourquoi le royaume de Darius ne se révolta pas après la mort d’Alexandre</h3><p>Il y a deux sortes de monarchies&nbsp;; dans l’une on trouve un prince et ses ministres qui détiennent leur pouvoir de par la volonté du prince&nbsp;; dans l’autre on trouve un prince et des barons qui doivent leur prestige à leur sang. Le premier type jouit de plus d’autorité que le second parce que les sujets n’y ont pas d’autre maître que le prince et s’ils obéissent à ses fonctionnaires, ils ne leur sont nullement attachés. Le premier genre est plus difficile à conquérir, car le pays est uni et on ne peut espérer vaincre en y semant le désordre et en même temps plus facile à conserver (royaume du Turc). Le second vérifie la situation opposée (royaume de France).</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 5, comment gouverner les cités conquises qui avaient leurs lois propres</h3><p>Il y a trois moyens de procéder quand on veut conquérir une cité habituée à ses propres lois et à la liberté&nbsp;: la détruire, y habiter ou constituer un gouvernement oligarchique tout en laissant leurs lois. Dans la pratique, seules les deux premières ont un effet. Les peuples habitués à la liberté ne l’oublient pas. Un gouvernement oligarchique composé de citoyens de la cité et maintenu par nous permet certes de mieux accepter le joug, mais il ne fait en général que retarder l’inévitable.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 6, monarchies nouvelles acquises par nos armes et nos talents</h3><p>Le génie sans l’occasion s’éteint, et sans le génie, c’est en vain que vient l’occasion. De grands hommes nous enseignent comment par leurs talents ils ont réussi à créer de nouveaux royaumes au travers des difficultés.</p><p>Une entreprise particulièrement périlleuse lorsqu’on établit une nouvelle monarchie est l’introduction de nouvelles institutions destinées à nous protéger et à fonder l’État. D’un côté s’y opposent tous ceux que les anciennes lois avantageaient, de l’autre ceux qui y peuvent gagner demandent à voir (de plus, ils ont les anciennes lois contre eux). Les novateurs suivant qu’ils peuvent contraindre ou qu’ils ne le peuvent pas, réussiront ou échoueront lamentablement. Il est facile de convaincre les foules, mais il est malaisé de les maintenir dans leur croyance.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 7, monarchies acquises par les armes des autres ou par la chance</h3><p>Quand la fortune nous sourit et qu’on a la chance d’accéder au pouvoir grâce à elle, les difficultés ne manquent pas pour se maintenir. Il faut s’assurer de ses ennemis, se gagner des amis, vaincre par force ou par ruse, se faire aimer ou craindre du peuple, suivre et respecter des soldats, supprimer ceux qui doivent ou peuvent nuire, rénover par de nouveaux usages les institutions anciennes, être sévère et bienveillant, magnanime et libéral, détruire une milice infidèle, en recréer une nouvelle, entretenir l’amitié des rois pour qu’ils aient ou plaisir à vous être utile ou inquiétude à vous nuire.</p><p>Note en passant&nbsp;: quand on a une basse besogne à exécuter (comme de pacifier une province) autant le faire faire par un ministre qui servira de bouc émissaire le moment venu.</p><p>Ne pas oublier que des bienfaits ne compensent pas des préjudices de sorte qu’il faut toujours se méfier de ceux à qui on a causé du tort et aussi de ceux qui ont peur de vous.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 8, De ceux qui sont devenus princes par scélératesse</h3><p>Considérez l&rsquo;exemple d’Agathocle qui devint prince de Syracuse grâce au mérite, mais s’y maintint par des scélératesses. Il tua les sénateurs les plus riches et trahit ses amis entre autres choses.</p><p>On peut faire plus ou moins bon usage de la cruauté. Si celle-ci est faite d’un seul coup pour assurer sa sécurité (et celle de ses concitoyens), son goût ne persistera pas. Si au contraire elles se perpétuent en s’amplifiant au cours des années, il y a matière à craindre un contre coup. On doit alors dispenser les bienfaits à la suite de ses cruautés de façon qu’on les savoure. Surtout les changements dans l’attitude du prince ne doivent pas dépendre de la conjoncture plus ou moins heureuse de ses affaires. En cas de coup dur, ses bienfaits paraîtront forcés, et on ne lui en saura pas gré.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 9, monarchie civile</h3><p>Le prince peut obtenir la faveur du pouvoir par les grands ou par le peuple. Les grands font un prince parce qu’ils ne peuvent résister au peuple et qu’ils comptent assouvir leurs désirs à son ombre. Le peuple fait un prince parce qu’il ne peut résister aux grands afin que son autorité les protège. Par le peuple, il sera plus libre n’ayant pas de rival. D’autre part le peuple est plus facile à contenter que tous les grands. Ses vues sont plus modestes et moins ambitieuses. Les grands sont aussi plus à craindre, car ils sont prompts à découvrir qui va nous détrôner et à s’acquérir ses faveurs. Enfin, élu par le peuple, c’est lui qui fera et défera les grands, tandis qu’il gouvernera toujours le même peuple.</p><p>Des grands, il s’en trouvera de plusieurs sortes. Ceux qui se lient à nous et les autres. Parmi ceux-là, il y a ceux qui ne le font pas par manque de courage&nbsp;: ceux-là sont de bon conseil dans la prospérité et inoffensifs dans l’adversité et il y a ceux qui le font par calcul et par ambition&nbsp;: ceux-là n’attendent que l’occasion pour nous combattre.</p><p>Le prince qui acquiert le pouvoir à la faveur des grands doit se gagner le peuple avant toute chose. S’il y parvient, il sera d’autant plus aimé que le peuple s’attendait à être opprimé et qu’il trouve un protecteur. De plus, le prince devra se rendre nécessaire aux citoyens de façon qu’ils ne se débinent à la première occasion (pas quand une avarie surviendra).</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 10, comment évaluer les forces de toutes monarchies</h3><p>Deux situations sont possibles pour le prince. Ou bien il est capable par l’argent ou par le nombre de lever une armée capable de le défendre ou bien il est obligé d’être secouru par autrui. S’il est capable de livrer bataille et si en outre son peuple ne le hait point et que sa ville est solide, peu oseront l’attaquer. On rechigne toujours devant les entreprises difficiles, jamais devant les faciles.</p><p>Si malgré tout on l’attaque et qu’on assiège sa ville, il devra surmonter de nouvelles difficultés. L’ennemi détruira naturellement les possessions des habitants à l’extérieur de la ville&nbsp;; le prince devra empêcher les plus virulents de son camp d’intervenir. Les sacrifices que le peuple aura faits pour le prince le rendront encore plus précieux pour lui. On s’attache à quelqu’un par ses bienfaits, mais aussi par suite de ceux qu’on lui prodigue.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 12, combien de sortes d’armées il y a</h3><p>les mercenaires ne devraient pas faire partie de l’armée du prince. Dans la paix, ils nous rançonnent et dans la guerre ils s’enfuient. Ainsi si l’État doit combattre, il faut qu’il emploie ses propres ressources et qu’elles soient commandées par un citoyen habile que les lois empêcheront de s’écarter du droit chemin.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 13, des soldats auxiliaires mixtes et propres</h3><p>Les troupes auxiliaires sont plus dangereuses que l’autre sorte. Celles-ci ne sont pas payées par nous, et sont toutes dévouées à un autre. D’où il résulte encore une fois que ses armes propres sont meilleures que celles qui sont empruntées.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 14, ce qui convient au prince en matière militaire</h3><p>C’est souvent par les armes que se font les princes. C’est aussi parce qu’on les néglige qu’on perd le pouvoir. Il y a un monde de différence entre celui qui est désarmé et celui qui est armé. Le premier est méprisé, même chez les siens. Et il faut craindre d’être entouré de serviteurs armés quand on est soi-même inoffensif.</p><p>Le prince devra donc s’appliquer à connaître à fond l’art militaire. Surtout en temps de paix, en plus des manœuvres de l’armée, il devra s’habituer à la peine et à l’effort (chasse par exemple) et apprendre à reconnaître son pays. Il y trouvera deux avantages&nbsp;; d’abord, il sera plus à même de le défendre le moment venu et ensuite il sera plus facile de reconnaître de nouveaux sites au moyen de cette première expérience. Il y lui faut également exercer son esprit par la lecture des hauts faits d’armes et par ce qu’enseigne l’histoire sur comment mener une guerre.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 15, des choses pour lesquelles les princes sont loués ou blâmés</h3><p>Il n’est pas bon qu’un prince cherche à être vertueux en tout point et en tout moment. Au contraire, il y a des vertus qui le perdront et des vices qui lui assureront la sécurité.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 16, libéralité et parcimonie</h3><p>Le prince ne doit pas avoir peur de passer pour un pingre. Car s’il est libéral, il va droit à sa perte en consumant les ressources de ses administrés, en devenant pauvre et méprisé et en étant contraint à devenir rapace. Tandis que s’il est parcimonieux, il ne manquera jamais de fonds pour ses entreprises et pour la défense. En plus, les citoyens lui sauront gré de ne pas les taxer outre mesure et seulement un petit nombre lui en voudra de ne pas lui donner davantage.</p><p>La libéralité ne se justifie que quand le prétendant au pouvoir est en passe de devenir prince ou lorsqu’étant prince il use du bien d’autrui (rapines) pour sa libéralité. Dans ce dernier cas, c’est même une nécessité pour que les soldats le suivent.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 17, être aimé ou être craint, telle est la question</h3><p>Le nouveau prince aura du mal à ne pas se faire une réputation de cruauté. Même s’il est meilleur d’avoir une réputation de magnanimité que de cruauté, il est non moins vrai qu’être magnanime et laisser les désordres se prolonger est plus mauvais pour la collectivité que d’être cruel et de faire exécuter quelques particuliers.</p><p>Si le prince n’a pas la possibilité d’être craint et aimé tout à la fois, il devra préférer d’être craint. Les hommes sont par nature ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, ennemis des dangers et avides de gains. Quand le besoin est lointain, ils te promettent leur sang&nbsp;; quand il s’approche, ils se dérobent. Les amitiés que le prince acquiert à prix d’argent sont pour ainsi dire louées et le moment venu on ne peut les utiliser. Pire, les gens hésitent moins à nuire à un prince qui est aimé parce que l’amour est facilement rompu par toute occasion de profit particulier qu’à un prince qui est craint parce que la peur du châtiment est plus durable.</p><p>Cependant, le prince devra faire en sorte que s’il ne peut être aimé qu’au moins il ne soit pas haï. Cela peut se faire aisément en se gardant d’usurper le bien d’autrui. Si le sang doit parfois être versé, il faut que l’acte soit pleinement justifié. Dans tous les cas, les sujets oublient moins facilement la mort d’un père que la perte de patrimoine.</p><p>En revanche dans la guerre le prince ne devra pas craindre de passer pour cruel auprès de ses soldats, il y gagnera même en autorité.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 18, comment les princes doivent garder leur foi</h3><p>Le prince ne saurait être toujours loyal et respecter les promesses qu’il a faites. Quand la mise en œuvre de celles-ci doit tourner à son désavantage ou bien que les raisons qui les ont motivées sont devenues caduques, le prince doit y renoncer et il trouvera bien de quoi se justifier auprès de son peuple. Il peut user de la ruse en bien d’autres occasions&nbsp;; il devra être un grand simulateur et dissimulateur. Les hommes sont simples et il trouvera toujours qui tromper. En bref, il faut toujours prêcher la bonne parole et faire le contraire quand c’est utile. Seule une minorité impuissante percevra la nature réelle du prince, le reste de la foule ne se fiera qu’aux apparences.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 19, éviter le mépris et la haine</h3><p>Pour ne pas être haï, le prince ne devra pas atteindre aux biens ni à l’honneur de ses sujets. Pour ne pas être méprisé, il devra faire preuve de courage, de gravité et de fermeté. Un prince qui est révéré par ses citoyens est difficile à renverser. On trouve peu de gens prêts à conspirer et d’ennemis déterminés à partir en guerre contre lui. De ces dernières il se garde avec de bonnes armes et des amis, l’un et l’autre allant de pair. Contre la conspiration, il y a l’appui du peuple&nbsp;: celle-ci ne peut qu’échouer si le peuple ne hait pas le prince.</p><p>Note&nbsp;: faire faire les basses besognes par les autres et s’adjuger les actions positives</p><p>Cependant si l’on ne peut être aimé de toutes les collectivités il faut s’assurer la plus puissante (souvent les soldats) au risque d’être injuste envers le reste de la population.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 20, forteresses utiles ou nuisibles</h3><p>Quand on devient maître de son pays, il est naturel d’armer ses sujets. Ceux que tu armes deviennent tes obligés par la faveur qui leur est faite et les autres t’excusent parce qu’ils comprennent que les récompenses s’accompagnent de plus de dangers et de responsabilités. Quand on acquiert une province, il faut là encore armer ses partisans&nbsp;; cependant à long terme il faut que toutes tes armes soient détenues par les seules troupes de ton État.</p><p>Semer la discorde pour mieux manipuler ses sujets peut être utile en temps de paix, mais se révèle catastrophique quand la guerre éclate en facilitant la tâche à l’ennemi.</p><p>Le prince trouvera de plus fidèles serviteurs en ceux qui lui sont suspects quand il accède au pouvoir qu’auprès des autres. En effets, ceux-là veulent effacer la mauvaise opinion qu’on a d’eux en le servant loyalement tandis que les autres sont confiants et ont tendance à négliger ses affaires. De la même façon, lorsque c’est le peuple qui a installé au pouvoir le prince parce qu’il était mécontent de l’ancien État, le prince aura plus de facilité à satisfaire ceux qui étaient contents de l’ancien État que de garder l’amitié du reste du peuple.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 21, ce qui convient au prince pour se faire estimer</h3><p>Il convient au prince de faire des grandes choses afin de tenir son peuple en haleine pour ainsi dire. Ensuite le prince doit être vrai ami et vrai ennemi, c’est-à-dire qu’il prend parti franchement (exemple d’une guerre entre deux États voisins, conséquences). Celui qui te demande de rester neutre est ton ennemi et celui qui te demande de prendre les armes est ton ami. Si tu perds la guerre, tu as un compagnon d’infortune. Si tu la gagnes, et que c’est grâce à toi, ton ami t’est redevable. Si c’est ton ami qui est le plus fort, c’est toi qui es son prisonnier.</p><p>Favoriser les arts et les lettres ainsi que le commerce, etc.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 22, des ministres des princes</h3><p>C’est dans le choix des ministres que l’on peut observer la qualité d’un prince. Il y a cependant un moyen simple de savoir si un ministre est bon ou non&nbsp;: pense-t-il davantage à lui-même qu’au prince&nbsp;? Ou bien l’entretient-il de choses qui ne l’intéressent pas&nbsp;? Dans l’autre sens, le prince devra veiller à enrichir son ministre et à lui donner suffisamment de charges et d’honneurs pour qu’il n’en désire pas davantage.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 23, comment il faut fuir les flatteurs</h3><p>Pour se garder des flatteurs, il faut donner la permission à quelques esprits éclairés de nous dire toute la vérité et à ceux-là seulement. En effet, sinon chacun est libre de dire ce qu’il pense et il s’ensuit que nous serions méprisés. Ensuite, le prince se fait son propre jugement et doit rester ferme dans ses convictions même s’il entend maints avis contradictoires par la suite. Il devra en outre distinguer dans les conseils qu’on lui donne ce qui lui est utile.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 24, pourquoi les princes d’Italie ont perdu leur État.</h3><p>Il y a une double gloire pour les monarchies nouvelles à s’être établies puis maintenues. C’est en effet toujours par le mérite que le prince conserve le pouvoir après l’avoir conquis. En revanche, il y a une double peine à ceux qui ont eu gratuitement leur État et qui l’ont perdu.</p><h3 class="wp-block-heading">Chapitre 25, comment résister à la fortune</h3><p>La fortune n’est pas seule responsable de notre sort. D’ailleurs, bien souvent, ses effets peuvent être atténués pourvu qu’on ait pris les devants. De plus, si la nature du prince changeait avec les temps, la fortune elle ne changerait pas. Il y a des époques où il faut être impétueux et d’autres où il faut être circonspect.</p><p>Note&nbsp;: cependant en règle générale il vaut mieux être impétueux, car la fortune sourit plus souvent aux audacieux c’est-à-dire qu’ils provoquent l’occasion.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2004</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre sur l&#8217;essor et le déclin de l&#8217;Occident par Jacques Barzun</title><link>https://economierebelle.com/livre-sur-lessor-et-le-declin-de-loccident-par-jacques-barzun/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-sur-lessor-et-le-declin-de-loccident-par-jacques-barzun</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-sur-lessor-et-le-declin-de-loccident-par-jacques-barzun/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Mon, 22 Nov 2021 00:15:54 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1585</guid><description><![CDATA[<p>Introduction L&#8217;ouvrage «&#160;From Dawn to Decadence&#160;» de Jacques Barzun est une rétrospective érudite de l&#8217;histoire occidentale entre 1500 et 2000. L&#8217;auteur décrit l&#8217;évolution de la pensée, de la culture et des idées dominantes en Occident au cours des cinq derniers siècles. Ses commentaires éclairent l&#8217;origine de certaines de nos institutions et de nos croyances actuelles.&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading" id="introduction">Introduction</h2><p>L&rsquo;ouvrage «&nbsp;From Dawn to Decadence&nbsp;» de Jacques Barzun est une rétrospective érudite de l&rsquo;histoire occidentale entre 1500 et 2000.</p><p>L&rsquo;auteur décrit l&rsquo;évolution de la pensée, de la culture et des idées dominantes en Occident au cours des cinq derniers siècles. Ses commentaires éclairent l&rsquo;origine de certaines de nos institutions et de nos croyances actuelles.</p><h2 class="wp-block-heading" id="points-cles-a-retenir">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading" id="preambule">Préambule</h3><p>L&rsquo;Occident a toujours été tiraillé entre l&rsquo;émancipation (libertés individuelles et droits de propriété) et le primitivisme (le noble sauvage, les hippies). Il y a quatre ères distinctes dans la période s’étendant du 15<sup>ème</sup> siècle au 20<sup>ème</sup> siècle :</p><ul
class="wp-block-list"><li>1500-1660, de Luther à Newton : dominé par ce qu&rsquo;il faut croire en religion</li><li>1660-1789, de Louis XIV à la guillotine : dominée par le statut de l&rsquo;individu et la forme de gouvernement</li><li>1789-1920, de Goethe à l&rsquo;<em>Armory Show</em> de New York : par quels moyens parvenir à l&rsquo;égalité économique et sociale</li><li>1920-présent</li></ul><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>L&rsquo;humanité ne ferait rien sans les initiatives des inventeurs, grands ou petits, et l&rsquo;imitation par le reste d&rsquo;entre nous. Les individus montrent la voie et établissent les modèles. L’histoire du monde n’est que l’histoire de la rivalité de ces modèles</p><cite>William James, 1908</cite></blockquote></figure><h3 class="wp-block-heading" id="l-occident-dechire">L&rsquo;Occident déchiré</h3><p>Tout a commencé avec <strong>une révolution, autrement dit, un transfert violent de richesse et de pouvoir au nom d&rsquo;une idée</strong>. Il y en eu quatre au total sur la période allant du 15<sup>ème</sup> siècle au 20<sup>ème</sup> siècle.</p><p>Leurs premiers effets et leurs conséquences imprévues se sont déroulés sur plusieurs décennies :</p><ul
class="wp-block-list"><li>Révolution religieuse</li><li>Révolution monarchique</li><li>La Révolution française libérale et individualiste</li><li>La révolution sociale et collectiviste russe</li></ul><p>La révolution luthérienne a commencé avec un article académique de Luther. Sa diffusion massive a été rendue possible par l&rsquo;imprimerie, et renforcée par le travail artistique de Dürer. Dans son article, Luther a remis en question l&rsquo;efficacité des « indulgences » payées. Les indulgences étaient des montant versés à l’église afin d’obtenir le pardon pour des transgressions.</p><p>Luther valorisait également l&rsquo;église primitive avec ses représentants choisis (telle que dans l&rsquo;évangile). Luther était loin d&rsquo;être une âme sans tache. Mais il a été guidé par ce principe : « Je crois au pardon des péchés ». C&rsquo;était le don de la grâce de Dieu. Sans elle, le pécheur ne pourrait pas avoir la foi et marcher sur le chemin du salut. C&rsquo;était l&rsquo;essence de l&rsquo;idée protestante.</p><p>Pour l&rsquo;observateur distant, une révolution peut ressembler à un torrent, alors que pour ceux qui s&rsquo;y trouvent, c&rsquo;est un tourbillon. Les motifs d&rsquo;une révolution sont le mélange habituel : espoir, ambition, cupidité, peur, luxure, envie, haine de l&rsquo;ordre et de l&rsquo;art, ferveur fanatique, dévouement héroïque et amour de la destruction. Les mœurs sont bafouées et les coutumes brisées. Le langage grossier et l&rsquo;insulte directe deviennent normaux. Les bâtiments sont dégradés, les images détruites et les magasins pillés. Des débats acrimonieux se multiplient sur des choses pourtant réglées depuis longtemps.</p><p>De quoi les gens voulaient-ils se débarrasser ? Le prêtre qui, au lieu d&rsquo;être un maître, était un ignorant ; le moine qui, au lieu d&rsquo;être pieux, était un profiteur ; l&rsquo;évêque, qui au lieu de s&rsquo;occuper des âmes de son diocèse, était un homme politique et un homme d&rsquo;affaires.</p><p>Le système était pourri. <strong>Il était décadent au sens technique du terme : les gens acceptaient la futilité et l&rsquo;absurde comme normaux.</strong></p><p>Luther préférait les repentants aux pharisiens. Cet antagonisme entre la foi et la conduite morale s&rsquo;est manifesté à maintes reprises dans la culture occidentale.</p><p>Après de nombreuses années de lutte en Allemagne, la nouvelle foi a été reconnue. Chaque prince pourrait choisir d&rsquo;être catholique ou protestant et son choix serait imposé à son peuple. Les gens qui ne souhaitaient pas changer de foi pouvaient partir librement. L&rsquo;individualisme était implicite.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-nouvelle-vie">La nouvelle vie</h3><p>Jusqu&rsquo;à Luther, les Bibles étaient très rares. Il a fait de la Bible le livre de tous les protestants. Lorsque beaucoup plus tard, le monde occidental s’est sécularisé, la lecture de la Bible a disparu chez la majorité et avec elle le fond d&rsquo;idées et d&rsquo;allusions communes à tous.</p><p><strong>Dans une révolution, l&rsquo;ambition est le critère qui sélectionne les dirigeants.</strong> Il n&rsquo;y a pas de légitimité dans la révolution. Le pouvoir appartient à qui peut s&rsquo;en emparer ; et le nouveau venu est le plus susceptible de gagner s’il est le plus « pur », strict et systématique. Calvin était un tel homme. Il a écrit l&rsquo;équivalent d&rsquo;un guide de référence qui a solidifié plusieurs croyances évangéliques à partir des écritures. A cette époque en effet, tout le monde avait accès à la Bible et de nombreuses innovations étaient régulièrement introduites.</p><p>Le thème applicable à la révolution n&rsquo;est pas la liberté mais l&rsquo;émancipation. <strong>Les révolutions commencent paradoxalement par promettre la liberté puis deviennent coercitives et « puritaines ».</strong> Créer une vie plus pure exige que les gens oublient d&rsquo;autres objectifs ; par conséquent, la conduite publique et privée doit être réglementée. Le calviniste était un protestant craignant Dieu, une âme anxieuse.</p><p>La situation culturelle est délicate après une révolution. Il s’agit de savoir comment réintégrer la communauté, comment vivre avec ceux contre lesquels vous vous êtes battus. Après trois décennies de violence, les protestants ont été invités par le Conseil de l&rsquo;Église. Les invitations ont été déclinées. L&rsquo;Église catholique intensifiait sa Contre-Réforme à Trente pour « déraciner les hérésies, réformer la discipline ecclésiastique et la morale ».</p><p>À peu près au même moment où Calvin entraînait ses disciples à la Discipline pour faire de nouveaux convertis protestants, Ignacio de Loyola fonda la Compagnie de Jésus pour reconquérir les pays perdus au protestantisme.</p><p>Jusqu’à ce point, l&rsquo;Église catholique avait su faire évoluer les enseignements qui ne faisaient pas partie de la doctrine centrale de la foi. Cela était possible dans la mesure où le clergé était le seul groupe à être alphabétisé et qu&rsquo;il entretenait des débats publics et actifs en son sein. Désormais, en réaction au protestantisme, aucune évolution n’était plus possible. De manière détournée, on pourrait soutenir que Galilée a été condamné à cause des révolutionnaires porteurs de Bible.</p><p>La casuistique jésuite devint synonyme de sournoiserie. En essayant de rendre à nouveau l&rsquo;ancienne foi attrayante, certains écrivains ont trouvé des moyens ingénieux pour se dispenser de devoirs simples mais pénibles. L&rsquo;ordre des jésuites fournissait des confesseurs. Certains ont trouvé un rôle permanent dans les grandes maisons. Avec le temps, la pratique a conduit à de tels abus qu&rsquo;elle a été dénoncée sur des bases morales et intellectuelles.</p><p>Malgré cela, les jésuites sont restés inégalés dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;éducation. Leur succès était dû à la forme de formation des enseignants la plus efficace jamais réalisée. Ils ont conçu une préparation qui comprenait une formation complète et un filtrage sévère des inaptes à chaque phase d&rsquo;un long apprentissage.</p><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>L&rsquo;Université de Paris s&rsquo;est opposée aux jésuites non seulement parce qu&rsquo;ils étaient étrangers, mais parce qu&rsquo;ils rivalisaient avec les salariés de l&rsquo;Université en offrant un enseignement gratuit. Il n&rsquo;est pas difficile pour des hommes solidement unis, intelligents et courageux de faire de grandes choses dans le monde. Dix de ces hommes en affectent 100 000</p><cite>Burckhardt</cite></blockquote></figure><h3 class="wp-block-heading" id="les-belles-lettres">Les belles lettres</h3><p>En plus de l&rsquo;émancipation et du primitivisme incarnés dans la nouvelle religion, et de l&rsquo;individualisme qui était une justification possible à la prolifération des sectes, l&rsquo;humanisme renforçait la conscience et les revendications de l&rsquo;individu.</p><p>L&rsquo;humanisme décrit le style des anciens, les « belles lettres » c&rsquo;est-à-dire une littérature moins abstraite que la théologie médiévale, exprimée dans une grammaire plus élégante et un vocabulaire plus concis. <strong>Pour les premiers humanistes, les anciens classiques représentaient une civilisation qui traitait les affaires du monde d&rsquo;une manière centrée sur l&rsquo;homme.</strong> C&rsquo;est dans cette perspective qu&rsquo;émerge le terme Laïcité.</p><p>Cicéron est devenu le héros des humanistes : un écrivain d&rsquo;une superbe prose, un orateur et homme d&rsquo;État, un philosophe moral et le dernier défenseur de la Rome républicaine. Ses idées, ses discours et ses slogans ont rempli l&rsquo;esprit des hommes occidentaux instruits pendant 500 ans. Jusqu&rsquo;au 20 s., on s&rsquo;attendait à ce que les plus instruits maîtrisent à la fois le latin et le grec ancien.</p><p>Le fil conducteur des humanistes est un corpus d&rsquo;auteurs reconnus et une méthode d&rsquo;étude. Les deux vont de pair avec la conviction que les meilleurs guides pour une bonne vie sont la Raison et la Nature. Quant à la méthode, elle est toujours utilisée à ce jour : citations et date exactes, consultation des travaux antérieurs, citation des sources, référencement de la bibliographie et ajout de notes de bas de page.</p><p>Pétrarque a dit «&nbsp;Je ne ressemble à personne de ma connaissance&nbsp;» et «&nbsp;Chacun devrait écrire dans son propre style&nbsp;». Le thème sous-jacent ici, LA CONSCIENCE DE SOI, bien que lié à l&rsquo;INDIVIDUALISME, en diffère en n&rsquo;étant pas une condition sociale ou politique mais un état mental.</p><p>Les premiers humanistes étaient de fervents chrétiens. Leurs héros romains ou grecs leur paraissaient presque chrétiens. Érasme a fait référence à « Saint Socrate » par exemple. Au 17ème siècle, ils se déclarent stoïciens sans renoncer à leur prétention à être chrétiens.</p><p><strong>L&rsquo;effort sans fin pour changer la société pour le mieux vient de la tradition gréco-romaine.</strong></p><p>Les humanistes oscillaient entre le platonisme, c&rsquo;est-à-dire la quête de la forme pure, la pensée pure, l&rsquo;amour pur – une sorte de primitivisme, et la philosophie aristotélicienne – une sorte de matérialisme.</p><p>L&rsquo;imprimerie a apporté une plus grande exactitude à l&rsquo;échange d&rsquo;idées savant. Le prix à payer pour cette commodité : une mémoire individuelle et collective affaiblie et des spécialités qui se multiplient.</p><h3 class="wp-block-heading" id="l-artiste-est-ne">L&rsquo;artiste est « né »</h3><p>En plus des belles lettres, une pléthore de traités sur l&rsquo;architecture, la sculpture et les peintures ont été publiés principalement par des artistes italiens. Quelles conditions amènent les grandes périodes artistiques ? <strong>La première condition requise est un groupe d&rsquo;individus passionnés.</strong> Un événement ou la découverte d&rsquo;une nouvelle technique attire un groupe de personnes de talent. <strong>L&rsquo;intérêt obsessionnel, l&rsquo;opposition et la rivalité entre les artistes élèvent ensuite la performance au-delà de la norme.</strong> Dans les meilleures périodes, la pratique précède la théorie.</p><p>Les traités de la Renaissance, déclarent que le devoir de l&rsquo;artiste est d&rsquo;imiter la nature. Le style est « réaliste ». En plus de plaire à l&rsquo;œil, l&rsquo;art graphique doit traiter d&rsquo;un sujet clair, principalement chrétien ou classique.</p><p>La peinture à l&rsquo;huile a apporté deux changements. Premièrement, il est devenu possible de corriger les erreurs. Ensuite, il a rendu la peinture portable.</p><p>Le statut d&rsquo;Artiste s&rsquo;est amélioré par rapport à son ancêtre l&rsquo;artisan. Il n&rsquo;était plus anonyme. Il signait maintenant son œuvre. Il choisissait également son bienfaiteur aussi souvent que son bienfaiteur le choisissait. Le paiement effectif étant parfois délicat, il n&rsquo;était pas rare qu&rsquo;un artiste travaille pour deux mécènes en même temps.</p><p>Contrairement à la tradition médiévale qui consistait à reproduire l&rsquo;œuvre du maître, l&rsquo;artiste suivait son penchant, créait son propre style comme le préconisait Pétrarque.</p><p>Alors que les nobles et leurs protégés artistes jouissaient d’une relative liberté dans leurs activités quotidiennes, ils étaient impliqués dans la politique ou dans des intrigues amoureuses et des vendettas. Ils devaient gérer leur succession et penser à long terme avec qui s&rsquo;associer dans les affaires et dans le mariage. Ils n&rsquo;étaient pas des oisifs. Pourtant, leur mode de vie ne pourrait être possible sans une certaine dose de dilettantisme. Le loisir était un état d&rsquo;esprit, favorisé par la société de l’époque.</p><h3 class="wp-block-heading" id="les-eutopiens">Les «&nbsp;Eutopiens&nbsp;»</h3><p><strong>L&rsquo;Occident a été le pionnier d&rsquo;un genre appelé utopies, où l&rsquo;auteur imagine un monde meilleur et en particulier des États parfaits</strong>. Le thème de l&rsquo;ÉMANCIPATION des épreuves de son temps est le motif principal de l&rsquo;auteur. Les utopies empruntent aussi aux récits de voyages des explorateurs qui foisonnent après la découverte de Colomb au 16ème siècle. La connaissance des coutumes étrangères crée la CONSCIENCE DE SOI. Nos propres coutumes ne semblent plus inévitables.</p><p>Avec le changement des attentes, vint l&rsquo;opposition des anciens et des modernes qui dura jusqu&rsquo;à l&rsquo;époque de Voltaire. Au lieu d&rsquo;imiter les figures classiques, la contre-Renaissance valorise ce qui est nouveau et naturel. Certes, en science, il était devenu clair au 17ème siècle que les modernes étaient davantage dans le vrai.</p><p>L&rsquo;héritage des «&nbsp;Eutopiens&nbsp;» est de cinq ordres : (1) l&rsquo;égalité sociale est plus humaine que la hiérarchie, (2) tout le monde doit travailler et gagner sa vie, (3) les règles doivent être choisies par le peuple, (4) le mariage et le divorce ont besoin d&rsquo;accommodements et (5) l&rsquo;ordre existant n&rsquo;est pas fixé pour toujours.</p><h3 class="wp-block-heading" id="epique-et-comique-lyrique-et-musique-critique-et-public">Épique et comique, Lyrique et musique, critique et public</h3><p>Notre demi-millénaire de marche vers l&rsquo;égalité a évolué parallèlement à la séquence des genres littéraires : épopée, tragédie, la parole lyrique parlant pour soi, le roman et la pièce de théâtre critiquant la vie. C&rsquo;est-à-dire, <strong>nous sommes passé du héros de tout un peuple, au grand héros de la tragédie, au héros commun et à l&rsquo;anti-héros</strong>.</p><h3 class="wp-block-heading" id="universite-invisible">Université invisible</h3><p>Les anciens systèmes astronomiques ont tenu sur la durée parce qu&rsquo;ils étaient bons. Ils n&rsquo;avaient que quelques défauts. Par exemple, ils ne pouvaient pas expliquer pourquoi Mars semblait parfois faire marche arrière (épicycle). Ils ne pouvaient pas non plus expliquer ce qui propulsait une flèche et pourquoi elle s&rsquo;arrêtait finalement.</p><p>La première amélioration ou simplification des anciens systèmes est venue de Copernic. En plaçant le soleil au centre du système au lieu de la Terre, il a pu réduire le nombre d&rsquo;épicycles de 84 à 30. Mais Copernic n&rsquo;a pas abandonné les cercles et les sphères parfaits et a laissé son modèle planétaire incomplet.</p><p>Le fait d’utiliser de nouveaux mots tels que masse au lieu de poids, énergie au lieu de force, gravitation au lieu de l&rsquo;idée implicite dans le mot « lourd », permettait de garder à l&rsquo;esprit l&rsquo;idée géométrique ou l&rsquo;abstraction au lieu de l’objet concret. Cela a également contribué à éliminer la fausse notion de la physique d&rsquo;Aristote selon laquelle les choses se produisent dans un but final.</p><p>Descartes a perfectionné <strong>l&rsquo;analyse, c’est-à-dire la méthode pour décomposer les problèmes en parties plus simples, les résoudre et réassembler le tout</strong>. C&rsquo;est la méthode idéale pour la science, car elle suppose que la chose analysée est composée de pièces, comme une horloge.</p><p>Bacon a fait peu pour la science mais beaucoup pour faire avancer la cause de la science dans la population en général. Il a défié l&rsquo;autorité des anciens et a insisté sur une observation attentive, des enregistrements méticuleux et la vérification d&rsquo;hypothèses exemptes de notions préconçues. <strong>Sans Bacon, la science serait restée l&rsquo;activité dangereuse qu&rsquo;elle était à l&rsquo;époque de Galilée, principalement à cause des opinions mal informées des masses.</strong></p><p>Jusqu&rsquo;à la fin du 19ème siècle, les inventions pratiques ont précédé la science. Les inventeurs ont construit des appareils sans comprendre pourquoi ils fonctionnaient. Quelque chose de semblable se produit aussi dans la littérature et les beaux-arts.</p><p>Les sciences se sont fortement appuyées sur l&rsquo;expérimentation et cela nécessitait des instruments. Pour observer le ciel, il fallait un meilleur télescope au 17<sup>ème</sup> siècle, ce qui demandait à son tour la maîtrise du soufflage du verre et de la métallurgie. Les marins ont amélioré la cartographie par l&rsquo;utilisation de la géométrie, qui a popularisé la discipline. On dit que Newton a écrit ses <em>Principia</em> en langage mathématique à cause de la vogue de l’époque.</p><p>La construction des bâtiments et des canaux a également bénéficié de l&rsquo;application des calculs, ce qui a conduit en retour à des progrès en mécanique et en hydrostatique. Tout cela contribua lentement à convaincre le public de l&rsquo;utilité de la science en dépit des expériences inutiles de l&rsquo;astrologie et de l&rsquo;alchimie.</p><p>Le commerce, et en particulier la comptabilité en partie double inventée au 16<sup>ème</sup> siècle à Venise, favorise le développement de l&rsquo;algèbre. La comptabilité en partie double insistait sur l&rsquo;exactitude au centime près, ce qui n&rsquo;est pas un trait aristocratique. La méthode reposait également sur des équations et des abstractions. Il semble que le signe moins provienne des expéditions qui variaient un peu en poids. Lorsque cela se produisait, la différence était marquée d&rsquo;un signe plus ou moins afin de faire une transaction équitable.</p><p>Enfin, un changement d&rsquo;attitude propulsa la science. L&rsquo;alchimiste travaillait en secret pour une bonne raison. Mais le scientifique s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;une grande vérité se découvre petit à petit. Tout le monde profite de l&rsquo;échange d&rsquo;idées et de la correction des erreurs.</p><p>Par exemple, le mathématicien Mersenne jouait le rôle d&rsquo;une sorte de bureau de poste où les chercheurs envoyaient leurs derniers calculs. En 1645, à Oxford, une université d’un nouveau genre fut créée et regroupa médecins, physiciens et mathématiciens. Celle-ci devint plus tard la Royal Society of London. Le journal de l&rsquo;académie enregistrait les conférences et les discussions au sein du groupe et mettait à l’honneur des articles choisis. Cette institution est l&rsquo;ancêtre de l&rsquo;association professionnelle.</p><p>Pascal est celui qui a montré que tout ne pouvait pas être soumis à l&rsquo;esprit géométrique et à la méthode de Descartes car tous les composants ne pouvaient pas être identifiés. D&rsquo;autres vérités, sur l&rsquo;amour, l&rsquo;ambition ou le bon gouvernement sont accessibles par « l&rsquo;esprit de finesse », ou l&rsquo;esprit intuitif.</p><h3 class="wp-block-heading" id="les-revolutions-des-monarques">Les révolutions des monarques</h3><p>La guerre des sectes appelle une autre révolution, celle des monarques, dont le but est de ramener la paix et la stabilité.</p><p>Avant le monarque, le roi n&rsquo;était que le premier parmi ses égaux. Les duchés étaient constamment en guerre et se disputaient des territoires. La transition du roi au monarque et du royaume à l&rsquo;État-nation a été lente. Il lui a fallu environ 200 ans pour se développer. L&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Italie, en particulier, étaient en retard à la fête.</p><p>Le facteur de différenciation décisif est lorsque <strong>le monarque détient le monopole de la guerre et de la fiscalité</strong>. Cela signifie à son tour que le monarque a l&rsquo;argent pour payer une armée permanente. L&rsquo;argent permet aussi de payer une autre armée de fonctionnaires pour faire respecter la fiscalité, la justice et le monnayage. Pour ces raisons, les monarques devaient être financièrement indépendants et prudents avec l&rsquo;argent.</p><p>La monarchie implique la centralisation. Richelieu a mis en place un tel système en France. Un réseau d&rsquo;espions et d&rsquo;hommes de paille était maintenu pour contrôler les complots des nobles et des clercs. Les huguenots étaient assignés à certaines villes seulement. Les nobles ont été tenus en échec, notamment par des exécutions pour avoir enfreint la loi.</p><p>La monarchie trouva des alliés dans les artisans et les marchands qui en voulaient aux seigneurs de la guerre qui les humiliaient et perturbaient leur commerce. Ils fournissaient également la majeure partie des administrateurs compétents du royaume. En effet, les aristocrates ne s&rsquo;intéressaient pas à la paperasse. En conséquence, les plus lettrés de la bourgeoisie ont commencé à exercer le pouvoir au nom du monarque.</p><p><strong>La fusion de l&rsquo;aristocratie et de la bourgeoisie s&rsquo;est également produite au niveau culturel : les idéaux chevaleresques et la rigueur marchande se sont mélangés pour créer les mœurs civilisées des 300 années suivantes.</strong></p><p>Le monarque ne pouvait pas être un dirigeant séculier. Il avait besoin de l&rsquo;Église, qu&rsquo;elle soit catholique ou protestante. L&rsquo;Église servait son peuple et soutenait fermement son gouvernement légitime. À une époque sans presse et peu alphabétisée, le sermon était aussi un bulletin d&rsquo;information et un instrument de propagande du pouvoir. Elle fournissait en outre des services sociaux à la communauté.</p><p>Le livre <em>Le Prince</em> de Machiavel est essentiellement un portrait du monarque. Dans une Italie déchirée par la violence, l&rsquo;objectif du <em>Prince</em> était de rendre les conditions de vie tolérables. Il illustre la raison de l&rsquo;État, qui fait des choses injustes pour promouvoir l&rsquo;intérêt de l&rsquo;État.</p><h3 class="wp-block-heading" id="puritains-et-democrates">Puritains et démocrates</h3><p>Au 17<sup>ème</sup> siècle, l&rsquo;autorité du monarque est contestée par le Parlement, qui est presbytérien et par l&rsquo;armée de Cromwell, qui est puritaine. Le conflit a dégénéré en une guerre civile meurtrière.</p><p>Certains historiens pensent que la clé des conflits de l’époque réside dans l&rsquo;affrontement entre une aristocratie foncière et une classe marchande émergente qui a bénéficié du commerce international.</p><p>Pourtant, un autre point de vue verrait les puritains, les presbytériens et les indépendants comme des réformateurs politiques qui différaient seulement par leur degré de radicalisme. <strong>Ces sectes chrétiennes et d&rsquo;autres mues par l&rsquo;égalitarisme visaient quelque chose qui ressemblait à la démocratie.</strong></p><p>Si une meilleure religion pouvait être obtenue en se débarrassant de la hiérarchie dans l’Église et en élisant le ministre dans leur congrégation comme ils l’avaient fait, pourquoi ne devrait-elle pas s&rsquo;appliquer à la société en général ? Pourquoi auraient-ils besoin de supérieurs politiques et sociaux ?</p><p>Les Puritains croyaient que chaque être humain a le droit naturel de vivre sans être inquiété et que le gouvernement est nécessaire pour garantir ce droit. Si une loi civile va à l&rsquo;encontre d&rsquo;un droit naturel, la loi ne doit pas être suivie et il y a de bonnes raisons de renverser le gouvernement.</p><p>Le livre <em>Léviathan</em> de Hobbes décrit la nature de l&rsquo;homme comme celle d&rsquo;un agresseur et conclut qu&rsquo;un gouvernement doit être fort pour empêcher le chaos. L&rsquo;autre livre qui rivalise avec l’avant-gardisme de <em>Leviathan</em> est <em>Commonwealth of Oceana</em> de James Harrington. La république décrite dans cet ouvrage implique une constitution écrite, une législature avec deux chambres, une rotation des fonctions et un vote à bulletin secret de tous les citoyens. L&rsquo;auteur insiste sur le fait que lorsque le pouvoir politique et le pouvoir économique sont en opposition, la révolution s&rsquo;ensuivra.</p><p>Les Puritains incarnaient une ferveur religieuse à la fois viscérale et intellectuelle. Chacun d&rsquo;eux surveillait attentivement son comportement et celui des autres. Chaque déviation pouvait se propager comme une maladie dans la communauté et devait être combattue. La persécution, une sorte de guerre civile religieuse, était devenue un devoir.</p><p>Cromwell, un Puritain, bien qu&rsquo;animé de la même ferveur religieuse, a également compris qu&rsquo;il vaut mieux ne pas être trop certain de ses croyances. En tant qu&rsquo;homme d&rsquo;État, il a également incarné la tolérance. Si un homme a bien servi l&rsquo;État, alors on ne devrait pas le juger durement pour ce qui concerne sa religion. De plus, la répression ne pouvait qu&rsquo;attiser la dissidence et non la réduire. Cromwell a également rendu l&rsquo;Angleterre plus prospère grâce aux «&nbsp;Actes de Navigation&nbsp;» qui ont accru le commerce international et marqué la naissance de l&rsquo;Empire britannique.</p><p>On se souvient de Cromwell comme du monarque modèle, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;un chef d&rsquo;État qui est un bon administrateur et qui obéit aux lois.</p><p>En Nouvelle-Angleterre, les Puritains ont laissé un héritage ambivalent : la tolérance de la conscience individuelle dans la mesure où elle est liée au droit de participer au gouvernement et d&rsquo;exiger la justice sociale, et l&rsquo;acceptation du plaisir de vivre, des arts et de la promiscuité. Les Puritains ont également fait preuve d&rsquo;un sens élevé du devoir.</p><h3 class="wp-block-heading" id="le-regne-de-l-etiquette">Le règne de l&rsquo;étiquette</h3><p>Le jeune roi Louis XIV a eu une enfance mouvementée qui l&rsquo;a poussé à rechercher la stabilité. Il y parvint de deux manières, d&rsquo;abord en étant un administrateur diligent siégeant chaque jour en conseil avec ses secrétaires, puis en développant une cour et une étiquette pour contrôler les nobles.</p><p>Louis XIV a grandi pendant une guerre civile anarchique qui impliquait les nobles rancuniers, une assemblée d&rsquo;avocats voulant imiter le Parlement de Londres et la foule parisienne à la recherche d&rsquo;un minimum de démocratie.</p><p>La cour coûtait chère à entretenir, mais moins que les espions de Richelieu et les guerres continuelles. Les nobles étaient occupés à se disputer des faveurs et à participer à des divertissements réguliers. Le roi remarquait les absents et cela suffisait à alarmer leurs proches à la cour. La cour était en sous l’emprise d’un roi qui inspirait admiration et terreur.</p><p>L&rsquo;ère des petits tyrans fut révolue avec la centralisation accrue de Colbert, un bourgeois à la tête du ministère des Finances. Il créa une armée de fonctionnaires enregistrant et justifiant toute dépense et tout revenu et faisant respecter les réglementations sur les importations et les exportations.</p><p>L&rsquo;aristocratie, la bourgeoisie et le peuple étaient partagés sur les avantages et les inconvénients de la monarchie. Les marchands se plaignaient des tarifs élevés, et les nobles de leur perte de liberté et même de la trahison de leur race. Les roturiers avaient la nostalgie de leurs assemblées et des États généraux. Les intellectuels comme Montesquieu craignaient que la monarchie ne se termine par la tyrannie.</p><p>Un autre groupe, les jansénistes qui incluaient des éléments du protestantisme tels que la prédestination et l&rsquo;absence de libre arbitre, restaient fidèles à la foi catholique. Ils s&rsquo;opposaient à la laïcité accrue et à l&rsquo;influence des jésuites un peu trop flexibles.</p><p>Après avoir épousé en secret Mme de Maintenon, une fervente catholique, la cour accorda plus d&rsquo;importance à la religion ne serait-ce que par hypocrisie. Un autre effet fut la persécution des huguenots, les meilleurs artisans de France, qui furent massacrés ou s&rsquo;enfuirent en Angleterre, en Hollande et en Prusse.</p><h3 class="wp-block-heading" id="le-siecle-encyclopedique">Le siècle encyclopédique</h3><p>Pierre Bayle, réfugié en Hollande, a écrit une analyse critique de la Bible, où il a mis en évidence les contradictions et affiché son scepticisme. Mais c&rsquo;est Voltaire qui a popularisé ses idées dans les salons. Il peut y avoir un dieu mais quand il a créé le monde, il l&rsquo;a établi selon les lois de la science, par la suite n&rsquo;a jamais interféré avec. Alors à quoi bon les moines, les évêques, les bougies et autres rituels ?</p><p>Après un séjour de deux ans à Londres, Voltaire écrivit ses <em>Lettres Persanes</em> et mit à la mode les mœurs et les idées anglaises.</p><p>En particulier, il a présenté les travaux de Newton et les idées de Locke sur le gouvernement. Il était devenu évident que la liberté d&rsquo;expression et de débattre aidaient à faire ressortir la vérité. John Locke a promu la même idée que les Puritains selon laquelle le gouvernement pourrait être renversé si l&rsquo;autorité était mal utilisée, mais contrairement aux Puritains, l&rsquo;argument de Locke était basé sur la Raison et non sur la Religion ou la Nature.</p><p>La <em>Déclaration des droits</em> de Locke traite de la vie, de la liberté et de la propriété. Selon Locke, le pouvoir ne devrait pas résider dans un dirigeant absolu, que ce soit un monarque ou un groupe de personnes, qui se transforment en tyrans, mais dans le peuple à travers deux groupes de représentants. Certains d&rsquo;entre eux font les lois, tandis que d&rsquo;autres les exécutent.</p><p>Le système anglais comporte un Parlement (Commons and Lords), dont les Communes sont élues et responsables de la fiscalité et de l&rsquo;armée. En raison du danger toujours présent d&rsquo;un coup d&rsquo;État par l&rsquo;armée, une disposition astucieuse, le <em>Mutiny Act</em>, à renouveler chaque année, serait nécessaire pour donner force de loi aux disciplines ou aux cours martiales.</p><p>Diderot contribua peut-être plus que Voltaire à l&rsquo;avancement des idées « nouvelles » en publiant une Encyclopédie. Ce travail se heurta à la résistance des jésuites et des jansénistes et de l&rsquo;establishment pendant 25 ans. Malgré la censure, l&rsquo;ouvrage a trouvé un public et est devenu une référence sur de nombreux sujets, notamment les arts, l&rsquo;artisanat et les outils de l&rsquo;époque.</p><p>En ce qui concerne la science, le progrès le plus important a été la découverte de l&rsquo;électricité. D&rsquo;autres percées ou inventions comprennent&nbsp;: le développement de l&rsquo;hydrodynamique, qui a amélioré la construction de ponts et de navires, le thermomètre, la pompe, la machine à vapeur de Watt, la navette volante et la jenny tournante, et une horloge précise utilisée pour mesurer la longitude. Jenner a développé un vaccin de vache contre la variole. Lavoisier, le chimiste, isole les éléments et les classe.</p><p>Toutes ces avancées ont été rendues possibles par le développement des mathématiques, en particulier du calcul différentiel. Dans de nombreuses villes, des lieux ont été mis en place où les personnes instruites se mêlaient aux curieux afin de leur montrer les derniers développements de la science. Des prix pour les questions contestées ont été offerts.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-troupe-oubliee">La troupe oubliée</h3><p>La Révolution française aurait pu être une transition pacifique d&rsquo;une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle. Cependant, l<strong>es hommes qui ont mené la révolution manquaient de deux qualités nécessaires : l&rsquo;habileté politique et l&rsquo;habileté administrative. </strong>La première est la capacité de comprendre ce qui peut être fait et de pousser les autres à le vouloir. La seconde est l&rsquo;art d&#8217;empêcher une situation de sombrer dans le désordre.</p><p>Divers groupes organisés, clubs et sociétés étaient à l&rsquo;origine d&rsquo;actions militantes pour faire pression ou menacer l&rsquo;assemblée. Ces groupes connus sous le nom de « Sans Culottes » n&rsquo;étaient pas toujours unis mais ils agissaient de concert dans les moments critiques.</p><p>La Révolution a également mis en avant l&rsquo;idée des « Droits de l&rsquo;Homme ». Elle a étendu le suffrage à une grande partie de la population masculine. Elle créa aussi deux France, l&rsquo;une laïque et l&rsquo;autre résolument catholique.</p><p>La Révolution française a été la clé de la naissance du nationalisme et du libéralisme (droits individuels et gouvernement représentatif). Les ennemis étrangers et intérieurs ainsi que la faim ont conduit à un régime de terreur pour protéger la patrie.</p><p>Robespierre créa ainsi le premier État policier. Aux côtés de Robespierre, Carnot, un brillant administrateur, lève une formidable armée populaire de 750 000 hommes, les ravitaille et les organise suffisamment pour qu&rsquo;ils s&rsquo;imposent sur le champ de bataille. En réunissant dans un combat commun des peuples de différentes provinces, la Révolution a contribué à créer une nation et à exporter l&rsquo;idée du nationalisme dans toute l&rsquo;Europe.</p><h3 class="wp-block-heading" id="le-travail-de-l-esprit-et-du-coeur">Le travail de l&rsquo;esprit et du cœur</h3><p>Le romantisme n&rsquo;est pas tant un mouvement qu&rsquo;un Zeitgeist, l’esprit de l&rsquo;époque. C&rsquo;est un phénomène comme la Renaissance et le puritanisme. D&rsquo;une certaine manière, c&rsquo;est une réaction à la foi en la Raison au 18<sup>ème</sup> siècle, mais ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;anti-intellectualisme.</p><p>Cette ère s&rsquo;étend de la dernière décennie du 18<sup>ème</sup> siècle au milieu du 19<sup>ème</sup> siècle. Rousseau, Kant, Burke et Goethe ont été les pionniers lorsqu&rsquo;ils ont promu l&rsquo;idée que les humains sont animés par des passions. La raison n&rsquo;est pas un ennemi mais un moyen d&rsquo;accomplir ce que le cœur veut. Plus précisément, le schéma du romantisme est d&rsquo;abord le sentiment, puis l&rsquo;introspection pour lui donner forme et sens, enfin l&rsquo;aventure soutenue par la foi.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-mere-des-parlements">La mère des parlements</h3><p>La Révolution française a favorisé l&rsquo;individualisme en ce sens qu&rsquo;il était désormais entendu que <strong>l&rsquo;individu était libre d&rsquo;agir comme il l&rsquo;entendait tant qu&rsquo;il ne portait pas atteinte aux droits d&rsquo;autrui et à la nation dans son ensemble. </strong>Les intérêts intermédiaires des guildes et des groupes n&rsquo;étaient plus pris en compte.</p><p>Partout en Europe et dans le Nouveau Monde, les gens ont remis en question les anciennes façons de faire. Le modèle à suivre était celui de la Chambre des communes en Angleterre. Mais malheureusement, l&rsquo;évolution des arrangements politiques n&rsquo;a pas apporté l&rsquo;émancipation attendue.</p><p>En fait, le sort de l&rsquo;individu était objectivement pire dans un monde dominé par les industriels, où il était isolé et où les machines dégradaient les conditions de travail. C&rsquo;était une époque de « pauvreté au milieu de l&rsquo;abondance ». Incidemment, le développement de l&rsquo;industrie a rendu les réglementations, les contrôles, les inspections et les statistiques incontournables ne serait-ce que pour sauver des vies.</p><p>Le socialisme était une réaction aux nouvelles conditions qui prévalaient pour les multitudes. Elle a fini par prendre l&rsquo;une des deux formes, la dictature d&rsquo;un parti unique ou l&rsquo;État-providence sous le contrôle d&rsquo;un parlement démocratique.</p><p>Aucun parlement n&rsquo;a été aussi apte à remplir ses fonctions que le parlement anglais. Leurs imitations ultérieures en Europe et ailleurs étaient soit dysfonctionnels, soit de pures façades. Les autres parlements, y compris celui des États-Unis, étaient également limités par l&rsquo;évolution des normes et des circonstances. Leurs constitutions écrites sont devenues obsolètes à un moment donné, ce qui a généré des crises parlementaires.</p><p>En revanche, le Parlement anglais n&rsquo;est pas seulement composé d&rsquo;une Chambre des communes et d&rsquo;une Chambre des Lords, mais aussi d&rsquo;un ensemble de coutumes et de règles non écrites appelées le «&nbsp;roi au Parlement&nbsp;» qui régit ce que chacun des trois éléments peut ou ne peut pas faire. Cette caractéristique de juger quand et comment changer les choses est difficilement reproductible. Une telle qualité a en effet été acquise par les Anglais dans la douleur au cours de plusieurs siècles.</p><p>Le Parlement anglais a évolué d&rsquo;une assemblée d&rsquo;intérêts tels que l&rsquo;église, l&rsquo;aristocratie, les capitalistes… à un système bipartite. <strong>En effet, dans le système « un homme, un vote », la force dominante est l’opinion publique, mais elle est imprévisible</strong>. Le système bipartite offrait l’avantage d’avoir moins de frictions car un gagnant clair émergerait toujours. Il convient également de noter la disposition spatiale du parlement qui met en vis-à-vis la Droite et la Gauche, ce qui décourage les dispositifs théâtraux et les discours abstraits d&rsquo;autres parlements semi-circulaires.</p><p>En Amérique, Tocqueville a relevé les qualités exceptionnelles d&rsquo;un peuple ferme, non servile, ouvert dans ses rapports avec les autres, libéré du passé et prêt à s’associer bénévolement pour de bonnes œuvres. Pourtant, Tocqueville sentait que le grand danger de la démocratie américaine était la tyrannie de la majorité à la fois juridiquement et socialement.</p><p>Cette époque fut aussi celle des chemins de fer, du développement de la thermodynamique et du triomphe de la vision mécaniste du monde. C’est aussi à ce moment de l’histoire que le philosophe naturel amateur est devenu le scientifique à temps plein, par exemple en expérimentant sur l&rsquo;électricité. Helmholtz formule une vision d&rsquo;un monde d&rsquo;atomes liés par des forces fondamentales.</p><h3 class="wp-block-heading" id="un-sommet-des-energies">Un sommet des énergies</h3><p>Le tournant du siècle a été à bien des égards une réaction à la morale conventionnelle. À sa place, les artistes ont promu une philosophie du pragmatisme : faire face aux circonstances en recherchant le résultat le plus harmonieux.</p><p>Le monde industriel, l&rsquo;impérialisme et les luttes ouvrières les ont aliénés. Certains comme Rimbaud, Isidore Ducasse ou Alfred Jarry souhaitaient le détruire. D&rsquo;autres, appelés les Décadents, étaient satisfaits de voir le monde s&rsquo;autodétruire. Les symbolistes, quant à eux, ont choisi de s&rsquo;évader en imaginant un univers fantastique.</p><p>Plus généralement, l&rsquo;art est devenu un « art pur », plus abstrait et plus éloigné de la réalité. Comme le scientifique, l&rsquo;artiste a cherché à créer une expérience pour illustrer un principe général. Son héritier, l&rsquo;art du 20<sup>ème</sup> siècle, n&rsquo;a pas de sens sans comprendre cette idée.</p><p>Les mouvements artistiques de l&rsquo;époque visaient à désorienter et à désorganiser les sens. Le modèle actuel de la poésie vient de cette époque : vers libres, déformation du langage, obscurcissement du sens.</p><p>Pendant ce temps, le mouvement naturaliste a attiré l&rsquo;attention du public sur des situations actuelles insupportables. Leur approche consistait à documenter la réalité sur la base de faits et de statistiques, mais ce n&rsquo;était pas du réalisme. Des artistes comme Zola cherchaient à exposer les maux sociaux.</p><p>La révolution sexuelle s&rsquo;est produite à cette époque, et non au milieu du 20<sup>ème</sup> siècle, comme on le croit. De nombreux romans et traités ont été publiés sur le sujet. L&rsquo;émancipation des femmes reflétait la révolution sexuelle. Le divorce est devenu plus courant.</p><p>La santé et l&rsquo;hygiène corporelles ont pris de l&rsquo;importance : assainissement de l’eau, toilettes à chasse d&rsquo;eau, etc. De nombreux sports de balle ont été inventés. Le mouvement des scouts a été fondé et les écoles ont ajouté la gymnastique à leurs programmes.</p><p>Les progrès sur la santé ont été contrebalancés par une utilisation plus répandue des drogues par les classes supérieures et une épidémie de maladies mentales et sexuellement transmissibles.</p><p>En sciences, Michelson et Morley ont montré qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;éther dans l&rsquo;espace. Mendeleïev a produit un tableau d&rsquo;éléments qui a prédit de nouveaux éléments et leurs propriétés. Gibbs, inspiré par la thermodynamique, a créé la chimie physique. En cette fin de siècle, de nombreuses incohérences entre les différentes branches de la science ont été identifiées et ont appelé à un grand nettoyage.</p><p>Pasteur a découvert des micro-organismes et des moyens de les tuer. Claude Bernard a exploré les fonctions des organes et le système circulatoire. C&rsquo;est aussi une période de progrès rapides en chirurgie.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-decennie-cubiste">La décennie cubiste</h3><p>L&rsquo;impressionnisme est le dernier héritier du romantisme. Comme Zola, les impressionnistes ont travaillé sur une recréation de la nature et ont choisi leurs sujets parmi des objets communs : une gare, une cathédrale, etc.</p><p>En 1908, une autre école, les cubistes, dirigée par Braque et Picasso rompt avec l&rsquo;impressionnisme. Cette école cherchait à représenter l&rsquo;essence de l&rsquo;objet et à suggérer le mouvement. Le bon terme pour décrire les cubistes est «&nbsp;art résiduel&nbsp;». Il s’agit de supprimer le particulier et l&rsquo;individuel pour ne laisser que le général et l&rsquo;abstrait. L&rsquo;art moderne est le descendant direct du cubisme.</p><p>Le populisme est caractéristique du tournant du siècle. C&rsquo;est une présence fortement ressentie des gens, de leurs besoins, de leurs droits, de leurs comportements et de leurs idées. C&rsquo;est aussi à cette époque que la sociologie devient une science sociale indépendante. Le sondage est issu de la sociologie et de sa volonté d&rsquo;étudier toute activité sociale.</p><p>Pour résumer les leçons tirées de 500 ans d&rsquo;histoire occidentale, on peut observer que :</p><p>&#8211; Une époque est caractérisée par un ou deux besoins pressants, mais il y a désaccord sur les remèdes à prescrire.</p><p>&#8211; Les meilleures œuvres d&rsquo;un mouvement sont produites lorsque le combat fait rage pour vaincre le précédent mouvement.</p><p>&#8211; Les idées en Occident, font leur travail en s&rsquo;appuyant sur des slogans simples. C&rsquo;est après coup que les savants et les partisans lisent les détails de la théorie.</p><p>Le pragmatisme, qui aurait dû s&rsquo;appeler instrumentalisme, est une méthode pour tester la vérité des idées en les mettant en action et en voyant les résultats. En ce sens, Nietzsche est un pragmatique. Il critique à la fois l&rsquo;homme du commun et l&rsquo;intellectuel conformiste sur des bases psychologiques et sociologiques : ils flétrissent l&rsquo;individualisme et le progrès des choses.</p><h3 class="wp-block-heading" id="la-grande-illusion">La grande illusion</h3><p>Les années 1890 ont vu l&rsquo;avènement de journaux bon marché qui diffusaient la propagande des entreprises et du gouvernement. Cependant, les journaux ont également servi d&rsquo;outil pour éduquer les masses en matière de santé, d&rsquo;affaires, de finances, de sports, de mode ou de théâtre.</p><p>La principale question de l&rsquo;époque était la question sociale. En Angleterre, les socialistes Fabiens ont été préférés au marxisme. Cette variété de socialisme convenait mieux au tempérament anglais en transformant progressivement le pays en État-providence.</p><p>Les électeurs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui devraient tous être appelés des socialistes conservateurs libéraux. Chaque parti représente une combinaison différente de ces dimensions. Libéral fait référence au degré d&rsquo;intervention du gouvernement, tandis que conservateur et socialiste se rapportent respectivement à la droite et à la gauche.</p><p>Il y avait de nombreuses causes à la Grande Guerre de 1914, mais aucune n&rsquo;aurait été suffisante s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu<strong> le pouvoir des journaux d&rsquo;alimenter la colère, la humiliation et la fierté des masses</strong>.</p><p>Avant la Grande Guerre, la guerre des Boers a donné au monde les premières balles creuses, les uniformes de camouflage militaires et les camps de concentration.</p><p>La Grande Guerre a commencé avec beaucoup d&rsquo;enthousiasme. D&rsquo;une certaine manière, la guerre était libératrice. Plus de métro-boulot-dodo, fini les quarts de travail en usine. À cause de la mobilisation, il y avait moins de voisins vigilants et plus de possibilités de liberté sexuelle. L&rsquo;hostilité envers le patron, l&rsquo;État ou le prochain a été remplacée par celle contre l&rsquo;ennemi anonyme. Le clergé a également encouragé les combats.</p><p>Qu&rsquo;est-ce qui peut expliquer que les intellectuels aient retourné leur veste ? En fait, la guerre a permis aux créateurs de culture d&rsquo;être reconnus de leur vivant comme leaders d&rsquo;opinion. La tentation était irrésistible.</p><p>La guerre se caractérise également par un état général de paranoïa et de folie dans la population. Il y avait une dissidence perpétuelle au sein des gouvernements. Par exemple, les politiciens tentaient de prendre l’avantage sur leurs rivaux pour être bien positionnés une fois la guerre terminée. Les journaux devaient être censurés, les décisions devaient plaire à de nombreux maîtres : les dissidents dans les cabinets, les États alliés et l&rsquo;opinion publique. L&rsquo;échec devait être masqué ou dissimulé.</p><p>L’hallucination collective s&rsquo;est d&rsquo;abord évanouie dans les tranchées, où les mots avaient peu de poids comparé à l&rsquo;expérience traumatique. Incidemment, il y a eu de nombreux épisodes de fraternisation en première ligne.</p><h3 class="wp-block-heading" id="l-artiste-prophete-et-bouffon">L&rsquo;artiste prophète et bouffon</h3><p>Au lendemain de la Grande Guerre, trois mouvements véritablement amorcés au tournant du siècle marquent l&rsquo;époque :</p><p>&#8211; L&rsquo;émancipation sexuelle</p><p>&#8211; Les droits des femmes</p><p>&#8211; État providence</p><p>Le mouvement surréaliste lancé par André Gide s&rsquo;inscrit dans la continuité du mouvement cubiste. Il cherche à donner libre cours à l&rsquo;inconscient. Il agit comme le fou qui dit des vérités troublantes au monde.</p><p>Plus tard, l&rsquo;art abstrait est allé plus loin en niant l&rsquo;art. L&rsquo;objectif était de ridiculiser l&rsquo;art et d&rsquo;effacer la beauté. En architecture, les « Arts Déco » ont également voulu donner aux objets un aspect moderne, c&rsquo;est-à-dire plus industriel et plus éloigné de la forme humaine.</p><h3 class="wp-block-heading" id="embrasser-l-absurde">Embrasser l&rsquo;absurde</h3><p>Après la seconde guerre mondiale, l&rsquo;idée qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sens à la vie humaine est devenue plus répandue. Les découvertes scientifiques défiaient régulièrement l’intuition. Les arts ont tenté d&rsquo;imiter la science en épatant le bourgeois.</p><p>Cette époque est celle de l&rsquo;Absurde. La vie et la nature ne sont plus des références. Des systèmes sont construits pour éliminer l&rsquo;infinie variété de choses et leur subtilité. Des théories sont créées qui permettent à leurs créateurs de se libérer de la réalité de l’expérience sensible.</p><p>Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la fin du colonialisme a laissé un ensemble de petits États qui ont été contrôlés tour à tour par les communistes et des dictatures militaires. Divers fondamentalismes ont animé la multitude des peuples mais n&rsquo;ont pas réussi à les unir. De nombreux conflits ont nécessité l’interventions des grandes puissances. Le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peut regarder les mêmes films et manger la même malbouffe, mais il est profondément divisé.</p><p>L&rsquo;allégorie du Grand Inquisiteur dans les Frères Karamazov de Dostoïevski explique le dilemme. L&rsquo;homme de masse est faible, crédule, pécheur. La liberté de choix lui est insupportable et il veut des certitudes. Il est satisfait que d’autres décident pour lui tant qu&rsquo;il a son pain quotidien. Il veut aussi l&rsquo;unité, c&rsquo;est-à-dire la tranquillité d&rsquo;esprit qui découle du fait de savoir que tous pensent et ressentent la même chose.</p><p>En Occident, le désir de sécurité incarné par l&rsquo;État-providence se double d&rsquo;un désir de liberté qui lui est incompatible.</p><h3 class="wp-block-heading" id="temps-demotique">Temps démotique</h3><p>De nombreux gouvernements se disent démocratiques. Dans les pays communistes, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un faux semblant. Dans les pays occidentaux, les gouvernements ne sont pas démocratiques au sens propre mais seulement représentatifs.</p><p>Les sociétés et les individus en Occident n&rsquo;agissent pas non plus de manière démocratique. Les manifestations sont généralement contre une décision légale. De même, exiger un vote après un sondage s’apparente à de la démagogie.</p><p><strong>La tendance la plus forte de la fin du 20<sup>ème</sup> siècle est le séparatisme</strong>. La principale réalisation de l&rsquo;État-nation a été de réduire le niveau de violence à l’intérieur du pays. Cependant, au cours des dernières décennies, l&rsquo;Occident a connu une augmentation significative des crimes, y compris dans les écoles publiques.</p><p>L&rsquo;État-providence protégeait non seulement l&rsquo;individu par le biais de la gratuité des soins de santé et de la sécurité sociale, mais par d&rsquo;innombrables protections contre tout événement indésirable, qu&rsquo;il soit accidentel ou intentionnel. L&rsquo;État devait également financer l&rsquo;art, la science et éduquer les enfants jusqu&rsquo;à l&rsquo;université. Inévitablement, l&rsquo;État-providence est devenu l&rsquo;État judiciaire. Offrir des avantages à tous s&rsquo;est avéré coûteux et a entraîné un niveau d’imposition élevé.</p><p>Accessoirement, la sécurité sociale était aussi un filet de sécurité pour la production de masse en assurant un approvisionnement constant d&rsquo;acheteurs solvables.</p><p>Les grandes organisations telles que les entreprises ou les universités ont développé de grandes bureaucraties comparables aux agences gouvernementales. L&rsquo;homme moderne consacre beaucoup de temps et d&rsquo;efforts à ses relations avec elles. À cet égard, les temps actuels ressemblent à l&rsquo;époque d&rsquo;avant la Révolution française où rien ne pouvait être fait d’une façon simple.</p><p>La concurrence de nombreux partis politiques, aggravée si la représentation est proportionnelle, a contribué à promouvoir des intérêts particuliers qui ont utilisé leur pouvoir de négociation pour entrer dans des coalitions. En conséquence, ce n&rsquo;était pas l&rsquo;intérêt national qui était poursuivi mais un compromis entre lobbies. Un signe caractéristique de décadence a été les projets de loi proposés, adoptés dans la législation mais bientôt oubliés et jamais mis en œuvre.</p><p>Il existe plusieurs autres symptômes de décadence. Un exemple serait la tendance au laisser aller dans l&rsquo;habillement, les manières et le comportement. Un autre serait le tout en un, qui cherche à satisfaire de multiples envies au même endroit : cinéma, snack, bibliothèque, jeux. Un autre est la grande offre de cours sur les campus universitaires.</p><p>L&rsquo;homme de la fin du 20<sup>ème</sup> siècle est tourmenté par une conscience excessive de lui-même et de ses motivations. Il est coupable de ne pas être coupable ou de se sentir coupable, ou quoi que ce soit, et il doit avouer n&rsquo;importe quoi à n&rsquo;importe qui.</p><p>Les attitudes caractéristiques de notre époque démotique, c’est-à-dire familière, sont la compassion, l&rsquo;irrévérence et la créativité. Ces caractéristiques ne se retrouvent pas nécessairement dans la majorité mais sont suffisamment partagées pour influencer notre ère.</p><p>Le divertissement est saturé de sexualité et de violence, sans doute pour stimuler un public assis et passif. Une telle exposition à des scènes choquantes ou dérangeantes a probablement eu un effet déprimant sur la population.</p><p>Les institutions, et en particulier les écoles publiques, sont devenues autodestructrices. La pédagogie inutile, la formation inepte des enseignants, la réticence au travail soutenu, l’amour des gadgets, tout cela contribua à la détérioration du système scolaire. À la maison, les enfants trouvaient peu d&rsquo;encouragements et n&rsquo;apprenaient même pas les bonnes manières et encore moins le sens moral.</p><p>La décadence est également visible dans le sport. Si les performances se sont améliorées, c&rsquo;est au détriment du fair-play et à l&rsquo;aide de stéroïdes. Lorsque les équipes se rencontrent pour jouer un match, les supporters créent souvent des émeutes. Les médecins ont perdu leur autorité parce qu&rsquo;ils semblaient un peu trop motivés par l&rsquo;argent et pas assez par leurs patients. De même, les professeurs, les avocats et les journalistes sont devenus de plus en plus des objets de mépris.</p><p>Seules la science et la technologie semblent en bonne santé à l&rsquo;heure actuelle.</p><p>The post <a
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isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1575</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre « The Mainspring of Human Progress » de Henry Grady Weaver est un ouvrage qui va à contrecourant des idéologies mortifères en « isme ». A notre époque particulière où l’État est présenté comme la solution à tous les problèmes, la santé, l&#8217;écologie, l&#8217;économie, l&#8217;éducation, etc., ce livre est rafraichissant. L&#8217;auteur présente l&#8217;histoire sous un angle&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre « The Mainspring of Human Progress » de Henry Grady Weaver est un ouvrage qui va à contrecourant des idéologies mortifères en « isme ».</p><p>A notre époque particulière où l’État est présenté comme la solution à tous les problèmes, la santé, l&rsquo;écologie, l&rsquo;économie, l&rsquo;éducation, etc., ce livre est rafraichissant. L&rsquo;auteur présente l&rsquo;histoire sous un angle inédit, non pas celui des Princes, des États, ou des Nations, mais celui de l&rsquo;individu.</p><p>La thèse proposée est que le principal obstacle au progrès est le gouvernement. Au-delà d&rsquo;un certain seuil nécessaire pour garantir la sécurité publique et les droits de propriété, plus d’État veut dire moins de responsabilité pour les individus, et donc moins d&rsquo;incitations pour innover et créer.</p><p>Vous ne trouverez jamais un tel discours dans vos manuels d&rsquo;histoire ! Alors, bonne lecture.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Questions intrigantes</h3><p>Les États-Unis d’Amérique sont devenus le pays le plus prospère du monde en à peine trois génération. A quoi cela est-il dû&nbsp;? Pas aux ressources naturelles. La Chine, la Russie, l’Inde et l’Afrique en disposent aussi. Ce n’est pas non plus parce que les Américains travaillent plus dur que les autres. En fait, ce sont sans doute les autres qui travaillent dur pour survivre. Les Américains sont-ils supérieurs&nbsp;? Pas vraiment, leurs ancêtres ont connu la faim comme tous les autres peuples.</p><p>En fait, la réponse est que nulle part ailleurs dans le monde, l’énergie humaine n’est mieux utilisée qu’aux États-Unis.</p><p>La condition humaine est celle d’une lutte permanente pour la survie et contre les forces de la nature&nbsp;: les maladies, les éléments, les catastrophes naturelles, les nuisibles, etc. Nous ne devons jamais oublier cet état de fait, sans quoi nous risquons d’être déconnectés de la réalité et ne plus faire face comme il le faut.</p><p>Vos actions peuvent être limitées, contraintes ou empêchées par la force, mais au bout du compte le choix d’obéir ou de pas obéir vous appartient. Rien, ni personne ne pourra vous enlever ce choix-là.</p><p>Comme pour l’énergie mécanique ou l’énergie électrique, il existe une bonne façon d’exploiter l’énergie humaine. Tout d’abord, l’homme est doué de raison et capable d’imagination. Il peut apprendre de ses expériences et de celles des autres. Pour ces raisons, il est capable de créer de nouvelles choses. Remarquez que si ces choses n’étaient pas sa propriété, il n’aurait aucune incitation à les améliorer.</p><h3 class="wp-block-heading">L’effet de levier</h3><p>L’invention des outils a démultiplié la productivité du travail humain en&nbsp;permettant une meilleure utilisation de l’énergie, une spécialisation du travail, et une collaboration accrue. Le concept de propriété privée est sans doute apparu en même temps que les outils.</p><h3 class="wp-block-heading">Un réseau de relations et ses contraintes</h3><p>Celui qui blesse les autres se blesse lui-même en réduisant les opportunités qui naissent de la coopération et de l’échange. Comme il existe une infinité de goûts et de couleurs, tous les hommes ne voudront pas la même chose au même moment. Les choix, les compromis et les décisions qui sont l’aboutissement d’un processus coopératif et compétitif sont meilleurs que ceux qui seraient faits sans tenir compte des autres.</p><p>Du point de vue de l’individu, ces frictions peuvent paraître une perte de temps et un obstacle à la réalisation de ses désirs. Si seulement une autorité suprême pouvait orienter les affaires humaines, tout serait tellement plus simple&nbsp;! Supposons que vous ayez une idée grandiose qui améliorera le sort de l’humanité mais malheureusement certains ne sont pas d’accord. Fatigué d’essayer de les convaincre, vous concluez que la coercition est la solution. Après tout, la fin justifie les moyens&nbsp;!</p><p>L’argument est toujours le même. Si seulement il existait une autorité centrale à qui déléguer la résolution de nos problèmes, tout serait tellement mieux dans le meilleur des mondes. Vraiment ? A peu près toutes les variantes de cette idée ont été testées depuis Platon. Elles ont toutes échoué car (1) seul un humain peut générer de l’énergie humaine et (2) seul un humain peut contrôler l’énergie qu’il génère.</p><p>C’est l’incapacité à comprendre cette règle simple qui est la cause de la stagnation de la plupart des sociétés humaines depuis 6000 ans.</p><p>Le comportement humain est, pour une large part, déterminé par les croyances religieuses du groupe auquel il appartient. C’est par conséquent la foi religieuse qui anime le groupe qui contrôle les énergies à l’intérieur du groupe.</p><h3 class="wp-block-heading">Vision païenne</h3><p>La vision païenne est fataliste. Elle considère que l’individu est impuissant et qu’il n’y a rien qui puisse être fait pour améliorer son sort. Dans cette vision du monde, l’homme ne contrôle rien et par conséquent n’est pas responsable de ses actes. Possiblement la plus ancienne forme de cette vision païenne est la croyance dans la toute puissance de la volonté de la tribu, aujourd’hui appelée «&nbsp;l’intérêt général&nbsp;». Au nom de cette vision, la partie doit être sacrifiée pour le tout. Les Aztèques retiraient le cœur palpitant de leurs victimes, les Crétois donnaient leurs filles en sacrifice à Minos et les Carthaginois brûlaient vifs leurs bébés pour le dieu Moloch.</p><p>De nos jours, beaucoup de personnes intelligentes, civilisées, amicales continuent de penser qu’il faut se conformer à la volonté des masses. Cela est contraire aux vertus chrétiennes d’auto-suffisance, de développement personnel, de confiance en soi, de respect de soi et d’autodiscipline. Cette vision est promue sous le nom de progrès social mais fait en réalité le lit des tyrans, dictateurs et autres despotes.</p><p>La plupart des malheurs dans l’histoire des hommes trouve son origine dans le zèle d’individus bien intentionnés. Armés de la-grande-idée-qui-explique-tout, et faisant fi des libertés individuelles sauf la leur, ces «&nbsp;saints&nbsp;» ont toujours voulu faire le bonheur des gens malgré eux… Curieusement, ils arrivent au même argument&nbsp;: «&nbsp;J’ai raison. Ceux qui ne sont pas d’accord ont tort. S’ils ne veulent pas se conformer, ils doivent être détruits.&nbsp;» A ce stade, les «&nbsp;saints&nbsp;» sortent les guillotines.</p><h3 class="wp-block-heading">Socialisme et/ou communisme</h3><p>Il n’y a pas de différence de nature entre le socialisme et le communisme, la destination est la même, seul le chemin est (un peu) différent. Karl Marx, soutenu par le riche Engels, a ressuscité la vision païenne de la volonté collective sous des dehors pseudo-scientifiques.</p><p>A peu près à la même époque que Marx, un économiste français, Frédéric Bastiat observa que plus le capital s’accumulait, plus la part relative allant aux travailleurs augmentait. Et c’est effectivement ce qui s’est passé dans l’économie de marchés américaine.</p><p>Marx et ses acolytes, quant à eux, faisaient l’erreur de supposer que l’économie était statique. Ils se concentraient sur les économies industrialisées arrivées selon eux à maturité grâce aux capitalistes. De telles économies leur apparaissaient comme des cibles de choix pour une prise de contrôle via les autorités gouvernementales. Lénine, au début du 20<sup>ème</sup> siècle, était trop impatient pour attendre l’industrialisation de son pays la Russie et prôna la prise du pouvoir par la violence et sans attendre.</p><p>Il y eut toutes sortes de communautés fondées sur des principes communistes aux États-Unis à commencer par la première&nbsp;: le <em>May Flower</em>. Cependant, après un hiver qui tua la moitié des Pèlerins, la communauté commença à donner plus de place à l’individualisme. Depuis lors, les autres tentatives de communautés communistes américaines ont toutes échoué. En effet, les membres de ces communautés pouvaient facilement comparer leur sort avec celui des communautés libres environnantes.</p><p>Sous un régime communiste, tout est supposé est sous le contrôle des masses, du moins en théorie. En pratique, un petit nombre de dirigeants éliminent toute idée contraire à «&nbsp;l’intérêt général&nbsp;», lui-même défini par les dirigeants… Certains communistes admettent cet état de fait mais clament qu’il est seulement temporaire. Pourtant, l’expérience humaine démontre que les dictatures ont tendance à durer. En fait, leurs méthodes ont même tendance à devenir de plus en plus impitoyables afin de masquer les erreurs et les faillites du système.</p><h3 class="wp-block-heading">Le monarque</h3><p>Là où le communisme met au-dessus de tout l’intérêt général, d’autres régimes vont ériger une personne en représentant de leur dieu ou comme l’incarnation de leur dieu. C’était le cas des Pharaons d’Égypte par exemple. Ce monarque est en général entouré par un groupe de personnes, nobles, samouraïs, bureaucrates qui ensemble forment le gouvernement.</p><p>De tels régimes ont certains avantages par rapport au communisme. Tout d’abord, leurs dirigeants ne se croient pas en général investis d’une mission humanitaire. Ensuite, ils ont tendance à être moins extrêmes que l’ambitieux dictateur collectiviste. Alors que le communisme a pour objectif une société statique, les régimes monarchiques présentent souvent des discontinuités entre deux règnes qui sont propices à l’essor de l’initiative individuelle.</p><p>Le progrès humain était donc plus l’exception que la règle dans notre histoire. Chaque fois que des hommes ont essayé d’améliorer leur sort, le gouvernement est intervenu pour les arrêter dans leur élan. L’objectif du gouvernement, comme toujours, était de les aider et de canaliser leurs énergies comme il l’entendait, sous la supervision des bureaucrates et parfois avec l’aide de la police et de l’armée. Ces méthodes n’étaient malheureusement pas appropriées pour susciter la créativité, l’effort et la persévérance. Voilà pourquoi le travail d’esclave n’a jamais été à la hauteur de celui fourni par des hommes libres dans les occupations qui requiert de l’imagination et de l’initiative.</p><p>Le pouvoir absolu engendre également des effets délétères sur ceux qui en usent&nbsp;et abusent : arrogance, intolérance, sadisme.</p><p>Le gouvernement a bien un rôle à jouer. L’homme étant ce qu’il est, certains seront toujours tentés de s’en prendre aux autres. Plutôt que d’armer toute la population et de créer des milices qui pourraient prendre goût à leur fonction, il est plus économique de financer une police et une justice.</p><h3 class="wp-block-heading">Le grand manège</h3><p>A maints égards, un dirigeant incompétent, paresseux ou négligent est préférable à un dirigeant trop efficace. C’est grâce à l’incurie du Roi John que la charte des libertés «&nbsp;Magna Carta&nbsp;» fut possible.</p><p>Des lois et réglementations ont régulièrement été passées pour favoriser l’industrie. En réalité, ce sont les gens productifs qui sont taxés et perdent beaucoup d’énergie à naviguer à travers la bureaucratie. L’effet de ces réglementations est de susciter des vocations de contrebandiers, mais ce sont ces contrebandiers qui ont permis à l’industrie française de survivre à la bienveillance de l’État sous Louis XIV.</p><p>Aucun homme ne peut contrôler les pensées, les initiatives et la créativité d’un autre homme. L’utilisation de la force ne peut que limiter, gêner ou empêcher. Elle n’est donc pas le meilleur moyen de contrôler les énergies humaines.</p><p>Le monopole de la violence dont dispose le gouvernement n’est possible que parce que (1) la population consent et (2) elle le soutient économiquement. Il arrive que les masses se révoltent contre l’autorité en place. Lorsqu’elles souffrent de la faim, elles considèrent qu’elles ne sont pas adéquatement contrôlées et qu’une autorité plus forte, plus sage va arranger les choses. Lorsqu’elles en ont assez de changer de roi, elles changent de régime&nbsp;: un moine roi, un roi dieu, un roi et un parlement, un tyran et un parlement, un tyran et des aristocrates… A peu près toutes les combinaisons ont été essayées, mais à chaque fois, il s’agit toujours de trouver l’autorité qui va améliorer leur sort.</p><p>Nos révolutions sont des révolutions seulement dans le sens où il s’agit de faire tourner en permanence une roue dont l’axe est immobile. En fin de compte, nous tournons en rond.</p><p>En réalité, il n’y a eu qu’une seule révolution, celle pour la liberté individuelle.</p><h3 class="wp-block-heading">Première tentative</h3><p>Tout a commencé avec Abraham. Alors que les autres hommes voyaient l’action des dieux en toute chose, Abraham réalisa qu’il n’y avait qu’un seul Dieu, que l’homme était libre de choisir le bien ou le mal, et qu’il était responsable de ses actes.</p><p>Moïse eut les plus grandes difficultés à soustraire son peuple de l’esclavage. Et les fils d’Israël ne lui furent pas reconnaissants. Après des générations d’esclavage, ce peuple était devenu passif, soumis et s’attendait à être nourri et logé. Ils voulaient faire de Moïse leur roi pour pouvoir le critiquer et le rendre responsable de tous leurs maux. Mais Moïse s’obstina que nul homme ne pouvait régner sur un autre et qu’ils étaient responsables de ce qui leur arrivait.</p><p>Samuel avait aussi averti les fils d’Israël qui lui demandait avec insistance de devenir leur roi. D’abord, il y aurait la ponction sur la production, puis l’arrivée d’une bureaucratie et de lourds impôts, suivi par la stagnation et la pauvreté pour finir dans la guerre. Mais les fils d’Israël se choisirent un roi et comme toutes les autres nations, ils ont été détruits par la guerre.</p><p>En dépit de tout cela, les fils d’Israël ont continué à transmettre depuis 4000 ans les enseignements d’Abraham. A cause de leur liberté et de leur esprit d’entreprise, ils ont toujours été haïs dans l’ancien monde et le monde moderne.</p><p>Le Christ poursuivit l’œuvre d’Abraham et des autres prophètes et l’élargit dans le sens d’une plus grande collaboration entre frères. Il enseigna de faire aux autres ce que nous souhaiterions qu’ils nous fassent. Lorsqu’il dit qu’il fallait rendre à César ce qui appartenait à César, il parlait uniquement des choses qui peuvent prises par la force&nbsp;: l’argent, les biens et la vie elle-même, mais pas la liberté.</p><h3 class="wp-block-heading">Compromis</h3><p>La démocratie n’est pas du tout une garantie de paix et de prospérité. La règle de la majorité, lorsqu’elle n’est pas restreinte, conduit immanquablement à l’oppression de la minorité. Si le principe démocratique n’est pas maintenu dans des limites raisonnables, le pire est à craindre. La tentation est grande d’acheter les voix en échange des dépenses gouvernementales. Un chef émerge qui promet qu’on rasera gratis demain. C’est un peu ce qui s’est produit avec Périclès et l’histoire s’est achevée par la victoire de Sparte sur Athènes.</p><p>Les Romains ont appris des Grecs. Leur grande avancée fut d’introduire des lois qui n’étaient pas basées sur des superstitions locales. Leur vaste empire ne leur laissait pas le choix. La loi romaine était appliquée avec rigueur et impartialité.</p><p>Au Moyen-Age, est apparu le système féodal, qu’on pourrait décrire comme une espèce de communisme à l’intérieur de classes sociales hiérarchisées. La dureté des conditions de vie était atténuée par la vie en communauté et par le christianisme. La guerre était continuelle mais cela restait une affaire de nobles.</p><p>Mais le système féodal s’est éteint un peu partout en Europe, sauf en Grande Bretagne où les nobles purent faire barrage au roi. La «&nbsp;Magna Carta&nbsp;» fut une reconnaissance par le roi de certaines libertés individuelles.</p><p>En principe, la liberté est un droit naturel. Elle ne devrait pas être donnée comme un privilège par une autorité, quelle qu’elle soit. Si une liberté est donnée, elle peut être reprise. En effet, dans les autres pays européens, il y eut des équivalents de la Magna Carta, mais les souverains ultérieurs abrogèrent ces accords.</p><p>En Grande Bretagne, l’héritage du féodalisme est encore visible dans la valeur accordée aux droits individuels, tandis que le christianisme a contribué à rendre la loi plus humaine.</p><h3 class="wp-block-heading">Deuxième tentative</h3><p>Il y a 1400 ans environ, un commerçant entreprenant fut à l&rsquo;origine de la seconde tentative d’instaurer la liberté individuelle. Né en 570 après J.C., venant d’une bonne famille, il fut dépouillé de son héritage à la mort de ses parents et dut travailler 16 à 18h par jour et dormir à la belle étoile. Bien que ne sachant ni lire ni écrire, il démontra de grandes capacités et devint respecté dans sa communauté. Il était d’accord avec Abraham et Jésus. &nbsp;Il n’y a qu’un seul Dieu, qui juge les hommes mais ne les contrôle pas, chaque individu est responsable de ses actes, et tous les hommes sont des frères.</p><p>En partageant ses opinions, il se créa beaucoup d’ennemis à la Mecque qui était le centre d’un pèlerinage païen. Il était convaincu que les prêtres avaient corrompu le message d’Abraham en imposant leur autorité d&rsquo;abord sur les juifs, puis plus tard sur les chrétiens.</p><p>En dépit des menaces, la popularité du Prophète de l’Islam grandit. De plus en plus de pèlerins venaient à la Mecque pour l’écouter plutôt que pour adorer les idoles de la Kaaba. Malgré l’interdiction de verser le sang à la Mecque, les notables de la ville s’entendirent pour l’assassiner, mais le Prophète et ses compagnons étaient déjà en route pour Médine.</p><p>Les Mecquois s’organisèrent pour attaquer Médine par surprise avec une armée plus nombreuse que les habitants de l’oasis. Ils furent arrêtés au milieu de leur charge de cavalerie par un barrage de flèches. Les Médinois avaient préparé des tranchées où étaient installés leurs archers. Les cavaliers qui arrivaient à franchir les tranchées étaient rapidement encerclés. La nouvelle de cette victoire du Prophète se propagea alors jusqu&rsquo;aux confins du monde.</p><p>Six ans plus tard, le Prophète revint à la Mecque comme simple pèlerin&#8230; mais accompagné par 30 000 hommes armés. Les Mecquois embrassèrent la nouvelle religion et les idoles furent détruites. Deux ans plus tard, le Prophète s’éteignit.</p><p>Pendant 800 ans, alors que l’Europe stagnait, une civilisation plus proche de celle de l’Amérique qu’aucune autre illuminait le monde. De fervents défenseurs de la liberté individuelle ont fondé et maintenu cette civilisation pendant 30 générations.</p><p>Malheureusement, il a toujours existé de forts préjugés chez les Européens à l’endroit des «&nbsp;Sarrasins&nbsp;», en particulier depuis les croisades. En réalité, chez les Sarrasins, aucune autorité n’a censuré leurs scientifiques. Ils ont fondé des écoles de Bagdad à Grenade dont certaines sont devenues des universités.</p><p>Les universités, suivant en cela le précepte que l’organisation entraîne la corruption, avaient très peu de règles. Ces institutions n’avaient pas de programme et n’offraient pas de diplôme. Il n&rsquo;était pas question d’enseigner mais d’apprendre là où se trouvait le savoir. Les cours étaient ouverts à tous. Si un étudiant voulait continuer d’écouter, il s’entendait avec le professeur sur un prix par leçon. Dans le cas où l’étudiant n’était pas satisfait, il arrêtait de payer le professeur et allait voir ailleurs. Avec un tel système, les Sarrasins ont exploité et développé les sciences et techniques héritées des Grecs, des Romains, des Indiens et des Chinois. A partir de leurs observatoires astronomiques sur trois continents, ils ont déduit la forme de la Terre, la révolution autour de son axe et autour du soleil.</p><p>En médecine et en santé publique, les Sarrasins réalisaient des dissections de cadavres et des opérations sous anesthésie locale. L&rsquo;idée des quarantaines lors des épidémies vient des Sarrasins par le truchement de Venise. Le fait que la Renaissance ait eu lieu en Italie doit beaucoup à ses ports et aux échanges avec cette brillante civilisation.</p><p>Les croisades, cette agression sans provocation par une armée de 500&nbsp;000 hommes, a déclenché une guerre mondiale qui s’est arrêtée en 1804 lorsque les Marines des États-Unis ont éliminé la «&nbsp;piraterie&nbsp;» en Méditerranée. Mais pour les pirates, il s’agissait de la continuation de cette guerre mondiale.</p><p>Les croisés découvrirent sur place des objets et produits inconnus chez eux&nbsp;: le sucre, le café, la crème glacée, les cosmétiques, la soie, le verre, l’acier damassé, la porcelaine, l’émail, le coton, la mousseline, les matelas. Ils furent surpris par l’abondance des produits&nbsp;agricoles obtenus par une agriculture intensive : riz, épinards, asperges, citrons, melons, pêches, fraises. La propreté des Sarrasins contrastait avec l’hygiène déplorable des chevaliers.</p><p>Lorsqu’après un siècle d’occupation Saladin reprit Jérusalem, il permit aux Croisés de partir en sécurité en emportant leurs biens. Les Croisés rapportèrent chez eux quelque chose de plus précieux, les mœurs civiles et le fairplay des Sarrasins qui donnèrent naissance, par la suite, à l’esprit chevaleresque en Europe.</p><p>Les Sarrasins ne tuaient pas les blessés, ils ne torturaient pas leurs prisonniers. Ils ne persécutaient pas les Chrétiens, ne mentaient pas et respectaient la parole donnée. C’est à partir de leur exemple que l’aristocratie britannique a donné le jour à l’une des classes dirigeantes les plus remarquables de l’histoire.</p><p>Là où les Romains avaient construit des routes pour leurs campagnes militaires, les Sarrasins ont développé des routes pour faciliter le commerce entre les villes. Le service de poste pouvait parcourir 300 km par jour. Les pigeons voyageurs étaient utilisés pour communiquer du Maroc à l’Inde, un système sans égal pour la vitesse et la sécurité avant le 19<sup>ème</sup> siècle.</p><p>La civilisation islamique pourrait être caractérisée par l’anarchie qui existait entre des groupes hétéroclites. Comme les Américains d’aujourd’hui, les différents groupes conservaient leurs traditions. D’un autre côté, ces derniers se regroupaient volontairement dans d’autres associations&nbsp;: commerçants, professeurs, artisans. Les disputes étaient résolues au sein du groupe, souvent grâce à l’arbitrage d’un homme avec une réputation d’intégrité, tout comme dans le Far West. Cette civilisation s’est maintenue 800 ans, sans force de police et sans structures politiques. Son déclin n’a malheureusement pas été aussi étudiée que celui des Égyptiens, des Grecs et des Romains. C’est finalement sous les coups de boutoir de l’Inquisition en Espagne et les assauts barbares des Turcs que cette civilisation brillante s’est éteinte au 15<sup>ème</sup> siècle.</p><h3 class="wp-block-heading">Prélude à la troisième tentative</h3><p>Lorsque Christophe Colomb s’est lancé dans son aventure à peine sept mois après la chute de Grenade, il l’a fait muni d’un compas et d’une carte maritime des Sarrasins. L’Inde y était indiquée à l’ouest mais à 13000 km trop près. La raison de ce détour par l’océan était d’éviter les Turcs. Les Sarrasins n’avaient pas ce problème et n’ont donc jamais exploité la voie maritime.</p><p>Christophe Colomb n’est pas le premier Européen à avoir atteint l’Amérique. Diverses expéditions avant la sienne ont touché le continent Nord-Américain. Certaines traces de campements scandinaves ont même été retrouvées jusqu’au Minnesota. Par ailleurs, une carte du 13<sup>ème</sup> siècle est conservé à Venise qui indique précisément les contours de l’île du Labrador.</p><p>Cependant, l’aventure de Christophe Colomb est différente car il s’en est suivit un mouvement de colonisation sans précédent. Des milliers d’Espagnols, héritiers de fait de l’esprit de liberté des Sarrasins, se sont engagés en masse et de leur propre initiative pour conquérir le nouveau monde. Le désir de fuir l’Inquisition aura sans doute aussi aidé.</p><p>Armés des meilleures intentions, et pour le salut de leurs âmes, les Rois Catholiques entreprirent de purger l’Espagne de ses Morisques qui s’obstinaient à suivre en cachette les traditions de leurs ancêtres Sarrasins. Après avoir envisagé l’extermination, la décision finale fut la déportation en masse des Morisques. Beaucoup moururent avant d’atteindre l’Afrique du Nord ou peu après. L’Espagne était finalement sauvée, purifiée et enfin unie sous une autorité qui allait s’affairer à régenter la vie de chacun.</p><p>En apparence, une ère de prospérité s’ouvrait pour l’Espagne qui dominait toute l’Europe, l’Afrique du Nord, les Amériques, et les Philippines. Cependant, après des décennies à se vider de ses forces vives qui s’installaient dans le Nouveau Monde ou combattaient dans les guerres de l’empire, la population espagnole était toute acquise au gouvernement central et la liberté individuelle n’était plus qu’un lointain souvenir.</p><p>A la même période, l’Angleterre sombrait dans une relative anarchie du fait de l’impotence de la Reine Elizabeth. Les Anglais n’eurent d’autres choix que de s’organiser comme ils le pouvaient pour survivre, notamment grâce au commerce. L’Espagne crut pouvoir conquérir l’Angleterre à bon compte mais fut défaite par une flotte réunie à la hâte par Francis Drake. C’était le début de la fin pour l’Espagne.</p><p>Ses colonies étaient en train de stagner sous le poids de la bureaucratie de Madrid. L’industrie domestique espagnole était anémiée et les dépenses de l’État hors de contrôle. Deux générations plus tard, la population arrivait à peine à manger à sa faim.</p><p>Lorsque les gens s’habituent à dépendre d’une autorité centrale pour les choses qu’eux seuls peuvent produire, la psychologie de groupe s’impose toujours, et ils finissent par tous s’entasser dans les villes. Le gouvernement n’est alors plus en mesure de collecter les taxes et réduit drastiquement ses dépenses mais il est déjà trop tard.</p><h3 class="wp-block-heading">Troisième tentative</h3><p>La troisième tentative commença dans les nouvelles colonies dans les Amériques. Initialement et pour à peu près un siècle, les Conquistadors avaient une organisation minimale et réglaient les problèmes de façon expéditive. Le pouvoir central reprit la main sur les affaires des colonies. Des paysans sélectionnés avec soin par le gouvernement espagnol furent envoyés dans les colonies pour travailler dans des fermes collectives.</p><p>Ces fermes étaient établies et gérées de la même manière qu’elles l’auraient été en Espagne. Il en allait de même pour les colonies françaises le long du fleuve Saint-Laurent, autour des Grands Lacs et à la Nouvelle Orléans. Les colons espagnols comme les colons français reproduisaient autant que possible leur façon de vivre en Europe.</p><p>A l’inverse des Espagnols, des Français et des Hollandais, les colons anglais ne bénéficiaient d’aucun soutien de leur gouvernement. Leurs villages n’étaient pas bâtis selon des plans précis. Les maisons étaient éloignées les unes des autres sans égards pour les normes européennes. Leurs moissons n’étaient pas partagées équitablement et les colons n’avaient que peu de respect pour les autorités. Les désaccords étaient fréquents dans les communautés et, très souvent, les renégats s’en allaient plus profondément dans l’Ouest.</p><p>Les premiers colons anglais étaient loins d’être la crème de la société. Beaucoup n’avaient rien à perdre et n’avaient pas hésité à acheter leur passage au prix d’une servitude de plusieurs années. D’autres ont été kidnappés pour servir comme marins. Enfin, des femmes étaient vendues sur les ports aux colons qui voulaient une épouse.</p><p>Tandis que les colons français et espagnols venaient pour servir les intérêts de leur gouvernement, les colons anglais cherchaient à fuir les monarques de l’Ancien Monde. En particulier, certains groupes décriés en Angleterre pour leur radicalisme étaient en quête de liberté religieuse.</p><p>Toute l’opération de colonisation était une entreprise privée. Des aventuriers avançaient le capital pour organiser les voyages, promouvoir les opportunités et financer le ravitaillement des colonies en échange d’une partie des profits des colons. Mais, au début tout au moins, ni les organisateurs, ni les colons n’ont vraiment respecté leur part de ce marché.</p><p>Il y avait très peu d’aristocrates parmi les colons, et même ceux-là durent trimer pour survivre. Mais c’était un sort sans doute plus enviable que ceux qui avaient toujours été à l’emploi d’un autre et qui durent apprendre à créer leur propre emploi dans le Nouveau Monde.</p><p>Après quelques temps, les retours dans le vieux continent se firent plus rares. Des Aristocrates rebelles et aventuriers décidèrent de bâtir une nouvelle vie. D’autres groupes religieux vinrent s’installer pour profiter de la tolérance religieuse du Nouveau Monde. Puis, ce fut au tour des classes moyennes européennes et en particulier les Allemands. Une partie du succès de la colonisation venait de la règle de primogéniture en Europe qui obligeait les fils puinés à se débrouiller comme ils pouvaient. L’Amérique leur offrait une échappatoire.</p><h3 class="wp-block-heading">Les germes de la révolution</h3><p>Aux alentours de 1660, le roi Charles II signa un décret permettant aux colons de vendre leur coton, leur bois de construction et leur tabac à l’Angleterre, mais uniquement à elle. En échange, les Américains pourraient obtenir du sucre et de la mélasse.</p><p>En 1733, la France interdit les importations de produits agricoles des Caraïbes pour maintenir les prix en métropole. Les habitants des Caraïbes étaient prêts à vendre leurs produits à prix modiques aux Américains. Mais les Anglais ne le voulaient pas pour ne pas déprécier les prix dans les colonies. Ils présentèrent la mesure aux Américains comme temporaire. Certains se mirent aussitôt à faire de la contrebande. Au bout des cinq ans prévus, les Anglais renouvelèrent l’interdiction. Les Américains s’en donnèrent à cœur joie et respectèrent l’interdiction comme ils le feront durant la prohibition des années 1920.</p><p>Les conflits de la Vieille Europe rattrapèrent les colonies lorsque la France et la Grande Bretagne s’affrontèrent en Amérique du Nord. Les colons développèrent une activité juteuse d’échange de prisonniers entre les belligérants.</p><p>Après son accession au trône d’Angleterre, George III mit un terme au laisser-faire de ses deux prédécesseurs. Sous l’influence des philosophes des lumières et de leur idéal du despote éclairé, il entreprit de réglementer la vie de ses sujets et de reprendre en main les colonies.</p><p>Alarmé par les prévisions de ses statisticiens qui lui annonçait la dépopulation de Londres à un horizon de 50 ans, il prit action immédiatement pour éviter la catastrophe en restreignant l’émigration vers les colonies et l’expansion à l’ouest des colonies elles-mêmes. Il détermina que les colonies développeraient l’agriculture tandis que l’Angleterre favoriserait l’industrie. L’imposition de certaines taxes, parfois dérisoires, furent très mal accueillie par les colons. La crise culmina avec l&rsquo;incident du <em>Boston Tea Party</em>.</p><p>Le roi réagit violemment en récusant la Charte du Massachusetts, en interdisant les rassemblements et en nommant gouverneur de l’État un de ses militaires. L’envoi de ses forces armées pour contrôler Boston rencontra alors la résistance ferme des Américains.</p><p>La Révolution Américaine n’avait pas de chef. Elle était la réaction spontanée d’une multitude d’individus qui savaient qu’ils étaient libres, non pas de manière abstraite mais parce qu’ils l’avaient appris de par leur auto-suffisance et leur initiative.</p><h3 class="wp-block-heading">L’individu inconnu</h3><p>Parmi les individus qui ont contribué à l’émancipation de l’Amérique vis-à-vis de l’Angleterre, il y a Thomas Paine, un écrivain dont la première publication consistait à donner la recette de la poudre à canon en 1775 pour contrer l’embargo de l’Angleterre.</p><p>En 1776, il publia <em>Common sense</em>, un essai écrit dans un style populaire qui fut un succès immédiat. En substance, l’essai expliquait aux Américains&nbsp;de faire ce qui était juste à leurs yeux, de couper les ponts avec l’Angleterre et de mettre en place un gouvernement pour le peuple.</p><p>Après dix ans de guerre avec l’Angleterre, les représentants des treize colonies se rencontrèrent à Philadelphie pour s’entendre sur les principes de gouvernement de l’Amérique. Certains souhaitaient une monarchie sur le modèle européen, d’autres une démocratie pure avec les risques que cela comportait de déboucher sur une tyrannie. Le compromis qui émergea, la constitution américaine, fut le résultat d’innombrables discussions et désaccords à travers les colonies.</p><p>Comme préalable à la constitution américaine, il fallait d’abord s’entendre sur les constitutions de chaque colonie.</p><p>Jusque là, les chartes royales qui régissaient chacune des colonies partaient du principe que ce qui n’était pas autorisé expressément était interdit. L’approche des Américains était inédite&nbsp;: ce qui n’était pas expressément interdit était autorisé.</p><p>Les constitutions des colonies furent âprement discutées durant six années, rejetées régulièrement par une population méfiante vis-à-vis de toute autorité. Ce n’est qu’après avoir obtenu des garanties sur les cas autorisés d’utilisation de la force que les Américains acquiescèrent finalement.</p><h3 class="wp-block-heading">Le nouveau modèle</h3><p>La démocratie ne pouvait pas être le mode de fonctionnement de la nouvelle république. James Madison l’a bien expliqué&nbsp;:</p><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Une pure démocratie […] est sans recours face aux agissements d’une faction. […] Une passion ou intérêt commun […] sera partagé par une majorité […] et il n’y aura aucun moyen de contrecarrer la tentation de sacrifier la minorité […] Ainsi, c’est un fait que de telles démocraties […] ont toujours été incompatibles avec les libertés individuelles ou les droits de propriété ; et elles ont, en général, une vie aussi courte que leur mort est violente.</p></blockquote></figure><p>L’Amérique a choisi de s’organiser sous la forme d’une république représentative. Une république est un régime qui ne traite que des affaires publiques, et reconnaît donc implicitement qu’il existe des affaires privées qui ne sont pas de son ressort, ce qui limite l’étendue du pouvoir politique.</p><p>Toute forme de gouvernement place un homme ou un groupe d’hommes au-dessus des autres. Dans ces conditions, comment être certain qu’un tel pouvoir ne soit pas l’objet d’abus&nbsp;? La seule garantie est de réduire au strict minimum ce pouvoir. D’un autre côté, comment cela pourrait-il être réalisé sans prendre le risque de faire sombrer la société dans le chaos&nbsp;?</p><p>La réponse est fournie par la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et par la création des règles et contrepouvoirs qui régissent les interactions entre ces pouvoirs. L’objectif de ce dispositif était qu’en aucun cas, une personne seule ou un groupe de personnes ne puisse avoir trop de pouvoir. De plus, les libertés individuelles, y compris d’un seul individu contre tout le reste de la société, devaient être sanctuarisées.</p><p>Les dix premiers amendements de la constitution, qui protègent les droits individuels, furent le prix demandé par les colonies pour ratifier la constitution américaine.</p><p>La Révolution Américaine est la seule révolution car elle considère les droits humains comme inaliénables. <strong>En Amérique, les dépositaires de l’autorité publique sont ceux qui reçoivent une permission, et non ceux qui la donnent.</strong></p><h3 class="wp-block-heading">Organisation sans organisation</h3><p>L’expansion des États-Unis ne s’est pas faite selon un plan, mais a souvent été le résultat de certains individus particulièrement entreprenants. Par exemple, le Président Jefferson n’a pas été ravi d’apprendre l’achat de la Louisiane à Napoléon par deux diplomates à Paris. De même, la Californie a été conquise par un général aventurier.</p><h3 class="wp-block-heading">La révolution gagne du terrain</h3><p>La Révolution Américaine eut des répercussions dans la Vieille Europe. Les Européens qui ont connu l’Amérique, parfois en combattant contre elle, ont rapporté leurs profondes impressions chez eux. Ils arrivaient aux mêmes conclusions&nbsp;: «&nbsp;L’Amérique est un magnifique pays libre…&nbsp;»</p><p>Par la suite, l’exemple américain a inspiré la Révolution Française, puis les mouvements d’indépendance en Amérique Latine. Puis, la répression des mouvements révolutionnaires en Europe a généré de nouvelles vagues d’émigration dans le Nouveau Monde.</p><p>En 1848, la Suisse réforma son mode de gouvernance et le calqua sur l’exemple américain, les cantons jouant le même rôle que les États américains dans la fédération.</p><p>La guerre de Sécession n’a pas été une guerre civile ni une guerre au nom de la lutte contre l’esclavage mais une guerre entre le Nord industrialisé et le Sud agricole. Le Nord voulait imposer des droits de douane uniformisés sur tous les ports afin de protéger son industrie tandis que le Sud souhaitait pouvoir continuer d’importer des produits manufacturés européens.</p><p>Au-delà des motivations économiques, le Nord souhaitait la cohésion de l’Union et le fait que des armées européennes venaient de pénétrer au Mexique lui a sans doute donné raison. D’un autre côté, il se peut qu’ultimement le dernier mot revienne au Sud car la victoire du Nord a fait pencher l’équilibre constitutionnel vers le gouvernement fédéral au détriment des États de l’Union.</p><p>En 1898, les Américains aidèrent les Cubains à se libérer du joug espagnol, mais le gouvernement fédéral en profita pour en prendre le contrôle. La même année, les Philippins déclarèrent leur indépendance et le gouvernement fédéral les combattit dans une guerre sanglante quatre années durant, avant d’acheter les îles à l’Espagne.</p><h3 class="wp-block-heading">Le progrès par l’innovation</h3><p>Tandis qu’Adam Smith théorisait la production de masse, de l’autre côté de l’Atlantique, des industriels mettaient en pratique le concept sans le savoir. Whitney inventa l’égreneuse à coton, ce qui stimula la production de coton, et indirectement les investissements dans les usines textiles. Jeremiah Wilkinson développa de son propre chef un procédé pour accroître la production de rivets.</p><p>Outre la spécialisation du travail, la production de masse nécessitait également une uniformisation des procédés pour respecter de meilleures tolérances. Jusque-là, les pièces mécaniques avaient des dimensions qui pouvaient varier selon la personne ou le procédé utilisé.</p><p>Whitney automatisa la production d’armes à feu pour répondre à un contrat du gouvernement fédéral. Il remplaça chaque étape manuelle de fabrication par une procédé mécanique. Cela facilita également les remplacements dans la mesure où les pièces devenaient interchangeables.</p><p>Whitney demanda plusieurs extensions au contrat et les obtient avec l’aide de Jefferson. La production de masse demande, en effet, une longue période de mise en place&nbsp;: nouvelles machines, organisation de la chaîne de production, expérimentations. Les 10000 fusils demandés furent prêts pour la guerre de 1812 avec les Britanniques.</p><p>Eli Terry appliqua les mêmes méthodes pour produire en masse une montre au prix de 10$ au lieu de 25$. Jusque-là, dans l’Ancien Monde, le temps humain ne paraissait pas une chose importante. Les esclaves étaient là pour les basses besognes et le mode de vie oisif de leurs maîtres leur permettait de les surveiller. En somme, il n’y avait pas vraiment d’incitation à améliorer la productivité du travail. Mais pour des hommes libres, le temps avait une valeur qu’il convenait de mesurer.</p><p>En 1795, à une époque où la construction connaissait un boom historique, Jacob Perkins développa une machine qui pouvait produire 60&nbsp;000 clous par semaine. Auparavant, chaque clou devait être forgé à la main.</p><p>Les plaines du Midwest furent cultivées efficacement, non pas grâce au gouvernement, mais grâce à une invention de John Deere, un forgeron. Ce dernier créa un sillon bien conçu et tout en acier qui permettait de creuser les terres argileuses de la région. Il s’agissait d’une invention toute simple, mais pourquoi n’avait-elle pas été réalisée et exploitée plus tôt, alors que le plus grand nombre ne mangeait pas à sa faim&nbsp;?</p><p>L’essentiel de la prospérité dont nous profitons aujourd’hui, nous le devons aux façons de penser de nos ancêtres d’il y a 100 ou 150 ans. Il est peu probable qu’il n’y ait jamais eu dans l’histoire une période plus propice à libérer les énergies humaines, ainsi que l’inventivité et la créativité des hommes.</p><p>De la même manière, notre futur dépend de ce qu’il y a dans la tête de la jeune génération d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Sont-ils fatalistes ou autonomes&nbsp;? Quelle est l’influence de la famille&nbsp;et comment cela se compare-t-il au passé ? Que se passe-t-il à l’école&nbsp;? Quelle est la philosophie de nos éducateurs et de nos hommes publics&nbsp;?</p><h3 class="wp-block-heading">L’espoir versus la peur</h3><p>La créativité existe partout dans le monde, mais ce qui compte est ce qu’on en fait. L’Amérique a exploité des idées vieilles de plusieurs siècles pour les mettre à l’essai. Dans le Vieux Monde, les inventions de génie prenaient habituellement la poussière, à moins qu’elles n&rsquo;aient un usage militaire.</p><p>Pour que les inventions puissent avoir de réelles applications, il faut que les inventeurs aient l’opportunité et l’incitation de le faire, il faut que les acheteurs aient l’opportunité et l’incitation de les utiliser et entre les deux, il faut des opportunités et des incitations pour produire et échanger. L’Amérique offre tout cela.</p><p>Pour l’essentiel, les Américains ont toujours été libres de travailler pour qui ils voulaient, de faire affaire avec quelqu’un à l’autre bout du pays ou de dépenser leur argent comme ils l’entendaient.</p><p>Certes, il peut arriver que des monopoles privés voient le jour. Mais c’est souvent parce que les autorités n’ont pas fait leur travail de police contre les gangsters corporatifs ou ont été achetées pour fermer les yeux sur leurs pratiques. Il y a alors deux recours&nbsp;: les clients peuvent boycotter le monopole ou un nouveau gouvernement peut y mettre un terme. En revanche, on ne peut rien faire contre un <em>monopole public</em>. En la matière, le principe devrait toujours être la liberté de choix pour le consommateur.</p><p>Le système politique américain est propice au développement puisque chaque individu est responsable de sa vie et a des incitations adéquates&nbsp;: des gains fantastiques en cas de succès, des pénalités limitées en cas d’échec. Dans un État totalitaire, l’équilibre est précisément le contraire. Un esprit inventif est un esprit qui doute et qui sort des sentiers battus. Un tel individu ne survivrait pas très longtemps dans un régime totalitaire. Même dans le cas d’une agence gouvernementale de recherche scientifique, comment celle-ci sélectionnerait-elle ses éléments&nbsp;? Aurait-elle choisi Thomas Edison ou Henry Ford&nbsp;? Comment une telle agence saurait à l’avance où sont les domaines les plus prometteurs&nbsp;ou les plus féconds&nbsp;?</p><p>Une société libre comme l’Amérique permet l’émergence de nombreux génies puisque la totalité de la population peut choisir cette voie si elle en a l’opportunité et si elle a le talent requis. De plus, étant donné la nature compétitive de l’Amérique, plus il y a de talents, plus il y a d’émulation et meilleurs sont les gagnants. Mais même dans cette compétition, les talents de second ordre n’ont pas participé en vain, car ils sont nécessaires pour réaliser et mettre en application le menu détail des grandes inventions.</p><p>En Amérique, il y a un continuum depuis l’inventeur jusqu’à l’utilisateur en passant par le spécialiste et l’amateur. Chacun est libre d’expérimenter comme il le souhaite, quitte à gâcher un matériel qui aurait pu servir un objectif plus noble sous la supervision d’un «&nbsp;expert&nbsp;». <strong>N’ayant pas à se soucier des atteintes à son intégrité physique, à sa liberté et à sa propriété, l’Américain peut consacrer son énergie à la production de biens et services utiles aux autres.</strong></p><p>Enfin, les habitudes de frugalité et d’épargne des Américains ont été fondamentales pour financer l’investissement nécessaire aux gains de productivité et à la production de masse.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1575</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;Livre « Les Morisques et le racisme d’État » de Rodrigo De Zayas</title><link>https://economierebelle.com/livre-les-morisques-et-le-racisme-detat-de-rodrigo-de-zayas/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-les-morisques-et-le-racisme-detat-de-rodrigo-de-zayas</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-les-morisques-et-le-racisme-detat-de-rodrigo-de-zayas/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Thu, 19 Aug 2021 01:21:24 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre de Rodriogo De Zayas relate les persécutions des Morisques d&rsquo;Espagne au début de l&rsquo;ère moderne et y voit les prémisses du racisme d’État : refus de l&rsquo;altérité, déportation puis génocide.</p><p>Les persécutions des Huguenots sous Louis XIV, le colonialisme du 19ème siècle, l&rsquo;eugénisme et le ségrégationnisme aux États-Unis au tournant du siècle, puis l&rsquo;holocauste au 20ème siècle sont autant de variantes du même modèle.</p><p>Le principal risque pour l&rsquo;individu n&rsquo;est jamais financier mais politique, tout particulièrement dans nos états-nations.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><p>1492 marque la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb. Elle marque aussi la chute du dernier royaume musulman d’Espagne à Grenade. Les musulmans d’Espagne perdent ainsi leur espace géopolitique, mais cela ne met pas immédiatement fin à leur présence en Espagne contrairement aux juifs, qui en sont brutalement chassés. Commence alors l’histoire des&nbsp;Morisques d’Espagne et de leur persécution, avec en toile de fond l’inquisition, histoire qui se conclura finalement en 1609 par la déportation de leurs descendants.</p><p>Tout d’abord, qui sont ces Morisques&nbsp;? Il est difficile de répondre d’une façon tranchée, puisqu’il existe de grandes différences sociales, ethniques et linguistiques entre les&nbsp;Morisques valenciens, les Morisques de l’Andalousie occidentale et d’autres groupes. Certains sont les descendants des conquérants Berbères, mais il semble admis que la majorité d’entre eux sont des descendants islamisés d’Espagnols. Les dialectes arabes et berbères sont utilisés ainsi qu’une langue romane. Avec la destruction des mosquées et des médersas, la transmission de la culture n’est plus possible qu’au sein du noyau familial. Seuls les Morisques de Valence parviendront à conserver leur cohésion jusqu’en 1609, du fait de leur poids démographique ainsi que de la protection efficace des seigneurs locaux en échange de revenus généreux. L’habillement des Morisques varie d’une région à l’autre, notamment sous l’influence des vieux-chrétiens (les chrétiens de souche de l’époque en quelque sorte), mais il existe quelques constantes. Les hommes portent des vêtements non ajustés, les femmes portent le voile et affectionnent les vêtements colorés. Le voile des femmes sera l’objet de nombreux interdits successifs, mais dont la portée est minimisée par l’achat de complaisances.</p><p>Les facteurs de différenciation entre&nbsp;Morisques et vieux-chrétiens sont autant de sources de conflits. Malgré la destruction des bains publics, les&nbsp;Morisques conservent une hygiène rigoureuse. Les vieux-chrétiens, quant à eux, ne se lavent jamais suivant en cela leur doctrine religieuse. L’observance du Ramadan, la circoncision, et l’enterrement musulman sont les signes les plus dangereux car les plus visibles. L’abstinence de vin et le vendredi chômé peuvent également compromettre leurs adeptes. Certains Morisques qui en ont les moyens tentent de se faire passer pour vieux-chrétiens. L’achat à prix d’or de certificats attestant la pureté de leur sang chrétien, et leur collaboration aux côtés des vieux-chrétiens contre la révolte de 1568, ne suffiront pas, il leur faudra encore passer par une révision du Conseil de la population et du trésor à Madrid en 1585. A l’inverse, les Elches, c’est-à-dire les descendants d’un ancêtre chrétien qui s’était volontairement converti à l’islam, sont violemment persécutés dès 1499.</p><p>Les Morisques ont un très fort attachement à leur religion et au clan familial. Les persécutions resserrent encore davantage les liens familiaux tandis la pratique religieuse devient plus stricte qu’au temps du royaume de Grenade. Paradoxalement, la solidarité familiale apparaît comme une faiblesse lors des révoltes. L’homme Morisque est un père de famille et il sait très bien que sa femme, ses enfants et ses parents sont exposés aux rétributions des vieux-chrétiens. Le Morisque est aussi très attaché à sa terre, qu’il a héritée de ses ancêtres, sur laquelle pourtant il travaille à enrichir son maître vieux-chrétien.</p><p>Mais ce qui inquiète le plus les vieux-chrétiens, c’est la fécondité des femmes Morisques, qu’ils attribuent à leurs mœurs supposées dépravées. La population Morisque représente alors environ 10% de la population espagnole. Dans le même temps, l’émigration Morisque vers l’Afrique du Nord est découragée par la perspective de perdre ses biens immobiliers et ses biens non transportables. Malgré les humiliations, les Morisques choisissent de continuer à vivre sur la terre de leurs aïeux quitte à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas. Ils résistent d’une façon ou d’une autre. Certains achètent la bienveillance des autorités, d’autres assument l’identité d’un frère mort pour ne pas être soumis à l’impôt. Si plusieurs enfants naissent en même temps, on tire au sort celui qui sera baptisé pour tous les autres. La résistance prend aussi une forme plus active lors de la révolte de Alpujarras en 1568. De jeunes Morisques prennent le maquis, ils sont extrêmement disciplinés, obéissent à un état major central et maintiennent des contacts avec l’Afrique du Nord. D’autres bandes de jeunes Morisques organiseront des milices urbaines bien entraînées et disposant d’un commandement compétent. Ces rebelles partagent la conviction que la seule réponse à l’intégration forcée et totale est la guerre. La plus grande faiblesse de la résistance vient de ce qu’elle est infiltrée par des informateurs, sincèrement convertis au christianisme ou opportunistes, mais qu’elle est incapable d’identifier.</p><p>Le premier soulèvement eut lieu en 1505 et constitue l’acte de naissance de la communauté&nbsp;Morisque. Dans les années qui suivirent la reddition de Grenade, les autorités religieuses catholiques ne doutaient pas que les musulmans se convertiraient au christianisme. Il suffisait, croyait-on, qu’on leur enseignât les évangiles dans leur langue et les musulmans seraient convaincus. La méthode douce n’apporta toutefois pas les résultats escomptés. Pour autant, l’état catholique ne pouvait accepter une présence qui menaçait son unité, surtout face au péril turc. D’autre part, les chrétiens n’avaient désormais plus à craindre les représailles d’un État musulman frontalier. L’Église décida alors de «&nbsp;sauver des centaines de milliers d’âmes aveuglées par l’ignorance ou le démon, cela dans leur propre intérêt&nbsp;», mais surtout pour le bien de la République Catholique. Il faut noter que l’inquisition ne s’appliquait qu’aux Chrétiens. La conversion forcée visait donc surtout à mettre les Morisques à portée de l’inquisition et de ses moyens de coercition. C’est dans ce contexte qu’éclata la première rébellion à Grenade. L’Église ordonna la destruction des bibliothèques&nbsp;; seuls les traités de&nbsp;médecine furent épargnés. Le processus d’acculturation des nouveaux-chrétiens Morisques venait de commencer.</p><p>La pratique des baptêmes en masse se répandit. En 1518, Charles-Quint promit au pape Léon X, de ne pas expulser ni persécuter les musulmans. Mais six ans plus tard, Charles-Quint obtint du pape Clément VII la révocation de cette promesse. Le 25 novembre 1525, un décret général d’expulsion des Morisques fut promulgué pour terroriser les Morisques. L’effet fut immédiat. Des dizaines de milliers de Morisques se firent baptisés. D’autres se réfugièrent dans les montagnes de l’Espadán, qui fut le siège d’une nouvelle révolte. D’autres émigrèrent en Berbérie ou à Istanbul.</p><p>La communauté&nbsp;Morisque était industrieuse et économe. Tant que son exploitation fut profitable, on discutait beaucoup des mesures radicales, mais elles n’étaient pas appliquées dans les faits. Les Morisques continuaient à être vassaux des seigneurs à Valence comme auparavant. Les Morisques coupables d’hérésies, plutôt que d’être condamnés à morts, faisaient l’objet de confiscations et d’amendes.</p><p>Philippe II, fervent catholique, décida d’en finir avec le statut quo. En 1567, à l’occasion de l’anniversaire de la reddition de Grenade, une pragmatique donnait trois ans aux Morisques pour abandonner la langue arabe et&nbsp;modifier leur tenue vestimentaire. Les portes de leurs maisons devaient rester ouvertes les vendredi, et les jours de fêtes. Les noms&nbsp;Morisques étaient interdits. Les Morisques se rendirent compte que seule la guerre pouvait sauver leur culture. Après tout, la situation militaire n’était pas trop défavorable puisque les troupes d’élites de l’Espagne étaient dispersées aux quatre coins du Monde tandis que les Morisques pouvaient espérer obtenir l’aide d’Alger.</p><p>Le soulèvement eut lieu la veille de Noël en 1568. Les premières actions condamnèrent le mouvement. Aveuglés par leur soif de vengeance, les Morisques donnèrent libre cours à leur haine et commirent des atrocités. Ceci eut pour effet de leur aliéner les vieux-chrétiens modérés mais surtout de leur faire perdre un temps précieux. Il eut mieux valu s’emparer des garnisons de Grenade et sécuriser le contrôle des côtes. Les Turcs auraient alors été en mesure de fournir l’armement et l’encadrement nécessaire à une guerre face à un adversaire aguerri et bien équipé. Leurs erreurs les entraînèrent dans une guerre défensive dans les montagnes qui n’avait aucune chance d’aboutir. Ainsi, lorsque les rebelles abandonnèrent les villes de Guadix, Galera, et Baza, ils durent emmener avec eux les non-combattants. Les insurgés perdaient ainsi toute mobilité et donc tout moyen de mener une guérilla efficace. Les conditions de la guerre furent particulièrement horribles. Les enfants mourraient de froid dans les montagnes. Les femmes prirent part aux combats, parfois à mains nues. Le 6 juin, le rocher de Fregiliana, tenu essentiellement par des femmes, fut pris d’assaut par des troupes chrétiennes. A l’issue une lutte absurdement héroïque, sans armes à feu, les femmes se jetèrent toutes dans le vide. En janvier 1570, commença le siège de Galera, ville musulmane construite à la façon des villages du Rif, c’est-à-dire à flanc de montagne avec des maisons rapprochées les unes des autres. Les défenseurs avaient relié toutes les maisons entre elles pour tuer le plus possible d’ennemis. Les combats furent effectivement acharnés. Lorsque la ville fut finalement prise, tous les habitants furent massacrés.</p><p>Les Morisques de Grenade furent déportés le 19 mars vers l’intérieur du pays. Les derniers résistants furent pourchassés, tués ou vendus comme esclaves. Les Morisques d’Almeiria furent déportés en masse à Seville, pour empêcher toute coopération avec les Turcs. Les terres des Morisques déportés devinrent l’enjeu de toutes les convoitises. Des différentes communautés Morisques, seule celle de Valence continuait d’exister.</p><p>La décision de la déportation des Morisques fut prise en 1605. Afin de ne pas provoquer une nouvelle révolte des Morisques, la décision devait rester secrète. Le pouvoir mit sur pied dans chaque région une milice de «&nbsp;Croisés&nbsp;», dont la véritable finalité était d’exécuter l’ordre de déportation le moment venu. Il ne restait qu’un obstacle. Les seigneurs des Morisques de Valence furent progressivement circonvenus en échange de terrains et d’argent.</p><p>Les garnisons de Valence furent&nbsp;mobilisées au début 1609. Il fallu alors trois mois pour faire discrètement le recensement des foyers Morisques, afin d’éviter de s’en prendre par erreur à de vieux-chrétiens. Les troupes stationnées à l’étranger furent rapatriées. Le 4 août&nbsp; 1609, le roi se rendit à l’Église du couvent de la Sainte-Croix et pria Dieu de lui donner le même appui pour se débarrasser des musulmans qu’Il avait donné aux Rois Catholiques lors de la déportation des juifs. Le 22 septembre, l’édit d’expulsion fut promulgué et crié dans les rues de Valence. Ce fut une explosion de joie populaire parmi les vieux-chrétiens. La majorité des déportés devaient s’embarquer pour la Berbérie à bord de navires affrétés par l’État, d’autres pour la France et l’Italie. Les Morisques emportaient ce qu’ils pouvaient avec eux, ce qui en faisait des cibles intéressantes. Les soldats qui supervisaient l’expulsion limitèrent les exactions des vieux-chrétiens dans les villes. Mais les Morisques étaient sans défense sur les routes.</p><p>Face à l’afflux des Morisques dans les ports, des transporteurs privés furent engagés aux frais des déportés. Les allers-retours de ces transporteurs devenaient de plus en plus rapides, ces derniers trouvant plus lucratif de larguer leur cargaison en mer plutôt qu’à Oran. Ceux qui arrivaient sains et saufs à Oran étaient dépouillés et fréquemment tués par les autochtones. En Espagne, les quelques tentatives de rébellion contre l’expulsion furent facilement écrasées. Un autre édit d’expulsion fut crié le 12 janvier 1610 à Séville, un autre en Aragon le 29 mars 1610 et d’autres encore suivirent.</p><p>On estime qu’un quart seulement des quelques cinq cents mille déportés survécut. L’idée du génocide avait aussi été envisagée mais l’incurie et la corruption de l’administration l’auraient rendu impraticable.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1019</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre « False Economy » de Alan Beattie</title><link>https://economierebelle.com/livre-false-economy-de-alan-beattie/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-false-economy-de-alan-beattie</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-false-economy-de-alan-beattie/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Tue, 27 Jul 2021 23:27:24 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=987</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre «&#160;False Economy&#160;» de Alan Beattie explore les facteurs qui influencent la réussite économique des nations. L&#8217;auteur n&#8217;hésite pas à contredire certaines idées reçues sur l&#8217;inévitabilité de la réussite ou de l&#8217;échec sur la base de l&#8217;histoire, de la géographie, de la culture ou de la religion. Points clés à retenir 1. Pourquoi&#8230; <a
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Leurs destins sont restés plus ou moins parallèles jusqu’à la Grande Dépression.</p><p>Néanmoins, il existait une différence importante dont les effets se sont faits sentir après une longue période. Ceux qui émigraient aux États-Unis étaient souvent des fermiers d’Europe du Nord ou des artisans et leur taux d’alphabétisation était élevé. En Argentine, la situation était différente. La population immigrante était pour une large part analphabète et faiblement qualifiée. Une bonne partie des Argentins étaient originaires d’Espagne ou d’Italie où l’idéal de réussite était celui de l’aristocratie foncière.</p><p>Aux États-Unis, les fermiers obtenaient facilement un lopin de terre qu’ils pouvaient ensuite cultiver. A mesure que la conquête de l’Ouest progressait, il y eut un appel d’air sur la côte Est pour de nouveaux immigrants.</p><p>En Argentine, les incitations étaient différentes et ont favorisé une élite de propriétaires fonciers peu enclins à exploiter leurs terres. Cela a favorisé des utilisations peu productives comme l’élevage et a créé des conflits sociaux et a limité l’immigration.</p><p>L’histoire a démontré que les États-Unis, à l’inverse de l’Argentine, ont été capables de s’adapter aux circonstances&nbsp;: lois anti-trust au début du 20<sup>ème</sup> siècle, interventionnisme du gouvernement lors du New Deal et dérégulation après les années 1970.</p><h3 class="wp-block-heading">2. Pourquoi Washington n&rsquo;a pas de sénateurs ?</h3><p>Entre 130 et 50 avant notre ère, Rome s’est transformée en ville de rentiers, de bureaucrates et d’assistés. A peu près un tiers de la ville, soit 320,000 personnes étaient sans activité et recevaient du blé de l’État. L’importante population inactive était source de troubles sociaux et c’est pourquoi des jeux étaient organisés chaque semaine pour la distraire.</p><p>L’urbanisation ne va donc pas sans risque. Dans le Nouveau Monde, les centres de pouvoir Canberra, Wellington, Ottawa et Washington D.C. ont été construits à la périphérie pour éviter les problèmes politiques d’une capitale macrocéphale telle que Rome. &nbsp;En effet, une capitale surdimensionnée entraîne souvent une prédation sur le reste du pays. De plus, le pouvoir politique y subit la pression des habitants de la ville dont une large part d’inactifs.</p><p>En Chine, la stratégie est différente mais poursuit le même objectif. Le pouvoir central a favorisé le développement de nombreuses villes au détriment des métropoles dont la population a en fait décliné.</p><p>Avec l’amélioration des télécommunications et la réduction du secteur industriel dans l’économie, les villes pourraient perdre leur attrait. Cependant, les exemples de Hong Kong, la Silicon Valley ou New York montrent que les villes ayant développé une spécialisation demeurent des pôles d’attraction. Indépendamment de l’emploi, les villes continuent d’attirer des célibataires qui veulent profiter d’un environnement sûr offrant une variété de services et d’expériences.</p><h3 class="wp-block-heading">3. Pourquoi l’Égypte importe la moitié de ses denrées alimentaires ?</h3><p>Lorsque l’Égypte importe du blé, c’est en réalité de l’eau qu’elle importe. Il s’agit de l’eau nécessaire à la culture des céréales. En effet, il est plus économique de les produire dans les pays qui ont de l’eau en abondance&nbsp;: le Canada, l’Ukraine, les États-Unis.</p><p>Les biens chers, léger, durables comme les épices et la soie sont les premiers à faire l’objet d’un commerce international. Les autres biens moins chers, plus lourd et moins durables comme le blé viennent ensuite. En général, ces biens-là sont transportés par la mer ou via un cours d’eau car les coûts de transport sont beaucoup plus faibles que sur terre. C’est ce qui explique pourquoi des villes accessibles par la mer et fortement peuplées telles que Paris, Londres, les villes du nord de l’Italie etc. ont bénéficié d’une croissance plus importante qu’ailleurs.</p><p>Avec l’accroissement de sa population, l’Europe buta contre les limites de ses ressources&nbsp;: terre et forêts. Le commerce avec les zones hors de l’Europe et en particulier l’exploitation du Nouveau Monde permirent dans les années 1800 de s’affranchir de ces contraintes et de se tourner vers la production industrielle. Comme la Rome antique en Méditerranée, la Grande-Bretagne dégagea les voies maritimes de la piraterie pour assurer une continuité de l’approvisionnement.</p><h3 class="wp-block-heading">4. Pourquoi le pétrole et les diamants coûtent plus cher qu’ils ne valent ?</h3><p>Le principal problème du pétrole et des minéraux en général est qu’ils ne bénéficient qu’à un petit nombre d’acteurs. La plupart des pays qui ont réduit rapidement leur taux de pauvreté l’ont fait en développant des industries qui employaient une large part de la population active et qui fournissaient beaucoup d’emplois peu qualifiés.</p><p>L’expérience des tigres asiatiques, Hong Kong, Singapour, Taiwan, et la Corée du Sud a montré que la première étape du développement consistait à fabriquer des vêtements. Le capital requis pour ce type d’industrie est modéré&nbsp;: un immeuble et quelques machines. En revanche, dans les industries d’extraction, les profits de la vente des minéraux disparaissent dans les poches d’un petit nombre d’employés et dans des équipements onéreux tels que des pipelines, des machines de forage etc.</p><p>En fait, c’est pire que cela. La hausse des prix des minéraux entraîne l’appréciation de la devise nationale, ce qui pénalise fortement les autres exportations. D’autre part, contrairement aux autres industries, il est difficile de concurrencer une mine ou un producteur de pétrole national. Ces entreprises bénéficient de ce qu’on appelle une rente de situation. Comme les droits d’exploitation dépendent du gouvernement, il y a une incitation à maintenir en place le pouvoir par n’importe quel moyen.</p><p>Il existe de rares exceptions à la malédiction des ressources naturelles&nbsp;: Dubaï, le Chili et la Norvège. Dans ces deux derniers cas, le pays bénéficiait déjà d’industries profitables. En Norvège (producteur de pétrole) comme au Chili (producteur de cuivre), un système est en place pour conserver le produit de la vente en dollars afin de ne pas affecter la devise nationale. Ces fonds sont ensuite investis et les dividendes sont utilisés idéalement pour développer le reste de l’économie.</p><p>Un autre succès éclatant est celui du Botswana qui a une entente avec De Beers pour l’extraction des diamants. Une partie des revenus revient au gouvernement et d’un autre côté De Beers a suffisamment d’assurances pour continuer d’investir dans ses mines.</p><h3 class="wp-block-heading">5. Pourquoi les pays musulmans restent-ils pauvres ?</h3><p>La civilisation islamique a stagné économiquement à partir du 12ème siècle. Possiblement, un facteur serait que la tradition musulmane a limité la croissance des entreprises. En effet, au décès d’un des associés, il fallait d’une part dissoudre l’entreprise et d’autre part partager l’argent entre de nombreux héritiers. En Europe, la transmission de l&rsquo;héritage au fils aîné s’imposa comme la règle au Moyen-âge, ce qui rendait possible l’accumulation du capital sur plusieurs générations. De plus, toujours en Europe, les entreprises devinrent des personnes morales distinctes de leurs actionnaires.</p><p>On a observé un déclin similaire en Chine au 14<sup>ème</sup> siècle, en Inde depuis le 3<sup>ème</sup> siècle avant notre ère. Une hypothèse vraisemblable est que la religion est utilisée par des groupes au pouvoir pour cimenter leur emprise pour toujours. En Chine, les bureaucrates ont utilisé le confucianisme contre les commerçants et les soldats. En Inde, les prêtres et les aristocrates ont justifié le système de castes en invoquant l’hindouisme.</p><p>Dans le monde musulman, les régimes militaires des Mamelouks, des Ottomans et des Moghols et ceux qui leur ont succédé ont instrumentalisé l’islam pour empêcher l’émergence d’un pouvoir rival, notamment chez les commerçants. C’est sans doute ce qui explique pourquoi le monde musulman n’a pas adapté ses règles relatives aux associations commerciales.</p><p>Contrairement à la thèse de Max Weber sur l’éthique protestante et l’essor du capitalisme, la religion ne semble pas conditionner pas la réussite économique. En fait, le succès éclatant de communautés expatriées aussi diverses que les Indiens d’Afrique de l’Est, les Libanais d’Afrique de l’Ouest, les Chinois d’Asie du Sud-Est, les Juifs de l’Europe médiévale, et les marchands Hausa du Nigeria démontre exactement l’inverse.</p><h3 class="wp-block-heading">6. Pourquoi nos asperges viennent du Pérou ?</h3><p>Pourquoi les consommateurs en Europe ou en Amérique du Nord trouvent-ils des asperges du Pérou sur leurs étals&nbsp;? La réponse est à rechercher du côté de la lutte contre le narcotrafic. En 1991, une entente a été conclue avec les pays andins, dont le Pérou, pour que les cultivateurs soient incités à faire pousser autre chose que de la cocaïne.</p><p>Non seulement les asperges bénéficient depuis de faibles droits de douanes mais de plus les États-Unis versent des millions de dollars d’aide chaque année.</p><p>Derrière ce phénomène, il y a en fait un schéma récurrent qui a été identifié par Mancur Olson. Un petit groupe d’individus partageant des intérêts en commun s’organisent pour former une coalition ou lobby. S’il y a un trop grand nombre d’intervenants, chacun comptera que l’autre fera le travail et il sera plus difficile de mener une action cohérente. Ceci explique pourquoi les lobbies de producteurs ont plus de succès à augmenter les prix que les associations de consommateurs à les faire baisser.</p><p>Une autre caractéristique importante des lobbies efficaces est qu’en plus d’être suffisamment concentrés pour être organisés, ils ne doivent avoir une assise purement locale. Par exemple, les producteurs de coton américains sont représentés par 6 états, soit 12 sénateurs.</p><p>Les lobbies se font souvent passer pour des organisations de consommateurs intéressés par une baisse des prix. Ce fut par exemple le cas du lobby des industries textiles en Grande-Bretagne au début du 19<sup>ème</sup> siècle. Le lobby militait pour des prix des denrées alimentaires plus faibles afin de réduire les salaires nécessaires à leurs ouvriers.</p><p>De nos jours, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est utilisée par les lobbies de différentes nations pour infliger le maximum de dommages au concurrent grâce au blocage de l’importation de produits ciblés par le plaignant.</p><p>Récemment, les petites îles d’Antigue-et-Barbude ont remporté une victoire contre les États-Unis pour avoir bloqué leurs services de paris en ligne en menaçant d’ignorer la propriété intellectuelle des compagnies américaines. Cela a piqué au vif les industries avec les plus puissants lobbies&nbsp;: entreprises pharmaceutiques, industrie du cinéma et de la musique.</p><h3 class="wp-block-heading">7. Pourquoi l’Afrique ne produit pas de cocaïne ?</h3><p>Même si l’Afrique produit du café, du cacao et du coton, ces matières premières ne peuvent pas être transformés sur place dans des délais raisonnables à cause de difficultés logistiques et techniques. De plus, la capacité à écouler les produits auprès des consommateurs est aussi importante.</p><p>Étonnamment, la distance compte encore. Deux pays voisins vont commercer bien plus que deux pays distants. D’autre part, les pays riches dans leur ensemble commercent peu avec les pays pauvres dans leur ensemble. Enfin, curieusement, les produits échangés entre deux pays sont relativement similaires.</p><p>Les développements technologiques tels que le télégraphe, le train, et plus récemment le téléphone cellulaire ont contribué à faire baisser les prix, les faire converger entre différents marchés et les stabiliser.</p><p>L’arrivée du conteneur standardisé en 1960 a grandement amélioré l’efficience du commerce international. Avant cette date, les coûts de fret représentaient 10% de la valeur des marchandises et la manipulation des cargaisons pouvaient prendre des semaines sans compter les vols par les dockers.</p><p>L’armée américaine a vu rapidement l’intérêt de cette invention et a contribué à l’adoption du standard. Malgré cela, il y eut une prolifération de modèles de conteneurs. Finalement, le Federal Maritime Board déclara que seule la fabrication de conteneurs 8’x8’x10’, 8’x8’x20’, 8’x8’x30’ seraient éligibles pour des subventions.</p><p>Pourquoi le Ghana n’exporte pas du chocolat vers l’Union Européenne, sachant qu’il pourrait le faire en franchise de droits de douane&nbsp;? Cela est dû au coût très élevé de faire affaires dans ce pays. Parmi les plaintes les plus récurrentes des fermiers africains&nbsp;: la difficulté de mettre en marché leurs produits ainsi que la mauvaise qualité des routes.</p><p>Une étude auprès des compagnies de fret maritimes indique que trois quarts des retards étaient dus à des procédures administratives. Trop souvent, en effet, les bureaucrates des pays africains extorquent des bakchichs pour laisser entrer ou sortir les marchandises.</p><p>Plus que l’infrastructure déficiente, l’absence d’état de droit, l’arbitraire des autorités, le non-respect de la propriété privée et le faible niveau d’éducation sont les obstacles majeurs au développement de l’Afrique.</p><h3 class="wp-block-heading">8. Pourquoi l’Indonésie a réussi avec un dirigeant corrompu alors que la Tanzanie a échoué avec un dirigeant honnête ?</h3><p>Une idée reçue est que les pays pauvres le sont à cause de la corruption. Cela est vrai dans une certaine mesure puisque les décisions de bureaucrates corrompus sont basées sur leur intérêt plutôt que celui de l’économie. Pour autant, cela n’explique pas pourquoi les pays d’Asie où la corruption est endémique ont obtenu de très bonnes performances économiques.</p><p>Il y a corruption et corruption. Par exemple, l’Inde et la Chine se classe à peu près au même niveau de corruption, mais en Chine, il n’y a qu’un seul parti à soudoyer.</p><p>Suharto est arrivé au pouvoir en Indonésie à la suite d’un coup d’état en 1968. Il a par la suite mis en place un système inspiré de l’armée pour contrôler l’économie. La politique économique n’était pas populiste comme en Amérique latine&nbsp;: loi pour des comptes publics équilibrés, libre circulation du capital, les villes n’étaient pas privilégiées au détriment des campagnes.</p><p>Les compagnies étrangères qui voulaient faire affaires en Indonésie devaient payer un personnage haut placé proches des cercles du pouvoir qui assurait leur protection et transmettait d’éventuelles doléances à Suharto.</p><p>A la tête des entreprises publiques, on retrouvait les favoris du pouvoir qui se partageaient de juteux contrats et licences avec un accès privilégié au crédit. En échange, ils étaient les obligés de Suharto lorsque celui-ci leur demandait d’intervenir dans l’économie.</p><p>Lorsque la corruption prenait trop d’ampleur comme chez les fonctionnaires des douanes, il prit un décret pour émasculer l’administration et la remplacer dans les faits par une compagnie privée étrangère.</p><p>La corruption organisée est moins dangereuse pour l’économie que la corruption anarchique. Avec une organisation centralisée de la corruption, il y a moins de risque d’une dérive destructrice dans un segment de l’économie car cela nuit à tout le système.</p><p>D’autre part, si le despote pense être en place pour le long terme, il sera moins incité à la prédation. De plus, les rentes collectées seront pour une large part réinvesties dans le pays.</p><h3 class="wp-block-heading">9. Pourquoi la Chine a réussi là où la Russie a échoué ?</h3><p>Les gouvernements ne partent pas d’une page blanche. Ils doivent composer avec les décisions prises dans le passé par d’autres. Le poids de l’inertie et des habitudes rend tout changement difficile. Un pays peut donc adopter une certaine politique et s’y tenir même lorsqu’il apparaît qu’elle ne fonctionne pas.</p><p>Dans le cas de la Russie, deux caractéristiques semblent perdurer à travers les siècles&nbsp;: d’une part, un pouvoir exécutif dominant auquel sont inféodés les fonctions législatives et judiciaires, et d’autre part, un droit de propriété qui peut être remis en question par l’État. Ces caractéristiques semblent avoir été la conséquence de la domination Mongole qui a rendu le pays hermétique aux idées humanistes de la Renaissance.</p><p>Après la fin du bloc communiste en 1991, lorsque la même politique de libéralisation économique accélérée a été appliquée aux anciens pays soviétiques, les résultats furent très différents d’un pays à l’autre. Les pays d’Europe Centrale ou d’Europe de l’Est ont obtenu de bons résultats tandis que les autres pays ont subi de fortes réductions du PIB.</p><p>La vitesse des réformes n’explique pas leur réussite ou leur échec. En fait, au-delà des premières années de réforme, l’adaptation à l’économie de marché semblait davantage dépendre de la vitalité des institutions la soutenant&nbsp;: état de droit, propriété privée, administration compétente.</p><p>La Chine a également fait une transition d’une économie planifiée à une économie de marché. Dans une certaine mesure, comme la Russie, la Chine s’est tenue à l’écart des innovations occidentales. Qu’est-ce qui pourrait expliquer que la Chine ait mieux réussit que la Russie&nbsp;?</p><p>Au début des années 1980, l’Union Soviétique a entreprit des réformes politiques avant les réformes économiques. L’administration qui dépendait du pouvoir politique s’est ainsi retrouvée désorganisée au pire moment.</p><p>La Chine n’a pas fait cette erreur. De plus, à la différence de la Russie, la Chine accorde davantage de pouvoir aux autorités régionales qui se font concurrence pour augmenter la croissance dans leur zone. Par exemple, les zones économiques spéciales qui ont été clés pour attirer les capitaux étrangers avaient toute latitude pour offrir des franchises d’impôts, de l’infrastructure, de l’approvisionnement en énergie et en eau.</p><p>L’administration chinoise recrute au mérite. Par ailleurs, elle a introduit des contrats de performance pour les administrateurs locaux. Surtout, cette ancienne institution a confiance en sa propre force pour ne pas craindre de mettre en œuvre des réformes économiques.</p><p>La Chine a aussi tiré parti d’un autre avantage. Les diasporas chinoises en Asie du Sud Est, et en particulier celle de Hong Kong, ont participé au développement économique en fournissant leur expertise dans les affaires.</p><p>Enfin, la Chine a pu utiliser comme guide l’exemple des Tigres d’Asie du Sud-Est et en particulier Singapour.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">987</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre « Anatomy of the Bear » de Napier Russell, Partie 2</title><link>https://economierebelle.com/livre-anatomy-of-the-bear-de-napier-russell-partie-2/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-anatomy-of-the-bear-de-napier-russell-partie-2</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-anatomy-of-the-bear-de-napier-russell-partie-2/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Thu, 01 Jul 2021 19:24:21 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[Investir]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[krach]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=871</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Il s&#8217;agit de la suite de l&#8217;article sur le livre « Anatomy of the Bear » de Napier Russell. Points clés à retenir 1949 Perte d’intérêt pour la bourse entre 1929 et 1949 De 1929 à 1942, le volume des transactions au NYSE a diminué de 99%. Alors qu&#8217;en 1929, le volume des actions négociées représentait&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com/livre-anatomy-of-the-bear-de-napier-russel-partie-1/">article </a>sur le livre « Anatomy of the Bear » de Napier Russell.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">1949</h3><h4 class="wp-block-heading"><strong>Perte d’intérêt pour la bourse entre 1929 et 1949</strong></h4><p>De 1929 à 1942, le volume des transactions au NYSE a diminué de 99%. Alors qu&rsquo;en 1929, le volume des actions négociées représentait 119% du total des actions cotées, le ratio est tombé à 30% en 1937 et a atteint 9% en 1942. En 1949, le ratio s’est légèrement redressé pour atteindre 13%. Au 13 juin 1949, le DJIA était encore 57 % inférieur au record historique de 1929.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Marché haussier phénoménal entre 1932 et 1937</strong></h4><p>Le marché haussier de 1932 à 1937 a été l&rsquo;un des marchés haussiers les plus mémorables de l&rsquo;histoire des États-Unis. Le DJIA a augmenté de 370% dans cette période. L&rsquo;investisseur qui avait acheté au plus bas en 1932 obtenait un rendement en dividendes de 10 %, rendement qui s’est progressivement amélioré jusqu’à 60 % en 1937. La croissance économique était sans précédent&nbsp;: 12 % par an en termes réels entre le creux de 1933 et 1937. Le niveau d&rsquo;inflation, quant à lui, a été contenu tout au long de la période. Il est ironique que ce marché haussier se soit produit dans un contexte que certains commentateurs de Wall Street ont appelé l&rsquo;introduction du socialisme en Amérique.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>L’arrivée de Roosevelt au pouvoir en 1932 a alimenté les craintes des marchés</strong></h4><p>En effet, l&rsquo;ambiance a changé en septembre 1932 lorsqu&rsquo;il est devenu clair que Roosevelt serait le prochain président. En outre, certains craignaient que Roosevelt ne quittât l&rsquo;étalon-or, ce qui a incité beaucoup de gens à convertir leurs dollars en or. Cela a encore réduit la liquidité disponible. Dans la période précédant l&rsquo;entrée en fonction du président élu (entre novembre et mars), tous les voyants sont subitement passés au rouge : les prix des matières premières ont chuté ; la reprise des cours obligataires s&rsquo;est terminée et il y a eu une troisième crise bancaire.</p><p>De nombreuses législations et réglementations ont été adoptées qui ont freiné l&rsquo;industrie financière. Enfin, en 1933, le dollar américain a été dévalué par rapport à l&rsquo;or : 35 $ l&rsquo;once au lieu de 20,67$ jusque-là. Il y a eu des audiences entre 1932 et 1934 qui ont mis en lumière les dérives de Wall Street. Beaucoup de ceux soupçonnés d&rsquo;avoir causé le krach et la Dépression sont restés impunis. Le gouvernement s&rsquo;immisçait de plus en plus dans l&rsquo;économie.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>L’inflation est la principale cause du marché baissier de 1946-1949</strong></h4><p>Avec le recul, l&rsquo;inflation et la hausse des taux d&rsquo;intérêt sont les principales raisons du marché baissier de 1946-1949. Bien qu&rsquo;une majorité s’attendît encore à un résultat déflationniste comme celui d&rsquo;après la Première Guerre mondiale, c’est l&rsquo;inflation qui s’est manifestée. Le gouvernement pèse désormais 15 % du PIB au lieu de 3 % en 1920. Le pouvoir se déplace également vers le travail avec une augmentation de la participation syndicale (33 % au lieu de 13 % en 1932). Le nouveau système monétaire construit à Bretton Woods s&rsquo;est éloigné de l&rsquo;étalon-or et a été conçu pour rendre les récessions déflationnistes moins probables.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Un marché en transition entre 1946 et 1949</strong></h4><p>Le grand marché haussier des obligations qui a commencé en 1920 a pris fin. On ne pouvait s&rsquo;attendre à ce que le plancher imposé aux prix des obligations d&rsquo;État se poursuive une fois la guerre terminée.</p><p>Pendant ce temps, les bénéfices ont doublé au cours du marché baissier. Cependant, les dividendes n&rsquo;ont augmenté que de 31 % car les entreprises investissaient massivement pour s’adapter à l&rsquo;économie de consommation.</p><p>Le marché boursier baissier soulignait par ailleurs une crainte de la déflation chez les investisseurs. La perspective d&rsquo;une guerre avec l&rsquo;Union soviétique a également joué un rôle dans le marché baissier.</p><p>Alors que le DJIA a baissé de 24% de ses sommets de 1946, les volumes de transactions moyens ont baissé de 70%. La structure du marché a radicalement changé. Les secteurs qui avaient bien performé en 1929-1932 étaient les pires en 1932-1949.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Transformation de l’économie au profit de l’État et des salariés</strong></h4><p>De 1932 à 1945, la valeur du marché des obligations d&rsquo;entreprise a diminué chaque année, sauf en 1936 et 1938. Pendant ce temps, la taille du marché des obligations a quadruplé grâce aux obligations d&rsquo;État. La détention par des acteurs non bancaires dans les obligations a atteint un plancher en 1949.</p><p>Alors que le PIB réel par habitant a augmenté de 61 % entre 1926 et 1949, les bénéfices des entreprises ont perdu du terrain en raison de la part accrue du gouvernement et du travail dans le PIB. Cela est plus évident lorsque l&rsquo;on examine les revenus glissants sur 10 ans, car les revenus de 1932 étaient très bas. En utilisant cette mesure, la croissance des bénéfices avait été décevante de +33%.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Des bonnes nouvelles en 1949 pour qui voulait les voir</strong></h4><p>Pour être prêt à investir dans des actions en 1949, un investisseur devait concevoir que les règles précédentes ne s’appliquaient plus. Néanmoins, pour un investisseur attentif, il y avait beaucoup de bonnes nouvelles au plus bas du marché baissier, et encore plus qu&rsquo;en 1921 et en 1932.</p><p>Comme en 1921 et 1932, l&rsquo;incapacité du marché à réagir aux bonnes nouvelles était révélatrice de la fin du marché baissier. Comme lors des autres reprises, la Nouvelle-Angleterre a ouvert la voie et l&rsquo;industrie automobile a donné des signes de reprise alors même que l&rsquo;économie générale continuait de se contracter.</p><p>Un autre secteur profitait du retour de la confiance : le jeu à Las Vegas était un indicateur avancé des dépenses discrétionnaires tout comme l’achat d’automobiles. Par la suite, une multitude de produits et de matières premières ont commencé à connaître une demande accrue.</p><p>En 1949, comme en 1921 et 1932, le faible niveau d’inventaire signifiait que lorsque les prix commenceraient à augmenter, le mouvement serait durable. Dès avril, les loyers et la nourriture étaient déjà en hausse. Le pétrole et le blé ont donné des signes d’amélioration en juin. En juillet, cela a été au tour du plomb, du cuivre, du zinc, de la volaille.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>De l’importance de la stabilisation des prix pour identifier la fin du marché baissier</strong></h4><p>Il n&rsquo;y avait aucun signe de la déflation vécue dans les marchés baissiers précédents. Certains ont émis l&rsquo;hypothèse que le pays était entré dans une ère d&rsquo;inflation en raison de changements structurels : structure fiscale, clauses salariales d&rsquo;indexation, déficits budgétaires, taux d&rsquo;intérêt bas, contrats à prix coûtant majoré, subventions, etc.</p><p>Si la stabilisation des prix est si importante pour déterminer le plus bas d&rsquo;un marché baissier, les changements de prix ne devraient-ils pas être un élément clé dans le début des marchés baissiers&nbsp;?</p><p>Dans les 3 marchés baissiers de 1921, 1929 et 1949, il semble que le moment le plus sûr pour acheter des actions soit après une dislocation majeure des prix. Si aucune perturbation des prix n&rsquo;est associée à une baisse du marché boursier, il se peut que ce ne soit pas l&rsquo;une des meilleures opportunités d&rsquo;achat.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Interventions de la FED</strong></h4><p>Après 1947, la FED soutenait toujours les obligations d&rsquo;État longues (contrôle de la courbe des taux). Cela a créé des distorsions sur le marché. En février 1947, la FED voulut ralentir l&rsquo;activité économique et l&rsquo;inflation. L’institution a donc augmenté les réserves obligatoires des banques. Cela a forcé les banques à vendre des titres d&rsquo;État. La FED a alors dû acheter davantage de bons du Trésor, ce qui a paradoxalement entraîné plus d&rsquo;expansion monétaire.</p><p>La politique de la FED était extrêmement difficile à décrypter. Un rallye du marché obligataire en 1948 a permis de mieux comprendre quelles étaient leurs intentions. La FED pouvait soit ne rien faire, soit vendre ses obligations d&rsquo;État sur le marché. Dans ce dernier cas, cela signifierait que la FED était prête à durcir sa politique monétaire. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est effectivement passé et la « monnaie élastique » s&rsquo;est contractée de 5% en janvier 1949, ce qui a conduit les investisseurs à pencher pour un scénario de déflation.</p><p>En 1921 et en 1928-1932, la contraction monétaire était massive. En 1949, une contraction similaire de la « monnaie élastique » aurait été de l&rsquo;ordre de 85 %. 8 mois après décembre 1948, la contraction avait atteint 25 % mais s&rsquo;arrêta là.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Autres indicateurs avancés du marché haussier</strong></h4><p>Dès 1939, le rapport q était inférieur à sa moyenne géométrique. Pour éviter de voir les actions bon marché devenir encore moins chères, il était important d&rsquo;examiner également d&rsquo;autres indicateurs.</p><p>La combinaison d&rsquo;une importante position à découvert avec un marché qui ne baisse pas lors de mauvaises nouvelles était un bon prédicteur d&rsquo;un rebond en 1921, 1929 et 1949.</p><p>Encore une fois, le creux a été atteint sur des volumes en baisse suivis d&rsquo;une augmentation des prix et des volumes. Ici aussi, des investisseurs fortunés sont entrés en scène et ont accru la concentration des participations.</p><p>Contrairement à 1921 et 1932, les obligations de sociétés se sont redressées un peu plus tôt que les obligations d&rsquo;État, mais la reprise a été modérée avant d&rsquo;atteindre les bons du Trésor.</p><h3 class="wp-block-heading"><strong>1982</strong></h3><p>Il y a eu un long marché haussier de 1949 à 1968. Il a été causé non pas tant par une augmentation des bénéfices des entreprises que par un changement dans la valorisation qui tenait compte d&rsquo;une inflation plus présente après la guerre. Ainsi, les bénéfices ont augmenté de 150%, tandis que le S&amp;P Composite a augmenté de 662%.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Un long marché baissier entre 1968 et 1982</strong></h4><p>La valorisation était la plus élevée en 1968 avec un PE historique à 18,5x (S&amp;P composite). Il atteindrait un creux en 1982 à 7,8x. Le ratio q est passé de 1,68x à 0,38x. Les actions étaient bon marché mais elles l&rsquo;étaient déjà depuis longtemps (1977).</p><p>L&rsquo;intérêt pour le marché a augmenté régulièrement, passant de 16 % en 1974 à 42 % en 1982. La période de détention moyenne est passée de 6 ans en 1974 à 2 ans en 1982. Ainsi, contrairement aux idées reçues, le volume de transactions croissant n’a pas signalé la fin du marché baissier.</p><p>Même si les institutions investissaient massivement dans les actions dans les années 1970, le marché baissier a persisté. Sous la présidence de Jimmy Carter, G. William Miller a été nommé président de la FED, où il a poursuivi des politiques extrêmes qui ont encore miné la confiance dans le dollar américain. En août 1979, une once d&rsquo;or coûtait 300$, contre 35$ selon les accords de Bretton Woods.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>L’arrivée de Paul Volcker a jugulé l’inflation</strong></h4><p>Mais tout a changé lorsque Paul Vocker l&rsquo;a remplacé. Les taux d&rsquo;intérêt ont été augmentés jusqu&rsquo;à 20 %. Malgré cela, le prix de l&rsquo;or a doublé. Ensuite, Jimmy Carter s&rsquo;est adressé à la nation et a simplement demandé aux Américains d&rsquo;arrêter de dépenser et c&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé. Le PIB connut sa plus forte contraction jamais enregistrée. Puis, la FED a «&nbsp;normalisé&nbsp;» les taux d&rsquo;intérêt de 20% à 8% en moins de 3 mois.</p><p>Néanmoins, l&rsquo;inflation a repris et la FED a réagi en augmentant à nouveau son taux directeur à 20%. A la fin de l’année 1980, l&rsquo;inflation était inférieure à 10 %. Les intérêts réels étaient les plus élevés depuis la grande dépression. Le plus grand marché haussier obligataire venait de naître.</p><h4 class="wp-block-heading">La récession de 1981</h4><p>L&rsquo;économie était dans une profonde récession. Le marché des actions est resté instable et a ignoré les améliorations des marchés obligataires et des devises. Le marché des actions a touché le fond deux ans après le dollar et onze mois après le marché obligataire.</p><p>En 1982, une crise financière internationale se préparait. L&rsquo;entreprise la plus importante du Mexique a fait faillite. La perspective d’un défaut souverain devenait très réelle. Puis une banque américaine a fait faillite et on s&rsquo;est vite rendu compte que d&rsquo;autres banques pouvaient être exposées aux mêmes risques. Pour éviter une crise bancaire, la FED a assoupli sa politique monétaire en abaissant les taux d&rsquo;intérêt à 14%.</p><p>En 1949, les actions cotées au NYSE représentaient 23 % du PIB. En 1968, elles représentaient 76 % du PIB. Fin 1981, leur part dans le PIB se contracta à 36 ​​%.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Performances sectorielles entre 1968 et 1982</strong></h4><p>Il est intéressant de noter que tout au long du 20e siècle, le pétrole était le secteur le plus important du marché ou le deuxième après les chemins de fer en 1921. Le changement le plus important de la seconde moitié du 20e siècle a été le passage des industries lourdes aux secteurs des services, notamment financiers. Malgré de nombreux changements dans l&rsquo;économie américaine, six secteurs ont persisté en 1932, 1949 et 1982 : le pétrole, les services publics, la vente au détail, les communications, les produits chimiques et l&rsquo;automobile.</p><p>Le marché baissier de 1968-1982, contrairement aux marchés baissiers précédents, s&rsquo;est produit dans un contexte de hausse de l&rsquo;inflation. Alors que presque tous les secteurs ont produit des rendements nominaux positifs, seuls 5 secteurs ont réalisé des rendements réels positifs au cours de cette période&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Tabac (+420 %)</li><li>Télécommunications (+194 %)</li><li>Pétrole (+185 %)</li><li>Charbon (+180%)</li><li>Santé (+180%)</li></ul><p>La capacité des compagnies de tabac à ajuster les prix pour maintenir leur marge dans un environnement à la fois déflationniste et inflationniste mérite d&rsquo;être signalée.</p><p>Si l&rsquo;on ignore la valeur aberrante de 1929-32, il faut en moyenne 14 ans pour qu&rsquo;un marché surévalué devienne sous-évalué.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>L’économie et les marchés donnent des signes de reprise en 1982</strong></h4><p>Au cours des 15 mois à partir d&rsquo;avril 1981, le DJIA a encore chuté de 30 % jusqu&rsquo;en août 1982. Le PIB a atteint son point bas au premier trimestre de 1982. Lors les autres marchés baissiers également, le PIB et les creux du marché sont proches, mais il est faux de croire que le rétablissement du marché précède l&rsquo;économie de 6 à 9 mois. Cela pourrait être vrai pour de nombreux rebonds économiques. Cependant, dans le cas d&rsquo;un marché baissier majeur, l&rsquo;économie peut se rétablir avant le marché.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Indicateurs avancés du nouveau marché haussier</strong></h4><p>Comme dans les autres marchés baissiers, les améliorations en Nouvelle-Angleterre et le rebond des ventes de voitures ont été les premiers signes d&rsquo;un marché haussier à venir. L&rsquo;indicateur le plus important a encore été la stabilisation des prix. Au dernier trimestre de 1982, l&rsquo;Indice des Prix à la Consommation a baissé de 0,6% par rapport au niveau du 3e trimestre.</p><p>La FED n&rsquo;était plus contrainte dans sa politique monétaire. Les investisseurs ont été écœurés par près de deux décennies de hausse de l&rsquo;inflation et étaient sur le point de perdre confiance dans la capacité de la Fed à maîtriser l&rsquo;inflation. L&rsquo;indice général des prix ne s&rsquo;est vraiment stabilisé qu&rsquo;une fois le marché haussier bien amorcé. Là encore, l&rsquo;indicateur à surveiller était le niveau des prix des matières premières. La fin d&rsquo;une baisse des prix des matières premières a de nouveau annoncé la fin du marché baissier.</p><p>La stabilisation des prix des matières premières, en particulier du cuivre, indique que l&rsquo;économie sous-jacente s&rsquo;améliore. Elle précède également la stabilisation du niveau général des prix d&rsquo;autres produits de base.</p><p>Dans tous les marchés baissiers précédents, le faible niveau des stocks est présenté comme une caractéristique clé de l&rsquo;optimisme concernant l&rsquo;avenir. Ce fut à nouveau le cas au premier trimestre de 1982 avec la réduction des stocks la plus rapide depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour les matières premières, tout retournement de prix est en général éphémère mais il peut être durable si les stocks sont bas.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Un nouveau système monétaire après Bretton-Woods</strong></h4><p>Entre 1921 et 1982, le paysage institutionnel a radicalement changé. En théorie, le nouveau système monétaire atténuerait les ajustements automatiques des prix dans le cadre de l&rsquo;étalon-or et des changes à taux fixe. Dans la pratique, les changements de prix portaient encore des informations importantes et restaient valables malgré le changement structurel.</p><p>Si l&rsquo;on peut tirer des leçons d&rsquo;un seul marché baissier dans l&rsquo;ère post-Bretton Woods, ce serait que le prix des actions réagira positivement dans une situation où la FED prête assistance au système financier du moins tant que le marché obligataire n’est pas alarmé.</p><p>Avec l’expérience de novembre 1929 et mai 1980 à l&rsquo;esprit, les investisseurs doivent faire preuve de prudence, mais être prêts à acheter des actions bon marché lorsqu&rsquo;une réduction du taux d&rsquo;escompte signale que la FED ne cherche plus à lutter contre l&rsquo;inflation.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Autres indicateurs de la fin du marché baissiers</strong></h4><p>Encore une fois, comme en 1921, 1932 et 1949, le creux ne s&rsquo;est pas produit sur des volumes en hausse. Cela ne veut pas dire que ce phénomène ne se produit jamais, mais cela ne s&rsquo;est pas produit pendant les principaux marchés baissiers lorsque les actions deviennent extrêmement sous-évaluées. La reprise peut se faire sur des volumes élevés ou faibles, mais en tout état de cause, ce sont les volumes plus élevés à des niveaux de prix plus élevés qui confirment que le marché baissier est terminé.</p><p>Comme dans les autres marchés baissiers, le fait que les vendeurs à découvert ne se sont pas retirés était un signal clair que l&rsquo;amélioration était durable. En fait, les vendeurs à découvert ont maintenu et même augmenté leurs positions tout au long de l&rsquo;été 1982.</p><p>Les investisseurs qui attendaient une amélioration des bénéfices auraient raté le creux de 4 à 7 mois sur les 4 marchés baissiers.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>La fin du purgatoire pour le marché obligataire</strong></h4><p>Le marché baissier des obligations, qui a duré 5 décennies, a pris fin en octobre 1982. Les rendements des bons du Trésor à long terme étaient passés de 2,03 % en avril 1946 à 15,1 % au cours de la première semaine d&rsquo;octobre 1982. Alors que l&rsquo;inflation était maîtrisée et que les prix des matières premières diminuaient, le marché obligataire est resté sceptique en raison du niveau élevé des intérêts à court terme et de la détérioration de la situation budgétaire. La volatilité du taux directeur de la FED a rendu difficile l&rsquo;anticipation du marché haussier à venir.</p><p>Les attentes des investisseurs ont changé au dernier trimestre de 1981. De début octobre 1981 à fin juillet 1982, le rendement à long terme des bons du Trésor américain a baissé de 200 points de base. Le principal moteur du changement de sentiment a été la baisse rapide de l&rsquo;inflation ainsi que la crédibilité avérée de la FED pour la combattre.</p><p>Les investisseurs restaient prudents et cela s&rsquo;est matérialisé par le niveau élevé des taux d&rsquo;intérêt. Le marché obligataire haussier a commencé en raison des risques de turbulences financières. De nombreux investisseurs ont accumulé les bons du Trésor américain et l&rsquo;or au milieu de la crise internationale de la dette. Ils ont totalement ignoré les signaux défavorables tels que la volonté de la FED de commencer à assouplir les conditions monétaires (à cause de la crise financière) et les déficits publics.</p><p>Comme en 1921 et 1932, le marché des obligations d&rsquo;État a atteint un creux en octobre 1981 avant le marché des obligations d&rsquo;entreprise en février 1982. 1949 apparaît donc comme une anomalie en raison de la politique de plafonnement des obligations d&rsquo;État de la FED.</p><h3 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion</strong></h3><p>Pour évaluer si la stabilité des prix est durable, les investisseurs doivent se poser les questions suivantes&nbsp;:</p><p>• Faibles inventaires ?</p><p>• Demande croissante de produits lorsque les prix diminuent ?</p><p>• Les producteurs vendent-ils en dessous du prix de revient ?</p><p>La reprise des actions a suivi la reprise des obligations d&rsquo;État de 7 mois en 1932, de 14 mois en 1921 et 1949, de 11 mois en 1982. Pendant ce délai, le DJIA a chuté respectivement de 46 %, 23 %, 14 % et 6 %.</p><p>La reprise des actions a suivi la reprise des obligations d&rsquo;entreprises d&rsquo;un mois en 1932, de 2 mois en 1921, de 15 à 17 mois en 1949 et de 5 mois en 1982.</p><p>La baisse du taux des fonds FED a précédé le point bas des marchés boursiers de 3 mois en 1921 et 1949, et de 11 mois en 1982. Dans les 3 occasions, la DGIA a baissé de moins de 20 % avant d&rsquo;atteindre le creux. En 1929, c&rsquo;était une tout autre histoire. La FED a assoupli les conditions monétaires mais le marché baissier en était à ses balbutiements.</p><p>La reprise économique et la reprise boursière coïncident à peu près. La reprise du secteur automobile précède la reprise du marché des actions.</p><p>Les creux du marché baissier se caractérisent par une offre croissante de bonnes nouvelles.</p><p>De nombreux commentateurs suggéreront que la détérioration de la situation budgétaire empêchera la reprise économique ou un marché haussier des actions. L’histoire leur a toujours donné tort.</p><p>La baisse des bénéfices des entreprises diminuera bien après du creux du marché.</p><p>La fin du marché baissier se caractérise par un effondrement final des cours sur de faibles volumes de transactions. La confirmation que la tendance baissière est terminée entraînera une augmentation des volumes à des prix plus élevés après le premier rebond des cours des actions.</p><p>Il y aura un grand nombre d&rsquo;investisseurs individuels qui vendront des actions à découvert au plus bas. Les positions à découvert augmenteront au cours des premières semaines du marché haussier.</p><p>En essayant d&rsquo;identifier un creux du marché baissier, vous devrez répondre à la plupart, sinon à toutes, des questions ci-dessus.</p><p>À partir de 2005, et compte tenu de la configuration institutionnelle actuelle, la prochaine perturbation majeure des prix qui entraînera un marché baissier sera probablement inflationniste plutôt que déflationniste.</p><p>Quelques choses doivent se produire avant que le marché baissier puisse commencer :</p><ul
class="wp-block-list"><li>Une baisse des taux d&rsquo;intérêt</li><li>Les actions doivent chuter en dessous de leur juste valeur, après un épisode de déflation ou plus probablement une poussée de l&rsquo;inflation</li><li>Il faudra un marché baissier des obligations</li><li>Il faudra qu&rsquo;il y ait une récession</li></ul><p>Ce marché baissier prendra probablement fin entre 2009 et 2014.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">871</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre « Anatomy of the Bear » de Napier Russell, Partie 1</title><link>https://economierebelle.com/livre-anatomy-of-the-bear-de-napier-russell-partie-1/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-anatomy-of-the-bear-de-napier-russell-partie-1</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-anatomy-of-the-bear-de-napier-russell-partie-1/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Thu, 01 Jul 2021 19:11:47 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Comprendre]]></category> <category><![CDATA[Investir]]></category> <category><![CDATA[histoire]]></category> <category><![CDATA[krach]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre de Napier Russell est une étude comparative des quatre principaux marchés baissiers du 20ème siècle.</p><p>Grâce à un examen détaillé de l&rsquo;histoire économique et financière, l&rsquo;auteur identifie un certain nombre d&rsquo;indicateurs de la fin d&rsquo;un marché baissier, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;un des moments les plus favorables pour investir.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading"><strong>Lien entre inflation et valorisation des actifs financiers</strong></h3><p>La valorisation des actions devient élevée lorsque les investisseurs sont convaincus qu&rsquo;une croissance forte et une faible inflation sont là pour durer.</p><p>En fait, le faible niveau d’inflation observé dans la période récente n’est pas structurel mais conjoncturel. Elle est le résultat, en Chine, d’une combinaison particulière d’une économie de marché et d’un système bancaire contrôlé par l’État. Le système bancaire a favorisé une surcapacité qui a largement dépassé la demande intérieure et a entraîné une baisse des prix des marchandises dans le monde entier.</p><p>Ainsi, l&rsquo;objectif officieux d&rsquo;inflation de 2% de la Fed a été atteint en raison de la désinflation sur les biens de consommation (seulement 1,6% d&rsquo;inflation au total entre 1981 et 2000).</p><p>D’autre part, le statut de devise de réserve du dollar est de plus en plus menacé dans la mesure où les États-Unis voient leur endettement exploser vis-à-vis du reste du monde. Cela n’est pas sans rappeler la disparition progressive de la livre sterling qui a commencé en 1914 lorsque la dette envers les étrangers a dépassé les actifs à l&rsquo;étranger.</p><p>Un dollar plus faible est inflationniste. Or, les variations de l&rsquo;inflation affectent à leur tour les valorisations des actions et les taux d&rsquo;intérêt.</p><h3 class="wp-block-heading"><strong>Rendements historiques</strong></h3><p>Au 20e siècle, 35 années sur 100 ont produit un rendement réel négatif pour les actionnaires. 8 sur 100 étaient particulièrement douloureux (moins de -20%). Pourtant, pour l’actionnaire patient, les rendements étaient toujours positifs après 17 ans. Le résultat a été encore meilleur pour ceux qui ont investi à la fin d’un marché baissier.</p><p>Un certain nombre de métriques peuvent être utilisées pour juger de la fin du marché baissier :</p><ul
class="wp-block-list"><li>Faibles valorisations</li><li>Profits à la hausse</li><li>Amélioration de la liquidité</li><li>Baisse des rendements obligataires</li><li>Changements dans la façon dont le marché est perçu par les principaux acteurs</li></ul><p>Bien que le PE ajusté cycliquement de Robert Shiller soit certainement utile, il semble que le q de Tobin (valorisation boursière / valeur de remplacement de l&rsquo;entreprise) ait été un indicateur plus fiable de rendements supérieurs dans le futur.</p><h3 class="wp-block-heading"><strong>Quatre points bas du marché</strong></h3><p>Il existe quatre points bas du marché définis rétrospectivement par les rendements ultérieurs à long terme. Les quatre points bas présentent une décote de 70 % sur le q de Tobin historique. Dans tous les cas, les points bas ont coïncidé avec des changements sociétaux majeurs dans la société américaine.</p><ul
class="wp-block-list"><li>1921, naissance de la société de consommation</li><li>1932, naissance de l’interventionniste de l’État</li><li>1949, naissance du complexe militaro-industriel</li><li>1982, renaissance des marchés libres</li></ul><h3 class="wp-block-heading">1921</h3><h4 class="wp-block-heading"><strong>L’étalon-or et la monnaie élastique</strong></h4><p>La FED a été créée en 1913 car sur deux précédentes paniques financières, le prêteur de dernier ressort était privé : JP Morgan. La FED a introduit « l’élasticité de la monnaie » sous l&rsquo;étalon-or. De nombreux investisseurs n&rsquo;avaient pas réalisé que les règles du jeu avaient changé après la Première Guerre mondiale. Lorsque les États-Unis sont entrés en guerre, la FED a financé les emprunts du gouvernement. Cela a été facilité depuis que les États-Unis ont connu un afflux massif d&rsquo;or au cours des années précédentes en tant que fournisseurs neutres des belligérants. Désormais, les investisseurs opérant selon les règles précédentes s&rsquo;attendaient soit à une disparition de l&rsquo;étalon-or, soit à une forte contraction monétaire causée par la demande déprimée après la guerre. Cependant, la FED a continué d&rsquo;être accommodante jusqu&rsquo;en 1919.</p><p>La FED et le Trésor ont supposé que les liquidités créées seraient canalisées par une utilisation productive. Mais ce ne fut pas le cas. Cela a conduit à un marché haussier des actions et des matières premières. Les investisseurs ont alors espéré que «&nbsp;l&rsquo;élasticité de la devise » pouvait être encore étirée. Malheureusement, le retour sur Terre en 1920-1921 leur a donné tort.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Déflation de 1920-21</strong></h4><p>Le nouvel étalon-or exigeait 40 % d&rsquo;or contre les dépôts nets. Ce ratio était de 48,1% en janvier 2018 et a diminué à 42,7% en janvier 1920 en raison des flux d&rsquo;or hors du pays et aussi en raison des prêts des banques commerciales qui ont été encouragés par les taux au-dessous du marché offert par la FED.</p><p>Il y a eu une inflation importante (147 %) aux États-Unis entre 1914 et 1920 causée par le doublement de la base monétaire de l&rsquo;or et par la production à pleine capacité. Parallèlement, une croissance réelle de 25 % a également été enregistrée sur la période, principalement à partir de l&rsquo;année 2016. Cela donne une indication de la contraction monétaire nécessaire à prévoir. Cela signifierait un minimum de 40 % de déflation.</p><p>De plus, plusieurs pays comme l&rsquo;Allemagne avait complètement abandonné l&rsquo;étalon-or, ce qui a rendu les calculs encore plus difficiles. En raison de leurs politiques inflationnistes, leurs devises se sont dépréciées et ont renforcé leur compétitivité. En conséquence, l&rsquo;ajustement déflationniste aux États-Unis devrait donc être encore plus extrême.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Faibles valorisations boursières en 1920-21</strong></h4><p>Les profits des entreprises cotées n&rsquo;ont augmenté que de 130 % par rapport à 1881. Au cours de la même période, le PIB réel a augmenté de 435 %. L&rsquo;incapacité des bénéfices des entreprises à suivre le rythme de la croissance de l&rsquo;économie américaine avait déçu les investisseurs. Ceci explique la faible valorisation constatée en 1920-21.</p><p>Avec le recul, en utilisant les revenus normalisés de la période 1922-1927, le ratio PE en 1921 était de 7x. En 1921, cependant, le PE était égal à 25,2x en raison de revenus très déprimés. Pourtant, il a été possible d&rsquo;identifier que les actions étaient sous-évaluées :</p><ul
class="wp-block-list"><li>Capitalisation boursière inférieure au fonds de roulement</li></ul><ul
class="wp-block-list"><li>Valorisation d’une mine de cuivre inférieure à ce qu&rsquo;il en coûterait pour le seul équipement</li><li>Le ratio q était de 0,35x à la fin de l&rsquo;année&nbsp;1921, à comparer au pic de 1,05x de 1905</li></ul><p>Un autre facteur qui a distrait les investisseurs était la multiplication de la dette fédérale de 1 milliard de dollars en 1915 à 24 milliards de dollars en 1921, qui a absorbé les fonds disponibles pour les actions.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;actualité au moment du creux de 1921</strong></h4><p>Contrairement aux idées reçues sur le marché, toutes les nouvelles n&rsquo;étaient pas mauvaises au plus bas du marché. Certains commentateurs du Wall Street Journal ont remarqué la stabilité accrue des prix et le changement de tendance des prix.</p><p>Une autre preuve de l&rsquo;amélioration à venir était qu&rsquo;après que la FED ait contracté la masse monétaire pour améliorer le taux de réserve à 56,4% en mai 1921, les taux officiels ont été réduits. Le DJIA a ensuite baissé de 20 % avant d&rsquo;atteindre un creux en août 1921. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que la FED a commencé à devenir accommodante en estimant le niveau approprié de déflation des prix et des salaires, mais sans tenir compte de son bilan. Il était difficile d&rsquo;évaluer cet élément subjectif, même pour l&rsquo;investisseur avisé.</p><p>La masse monétaire réelle au sens large, soit l’agrégat M2, a également montré une amélioration en mai 1921 avant la dernière étape à la baisse. Quant au crédit des banques commerciales, il ne s&rsquo;est amélioré qu&rsquo;après 1922.</p><p>En 1920, le public n’avait pas de doutes que leurs banques encaisseraient le choc déflationniste et ils avaient raison. En effet, les banques étaient habituées aux épisodes déflationnistes sous l&rsquo;étalon-or et leurs bilans étaient solides.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Signes que le plus bas était atteint en 1921</strong></h4><p>Lorsque le nombre d’actions disponibles pour être prêtées diminuait, et donc que leur coût d&#8217;emprunt augmentait, cela était généralement le signe que les vendeurs à découvert étaient à court de munitions.</p><p>C&rsquo;était peut-être une coïncidence, mais le plus bas s&rsquo;est produit lorsque les ventes à découvert ont culminé. Un autre indicateur était la concentration de la propriété des actions. Dans les marchés haussiers importants, la détention a eu tendance à se déplacer vers Wall Street. À l&rsquo;inverse, lors des marchés baissiers, les traders surveillaient le nombre d&rsquo;actionnaires d’American Steel. L’idée était que le grand public achèterait American Steel comme une valeur refuge dans les moments difficiles. Le nombre élevé d&rsquo;actionnaires individuels était donc une indication que le marché avait atteint son plus bas à l&rsquo;été 1921.</p><p>Cependant, ce n’est pas le public mais les riches investisseurs qui ont propulsé le marché vers le haut, motivés par des considérations de valeur. Une modification de l&rsquo;impôt sur les plus-values ​​a également aidé. Alors que les cours des actions ont atteint un creux en août 1921, les bénéfices ont atteint leur plus bas en décembre 1921.</p><p>Contrairement aux idées reçues, le déclin final du marché en 1921 s&rsquo;est accompagné de faibles volumes. Vraisemblablement, les investisseurs avaient perdu tout intérêt pour les actions. Une hausse du volume après le premier rebond du DJIA suggérait que la hausse des prix pourrait être durable.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Début d’amélioration sur le marché obligataire en 1921</strong></h4><p>Les obligations Liberty (émissions d&rsquo;État) ont atteint un creux au cours de la première semaine de juin. Les obligations d&rsquo;entreprises ont atteint un creux à la fin du même mois. La déflation a fait des ravages sur le marché des obligations d&rsquo;entreprises. En effet, les émetteurs étaient écrasés par les coûts fixes et en particulier les paiements de dettes fixes au moment même où les ventes diminuaient.</p><p>Les investisseurs en obligations ont observé le renversement de la tendance déflationniste plus clairement que les investisseurs en actions.</p><p>Alors que la demande de crédit pour l&rsquo;investissement a presque cessé, les banques commerciales ont accumulé les obligations d&rsquo;État, d’où une diminution des taux d’intérêt. Cela a poussé le marché de la dette des entreprises à la hausse, à la fois parce que le loyer de l’argent avait diminué mais aussi parce que les prix des biens se stabilisaient enfin.</p><h3 class="wp-block-heading"><strong>1929</strong></h3><p>Il est regrettable que le 1929-1932 en soit venu à incarner le stéréotype d&rsquo;un krach tant il semble plus l&rsquo;exception que la règle.</p><p>À bien des égards, ce krach est très différent des autres marchés baissiers.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Les années précédant le krach</strong></h4><p>La période 1921-1924 constitue un retour à la normale après la dépression de 1921. En avril 1925, le marché était en hausse de 87 % par rapport à son creux de 1921 et le rendement moyen des dividendes était de 6,4 %.</p><p>Les chiffres du volume annuel du NYSE suggèrent aussi un intérêt croissant pour les actions. L&rsquo;élection de Coolidge, un Républicain, a été un catalyseur. Cependant, les deux principales causes de ce marché haussier, comme d&rsquo;autres marchés haussiers, étaient une percée technologique et un crédit facilement disponible.</p><p>La croissance spectaculaire de la consommation d&rsquo;électricité a fourni trois stimulants pour un marché haussier des actions&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Augmentation de la productivité</li><li>Réduction de l’inflation</li><li>Bond de la demande de produits électriques</li></ul><p>Le marché haussier s&rsquo;est déroulé dans un contexte déflationniste. Les prix étaient plus bas en 1929 qu&rsquo;en 1921. En plus de cela, il y avait l&rsquo;effet de la production de masse de voitures sur les profits et les faibles taux d&rsquo;intérêt. Du côté de la demande, l&rsquo;électrification a stimulé la consommation de nombreux appareils électriques : radio, machines à laver, aspirateurs, etc. Ce qui manquait, c&rsquo;était l’argent nécessaire pour payer ces biens.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Crédit à la consommation, politique monétaire restrictive et crédit contre titres</strong></h4><p>Une expansion soudaine du crédit à la consommation était la caractéristique cruciale du marché haussier des années 1920. L&rsquo;activité de crédit personnel était marginale avant 1919 et majoritairement reléguée aux ménages de la classe ouvrière. Le crédit était principalement utilisé pour des versements pour l&rsquo;achat de meubles. Cependant, le crédit personnel est devenu socialement accepté dans les années 1920. Il était particulièrement répandu pour l’achat d’appareils électriques.</p><p>Notons qu&rsquo;entre-temps, la politique monétaire n&rsquo;a pas été particulièrement laxiste. En fait, la FED a stérilisé les entrées d&rsquo;or qui auraient permis une plus grande base monétaire. La crainte était qu&rsquo;à mesure que les pays reviendraient à l&rsquo;étalon-or, certains d&rsquo;entre eux choisiraient délibérément de faire des dévaluations compétitives, provoquant une sortie d&rsquo;or des États-Unis par le biais de déficits commerciaux. On peut également affirmer que sans la FED, les États-Unis auraient connu un cycle d&rsquo;expansion-récession plus rapide.</p><p>Le crédit contre titres monta en flèche entre 1925 et 1929, mais ce n&rsquo;était pas à cause des banques américaines. Le Monde finançait la manie des actions. La FED a commencé à augmenter les taux d&rsquo;intérêt en 1928 de 4,24 % à 9,23 % en juillet 1929. Mais cela n&rsquo;a pas freiné la spéculation, du moins pas directement. Avec des taux d&rsquo;intérêt aussi élevés, cependant, l&rsquo;économie réelle commençait à souffrir et les valorisations boursières apparurent encore plus extrêmes.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Ralentissement de l’économie en 1929</strong></h4><p>Les signes d&rsquo;un ralentissement de l&rsquo;économie américaine étaient évidents au début de l&rsquo;été 1929. En fait, un ralentissement était en cours dans certaines parties du monde depuis 1927. La croissance plus élevée des années 1920 aurait dû entraîner une sortie d&rsquo;or des États-Unis et par conséquent des politiques monétaires plus souples à l&rsquo;étranger pour les pays revenant à l&rsquo;étalon-or.</p><p>Malheureusement, Wall Street agissait comme un aimant pour les capitaux étrangers, ce qui empêchait ce scénario de se produire. Tandis que les capitaux (l’or) continuaient de s’accumuler aux États-Unis, ces pays durent faire face à des spirales déflationnistes. L&rsquo;environnement déflationniste a également eu un impact négatif sur les exportations américaines.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Éclatement de la bulle en septembre 1929</strong></h4><p>Finalement, la bulle a éclaté le 3 septembre 1929. Par la suite, le Dow Jones a plongé de 32 % le 28 octobre alors qu&rsquo;il devenait évident que le système monétaire mondial était sous pression. Pour éviter une fuite de l&rsquo;or vers cette « orgie spéculative à 5000 km », la Banque d&rsquo;Angleterre a relevé les taux de 5,5 % à 6,5 % le 26 septembre. À peu près au même moment, le taux d&rsquo;intérêt aux États-Unis a été abaissé de 10 % à 5%. Cela a tari la demande de prêts sur titres.</p><p>Le 30 septembre, un grand empire commercial appartenant à Hatry Clarence a fit faillite. En effet, le marché devint méfiant vis-à-vis de l’offre d’actions de l’entreprise et avait commencé à parier à la baisse. Les banques remarquant que leurs garanties perdaient de la valeur, suspendirent le crédit et ce fut la fin de cette entreprise. Les investisseurs devinrent nerveux et questionnèrent la solidité d&rsquo;autres grandes entreprises.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Le levier financier a accentué le krach</strong></h4><p>L&rsquo;ampleur de l&rsquo;effondrement a été causée par l’excès du levier financier. En outre, la participation du public était élevée à 20 millions sur une population de 100 millions. Les valorisations ont été largement surévaluées par des investisseurs particuliers inexpérimentés.</p><p>La soudaineté du krach entre octobre et novembre n&rsquo;était pas disproportionnée par rapport aux précédents marchés baissiers. Cependant, après une courte reprise du marché jusqu’au 17 avril 1930, le marché a connu une baisse totale inédite de 86%.</p><p>Il existe une autre différence majeure entre ce marché baissier et les autres. C&rsquo;est l&rsquo;effondrement du système bancaire.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Crise bancaire majeure</strong></h4><p>Seul 35% de la contraction totale du PNB a été achevé à la fin de 1931. La véritable rupture ne s&rsquo;est produite qu’avec la deuxième crise bancaire et l&rsquo;instabilité des taux de change entre juin 1931 et décembre 1932.</p><p>Alors que les années 1920 ont vu de nombreuses faillites bancaires, quelque chose d&rsquo;une toute autre nature était à l’œuvre au cours du dernier trimestre de 1930. La valeur totale des dépôts suspendus était de 287 millions de dollars. Pourtant, la FED ne semblait pas s&rsquo;en soucier. En fait, la FED a en fait même réduit le crédit aux banques.</p><p>Initialement, les banques en faillite se trouvaient dans les zones agricoles. L&rsquo;ampleur des dépôts suspendus était malgré tout déjà le double de celle observée dans les années 1920. Ensuite, la Bank of the U.S., membre de la FED, a fait faillite. Ce n&rsquo;était plus une banque agricole. Cette banque comptait 400 000 clients concentrés à New York.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Panique bancaire</strong></h4><p>Les déposants en ont pris note et ont commencé à retirer des fonds de leurs comptes. Le système de réserves fractionnaires et la réticence de la FED à contrer la fuite des déposants ont transformé la récession en dépression.</p><p>Le total des dépôts est passé de 59&nbsp;828 m$ en juin 1930 à 58 092 m$ à la fin de l&rsquo;année. La baisse, bien que modeste, a déclenché un cercle vicieux dans les bilans des banques. Les banques, comprenant la nouvelle donne, ont boudé les obligations d&rsquo;entreprises et se sont tournées vers les actifs les plus liquides : les obligations d&rsquo;État. Cela a conduit à un renversement de tendance des prix des obligations d&rsquo;entreprises et a encore affaibli les bilans des banques qui détenaient ces actifs.</p><p>La plus grande banque privée d&rsquo;Autriche fit faillite en mai. Le gouvernement a gelé les avoirs étrangers, entre autres mesures. Une panique bancaire s’en suivit, les déposants craignant que leur banque soit aussi affectée. De nouveaux contrôles des capitaux furent alors mis en place. Une banque américaine a vu ses avoirs gelés et le public devint encore plus méfiant. Le total des dépôts dans le système bancaire américain atteignait 49&nbsp;509 millions de dollars à la fin de 1931.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>L’or comme valeur refuge</strong></h4><p>Selon certains commentateurs, la FED avait l&rsquo;antidote, la monnaie élastique, et n&rsquo;a pas réussi à l&rsquo;administrer. La FED a en fait augmenté le crédit aux banques à la fin de l&rsquo;été 1931, mais les déposants avaient déjà perdu confiance. Enfin, le stock d&rsquo;or a commencé à s&rsquo;épuiser en septembre 1931. Les investisseurs ont été choqués par la dévaluation de la livre sterling par rapport à l&rsquo;or. De nombreux pays ont emboîté le pas à la Banque d’Angleterre en septembre et octobre.</p><p>Les banques commerciales ont dû racheter des billets de banque contre de l&rsquo;or. Sous l&rsquo;étalon-or, la FED n&rsquo;avait d&rsquo;autre choix que de relever les taux d&rsquo;intérêt de 1,5% à 3,5%. Maintenant, pour faire face au retrait des dépôts, les banques n’avaient d’autre choix que de vendre leurs obligations d&rsquo;État.</p><p>Les investisseurs ont été pris au dépourvu car ils s&rsquo;attendaient à ce que les obligations d&rsquo;État se comportent raisonnablement bien dans des conditions déflationnistes. En conséquence, les bilans des banques se sont encore détériorés. De nombreuses banques ont fait faillite à ce stade.</p><h4 class="wp-block-heading">Promesses de politiques inflationnistes</h4><p>1932 étant une année d’élection, il y avait de plus en plus de pression sur la FED pour relancer l’économie. Les investisseurs étrangers ont pris note du changement de discours entre une monnaie saine et les propositions inflationnistes des politiciens. Ils ont commencé à retirer leur or car ils estimaient que le dollar américain pourrait être dévalué.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Performances sectorielles très contrastées</strong></h4><p>Il y a eu des changements importants dans la structure du marché au cours de 1929-1932. Les chemins de fer sont descendus de leur piédestal et ne représentaient plus que 8,7 % de la capitalisation boursière. Le secteur le plus important était désormais celui du pétrole. Le secteur des services publics représentait 15 % du marché. Un autre secteur qui a nettement souffert est celui de l&rsquo;automobile, en tout cas bien davantage que l&rsquo;alimentation, le tabac et les communications.</p><p>Les contre-performances de certains secteurs reflètent leur exubérance des années 1920 : Chimie et équipements électriques. La performance boursière des secteurs doit être comparée à la déflation des prix sur la période : -33%. Le tabac était le seul secteur qui a résisté (-38 %). Les autres secteurs ont baissé de 70 % à 94 %.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Marché obligataire en berne</strong></h4><p>En ce qui concerne le marché obligataire, la valorisation nominale au 1er juin 1932 était de 52 millions de dollars mais la valeur de marché était de 37 millions de dollars. La baisse de valeur a été atténuée par la part de 40 % des obligations d&rsquo;État sur le marché. Pour les émissions d&rsquo;entreprises, la baisse a été beaucoup plus prononcée.</p><p>On aurait pu s&rsquo;attendre à un rallye obligataire en période de déflation. C&rsquo;est en effet ce qui s&rsquo;est passé initialement de septembre 1929 à juin 1931 (deuxième crise bancaire), mais ensuite même les obligations d&rsquo;État ont perdu de la valeur lors de la panique de dévaluation de la fin de 1931.</p><p>Concernant les émissions d&rsquo;États étrangers (30% du marché), les pays étrangers ont d&rsquo;abord essayé de respecter leurs engagements vis-à-vis de l&rsquo;étalon-or et de rembourser la dette en dollars américains. Cependant, la déflation interne que cela nécessitait la rendait politiquement irréalisable. De nombreux pays ont dévalué leur monnaie, ce qui a rendu encore plus difficile le remboursement de leurs dettes en dollars américains. La France s&rsquo;en est bien tirée, ayant déjà dévalué en 1928. Le Canada et le Royaume-Uni ont abandonné l&rsquo;étalon-or mais ont continué à poursuivre des politiques monétaires conservatrices.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>D’un marché surévalué à un marché sous-évalué</strong></h4><p>Contrairement à d&rsquo;autres marchés baissiers, le marché baissier de 1929-1932 est passé du stade surévalué au stade sous-évalué en seulement 3 ans.</p><p>Dans les années 1920, le Produit National Brut a augmenté de 43 %, tandis que les bénéfices ont presque doublé et que les valorisations des actions ont augmenté de 220 % au-dessus de son précédent sommet (500% depuis le creux de 1921). Peut-être que les «&nbsp;investisseurs&nbsp;» pensaient que c&rsquo;était une nouvelle ère pour les actionnaires. Le ratio CAPE à la fin de l&rsquo;année 1929 était de 31,6x même après une baisse significative dans la foulée du krach.</p><p>Contrairement à la situation en 1919, le marché boursier était très cher en 1929. Le facteur le plus important à considérer pour un investisseur en 1932 qui examinait le marché de manière stratégique était de savoir s&rsquo;il se négociait désormais en dessous de la « juste valeur ».</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Indicateurs de valorisation boursière</strong></h4><p>Le ratio cours boursier sur bénéfices (PE) global a atteint un creux en juillet 1932 à 10,2x, soit 26% en dessous de la moyenne historique de 1880-1932. Pourtant, 12 mois plus tard, cet indicateur remontait à 26,3x qui n&rsquo;a été à nouveau atteinte qu&rsquo;en 1998. Cet indicateur était trompeur car les actions étaient très bon marché en dépit de profits faibles.</p><p>En utilisant le ratio CAPE à 10 ans, le PE du marché était inférieur de près de 70 % à sa moyenne de 1880-1932. La bonne nouvelle était que les actions étaient bon marché à moins que vous ne pensiez que Roosevelt était sur le point d’en finir avec le capitalisme aux États-Unis. La mauvaise nouvelle était qu&rsquo;ils étaient déjà bon marché depuis le milieu de 1931… avant de baisser encore de 70 % ! De même, le ratio q indiquait en 1932, comme en août 1921, que les actions se négociaient à plus de 70 % de décote.</p><p>Les personnes qui utilisaient les ratios de 1921 comme guide pour ce marché baissier allaient avoir une autre longueur d&rsquo;avance. Les gens avaient été habitués à des baisses économiques d&rsquo;un sommet à un creux d&rsquo;environ 20 mois depuis 1854. Or, en juillet 1932, 35 mois après le krach, le marché a touché le fond. La reprise économique s&rsquo;était essoufflée en novembre 1932 avec la 3e crise bancaire mais le marché était 22% supérieur à son plus bas.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Quelques rares bonnes nouvelles du Wall Street Journal en juillet 1932</strong></h4><p>En juillet 1932, contrairement à 1921, il n&rsquo;y avait que très peu de bonnes nouvelles pour remonter le moral des investisseurs :</p><p>&nbsp;« Les crises économiques du siècle dernier se sont toutes terminées par un raffermissement des prix des matières premières et des obligations, tous deux présents aujourd&rsquo;hui »</p><p>«&nbsp;Les prix de l&rsquo;acier sont meilleurs qu&rsquo;à aucun autre moment depuis le début de la dépression »</p><p>«&nbsp;La progression des prix de gros se poursuit depuis plus de deux mois, mais les prix de détail sont à la traîne, mais doivent bientôt amorcer une hausse générale&nbsp;»</p><p>«&nbsp;Les ventes de camions ont commencé à se redresser, en particulier dans les gammes de poids légers&nbsp;»</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>La stabilisation des prix marque la fin du marché baissier</strong></h4><p>En 1921 comme en 1932, l&rsquo;industrie automobile était à l&rsquo;avant-garde de la reprise. Mais la similitude la plus frappante entre les deux marchés baissiers était la stabilisation des prix sur les marchés des matières premières.</p><p>De plus en plus de matières premières ont vu leurs prix se raffermir jusqu&rsquo;à ce que le phénomène atteigne les prix de gros. Des indicateurs avancés d&rsquo;une telle stabilisation ont été répertoriés par le Wall Street Journal en mai 1932 sous le titre «&nbsp;Les forces anti-déflation se sont propagées&nbsp;»&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Achat de titres d&rsquo;État par la FED</li><li>Rendement du capital excessivement faible à New York</li><li>Une baisse probable du taux de réescompte à New York dans un futur proche</li><li>Volonté de coopération de la Banque d&rsquo;Angleterre</li><li>Réductions successives du taux de la Banque d&rsquo;Angleterre à 2 ½ % au lieu de 6 %</li><li>Accumulation de 13 500 000 £ d&rsquo;or par le Trésor britannique depuis mars</li><li>Accumulation de capitaux inactifs à Paris et en Suisse</li><li>Suspension de l&rsquo;étalon-or et dépréciation de la monnaie dans un certain nombre de pays</li><li>Flux d&rsquo;or continu en provenance d&rsquo;Inde</li></ul><h4 class="wp-block-heading"><strong>Interventions de la FED</strong></h4><p>Les interventions de la FED étaient difficilement prévisibles. En octobre 1929, la FED de New York a acheté 160 millions de dollars de titres publics alors que seulement 25 millions de dollars étaient autorisés par le Federal Reserve Board ! Une sortie d&rsquo;or a amené la FED à limiter de telles actions jusqu&rsquo;en avril 1932. Ce changement a été effectué non pas parce que le conseil d&rsquo;administration de la FED a changé d&rsquo;avis mais en raison d&rsquo;une action imminente du Congrès.</p><p>La nouvelle politique n&rsquo;a pas été un succès. Elle a seulement contrecarré les sorties d&rsquo;or et a été perçu comme motivé par l&rsquo;opportunisme politique à court terme. Par ailleurs, les fonds créés dans les banques commerciales ont été utilisés avec prudence.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Commentaires du Wall Street Journal sur les marchés</strong></h4><p>21 juin, «&nbsp;Le volume de transactions est tombé à environ 400 000 actions, le plus bas en une année depuis 1924&nbsp;»</p><p>25 juillet, « La récente progression des obligations se fait sentir sur les actions. De nombreuses obligations sont détenues en garantie sur des comptes sur marge et toute forte hausse des obligations confère à ces comptes un plus grand pouvoir d&rsquo;achat »</p><p>5 août, « Les prix ont dans la plupart des cas atteint de nouveaux sommets sur le marché le plus actif depuis le 31 octobre 1931 »</p><p>9 août, « Toutes les capitales d&rsquo;Europe ont probablement effectué plus de transactions sur nos titres la semaine dernière qu&rsquo;en plus d&rsquo;un an »</p><p>12 août, « Le marché a pratiquement ignoré la baisse du dividende de DuPont »</p><p>17 août, « Un siège au NYSE a changé de mains pour 150 000 $, en hausse de 25 % par rapport à la vente précédente »</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Début d’amélioration pour certaines entreprises liées aux matières premières</strong></h4><p>Bien que le marché général soit en baisse, certaines actions avaient déjà commencé à augmenter en réponse à de bonnes nouvelles spécifiques. 67 émissions sur 450 activement négociées étaient en fait en hausse de 50 % par rapport à leurs plus bas de 1932. Aucune n&rsquo;était une action du Dow et elles provenaient de divers secteurs. Il y a cependant un point commun entre elles : les valeurs haussières bénéficieraient de la hausse des prix des matières premières en général et du prix du sucre en particulier. Pendant ce temps, les actions relativement « sures » de denrées alimentaires et de tabac s&rsquo;effondraient. Elles ont fortement diminué en septembre 1930, puis ont diminué de moitié au cours des deux années suivantes. Certains investisseurs ont interprété à tort la première baisse comme la capitulation finale et sont revenus trop tôt sur le marché.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Capitulation des pessimistes et amélioration des profits</strong></h4><p>Encore une fois, comme en 1921, les volumes ont eu tendance à baisser sur un marché faible et à augmenter avec un marché en hausse. La raison derrière cela serait que de moins en moins d&rsquo;investisseurs étaient prêts à liquider leurs positions. L&rsquo;augmentation du volume a été attribuée à l&rsquo;intervention d’investisseurs fortunés.</p><p>Enfin, les intérêts vendeurs qui n&rsquo;ont pas réussi à couvrir leurs positions en juillet 1932 ont ressenti beaucoup souffert lorsque le DJIA a bondi de 29%. L&rsquo;échec des vendeurs à découvert était un signe que la reprise pourrait être soutenue.</p><p>Encore une fois, les bénéfices des entreprises ont suivi avec un délai la reprise du marché boursier et n&rsquo;ont atteint leur creux qu&rsquo;en décembre 1932. L&rsquo;amélioration n&rsquo;est devenue perceptible qu&rsquo;au deuxième trimestre de 1933. La croissance n&rsquo;a été que de 7 % par rapport à 1932, et de seulement 11 % en 1934 par rapport à 1933. En 1935, une croissance des bénéfices de 55% démontrait une reprise cyclique normale.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Autres observations sur le marché lors de la reprise</strong></h4><p>Comme en 1921, c&rsquo;est la concentration des actions dans des mains plus fortes qui a indiqué le retour d&rsquo;un marché haussier, et non le regain d&rsquo;enthousiasme du public.</p><p>Fait intéressant, ce qui semble avoir causé la dernière baisse de 50 % entre mai et juillet 1932 était une crainte déplacée concernant les déficits publics, qui représentaient environ 0,6 % du PIB, un niveau historiquement élevé. Les déficits ont considérablement augmenté par la suite et ont culminé à 5,5% en 1934 lors du marché haussier qui a suivi.</p><p>En ce qui concerne l&rsquo;étalon-or, la liquidité accrue fournie par la FED en 1932 sous la pression politique a convaincu certains investisseurs qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un premier pas pour sortir de l&rsquo;étalon-or. En raison des dévaluations monétaires, les comptes commerciaux se dégradaient. Les exportations ont baissé et les importations ont augmenté. En conséquence, le stock d&rsquo;or s&rsquo;est contracté de 12% entre janvier et juillet 1932. La ponction sur l&rsquo;or s&rsquo;est arrêtée lorsque la FED a suspendu ses opérations sur le marché secondaire. Si seulement, la FED avait commencé les injections de liquidités beaucoup plus tôt lorsque l&rsquo;excédent commercial était beaucoup plus élevé, l&rsquo;impact aurait été positif au lieu d&rsquo;être négatif à ce stade-ci (l&rsquo;étalon-or menacé).</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Amélioration des perspectives économiques internationales</strong></h4><p>Alors, qu&rsquo;est-ce qui a sauvé la mise en juillet 1932 au milieu de la débâcle boursière ? Un accord international à Lausanne a effectivement supprimé 90% des obligations de la dette de l&rsquo;Allemagne au titre des réparations de guerre. Cela a été interprété comme haussier pour les matières premières, car les pays débiteurs tels que l&rsquo;Allemagne augmenteront probablement leur consommation. Les investisseurs s&rsquo;attendaient à ce que l&rsquo;or concentré en France, aux Pays-Bas et en Suisse afflue vers les pays exportateurs et améliore la situation globale. Cet événement a joué un rôle clé dans la stabilisation des prix des matières premières, qui à leur tour ont été l&rsquo;un des principaux signaux indiquant que le marché avait atteint un creux. Un autre résultat de ces développements a été une amélioration des perspectives pour les obligations allemandes.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Le marché des obligations d’État balloté par des forces contraires</strong></h4><p>Juin 1931 s&rsquo;est avéré être le point culminant en ce qui concerne les prix des obligations d&rsquo;État. Puis, ils ont baissé suite à la deuxième crise bancaire et à l&rsquo;internationalisation de la crise. Au début, les prix ont simplement dérivé jusqu&rsquo;en août 1931. Le véritable catalyseur de la crise a été l’abandon par la livre sterling de l&rsquo;étalon-or. Les investisseurs et autres banques centrales ont liquidé les actifs américains en pensant que les États-Unis pourraient être les prochains à quitter l&rsquo;étalon-or. Les réserves d&rsquo;or ont diminué.</p><p>Entre-temps, les déposants préféraient accumuler de l&rsquo;argent liquide plutôt que de le laisser à la banque. La FED est intervenue en augmentant les taux d&rsquo;intérêt pour inverser le flux de capitaux, ce qui a fait baisser les prix des obligations.</p><p>Le taux d&rsquo;intérêt a bondi de 3,13 % en juin 1931 à 4,11 % en janvier 1932. Incidemment, cela a également déprécié l&rsquo;évaluation des actifs financiers au cours de cette période.</p><p>En février 1932, le marché obligataire a commencé à se redresser. Il y avait deux raisons derrière cela. Premièrement, une agence (RFC) a été créée en janvier 1932 pour prêter de l&rsquo;argent aux banques et à d&rsquo;autres institutions, ce qui a atténué la nécessité pour les banques de vendre des obligations d&rsquo;État à des fins de liquidité. Ensuite, la FED a repris son programme d&rsquo;achat d&rsquo;obligations en avril.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>Le marché des obligations d’entreprise s’est également amélioré en juin 1932</strong></h4><p>La liquidation du marché des obligations d&rsquo;entreprises a été encore pire que celle des obligations d&rsquo;État. Il a commencé à se redresser en juin 1932. Les banques ont commencé à accumuler des obligations de sociétés car la croissance du crédit était modérée et les prix semblaient attrayants. Les sociétés ont également profité des remises de leurs propres émissions pour rembourser effectivement la dette à 50 % de la valeur nominale. La création du RFC a contribué à réduire la pression sur le marché des obligations d&rsquo;entreprises car elle a apporté un soutien aux banques et aux chemins de fer.</p><p>Pendant cette période, de nombreux commentateurs ont conseillé d&#8217;emprunter de l&rsquo;argent bon marché pour acheter les obligations d&rsquo;entreprises de la meilleure qualité. Dans le cadre du « plan Garner », il était prévu d&rsquo;émettre pour 1 milliard de dollars d&rsquo;obligations d&rsquo;État pour financer les dépenses d&rsquo;infrastructure. Alors que les investisseurs s&rsquo;inquiétaient d&rsquo;une telle augmentation de l&rsquo;offre, leurs inquiétudes n’allaient pas se matérialiser en fin de compte. En effet, le plan Garner n&rsquo;est jamais entré en vigueur, les déficits ont explosé au cours des deux années suivantes sans aucune conséquence. En fait, les offres d&rsquo;obligations étaient de plus en plus sursouscrites.</p><p>Le marché des obligations de sociétés a atteint un creux au moment où plusieurs prix de matières premières ont commencé à s&rsquo;améliorer deux semaines avant les prix de gros. En effet, dans une dynamique déflationniste, les titres de créance sont fixes tandis que les prix continuent de baisser. Des événements ponctuels ont également contribué : la création du RFC et du pool d&rsquo;obligations qui répartissent les risques liés aux obligations d&rsquo;entreprises entre les banques participantes. Cette dernière n&rsquo;achetait que peu mais la simple annonce de son existence au moment où les conditions s&rsquo;amélioraient déjà propulsait les prix.</p><h4 class="wp-block-heading"><strong>L’arrivée de Roosevelt n’a pas interrompu le marché haussier</strong></h4><p>Roosevelt a été sélectionné comme candidat démocrate quelques jours seulement avant le creux du marché. Le Wall Street Journal n&rsquo;était pas enthousiasmé par cette perspective, c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire. Il est plus que probable que la nomination de Roosevelt n&rsquo;était pas la cause du marché haussier. En fait, lorsque Roosevelt a été élu, le marché boursier s&rsquo;est replié jusqu&rsquo;en mars 1933.</p><p>The post <a
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