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><channel><title>Eduquer - Economie rebelle</title> <atom:link href="http://economierebelle.com/ressources/eduquer/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>https://economierebelle.com/ressources/eduquer/</link> <description>Mon argent, mon choix</description> <lastBuildDate>Sat, 08 Apr 2023 21:05:50 +0000</lastBuildDate> <language>fr-FR</language> <sy:updatePeriod> hourly </sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency> 1 </sy:updateFrequency> <generator>https://wordpress.org/?v=6.7.1</generator> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « What Smart Students Know » de Adam Robinson</title><link>https://economierebelle.com/livre-what-smart-students-know-de-adam-robinson/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-what-smart-students-know-de-adam-robinson</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-what-smart-students-know-de-adam-robinson/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Fri, 31 Mar 2023 02:50:05 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[école]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2244</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre What Smart Students Know de Adam Robinson expose les attitudes et les stratégies gagnantes pour réussir à l&#8217;université. L&#8217;auteur ne se fait aucune illusion sur la vocation de l&#8217;école et base sa philosophie sur la responsabilité de l&#8217;étudiant dans son apprentissage. Ce qu&#8217;il faut retenir Introduction Ce ne sont pas les élèves&#8230; <a
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class="wp-block-list"><li>Aucun enseignant ne sait de quelle façon vous apprenez le plus efficacement.</li><li>Vous pouvez apprendre autant d’autres élèves que de vos enseignants.</li><li>Chacun apprend d’une façon différente.</li><li>Les manuels scolaires présentent l’information d’une façon non organique et non naturelle.</li><li>Être capable de régurgiter son cours ne veut pas dire qu’on l’a compris.</li><li>La compétition à l’école est contreproductive. Elle donne à penser que le fait d’apprendre n’a de sens que s’il y a une note en fin de compte.</li><li>L’apprentissage n’a pas lieu qu’à l’école. Il se continue aussi à l’âge adulte.</li><li>Vos notes ne reflètent pas forcément la qualité de votre apprentissage.</li></ul><p>Les élèves malins partagent beaucoup des principes suivants&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Principe 1&nbsp;: Personne ne peut vous enseigner aussi bien que vous-même.</li><li>Principe 2&nbsp;: Écouter vos professeurs et vous limiter aux devoirs demandés est insuffisant.</li><li>Principe 3&nbsp;: Certains devoirs sont plus importants que d’autres.</li><li>Principe 4&nbsp;: Les notes sont juste des évaluations subjectives.</li><li>Principe 5&nbsp;: Faire des erreurs et avoir parfois l’air stupide est le prix à payer pour apprendre et s’améliorer.</li><li>Principe 6&nbsp;: le but d’une question est de vous faire réfléchir et pas juste de susciter une réponse.</li><li>Principe 7&nbsp;: Vous êtes à l’école pour développer votre pensée critique, pas pour répéter ce que vos professeurs et vos manuels racontent.</li><li>Principe 8&nbsp;: Certains sujets ne sont pas passionnants ni intéressants. Mais il vaut mieux s’y investir que de les négliger.</li><li>Principe 9&nbsp;: Il n’y a peut-être rien de plus difficile, frustrant ou même effrayant que de rencontrer de nouvelles notions. Et pourtant rien n’est si enrichissant que lorsque cela se produit.</li><li>Principe 10&nbsp;: la réussite scolaire est plus une question d’attitude que de talent.</li><li>Principe 11&nbsp;: Si vous faites des efforts pour les notes ou à cause du qu’en-dira-t-on, vous aurez moins de plaisir et de plus vous vous exposez à des déconvenues.</li><li>Principe 12&nbsp;: L’école est un jeu, mais c’est un jeu très important.</li></ol><p>Les élèves malins sont motivés à réussir, non pas grâce à l’école mais en dépit d’elle&nbsp;!</p><h3 class="wp-block-heading">À l’ancienne</h3><p>Lorsqu’on étudie un texte pour un devoir, la bonne approche est d’identifier ce qui est important. Mais on ne peut savoir ce qui est important au fur et à mesure qu’on lit le texte. Il faut d’abord le comprendre dans sa totalité. D’autre part, il est très utile de noter ses propres questions et commentaires.</p><p>La méthode classique et qui est utilisée par le plus grand nombre consiste à lire, et surligner, souligner, relire n’est pas efficace. Une telle méthode est&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Passive&nbsp;: si vous avez du mal à vous concentrer, c’est que vous n’êtes pas engagé. De ce fait, vous perdez votre temps.</li><li>Ennuyeuse&nbsp;: lire et relire le même texte peut en faire disparaître le sens&nbsp;!</li><li>Inefficace&nbsp;: ce n’est pas adapté à la façon dont notre esprit fonctionne.</li><li>Insensée&nbsp;: lorsque vous voulez vous améliorer au piano, vous vous pratiquez au piano. Mais dans le cas d’espèce, vous vous pratiquez au surlignage au lieu de l’apprentissage.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Changer de méthode</h3><p>La méthode proposée ici demande que l’étudiant prenne le contrôle et dirige lui-même son étude.</p><p>Il s’agit d’établir un dialogue avec le matériel étudié, le soumettre à une séquence de questions pour progressivement organiser l’information et faire des liens entre le matériel étudié et ce que vous savez déjà. Tout l’art est dans les questions à se poser.</p><ul
class="wp-block-list"><li>Question 1&nbsp;: Pourquoi est-ce que je lis ça&nbsp;?</li><li>Question 2&nbsp;: Qu’est-ce que je connais déjà sur le sujet&nbsp;?</li><li>Question 3&nbsp;: Quelles sont les grandes lignes&nbsp;?</li><li>Question 4&nbsp;: Vous commencez à lire et vous vous demandez systématiquement&nbsp;: quelle est la prochaine phrase&nbsp;?</li><li>Question 5&nbsp;: Quelles sont les questions qu’il serait intéressant de poser&nbsp;?</li><li>Question 6&nbsp;: Quelles sont les questions que le texte m’amène à me poser&nbsp;?</li><li>Question 7&nbsp;: Quelles informations sont importantes ici&nbsp;? Voir Question 1.</li><li>Question 8&nbsp;: Comment je peux résumer l’information dans mes mots&nbsp;?</li><li>Question 9&nbsp;: Comment je peux organiser l’information dans un ordre qui a du sens&nbsp;?</li><li>Question 10&nbsp;: Comment je peux me représenter visuellement cette information&nbsp;?</li><li>Question 11&nbsp;: Quels sont les moyens mnémotechniques que je peux employer&nbsp;?</li><li>Question 12&nbsp;: Comment l’information complète-t-elle mes connaissances actuelles&nbsp;?</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Cours magistral versus manuel de cours</h3><p>Il y a une différence entre suivre un cours magistral où le professeur imprime son rythme et lire un manuel de cours où c’est l’élève qui est en contrôle. L’information n’est pas absorbée de la même manière. De plus, le contenu même de l’information transmise est différent. Dans le cas du cours magistral, il est facile d’identifier ce que le professeur considère comme important.&nbsp;</p><p>Voici les bonnes pratiques pour tirer le maximum de bénéfices du cours magistral&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li><strong>Lisez le chapitre recommandé&nbsp;<em>avant le cours</em></strong>&nbsp;pour mieux suivre. Cela vous aidera aussi à identifier où le professeur s’éloigne du manuel et donc ce qui sera sans doute à l’examen.</li><li><strong>Relisez vos notes</strong>&nbsp;du dernier cours peu de temps avant la séance. Cela vous aidera à faire des connexions entre ce que vous savez déjà et le nouveau cours.</li><li>N’oubliez pas votre manuel. Le professeur pourrait y faire référence.</li><li><strong>Apportez aussi vos notes du manuel</strong>. Cela va faciliter la prise de notes du cours.</li><li><strong>Prenez seulement les notes du dernier cours</strong>. Ce serait trop bête de perdre toutes vos notes du semestre d’un coup.</li><li><strong>Soyez à l’heure</strong>.&nbsp;</li><li><strong>Choisissez une place où vous pourrez mieux vous concentrer&nbsp;</strong>si possible.&nbsp;</li><li><strong>Ne faites pas une mauvaise impression</strong>. Le professeur aime voir que les élèves suivent. Les murmures sont très dérangeants.</li><li><strong>Attendez un peu avant de poser une question</strong>. Peut-être que le professeur va y répondre dans son cours.</li><li>Si un point du cours semble incompréhensible,<strong>&nbsp;demandez au professeur de donner un exemple.&nbsp;</strong></li><li>Lorsque le professeur pose une question à la classe,&nbsp;<strong>attendez avant de répondre</strong>. Il y a beaucoup à apprendre des remarques de vos camarades si vous les écoutez.</li><li>Si vous n’êtes pas d’accord avec le professeur,&nbsp;<strong>faites attention de ne pas le froisser</strong>&nbsp;en faisant vos commentaires. Le professeur a aussi un ego.</li><li><strong>N’enregistrez pas le cours</strong>. Vous faites juste perdre votre temps.</li><li><strong>Faites un quiz</strong>&nbsp;immédiatement après le cours pour garder en mémoire les points principaux.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Question 1&nbsp;: pourquoi je lis ça&nbsp;?</h3><p>Lire un manuel sans un objectif précis revient au même que de déambuler à l’épicerie sans raison. Typiquement, vous pourriez vouloir lire votre manuel&nbsp;pour&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Rechercher un sujet avant d’écrire un papier</li><li>Préparer un examen</li><li>Identifier les informations importantes</li><li>Survoler les principales idées</li><li>Préparer une discussion de classe</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Question 2&nbsp;: Qu’est-ce que je connais déjà sur le sujet&nbsp;?</h3><p>Si cela fait partie de vos devoirs, vous ne devriez pas vous précipiter pour lire un chapitre de votre manuel. Commencez plutôt par écrire les questions que vous avez à propos du sujet. Notez&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Ce que vous savez déjà du sujet</li><li>Ce que cela évoque en vous</li><li>Ce que vous vous attendez à apprendre</li></ul><p>Cela aidera à susciter votre curiosité par exemple en voulant vérifier l’écart entre votre prédiction et la réalité. De plus votre cerveau sera mieux préparé à recueillir l’information.</p><p>Cette étape ne devrait prendre que 5 ou 10 minutes, mais elle peut vous économiser des heures d’études stériles.</p><h3 class="wp-block-heading">Question 3&nbsp;: Quelles sont les grandes lignes</h3><p>L’idéal avant de prendre la route est d’avoir une idée de la destination finale et du chemin pour y parvenir&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Quelles sont les principales thématiques&nbsp;?</li><li>Quels sont les définitions et les concepts&nbsp;?</li><li>Comment ces éléments sont-ils organisés&nbsp;?</li></ul><p>Avec un livre&nbsp;:&nbsp;</p><ul
class="wp-block-list"><li>Lisez l’introduction et la préface&nbsp;: le livre y est souvent résumé</li><li>Consultez la biographie de l’auteur pour comprendre son point de vue</li><li>Lisez toute la table des matières</li><li>Lisez les résumés de chapitres s’il y en a</li></ul><p>Avec un chapitre&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Passez une minute à réfléchir sur le titre du chapitre</li><li>Lisez le premier et dernier paragraphe du chapitre. Les idées principales y sont résumées.</li><li>Même chose pour les sous-titres s’il y en a.</li><li>Prêtez attention aux graphiques, figures, etc.</li><li>Lisez la première phrase de chaque paragraphe.</li><li>Essayez de résumer le chapitre avec vos propres termes.</li><li>Écrivez vos questions.</li></ul><p>Il est maintenant temps de lire votre texte. Un peu comme l’artiste qui peint un portrait, il y a un va-et-vient continuel entre les détails et la vision d’ensemble.</p><p>Essayez ensuite de répondre aux questions que vous aviez avant la lecture.</p><h3 class="wp-block-heading">Le problème avec les manuels</h3><p>Les manuels ne sont pas vraiment les meilleurs moyens de transmettre des savoirs&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Ils présentent un seul point de vue.&nbsp;</li><li>Ils contiennent parfois des faits erronés.</li><li>Les manuels sont souvent arides, lourds, mal écrits, remplis de jargons.</li><li>Ils cherchent à être les plus génériques possibles pour plaire à un maximum d’États. C’est pourquoi ils ont une tendance à diluer le contenu.</li><li>Le problème principal du manuel est qu’il présente inévitablement l’information de manière logique et linéaire. Or, ce n’est pas ainsi qu’on apprend. Notre esprit a besoin de voir les pièces s’emboîter les unes dans les autres, comme dans un puzzle.</li></ul><p>Qu’est-ce qui vous empêche de rechercher une autre source d’information sur le sujet&nbsp;: un autre manuel, l’encyclopédie, un magazine, un documentaire vidéo et pourquoi pas un livre pour les enfants&nbsp;?</p><p>Pour trouver ces sources alternatives, vous devriez commencer par poser la question à votre professeur. Choisissez les livres avec beaucoup d’exemples, des explications détaillées, des sections questions / réponses. Évitez de prendre un livre du même auteur que votre manuel à moins d’être masochiste. Les livres écrits par un panel sont à éviter, vous voulez un livre avec un ou deux auteurs qui savent de quoi ils parlent. Si le livre est engageant, c’est bon signe. Préférez les livres qui ont de la longévité et de nombreuses éditions – choisissez la dernière édition, la plupart des erreurs auront été corrigées.</p><h3 class="wp-block-heading">Question 4&nbsp;: Quelle est la prochaine phrase&nbsp;?</h3><p>L’idée ici est de développer un dialogue avec l’auteur en essayant de deviner la prochaine phrase, le prochain sujet, etc. comme lors d’une conversation réelle.</p><p>Ainsi, en étant actif, vous prendrez sans doute plus de plaisir et serez plus engagé par le cours.</p><p>Reconnaître certaines régularités peuvent vous aider&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Les problèmes sont suivis de solutions</li><li>Les définitions par des exemples</li><li>Les règles par des exceptions</li><li>Etc.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Question 5&nbsp;: questions d’expert</h3><p>Chaque sujet suscite un ensemble unique de questions auxquelles vous devez savoir répondre pour réellement le comprendre. Par exemple, si le sujet est la géologie&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>De quoi le matériau est-il composé&nbsp;?</li><li>Comment peut-on l’identifier&nbsp;?</li><li>Quel processus le génère&nbsp;?</li><li>Où le trouve-t-on&nbsp;?</li><li>Etc.</li></ul><p>Il s’agit d’identifier ces questions. Si une question revient régulièrement dans votre manuel, c’est sans doute une question d’expert. Parfois, il faut passer du particulier au général. Par exemple, plusieurs questions différentes peuvent demander la même chose&nbsp;: comment identifier le matériau.</p><p>Les questions d’examen, en revanche, ne dépendent pas du sujet. Il y en a cinq&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Quelle est la&nbsp;<strong>définition</strong>&nbsp;de…&nbsp;?</li><li>Quel est un&nbsp;<strong>exemple</strong>&nbsp;de …&nbsp;?</li><li>Quels sont les différents&nbsp;<strong>types</strong>&nbsp;de …&nbsp;?</li><li>A quoi ceci est&nbsp;<strong>apparenté</strong>…&nbsp;?</li><li>A quoi ceci peut être&nbsp;<strong>comparé</strong>&nbsp;…&nbsp;?</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Question 6&nbsp;: Quelles sont les questions que le texte m’amène à me poser&nbsp;?</h3><p>Commencez à vous poser les six questions des journalistes&nbsp;: qui&nbsp;? quoi&nbsp;? quand&nbsp;? où&nbsp;? pourquoi&nbsp;? Comment&nbsp;?</p><p>Certaines questions sont meilleures que d’autres. Les bonnes questions ont, en général, plus qu’une réponse.</p><p>Voici quatre autres questions intéressantes&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Et après&nbsp;? En quoi est-ce important&nbsp;?</li><li>Qui dit ça&nbsp;? Est-ce une opinion ou un fait&nbsp;? Comment peut-on le vérifier&nbsp;?</li><li>Et si…&nbsp;? Que se passerait-il si…&nbsp;?</li><li>Qu’est-ce que ça me rappelle&nbsp;?</li></ul><p>Les deux dernières questions sont les plus fertiles. Soyez créatif. Exemple&nbsp;d’Einstein : si je voyageais sur un rayon lumineux, est-ce que je serai capable de me regarder dans le miroir&nbsp;?</p><p><strong>La question «&nbsp;qu’est-ce que ça me rappelle&nbsp;?&nbsp;» est la plus importante.</strong>&nbsp;Elle vous force à trouver des analogies avec des phénomènes que vous connaissez déjà.</p><p>Tout cet exercice peut paraître exagéré compte tenu de ces attentes de l’école, mais ce n’est pas le cas. Le problème de l’école est justement qu’elle n’en demande pas assez. C’est pourquoi les élèves s’y ennuient et se désengagent. Vous devez donc en faire plus que ce qu’on vous demande pour rester engagé.</p><p>Se poser des questions de cette manière doit devenir une seconde nature. Vous devez aussi essayer d’y répondre. Même si vous vous trompez, vous avez plus de chance de retenir la bonne réponse par la suite. Vous devriez aussi prioriser les questions, car vous n’aurez pas le temps de répondre à toutes.</p><p>Un autre bénéfice inattendu de cet exercice est que cela peut piquer votre curiosité et susciter une vocation.</p><h3 class="wp-block-heading">Au sujet des notes</h3><p>Vos notes ne vous définissent. Elles ne mesurent pas votre intelligence ni même vos connaissances. Vous pouvez travailler dur et avoir de mauvaises notes.</p><p>La notation est un exercice hautement subjectif. Les notes sont davantage fonction de l’élève que du travail de l’élève. C’est pour cela que les premières semaines et l’impression que vous faites au professeur sont primordiales.</p><p>Les élèves malins sont très conscients des biais et des préjugés de leur enseignant.</p><h3 class="wp-block-heading">Question 7&nbsp;: Quelles informations sont importantes&nbsp;?</h3><p>Lorsque vous prenez des notes, vous devez sélectionner ce qui vous semble important.</p><p>Un principe récurrent dans la vie est la loi de Pareto ou la règle 80-20. Cette règle soutient que 20% des éléments représentent 80% de la valeur. Concentrez-vous donc sur les éléments les plus importants.</p><p>Vous n’êtes capable d’absorber qu’une certaine quantité d’information chaque jour. Vous devriez donc être sélectif. Sauter certains passages peut vous faire culpabiliser mais c’est la bonne chose à faire.</p><p>Le plus important est de bien saisir l’idée centrale. Si vous essayez de tout comprendre, vous courrez le risque de vous emmêler les pinceaux.&nbsp;</p><p>Pour cela, il vous faut identifier l’information importante, survoler l’information secondaire et sauter le reste. Le défi est de savoir faire la différence.</p><p>Au début d’un cours, tout peut sembler important. À mesure que vous progressez dans le cours, vous devriez être mieux à même de juger ce qui est important ou non. D’autre part, vous savez déjà que ces éléments sont importants&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Ce qui permet de répondre aux questions d’experts</li><li>Vos questions, commentaires, ou réactions. Tout ce qui est surprenant est important.</li><li>Définitions, concepts et idées.</li></ul><p>En général, les éléments importants se trouvent au début ou à la fin d’un texte. L’auteur va parfois utiliser des italiques ou mettre du texte en gras pour mettre de l’emphase sur un point significatif. Les graphiques ainsi que le résumé de fin de chapitre sont d’autres segments à ne pas négliger.</p><h3 class="wp-block-heading">Question 8&nbsp;: Comment je peux résumer l’information dans mes mots&nbsp;?</h3><p>Prendre des notes vous permet de maintenir votre attention et de faciliter la mémorisation. Vous devriez utiliser vos propres termes et utiliser aussi peu de mots que possibles.</p><p>Autres suggestions&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Ne prenez pas de notes phrase par phrase. Vous devriez lire le paragraphe ou la section avant de décider quoi noter.</li><li>Essayez d’écrire vos notes de mémoire dans relire le passage.</li><li>Structurez vos notes.</li><li>Transcrivez les graphiques ou tableaux avec des mots.</li><li>Développez votre système d’abréviations.</li><li>Utilisez l’écriture script plutôt que l’écriture cursive. En principe, vous pouvez écrire plus vite avec l’écriture cursive, mais vous n’arriverez pas à vous relire.&nbsp;</li><li>Utilisez des stylos à bille.</li><li>Utilisez des feuilles libres avec lignes.</li><li>Ne recopiez pas vos notes, vous aurez l’occasion de les retravailler.</li><li>Ne tapez pas vos notes sur l’ordinateur.</li></ul><p>Lors des séances de cours, ne soyez pas une sténographe. Prêtez attention aux mots ou aux phrases qui reviennent souvent. Notez vos questions avec un «&nbsp;Q&nbsp;» au début.&nbsp;</p><h3 class="wp-block-heading">Question 9&nbsp;: Comment je peux organiser l’information dans un ordre qui a du sens&nbsp;?</h3><p>Vous devriez avoir suffisamment de matériel – vos notes – pour vous pouvoir vous passer du manuel. Il est maintenant temps d’essayer d’organiser vos notes.</p><p>Il n’y a pas de bonne façon de s’y prendre. Tout dépend de l’objectif et des questions auxquelles vous cherchez à répondre&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Essayez de réorganiser vos trouvailles de toutes les façons possibles.</li><li>Groupez l’information selon les similarités.</li><li>Divisez l’information selon les différences.</li><li>Identifier les dépendances.</li><li>Relation avec les questions d’expert et les questions d’examen.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Question 10&nbsp;: Comment puis-je me représenter cette information&nbsp;?</h3><p>Transformez l’information sous forme graphique. Elle sera plus facile à mémoriser et l’effort pour le faire vous aidera à mieux la comprendre.</p><h3 class="wp-block-heading">Question 11&nbsp;: Quels sont les moyens mnémotechniques que je peux employer&nbsp;?</h3><p>Il est vrai que la répétition permet d’apprendre à peu près tout et n’importe quoi, d’ailleurs sans avoir besoin de comprendre. Cependant, ce n’est pas une méthode efficace et c’est très ennuyeux.</p><p>Voici aussi d’autres conseils&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Comprenez d’abord le matériel. Demandez-vous toujours comment vous reconstruiriez l’information si jamais vous l’oubliez.</li><li>Utilisez un moyen mnémotechnique&nbsp;: images, schémas, rimes, histoires</li><li>Reliez-le à ce que vous connaissez déjà.</li><li>Privilégiez la qualité sur la quantité.</li><li>Soyez impliqué au niveau émotionnel.</li><li>Utilisez autant de sens que possible&nbsp;: visuel, auditif, kinesthésique.</li><li>Prêtez attention à votre environnement&nbsp;: bruit, odeur, détails.</li><li>Pensez-y avant de vous endormir. En vous réveillant, que vous rappelez-vous&nbsp;?</li><li>Utilisez vos connaissances dans votre vie quotidienne.</li><li>Testez vos connaissances régulièrement.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Question 12&nbsp;: Comment l’information complète-t-elle mes connaissances actuelles&nbsp;?</h3><p>Idéalement, à mesure que le cours progresse, le nombre de pages de notes augmente, mais arrive un moment où à force de synthétiser l’information, le nombre de pages total diminue. À la fin du cours, vous devriez avoir être capable de résumer le tout en une seule page (en écrivant petit).</p><p>Ce processus devrait commencer dès le départ, quitte à dépasser une page (temporairement), réorganiser l’information au fur et à mesure. Après chaque cours, vous devriez ajouter les nouveaux éléments et réviser l’ensemble de l’édifice.</p><p>Les connaissances accumulées devraient normalement modifier votre compréhension d’autres sujets.&nbsp;</p><h3 class="wp-block-heading">Qu’est-ce que ça veut dire de comprendre un sujet&nbsp;?</h3><p>Répondre aux 12 questions demande beaucoup d’efforts. Pour réussir un examen, vous n’aurez pas besoin de ça si vous avez des facilités pour mémoriser et bachoter. Mais vous oublierez tout le lendemain.</p><p>Les 12 questions vous ralentiront au début, mais c’est un investissement payant.</p><p>Voici quatre bonnes raisons&nbsp;de le faire :</p><ul
class="wp-block-list"><li>C’est plus facile de mémoriser quelque chose qu’on comprend</li><li>C’est plus agréable de comprendre ce qu’on fait</li><li>Vous aurez un sentiment d’accomplissement</li><li>Vous développerez une compétence critique dans le monde réel et pas juste à l’école</li></ul><p>Il est très important d’être capable de savoir ce qu’on comprend et ce qu’on ne comprend pas. C’est moins simple qu’il y paraît. Pour vérifier si vous comprenez quelque chose&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Expliquez-le avec vos propres termes</li><li>Trouvez vos propres exemples</li><li>Expliquez ses relations avec d’autres concepts</li></ul><p>Naturellement, ce n’est qu’un début. C’est à vous de faire le travail.</p><p><strong>D’une certaine manière, apprendre c’est surmonter la confusion qu’on ressent fasse à de nouvelles idées et de nouveaux concepts.</strong></p><p>Voyez l’apprentissage d’un nouveau sujet comme la prise d’un fort. Vous devrez procéder par étape pour monter votre attaque finale.</p><p>Enfin, quelques bonnes pratiques lorsque vous êtes perplexe face à un nouveau cours&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Recherchez systématiquement les termes que vous ne comprenez pas.</li><li>Rappelez-vous de la vue d’ensemble. Peut-être que le point n’est pas si important.</li><li>Si vous perdez le fil, allez à la conclusion directement pour voir de quoi il retourne.</li><li>Trouvez un exemple, surtout si le sujet devient trop abstrait.</li><li>Refaites les étapes une par une, y compris celles qui sont «&nbsp;évidentes&nbsp;».</li><li>Endormez-vous en y réfléchissant.</li><li>Enseignez à quelqu’un qui en sait moins que vous. Cela vous obligera à vous concentrer sur les points essentiels. Les remarques de votre élève vous stimuleront.</li><li>Demandez de l’aide (en dernier recours).</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Les types de cours</h3><p>La méthode des douze questions est à adapter selon le type de cours. Elle s’applique telle quelle pour les cours du premier type.</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Connaissances générales&nbsp;: sociologie, psychologie, biologie, histoire, géographie…</li><li>Techniques d’interprétation&nbsp;: théologie, philosophie, littérature, histoire de l’art…</li><li>Résolutions de problèmes&nbsp;: mathématiques, physiques, informatique, finance…</li><li>Arts&nbsp;: musique, danse, peinture, théâtre, langues étrangères…&nbsp;&nbsp;&nbsp;</li></ol><p>Le dernier type est hors périmètre pour cet ouvrage.</p><h3 class="wp-block-heading">Techniques d’interprétation</h3><p>Dans ce type de matière, vous devrez vous appuyer davantage sur le texte original que vos notes, car la façon dont l’auteur s’exprime est aussi importante que ce qu’il dit.</p><p>L’information est structurée sous forme de récit, avec une intrigue et une morale. Ce type de sujet demande que vous exprimiez ce qu’évoque le texte en vous.</p><h3 class="wp-block-heading">Résolution de problèmes</h3><p>Toutes ces disciplines s’appuient d’une manière ou d’une autre sur les mathématiques. L’information n’est pas aussi dense que pour les cours de type 1, mais elle peut être plus ardue, car exprimée à l’aide de symboles, de nombres, de figures et autres abstractions.</p><p>Les mathématiques sont un sujet difficile, car cela peut prendre des années pour comprendre&nbsp;pourquoi&nbsp;une technique fonctionne. Pour commencer, vous pourrez vous contenter d’imiter la technique et d’être capable de la reproduire. Beaucoup d’élèves ont un blocage, car ils ont une réticence à utiliser des techniques qu’ils ne comprennent pas.</p><p>Les principales raisons pour lesquelles les élèves sont rebutés par les mathématiques&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Vous ne savez pas comment développer votre compréhension des concepts mathématiques&nbsp;: il faut se pratiquer à reproduire les démonstrations.</li><li>Vous ne réalisez pas qu’il y a faut beaucoup d’essais erreurs en mathématiques&nbsp;: les mathématiques sont logiques, mais leur apprentissage est une question de pratique</li><li>Vous n’aimez pas la nature abstraite des mathématiques&nbsp;: rendez le sujet concret.</li><li>Les symboles mathématiques vous mettent mal à l’aise&nbsp;: familiarisez-vous avec.</li><li>Vous appliquez les mauvaises règles&nbsp;: faites attention aux abus de langage.&nbsp;</li><li>Il vous manque une pièce&nbsp;: c’est difficile de faire du calcul différentiel si vous avez des lacunes en trigonométrie.</li><li>Vous n’avez pas fait de physique&nbsp;: si vous n’avez pas de notions en physique, beaucoup de concepts mathématiques vous poseront problème.</li></ul><p>Les mathématiques prennent du temps pour être absorbée, mais on peut faciliter l’apprentissage en s’entraînant sur des problèmes variés, mais surtout en essayant de répondre à des questions d’expert&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Est-ce que je peux deviner le résultat&nbsp;?</li><li>Qu’est-ce que chaque étape de la démonstration accomplit&nbsp;?</li><li>Quel est le motif/régularité/schéma qui apparaît&nbsp;?</li><li>Si ceci change, quoi d’autre changera avec&nbsp;?</li><li>Que se passe-t-il aux extrêmes&nbsp;?</li><li>Est-ce que je peux généraliser ce résultat&nbsp;?</li><li>Quels sont les cas spéciaux&nbsp;?</li><li>Comment cette question pourrait-elle être reformulée&nbsp;?</li><li>Quelles sont les caractéristiques principales de ce problème&nbsp;?</li><li>A quels types de problèmes ou de techniques cela me fait-il penser&nbsp;?</li><li>De combien de façons différentes je peux résoudre ce problème&nbsp;?</li><li>Est-ce que je peux déduire cette formule&nbsp;?</li><li>Comment je pourrais rendre ce concept plus tangible&nbsp;?</li></ul><p>Au sujet des manuels de mathématiques, voici quelques conseils&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Familiarisez-vous avec les notations et les conventions</li><li>Faites beaucoup d’exercices de différentes sortes</li><li>Imitez les étapes pour commencer et faites-le sur papier</li><li>Lisez très attentivement les mots utilisés</li><li>Si vous ne comprenez pas une solution, c’est possiblement parce que l’auteur a sauté quelques étapes.&nbsp;</li><li>Recherchez des sources alternatives</li></ul><p>Lors de l’examen, la bonne approche face à un problème n’est pas d’attendre que la solution arrive par magie. Non, en fait, imaginez plutôt que vous devez ouvrir une serrure avec un jeu de clés. En regardant la serrure et vos clés, vous essayez ce qui vous semble le plus approprié. Si ça ne fonctionne pas, ne perdez pas de temps et essayez une autre clé.</p><p>Avant d’aller en cours, vous devriez lire la section pertinente de votre manuel. Le cours serait sans doute proche de ce que vous avez dans votre manuel.</p><h3 class="wp-block-heading">Questions et réponses</h3><p>Trouver les bonnes questions à poser est bien plus important que de connaître les réponses. La recherche des bonnes questions est ce qui génère un réel apprentissage.</p><p>Les élèves malins sont, plus que les autres, ouverts à réviser leurs opinions et leurs conclusions.</p><p>Ils sont aussi davantage préparés à faire des erreurs car ils comprennent que pour progresser il faut une rétroaction pour avoir la chance de se corriger et de changer sa façon de réfléchir.</p><p>Par rapport à d’autres élèves, ils sont plus enclins à prendre des risques pour améliorer leurs compétences ou en acquérir de nouvelles, quitte à ce que ça se passe mal parfois. Ils sont toujours à la recherche de meilleures méthodes et de meilleures idées.</p><h3 class="wp-block-heading">Se préparer pour les examens</h3><p>Quel est le but du jeu ici&nbsp;? Vous devez répondre à une série de questions en temps limité à partir de ce que vous avez retenu. Vous devez de plus structurer vos réponses de manière à ce que le professeur vous donne un A.</p><p>La bonne façon de se préparer n’est pas de relire ses notes mais de s’entraîner dans les conditions les plus proches de l’examen. Sept étapes peuvent vous aider à vous préparer de façon intensive mais payante.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 1&nbsp;: caractériser l’examen</h4><p>Essayez de voir quels types de questions seront posés et quels types de réponses sont attendus&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Est-ce que les questions portent sur le manuel, le cours ou du matériel non couvert&nbsp;?</li><li>Est-ce que l’examen est sur une base cumulative, c.-à-d. sur le dernier tiers du cours&nbsp;?</li><li>Est-ce que les questions seront sur les principaux thèmes ou sur les détails&nbsp;?</li><li>Faut-il régurgiter des faits ou bien être capable d’une analyse originale&nbsp;?</li><li>S’agit-il d’un questionnaire à choix multiple&nbsp;?</li><li>Est-ce que l’examen donnera de l’information (formules, etc.)&nbsp;?</li><li>Quel niveau de maîtrise est attendu&nbsp;?&nbsp;</li><li>Quels types de questions seront posées&nbsp;?</li><li>Est-ce que quelqu’un d’autre que votre professeur vous évaluera&nbsp;? Si oui, les informations provenant de ce dernier seront moins importantes.</li><li>Est-ce que votre professeur a des idées bien arrêtées&nbsp;? Faites attention à la façon de formuler des idées qui vont à l’encontre des siennes.</li><li>Ne demandez pas «&nbsp;Qu’est-ce qu’il y aura à l’examen&nbsp;?&nbsp;» mais plutôt «&nbsp;Quels sont les concepts les plus importants que je devrais réviser&nbsp;?&nbsp;»</li><li>Revoyez vos précédents examens.</li><li>Obtenez les copies des examens précédents. Parfois ils sont archivés à l’école. Les anciens pourront vous les fournir aussi.</li><li>Demandez à quelqu’un qui a déjà suivi le cours son avis sur l’examen.</li><li>Relisez attentivement vos notes. La plupart des questions porteront dessus.</li><li>Si votre enseignant vous propose une séance de questions-réponses, arrivez préparé.</li><li>A l’université, si votre professeur a publié, passez en revue ses articles.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Étape 2&nbsp;: survoler le cours</h4><p>80% des questions du contrôle porteront sur 20% du cours. Soyez certain de bien comprendre les faits, idées, questions principales.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 3&nbsp;: refaites les anciens contrôles</h4><p>Vérifiez comment votre compréhension s’est améliorée en refaisant les anciens examens.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 4&nbsp;: réviser vos notes</h4><p>Normalement, vous devriez baser vos révisions sur votre résumé. Cependant, il peut arriver que le professeur mette l’accent sur un point particulier peu avant l’examen. Vous trouverez les détails dans vos notes.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 5&nbsp;: répondre aux questions d’expert</h4><p>Il s’agit de se pratiquer à se poser un maximum de questions ou de problèmes et d’y répondre. Vous êtes sur la bonne voie si vous êtes capable de résoudre des problèmes d’un autre manuel puisque la perspective sera différente de celle de votre professeur.</p><p>L’index de votre manuel est intéressant à exploiter. Vous devriez être capable de définir les termes dans vos propres mots ainsi que de donner des exemples de votre cru.</p><p>Cela vaut aussi la peine de développer une expertise sur un ou deux points du cours en faisant vos propres recherches sur le sujet.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 6&nbsp;: résumé du cours</h4><p>Continuez de condenser encore un peu plus votre résumé du cours sur une page.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 7&nbsp;: reconstruisez le résumé de mémoire</h4><p>Lorsque vous êtes capable de reconstruire votre résumé de mémoire, vous êtes prêt. Recommencez tant que ce n’est pas le cas.</p><h4 class="wp-block-heading">Autres remarques</h4><ul
class="wp-block-list"><li>Allez vous coucher tout de suite après vos révisions pour imprimer la mémoire</li><li>Utilisez une chaise rigide comme lors de l’examen pour être en condition</li><li>Vous devriez dormir selon votre routine habituelle</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Lors de l’examen</h3><p>Les examens mesurent votre degré de préparation et votre capacité à travailler sous pression et en temps limité.</p><p>Créer votre routine pour les jours d’examens afin de vous mettre dans le bon mode. Vous pouvez consulter tranquillement votre résumé du cours.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 1&nbsp;: prenez vos marques</h4><p>Avant de consulter le contrôle, prenez quelques minutes pour écrire tout ce que vous avez peur d’oublier durant l’examen. Une fois que vous commencez à lire le contenu de l’examen, résistez à la tentation de répondre fébrilement à la première question comme vos camarades. Vous vous rattraperez plus tard.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 2&nbsp;: lisez les consignes attentivement</h4><p>Vous voulez savoir si vous avez le choix sur les questions que vous avez à traiter, ce qui est attendu pour les réponses et combien de questions contient le test.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 3&nbsp;: parcourez le contrôle</h4><p>Vous cherchez à évaluer le niveau de difficulté des questions. Écrivez ce que vous inspirent les questions directement sur l’examen. Le fait d’avoir une vue d’ensemble des questions posées vous permet de trouver des indices pour certaines d’entre elles.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 4&nbsp;: utilisez votre temps à bon escient</h4><p>Vous devriez traiter en premier lieu les questions faciles&nbsp;<em>pour vous</em>. Cela vous permet de gagner du temps et de prendre confiance. L’erreur la commune lors des examens consiste à passer beaucoup trop de temps sur les questions pour lesquelles vous n’en menez pas large. A mesure que le temps s’écoule, demandez-vous quel serait le meilleur usage de votre temps.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 5&nbsp;: attaquer la question</h4><p>La question vous donne des indices sur ce qu’attend le professeur&nbsp;: longueur de la réponse, structure de la réponse, orientation de la réponse. Avant de commencer à répondre, écrivez tout ce que la question vous évoque.</p><h4 class="wp-block-heading">Astuces pour vous sortir du trouble</h4><ul
class="wp-block-list"><li>Demandez au professeur&nbsp;d’expliquer ou reformuler une question peu claire.</li><li>Exprimez une question dans vos propres mots.</li><li>Remettez à plus tard le traitement d’une question.</li><li>Si vous avez oublié un point particulier, essayez de visualiser&nbsp;<em>où</em>&nbsp;vous l’avez vu.</li><li>Commencez à écrire, peu importe quoi. L’appétit vient en mangeant.</li><li>Pensez à une autre question qui est reliée.</li><li>Observez attentivement le choix des mots utilisés.</li><li>Si vous n’avez pas une réponse précise, essayez une réponse approximative justifiée.</li><li>S’il manque une information importante pour répondre, prenez-là comme hypothèse.</li><li>Utilisez le bon sens.</li><li>Répondre à une autre question reliée en le reconnaissant clairement.</li><li>Si vous ne pouvez pas dire ce qu’est la réponse, dites ce qu’elle n’est pas.</li><li>Si vous ne savez rien d’un sujet, admettez-le et répondez à&nbsp;<em>votre</em>&nbsp;question&nbsp;!</li><li>Si vous êtes pressé par le temps, indiquez succinctement les étapes à faire.</li><li>Si vous finissez d’avance, profitez du temps additionnel pour revoir vos premières réponses.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Rédactions</h4><p>L’objectif des rédactions est de vérifier, en plus de ce que vous avez retenu du cours, votre capacité à analyser la question, structurer une réponse et communiquer efficacement.</p><ul
class="wp-block-list"><li>Un quart du temps devrait être consacré à générer des idées et structurer le tout</li><li>Votre premier paragraphe est le plus important</li><li>Le dernier paragraphe est le deuxième plus important</li><li>Faites des paragraphes bien distincts</li><li>Plus vous écrivez, mieux c’est, mais sans vous répéter.</li><li>Minimisez les ratures ou faites en sorte qu’elles se voient à peine.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">QCM</h4><ul
class="wp-block-list"><li>Lisez chaque mot. Les nuances ont leur importance.</li><li>N’essayez pas de lire entre les lignes.</li><li>Après avoir lu la question, anticiper la réponse avant de regarder les choix possibles.</li><li>Lisez tous les choix possibles avant de vous décider.</li><li>Si la réponse n’est pas évidente, procédez par élimination.</li><li>Si vous ne trouvez toujours pas la réponse, revenez à la question plus tard.</li><li>Essayez toujours de deviner si vous arrivez à éliminer ne serait-ce qu’un choix.</li><li>Méfiez-vous des questions dont le choix semble trop évident.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Tests standardisés</h4><p>Les tests SAT ou GRE sont utilisés pour l’admission à l’université. Ils peuvent avoir un impact majeur sur votre avenir.</p><ul
class="wp-block-list"><li>Ne passez pas un tel test juste pour voir car vos résultats vous suivront pour toujours.</li><li>La meilleure façon de se préparer est de travailler à partir des œuvres de ceux qui publient les tests.</li><li>Recherchez les livres&nbsp;: Princeton Review&rsquo;s Cracking the System series.</li><li>Ce n’est pas une course de vitesse. Ces tests sont conçus pour qu’un très faible pourcentage les termine.</li><li>Si les erreurs ne sont pas pénalisées, essayez de deviner. C’est sans doute aussi une bonne stratégie lorsque les erreurs sont pénalisées.</li><li>Ne négligez pas les questions faciles. Le principal, ce sont les questions de difficulté moyenne.</li><li>Pour les questions difficiles, ne vous fiez pas à votre intuition.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Après l’examen</h4><p>Après l’examen, revoyez les questions, vos réponses, vos erreurs et les commentaires de votre professeur.</p><ul
class="wp-block-list"><li>Efforcez-vous d’identifier le problème principal&nbsp;: manque de compréhension, manque de préparation, votre gestion de l’examen ou vos émotions&nbsp;?</li><li>Avez-vous bien obtenu le total de vos points&nbsp;? Vérifiez bien avant d’en parler à votre professeur.</li><li>Quels types de commentaires avez-vous eus de votre professeur&nbsp;?</li><li>Quelle est la cause de vos erreurs&nbsp;? Prenez le temps d’analyser vos erreurs.</li><li>D’où viennent les questions posées par le professeur&nbsp;?</li><li>Étiez-vous moins préparé que vous auriez dû l’être.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Comment les élèves malins rédigent leurs papiers</h3><p>Savoir bien écrire est une compétence fondamentale, que ce soit à l’école ou dans la vie. Cela vaut la peine de suivre un cours sur le sujet.</p><p>Le travail demandé est en général d’écrire un essai avec un style académique.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 1&nbsp;: Choisissez votre sujet</h4><p>Le professeur laisse parfois une certaine latitude à l’élève pour choisir l’essai. Si vous êtes presque à la fin du cours, votre résumé devrait vous fournir la matière première voulue. Sinon considérez ces suggestions&nbsp;: consultez votre manuel, regardez vos notes, lectures recommandées de votre professeur, encyclopédie, un sujet que vous connaissez bien qui a rapport.</p><p>A quoi ressemble un bon sujet&nbsp;? Il ne doit pas vous ennuyer. Il ne doit pas non plus être trop exotique, car vous n’en saurez pas assez. Il devrait être original, mais pas trop non plus. Ne choisissez pas un sujet trop vaste, soyez le plus spécifique possible. Sélectionnez un sujet où il existe une controverse pour intéresser votre lecteur et vous-même. N’en faites pas trop non plus de peur de heurter les opinions ou les croyances de votre professeur.</p><p>Le point de départ consiste à poser la bonne question. Vous ne voulez pas poser une question fermée ou technique ou sur laquelle tout le monde a le même avis. Bien sûr, la question peut évoluer au fur et à mesure que vous développez vos idées.</p><p>Pensez à valider le sujet avec votre professeur pour éviter de réaliser après toutes vos recherches qu’il n’est pas du tout du goût du professeur.</p><p>Évitez de sauter aux conclusions. Votre point de vue doit être défendu par des arguments et cela suppose souvent de considérer d’autres perspectives. Il est important de savoir suspendre son jugement, et pas seulement à l’école.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 2&nbsp;: Explorez le sujet</h4><p>Commencez par vous poser toutes sortes de questions avant de vous lancer dans vos recherches&nbsp;: à quoi ça me fait penser&nbsp;? En quoi est-ce pareil ou différent&nbsp;? Est-ce que ça a toujours été ainsi&nbsp;? Qu’est-ce qui arrivera à court terme&nbsp;? À long terme&nbsp;? Y a-t-il des alternatives, avec quels avantages et quels inconvénients&nbsp;? Est-ce bon ou mauvais, pour qui et pourquoi&nbsp;? Quelles sont les exceptions&nbsp;? Quels autres problèmes généraux cela évoque-t-il ?</p><p>Vous pouvez aussi explorer le sujet en faisant du remue-méninge sur les chacun des termes employés dans la question. Modifiez la question en enlevant des termes pour vous donner de nouvelles idées.&nbsp;</p><p>Commencez ensuite vos recherches à partir de livres les plus généraux possibles. Consultez l’index et la bibliographie pour des références pertinentes, de même que l’introduction et la conclusion.&nbsp;</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 3&nbsp;: Organiser et évaluer vos idées</h4><p>Regroupez les idées que vous avez eues à l’étape précédente de façon cohérente. Sélectionnez ensuite celles qui sont pertinentes pour votre essai.</p><p>Les regroupements que vous pourriez utiliser pour démarrer sont&nbsp;:&nbsp;</p><ul
class="wp-block-list"><li>Contexte, sujet connexe ou plus général</li><li>Le pour</li><li>Le contre</li><li>Exemples, preuves, détails, divers</li></ul><p>à l’intérieur des regroupements, organisez vos idées selon une dimension qui vous semble appropriée&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Par ordre chronologique,</li><li>Par impact monétaire,</li><li>Dans le sens de la cause vers l’effet</li><li>Du problème à la solution</li><li>Par ordre d’importance</li></ul><p>Le plus important ici est de construire un fil conducteur qui rendra la lecture aisée à votre professeur.</p><p>Vous devez aussi discriminer et exclure certaines idées. Par exemple, si vous avez une croyance mais qu’elle n’est étayée par aucune preuve, vous ne devriez pas l’inclure dans votre essai. De même, si l’idée est hors sujet.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 4&nbsp;: Prenez position</h4><p>Ne prenez pas position tout de suite ou si vous le faites soyez ouvert à changer d’avis.</p><p>Votre opinion doit être intéressante. Si elle va contre l’opinion commune, cela la rend d’autant plus originale.</p><p>Votre opinion doit être précise. Il y a toujours des exceptions. Identifiez-les pour restreindre votre opinion à un périmètre bien défini.</p><p>Votre opinion doit être justifiée. Il faut des arguments, des exemples et des preuves pour défendre votre position.&nbsp;</p><p>Lorsque vous avez une opinion intéressante, précise et justifiée, vous avez votre thèse que vous chercherez à défendre tout au long de votre essai. Bien sûr, de nouveaux éléments pourraient vous amener à revoir votre thèse.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 5&nbsp;: Étayez votre position</h4><p>Ceci est accompli à l’aide d’exemples.&nbsp;</p><p>A ce stade, vous savez aussi quelle est votre thèse et quoi rechercher. Vous pouvez donc aller à la bibliothèque et rechercher des points très précis, y compris sur l’antithèse.</p><p>Citez vos sources.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 6&nbsp;: Rédigez au brouillon</h4><p>L’objectif ici est d’écrire tout ce que vous avez à écrire sans trop vous soucier de la forme ni de la syntaxe.</p><p>Votre introduction commence par une mise en contexte. En général, il sera plus facile de l’écrire après avoir rédigé votre brouillon qu’avant. L’introduction se termine par l’exposé de votre thèse, c’est-à-dire un résumé en quelques phrases de votre essai qui donne envie d’en savoir plus.</p><p>Le corps du texte va passer en revue le pour et le contre. Vous devez démontrer au professeur que votre point de vue est raisonnable et présenter des points de vue alternatifs. Habituellement, vous débuterez par l’antithèse afin de désarmer d’avance les critiques contre votre thèse.</p><p>La conclusion synthétise votre position. Mais elle sert aussi à rattraper certaines imperfections. Si votre propos se base sur une hypothèse sans le mentionner, c’est le moment de le faire. Si vous avez omis de parler d’une question importante, l’indiquer à cet endroit est une bonne chose.</p><p>La conclusion sert aussi à répondre à la question&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;et après&nbsp;?&nbsp;». Vous devez expliquer en quoi votre thèse est importante.</p><p>Imprimez votre œuvre en double interligne. Laissez reposer deux jours avant de vous relire.</p><h4 class="wp-block-heading">Étape 7&nbsp;: Raffinez l’essai</h4><p>À ce stade-ci, vous voulez vous assurer que vous avez dit tout ce que vous aviez à dire.</p><p>Essayez de faire lire votre essai par quelqu’un et demandez-lui&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Quelle est en substance votre thèse&nbsp;?</li><li>Où votre essai n’est pas clair&nbsp;?</li><li>Est-ce que la progression est logique&nbsp;?</li><li>Où est-ce que l’essai devient ennuyeux&nbsp;?</li><li>Avec quoi le lecteur n’est pas d’accord&nbsp;?</li><li>Est-ce qu’il manque quelque chose d’important&nbsp;?</li><li>Est-ce que je présente les opinions contradictoires de façon convaincantes&nbsp;?</li></ul><p>Ensuite, procédez aux vérifications suivantes&nbsp;dans cet ordre&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Impression générale&nbsp;?</li><li>Est-ce compréhensible&nbsp;? Y a-t-il assez d’exemples&nbsp;? Est-ce que le ton est le bon&nbsp;? Est-ce que l’organisation est logique&nbsp;? Est-ce que les transitions entre sections sont claires&nbsp;? Est-ce que la lecture est fluide&nbsp;?</li><li>Est-ce que chaque paragraphe exprime une idée centrale&nbsp;? Est-ce que le paragraphe est cohérent&nbsp;?</li><li>Est-ce que la transition entre paragraphes est naturelle&nbsp;?</li><li>Même chose pour les phrases.</li><li>Est-ce que la structure de la phrase est correcte&nbsp;? Est-ce que le style est bon&nbsp;?</li><li>Y a-t-il des erreurs de grammaire ou d’orthographe&nbsp;?</li><li>Est-ce que le format est celui attendu&nbsp;? Exemple&nbsp;: notes à la fin ou en bas de page&nbsp;?</li></ul><p>Faites une revue finale.</p><h3 class="wp-block-heading">Gestion du temps</h3><p>Vous devez accepter d’investir du temps à court terme pour en gagner à long terme.</p><p>Cela est paradoxal, mais le fait d’avoir des activités extrascolaires – tant que cela reste raisonnable – aide à mieux organiser votre temps.</p><p>N’essayez pas de remplir chaque minute de votre emploi du temps. D’un autre côté, il est bon de développer un genre de routine.</p><p>Comme pour vos études, vous devez à la fois faire attention à l’ensemble de l’œuvre et aux détails. Pour cela vous aurez besoin de&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Liste quotidienne des choses à faire, en priorisant</li><li>Votre emploi du temps de la semaine</li><li>Un calendrier de l’année à coller sur le mur contenant indiquant vos devoirs et vos activités personnelles</li><li>Un calendrier n’indiquant rien d’autre que les contrôles et devoirs principaux. Il vous aidera à anticiper sur les périodes chargées.</li></ul><p>Les devoirs prennent systématiquement plus de temps qu’on croit. En général, si vous faites une estimation, multipliez-la par 3 pour obtenir quelque chose de réaliste.&nbsp;</p><p>Le fait de découper un devoir en unités plus facilement gérables et de les réaliser au fil de l’eau donne des résultats étonnants. Un autre bénéfice de répartir le travail sur une longue période est que cela donne le temps à votre cerveau pour y réfléchir de façon approfondie.</p><p>Essayez de déterminer quelles sont les meilleures conditions pour étudier&nbsp;? Le jour ou la nuit&nbsp;? Sessions courtes et intensives ou l’inverse&nbsp;?&nbsp;</p><p>Certains étudiants sont très disciplinés et sont capables d’exploiter le temps libre entre deux cours. Si ce n’est pas votre cas, essayez d’organiser votre emploi du temps de manière à ne pas avoir de trous.</p><p>Pour certaines personnes, la deuxième heure d’étude est plus productive que la première. En général, vous ne devriez pas aller au-delà d’une à deux heures d’études sur un sujet avant de passer au suivant. Cependant, il y a deux exceptions&nbsp;: la préparation d’examens majeurs et les devoirs à la maison.</p><p>Le plus dur est de commencer.</p><p>En moyenne, 5 à 10 minutes par heure sont perdues. Cela représente un jour de perdu à la fin de la semaine. Essayez d’exploiter tous les temps morts pour étudier&nbsp;: lire, mémoriser certaines informations, écrire vos réflexions, etc. Ayez toujours sur vous un carnet et un stylo. L’idée n’est pas d’éliminer le temps de repos, mais de prendre conscience du temps perdu inutilement.</p><p>Le conseil le plus important est de tenir compte de la règle 80/20. 80% du contenu vous prendra 20% de votre temps. Identifiez les choses les plus importantes et commencez par celles-ci.</p><p>Chaque semaine&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Avant la classe&nbsp;: relisez vos notes du dernier cours.</li><li>Après la classe&nbsp;: dès que possible après le cours, vous devriez combiner vos notes de cours avec celles prises du manuel.</li><li>Au moins une fois par semaine&nbsp;: consolidez vos notes et ajouter à votre résumé.</li></ul><p>Les premières semaines d’un cours sont plus importantes qu’il n’y paraît, cela pour deux raisons&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>La plupart des élèves en profitent pour se la couler douce</li><li>Le professeur se fait son opinion sur les élèves à ce moment-là</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Choisir son cours et son professeur</h3><p>Une des raisons pour lesquelles les élèves malins réussissent mieux que les autres tient au soin qu’ils mettent à sélectionner leur cours et préparer leur curriculum un an ou deux ans à l’avance. Soyez conscient que personne ne le fera pour vous.</p><p>Ce n’est pas simple. Vous voulez prendre les cours qui vous intéressent, mais aussi ceux qui sont requis pour vos objectifs. Vous devez prendre des cours difficiles, mais vous devez aussi faire attention à votre moyenne. Vous devez diversifier les cours que vous prenez, mais tout en cultivant vos points forts.</p><p>Voici d’autres questions à se poser&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Est-ce que ce cours est requis pour obtenir mon diplôme&nbsp;?</li><li>Est-ce que j’ai déjà les prérequis pour prendre ce cours&nbsp;?</li><li>Êtes-vous prêt pour prendre ce cours&nbsp;(les prérequis sont un minimum) ?</li><li>Comment s’effectue la notation&nbsp;?</li><li>Que savez-vous du professeur&nbsp;? Est-ce qu’il finit le programme&nbsp;? Comment note-t-il&nbsp;?</li><li>Quelle est l’ambiance en cours&nbsp;? Peut-on poser des questions ou avoir du soutien&nbsp;?</li><li>Quel est l’investissement nécessaire&nbsp;? Quel est le travail demandé en plus du cours&nbsp;?</li><li>Est-ce que le cours contribue à un équilibre devoirs / examens&nbsp;?</li><li>À quel moment prendre ce cours&nbsp;?</li><li>Est-ce que ça fonctionne avec votre emploi du temps&nbsp;?</li><li>Que dit le guide des étudiants sur tel ou tel cours&nbsp;? Interrogez d’anciens élèves. Allez au cours pour voir le semestre précédent.</li><li>Si le cours est en demande, rapprochez-vous des bonnes personnes à l’avance.</li><li>Prenez un cours supplémentaire, quitte à l’abandonner lui ou un autre par la suite.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Conclusion</h3><p>Ce livre propose toute une palette de techniques pour réussir. Cependant, elles importent beaucoup moins que votre attitude face à l’école.</p><p>Trop souvent, les élèves restent plus ou moins sagement assis en attendant que le professeur leur transmette la connaissance. Ils écoutent leurs professeurs et font ce qu’on leur dit de faire. Par la suite, ils se demandent pourquoi ils ne retiennent rien et n’ont pas de meilleures notes.</p><p>Tous les outils sont inutiles si l’élève n’a pas le courage d’assumer la responsabilité de son instruction.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2244</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Guerrilla Learning » de G. Llewellyn et A. Silver</title><link>https://economierebelle.com/livre-guerrilla-learning-de-g-llewellyn-et-a-silver/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-guerrilla-learning-de-g-llewellyn-et-a-silver</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-guerrilla-learning-de-g-llewellyn-et-a-silver/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Tue, 30 Aug 2022 01:17:29 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[école à la maison]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2161</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre Guerilla Learning de Amy Silver et Grace Llewellyn est inspiré de la mouvance unschooling et propose des clés pour accompagner les enfants dans leur éducation. Les conseils et suggestions s&#8217;appliquent même aux enfants scolarisés. Si vous ne deviez lire qu&#8217;un seul livre sur l&#8217;éducation des enfants, lisez plutôt celui de John Taylor&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre <em>Guerilla Learning</em> de Amy Silver et Grace Llewellyn est inspiré de la mouvance unschooling et propose des clés pour accompagner les enfants dans leur éducation.</p><p>Les conseils et suggestions s&rsquo;appliquent même aux enfants scolarisés.</p><p>Si vous ne deviez lire qu&rsquo;un seul livre sur l&rsquo;éducation des enfants, lisez plutôt celui de <a
href="https://economierebelle.com/livre-weapons-of-mass-instruction-par-john-taylor-gatto/">John Taylor Gatto</a> dont une partie des idées sont reprises ici.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Horloge brisée</h3><p>Les objections les plus communes à l’école à la maison sont que l’enfant n’atteindra pas le niveau scolaire de ses camarades de l’école et qu’il sera désocialisé. La première affirmation est fausse. La seconde repose sur le présupposé qu’il est bénéfique d’être socialisé à l’école, ce qui est sujet à caution.</p><p>Le secret de l’école à la maison est qu’il s’agit d’un apprentissage avec du sens. L’information vient avec un contexte qui lui donne tout son sens et qui favorise l’apprentissage véritable. À l’école, les élèves apprennent toutes sortes de notions abstraites et les oublient très rapidement. Le chercheur Howard Gardner de Harvard a ainsi établi que les meilleurs étudiants universitaires en physique perdaient tous leurs moyens face à des problèmes simples du monde réel ou des problèmes de physique présentés sous une forme inhabituelle.</p><p>Les enfants confrontent constamment leur modèle de la réalité avec ce qu&rsquo;ils observent. Pour les enfants qui ne connaissent que la salle de classe, la réalité offerte est une version artificielle et appauvrie du vrai monde. Par contre, les enfants qui étudient à la maison sont habitués à constamment observer leur environnement naturel, social, culturel pour y trouver des contradictions à leur modèle et autant de raisons de le réviser. En fait, les centres d’intérêt des enfants sont souvent des indices sur les carences dans leurs modèles mentaux qu&rsquo;ils essaient de combler.</p><p>L’école est un projet d’ingénierie sociale dont l’objectif n’est pas limité à l’instruction, mais vise à retirer l’enfant de sa famille et ainsi promouvoir une culture nationale homogène. Cette institution sert la société industrielle en produisant une petite élite de gestionnaires et une masse de travailleurs et consommateurs dociles et au comportement prévisible.</p><p>Que cela soit intentionnel ou non, l’école d’aujourd’hui est dysfonctionnelle. En dépit de l’évidence, de nombreux parents pensent que l’herbe est plus verte ailleurs&nbsp;: une meilleure classe, une meilleure école, pourquoi pas privée&nbsp;? Il est possible de limiter les dégâts même si l’on choisit de laisser ses enfants à l’école en réalisant que celle-ci ne devrait pas être la seule ni la principale source de savoir.</p><h3 class="wp-block-heading">Ce qu’on peut faire</h3><p>L’éducation de guérilla consiste à laisser votre fille lire sa pile de livres de la bibliothèque plutôt que faire ses devoirs. C’est aussi inviter votre massothérapeute à dîner pour que votre fille discute avec lui avant de se lancer dans une formation de masseuse.</p><p>L’éducation de guérilla, en résumé, c’est accepter que vous soyez responsable de votre propre éducation. Pour un enfant, cela signifie de penser intensément à ses objectifs et ses valeurs et d’agir en conséquence. Les familles qui choisissent ce type d’éducation ont en général une approche créative de la vie et de l’apprentissage. Elles valorisent aussi l’éducation en en faisant un mode de vie. Ces familles sont s’adaptent aux besoins spécifiques de leurs enfants et les encouragent à poursuivre leurs centres d’intérêt.</p><p>Notre définition d’une véritable éducation&nbsp;: la capacité de participer à la grande conversation que représentent la littérature, la science, les arts, l’histoire et les affaires publiques. En fait, comme l’a écrit Jean Piaget&nbsp;:</p><blockquote
class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>L’objectif principal de l’éducation dans les écoles devrait être la création d’hommes et de femmes qui soient capables de faire de nouvelles choses et pas seulement de répéter ce que les autres générations ont fait; des hommes et des femmes créatifs, inventifs, qui aiment les découvertes, qui puissent être critiques, vérifient les choses et n’acceptent pas tout ce qu’on leur offre.</em></p></blockquote><p>Les parents devraient s’impliquer dans l’école de leurs enfants pour voir ce qu’il s’y passe. Ils devraient aussi jeter un œil à ce qu’on leur demande comme devoirs. Le modèle d’éducation traditionnel est dépassé. Le monde d’aujourd’hui ne demande plus une main-d’œuvre uniforme, obéissante et dépendante.</p><p>Une chose simple que vous pouvez faire est de présenter à vos enfants différents types de réussite. La réussite à l’école n’est pas systématiquement nécessaire.</p><p>L’école limite la créativité, car elle pénalise l’échec alors que l’échec est inséparable du processus d’apprentissage. Pour développer sa créativité, vous devez apprendre à écouter votre voix intérieure. Vous devez aussi accepter d’échouer très souvent et donner plus d’importance à votre opinion de vous-même que celle des autres. Pour toutes ces raisons, encouragez vos enfants à créer qu’il s’agisse d’écrire de petites histoires, faire des maisons d’oiseaux …</p><h3 class="wp-block-heading">Les cinq clés de l’éducation de guérilla</h3><p>Il faut fournir à l’enfant des opportunités d’apprentissage en les entourant de livres, de jeux, et d’une culture familiale qui favorise la lecture.</p><p>Il faut aussi choisir le bon moment et tenir compte de la progression naturelle de l’enfant pour leur soumettre de nouveaux matériels.</p><p>Surtout, il faut attendre que l’enfant exprime un intérêt pour quelque chose pour lui fournir un matériel en rapport.</p><p>L’enfant doit aussi être libre de déterminer quand, quoi et où lire sans interférences des exigences des adultes.</p><p>Enfin, les parents sont là pour soutenir leur enfant, répondre à ses questions, offrir des explications lorsqu’elles sont demandées. Ils sont témoins de ses succès et l’encouragent dans sa progression.</p><p>Chaque parent offre à ses enfants, selon des degrés différents, des opportunités, de la patience, de l’attention, de la liberté et du soutien. L’astuce est de réaliser laquelle ou lesquelles des cinq clés posent problème. Certains parents veulent garder la bride sur leurs enfants. D’autres encore imposent leurs activités préférées.</p><h3 class="wp-block-heading">Opportunité</h3><p>L’exposition aux livres et à la lecture est seulement une partie de l’équation. Tout aussi important, il y a l’introduction aux mondes des arts, de la musique, à la science ainsi que les conversations sur toutes sortes de sujets d’actualité ou intemporels.</p><h4 class="wp-block-heading">Lire</h4><p>Le goût de la lecture est sans doute ce qu’il y a de plus important à développer chez l’enfant. Pour ce faire, lisez à vos enfants, offrez-leur des livres et qu’ils vous voient lire. Ayez dans votre bibliothèque un bon dictionnaire, une encyclopédie, et toutes sortes de livres pour tous les âges et pour tous les goûts. Allez à la bibliothèque régulièrement. Achetez des livres d’occasion dans les brocantes ou les ventes de garage. Tâchez de vous rappeler les livres que vous avez aimés étant enfant. Si votre enfant aime <em>Star Wars</em>, cherchez des livres sur <em>Star Wars</em>. Peu importe le contenu ou la qualité pourvu que votre enfant lise.</p><h4 class="wp-block-heading">Écrire</h4><p>Les gens apprennent à écrire non pas en mémorisant les règles de grammaire, mais en étant exposés à de la belle prose et en essayant de l’imiter. Écrivez des lettres. Lisez leurs lettres sans être critique. Il n’y a pas d’urgence à corriger l’orthographe, la syntaxe et la grammaire. Jouez au scrabble et d’autres jeux de mots. Tenez un journal et incitez vos enfants à faire de même. Écrivez en famille des chansons amusantes. Mettez leurs œuvres sur le frigo. Écoutez et discutez les paroles des chansons préférées de vos enfants. Pourvoyez assez de matériel à vos enfants pour se pratiquer à l’écriture. Assistez à des cours d’écriture, des conférences. Allez écouter des auteurs lire leurs livres. Apprenez à écrire si c’est quelque chose qui vous intéresse.</p><h3 class="wp-block-heading">Dialogue</h3><p>Écoutez attentivement et faites attention à ce que vous dites à vos enfants, car c’est ainsi qu’ils vous imiteront. Faites comme le père de Benjamin Franklin, invitez des gens intéressants à dîner et laissez les enfants écouter et participer.</p><p>Expliquez les choses complètement et comme si vous parliez à un adulte lorsque vous parlez de sujets qui vous intéressent.</p><h4 class="wp-block-heading">Les Arts</h4><p>L’art a une importance plus importante que l’école ne laisse penser. Visitez les musées, les galeries d’art. Les villes subventionnent souvent des studios pour artistes où le public est le bienvenu pour les voir travailler.</p><p>Ayez toujours en réserve suffisamment de matériel pour dessiner, peindre. Vous pouvez vous intéresser à l’architecture, la photographie, la couture, à faire des films, à la création de bijoux, la verrerie, etc.</p><p>Chantez en famille, jouez de la musique à vos enfants. Si vous en avez les moyens, payez-leur des leçons de musique. Sinon, trouvez un autre arrangement ou apprenez avec eux&nbsp;! Ayez de nombreux instruments de musique à la maison. Fabriquez-en&nbsp;!</p><p>Pratiquez la danse en famille. Allez à des concerts, assistez à des pièces de théâtre. Il y en a souvent à prix modique. Encouragez-les à faire une pièce de théâtre.</p><h4 class="wp-block-heading">Math et logique</h4><p>Comme l’a écrit John Holt, il est utile de montrer aux enfants la manière dont nous nous servons des nombres en tant qu’adulte&nbsp;: pour mesurer, pour avoir une meilleure compréhension du monde autour de nous, pour décider.</p><p>De la même manière que pour le dessin, il faut tout le matériel approprié, il convient d’avoir à portée de la main toutes sortes d’instruments de mesure&nbsp;: thermomètre, baromètre, métronome, montre, chronomètre, balance à peser, etc.</p><p>Il y a beaucoup de façons d’encourager les enfants à se familiariser avec les nombres&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Donnez-leur de l’argent de poche et ouvrir un compte d’épargne</li><li>Jouez à des jeux tels que les échecs, le go ou Mastermind</li><li>Initiez-les aux casse-têtes</li><li>Impliquez-les dans le budget familial.</li><li>Offrez-leur des livres pour créer une affaire ou apprendre à investir.</li><li>Faites des recettes, doublez ou réduisez de moitié les quantités.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Science et nature</h4><p>Si vous avez un accès à la nature à proximité, profitez-en pour laisser vos enfants l’explorer. Donnez-leur un calepin pour dessiner les insectes ou les plantes qu’ils trouvent. Les bienfaits d’une exposition régulière à la nature sont incommensurables et pas seulement pour l’éducation. Vous pourrez&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Obtenir des guides peu dispendieux sur la faune et la flore locale</li><li>Faites du camping</li><li>Faites des photos de vos découvertes</li><li>Discutez d’où vient chacun des mets du dîner</li><li>Si vous avez un jardin, transformez une partie pour qu’elle fourmille de vie sauvage</li><li>Utilisez un aquarium pour faire un terrarium</li><li>Commencez à jardiner&nbsp;</li></ul><p>Pour ce qui est des sciences naturelles, posez-vous des questions en famille. Pourquoi les avions volent-ils&nbsp;? Pourquoi le ciel est-il bleu&nbsp;? Efforcez-vous de réaliser des expériences à la maison. Voici quelques suggestions&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Procurez-vous un microscope, une loupe et du papier millimétré et pourquoi pas des jumelles pour l’astronomie</li><li>Suivez l’actualité astronomique</li><li>Pratiquez la méthode scientifique</li><li>Si votre enfant est féru d’archéologie, informez-vous auprès de l’université pour savoir quelles fouilles sont ouvertes au public.</li><li>Obtenez des posters d’anatomie</li><li>Collectionnez les minéraux, les fossiles, etc., et laissez-les bien en évidence</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Technologie</h4><p>Vous pouvez offrir des livres sur la technologie et donner de vieux téléphones ou grille-pain à démonter. Des magazines techniques et scientifiques éveilleront leur curiosité et enflammeront leur imagination.</p><h4 class="wp-block-heading">Communauté</h4><p>Il n’est jamais trop tôt pour exposer vos enfants à la vie en communauté, ce qui leur rendra beaucoup plus tangibles les discussions sur la culture, l’histoire et la politique.</p><p>Par exemple, il est bon d’illustrer les différents types d’organisations politiques avec des cas réels autour de vous&nbsp;: vote par consensus, vote à la majorité, système hiérarchique.</p><p>Encouragez vos enfants à écrire à leur député s’il y a un sujet qui les préoccupe particulièrement. Discutez avec eux des débats de l’actualité.</p><p>Pour mieux comprendre leur propre culture, rien de tel que les voyages même symboliques. Regardez des films étrangers, lisez des contes d’ailleurs. Allez dans des quartiers ethniques. Regardez la télévision de pays étrangers. Devenez membre d’une organisation comme Servas qui permet d’accueillir des voyageurs du monde entier.</p><h4 class="wp-block-heading">Histoire</h4><p>Recherchez de bons films historiques. Racontez des histoires tirées de votre expérience ou de celles de vos parents ou grands-parents.</p><p>Étudiez l’histoire selon un thème à la fois que vous explorerez à fond en famille. Recherchez des films, des livres, des chansons et des musées qui traitent de la période historique qui vous intéresse.</p><h4 class="wp-block-heading">Langues étrangères</h4><p>Parents et enfants pourraient choisir une langue à étudier en famille. Louer des films en langue étrangère et repasser les autant de fois que nécessaire pour identifier certaines expressions.</p><p>Considérer la possibilité d’héberger un étudiant étranger en échange linguistique. Discutez avec vos enfants de leur intérêt à participer eux-mêmes à un programme d’échange linguistique.</p><h4 class="wp-block-heading">Le futur</h4><p>Vous ne voulez pas enseigner à vos enfants ce qu&rsquo;il doivent penser, mais comment penser. Soyez un exemple pour eux. Montrez-leur comment vous menez à bien vos projets. Emmenez-les là où vous travaillez si vous le pouvez. Laissez-les voir que vous faites des erreurs, que vous posez des questions, que vous rêvez en grand, que vous êtes persistant.</p><p>Parlez avec vos enfants pour les aider à réaliser toutes les options qui s’offrent à eux. Faites des séances d’initiation sur les activités qui les intéressent. Faites aussi des expériences de pleine immersion.</p><p>N’oubliez pas que l’horizon d’un enfant est beaucoup plus limité que celui d’un adulte. Répétez-lui souvent qu’il y a plusieurs façons d’approcher ce qui peut l’intéresser. Offrez-lui des suggestions de telles approches.</p><h3 class="wp-block-heading">Patience</h3><p>Abraham Lincoln a dit que si on avait quatre heures pour couper un arbre, nous serions bien avisés d’en passer trois à affûter la lame de la hache. De même, avec un enfant, il est contre-productif de hâter des apprentissages pour lesquels il n’est pas prêt. Et c’est justement la plus grande faute de l’école de valoriser l’apprentissage précoce.</p><p>Il n’y a pas vraiment de bénéfice à aller plus vite que la musique. C’est même tout à fait le contraire. Les enfants qui deviennent indépendants sont ceux qui reçoivent un amour inconditionnel, qui ont toute notre confiance et dont leurs besoins sont couverts. Ce ne sont pas ceux qu’on jette à l’eau en espérant qu’ils s’en sortent.</p><p>De quoi a l’air un apprentissage réel&nbsp;? Son rythme est lent et insouciant. Il est comme hors du temps, détaché des préoccupations habituelles de la performance, de l’échec et de la comparaison avec les autres.</p><p>Pour un parent soucieux de l’avenir des enfants, la peur est mauvaise conseillère. Chaque enfant apprend certaines notions à certains âges et il n’y a aucune raison que la séquence soit la même pour un autre enfant. Les parents devraient tempérer leurs craintes. Un enfant peut parler couramment une seconde langue même après 5 ans. Un enfant peut apprendre à lire tardivement, mais devenir un aussi bon lecteur ou meilleur que les autres.</p><p>Écrivez ce qui vous fait peur pour démystifier les choses. Si votre enfant perd une année, et après&nbsp;? Quelle différence cela fait-il dans une vie&nbsp;? En toute logique, votre enfant devra vivre des moments bien plus pénibles dans sa vie que cela.</p><p>De la même façon, si votre enfant est précoce, donnez-lui toute la stimulation ou les opportunités de compétition dont il a besoin.</p><p>Voici quelques suggestions&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Prêtez attention aux signaux qu’envoie votre enfant. Si ce qu’il a à faire le fatigue, vous devriez peut-être vous arrêter.</li><li>Ne faites pas la leçon à vos enfants. Vous risquez de perdre leur attention. Laissez-les plutôt poser des questions. Mieux vaut en dire un peu moins qu’un peu trop.</li><li>Les enfants subissent une énorme pression tout particulièrement ceux qui vont à l’école. Rassurez-les en insistant qu’il n’y a pas d’urgence, peu importe le sujet.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">L’intérêt</h3><p>Comme Goethe l’a écrit&nbsp;:</p><blockquote
class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Personne n’apprend réellement quelque chose que sur ce qu’il aime.</em></p></blockquote><p>Des cinq clés de l’apprentissage, c’est l’ingrédient le plus important, celui sans lequel rien ne se produit.</p><p>Pour découvrir sa vocation, un enfant doit être exposé à une grande variété d’activités. L’école a au moins le mérite d’initier l’enfant à différentes disciplines. Malheureusement, ce dernier n’est pas libre d’aller au bout de ses recherches puisqu’on occupe son temps de façon improductive. Pire, si ses performances sont critiquées, il peut se détourner complètement d’un sujet qu’il l’aurait passionné.</p><p>À la maison, une attention particulière doit être portée aux besoins de l’enfant. Il se peut que ceux-ci soient très différents de ces parents de même que pour la personnalité et la façon d’apprendre. Même si la tentation peut être grande de vouloir corriger des faiblesses, il vaut mieux au contraire pour commencer le laisser développer ses forces.</p><p>Voici quelques suggestions&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Apprenez à vous effacer et à ne pas interférer.</li><li>Apprenez à connaître vos enfants mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes.</li><li>Ne jugez pas ce qui peut les intéresser même si cela peut vous paraître frivole. Ce qui compte est que vos enfants s’intéressent à quelque chose.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Liberté</h3><p>On parle ici de la liberté de choisir ce qu’on fait et qui on veut devenir. Avec un tel choix vient un nécessaire engagement. Si l’on veut apprendre une nouvelle langue, cela implique d’y consacrer des efforts et du temps.</p><p>Le rôle des parents est de montrer aux enfants ce qu’il est possible de choisir et de les informer sur les conséquences de ces choix.</p><p>Les parents devraient aussi se montrer clairs sur les domaines où il n’y a pas de choix&nbsp;: se brosser les dents, etc.</p><p>Mais il y a une différence entre définir des limites claires, et manipuler ses enfants pour qu’ils fassent ce que vous voulez ou les obliger par la contrainte.</p><p>Donnez de la liberté à ses enfants a un double objectif. Cela leur permet de poursuivre leurs centres d’intérêt. Mais surtout, ils ont l’occasion de développer leur boussole interne qui leur servira toute leur vie pour prendre des décisions.</p><p>Il n’y a pas de mauvais choix, juste des choix avec des conséquences. Si votre enfant se consacre à sa réussite scolaire, c’est autant de temps en moins pour faire ce qui l’intéresse vraiment. À l’inverse, ceux qui ont appris à lire tardivement ont eu tout le loisir d’observer le monde naturel et d’en tirer des leçons.</p><p>Laissez vos enfants déterminer leurs propres objectifs.</p><h3 class="wp-block-heading">Soutien</h3><p>Voici quelques principes de base&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Mettez votre masque à oxygène avant de mettre celui de votre enfant. Vous ne devriez pas en faire trop dans votre soutien au point de négliger vos propres besoins et obligations.</li><li>Les activités poursuivies doivent être celles qui ont choisi pas celles que vous voulez.</li><li>Évaluer constamment le soutien que vos enfants pourraient vouloir. S’ils posent une question, vous devriez y prêter attention, peu importe la question.</li><li>Aider vos enfants à identifier leurs forces et leurs faiblesses. Quel mode d’apprentissage leur est naturel&nbsp;? Quel type de personnalité ont-ils&nbsp;?</li><li>Préoccupez-vous de leur bien-être avant tout.</li></ul><p>Quelques idées simples peuvent aider&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Accompagnez vos enfants en voiture.</li><li>Donnez de l’argent pour des livres et les activités.</li><li>Devenez une source d’information pour vos enfants, que celle-ci soit dans votre tête ou celle d’une connaissance.</li><li>Écoutez-les.</li><li>Les aider non pas sur le quoi, mais sur le comment atteindre leurs objectifs.</li><li>Faire pour eux des choses pour lesquelles ils ne sont pas équipés.</li><li>Leur apprendre des compétences que vous avez.</li><li>Les encourager à demander ce qu’ils veulent.</li><li>Ne vous limitez pas aux disciplines scolaires dans le soutien que vous offrez.</li></ul><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2161</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Hard Times in Paradise » des Colfax</title><link>https://economierebelle.com/%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90livre-hard-times-in-paradise-des-colfax/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=%25e2%25ad%2590%25e2%25ad%2590%25e2%25ad%2590%25e2%25ad%2590livre-hard-times-in-paradise-des-colfax</link> <comments>https://economierebelle.com/%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90%e2%ad%90livre-hard-times-in-paradise-des-colfax/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Fri, 13 May 2022 02:48:36 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Devenir résilient]]></category> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[autosuffisance]]></category> <category><![CDATA[école à la maison]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2100</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Les époux Colfax sont un couple d’universitaires et activistes d’extrême gauche. Leur engagement politique leur a valu d’être mis au ban du monde académique. Las des menaces, n’ayant aucune perspective de continuer leur carrière, le couple entreprit un changement radical : un retour à la terre dans les montagnes de Californie à Mendocino. Avec leurs&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Les époux Colfax sont un couple d’universitaires et activistes d’extrême gauche. Leur engagement politique leur a valu d’être mis au ban du monde académique. Las des menaces, n’ayant aucune perspective de continuer leur carrière, le couple entreprit un changement radical : un retour à la terre dans les montagnes de Californie à Mendocino.</p><p>Avec leurs trois enfants, les Colfax ont aménagé leur ranch dans des conditions très difficiles et parfois dangereuses sur une dizaine d’années.</p><p>Ils ont fait toutes les erreurs possibles et imaginables. C’est sans doute ce qui a permis à leurs enfants d&rsquo;apprendre la débrouillardise, le sens des responsabilités et la coopération. Aucun des enfants n’a été scolarisé. Leurs parents les ont laissé développer leurs talents naturels sans intervention autre que de les encourager, de répondre à leurs questions et de leur fournir le matériel nécessaire à leur exploration autonome.</p><p>C&rsquo;est un ouvrage à méditer avant de vous lancer dans une aventure du même genre.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><ul
class="wp-block-list"><li>Les Colfax ont achèté leur terrain de 47 acres au nord de la Californie au début des années 1970 à une époque où les hippies étaient légion.</li><li>Une des premières erreurs des Colfax a été d’acheter une tronçonneuse, un outil essentiel pour défricher, qui n’était pas adaptée à leurs besoins&nbsp;: trop lourde, peu maniable, d’occasion.</li><li>Malheureusement pour eux, leur terrain était resté en friche depuis une vingtaine d’années. Un terrain dont les arbres viennent d’être coupés est beaucoup plus facile à aménager que le même terrain 20 ans après. Il suffirait de brûler les branches, les écorces et les rondins de bois inutilisables. Vous disposeriez aussi de grands espaces laissés par les arbres coupés, de routes pour l’accès et de plateformes aménagées pour disposer les rondins.</li><li>Les Colfax ont eu de la visite après avoir incinéré des débris végétaux. Le feu et la fumée ont tendance à inquiéter ou susciter la curiosité des voisins. C’est ainsi qu’ils ont la visite de leur voisin, un juge qui était par ailleurs riche et propriétaire d’un journal…</li><li>Ils ont aussi reçu la visite de l’homme à tout faire de la région – sans doute informé – par l’agent immobilier qu’il y avait de nouveaux arrivants.</li><li>La nature peut être magnifique, mais il faut aussi compter sur les insectes et autres nuisibles, le jour et la nuit.</li><li>Les Colfax ont attendu 3 ans avant d’avoir de vraies toilettes, le temps de construire leur maison, la salle de bain, installer les canalisations, la fosse septique et le champ de drainage.</li><li>Il semblerait que le manque total de préparation, d’expérience et de bon sens du couple d’universitaires des Colfax dans l’aménagement de leur terrain, soit la principale raison du succès de leurs quatre enfants. Ils ont appris très tôt à ne compter que sur eux-mêmes!</li><li>La construction de leur maison s’est faite selon le code de la construction pour éviter une visite des autorités et surtout pour ne pas prendre le risque d’une démolition.</li><li>La famille s’est aperçue de certains défauts des contreplaqués livrés uniquement lorsqu’elle a coulé le béton dans les fondations. Malgré leurs efforts pour ajuster les fondations avant qu’elles ne durcissent, un côté n’a pas pu être rattrapé. Pour cette raison, à cet endroit-là, le sol est légèrement déformé.</li><li>Au plus fort de l’été, la famille a reçu de nombreux visiteurs indésirables qui croyaient avoir affaire à des hippies. L’aide apportée n’était pas à la hauteur de la gêne occasionnée, en particulier la fois où ils ont hébergé un toxicomane paranoïaque.</li><li>Alors que le toit n’était pas encore construit à l’automne, il a plu de manière continue ce qui a bien failli déformer les poutres censées soutenir le toit.</li><li>Leurs enfants apprenaient bien trop en travaillant avec leurs parents pour que le couple se préoccupe de les inscrire à l’école.</li><li>Une autre de leur erreur a été de planter un verger avant même de prévoir son irrigation! Au moins, ils ont eu l’idée de faire financer l’achat des arbres fruitiers par leur famille, un arbre à la fois.</li><li>Pendant tout ce temps, la famille n’avait pas accès à l’eau courante. L’eau pour la cuisine et les bains hebdomadaires devait être transportée depuis un ruisseau en contrebas jusqu’au campement. Après l’achat d’une pompe et du matériel requis, une autre déception attendait les Colfax. En effet, c’est seulement une fois que tout le dispositif a été péniblement assemblé et installé qu’ils réalisèrent que la pompe était défaillante. L’achat d’une autre pompe créa d’autres problèmes à cause de l’incompatibilité des raccordements…</li><li>Un petit bassin d’eau pour les besoins quotidiens avait été construit pour récolter l’eau puisée grâce à la pompe. Le bassin a attiré des cochons sauvages qui sont venus s’y abreuver.</li><li>En échange de leur travail, la famille a pu emprunter de l’équipement pour creuser un puits à l’endroit précis où un magnétiseur avait dit qu’il y avait une source à 25 mètres sous la surface. Après un mois de travail pénible et acharné, ce fut une nouvelle déception.</li><li>Finalement, le problème de l’eau fut résolu grâce à la générosité d’un voisin qui leur donna accès a ses sources. Il restait juste à éclaircir un passage entre leur maison et la source du voisin.</li><li>Cependant, contrairement aux spécifications techniques, la pompe utilisée avait des difficultés à extraire l’eau depuis la source du voisin. Ainsi, chaque année, les Colfax devaient remplacer la pompe, en général au plus fort de l’été.</li><li>Un jour, des guêpes s’en sont prises à la chèvre de la famille. La famille est allée essayer de libérer la chèvre – sans protection une première fois, avant de recommencer. Le couple s’est fait piquer. La femme a perdu connaissance à la suite d’un choc anaphylactique. Le médecin des urgences lui indiqua qu’elle aurait pu en mourir et qu’elle devrait considérer un kit pour les piqûres d’abeilles à l’avenir.</li><li>Une autre erreur aura été d’entamer leurs économies en faisant un aller-retour entre le ranch et Saint-Louis où les Colfax avaient entreposé leur mobilier. Au bout du compte, les machines à laver et à sécher du couple sont restées trois ans dans la maison dans leur emballage avant de finir au dépotoir.</li><li>David Colfax a fait de l’auto-stop jusqu’à la côte est pour acheter un pick-up massif. Son retour a été émaillé de nombreux problèmes techniques. Le moteur était détruit. 3000$ venaient de partir en fumée. David aurait pu acheter un véhicule équivalent (et sans problèmes) auprès de leurs voisins pour 2000$&#8230; Mais après tout, il n’y connaissait rien.</li><li>Lorsque l’argent est devenu un problème, les Colfax ont commencé à vendre des bûches de bois à un prix défiant toute concurrence. Dans ce commerce, ils ont dû faire affaire avec des gens plus ou moins bizarres comme par exemple le personnage qui inspectait les bûches une à une avant de les faire déposer près de sa Mercédès immaculée. «&nbsp;Le problème quand on est pauvre, c’est que vous n’avez plus de temps à vous.&nbsp;»</li><li>David Colfax fut recruté pour construire la maison d’une connaissance. Il évita les erreurs qu’il avait commises, mais n’en retira aucune satisfaction. Au contraire, il détestait cela et le fait de ne pas voir ses enfants de la journée et de rentrer épuisé à la maison le fit changer d’approche.</li><li>David Colfax, après 4 ans passés dans les bois, s’est finalement résolu à revenir dans le monde universitaire. Après avoir accepté une offre ferme pour un poste d’enseignement dans l’Illinois (payé moitié moins que son précédent poste), et avoir loué une maison pour la rentrée, l’université l’a informé que l’offre n’était plus sur la table ! La même chose se produisit avec deux autres offres.</li><li>En désespoir de cause, et après avoir dépensé leurs économies pour rendre la maison habitable, les Colfax prirent la décision d’aller enseigner au lac Supérieur dans une communauté isolée qui recherchait désespérément des professeurs.</li><li>Une semaine avant de partir au Canada, l’agence d’adoption leur a confirmé qu’ils allaient être les heureux parents d’un bébé esquimau.</li><li>Lors de leur déménagement à 3000km au nord, les Colfax n’ont pris avec eux aucun meuble, mais seulement des outils. L’idée était de fabriquer leurs propres meubles à partir de contreplaqué.</li><li>La vie en appartement leur a permis de redécouvrir la télévision et les commodités de la vie moderne. Après quelques mois, la télévision a perdu son attrait et la famille est tombée d’accord sur le fait que rien n’égalait la vie dans les montagnes de Californie sauf sans doute l’éclairage électrique supérieur à l’éclairage au kérosène pour lire le soir.</li><li>Les Colfax ont jugé que l’école ne pourrait pas faire bien du tort aux enfants pour le peu de temps qu’ils prévoyaient rester au Canada. Les enfants n’ont pas détesté ça, mais trouvaient qu’il s’agissait d’une terrible perte de temps.</li><li>Reed, le troisième enfant, a sauté la maternelle puisqu’une évaluation avait montré qu’il avait le niveau de lecture d’un 5<sup>ème</sup> ou 6<sup>ème</sup> année.</li><li>Drew le cadet a créé un incident dans le bus scolaire en refusant d’obéir à la consigne d’un 4ème année de ne pas s’asseoir avec la personne de son choix. Une fois chez le principal, il est resté muet et a refusé de s’identifier et de répondre à ses questions. Finalement, quelqu’un est allé chercher son frère aîné, Grant qui a joué les médiateurs.</li><li>Le contraste de leur vie bien ordonnée au Canada avec leurs aventures en Californie était saisissant. Les Colfax n’aimaient pas vraiment se soumettre à des routines quotidiennes décidées par les autres. Ils préféraient organiser leur vie ou leur survie en famille.</li><li>En quittant le Canada, Micki Colfax repensa aux trois mois passés au Maroc dans l’espoir d’aller enseigner en Ouganda, avant finalement de retourner aux États-Unis&nbsp;et de commencer leur aventure en Californie : «&nbsp;J’ai encore le même sentiment de m’échapper d’une prison.&nbsp;»</li><li>De retour en Californie, le couple Colfax a proposé sans trop de conviction à leurs enfants de devenir membre de l’organisation 4H pour rencontrer d’autres jeunes garçons. L’idée les a emballés. 4H est une sorte d’association de scoutisme où les enfants de la région peuvent s’initier aux métiers de la ferme auprès de professionnels.</li><li>C’est ainsi que l’aîné Grant, âgé de 13 ans, a appris à stopper net un bœuf Angus qui lui fonçait dessus à l’aide d’un coup de planche sur la tête. La famille venait en effet de mettre toutes leurs économies dans l’achat de deux bœufs.</li><li>Après avoir engraissé les bœufs, Grant et Drew ont participé à une vente aux enchères. Bien que leurs bœufs aient obtenu le meilleur ratio du poids ajouté par quantité de nourriture fournie, ils ont obtenu le prix le plus bas environ 60 cents la livre alors que d’autres avaient obtenu près de 3 dollars la livre. La famille réalisa qu’elle faisait très peu affaire avec le reste de la communauté et que par conséquent personne ne se sentait obliger de donner un bon prix.</li><li>La famille a remarqué que peu importe les protections mises en place pour mettre à l’abri leur potager, des lapins ou des chevreuils trouvaient toujours le moyen d’y pénétrer. Ils utilisèrent cela à leur avantage&nbsp;pour piéger le gibier à proximité de cet endroit stratégique.</li><li>Grant et Drew ont réussi à gagner quelques centaines de dollars en élevant des moutons. Grant, qui s’était pris de passion pour l’étude des chèvres, a lu énormément sur le sujet et a investi son argent ainsi que celui de ses parents pour sélectionner les bonnes chèvres et démarrer un élevage. Quelque temps plus tard, Grant réalisa que ses chèvres n’étaient peut-être pas si bonnes que cela!</li><li>Grant avait tout de même eu une bonne intuition. Il n’y avait pas d’argent à faire en vendant le lait de chèvre. Le seul commerce réellement rentable était l’élevage et la vente de chèvres de bon pedigree. Profitant du départ à la retraite de propriétaires d’un bouc d’exception, il convainquit ses parents d’acheter l’animal. Drew fit la même chose avec des moutons au lieu de chèvres. Après quelques années, la famille fut connue dans la région pour ses animaux de qualité supérieure.</li><li>La famille a connu toutes sortes de mésaventures dans leurs expériences. Par exemple, David et un de ses fils ont fait une violente réaction allergique en brûlant du sumac vénéneux du chêne. Leur visage a gonflé subitement et ils ont dû se rendre à l’hôpital.</li><li>Un mouton qui a réussi à pénétrer dans la réserve s’était empiffré avec des céréales. Chez les ruminants, cela génère la production de gaz qui s’ils ne sont pas évacués provoque la mort. Il y a deux méthodes pour les sauver, soit inciser un de leurs estomacs avec tous les risques que cela comporte, soit lui faire évacuer le contenu des estomacs par aspiration!</li><li>Leur vieux pick-up dont toutes les pièces avaient été changées au moins une fois a failli coûter la vie à Micky et trois de ses enfants lorsque les freins ont lâché dans une descente dangereuse. Ils n’ont dû la vie qu’à un rocher qui se trouvait sur l’accotement.</li><li>Drew et Reed développèrent un goût pour les courses à pied et ne tardèrent pas à ajouter des trophées de course de la région ou de l’état à tous ceux que la famille avait gagnés lors des foires agricoles.</li><li>Le couple Colfax a toujours profité de l’anniversaire de leurs enfants pour leur donner soit des cadeaux éducatifs (livres de leurs auteurs favoris ou sur les sujets qu’ils aiment, encyclopédies, etc.), soit des objets utiles pour leurs projets (seaux en inox, outils, etc.). Drew avait démontré de l’intérêt pour l’astronomie. Comme un télescope était beaucoup trop dispendieux, et sur les conseils d’un vendeur spécialisé, Micky acheta tout le matériel nécessaire à la construction d’un télescope. Drew passa des centaines d’heures à poncer le miroir principal et à réaliser l’assemblage. Lui et son frère créèrent un observatoire dans le verger. À peine trois semaines plus tard, il observa une comète en même temps que trois autres observateurs amateurs.</li><li>La pompe explosa et déclencha un incendie. Il fallut que Reed coure à travers les bois pour pouvoir appeler les pompiers chez le voisin. Heureusement, l’incendie fut contenu. Cela démontra à la famille la nécessité d’avoir accès à une ligne téléphonique!</li><li>Le fait de ne pas être connecté au réseau électrique n’a jamais dérangé la famille. Les générateurs suffisaient amplement pour faire fonctionner les outils. De plus, la famille s’était habituée à faire chauffer l’eau sur le poêle pour leur hygiène quotidienne. En revanche, l’absence du téléphone a toujours été&nbsp;problématique&nbsp;: les visiteurs indésirables pouvaient arriver sans prévenir, beaucoup de temps était perdu lorsqu’un article n’était pas disponible chez le fournisseur et qu’un simple coup de fil aurait pu soit permettre d’éviter le voyage, soit permettre de discuter avec la famille d’un article de substitution.</li><li>Pour avoir accès à l’électricité, cela suppose que les voisins soient d’accord pour installer des lignes électriques sur leur terrain. En résumé, cela revient à abandonner une partie du terrain à la compagnie d’électricité pour maintenir les lignes et à prendre les risques associés aux lignes haute tension, sans parler de l’esthétique. La ligne téléphonique suit les mêmes lignes que le réseau électrique en général. Mais il existe une autre option&nbsp;: les lignes téléphoniques rurales.</li><li>Avec le matériel approprié, la famille a dû établir une ligne en hauteur suspendue d’un arbre à l’autre tous les 15m. Le travail à réaliser était énorme&nbsp;: éclaircir le bois, couper certains arbres, éviter que le fil ne touche les branches !</li><li>Le téléphone perturbait leur vie quotidienne, paisible et tranquille jusque-là. Malgré tout, au total, le téléphone améliora leur qualité de vie. En fait, cela leur donna davantage de temps libre pour se consacrer aux loisirs (films) ou à de l’activisme politique.</li><li>L’isolement de la famille a été clé au début de leur aventure pour les mettre à l’abri des autorités scolaires. Plus tard, le fait que tous leurs enfants décrochaient les meilleurs prix au club 4-H a démontré clairement aux yeux de tous qu’ils avaient appris bien plus à la maison qu’en allant à l’école.</li><li>Contrairement à d’autres familles qui ne se sont pas accrochées, les Colfax ont réussi à tenir le cap. Grant, l’aîné est celui qui a essuyé les plâtres. Par la suite, Grant a pu aider ses parents à contribuer à l’enseignement de ses frères puisqu’il savait ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas.</li><li>Grant décida d’aller à l’université. Pour ce faire, il s’imposa un programme intensif d’études. Grant a ainsi noté ses progrès au cours de 4 mois&nbsp;: 420 pages de mathématiques, 800 pages d’anglais, 200 pages de chimie, l’équivalent d’une deuxième année d’espagnol.</li><li>La famille a accompagné Grant pour ses entrevues avec les universités. La première à Cornell s’est mal passée, car la personne en charge du recrutement se disait incapable de l’évaluer. L’argent était aussi un problème dans la mesure où même les universités d’état étaient trop coûteuses. Il ne pouvait pas non plus, dans le cas de Grant, compter sur une bourse athlétique. Harvard et Yale en revanche disposaient de programme de bourses d’études tout compris.</li><li>Grant a obtenu d’excellents scores au SAT et autres tests standardisés. Ses entrevues dans la plupart des Universités se sont très bien déroulées. Elles avaient tendance à durer une ou deux heures au lieu des 15 minutes réglementaires. Naturellement, il fut admis à Harvard pour y faire médecine – tous frais payés. Plus tard Drew et Reed seront également admis à Harvard.</li><li>Au total, cela a pris environ 10 ans de dur labeur à la famille Colfax pour devenir autosuffisante. La recette de leur succès a été de faire une gestion attentive et méticuleuse d’un petit nombre de bêtes de qualité supérieure. Rien de cela n’aurait été possible sans avoir utilisé le travail de leurs quatre enfants. Désormais, ils allaient quitter le ranch familial l’un après l’autre.</li><li>Les Colfax ont vu de nombreuses tentatives romantiques de revivre à la campagne. Toutes ou presque se sont soldées par des échecs&nbsp;: commerce de planches à découper, un hôtel, une mise en conserves, un magasin bio, le magasin d’aliments pour animaux, la fabrique de cidre. Les vignobles semblaient faire exception, mais sans doute parce que ceux qui se lançaient en affaire le faisaient avec des fonds importants&nbsp;: «&nbsp;Dans le commerce du vin, vous finissez en général avec une petite fortune après y avoir investi une grande.&nbsp;» Dans la pratique, la vallée ne semblait pas capable de soutenir plus que 2 ou 3 quincailleries, 2 ou 3 stations-service et 1 ou 2 cafés. Les seuls qui avaient l&rsquo;air de prospérer étaient les agents immobiliers qui tiraient parti des fantasmes des néoruraux.</li><li>Un partenariat improbable avec une cheffe à la cuisine dédiée à un public snob améliora la situation financière de la famille. Au début, ce restaurant chic détonait compte tenu de la population locale de fermiers. Après plusieurs mois sans réelle clientèle, d’un seul coup, le restaurant fut découvert par son public d’écrivains, de critiques gastronomiques et autres gourmets de San Francisco et du reste du pays. Les Colfax approvisionnaient le restaurant en échange de repas gratuits. Le restaurant proposa à ses clients des logements pittoresques et recommanda la famille Colfax qui venait de construire une cabine à louer dans le ranch avec un petit-déjeuner de la ferme.</li><li>La cabine fut un immense succès. Malheureusement, l’expérience pouvait devenir pénible avec des clients curieux de leur mode de vie et qui les interrogeaient sur leur méthode d’enseignement et comment il avait réussi à envoyer leur fils aîné à Harvard.</li><li>La publicité générée par les articles de presse autour des prouesses de la famille a suscité l’intérêt du mouvement «&nbsp;homeschooling&nbsp;» pour l’éducation des enfants à la maison. Les Colfax se faisaient payer pour les appels de parents désireux d’en savoir plus sur leur méthode. De là est née l’idée d’écrire un livre sur le sujet.</li><li>La gentrification de la vallée n&rsquo;apportait pas que des désagréments. Par exemple, avec l&rsquo;arrivée de clients affluents, de nouveaux débouchés s&rsquo;offraient aux entreprises de la région.</li></ul><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2100</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Teach Your Own » de John Holt</title><link>https://economierebelle.com/livre-teach-your-own-de-john-holt/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-teach-your-own-de-john-holt</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-teach-your-own-de-john-holt/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sat, 23 Apr 2022 03:24:09 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[école à la maison]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2086</guid><description><![CDATA[<p>Introduction John Holt est l’un des fondateurs du mouvement «&#160;unschooling&#160;» qui prône la déscolarisation des enfants au profit d’un apprentissage autonome et personnalisé. Son livre “Teach Your Own”, paru en 1981, s’appuie sur sa correspondance avec des parents qui font l’école à la maison et expose les diverses situations auxquelles ils sont confrontés. Pourquoi retirer&#8230; <a
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Les gens qui souffrent, qui ont une vie pénible et ennuyeuse, ne supportent pas que les autres souffrent moins et les feront souffrir aussi s’ils le peuvent.</p><p>Tant que de tels parents représentent la majorité – et c’est le cas – il ne sera pas possible de réformer l’école. Pourquoi les enfants devraient-ils prendre du plaisir au lieu de s’habituer dès que possible à faire des choses qui ne leur plaisent pas comme c’est le cas de leurs parents.</p><p>Une minorité de parents choisissent de déscolariser leurs enfants pour les éduquer à la maison pour trois raisons. Ils considèrent que l’éducation de leurs enfants est leur affaire et non celle du gouvernement. Ils aiment avoir leurs enfants près d’eux et les aider à se développer. Ils veulent leur éviter de souffrir mentalement, physiquement et spirituellement.</p><p>Il est difficile de savoir leur nombre en partie parce que certains parents font l’école à la maison en secret. Lorsqu’ils arrivent dans une nouvelle région ou dans un nouvel état, ils n’inscrivent pas leurs enfants à l’école du quartier. En cas de questions, ils disent qu’ils ont inscrit leurs enfants à l’école privée. Parfois, dans certains états, ils s’enregistrent comme une école.</p><p>S’il est difficile de dire qui sont ces familles, il est plus aisé de dire qui elles ne sont pas. Elles ne vivent pas dans les grandes villes. Elles ne sont pas dans les quartiers les plus aisés du pays non plus. Elles ont un revenu moyen et ont tendance à vivre à la campagne.</p><p>Différentes expériences ont montré que le temps de lecture en silence améliorait l’apprentissage. Cependant, de nombreux enseignants ne le font pas, jugeant peut-être le niveau de leurs élèves insuffisant, ou l’interrompent avec des questions, des colles ou des commentaires.</p><p>Une autre étude indique que la plupart des enseignants notent mieux un exposé écrit avec un langage ampoulé que le même exposé écrit en termes simples&nbsp;!</p><p>Très souvent, les familles qui choisissent de faire l’école à la maison sont celles d’enfants qui ont appris à lire très tôt. Leurs enfants souhaitent lire des livres de leur âge, mais leur enseignant leur impose de faire les mêmes exercices que les autres, d’où une grande frustration.</p><p>Les familles qui retirent leurs enfants de l’école remarquent souvent une nette amélioration de leur santé. En effet, beaucoup d’enfants n’ont pas le loisir de lire ou de s’adonner aux activités intellectuelles qui les intéressent lors des heures de classe et se rattrapent à la maison. Cela réduit fortement le temps pour les activités physiques.</p><h3 class="wp-block-heading">Objections courantes à l’école à la maison</h3><h4 class="wp-block-heading">Nous avons besoin d’un socle commun à tous les citoyens.</h4><p>Nous avons besoin plus que jamais, en effet, d’un dénominateur commun à tous les citoyens. Trop souvent de nos jours, l’unité n’est réalisée que contre des ennemis extérieurs. Pour autant, l’école n’est pas le bon endroit pour construire une identité commune. Du moins pas tant qu’elle servira à classer les individus entre perdants et gagnants et à préparer les perdants à accepter une vie misérable.</p><p>Certains prétendent aussi que l’école met en contact de nombreux groupes sociaux et raciaux qui n’auraient pas eu l’occasion de se croiser autrement et que cela contribue à réduire les préjugés. Sans doute. D’un autre côté, des enfants éduqués à la maison ont tendance à avoir une meilleure estime d’eux-mêmes et par conséquent moins besoin de trouver des boucs-émissaires.</p><h4 class="wp-block-heading">L’école publique donne l’occasion de se faire des amis d’une race ou d’une classe sociale différente</h4><p>La séparation des élèves se fait très tôt et souvent sur la base de l’apparence et des manières, de sorte qu’en pratique il est difficile de côtoyer des élèves différents dans une même classe. D’un autre côté, les écoles sont le théâtre de conflits raciaux ou de classe entre différents groupes qui ne se connaissent pas.</p><h4 class="wp-block-heading">Comment empêcher les parents aux idées bornées de les transmettre à leurs enfants ?</h4><p>La différence entre un pays libre et un État policier est que dans le pays libre, pourvu que vous suiviez les lois, vous avez le droit de croire ce que vous voulez.</p><p>Si nous devions censurer des idées, alors qui déciderait&nbsp;et selon quel critère&nbsp;?</p><p>En fait, non seulement les gens ont le droit de croire ce qu’ils veulent: que la terre est plate, que certaines races sont supérieures, mais ils ont aussi le droit de transmettre ces idées à leurs enfants.</p><p>Aucune autorité gouvernementale, y compris l’école, ne devrait avoir le droit de dire ce qui est vrai et ce qui n’est pas vrai. Inévitablement, l’école met en avant certaines idées. Ceux qui sont d’accord avec ces idées y enverront volontiers leurs enfants. Mais qu’en est-il de ceux qui ne sont pas d’accord&nbsp;? Pourquoi ne pourraient-ils pas avoir un autre choix&nbsp;?</p><p>Même si vous pensez que c’est la mission de l’école de lutter contre les préjugés, il faut quand même admettre après plusieurs générations de scolarisation obligatoire qu’elle n’a pas fait un très bon travail.</p><h4 class="wp-block-heading">Si vous ne mettez pas vos enfants à l’école, comment pourront-ils s’insérer dans la société&nbsp;?</h4><p>L’école pourra en effet aider votre enfant à croire ce que la plupart des gens croient, et à aimer ce que la plupart des gens aiment. Le présupposé est que sans l’école, les enfants vont devenir des marginaux et ne s’adapteront pas à la société.</p><p>Mais que se passe-t-il quand les valeurs dominantes du moment, l’argent, le sexe et la drogue&nbsp;imprègnent l’école ? Est-il toujours intéressant d’y envoyer vos enfants pour qu’ils partagent cette «&nbsp;culture&nbsp;»&nbsp;commune ?</p><h4 class="wp-block-heading">Les enfants qui font l’école à la maison ne vont-ils pas manquer la vie sociale à l’école&nbsp;?</h4><p>Voici un petit aperçu de la vie sociale à l’école&nbsp;: un groupe de leaders populaires, les suiveurs et les exclus. Les sujets de conversation tournent autour de qui est fâché avec qui, de qui est invité (ou pas) à telle ou telle fête. Les préoccupations sont centrées sur la compétition et le statut. C’est encore plus le cas dans les écoles où les élèves viennent de milieux privilégiés.</p><p>Le quotidien de l’école est marqué par la violence et l’humiliation de certains élèves, pour l’exemple ou par méchanceté gratuite. La peur est entretenue. Les élèves finissent par internaliser les règles du jeu qu’on veut leur faire jouer&nbsp;: trouver un plus faible que soi à écraser, de préférence en groupe.</p><p>Les dynamiques de groupe qu’on trouve à l’école ont aussi des effets désastreux. C’est ainsi que de nombreux élèvent commencent à fumer et à boire, non par goût, mais parce que les autres autour d’eux le font. Le phénomène est amplifié par le fait que l’école limite artificiellement les contacts à ceux des élèves du même âge.</p><h4 class="wp-block-heading">Le problème de l’exposition des élèves à des enseignants non certifiés</h4><p>Un enseignant certifié et un bon enseignant ne sont pas nécessairement les mêmes choses.</p><p>Étrangement, de nos jours, il faut une préparation spécifique pour apprendre à enseigner.</p><p>Cependant, depuis l’aube des temps, les humains ont transmis efficacement leur savoir à d’autres humains sans que cela soit leur activité principale en respectant certains principes&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Pour aider quelqu’un à apprendre, vous devez savoir où il est rendu</li><li>Montrer est mieux que parler, laisser les autres faire est encore meilleur</li><li>Y aller progressivement. Ne pas tout dévoiler d’un coup.</li><li>Laisser autant de temps que nécessaire pour que l’élève absorbe le matériel présenté</li><li>Plutôt que de leur faire un examen, évaluez leur niveau d’après les questions qu’ils posent</li><li>Vous ne devez pas vous énerver lorsque les gens ne comprennent pas</li><li>Faire peur bloque l’apprentissage</li></ol><p>N’est-il pas d’ailleurs intéressant de noter que le groupe professionnel le plus représenté parmi les parents d’élèves des écoles <em>privées</em> est formé des administrateurs d’écoles publiques&nbsp;!</p><p>Une expérience intéressante a été menée à l’intérieur d’une école défavorisée. Des 5<sup>ème</sup> années devaient apprendre à lire à des 1<sup>ère</sup> années. Non seulement les 1<sup>ère</sup> années soumis à ce régime ont appris à lire plus vite que ceux qui avaient un enseignant certifié, mais les 5<sup>ème</sup> années qui donnaient les cours ont considérablement amélioré leur niveau&nbsp;de lecture&nbsp;!</p><p>Il y a une leçon à tirer ici. L’apprentissage entre enfants est effectif, car la relation est éphémère et moins importante que leur amitié. Si les choses tournent mal, soit le jeune maître adopte une autre approche, soit le jeune élève va se trouver un autre partenaire&nbsp;!</p><p>De même lorsque des parents qui font l’école à la maison se rendent compte qu’ils vont trop loin avec leur enfant, ils s’arrêtent et vont chercher une autre façon de faire.</p><p>Ceux qui souhaitent faire l’école à la maison ont ce profil&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Ils aiment la compagnie de leurs enfants</li><li>Ils ont confiance en leurs enfants, les respectent, les traitent avec courtoisie et les prennent au sérieux</li><li>Ils ressentent une partie de l’émerveillement de leurs enfants tandis qu’ils explorent le monde autour d’eux</li><li>Ils sont suffisamment sceptiques vis-à-vis des experts, ont suffisamment confiance en eux pour accepter d’être différents des autres</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Comment vais-je trouver le temps de passer six heures avec mon enfant chaque jour&nbsp;?</h4><p>Soyez honnête, combien de temps votre enseignant vous a-t-il vraiment consacré à l’intérieur d’une semaine&nbsp;? Si l’on exclut les blâmes, les avertissements, les consignes, les menaces, le temps passé à discuter avec vous d’un sujet qui vous intrigue ou qui vous intéresse est de l’ordre de 15 minutes par semaine, au plus 15 minutes par jour.</p><p>D’autre part, les enfants ne supportent pas d’avoir six heures d’instruction par jour. C’est beaucoup trop.</p><p>Les enfants veulent faire partie de votre vie, voir où vous allez, découvrir ce qui vous intéresse, rencontrer vos amis et connaître votre passé.</p><p>Vos enfants ont besoin de connaître d’autres adultes. Ils ont besoin de deux ou trois amis de leur âge, mais pas beaucoup plus. Par-dessus tout, il leur faut beaucoup de temps de solitude au calme, du temps où il n’y a rien à faire.</p><h4 class="wp-block-heading">Comment les enfants vont-ils apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir&nbsp;?</h4><p>Un enfant ne sait pas ce dont il aura besoin dans dix ans. En fait, personne ne le sait. Par contre, il sait ce qu’il désire intensément connaître et comprendre à un moment donné. Lorsque sa curiosité est satisfaite, les connaissances ainsi acquises restent pour ainsi dire gravées dans sa mémoire.</p><p>Il n’est pas difficile ni très coûteux de trouver de l’équipement pour apprendre la chimie ou les sciences physiques. Même pour la biologie, le matériel est disponible dans la nature. Avec le développement de l’enseignement à la maison, il sera sans doute possible de disposer d’un marché actif pour l’achat, la vente et la revente de l’équipement.</p><p>Il faut comprendre que l’enseignement supérieur n’a pas pour objet d’apprendre une spécialité, mais d’empêcher le public d’avoir accès à l’information et de contingenter la profession. Il est par exemple intéressant de noter que le travail effectué actuellement par les titulaires de doctorats était il n’y a pas si longtemps effectué par des titulaires de maîtrise.</p><p>En tant que parent, vous devez vous efforcer de mettre autant de bonnes choses que possible dans leur vie et d’enlever autant de mauvaises choses que possible. Si vous jugez que l’école fait partie de ces mauvaises choses, vous devriez prendre action. Même ainsi, vos enfants auront leur quota d’adversité dans le monde. Autant leur épargner la perte de temps que constituent les défis bidon de l’école&nbsp;: faire plaisir au prof, faire profil bas, s’intégrer au groupe, être populaire, faire comme les autres.</p><p>Les enfants qui suivent leur inclination n’évitent pas les difficultés et ne font pas juste ce qui leur plaît. Cela leur forge le caractère. Au contraire, à l’école, se soumettre à une autorité sous la menace le détruit.</p><h3 class="wp-block-heading">Politique et déscolarisation</h3><h4 class="wp-block-heading">École à la maison et changements sociaux</h4><p>Le changement social se produit sur une très longue période. Au départ, seul 1% des gens sont prêts à non seulement changer leur vision politique, mais surtout le mode de vie. Puis cette proportion augmente à 2, 5, puis 10, 20, 30%. Il est contre-productif d’essayer de faire changer d’avis la majorité en argumentant.</p><p>C’est peu ou prou ce qui est en train de se passer avec l’éducation à la maison. Des actions individuelles pour changer la façon d’éduquer les enfants ne sont pas politiques en tant que telles à moins qu’on en fasse la publicité dans le but de multiplier les vocations.</p><p>Les parents qui décident de faire l’école à la maison font preuve de leadership, c’est-à-dire non pas la capacité à se faire suivre, mais la capacité à suivre son chemin. Cela demande&nbsp;du courage, de l’endurance, de la patience, de la flexibilité, de la détermination, de l’ingéniosité, de l’humour et de garder son sang-froid face à l’adversité et aux imprévus.</p><h4 class="wp-block-heading">Qui est-ce que l’école aide&nbsp;?</h4><p>La plupart des gens qui travaillent pour l’Éducation nationale pensent sincèrement que l’école aide les enfants de pauvres à améliorer leur sort.</p><p>En réalité, la petite minorité des riches cherchent à préserver leur progéniture de la pauvreté à tout prix. Pour ce faire, il est dans leur intérêt de limiter l’accès à la connaissance autant que possible. C’est ce qui se passe partout dans le monde.</p><p>Par exemple, aujourd’hui, le secteur de l’énergie solaire est animé principalement par de petites entreprises, des inventeurs et des amateurs. Il n’existe pas de diplôme reconnu pour travailler dans l’industrie naissante. Mais dans dix ans, la plupart de ces gens vont s’organiser pour faire passer des lois ou des règlements exigeant des certifications et des diplômes coûteux. Bref, des barrières à l’entrée seront érigées pour limiter la concurrence.</p><h4 class="wp-block-heading">Un autodidacte de la vie</h4><p>En 1815, Hiram Salisbury était un homme ordinaire. Il savait faire toutes les corvées de la ferme, découper des planches, fabriquer une maison, collecter les taxes de la ville, réparer des horloges, pêcher, forger les métaux et une longue liste d’autres activités. Un individu de notre époque n’aurait pas survécu longtemps à la sienne.</p><p>Un tel personnage n’a pas appris en allant à l’école, mais en faisant. De plus, il n’y a pas de meilleure incitation à faire un bon travail que lorsqu’on sait que le produit va être utilisé par quelqu’un.</p><h4 class="wp-block-heading">Déscolarisation et les classes laborieuses</h4><p>L’école à la maison peut sembler être réservée à des personnes des classes supérieure ou moyenne. Il n’en est rien.</p><p>Une large portion des familles qui éduquent leurs enfants à la maison viennent de milieux défavorisés. Il s’agit souvent aussi de mères célibataires. Souvent, elles ont choisi de sortir leur enfant de l’école après s’être entendu dire que leur enfant n’apprenait rien. Ces familles ont refusé de se résigner.</p><p>L’obtention du baccalauréat est importante pour certaines familles défavorisées. Mais cela ne nécessite pas d’assister aux cours. Tout peut se faire par correspondance.</p><p>Autant que possible, il convient d’éviter l’affrontement avec les autorités. Une mère de famille qui était harcelée par les autorités après avoir retiré son enfant des griffes de l’école a simplement déménagé dans un autre état.</p><h3 class="wp-block-heading">Les sortir de là</h3><h4 class="wp-block-heading">Préparer votre dossier</h4><p>L’expérience montre que vous avez de meilleures chances de pouvoir faire l’éducation de vos enfants à la maison si vous préparez un projet détaillé à destination de votre école et/ou des autorités. Vous devez expliquer pourquoi vous souhaitez faire l’école à la maison, comment vous comptez vous y prendre, et surtout quelle est la jurisprudence actuelle qui selon vous garantit votre droit. Plus le document est long, mieux c’est.</p><p>Envoyez le document à tous les membres du comité d’administration et toute partie prenante utile. Mettez les destinataires bien en évidence, ce qui incitera les destinataires à lire votre œuvre et à en discuter entre eux. Ces gens sont déjà obligés d’assister à toutes sortes de rencontres inutiles. Faites-leur comprendre que vous allez leur mobiliser beaucoup de leur temps.</p><p>Pour ce qui concerne le programme d’étude, écrivez quelque chose qui sera accepté par les écoles, mais sans être si précis que cela réduira votre liberté d’action. Par exemple, ne dîtes pas que vous étudierez l’anglais le jeudi de 9h à 10h. Par contre, vous pourrez dire en bonne conscience que chacune des disciplines sera couverte avec autant d’heures qu’à l’école.</p><h4 class="wp-block-heading">Lorsque l’école coopère</h4><p>Certains arguments contribuent à convaincre l’école du bien-fondé de votre projet&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Mentionner que votre enfant dispose d’un réseau de relations sociales hors de l’école.</li><li>Indiquer que votre enfant fera le point régulièrement avec un professeur certifié dûment nommé</li><li>Préciser les livres que vous avez lus sur le sujet</li><li>Donner des exemples précis concernant le mode d’apprentissage de votre enfant</li><li>Ne pas attaquer le principe de l’école, mais le système d’évaluations fréquentes qui est nécessaire lorsque l’enseignant ne peut pas suivre individuellement les progrès des élèves</li><li>Expliquer les perturbations du rythme scolaire sur la vie familiale</li><li>Suggérer que l’école à la maison ne nécessite pas de dépenser autant d’énergie dans la discipline que dans une classe de trente élèves</li><li>Ne montrer aucune rancœur vis-à-vis du système scolaire, exprimer une approche philosophique différente.</li><li>Mentionner que les parents sont mieux à même d’identifier ce qui intéresse leurs enfants et de faire des activités sur ces thèmes dans un court délai, ce que l’école ne peut pas faire.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Écoles alternatives</h4><p>Une autre façon de sortir ses enfants du système scolaire consiste à les inscrire nominativement dans une école privée dans un premier temps. Certaines pourront même aider à préparer votre projet d’école à la maison.</p><p>Il faut réaliser que les écoles sont en général disposées à faire des exceptions tant que personne ne se plaint. Cependant, dès lors qu’un voisin un peu trop curieux vous dénonce, les administrateurs de l’école deviennent très vite nerveux. La bonne réponse autant pour le voisin curieux et surtout pour l’école est de dire que l’enfant fait sa scolarité dans une école privée.</p><h4 class="wp-block-heading">Lorsque les écoles ne coopèrent pas</h4><p>Les fonctionnaires en haut de la pyramide hiérarchique au niveau de l’état sont les plus compréhensifs et réalisent qu’un conflit ne peut qu’être dommageable. En revanche, l’opposition et l’hostilité sont les plus grandes chez les administrateurs de l’école de quartier. Ils ne comprennent pas ce que vous voulez faire, ils n’acceptent pas que vous, une personne non certifiée, soyez en mesure d’enseigner à vos enfants. De plus, l’absence de votre enfant leur fait perdre des ressources&nbsp;!</p><p>Vos interlocuteurs locaux vous diront qu’il y aura des conséquences, comme par exemple que votre enfant n’obtiendra pas d’équivalence de niveau ou qu’il redoublera s’il veut revenir dans le système. Cela devra être le principal point de désaccord&nbsp;: l’équivalence entre ce que votre enfant apprend à la maison et ce qu’il apprend à l’école.</p><p>Recherchez des alliés parmi d’anciens enseignants, notamment pour préparer le programme que vous présenterez à l’école.</p><p>Faites un relevé précis des communications au téléphone ou par écrit, ou autre avec l’école ainsi que leur contenu. Posez le plus possible de questions et essayez de vous mettre à la place de vos différents adversaires.</p><p>Une fois qu’il apparaît clair que l’école ne coopère pas, mettez tout par écrit autant que possible. Si vous devez avoir des conversations téléphoniques, enregistrez-les ou faites un compte-rendu à valider par l’autre partie.</p><h4 class="wp-block-heading">Autres tactiques</h4><p>Le principal risque est la dénonciation par les voisins suspicieux. Du point de vue de l’école, ce qui les intéresse est le niveau de l’enfant tel que mesuré par les évaluations. Des tactiques peuvent être utilisées&nbsp;pour couvrir l’un ou l’autre de ces problèmes :</p><ul
class="wp-block-list"><li>Certains font faire une exemption par un médecin en utilisant le motif de l’hyperactivité.</li><li>D’autres minimisent le temps passé à l’école et choisissent le professeur le mieux adapté, etc. Connaître les règles de présence aide&nbsp;: un certain nombre de jours d’absence est autorisé, si l’enfant quitte à 10h30, il peut être considéré à présent une demi-journée, certaines causes d’absence sont bonnes à connaître.</li><li>Une autre tactique consiste à faire évaluer son enfant s’il est précoce et fournir l’évaluation à l’école.</li><li>Certains épargnent une ou deux années de lycée à leur enfant en leur faisant prendre des cours à l’université d’avance. Ainsi, le test de l’équivalence est difficilement discutable en cour si l’étudiant obtient de bonnes notes à l’université.</li><li>Avoir à la maison les guides et manuels qui ont la bénédiction des autorités scolaires comme preuves de vertu lors d’éventuelles visites.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">L’école à la maison en pratique</h3><h4 class="wp-block-heading">Se concentrer sur ce qui intéresse l’enfant</h4><p>Faire l’école à la maison permet de sortir du cadre rigide de l’école. D’autres matières peuvent être enseignées comme l’archéologie ou l’astronomie. L’apprentissage y est plus naturel si on laisse l’enfant suivre sa curiosité et avoir le plaisir de découvrir par lui-même de nouveaux sujets d’étude.</p><h4 class="wp-block-heading">Le langage</h4><p>Pour apprendre à lire à son enfant, il est inutile de mettre de la pression. Il vaut mieux donner de nombreuses occasions de l’initier à la lecture&nbsp;: l’enfant peut chercher les livres qui lui plaisent à la bibliothèque pour se les faire lire par ses parents.</p><p>Pour les nombres, vous pouvez faire des jeux qui les utilisent indirectement comme la bataille navale ou de simples jeux de cartes.</p><h4 class="wp-block-heading">Sciences</h4><p>Un jardin, la télévision, et les musées locaux peuvent beaucoup contribuer au goût pour les sciences.</p><h4 class="wp-block-heading">Société</h4><p>Il faut donner l’opportunité à votre enfant de vous accompagner dans vos activités d’adulte. Cela l’expose à différentes situations de la vie réelle et lui donne à connaître toutes sortes d’occupations qui existent.</p><p>Il convient de lui fournir tout l’équipement dont il pourrait avoir besoin pour un apprentissage autonome&nbsp;: papier, matériel de dessin, magazines, livres, jeux intéressants. S’il a des questions, se rendre disponible pour y répondre, mais pas plus que nécessaire. Surtout, il faut être patient. L’enfant peut tout simplement ne pas être prêt.</p><h4 class="wp-block-heading">Un jour sans école</h4><p>Le principal problème qu’il y a à suivre un programme officiel est soit que l’enfant connaît déjà le sujet, soit qu’il n’est pas encore prêt pour aborder la nouvelle notion.</p><p>Essayer de reproduire l’école dans le contexte familial est une perte de temps dans tous les sens du terme. En particulier, cela laisse peu de temps pour autre chose.</p><p>Certains parents utilisent de nouveaux classeurs chaque mois pour compiler le travail fait par les enfants, les souvenirs d’excursions, etc. Vous pouvez aussi noter dans un journal les activités réalisées.</p><p>En général, c’est une bonne idée de proposer aux enfants des activités que les parents font volontiers&nbsp;: lecture, piano, promenades en forêt, les échecs, etc.</p><h4 class="wp-block-heading">Explorer ensemble</h4><p>Quelques exemples d’activités à faire en famille&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Fabriquer des livres</li><li>Apprendre et réciter des poèmes ou des scènes de théâtre</li><li>Jongler et faire des exercices d’équilibre</li><li>Construire un abri d’oiseau</li></ul><p>Les activités à la maison sont l’occasion de rechercher et d’atteindre la perfection dans la réalisation, d’où de bien meilleurs standards qu’à l’école.</p><h3 class="wp-block-heading">Vivre avec les enfants</h3><h4 class="wp-block-heading">Les enfants, leur nature et leurs besoins</h4><p>Les enfants veulent bien faire comme les adultes. Il leur manque juste de l’expérience et un meilleur contrôle de leurs émotions.</p><p>Jusqu’à un an environ, le meilleur environnement pour un bébé est celui qui a toujours été en vigueur depuis la nuit des temps&nbsp;: le contact constant avec sa mère. Les bébés ainsi élevés sont exposés aux diverses activités des adultes et ne demandent qu’à pouvoir y participer dès que possible.</p><h4 class="wp-block-heading">Nés bons</h4><p>Lorsqu’un enfant d’un ou deux ans observe une personne qui souffre, ils font preuve d’empathie et veulent aider.</p><h4 class="wp-block-heading">Dire non</h4><p>Il vaut mieux éviter autant que possible de dire non sur le ton de la colère. La bonne approche pour changer le comportement d’un bambin est de lui dire d’une voix neutre que ce qu’il fait n’est pas approprié et surtout d’accompagner le mot d’un geste&nbsp;: ralentir le mouvement de ses mains avec douceur, autant de fois que nécessaire.</p><h4 class="wp-block-heading">Tester les adultes</h4><p>Les enfants testent naturellement les limites avec les adultes. Mais ce n’est pas une fatalité.</p><p>Par exemple, un enfant peut vouloir empêcher une conversation entre adultes. Demandez-lui de but en blanc&nbsp;: «&nbsp;essayes-tu de m’énerver&nbsp;?&nbsp;– Oui&nbsp;». Proposez-lui alors un jeu ou un défi&nbsp;: «&nbsp;veux-tu voir qui va ennuyer le plus l’autre&nbsp;? – Non&nbsp;». En général, les enfants difficiles veulent attirer l’attention sur eux. Il teste aussi les autres tout en sachant que ce n’est pas bien, juste pour voir ce qui va se passer.</p><h4 class="wp-block-heading">D’accord&nbsp;?</h4><p>«&nbsp;Mets ton manteau, d’accord&nbsp;?&nbsp;»</p><p>Le «&nbsp;d’accord&nbsp;» est de trop. Il implique qu’on laisse un choix, alors que ce n’est pas vraiment le cas. Si vous êtes invités chez quelqu’un, votre hôte vous dira sans doute quelque chose du genre «&nbsp;Nous nous levons à 7h du matin&nbsp;» et pas «&nbsp;Nous nous levons à 7h du matin, d’accord&nbsp;?&nbsp;».</p><p>L’enfant peut ne pas apprécier de devoir obéir à des requêtes fermes, c’est son droit, mais il doit comprendre clairement quelle est la situation.</p><h4 class="wp-block-heading">Les crises</h4><p>Les crises des enfants ont toujours une raison.</p><p>L’astuce est d’éviter les situations qui provoquent les crises. Parlez aux enfants susceptibles avec respect. Donnez-leur le temps d’organiser leurs choses tranquillement avant de faire ce que vous leur demandez. Ne testez pas leur patience à un moment où ils sont affaiblis, par exemple en retardant trop l’heure du dîner.</p><h3 class="wp-block-heading">Le grand livre du monde</h3><h4 class="wp-block-heading">Accès au monde extérieur</h4><p>Les écoles traditionnelles ou alternatives coupent les enfants du monde réel pour les occuper sur un programme concocté de toute pièce.</p><p>Les enfants ont besoin de multiplier les expériences dans le monde réel et d’avoir du temps pour y réfléchir. Ce n’est pas facile dans le monde moderne qui est généralement hostile aux enfants et parfois dangereux.</p><p>Il y a en fait autant de façons de découvrir le monde qu’il y a de personnes. Certains sillonnent les bibliothèques, d’autres les musées, d’autres encore les grands parcs, les cinémas, le réseau de transport public, etc.</p><h4 class="wp-block-heading">L’école de la vie</h4><p>Certains premiers de la classe ne se rappellent pas ce qu’ils ont «&nbsp;appris&nbsp;» à l’école après quelques années seulement. Ils oublient tout, car ils n’étaient pas réellement intéressés dans ce qu’ils apprenaient. À l’inverse, l’école de la vie donne des leçons inoubliables ou indélébiles.</p><h4 class="wp-block-heading">Le contrôle du temps</h4><p>Lorsque vous n’êtes plus en contrôle d’une large part de votre temps, par exemple en tant qu’employé, cela a pour conséquence un affaiblissement de votre force morale. Il en va de même pour les enfants.</p><p>Peut-être que le plus grand dommage que cause l’école n’est pas tant ce qu’on y fait ou comment on le fait que l’aliénation produite sur un élève qui n’est plus la responsable de gérer son temps 5 jours sur 7 et 9 mois sur 12.</p><p>Le principal problème ne semble pas être le temps perdu, qui n’est pas négligeable, mais plutôt l’interruption dans le flux naturel des pensées. Ainsi, un rendez-vous au milieu d’une journée, par ailleurs sans obligations, peut la gâter, un peu comme un caillou dans la chaussure. D’autre part, une fois pris dans les filets de la passivité, il est difficile de s’extraire de cet état de léthargie.</p><p>Les enfants comme les adultes ont besoin de beaucoup de temps à eux pour apprendre à s’accepter. Il vaut mieux oublier les sorties un peu trop organisées. Quant à la fameuse «&nbsp;vie sociale&nbsp;», en lieu et place de celle-ci, pourquoi ne pas apprendre à s’aider les uns les autres en famille ou dans une petite communauté. Les liens forgés dans l’adversité et le dur labeur ont beaucoup plus de valeur. Les expériences où votre vie dépend de l’autre, et réciproquement, donnent du recul sur les rapports sociaux.</p><h4 class="wp-block-heading">Compétences pour la vraie vie</h4><p>Il y a énormément d’activités à faire à la ferme pour s’occuper des animaux et les vendre, au jardin pour planter et faire la cueillette, à la maison pour les travaux de plomberie, carrelage, menuiserie, et les réparations.</p><p>La gestion de l’argent est une autre qualité qui peut être développée très tôt. Ouvrez-leur un compte bancaire qui leur donne la possibilité de faire des achats et d’encaisser des paiements.</p><h4 class="wp-block-heading">Expression orale et écrite dans le monde réel</h4><p>La plupart des gens dans le monde apprennent leur(s) langue(s) en écoutant et en parlant avec d’autres personnes. Dans nos contrées modernes, les gens sont exposés à des discours préparés et récités, une version aseptisée de la langue vernaculaire.</p><p>Les enfants sont particulièrement attirés par les conversations d’adultes. Plus le groupe qui discute est large et plus ils feront des pieds et des mains pour écouter ce qui se dit, et comment cela est dit.</p><h3 class="wp-block-heading">Espaces de travail et de vie</h3><h4 class="wp-block-heading">Former une école ou un club&nbsp;?</h4><p>Lorsqu’un groupe de parents se rassemblent pour former une école, immanquablement, des disputes éclatent sur ce qui doit être enseigné&nbsp;: les maths&nbsp;? le français&nbsp;? 1h par semaine&nbsp;? 4h par semaine&nbsp;?</p><p>De telles écoles doivent avoir des règles comme tout groupe humain, mais elles ne devraient pas essayer d’imposer des apprentissages.</p><p>Bien souvent, les parents se regroupent ainsi pour pouvoir socialiser leur enfant. Pour pallier ce problème, il serait intéressant de disposer au sein de nos communautés d’endroits où les enfants peuvent se réunir pour faire des activités. Idéalement, ces endroits devraient être une variante des «&nbsp;country clubs&nbsp;».</p><p>Pour se représenter à quoi pourrait ressembler une école qui n’en est pas une, vous pourrez visionner le documentaire <em>We Have to Call It School</em>.</p><h4 class="wp-block-heading">Serre</h4><p>Une serre est l’endroit idéal pour intéresser les enfants (et les adultes). Elle fournit un lieu communautaire où l’on peut apprendre à faire du compost, comment conserver les aliments, comment coopérer ou abattre un animal, ramasser des œufs, faire des semis, etc.</p><h4 class="wp-block-heading">Sans limites</h4><p>Les enfants scolarisés sont marqués par leur expérience. Ils attendent que quelqu’un leur dise quoi faire et ont tendance à être passifs.</p><h3 class="wp-block-heading">Jouer sérieusement</h3><p>Les moments de fantaisie chez les enfants où ceux-ci laissent libre cours à leur imagination sont essentiels à leur bien-être et à leur résilience. Cela demande du temps pour jouer dans leur coin. Il ne s’agit pas d’un dessert pour récompenser l’enfant, mais du plat de résistance. Ils devraient avoir au moins autant de temps pour leurs aventures imaginaires que pour les mathématiques et le français.</p><h4 class="wp-block-heading">Mondes fantastiques</h4><p>Les enfants peuvent jouer à des jeux élaborés de leur propre invention sur de très longues périodes en incorporant au fur et à mesure de nouvelles dimensions. <em>Donjons et dragons</em> a peut-être commencé ainsi.</p><h4 class="wp-block-heading">Jouer aux gendarmes et aux voleurs</h4><p>Contrairement à ce qu’on pense en général, ce jeu n’est pas un jeu qui glorifie la violence. Il s’agit d’un jeu où celui qui est le plus intensément dans le moment présent l’emporte. À l’inverse, certains enfants se révèlent incapables de jouer à ce jeu et sont de mauvais perdants&nbsp;: ils sont constamment surpris par les autres qui sont bien plus réveillés.</p><h4 class="wp-block-heading">Histoires faites maison</h4><p>Les enfants seront plus intéressés par les histoires personnalisées qui mentionnent des faits, des personnes ou des animaux connus que par les contes pour enfants.</p><h3 class="wp-block-heading">Apprendre sans enseignant</h3><p>Les enfants n’ont pas besoin d’enseignants, ils découvrent les choses par eux-mêmes. Répondez à leurs questions quand ils en ont, alimentez-les lorsqu’un sujet particulier les intéresse. S’il y a des sujets qui vous passionnent, les enfants le sentent et vont vouloir en savoir plus.</p><p>Apprendre à apprendre</p><p>La capacité à apprendre de façon autonome est l’un des plus grands atouts qu’on puisse avoir pour réussir dans la vie. Cela recouvre plusieurs aspects&nbsp;: déterminer ce qu’on doit apprendre pour atteindre un objectif, accepter son ignorance et faire le nécessaire pour y remédier.</p><h4 class="wp-block-heading">Acteurs plutôt que spectateurs</h4><p>Certains spécialistes voient les enfants comme une espèce de rats de laboratoire qui se soumettent docilement aux expérimentations. &nbsp;Ils posent une question, l’enfant répond. S’il répond bien, il a sa récompense. Mais ce n’est pas vraiment ainsi que les enfants voient les choses. Ils veulent comprendre comment les choses fonctionnent, pourquoi elles fonctionnent ainsi et ensuite les faire fonctionner à leur guise.</p><h4 class="wp-block-heading">Les langues</h4><p><a>Les enfants ont, paraît-il, une facilité plus grande à apprendre de nouvelles langues que les adultes. En réalité, c’est plutôt que les adultes sont inhibés dans leur pratique&nbsp;: ils cherchent à apprendre un langage au lieu d’interagir avec d’autres personnes, ils sont découragés par la moindre difficulté, ils ont peur d’échouer ou d’avoir l’air stupides, ils oublient que le principal est de comprendre et se faire comprendre.</a></p><h4 class="wp-block-heading">Musique</h4><p><a>Chez les Gitans de Hongrie et de Slovaquie, le jeune bambin se voit offrir un petit violon et est autorisé à rejoindre la bande. Il n’a aucune explication, aucune instruction et se contente d’imiter et d’essayer de participer. Dans le tintamarre, les erreurs du bambin passent inaperçues et petit à petit, il parvient à faire faire ce qu’il veut à son instrument.</a></p><p>Le rôle d’un enseignant devrait être d’expliquer clairement à son élève qu’il ne peut pas faire grand-chose pour l’aider. Il devrait lui dire que s’il sait bien jouer à sa manière, rien ne dit qu’elle convient à l’élève. C’est à lui à trouver sa voie.</p><p>Les pires professeurs sont ceux qui ne donnent pas de concert. Inversement, ceux qui donnent des représentations ont toujours quelque chose d’intéressant à partager à leur élève tiré de leur expérience.</p><h4 class="wp-block-heading">Enseigner versus apprendre</h4><p>Il y a des parents qui ont troqué leur rôle de parent pour celui d’enseignant à la maison. Chaque activité, chaque parole est l’occasion d’une leçon… Ne laissez pas votre maison devenir une école en miniature&nbsp;! Ce serait plus souhaitable de les livrer à eux-mêmes.</p><h4 class="wp-block-heading">Le prix des tours de passe-passe</h4><p>Qu’est-ce qui rend les enfants stupides&nbsp;?</p><p>La manipulation sans fin des mots et des symboles crée chez l’enfant de la peur, de l’ennui et de la confusion. Mais c’est surtout le fait que d’autres ont pris le contrôle de leur esprit qui les abêtit.</p><p>C’est pour la même raison que l’éléphant qui danse dans le cirque est moins intelligent que l’éléphant dans la jungle ou que le rat de laboratoire est moins dégourdi que le rat d’égout.</p><p><strong>La question la plus importante qu’un humain peut se poser est «&nbsp;qu’est-ce qui mérite que j’y réfléchisse&nbsp;?&nbsp;». Si l’on ne peut pas se poser cette question, car d’autres nous en empêchent, alors on devient moins attentif, moins adaptable et moins ingénieux. En un mot, on devient plus bête.</strong></p><p>L’intelligence n’est pas une mesure de notre savoir-faire, mais plutôt la manière dont nous nous comportons quand nous ne savons pas quoi faire.</p><h3 class="wp-block-heading">Difficultés d’apprentissage</h3><h4 class="wp-block-heading">Difficultés ou handicap&nbsp;?</h4><p>Si quelqu’un de l’école ou non vous dit que votre enfant a dû mal à l’école, demandez à cette personne comment elle sait qu’il s’agit d’un problème de l’enfant et non de la méthode, du professeur ou du matériel proposé.</p><h4 class="wp-block-heading">Stress et perception</h4><p>Au cours des deux guerres mondiales, les soldats des tranchées et les soldats du débarquement ont été soumis à des épisodes de stress paroxystiques. Le système nerveux de certains soldats s’est effondré au point qu’ils ont perdu la vue, l’ouïe ou l’usage de leurs membres. La plupart ont réussi à se remettre du traumatisme partiellement ou complètement à la suite d’une période de repos loin du champ de bataille. Les médecins ont confirmé qu’il ne s’agissait pas de simulations.</p><p>Étant donné l’impact de la peur et du stress sur le psychisme des adultes, il est clair que ce phénomène est également présent chez les enfants dans le contexte de l’école.</p><h4 class="wp-block-heading">Droite et gauche</h4><p>La confusion entre la droite et la gauche est possiblement causée par les adultes. Les enfants ont tendance à voir les objets comme des êtres animés. Ainsi la droite de l’objet en face de l’enfant peut être perçue comme étant sa gauche&nbsp;!</p><h3 class="wp-block-heading">Les enfants et le travail</h3><h4 class="wp-block-heading">Trouver sa vocation</h4><p>Un emploi est quelque chose que vous faites pour l’argent. Une carrière est une succession d’emplois qui dénote une progression. Une vocation est une notion très différente, quelque chose que vous faites parce que cela vous intéresse.</p><p><strong>Une des choses les plus difficiles dans la vie est de trouver sa vocation.</strong></p><p>L’un des drames de notre époque est que si peu de jeunes savent ce qui les intéresse et se demande comment travailler dans le domaine.</p><h4 class="wp-block-heading">Trouver un travail qui a du sens</h4><p>Les gens qui font du vrai travail sont souvent surmenés et débordés par la quantité d’ouvrage à réaliser. Trouvez une telle personne dans le domaine qui vous intéresse et dites-lui&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Je crois en ce que vous faites et souhaite vous aider d’une façon ou d’une autre. Je serai heureux de faire n’importe quelle tâche que vous me demanderez ou qui s’imposera à moi pour un salaire modique ou même pour rien si vous m’offrez le gîte et le couvert.&nbsp;» Cette proposition est irrésistible. Le travail que vous aurez l’occasion de faire avec une telle personne sera incomparablement supérieur à tout ce que vous pourrez étudier à l’école ou à l’université.</p><h4 class="wp-block-heading">Faux départ</h4><p>Avant de vous lancer dans des études supérieures, vous devriez vous demander, premièrement quelles portes elles vous ouvrent, deuxièmement si ce qui se trouve derrière ces portes vous intéresse et enfin s’il n’y a pas un moyen plus simple, plus rapide ou plus économique de se rendre là.</p><h4 class="wp-block-heading">L’approche directe</h4><p>Si vous savez ce qui vous passionne, essayez de vous en approcher en de la façon la plus directe possible. Si vous voulez construire des bateaux, allez là où l’on construit des bateaux&nbsp;!</p><h4 class="wp-block-heading">Travail exigeant</h4><p>Rien de tel qu’un véritable travail pour grandir.</p><p>Les gens deviennent plus éveillés en observant attentivement les détails de la vie quotidienne, en résolvant des problèmes concrets et en ayant une rétroaction rapide de leur environnement. C’est pourquoi le bois, la mer, la ferme ou tout autre endroit où il faut savoir ce qu’on fait pour ne pas se blesser sont très formateurs.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2086</post-id> </item> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Weapons of Mass Instruction » par John Taylor Gatto</title><link>https://economierebelle.com/livre-weapons-of-mass-instruction-par-john-taylor-gatto/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-weapons-of-mass-instruction-par-john-taylor-gatto</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-weapons-of-mass-instruction-par-john-taylor-gatto/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Wed, 13 Apr 2022 23:24:29 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[école à la maison]]></category> <category><![CDATA[école publique]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2035</guid><description><![CDATA[<p>Introduction John Taylor Gatto explique comment l’école a pour objectif de transformer les enfants en employés et en consommateurs dociles. Après près de 30 ans à enseigner dans des écoles de New York et avoir reçu le prix du meilleur professeur de l&#8217;état, Gatto a démissionné en déclarant qu&#8217;il ne voulait plus faire du mal&#8230; <a
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class="wp-block-list" type="1"><li><strong>La soumission à l’autorité.</strong> Celle-ci ne peut être testée qu’en faisant faire aux enfants des activités qu’ils ne veulent pas faire, i.e. ennuyeuses ou absurdes.</li><li><strong>Le conformisme. </strong>Ici, l’objectif est de rendre les enfants aussi uniformes que possible, car cela les rend prévisibles et garantit une main-d’œuvre plus obéissante.</li><li><strong>La détermination de la position sociale. </strong>L’accumulation des évaluations scolaires est utilisée pour justifier la place réservée à l’élève dans la société.</li><li><strong>La différentiation. </strong>Une fois le niveau social établi, l’élève ne doit pas être formé au-delà de ce que nécessite son rôle.</li><li><strong>La sélection. </strong>Les mauvaises notes, les redoublements, toutes les petites humiliations servent à identifier les inférieurs et les ostraciser à des fins eugénistes.</li><li><strong>Préparation de l’élite.</strong> La continuation du système suppose qu’un petit groupe d’élèves soit initié et sache en assurer la gestion&nbsp;: contrôler une population abêtie, satisfaire les besoins en main-d’œuvre et faire avancer le projet sans contestation.<strong> &nbsp;</strong></li></ol><p>Au 20<sup>e</sup> siècle, la production de masse requiert la consommation de masse. L’école publique a annihilé l’esprit critique qui est la principale barrière à l’influence du marketing.</p><h3 class="wp-block-heading">Tout ce que vous savez sur l’école est faux</h3><p>Benjamin Disraeli, le Premier ministre britannique a déclaré que tous les événements importants étaient contrôlés par un gouvernement invisible. Dans le cas de l’école publique dans les années 1920, la fondation Rockefeller était l’entité qui tirait les ficelles avec comme mission d’extraire les enfants de leur milieu familial rétrograde et de les mettre entre les mains d’experts.</p><p>Depuis Darwin et Galton, une idéologie eugéniste a vu le jour dans les classes dirigeantes. Cette idéologie vise à améliorer la race et elle perdure aujourd’hui. L’école a été un instrument de choix pour séparer les élèves considérés comme intelligents des élèves considérés comme stupides.</p><p>Au début du 20<sup>e</sup> siècle, hors de toute supervision publique, la fondation Rockefeller a financé des chaires universitaires pour promouvoir l’instruction obligatoire. Un de leur document, daté de 1906, éclaire leurs objectifs&nbsp;: «&nbsp;Nous ne nous efforcerons pas de transformer ces gens ou leurs enfants en philosophes, en érudits ou en hommes de science […] auteurs, éducateurs, poètes, hommes de lettres […] artistes, peintres, musiciens, avocats, médecins, ministres du Culte, politiciens, hommes d’État – dont nous avons déjà amplement le nécessaire. La tâche que nous ne fixerons est très simple […] Nous organiserons les enfants […] et leur apprendrons à faire parfaitement ce que leurs parents font d’une façon imparfaite.&nbsp;»</p><p>Après la Seconde Guerre mondiale, ce mouvement s’est fait plus discret.</p><p>Entre 1967 et 1974, la formation des enseignants a radicalement changé sous l’influence de fondations privées, d’universités de premier plan, d’agences gouvernementales et des corporations. Un des principaux changements a été l’introduction de la psychologie behavioriste pour forcer les enfants à adopter les bons comportements, les bonnes pensées et les bonnes attitudes. Cette approche a été promue par Benjamin Bloom qui était obsédé par la classification des étudiants pour le bénéfice de la classe managériale.</p><p>L’école est devenue à cette époque un laboratoire pour l’expérimentation de techniques de manipulation. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’explosion de violence dans les écoles se produit à peu près au même moment. L’interdiction de prompts châtiments corporels qui étaient un moyen de maintenir la discipline y a également contribué.</p><p>Entre 1942 et 1944, 98% des recrues de l’armée savaient lire et écrire convenablement, soit 2% de moins que dix ans auparavant. Au moment de la guerre de Corée en 1953, ce taux est passé à 81%. Lors de la guerre du Vietnam, le taux s’est établi à 73%. Ces résultats sont ceux de jeunes adultes bien plus scolarisés que leurs prédécesseurs.</p><p>Aucune cause génétique ne peut expliquer une dégradation aussi rapide. En réalité, cela est le résultat de la méthode globale d’enseignement qui a été privilégiée au détriment de la traditionnelle méthode phonétique. La méthode globale consiste à apprendre à reconnaître des mots entiers. La méthode phonétique se base sur les sons de&nbsp;l’alphabet et est utilisée depuis plus de 300 ans.</p><p>Une autre source, encore une fois d’origine prussienne, remonte à Hegel, celui-là même qui avait dit qu’il fallait susciter des crises pour créer l’unité et ainsi atteindre ses objectifs. Un courant philosophique, appelé les hégéliens de Saint-Louis, voulait amener la fin de l’histoire, c’est-à-dire la fin des conflits et des révolutions. Dans ce monde idéal, la plupart des individus attendraient sagement qu’on leur dise quoi faire. Selon William Torrey Harris, l’outil pour parvenir à cette utopie est l’aliénation psychologique. Autrement dit, il fallait les rendre étrangers à eux-mêmes en les coupant de leur vie intérieure, de leur milieu familial, de leurs traditions, de leur religion et toute autre chose qui pourrait contredire le projet de l’État.</p><p>Si votre vie intérieure est pauvre, ce sera beaucoup plus facile de travailler chez McDonald&rsquo;s, ou de rester assis en face d’un ordinateur toute la journée, ou encore de livrer des marchandises fabriquées en Chine. Peut-être même qu’avec l’aide de l’alcool, du divertissement ou d’autres drogues, ce type d’activités peu gratifiantes deviendrait supportable.</p><p>Historiquement, l’Amérique était hautement éduquée et dotée d’un esprit d’entreprise inégalé de même qu’une passion pour la libre expression et la contestation. Non seulement les Américains étaient alphabétisés, mais ils maîtrisaient la lecture, l’écriture et l’expression en public, des compétences qu’il était interdit d’enseigner sous l’Empire britannique.</p><p>Après la guerre civile, l’économie s’était peu à peu transformée d’économie entrepreneuriale à la production de masse qui nécessitait un prolétariat déraciné et corvéable à merci.</p><p>L’implantation de l’école publique a commencé par le Massachusetts. La résistance à l’école publique était telle qu’il aura fallu 15 ans pour qu’un second état la propose, c’est-à-dire si l’on ne tient pas compte de Washington D.C. qui l’a mise en œuvre immédiatement.</p><p>Au départ, les commissions scolaires étaient gérées localement. Pour contrer les influences locales, les districts scolaires sont devenus plus grands au nom d’une supposée efficacité. En réalité, cela a eu pour effet d’écarter les parents qui n’avaient pas de financement pour se faire élire. Et contrairement à l’efficacité promise, les coûts de gestion ont augmenté, certains en profitant pour se remplir les poches.</p><p>Les commissions scolaires ont ainsi été réduites de 135000 à 15000 environ. Du fait de leur taille, ces institutions devenaient des cibles intéressantes pour le clientélisme politique et pour certaines industries.</p><p>Quels sont les avantages qu’offre la scolarisation pour une gestion politique de la population ? Tout d’abord, l’école et ses sous-traitants sont le premier employeur du pays. L’institution permet d’employer autant de gens que nécessaire pour calmer les velléités révolutionnaires.</p><p>L’école est aussi un moyen de sélectionner des employés avec les bonnes idées. Les budgets de l’Éducation Nationale rivalisent avec ceux de la Défense et servent à payer les bons amis dans l’industrie. Comment expliquer autrement que l’école paie plus cher qu’un particulier pour ses commandes ?</p><p>Les parrains de l’école publique comptent parmi les plus grandes familles de l’Amérique. Leurs traditions démocratiques ont été ébranlées par la théorie de Darwin. Par la suite, c’est surtout la crainte de la surproduction qui les a motivés à agir sur le destin de millions d’enfants. Pour que l’investissement initial soit rentable, la production doit pouvoir compter sur une demande stable et prévisible. Au tournant du siècle, il restait encore un peu de trop de volonté d’indépendance dans la population pour en faire une clientèle fiable. En particulier, l’esprit d’entreprise et la capacité d’innovation étaient très répandus et constituaient une menace pour les monopoles.</p><h3 class="wp-block-heading">Détour par Londres</h3><p>L’apprentissage autodirigé à la manière de Benjamin Franklin est un parcours à la carte pour une éducation sur mesure. Ce type de formation accepte que tout et n’importe quoi puissent être un point de départ pour un apprentissage&nbsp;: un emploi, jouer au poker, etc. Tout ce qui importe est que ce choix soit personnel et voulu. N’importe quelle personne qu’on rencontre est un professeur potentiel&nbsp;: un mécanicien, une stripteaseuse, un compteur de cartes, etc.</p><p>Dans ce modèle, il n’y a pas vraiment de règle, si ce n&rsquo;est que l’élève choisit ce qu’il veut apprendre. Il n’est pas pénalisé s’il ne souhaite pas apprendre de vous, comme c&rsquo;est le cas à l&rsquo;école.</p><p>L’apprentissage autodirigé peut paraître chaotique, mais il ne l’est pas plus que la vraie vie. Au bout du compte, soit vous choisissez votre scénario, soit vous êtes dans le scénario de quelqu’un d’autre.</p><p>Il est difficile de croire que nous en soyons arrivés de nos jours à faire appel à des spécialistes pour des questions à la portée de gens ordinaires.</p><p>De la même manière, nous considérons &#8211; à tort &#8211; comme une catastrophe d’être déscolarisés. Mais les exemples de Thomas Edison, parti vers l’Ouest à 12 ans sans argent et sans contact, ou de George Bernard Shaw qui a quitté l’école à 14 ans devraient nous faire douter.</p><p>Une étude de l’université du Connecticut a voulu évaluer l’accumulation de connaissances entre la première année d’université et la dernière. Dans 16 sur 50 des universités étudiées, les étudiants en savaient moins en sortant qu’en arrivant à l’université. Dans les autres universités, aucun progrès n’a été mesuré !</p><p>La Guerre Civile américaine n’avait pas pour cause la lutte contre l’esclavage. En fait, les industriels du Nord observaient avec envie ce que leurs concurrents européens faisaient avec leur prolétariat. Mais ils étaient suffisamment avisés pour réaliser que l’indépendance et les traditions familiales et religieuses des Américains devaient d’abord être affaiblies. L’école obligatoire était un instrument pour réaliser cet objectif.</p><p>En effet, un esprit indépendant et libre de ses choix d’apprentissage est sûr de lui et d’autant moins malléable face à l’autorité.</p><p>Une économie de production de masse débouche inéluctablement sur une oligarchie. Dans un tel régime, les processus naturels du capitalisme sont empêchés. La destruction créatrice de Schumpeter ne peut pas avoir lieu sans quoi le capital des oligarques n’est plus à l’abri. Une telle économie centralisée ne peut pas fonctionner correctement sans un contrôle et une uniformisation des esprits. L’entreprise est facilitée si l’on commence dès le plus jeune âge.</p><p>Durant deux siècles, l’apprentissage autonome a été la règle en Amérique. Cette période a été caractérisée par une inventivité sans pareille dans l’histoire de l’humanité. La scolarisation et sa nasse de jugements et de normes a coupé les ailes de notre jeunesse. Peu après la généralisation de l’instruction obligatoire jusqu’à l’adolescence, le nombre de demandes de brevets déposés a diminué. Le déclin s’est accéléré avec la Seconde Guerre mondiale lorsque la maternelle et l’éducation supérieure ont gagné du terrain.</p><p>Des hommes comme Spinoza au 17<sup>e</sup> siècle et Fichte au 19<sup>e</sup> siècle ont été capables d’anticiper les conséquences délétères de la scolarisation (et de la promouvoir). Selon ces derniers, un individu à l’imagination fertile est beaucoup moins prévisible et contrôlable qu’un autre.</p><p>De nombreuses personnes qui n’ont pas jugé utile d’avoir une formation supérieure&nbsp;ont très bien réussi : Bill Gates et Paul Allen (Microsoft), Steve Job et Steve Wozniak (Apple), Michael Dell, Larry Ellison (Oracle), Ted Turner (Time Warner), Warren Avis, William Faulkner, Paul Orfaela (Kinko), Shawn Fanning (Napster), Lew Wasserman (MCA), John Mackay (Whole Foods), Kip Tindell (The Container Store). Pour certains d’entre eux, leur principal avantage sur les autres a été de préserver du capital et de commencer leur carrière très tôt alors qu’ils étaient au sommet de leurs capacités à l’adolescence.</p><p>Adam Smith considérait le désir insatiable de gagner de l’argent comme une maladie mentale. Derrière le succès des entreprises citées précédemment, il faut chercher non pas la volonté de maximiser le profit ou la valeur pour l’actionnaire comme cela est enseigné dans les Business Schools, mais plutôt le souci de satisfaire ses clients.</p><p>La véritable éducation, à l’opposé de l’instruction scolaire, enseigne que le seul moyen de s’enrichir est d’être utile aux autres. Ce ne sont pas nos systèmes qui vont sauver notre économie malade, seuls des individus complets le peuvent et ceux-ci ne sortent pas d’écoles-usines. Auparavant, nous fabriquions de l’acier, maintenant nous produisons des bulles spéculatives. Alors même que nous n’avons jamais eu autant besoin de citoyens pleins de ressources et avec de nouvelles idées, l’école continue à produire des zombies dociles.</p><p>À l’époque de Saint Paul, la vie des israélites était codifiée à l’excès. Par exemple, une règle concernait la hauteur réglementaire depuis laquelle verser de l’eau sur du fumier. Saint-Paul proposait de respecter le principe de l’amour de son prochain et de s’adapter aux circonstances. À notre époque, la société est aussi réglementée qu’à l’époque de Saint-Paul, mais dispose de plus d’outils de surveillance de masse pour punir les déviants et les récalcitrants.</p><p>Mais la résistance s’organise. Des millions d’Américains font l’école à la maison. Des trucs et astuces s’échangent sur internet pour passer sous le radar ou pour confectionner des armes. L’ère de l’expert, des élites créées par le rationnement de l’information, ainsi que des distorsions créées par le gouvernement touche à sa fin. Demandez-vous, dans une telle période, voulez-vous comme ami le premier de la classe ou quelqu’un qui a le sens de la débrouille ?</p><h3 class="wp-block-heading">Stanley le Gros et les Amish de Lancaster</h3><p>L’éducation se distingue de l’instruction en cela qu’elle requiert la connaissance de soi avant qu’elle ne puisse se développer. Dans le cas de l’instruction, c’est toujours le plan de quelqu’un d’autre qui sert de référence ultime. L’éducation est initiée de l’intérieur tandis que l’instruction est imposée de l’extérieur.</p><p>L’éducation suppose une large palette d’expériences, une introspection constante, le maintien de sa concentration en dépit des distractions, de la curiosité, de la patience, de l’observation, une inclination à faire des essais et à prendre des risques, et une capacité à apprendre de ses erreurs.</p><p>Stanley, le Gros, âgé de 13 ans, était un camarade de classe de John Taylor Gatto. Il venait seulement un ou deux jours par mois à l’école. Le reste du temps, il s’empressait de travailler gratuitement pour ses oncles et tantes entrepreneurs&nbsp;: un fleuriste, un restaurant, une épicerie, un menuisier et une entreprise de livraison. Il savait qu’il n’avait que 8 ans pour devenir financièrement indépendant et accumulait autant qu’il le pouvait de l’expérience avec sa famille.</p><p>L’école n’offre pas ce type d’expériences. En fait, elle les décourage. Ce qu’elle apprend c’est d’attendre patiemment son tour, si jamais il vient et de se soumettre au jugement d’étrangers, même lorsqu’ils ont tort.</p><p>Là où le capitalisme industriel s’évertuait à tuer sa main-d’œuvre à la tâche, les socialistes souvent issus des mêmes familles industrielles voulaient les tuer avec bonté. C’est ainsi qu’est né l’état providence. Contrairement aux promesses faites, l’école n’a pas résorbé les inégalités, mais les a renforcées. La richesse, aujourd&rsquo;hui, est deux à trois fois plus concentrée qu’au début du 20<sup>e </sup>siècle. Le pouvoir d’achat d’un <em>couple</em> de travailleurs en 1995 est 8% supérieur à celle d’un <em>célibataire</em> en 1905 !</p><p>Les Amish ont pris un chemin différent. Pour les Amish, l’école publique était une atteinte à leur mode de vie en séparant les enfants de leur famille et de leur communauté. Pour les Amish, l’école produisait des individus abîmés et inaptes à prendre des responsabilités dans la communauté. &nbsp;Finalement, en 1976, un arrêt de la Cour Suprême sur le conflit qui opposait l’état du Wisconsin et la communauté Amish a statué&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Les écoles devaient être à distance de marche de la maison</li><li>Les écoles devaient avoir une taille modeste pour ne pas avoir à séparer les élèves en classes d’âges et pour pouvoir conserver le même professeur pendant toute leur scolarité.</li><li>Le temps de scolarité devait être d’au plus 8 mois.</li><li>Les décisions importantes devaient être sous le contrôle des parents et non des bureaucrates.</li><li>Les professeurs devaient connaître et apprécier la culture Amish.</li><li>Les enfants devaient apprendre que la sagesse et l’érudition étaient deux choses différentes.</li><li>Les élèves devaient avoir l’opportunité de faire des stages pratiques supervisés par leurs parents.</li></ol><h3 class="wp-block-heading">La classe de David Sarnoff</h3><p>David Sarnoff est immigrant russe. À peine arrivé à New York, son père est décédé, ce qui l’a obligé à soutenir sa famille en travaillant à partir de 9 ans. En cinq mois, il a appris à lire l’anglais et a commencé à travailler pour un journal. Lorsqu’il vit une annonce pour un poste chez Marconi Wireless, il s’est précipité dans leurs bureaux et est entré directement chez le PDG pour lui dire qu’il voulait le poste. Il l’a eu. Les cinq cents garçons qui attendaient à l’extérieur pour une entrevue ont donc attendu pour rien.</p><p>Sarnoff s’est constamment formé pour être à la pointe des développements technologiques. À 39 ans, il est devenu PDG de la RCA.</p><p>L’école obligatoire aurait rendu cette aventure impossible. C’est encore plus vrai aujourd’hui avec nos écoles dysfonctionnelles et en proie à la violence.</p><p>Ce n&rsquo;est pas tout. Des dynamiques autodestructrices sont à l’œuvre dans le corps enseignant . Certains enseignants jouissent de privilèges&nbsp;: de bonnes salles de classes, de bons élèves, etc., parfois même des postes administratifs sans enseignement. D’un autre côté, d’autres enseignants, souvent jeunes, ont des conditions de travail plus difficiles et la tentation est grande pour ces derniers de se désengager et d’en faire le moins possible.</p><p>Dans ce système, les rares idéalistes qui cherchent à changer les choses sont rapidement mis hors d’état de nuire.</p><p>Les professeurs de mathématiques et d’éducation physique sont ceux qui deviennent le plus souvent des administrateurs ou des principaux. En effet, ce sont eux qui ont le plus de temps et le moins de stress dans une journée de travail. Ils trouvent alors l’énergie pour construire des alliances et amadouer des intérêts particuliers pour monter en haut de la pyramide hiérarchique. Lorsqu&rsquo;ils atteignent leurs objectifs, ils ne sont pas enclins à mordre les mains qui les ont nourris.</p><h3 class="wp-block-heading">Camino de Santiago</h3><p>Les enfants avec les pires problèmes de comportement sont ceux qui regardent trop la télévision. Il faut croire qu’écouter des histoires sans queue ni tête, des publicités absurdes, ainsi que la propagande corporative ne contribue pas à forger le caractère et le sens moral.</p><p>Les individus apprennent grâce à des rétroactions. Dans la vraie vie, s’ils n’exécutent pas une tâche comme il faut, ils vont le savoir très vite. Or, à l’école, le système de règles rigides inventées il y a longtemps par on ne sait qui limite beaucoup ce type d’apprentissage interactif.</p><p>Pour résoudre la problématique de l’abrutissement par la télévision, les ordinateurs et l’internet, la solution passe par une exposition à un apprentissage interactif.</p><p>Le secret d’un programme de guérilla éducationnelle consiste à donner l’opportunité à des élèves d’avoir des expériences dans le monde réel. Pour les élèves, ces expériences sont beaucoup plus engageantes que n’importe quel divertissement sur écran.</p><p>Faire des expéditions à travers l’état de New York, déposer une plainte dans le système judiciaire, créer une activité entrepreneuriale, participer à des débats publics est infiniment plus intéressant que de rester assis dans l’ombre.</p><p>Le programme de John Taylor Gatto était en fait inspiré du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, qui donne l&rsquo;occasion de se réconcilier avec soi-même, de se sentir en contrôle, et de communier avec la nature. Voici une autre source d’inspiration&nbsp;: <em>A Visitor’s Key to Iceland</em>, un guide touristique sur l’Islande où chaque lieu était décrit avec une histoire pittoresque.</p><p>Les élèves envoyés par Gatto en excursion devaient collecter des informations intéressantes sur les lieux qu’ils visitaient pour les partager avec leurs camarades.</p><p>Les enfants qui s’abrutissent devant leurs écrans ont une capacité d’attention moindre. Ils ont un besoin constant de stimulation que la réalité ne peut leur donner. La violence, y compris la violence sexuelle, est leur exutoire. La plupart des civilisations en déclin glorifient la guerre. Le respect pour les devoirs et pour la famille diminue de même que l’empathie au profit du divertissement et de la prédation.</p><h3 class="wp-block-heading">Armes d’instruction massive</h3><p>L’école n’est pas un bon endroit pour vos enfants. Elle est incurable et mérite d’être sabotée.</p><p>Comme les guildes médiévales de l’orfèvrerie ou du verre, l’institution scolaire décourage toute innovation parmi ses membres et sanctionnera toute dérive. Comme l’a démontré Robert Michel, la mission première de toute bureaucratie est de se préserver.</p><p>Il n’y a pas vraiment de différences entre les bons et les mauvais élèves si ce n’est que le second groupe a été privé de stimulations délibérément.</p><p>La méthode de John Taylor Gatto consistait d’abord à connaître intimement l’histoire de ses élèves et les relations entre eux. Toutes les sources d’information étaient bonnes&nbsp;: faire parler les élèves, leurs ennemis, leur famille, et même consulter les bulletins de notes. Une fois le profil de l’élève connu, un questionnaire à remplir par l’élève devait indiquer trois choses qu’ils aimeraient apprendre et trois faiblesses sur lesquelles ils voudraient travailler. Les priorités de l’élève devenaient celles de Gatto sans aucune censure. Toutefois, aucun collègue ou administrateur ne devait être au courant. Seuls les parents étaient dans la confidence et la plus grande discrétion leur était demandée. Sans plaintes des parents et sans désordre dans la salle de cours, Gatto avait alors les coudées franches.</p><p>Comme Adam Smith l’a clairement énoncé, l’objet de l’éducation n’est pas de faire une nation plus prospère. Selon lui, l’éducation est le moyen de résorber les dommages collatéraux inhérents au capitalisme. En effet, la compétition associée au libre-échange crée des dégâts psychologiques&nbsp;: les travailleurs deviennent plus frileux, plus stupides, plus paresseux et plus indifférents.</p><p>La véritable éducation s’attaque à ces maux.</p><p>Les élèves sentent instinctivement que l’école n’a pas leur intérêt à cœur. Pour cette raison, il la méprise et tout ce qui y ressemble de près ou de loin.</p><p>L’école est aussi sous influence politique. Des intérêts privés ou des intérêts de caste peuvent éliminer du programme des informations critiques sur leurs privilèges, leurs pratiques, leurs croyances. Une grande partie du temps de classe est donc consacrée à des sujets sans importance ou du moins sans rapport avec les questions importantes que se posent les enfants.</p><p>Vos professeurs ne vous ont sans doute jamais mentionné que Darwin a une formation de ministre du Culte et qu’il était d’une famille immensément riche qui côtoyait les princes et les ducs. Ils ne vous auront pas non plus mentionné que Darwin, dans <em>Descent of Man</em>, prônait le darwinisme social et qu’il croyait dans l’inégalité des races, et ô surprise que la race européenne étant la plus avancée.</p><p>Saviez-vous que la première décision d’Adolphe Hitler une fois au pouvoir fut d’interdire la possession d’armes à feu par les citoyens ? Pourquoi n’en parle-t-on pas ?</p><p>Le slogan de la Royal Scientific Society est <em>Nullius in verba</em> c’est-à-dire «&nbsp;Ne croyez rien sur parole ! Pensez par vous-même.&nbsp;» Le slogan de nos écoles serait plutôt « Laissez les autres penser à votre place !&nbsp;»</p><p>Un autre secret que l’école se garde bien de vous dire, mais que vous devinez sans doute est que l’apparence physique et la prestance sont importantes pour l’admission dans les universités d’élite. Tout se passe presque comme si ces universités participaient à un projet eugéniste…</p><p>La laideur demande du travail. À votre avis, est-ce que rester assis passivement des heures durant toute la journée va vous donner une meilleure mine ? Est-ce que le stress des devoirs et des examens vous rendra plus agréable ?</p><p>Avez-vous appris à l’école que les nazis se sont inspirés des programmes eugénistes américains qui ont conduit à stériliser des dizaines de milliers de personnes aux États-Unis ?</p><p>Dans un monde complexe comme le nôtre, les personnes flexibles survivent mieux que les autres. Malheureusement, l’école récompense ceux qui suivent scrupuleusement des règles. Or, pour rester indépendants, nous devons savoir où et comment chercher l’information et se former continuellement. Le véritable apprentissage conduit inévitablement à de piètres performances aux examens.</p><p>Pour une bureaucratie, tout est secondaire sauf une chose, la subordination. Un membre éduqué ou avec des principes est ce qu’elle redoute le plus. Le premier, car il peut argumenter efficacement, le second car il est inflexible. De tels individus sont problématiques.</p><p>C’est pourquoi le conditionnement commence au jardin d’enfants par l’injonction&nbsp;: «&nbsp;ne fais pas ça&nbsp;». En primaire, au lieu d’explorer le monde, les élèves s’entendent répéter&nbsp;: «&nbsp;Ne cours pas! Ne grimpe pas aux arbres! Ne parle pas! Ne regarde pas par la fenêtre! » Ils comprennent ce que cela veut&nbsp;dire : «&nbsp;N’aies pas très propres idées! Sois passif! Ne fais pas tes propres choix!&nbsp;»</p><p>Le programme éducatif idéal devrait multiplier l’exposition à de nouvelles idées, de nouvelles expériences et de nouvelles personnes.</p><p>Au lieu de ça, tout est fait pour limiter le développement de compétences réelles et d’une pensée claire. Lorsqu’ils sortent de l’école, les élèves sont incapables de faire face aux défis de leur existence sans aide et leur impuissance les rend manipulables comme des enfants.</p><p>S’il y avait un seul conseil à donner aux parents dans leur relation avec leurs enfants, ce serait celui-ci&nbsp;: «&nbsp;Ne les voyez pas comme des enfants. S’ils sont encore puérils après 7 ans, c’est qu’il y a un problème. Si à douze ans, ils ne connaissent pas leur chemin en ville, s’ils ne font pas des excursions en vélo de 150 km, et ne sont pas assez utiles à la communauté pour avoir un revenu indépendant, c’est que vous avez raté quelque chose.&nbsp;»</p><p>Andrew Hsu, un immigrant taiwanais, âgé de 11 ans a fait son éducation à la maison. Il a remporté des prix en natation, un concours de science, et il parle couramment l’anglais, le français et le chinois. Voici la leçon la plus importante qu’il ait apprise&nbsp;: «&nbsp;si vous mettez des puces dans un contenant, elles sautent pour s’échapper. Mais si vous mettez un couvercle sur le contenant, les puces vont se cogner dessus et au bout d’un certain temps, elles cesseront de sauter.&nbsp;Quand le couvercle est enlevé, les puces n’osent plus sauter. Dans la vie, c’est la même chose. »</p><p>Nous savons depuis longtemps qu’un sommeil ininterrompu est le secret d’une pensée claire et précise. Mais cela est aussi vrai durant le jour. Une étude constamment interrompue nous empêche d’arriver à nos conclusions. Le rythme de l’école, ses interruptions régulières, ses changements de classe, les distractions créées par les élèves (flirts, intimidations, brouhahas) constituent un frein majeur à l’apprentissage. Les interruptions signalent aussi que ce qui est enseigné ne mérite pas notre attention, sinon pourquoi l’interrompre ?</p><h3 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qu’une éducation</h3><p>Une véritable éducation devrait vous permettre de comprendre le monde autour de vous et en particulier comment nous en sommes arrivés là.</p><p>Emmanuel Kant a posé les bases d’un véritable programme d’éducation en posant ces questions&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Qu’est-ce que je peux connaître ?</li><li>Que suis-je en droit d’espérer ?</li><li>Que dois-je faire ?</li><li>Qu’est-ce qu’un Homme ?</li></ul><p>Une personne éduquée&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Aime passer du temps seul et profiter de sa compagnie.</li><li>Forme des relations saines, car elle comprend la dynamique des rapports humains.</li><li>Est consciente du temps qui passe et de sa mortalité. Elle tire des leçons à tout âge.</li><li>Évalue de façon critique les instructions qu’elle reçoit à l’aune de son système de valeurs. Elle connaît aussi des systèmes de valeurs alternatifs.</li><li>Apprécie le pouvoir de créer de nouvelles choses et découvre la vérité par elle-même.</li><li>Détecte les besoins des autres et obtient un revenu en y répondant sans perdre de vue que la richesse matérielle n’est pas l’essentiel.</li><li>Cherche à maîtriser une variété d’activités pour le plaisir et le savoir tout en ayant une occupation principale.</li><li>Cherche à découvrir d’où elle vient, quelles sont ses limites, quelles sont ses possibilités.</li><li>Observe attentivement le monde réel proche et lointain, l’analyse et interagit avec lui. Le tableau noir ne remplace pas l’expérience réelle.</li><li>Noue très tôt des relations à tous les niveaux&nbsp;: famille, amis, camarades, ennemis, amoureux, communauté, réseautage, etc.</li><li>À une approche raisonnée de sa vocation&nbsp;: comment contribuer au bien commun et gagner sa vie ?</li><li>Réalise que son temps est limité et que des choix irréversibles doivent être faits.</li></ul><p>La scolarisation obligatoire donne des avantages économiques de court terme pour les élites managériales. Mais cela se fait au prix de la vitalité de la communauté comme cela s’est produit en Union soviétique.</p><p>On dit que la mission de l’école est principalement d’apprendre à lire. Or, l’expérience montre qu’il suffit de 30 heures d’efforts assidus pour maîtriser les bases de la lecture. Tout le problème est que ce travail ne peut être imposé et l’élève doit le vouloir. Ainsi, certains élèves apprendront à 5 ans d’autres à 12 ans, mais à 15 ans on ne saura pas dire qui des deux a appris le premier.</p><p>Au 19<sup>e</sup> siècle, nous apprenions à lire comme aujourd’hui les gens apprennent à se servir d’un ordinateur&nbsp;: en nous donnant du mal, en demandant à des amis, en faisant des essais, en regardant les autres faire… On pourrait faire une comparaison similaire avec la conduite automobile.</p><h3 class="wp-block-heading">Une lettre à ma petite-fille</h3><p>Les clés d’une bonne éducation selon John Taylor Gatto&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li><strong>Connais-toi toi-même.</strong> Vous devez connaître vos inclinations, forces et faiblesses.</li><li><strong>Observation</strong>. Vous devez être capable de vous concentrer intensément pour mémoriser une situation ou un document afin de l’analyser plus tard. Vous devez être capable de lire les sources originales, peu importe leur forme.</li><li><strong>Rétroaction</strong>. Vous devez prêter attention aux signes de votre environnement pour savoir si vous êtes sur la bonne voie. En revanche, les notes et appréciations des professeurs vous induiront en erreur.</li><li><strong>Analyse</strong>. Vous devez être capable de décomposer un problème en sous-problèmes et identifier les facteurs les plus importants – tout seul.</li><li><strong>Simulation</strong>. Vous devez être capable de vous glisser dans la peau de quiconque même de vos ennemis, et vous fondre dans les groupes les plus divers.</li><li><strong>Expression</strong>. Vous devez être capable de vous exprimer avec force et clarté pour gagner des alliés.</li><li><strong>Jugement</strong>. Vous devez percer le voile des apparences. Presque rien n’est tel qu’il paraît. Les personnalités les plus attirantes sont presque systématiquement fausses.</li><li><strong>Être utile</strong>. Si vous n’êtes pas utile pour les groupes dont vous faites partie, alors vous n’avez &#8211; littéralement &#8211; aucune valeur.</li></ol><p>Notre monde ressemble de plus en plus à un laboratoire où nos moindres faits et gestes sont scrutés. Les meilleurs talents des classes populaires sont identifiés aussitôt que possible pour être recrutés et éviter qu’ils n’encadrent un mouvement révolutionnaire. Ce projet de gestion scientifique des ressources humaines a été mené avec un grand art. Chaque fois qu’une liberté était enlevée, une autre était octroyée dans les domaines traditionnels&nbsp;: sexualité, famille, religion, etc. Tout et n’importe quoi étaient permis. L’école a contribué à ce mouvement en coupant les élèves de leur référence morale traditionnelle.</p><p>La création d’habitudes par l’école est la clé pour maintenir l’ordre établi. Comme l’a écrit William James en 1890 dans <em>Principes de psychologie&nbsp;</em>:</p><p>«&nbsp;L’habitude est l’élément stabilisateur de la société. C’est son agent conservateur le plus précieux. Seule l’habitude […] permet aux enfants privilégiés d’être protégés des soulèvements vengeurs des pauvres […] Seule l’habitude empêche les travaux les plus durs et les plus vils d’être désertés. Elle tient le mineur dans l’obscurité. Elle décourage le mélange des classes.&nbsp;»</p><p>C’est notre responsabilité d’identifier de telles habitudes placées en nous par des agents étrangers et qui bloquent notre curiosité.</p><h3 class="wp-block-heading">Incident au lycée Highland</h3><p>Les études montrent que trois choses comptent pour être heureux&nbsp;: de bonnes relations humaines, une bonne santé et un emploi intéressant. L’école contribue malheureusement à réduire le temps disponible pour nouer des relations, est néfaste pour la santé et conduit à des emplois dépourvus de sens.</p><p>Une des principales peurs des élèves, comme ceux du lycée huppé de Highland, est de ne pas être admis dans une université prestigieuse. En réalité, ils sont mal informés. Les universités sont des entreprises qui doivent recruter suffisamment d’élèves pour payer leurs frais. Bien sûr, tout le monde ne rentre pas, mais les notes sont moins importantes qu’on ne le croit. Harvard, Princeton, Yale, Stanford rejettent de nombreux candidats avec des scores SAT parfaits. À l’inverse des étudiants médiocres comme George W. Bush, Al Gore, John McCain, Franklin D. Roosevelt y sont acceptés sans difficulté.</p><p>Qu’est-ce qui intéresse ces universités ? Elles veulent savoir si vous êtes déjà distingué en créant une entreprise ou une association caritative, ou en faisant le tour du monde à la voile, ou en démontant un tracteur et en le réassemblant. En bref, elles veulent savoir si vous avez du potentiel. Car si vous avez du potentiel, vous avez de grandes chances de réussir d’une façon ou d’une autre. Vous contribuerez alors par votre réputation ou votre argent à l’essor de l’institution.</p><p>Vous n&rsquo;avez pas besoin de l&rsquo;école pour cela, bien au contraire.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2035</post-id> </item> <item><title>Talent vs chance : la pratique délibérée</title><link>https://economierebelle.com/talent-vs-chance-la-pratique-deliberee/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=talent-vs-chance-la-pratique-deliberee</link> <comments>https://economierebelle.com/talent-vs-chance-la-pratique-deliberee/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Tue, 29 Mar 2022 02:16:47 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[Journal]]></category> <category><![CDATA[talent vs chance]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=2016</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Dans leur étude, Giftedness and evidence for reproducibly superior performance: an account based on the expert performance framework, Ericsson, Roring et Kiruthiga se proposent de répondre à une question à la fois simple et importante qu’on pourrait résumer comme suit&#160;: Est-ce que n’importe qui en bonne santé peut s’entraîner pour grimper l’Everest ? En&#8230; <a
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class="screen-reader-text">Talent vs chance : la pratique délibérée</span></a></p><p>The post <a
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href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=&amp;ved=2ahUKEwjCjqeR4-v2AhWVlIkEHcu-Bj0QFnoECAMQAQ&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.psychologytoday.com%2Ffiles%2Fu81%2FEricsson__Roring__and_Nandagopal__2007_.pdf&amp;usg=AOvVaw22b8otdI-CtMiKjjdpyGVn">étude</a>, <em>Giftedness and evidence for reproducibly superior performance: an account based on the expert performance framework</em>, Ericsson, Roring et Kiruthiga se proposent de répondre à une question à la fois simple et importante qu’on pourrait résumer comme suit&nbsp;:</p><figure
class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Est-ce que n’importe qui en bonne santé peut s’entraîner pour grimper l’Everest ?</p></blockquote></figure><p>En termes plus techniques, leur papier cherche à identifier si la performance est le résultat d’une pratique assidue ou d’une prédisposition naturelle, i.e. génétique. De plus, les auteurs ne se limitent pas aux sports mais considèrent aussi les performances dans les arts et les sciences.</p><h3 class="wp-block-heading">Mesurer la performance</h3><p>Une difficulté importante est de définir scientifiquement ce qu’on appelle une «&nbsp;performance&nbsp;supérieure ». Malheureusement, la performance est souvent évaluée socialement, soit par un groupe d’experts soit par le public. Cependant, de nombreux travaux scientifiques ou artistiques ont été dédaignés à leur époque pour être redécouverts bien plus tard. Inversement, certaines œuvres acclamées par leurs contemporains sont tombées dans l’oubli.</p><p>Comme cela a été démontré de nombreux travaux, l’expérience professionnelle n’est pas synonyme d’un meilleur jugement. Par exemple, la qualité du diagnostic suite à l’examen de radiographies se dégrade progressivement après la sortie de l’école de médecine. D’autre part, les experts apparaissent fortement influencés dans leurs jugements par des critères subjectifs&nbsp;: l’apparence physique, le genre et la réputation de l’artiste ou de l’athlète. Même la sélection des articles scientifiques après revue par les pairs semble fortement influencée par la réputation de l’auteur et par l’appartenance à une même école de pensée.</p><p>Plusieurs approches existent pour mesurer plus objectivement la performance&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Mesure objective, par exemple le temps pour le 100 mètres</li><li>Mesure relative, par exemple les classements à la suite de compétitions de tennis ou d’échec</li><li>Des tests prédictifs, par exemple le diagnostic posé sur la base de certaines radiographies, la prédiction d’un joueur de football sur les actions entreprises par d’autres joueurs dans des enregistrements vidéo.</li></ul><p>Notez la parenté des tests prédictifs avec les tests de QI&nbsp;: des épreuves standardisées dont les résultats sont sensés être corrélés avec un niveau d’habileté.</p><p>Toutes ces méthodes supposent une <strong>reproductibilité de la performance mesurée</strong>. Par exemple, les conseils pour l’investissement boursier ou l’évaluation de la qualité d’un vin ne rencontrent pas ce critère de reproductibilité.</p><h3 class="wp-block-heading">Créativité</h3><p>Il n’y a pas de performance plus remarquable que celle qui consiste à créer quelque chose de nouveau. Malheureusement, les découvertes d’importance sont relativement rares et il est impossible de demander à leurs auteurs de les reproduire.</p><p>Comme expliqué abondamment dans le livre de <a
href="https://economierebelle.com/livre-sur-les-decouvertes-en-sciences-par-robert-s-root-bernstein/">Root-Bernstein</a>, ce n’est pas l’homme qui fait la découverte, c’est la découverte qui trouve l’homme. Autrement dit, les découvertes sont le fait de ceux qui détiennent à un moment donné la bonne combinaison de savoirs. C’est ce qui explique aussi pourquoi une même découverte scientifique est faite indépendamment et à peu près au même moment par plusieurs chercheurs.</p><p>Une expérience avec des étudiants a permis d’établir qu’avec les connaissances dont disposait Kepler, certains des participants étaient capables de reproduire les mêmes résultats.</p><p>Il semblerait donc que pour faire de nouvelles percées, il soit essentiel de connaître toutes les idées pertinentes qui ont été générées, ne serait-ce que pour ne pas redécouvrir des principes déjà établis.</p><h3 class="wp-block-heading">Quelques observations</h3><p>L’étude contient un certain nombre d’observations intéressantes&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>La mémoire à court-terme peut être considérablement améliorée par des exercices, indépendamment du bagage génétique. De toute évidence, le développement de techniques de mémorisation donne des résultats très supérieurs à un éventuel avantage génétique si celui-ci existe.</li><li>L’accès aux outils pour la peinture, la musique etc. sont des prérequis pour l’expression du talent.</li><li>Les artistes experts sont meilleurs que les amateurs pour reproduire une image</li><li>Les musiciens experts sont meilleurs pour interpréter l’œuvre de quelqu’un d’autre</li><li>Les musiciens expérimentés sont meilleurs pour lire et interpréter sur le champ les compositions musicales</li><li>Le pic de performance est atteint généralement à la fin de la vingtaine dans les sports, et dans la trentaine ou la quarantaine pour les arts et les sciences.</li><li>L’amélioration des performances est graduelle. Il n’y a pas de preuve d’une progression spectaculaire en un court laps de temps, ni d’une maîtrise exceptionnelle sans une longue pratique assidue.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Méthodologie</h3><p>Les auteurs prétendent étudier la performance&nbsp;en identifiant d’abord les individus qui ont des résultats supérieurs <em>et reproductibles</em>. Ensuite, il s’agit d’étudier les mécanismes à l’œuvre qui expliquent leur performance supérieure.</p><p>Cette approche rappelle celle utilisée par des auteurs spécialisés en gestion d’entreprise. Dans un premier temps, ils identifient les entreprises exceptionnelles selon un certain critère avant d’essayer de comprendre ce qu’elles font de différent. Cette approche est sévèrement critiquée dans <em><a
href="https://economierebelle.com/talent-vs-chance-entreprises-chanceuses/">Are “Great” Companies Just Lucky?</a></em>.</p><p>En effet, en sélectionnant les personnes avec les meilleurs résultats, l’échantillon ainsi constitué pourrait contenir une large proportion d’individus chanceux.</p><p>En fait, comme le suggère <a
href="https://economierebelle.com/livre-the-success-equation-de-michael-mauboussin/">Michael Mauboussin</a>, il serait beaucoup plus sensé d’identifier une stratégie donnée et de voir si elle contribue au succès.</p><p>Un point très intéressant, qui a d’ailleurs été l’objet d&rsquo;un livre de Malcolm Gladwell, indique qu’il faut environ 10000 heures d’une pratique délibérée pour devenir un expert. Les auteurs citent, par ailleurs, une étude de Von Karolyi et Winner qui suggère plutôt que c’est parce que la personne n’a pas le talent qu’elle n’est pas portée à aller jusqu’à 10000 heures de pratique. Comme la poule et l’œuf, est-ce le talent qui cause la pratique ou la pratique qui cause le talent?</p><p>Les auteurs penchent pour la deuxième possibilité mais avec comme seul argument que la pratique délibérée n’est pas une activité plaisante en soi. Autrement dit, ceux qui vont plus loin dans la pratique ont une psychologie différente&nbsp;: plus concentré, plus engagé, plus déterminé.</p><p>Pourtant, il existe une façon de résoudre ce dilemme. Comme Nancy L. Segal le rapporte dans son livre <em><a
href="https://economierebelle.com/livre-twin-misconceptions-de-nancy-l-segal/">Twin Misconceptions</a></em>, l’étude des vrais jumeaux a apporté une réponse claire et définitive à la question&nbsp;: le mariage prolonge la vie ou bien une meilleure santé prolonge-t-elle la vie? – Le mariage est bon pour la santé, en général.</p><h3 class="wp-block-heading">Pratique délibérée</h3><p>Les auteurs détaillent ce qui se passe lors d’une pratique délibérée, qu’il s’agisse de gymnastique ou de toute autre activité&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>La pratique délibérée requiert une attention et une concentration complètes</li><li>Les athlètes de haut niveau passent une proportion plus importante de leur temps sur des mouvements difficiles ou pénibles que les athlètes de moins bon niveau</li><li>Dans certains sports comme l’haltérophilie ou la natation, la pratique a pour objet de développer la puissance physique et une exécution plus rapide d’une séquence de mouvements.</li><li>Même dans les sports, la performance est davantage le résultat de l’acquisition de représentations cognitives qui prépare les athlètes à toutes sortes de situations</li><li>Une étude portant sur les dactylographes a montré que les meilleurs scannent le texte à venir pendant qu’ils tapent à la machine afin de se préparer aux prochaines touches à presser.</li><li>Pratiquer l’activité au maximum d’intensité permet de découvrir des points faibles qui n’auraient pas été détectés autrement.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Limites à l’amélioration</h3><p>Les auteurs reconnaissent certaines limites à l’amélioration des performances. Mais leur parti pris ne leur fait considérer que des limites non génétiques&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Les immigrants ont de la difficulté à parler couramment la langue de leur pays d’accueil.</li><li>Certaines aptitudes sportives, comme la flexibilité des articulations pour le ballet ou le lancer de balle au baseball ne peuvent être acquise qu’avant l’adolescence par une pratique intensive.</li><li>La capacité à identifier les notes de musique isolées est possible entre 3 et 5 ans lorsque les stimuli sont encodés dans le cerveau en valeur absolue (et non relativement à d’autres stimuli).</li><li>Les techniques fondamentales sont plus facilement acquises par de jeunes élèves que des élèves plus âgés qui doivent se défaire de techniques non fondamentales (apprentissages ludiques).</li><li>Le phénomène des prophéties autoréalisatrices&nbsp;: certains enfants semblent doués pour des raisons sans rapport avec le talent et de ce fait, ils bénéficient d’opportunités fermées aux autres.</li><li>Dans le contexte professionnel, de nombreux employés restent très au-dessous de leur capacité maximale de production car peu incités à se dépasser.</li><li>Toujours dans le contexte professionnel, les salariés améliorent leur performance lorsqu’ils ont des tâches bien définies, de la rétroaction et de nombreuses opportunités de raffiner leur prestation par la répétition.</li><li>Mozart a bénéficié de voyages dans toute l’Europe où il a pu apprendre des meilleurs maîtres et être exposé aux dernières nouveautés. Tout ceci lui a permis de maintenir la supériorité de son art.</li><li>La vitesse d’apprentissage n’est pas la même selon les individus, possiblement du fait d’un plus grand niveau d’engagement et de concentration.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">Autres commentaires</h3><p>Les auteurs insistent sur le fait que les tests de QI ne servent qu’à mesure la capacité à réussir les tests de QI. De tels tests n’ont que de peu pouvoir prédictif sur la performance y compris dans les sciences. Si l’on y regarde de plus près, ce ne sont pas les plus hauts QI qui font avancer leur discipline mais ceux au parcours le plus atypique.</p><p>Une autre remarque intrigante est la faible représentation des jumeaux (vrais ou faux) parmi les personnalités éminentes des sports, des arts, et des sciences. Malheureusement du fait leur faible représentation, il est difficile de déterminer la part génétique dans le succès.</p><p>Finalement, les auteurs remarquent avec justesse que les résultats sportifs d’il y a un siècle sont ceux d’amateurs à notre époque. Ils oublient de dire que nos performances semblent avoir atteint une asymptote. Chaque nouveau record constitue un gain infime par rapport au précédent.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2016</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre sur les découvertes en sciences par Robert S. Root-Bernstein</title><link>https://economierebelle.com/livre-sur-les-decouvertes-en-sciences-par-robert-s-root-bernstein/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-sur-les-decouvertes-en-sciences-par-robert-s-root-bernstein</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-sur-les-decouvertes-en-sciences-par-robert-s-root-bernstein/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Thu, 30 Dec 2021 20:41:31 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <category><![CDATA[science]]></category> <category><![CDATA[talent vs chance]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1869</guid><description><![CDATA[<p>Le danger sera présent lorsque les scientifiques accepteront d&#8217;être organisés, lorsqu’ils commenceront à respecter les déclarations sur la science des Académies, des Universités, des Associations, et finalement des Gouvernements. Puisse ce jour ne jamais venir! —Clifford Truesdell, physicien et historien des sciences (1984) Nous ne pouvons pas nous attendre qu’un comité donne son accord pour&#8230; <a
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Maintenant que l’homme réellement indépendant à la fois intellectuellement et financièrement a disparu, et tandis que l’indépendance de l&rsquo;universitaire se fait de plus en plus rare, où allons-nous trouver les conditions d’aliénation limitée et d’irresponsabilité nécessaires pour la plus haute créativité ?</em></p><p>—Garrett Hardin, Biologiste et historien des sciences (1959)</p><h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>A une époque où la science ressemble de plus en plus à un clergé ou à une bureaucratie, il est salutaire de se replonger dans l’histoire des sciences pour en connaître les véritables ressorts.</p><p>Le livre <em>Discovering </em>de Robert Scott Root-Bernstein, écrit en 1991, fait le constat d’une baisse tendancielle de productivité de la communauté scientifique et en examine les causes. L’ouvrage offre par ailleurs un éclairage fascinant sur le processus de découverte scientifique.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">Prologue</h3><p>Le processus de découverte scientifique est obscur. D’une part, les chercheurs passent peu de temps à analyser scientifiquement comment ils font des découvertes. Ainsi, chaque génération de scientifiques doit redécouvrir par essai-erreur comment faire de la science. D’autre part, certains enseignements pourraient être communiqués, mais ils ne le sont pas, car ils se révèleraient embarrassants pour le chercheur ou l’un de ses confrères. Les scientifiques, comme les politiciens, sont passés maîtres dans les faux-semblants et la langue de bois. Pour démêler les choses, il n’y a qu’une solution, se référer aux sources originales.</p><p>Enfin, si l’exposé scientifique se veut on ne peut plus objectif, cela n’est pas le cas du processus de recherche qui est subjectif et aussi divers que la communauté scientifique.</p><p>Le but du présent livre est d’illustrer par de nombreux exemples comment des individus divers ont pratiqué concrètement la recherche scientifique.</p><h3 class="wp-block-heading">Une science de la science</h3><p>Il n’y a pas vraiment de guide pour découvrir l’inconnu. Mais ce qui est certain, c’est que la science ne suit pas une recette qu’il suffirait de reproduire. En fait, il semblerait même qu’une certaine dose d’erreurs et de faux pas soit nécessaire. Les doctorants qui obtiennent leur diplôme ne sont pas des scientifiques dans leur immense majorité, mais de bons techniciens. Ils sont capables de reproduire des expériences et d’améliorer la précision des résultats, mais pas de faire de la nouvelle science, qui est toujours au début la science hérétique.</p><p>L’idée n’est pas juste d’apporter sa pierre à l’édifice, mais d’organiser et de construire l’édifice. En tant que scientifique, je veux <em>comprendre</em> et non seulement savoir. Je veux pouvoir orienter mon action ou même créer quelque chose de nouveau à partir de ce que j’ai compris.</p><p>N’existerait-il pas un mode opératoire pour les découvertes, des schémas qui se répètent&nbsp;? Y a-t-il des conditions qui les favorisent au niveau des institutions, de l’éducation, de la psychologie ou de l’économie&nbsp;? Comment, en somme, augmenter la probabilité de faire une découverte&nbsp;?</p><p>Si l’on étudie attentivement suffisamment d’exemples de découvertes scientifiques, certaines situations ont tendance à se reproduire&nbsp;: le découvreur dispose d’une vaste palette de connaissances qu’il met à contribution, il a un penchant pour les jeux, les plaisanteries et la stratégie.</p><h3 class="wp-block-heading">Jour&nbsp;1 : Le problème des problèmes</h3><p>Partons du point de départ pour comprendre comment le processus de découverte aboutit. Au commencement, il y a un problème. Par exemple, Landsteiner voulait démontrer que les protéines du sang étaient spécifiques à chaque individu (nous savons aujourd’hui que c’est l’ADN qui est unique). En injectant du sang d’un individu dans un animal, ce dernier développait des anticorps spécifiques qui réagissaient à une seconde injection du même individu. Cependant, une injection à partir d’un autre individu ne donnait rien. En réalité, Landsteiner venait de découvrir les groupes sanguins A,B,O. Cela est typique de la recherche scientifique&nbsp;; on part d’un problème et on arrive à une solution inattendue à un autre problème.</p><p>On raconte que Fermi n’a accepté un poste à l’université de Chicago que si c’était pour enseigner à des premières années. En effet, les questions de jeunes étudiants mal dégrossis sont un terrain d’exploration très fertile comme l’a aussi suggéré Feynman. De tels étudiants comprennent les principes généraux dans les cours d’introduction et vont pointer sur les contradictions ou incohérences dans l’édifice scientifique là où les spécialistes se préoccupent surtout des détails.</p><p>Il y a aussi la question de l’origine du génie scientifique. Certains postulent qu’il y a un gène pour ça. Par exemple, nous connaissons des familles de scientifiques comme les Curies, les Becquerels, les Bohr, etc. qui ont donné plusieurs générations de Prix Nobel. Cependant, comment faire la part entre la génétique et un milieu propice ?</p><p>D’autre part, une étude a montré qu’au moins la moitié des grands physiciens de la fin du 19ème siècle ont travaillé dans les laboratoires de William Thomson et Justus Liebig. Cela ne peut s’expliquer par la génétique. En fait, on observe des générations de Prix Nobel, non pas tant dans les familles que dans des lignées formées par d’anciens Prix Nobel. J.J Thomson a lui seul a enseigné à 9 futurs Prix Nobel.</p><p>Tout cela suggère que la pratique de la science est un art, et comme tout art, il faut trouver le maître dont vous serez l’apprenti. Mais peut-être est-il possible d’identifier les bonnes heuristiques d’enseignement et les partager avec le plus grand nombre&nbsp;?</p><p>Faisons aussi une autre observation. Entre 1660 et 1975, le nombre de scientifiques et leurs publications ont été multipliés par près de 1 million. Pour autant, nous n’avons pas un million de Newton ou de Galilée aujourd’hui. En fait, selon Bernard Cohen, le nombre de découvertes scientifiques majeures au 20ème siècle est du même ordre que celles faites au 17ème siècle.</p><p>Une partie du problème vient de la bureaucratie. En pratique, seule une partie infime du temps est consacrée à essayer de nouvelles choses au laboratoire. Le reste est gaspillé dans l’administration et d&rsquo;autres activités improductives.</p><p>L’argent n’aide pas vraiment à faire de nouvelles découvertes. Au mieux, il favorise les effets de mode comme la recherche liée au SIDA ou au programme Star Wars. Trop souvent, il sert à accumuler encore plus de données confirmant des théories existantes avec des méthodes existantes, ce qui ne contribue pas à faire des découvertes révolutionnaires. Nous devrions plutôt nous intéresser aux espaces inexplorés entre les branches de l’arbre de la connaissance.</p><p>Lorsque l’on compare les nations, les États-Unis ont un palmarès moins reluisant que la Suisse, le Danemark ou les Pays-Bas. Le Japon et l’URSS sont d’ailleurs en bas du tableau malgré leur grand nombre de scientifiques.</p><p>Un autre problème est de déterminer les travaux d’importance parmi le flux continu de publications qui inondent la planète. Autrement dit, comment identifie-t-on les sujets féconds&nbsp;?</p><p>Les autres questions fondamentales sont celles-ci&nbsp;: <strong>est-ce que le processus de découverte peut être analysé&nbsp;? Si oui, existe-t-il des stratégies ou tactiques pour augmenter la probabilité de découverte&nbsp;? Qui est le plus à même de faire le meilleur usage de cette information&nbsp;? Comment doit-on les former&nbsp;? Que doivent-ils savoir&nbsp;? Quelles conditions favoriseront leurs recherches et quelles conditions y feront obstacle&nbsp;?</strong></p><p>Est-ce que rassembler toutes les données disponibles pourrait être utile dans cette entreprise&nbsp;? Oui et non. Comme l’a écrit Paul Valéry&nbsp;: «&nbsp;Accumulez tous les détails que vous pourrez sur la <em>vie de Racine</em>, vous n&rsquo;en tirerez pas l&rsquo;art de faire ses vers&nbsp;». D’autre part, il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance exhaustive de la littérature pour faire des découvertes. Osborne Reynolds, le professeur de J.J. Thomson, préférait réfléchir sur une idée avant de consulter les travaux de référence. Les données sont utiles, mais elles peuvent être interprétées de différentes manières selon la façon de les regarder. Il faut donc un point de départ, un parti pris initial qui éclaire les données sous un certain angle, quitte à le remettre en cause par la suite. C’est ce qu’on appelle aussi une hypothèse. Sa principale fonction est d’éviter le délire spéculatif aussi appelé pelletage de nuage.</p><p>Szent-Györgyi suggère deux approches pour une recherche fructueuse. La première est de créer une théorie complètement nouvelle et de tout faire pour démontrer qu’elle est fausse. La seconde consiste à reproduire des recherches passées à la main, étape par étape, mais en essayant d’identifier des faits que les pionniers auraient ignorés, car ils se concentraient sur d’autres choses&nbsp;! C’est cette seconde méthode qui a permis à Szent-Györgyi de découvrir que la contraction musculaire dépendait non seulement de la myosine, mais aussi de l’actine.</p><p>Toutes les données sont bonnes a priori, mais il faut les évaluer. Ainsi, <strong>il faut indiquer le contexte de validité des données</strong>. C’est ce qu’avait fait Galilée en indiquant que deux solides, l’un de plomb, l’autre une plume, tombent à la même vitesse <em>dans le vide</em>.</p><p>De plus, les données posent un autre problème. Il peut être tentant de faire du minage de données pour trouver une solution ad hoc au problème initial, sans faire l’effort d’aller plus loin et de comprendre ce qui se passe en réalité dans la nature. Ne pas confondre «&nbsp;travailler dur&nbsp;» et «&nbsp;penser intensément&nbsp;».</p><p>En particulier, il faut <strong>reconnaître que différentes classes de problèmes devraient être attaquées par différentes méthodes</strong>. Les observations et les expériences, par exemple, servent à résoudre un problème de données. Parfois, un phénomène physique peut se produire tellement rapidement que les expériences ne montreront rien… Il faudra alors de nouvelles méthodes de mesure. C’est ce qui s’est produit avec l’invention de l’énergie et de l’entropie.</p><figure
class="wp-block-table"><table
class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td><strong>Types de problème</strong></td><td><strong>Exemples</strong></td><td><strong>Méthodes de solution</strong></td></tr><tr><td>Définition</td><td>Qu’est-ce que l’énergie</td><td>Invention du concept</td></tr><tr><td>Théorie</td><td>Qu’est-ce qui explique l’origine des espèces&nbsp;? Qu’est-ce qui fait que les objets tombent&nbsp;?</td><td>Invention de la théorie</td></tr><tr><td>Données</td><td>Quelle information est requise pour tester ou construire une théorie&nbsp;?</td><td>Observations et expérimentations</td></tr><tr><td>Technique</td><td>Comment obtenir les données&nbsp;? Comment les analyser&nbsp;? Comment mettre en évidence le phénomène de la meilleure façon&nbsp;?</td><td>Invention d’instruments et de méthodes d’analyse et de mesure</td></tr><tr><td>Évaluation</td><td>Dans quelle mesure une définition, théorie, observation ou technique est adéquate&nbsp;? Est-ce qu’on a affaire à une vraie anomalie ou une illusion d’optique&nbsp;?</td><td>Invention d’un critère d’évaluation</td></tr><tr><td>Intégration</td><td>Est-ce que deux théories distinctes peuvent être intégrées&nbsp;? Est-ce que Mendel contredit Darwin&nbsp;?</td><td>Réinterprétation et refondation de concepts et théories existants</td></tr><tr><td>Extension</td><td>Combien de cas la théorie explique-elle&nbsp;? Quels sont les contextes où la théorie ou technique s’applique&nbsp;?</td><td>Prédiction et tests</td></tr><tr><td>Comparaison</td><td>Quelle théorie ou quel jeu de données est le plus utile&nbsp;?</td><td>Invention d’un critère de comparaison</td></tr><tr><td>Application</td><td>Comment cette observation ou technique peut-elle être appliquée&nbsp;?</td><td>Connaissance de problèmes apparentés non résolus</td></tr><tr><td>Artefact</td><td>Est-ce que les données falsifient la théorie&nbsp;? Est-ce que la technique d’acquisition des données est appropriée&nbsp;?</td><td>Admission de l&rsquo;insolubilité du problème tel que posé</td></tr></tbody></table></figure><p>Il existe aussi un ordre dans la résolution des problèmes. Tout part d’une question générale qu’on subdivise en sous-problèmes. Au début, il faut d’abord éclaircir les concepts, ensuite développer la théorie, rechercher des données, ce qui demande de nouveaux instruments ou de nouvelles méthodologies, etc.</p><p>De nombreuses découvertes ont été faites avec un peu d’aide du hasard. Cependant, les découvreurs, contrairement à d’autres, ont réalisé toute la signification de leur observation. Le plus difficile est d’être capable de voir les choses sous un angle nouveau et de s&rsquo;opposer la force de l&rsquo;habitude.</p><h3 class="wp-block-heading">Jour 2&nbsp;: plan ou chance&nbsp;?</h3><p>L’hypothèse scientifique n’est pas déduite ou inférée logiquement. De ce point de vue, elle est irrationnelle. Il convient de distinguer deux contextes&nbsp;: le contexte de découverte et le contexte de justification. Dans le premier cas de figure, un chercheur tombe plus ou moins par hasard sur une idée improbable. Dans le second cas de figure, le chercheur cherche à déterminer si une hypothèse précédemment explicitée est vraie ou fausse.</p><p>Si réellement la pratique de la science est irrationnelle, alors quel bénéfice peut-on tirer de l’apprentissage de la science auprès d’un maître&nbsp;? En fait, il y a en a de deux types. Baeyer disait ne pas être plus chanceux qu’un autre, mais faire davantage d’expériences. D’autre part, si l’on ne peut pas prédire quand une découverte va avoir lieu, on peut certainement planifier le travail qui va conduire à des découvertes.</p><p>En ce sens, la rationalité de la pratique de la science n’est pas dans le test d’hypothèses, mais dans l’organisation de la recherche. Aussi, il y aurait sans doute des leçons à tirer des sciences sociales comme l’histoire, qui ne se limitent pas à simplement collecter des faits.</p><p>Examinons le cas de Louis Pasteur en 1857. Est-ce que ses découvertes sont le produit de la chance ou de la rationalité&nbsp;? Pasteur n’était pas médecin, mais physicien et chimiste. Une de ses deux thèses de doctorat portait sur des exceptions apparentes pour le principe d’action de masse du chimiste Berthollet.</p><p>Le cas Pasteur est particulièrement intéressant, car les historiens des sciences sont partagés sur la part de chance dans ses découvertes. À 24 ans, Pasteur était un jeune étudiant de l’École Normale. Il travaillait dans le laboratoire du Pr. Balard, où il n’y avait aucun instrument. La philosophie du Pr. Balard était de n’utiliser que des instruments conçus et construits par soi-même. Pasteur avait ainsi construit de ses mains un goniomètre pour mesurer les angles des cristaux et un polarimètre pour mesurer l’angle de polarisation de la lumière.</p><p>La première découverte importante de Pasteur, en 1848, concernait la différence entre l’acide tartrique et l’acide racémique. L’acide tartrique est un acide qu’on trouve abondamment lors de la fermentation du raisin. L’acide racémique est retrouvé comme produit à la fin de procédés industriels impliquant l’acide tartrique.</p><p>Pasteur a identifié un paradoxe apparent entre deux données&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>En 1844, un mémorandum de Mitscherlich affirme que les cristaux des deux acides sont identiques sauf pour ce qui concerne leur effet sur la polarisation de la lumière (l’acide tartrique polarise la lumière, mais pas l’acide racémique).</li><li>Un collègue du laboratoire, August Laurent, affirme que les différences de propriétés physiques des cristaux ne peuvent provenir que de différences de structure cristalline.</li></ol><p>Pasteur, à partir du second point, fait l’hypothèse que l’acide racémique n’est pas symétrique et c’est ce qui cause la polarisation de la lumière tandis que l’acide tartrique est symétrique et ne polarise pas la lumière.</p><p>À partir de là, Pasteur entreprend de répéter les expériences de Mitscherlich pas à pas, en recherchant intentionnellement d’éventuelles asymétries dans l’acide tartrique. Et ils les trouvent&nbsp;! Ces différences étaient minimes, mais elles étaient bien présentes pour qui voulait les trouver. D’autre part, il trouve également des asymétries dans l’acide racémique, ce qui infirmait aussi son hypothèse formulée à partir des idées d’August Laurent.</p><p>Qu’est-ce que cela illustre&nbsp;?</p><p>Mitscherlich avait une idée préconçue qu’il a baptisé l’isomorphisme, qui consistait à croire que les cristaux avec la même composition atomique devaient avoir la même structure. Cela est vrai dans la plupart des cas, mais pas ce n’est pas toujours vrai. Autrement dit, Mitscherlich voyait à travers son microscope avec son esprit et non ses yeux.</p><p>Dans le même ordre d’idée, certains scientifiques se sont offert les services d’artistes pour rendre compte de leurs observations, soit pour corriger leurs erreurs d’observation, soit pour éliminer ce qui n’était pas pertinent à leurs yeux.</p><p>Il est par exemple remarquable que Pasteur ait lui-même été un artiste, comme en témoigne ce portrait de sa mère, réalisé à 13 ans. <strong>Les compétences artistiques semblent accroître la capacité perceptive des scientifiques</strong>. La formation artistique n’est pas nécessaire en soi, mais il est important de disposer d’une grande capacité d’observation.</p><p>Il restait un mystère à éclaircir par Pasteur&nbsp;: pourquoi l’acide racémique, pourtant asymétrique, ne polarisait pas la lumière&nbsp;? Pasteur observa qu’en fait, il y avait deux types de cristal, chacun le miroir de l’autre, un peu comme la main gauche est le miroir de la main droite. Les cristaux «&nbsp;gauches&nbsp;» polarisaient la lumière dans un sens et les cristaux droits dans l’autre sens. Comme ces deux types de cristaux étaient en quantités égales, l’effet sur la polarisation était nul&nbsp;!</p><p>Le scientifique est au technicien, ce que l’artiste est à l’artisan. Une des choses que l’artiste et le scientifique ont en commun est le niveau d’engagement, et ce qui implique nécessairement une grande dose de subjectivité et de parti pris. Il y a d’ailleurs plusieurs scientifiques qui prétendent qu’on ne peut pas comprendre quoi que ce soit tant qu’on n’a pas imaginé être à la place de l’objet de l’étude&nbsp;: qu’est-ce qu’un atome de carbone veut faire&nbsp;? Quelle est la vie d’un piston&nbsp;dans un moteur diesel ?</p><p>Il faut littéralement se projeter au niveau de l’atome ou du chromosome et essayer de dégager d’une façon ou d’une autre les mécanismes fondamentaux. Einstein, par exemple, se représentait les choses avec des images ou des impressions cinétiques&nbsp;: qu’est ce que ça voudrait dire de tomber en ascenseur à la vitesse de la lumière&nbsp;ou bien que verrait-on si on chevauchait un rayon lumineux et regardait un rayon lumineux voisin&nbsp;?</p><p>C’est dans un deuxième temps seulement que le découvreur doit trouver laborieusement les mots et les équations pour expliquer sa vision, sa perception ou son impression.</p><p>Revenons à la seconde expérience de Pasteur en 1857. Les historiens des sciences attribuent la seconde découverte au moins partiellement à la chance. En effet, un bocal d’acide racémique s’était mis à fermenter. Pasteur, au lieu de jeter la solution, a observé l’effet sur la polarisation de la lumière et a noté que la solution polarisait la lumière, ce qui indiquait que les quantités «&nbsp;gauche&nbsp;» et «&nbsp;droite&nbsp;» d’acide racémique n’étaient plus égales.</p><p>La réalité est un peu plus complexe. Pasteur était intrigué par le fait que les composés organiques fussent asymétriques, mais toujours du même type. Il fit beaucoup d’expérience pour essayer de créer des plantes basées qui produiraient l’autre forme d’asymétrie. Initialement, il pensa que cela était lié à l’application d’une force asymétrique&nbsp;: la lumière, le magnétisme, ou l’électricité. Ces expériences furent toutes des échecs.</p><p>Il eut aussi l’idée de faire grandir des betteraves à sucre dans un substrat d’acide racémique, tantôt «&nbsp;gauche&nbsp;», tantôt «&nbsp;droit&nbsp;». Il s’attendait à voir les deux groupes de betteraves produire respectivement des composés organiques «&nbsp;gauches&nbsp;» et «&nbsp;droits&nbsp;». En fait, à l’issue de l’expérience, un groupe de betterave continuait de produire du sucre «&nbsp;droit&nbsp;», tandis que l’autre était carencé. Les betteraves malades ne pouvaient assimiler le substrat avec l’acide racémique «&nbsp;gauche&nbsp;».</p><p>Le même phénomène s’était produit avec Galilée qui cherchait les lunes de Vénus sans succès et a noté, sans y prêter attention, les différentes phases de Venus. C’est seulement lorsque son ami Castelli lui fit remarquer que cela pouvait avoir un lien avec l’hypothèse héliocentrique que Galilée perçut toute la portée de sa découverte.</p><p>En août 1857, Pasteur lut à propos d’une expérience du Pr. De Saussure qui révélait que des sels étaient absorbés de manière différente par la végétation et conjecturait que cela pourrait être lié à un «&nbsp;phénomène vital&nbsp;». En décembre 1857, Pasteur affirmait dans une note à l’Académie avoir découvert une méthode de fermentation de l’acide racémique qui permettait d’éliminer la version «&nbsp;droite&nbsp;». En mars 1858, il rapportait les résultats de son expérience utilisant cette fois des levures en lieu et place des betteraves.</p><p><strong>En conclusion, la découverte «&nbsp;fortuite&nbsp;» de Pasteur n’était pas le résultat de la chance, mais plutôt un produit dérivé d’un programme de recherche</strong> sur une force asymétrique (qui n’existait pas). Ces faits sont méconnus, car ils étaient embarrassants pour Pasteur, notamment vis-à-vis de ses bienfaiteurs. Seule une étude de sa correspondance privée et de ses carnets de laboratoire a permis de mettre au jour le véritable but de ses recherches.</p><p>Peu importe que les idées préconçues de Pasteur aient été fantaisistes. <strong>Ses expériences étaient construites de façon à faire avancer la science, quel que soit le résultat.</strong><a> </a>Dans l’expérience de 1848, au minimum il aurait pu prouver que l’un ou l’autre de Mitscherlich ou de Laurent avait tort. Finalement, les deux s’étaient trompés. De même l’expérience de 1857 prouverait de toute façon quelque chose&nbsp;d’utile : que les betteraves ou les levures absorbaient en quantités égales ou non les deux types d’acide racémique.</p><p>Pasteur est également exemplaire dans sa capacité à réviser ses hypothèses à la lumière des résultats de ses expériences.</p><p>La pratique de la science ressemble à celle de la musique de multiples manières. Par exemple, la relation entre le scientifique et son instrument est fusionnelle. Il doit le connaître à fond pour le pousser aux limites et atteindre les siennes aussi. D’autre part, comme pour la musique, une grande majorité de scientifiques décroche, certains en font de temps à autre et seule une infime minorité s’y colle 4 à 6 heures par jour, tous les jours des années durant. Qu’est-ce qui fait que l’un continue de s’exercer tandis que l’autre abandonne&nbsp;? Pourquoi certains apprennent à obtenir le meilleur d’un instrument, mais d’autres pas du tout&nbsp;?</p><h3 class="wp-block-heading">Jour 3&nbsp;: logique de la recherche, surprise de la découverte</h3><p>La sérendipité, ou le fait de trouver quelque chose qu’on ne cherchait pas, est un concept clé en science. La question est de déterminer quelle est la part de chance et de préparation dans ce phénomène. James Austin distingue quatre types de chance&nbsp;: le pur hasard, le principe de Kettering (l’action crée de bonnes surprises), le principe de Pasteur (la chance rencontre un esprit préparé), et le principe de Disraeli (le fait de se distinguer comme individu). Dans les trois derniers types de chance, l’individu a un contrôle partiel sur sa chance.</p><p>Considérez par exemple la découverte de l’anaphylaxie (réaction allergique) par Richet. Se basant peut-être sur le modèle de la vaccination, il fut étonné de découvrir qu’après une deuxième dose d’un prélèvement d’anémone sur un animal, celui-ci mourrait très souvent.</p><p>De même, la découverte de la vaccination par Pasteur n’est pas dû au hasard comme la légende le prétend, mais à une intention. Les notes de Pasteur montrent clairement qu’il cherchait à «&nbsp;atténuer&nbsp;» le virus du choléra au travers de toutes sortes d’expériences. En particulier, l’ajout d’une solution acide semblait effectivement affaiblir les cultures du virus du choléra.</p><p>Fleming, le découvreur de la pénicilline, est un cas encore plus intéressant. Fleming comme Feynman adoraient les jeux et avaient à peu près tout essayé. Dans ses expériences, il s’était même amusé à faire des dessins à partir des cultures de bactéries comme l’Union Jack ou une ballerine&nbsp;! Évidemment, pour arriver à un tel résultat, il fallait avoir une connaissance très poussée des propriétés des bactéries, de leur croissance, etc. Pourquoi est-ce important&nbsp;? Dans sa découverte prétendument accidentelle du lysozyme, une enzyme antibactérienne qui se trouve entre autres dans le mucus nasal, Fleming aurait fait tomber une goutte de mucus nasal dans une culture bactérienne. Quelque temps plus tard, Fleming aurait remarqué l’absence de développement des bactéries au point d’impact. Même si l’accident était involontaire, seul un esprit habitué à prédire l’évolution normale des cultures pouvait identifier l’anomalie et son origine.</p><p>Fleming était au fait des travaux de Félix d’Hérelle qui avait découvert les virus en 1915 en étudiant la diarrhée des criquets. Félix d’Hérelle avait mis en évidence qu’un virus «&nbsp;mangeur de bactéries&nbsp;» détruisait la flore intestinale et causait la diarrhée. Il est très possible que Fleming, raisonnant par analogie voulût trouver un virus qui détruisait les bactéries dans le nez, et par la suite le faisait couler. Même si l’idée n’était pas correcte, elle se révéla fructueuse.</p><p>Voici un autre exemple.</p><p>Ralph Lewis a étudié la dissémination de l’ergot de seigle par les insectes. Il était incapable de reproduire le phénomène en laboratoire, car les spores étaient desséchées et ne s’attachaient pas aux insectes. C’est alors qu’il réalisa qu’en conditions réelles, les spores étaient enduites d’une substance collante à base de sucre appelée «&nbsp;honeydew&nbsp;». Cela lui fit penser à «&nbsp;Honey will do&nbsp;», c’est-à-dire «&nbsp;le miel fera l’affaire&nbsp;» ce qui lui permit de mener à bien l’expérience. Il réussit à placer le jeu de mots dans sa dissertation, mais pas à la publication, ce qui illustre une fois de plus que des éléments importants dans le processus de découverte demeurent cachés.</p><p>Au moment de la découverte, que se passe-t-il au juste&nbsp;? On pourrait comparer cet instant à celui où l’on perçoit une image tridimensionnelle à partir de deux images stéréoscopiques. La somme devient subitement plus que le tout. Évidemment, dans notre esprit, il s’agit de rapprocher non pas deux images, mais plusieurs ensembles de faits qui de plus ne sont pas nécessairement alignés les uns avec les autres.</p><figure
class="wp-block-image size-full"><img
fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="400" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/12/Stereogram_Tut_Random_Dot_Shark.png?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1872" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/12/Stereogram_Tut_Random_Dot_Shark.png 800w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/12/Stereogram_Tut_Random_Dot_Shark-300x150.png 300w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/12/Stereogram_Tut_Random_Dot_Shark-768x384.png 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>Une image stéréographique, Source: <a
href="https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Fred_Hsu">https://commons.wikimedia.org/wiki/User:Fred_Hsu</a></figcaption></figure><p>Fleming est évidemment surtout connu pour sa découverte de la pénicilline en 1928. La légende raconte qu’une culture de staphylocoques exposée à l’air a été contaminée puis détruite par de la pénicilline. La réalité semble différente. En effet, différentes tentatives ont été faites pour reproduire ce mode opératoire. Ces expériences semblent avoir établi que la pénicilline ne peut pas se développer à partir d’une culture bactérienne établie. En fait, pour voir un effet sur les populations de bactéries, le champignon doit s’être développé plusieurs jours avant d’être mis en contact avec les bactéries. Même si l’on admet le rôle de la chance dans cette découverte, il est remarquable que cela ait éveillé l’intérêt de Fleming.</p><p>À la même époque, de nombreux travaux mentionnaient l’antagonisme entre champignons et cultures bactériennes, possiblement lié à l’acidification de la solution par les champignons. Un autre observateur que Fleming aurait mis l’interaction entre pénicilline et staphylocoques sur le compte d’un tel antagonisme.</p><p>On ne peut bien sûr que conjecturer, mais il est possible que Fleming, depuis sa découverte du lysozyme, recherchât de nouvelles sources de l’enzyme. En tous les cas, Fleming suivait un objectif précis dans ses recherches, celui de trouver un agent antiseptique qui n’endommage pas les tissus. Le problème était bien défini, comme l’était celui d’Edison&nbsp;: «&nbsp;je veux un filament qui brille lorsque l’électricité passe au travers, qui dure des mois, etc.&nbsp;». Et comme Edison, l’approche consiste à essayer toutes les combinaisons possibles et imaginables. Évidemment, le problème d’une telle approche est qu’elle consomme beaucoup de ressources&nbsp;humaines et matérielles. De plus, elle s’applique à des problèmes de pharmacologie ou de technologie, mais est sans intérêt pour comprendre ce qui se passe fondamentalement.</p><p>Les recherches impliquant la sérendipité sont plus intéressantes. <strong>D’abord, il faut avoir l’œil ouvert pour observer quelque chose d’inhabituel.</strong> Ensuite, il faut orienter ses recherches pour investiguer le phénomène. Puis, il faut persister à isoler et identifier la source du phénomène. Enfin, il convient d’interpréter le phénomène.</p><p>D’après Robert Merton, une grande partie des découvertes sont des découvertes simultanées, par plusieurs personnes dans un laps de temps relativement court. Cette observation milite pour la thèse que la découverte est un processus où la chance a une faible influence. Des personnes formées de la même manière et avec le même bagage de connaissances auront probablement les mêmes idées.</p><h3 class="wp-block-heading">Jour 4&nbsp;: créer l’unité à partir de la diversité</h3><p>Toutes les découvertes impliquent une part d’innovation, une part de redéfinition et une part de théorie. Il existe différents modèles du processus de découverte, chacun avec leur faiblesse. Un modèle possible considère quatre données&nbsp;: le contexte culturel, la science codifiée, la pratique de la science et le scientifique en tant qu’individu avec la somme de ses caractéristiques innées et acquises.</p><p>La science est aussi un phénomène social. De nombreux scientifiques ou mathématiciens se sont abstenus de publier (ou leur professeur les en a empêchés) pour ne pas heurter le consensus de l’époque&nbsp;: Gauss sur les géométries non euclidiennes ou Kramer sur le spin de l’électron. Le scientifique doit à la fois être suffisamment isolé du courant dominant pour voir le monde d’une autre manière, mais il ne doit pas être coupé des autres scientifiques sous peine de ne pas pouvoir influencer leurs façons de faire.</p><p>Einstein remplit ses critères. Marginal au sein de la communauté des physiciens, il avait un certain talent pour utiliser à son avantage les tribunes disponibles. L’antithèse est fournie par Gibbs, probablement le plus grand scientifique américain du 19ème siècle, qui a publié ses travaux mathématiques complexes voire illisibles, dans une revue pratiquement inconnue en Europe. Nombre de ses résultats ont été redécouverts indépendamment bien plus tard par van’t Hoff et Planck.</p><p>Ainsi, il ne suffit pas de faire une découverte, il faut aussi réussir à attirer l’attention de la communauté scientifique. C’est encore plus difficile si vous proposez une solution à un problème que personne ne pensait avoir à traiter, comme l’ont fait Darwin ou Einstein.</p><p>De toute évidence, les hommes qui ont marqué la science ont du génie. Même si leur talent n’est pas donné à tout le monde, certaines choses peuvent s’apprendre. Van’t Hoff, par exemple, avait lu les biographies de 200 scientifiques avant ses 25 ans et apparemment, il en a tiré des leçons profitables. On trouve également chez van’t Hoff une caractéristique très souvent partagée chez les découvreurs&nbsp;: il a très tôt expérimenté le processus créatif, en l’occurrence à travers la poésie. Mais cela aurait aussi bien pu être la peinture, la musique, le bricolage, etc.</p><p>Van’t Hoff est le premier à percevoir la relation de cinq problèmes de chimie comme les facettes d’un même problème plus général&nbsp;: l’existence d’atomes tridimensionnels, l’intégration des modèles de composition chimique très divers, l’explication de la valence (nombres de liens formés par un atome avec d’autres atomes), l’explication de l’existence des isomères (molécules de différentes formes à partir des mêmes atomes), et l’explication des effets optiques.</p><p>L’idée de van’t Hoff de visualiser l’atome de carbone comme étant au centre d’un tétraèdre va permettre de résoudre ces cinq problèmes en même temps. D’autres avant lui, y compris Pasteur, avaient songé à cet arrangement spatial. Mais ce qui distingue van’t Hoff est son parcours atypique et son bagage scientifique éclectique. Par exemple, à la différence de ses contemporains, il croit en l’existence de vrais atomes selon la théorie obsolète de Berthollet.</p><p>Un des papiers les plus importants de van’t Hoff n’a jamais été publiquement publié, car il fut rejeté sous prétexte qu’il n’y avait aucune mathématique et aucune nouvelle donnée. Van’t Hoff dut faire circuler de façon privée et à ses frais les éléments de sa théorie.</p><p>À la même époque, le chimiste français Le Bel avait aussi formulé l’hypothèse d’une structure</p><p>tétraédrique pour les liaisons de l’atome de carbone. Mais d’une part, il avait moins de conviction que van’t Hoff et d’autre part, <strong>Le Bel était prisonnier d’une école de pensée alors que van’t Hoff était un franc-tireur</strong>.</p><p>Il y a également une autre distinction à faire entre des scientifiques comme van’t Hoff et Mendeleïev d’une part et des scientifiques comme Le Bel ou Meyer. <strong>Van’t Hoff et Mendeleïev croyaient dur comme fer dans leur théorie</strong>. Les données qui ne concordaient pas avec leur modèle ont été considérées comme des artefacts par ces derniers. Par exemple, Mendeleïev a laissé des emplacements vides dans son tableau périodique des éléments, persuadé qu’ils seraient complétés par des découvertes futures. En d’autres termes, le penchant pour la généralisation et des principes fondamentaux est récompensé. Mentionnons aussi le cas de Bernd Matthias qui a découvert les supraconducteurs et qui a déclaré&nbsp;: «&nbsp;les douze premières expériences qui visaient à démontrer le phénomène ont échoué, mais la suivante a fonctionné.&nbsp;»</p><p>Dans les années 1930, Karl Popper a mis en évidence qu’en science, il était impossible de prouver une hypothèse, mais seulement de la réfuter. En quelque sorte, les théories du moment sont des hypothèses en sursis. Il donne l’exemple des cygnes noirs. Même si l’observation indique que tous les cygnes sont blancs, cela ne prouve rien. Il suffit d’un seul cygne noir pour falsifier cette théorie.</p><p>Le problème avec l’approche de Popper est qu’elle néglige la base axiomatique de la science. En effet, à partir d’un postulat indémontrable directement comme l’existence des atomes, la chimie a pu se développer bien au-delà d’une chimie qui n’aurait pas accepté cet axiome.</p><p>Si l’on reprend les exemples de Pasteur et Fleming, ces derniers ont certes falsifié leurs théories respectives de la force asymétrique ou de la production de lysozyme à partir de champignons. Mais, leurs réels progrès sont venus de leur exploration active de la nature et non de la preuve que leurs hypothèses initiales étaient fausses.</p><p>De plus, pour toutes les théories acceptées, il existe des données qui les contredisent. Il ne faut donc pas falsifier des théories naïvement, mais au contraire savoir quand ignorer ou pas les contradictions. Par exemple, en 1958, lorsque Feynman et Gell-Mann avancent leur théorie de la désintégration bêta, celle-ci est en contradiction avec les données disponibles. Cependant, on réalisa que ces données étaient fausses et les nouvelles mesures étaient en accord avec la théorie.</p><p>Popper ignore aussi le fait que les scientifiques peuvent imposer des limites (conditions d’application) à leurs théories au lieu de simplement les rejeter.</p><p>En fait, lorsqu’ils doivent évaluer une nouvelle théorie ou de nouveaux résultats, les scientifiques sont plus nuancés et emploient au moins quatre ou cinq critères&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Logique&nbsp;: Critère d’Occam, cohérence interne, testabilité, et conditions d’application&nbsp;;</li><li>Empirique&nbsp;: testabilité, accord avec les données, reproductibilité, interprétation de toutes les données&nbsp;en (1) faits, (2) artefacts, (3) anomalies&nbsp;;</li><li>Communauté&nbsp;: résolution de problèmes connus, création de nouveaux problèmes et de nouveaux outils, nouveaux concepts et définitions, bref est-ce que la nouvelle science change la façon de faire de la science&nbsp;;</li><li>Historique&nbsp;: doit faire ce que l’ancienne science faisait, mais en mieux&nbsp;;</li><li>Esthétique</li></ul><p>Van’t Hoff, Ostwald, Arrhenius, et d’autres scientifiques ont obtenu de nombreux succès tout au long de leur carrière de la vingtaine jusqu’à la soixantaine. <strong>Une de leur stratégie a consisté à travailler sur des problèmes abandonnés de longue date soit parce que jugés sans intérêt ou impossibles à résoudre</strong>. Par exemple, alors que la chimie organique se développait tous azimuts et offraient des perspectives intéressantes, ils se pencher sur les vieux problèmes des réactions équilibrés de la chimie inorganique.</p><p>Il semblerait aussi que ce qui distingue les Prix Nobel de leurs collègues soit <strong>une capacité à mieux jouer avec les cartes à leur disposition</strong>. En particulier, lorsque leurs moyens étaient limités, ils ont compensé le manque d’équipement par leur ingéniosité et une approche minimaliste.</p><p>Pour reprendre une idée évolutionniste, <strong>ces scientifiques s’adaptent à tous les environnements</strong> alors que les autres ne peuvent survivre que dans leur niche&nbsp;: leur laboratoire, leur équipement, leurs assistants.</p><p>Le fait que van’t Hoff, par exemple, ait commencé sa carrière dans une université de 3èm<sup>e</sup> ordre lui a permis de s’imposer comme professeur de mathématiques, de physique, de chimie pharmaceutique, et de chimie organique&nbsp;! Par la suite, sa compréhension des phénomènes physico-chimiques lui donna un avantage certain sur les spécialistes.</p><p>Mais le fait d’être un généraliste n’est pas non plus toujours une panacée. En effet, chez certains, les idées d’origines diverses ne se rencontrent jamais. Helmholtz et Poincaré ont ceci de commun que ne pouvant garder en mémoire un fait précis, ils étaient toujours à la recherche du principe unificateur. Poincaré était aussi connu pour tout faire et refaire par lui-même pour réellement comprendre ce qu’il faisait.</p><p>On ne sera pas étonné d’apprendre qu’Enrico Fermi, Albert Michelson et Robert Millikan étaient pratiquement des autodidactes. <strong>Les grands scientifiques ont su développer une façon qui leur était propre de comprendre la nature.</strong></p><p>Souvent de tels scientifiques se fixent très jeunes des objectifs ambitieux et déterminent au fur et à mesure les compétences et les connaissances à acquérir. Mais <strong>il y a un prérequis à l’exploration&nbsp;: l’indépendance</strong>. À tout juste 26 ans, van’t Hoff obtint une chaire d’enseignement à l’université d’Amsterdam. De plus, il réalisa qu’il pouvait obtenir des fonds en effectuant des analyses pour une laiterie locale. Arrhenius, quant à lui, obtint une bourse de cinq ans pour une formation itinérante qui l’amènera à côtoyer Boltzmann, Ostwald et van’t Hoff. Pour ce qui concerne Planck, Einstein et Ostwald, ils ne furent pas aussi chanceux, mais malgré des moyens limités, ils n’avaient pas de comptes à rendre tant qu’ils faisaient le peu qu’on leur demandait.</p><p>Il ne faut pas sous-estimer la difficulté pour obtenir de tels postes à l’époque. Mais contrairement à l’ère moderne (avec ses publications, comités, gestion des étudiants, recherche de fonds), une fois titularisé, vous pouviez faire ce qui vous intéressait.</p><h3 class="wp-block-heading">Jour 5&nbsp;: intuition et erreur</h3><p>De nombreux scientifiques reconnaissent avoir fait des découvertes suite à un éclair de génie, parfois au milieu d’un rêve. La proportion est encore plus grande chez les scientifiques célèbres.</p><p>Lipscomb, par exemple, travaillait tard le soir pour conditionner son cerveau avant son sommeil. Pauling a une stratégie similaire&nbsp;: avant d’aller se coucher, il repassait mentalement ses expériences non réussies de la journée.</p><p>Il semblerait que lorsque l’esprit conscient est au repos, à cause d’une maladie, pendant le sommeil, lors de vacances, lors d’une marche ou en relaxant, la solution émerge du subconscient. Cela suppose bien entendu un travail conscient au préalable, parfois durant de longs mois ou de longues années. Dans le cas de Darwin, Wallace et Kékulé, l’illumination se produit <strong>après une pause au milieu de travaux visant à synthétiser leurs connaissances</strong>.</p><p>L’illumination semble se caractériser par une réminiscence subite d’une chose oubliée ou par une nouvelle piste d’exploration jamais essayée. Le moment où elle se produit pourrait se comparer au déclic «&nbsp;gestalt&nbsp;» qui nous fait voir alternativement la vieille femme et la jeune fille dans un portrait.</p><figure
class="wp-block-image size-full"><img
decoding="async" width="518" height="720" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/12/518px-My_Wife_and_My_Mother-in-Law.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1879" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/12/518px-My_Wife_and_My_Mother-in-Law.jpg 518w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/12/518px-My_Wife_and_My_Mother-in-Law-216x300.jpg 216w" sizes="(max-width: 518px) 100vw, 518px" /><figcaption>Ma femme et ma belle-mère, William Ely Hill, 1915</figcaption></figure><p>Une meilleure comparaison serait le jeu des neuf points qu’il faut relier avec 4 lignes droites. Dans ce jeu, les points sont disposés pour former un carré (3&#215;3). Les solutions auxquelles on peut penser sont autant d’hypothèses ou de théories concurrentes. Seuls des critères supplémentaires non logiques, mais esthétiques, permettent d’éliminer les solutions&nbsp;asymétriques, où l’on repasse deux fois sur le même trait, avec des traits qui s’entrecroisent. D’autre part, les premiers essais que l’on peut faire aboutissent à un circuit à 5 lignes, dont on ne peut sortir tant qu’on ne réalise pas qu’on s’est rajouté une fausse contrainte, celle de rester dans le carré.</p><p>En fait, le problème précédent a une solution à 3 lignes, 1 ligne et 0 ligne si l’on est assez créatif pour les concevoir.</p><h3 class="wp-block-heading">Jour 6&nbsp;: perspectives complémentaires</h3><h4 class="wp-block-heading">La science et les arts</h4><p>De nombreuses études ont noté que les scientifiques de grand calibre étaient ceux qui dans leurs jeunes années ont démontré un intérêt pour une palette variée d’activités&nbsp;: arts, musique, littérature, etc. De l’extérieur, ces individus peuvent donner l’impression de dissiper leurs énergies au lieu de les canaliser alors qu’en réalité, ils les renforcent.</p><p>Une étude réalisée par van’t Hoff sur le rôle de l’imagination dans les sciences a établi que près d’un quart des grands scientifiques ont une autre activité créative en plus de la science&nbsp;: musique, poésie, peinture, etc. Il semblerait que les arts enseignent des méthodes d’observation et de conceptualisation qui sont tout aussi utiles dans les sciences.</p><p>Outre les arts, la maîtrise de techniques artisanales et techniques comme l’ébénisterie, l’usinage, le soufflage du verre, le travail des métaux, l’électronique est un avantage pour construire, ajuster, et améliorer leurs instruments.</p><p>Dans le domaine de la chimie et de l’ingénierie, une étude de D. W. Taylor montre qu’une des rares variables corrélées avec le succès était la connaissance d’outils du travail du bois, du métal, du verre ou l’électronique.</p><p>Une bonne partie des scientifiques illustres ont été décrits comme immatures, voire puérils. Feynman, Einstein, Faraday, Murray Gell-Mann, Jim Watson, Galton et bien d’autres semblaient avoir en commun cette caractéristique de voir le monde à travers des yeux d’enfants.</p><p>Comme il existe plusieurs styles de pensées&nbsp;: mots, équations, images, mouvement, les scientifiques qui sont capables d’intégrer tous les styles ont plus de chance d’être écoutés et compris par les autres scientifiques.</p><h4 class="wp-block-heading">Archéologie de la science</h4><p>En 1858, Pasteur lui-même a proposé l’étude de l’histoire des sciences pour former l’esprit en s’inspirant des inventeurs. Pour Ostwald, le scientifique se doit d’étudier l’histoire des sciences comme un militaire doit étudier les campagnes du passé.</p><p>Les mathématiciens Évariste Galois et Jules Drach préféraient aller aux sources historiques malgré les défis que cela pouvait représenter. En effet, ils considéraient que les manuels de cours cachaient les traits caractéristiques des auteurs originaux.</p><p>L’étude de l’histoire des sciences permet par ailleurs de développer une vue d’ensemble de la science plutôt qu’une vision étroite limitée à une discipline ou à une spécialisation.</p><p>Notre système éducatif a pour objet de faire résoudre des problèmes préformattés d’une façon autorisée. Il serait plus profitable d’<strong>enseigner aux étudiants comment se poser des problèmes à eux-mêmes</strong>.</p><p>L’éducation classique du Gymnasium en Allemagne et en Scandinavie où n’étaient enseignées que les langues et l’histoire démontre qu’un enseignement précoce des sciences n’est pas nécessaire. À l’issue de leur parcours au Gymnasium, les étudiants savaient au moins apprendre à apprendre.</p><h4 class="wp-block-heading">La science comme processus évolutionniste</h4><p>La plus grande menace à l’évolution de la science est le conformisme. <strong>La science progresse uniquement lorsqu’il y a des désaccords</strong>. Les scientifiques choisissent la meilleure théorie et éliminent toutes les autres. Comme les critères de sélection eux-mêmes sont susceptibles de changer, cela conduit régulièrement à la résurrection d’anciennes théories. D’une certaine façon, la science est aussi l’objet d’une sélection naturelle dans le contexte des problèmes contemporains et des données inexpliquées. Les théories choisies sont celles qui répondent le mieux à ce contexte. Le processus d’évolution de la science fait partie d’un phénomène plus large d’évolution culturelle et est mis en œuvre par des écoles de pensée scientifique qui produisent des lignées scientifiques, avec leurs philosophies, leurs méthodologies, leurs habitudes et leurs heuristiques.</p><p>Si l’on poursuit l’analogie avec la sélection naturelle, la diversité des idées scientifiques peut être le résultat de&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>L’hybridation de deux écoles de pensée,</li><li>La reproduction d’expériences scientifiques dont les résultats ne sont pas conformes aux attentes</li><li>Des erreurs de copie, c’est-à-dire une mauvaise application d’une idée ou d’une théorie</li></ul><p>Pour ce qui concerne les scientifiques, les individus hors normes comme Einstein, Arrhenius, Ostwald évoluent à la périphérie de la communauté scientifique. En effet, comme de nouvelles espèces, ils ne pourraient pas survivre hors de leur niche écologique à l’abri de la compétition qui fait rage dans les grands centres de recherche. Si l’on examine les Prix Nobel, la plupart ont été formés dans des institutions de second ordre avant d’enseigner ou de faire de la recherche dans les plus grandes universités.</p><p>Il n’est donc pas surprenant de constater que les nouvelles sciences se sont développées à la faveur de <strong>changements institutionnels visant à décentraliser et promouvoir le pluralisme</strong>. C’est ce qui s’est passé en 1862 aux États-Unis avec le Morill Land Grant Act qui a permis la création de nouvelles universités (Stanford, Caltech, Université de Chicago) et la réforme d’anciennes universités (Harvard, Columbia, Cornell). Ces changements se sont traduits par une augmentation de la compétition à l’intérieur du pays et davantage de circulation des étudiants et des professeurs entre universités.</p><p>Dans un environnement peu changeant comme le nôtre aujourd’hui, les évolutions sont très lentes. Ceux qui ont accès aux ressources protègent leur territoire. La revue par les pairs est un des moyens de contrôler l’accès aux ressources. Dans le même ordre d’idée, il y a une compétition entre disciplines voisines. Par exemple, les physiologues ont résisté aux tentatives d’incursion des physico-chimistes au début du siècle.</p><p>Si le gouvernement est la seule source de fonds pour la recherche, alors l’allocation des fonds sera centralisée et institutionnalisée. En conséquence, le scientifique anticonformiste sera systématiquement éliminé. Il faudrait donc varier les sources de financement, mais aussi financer les personnes (libres de choisir leur projet) plutôt que les projets.</p><h4 class="wp-block-heading">Incitations à la recherche</h4><p>La formation, l’âge, l’emploi, le financement, l’équipement, l’organisation, la planification et la revue par les pairs, tout cela influence le processus de découverte. Mais rien n’est plus critique que d’encourager les rares pionniers qui sont prêts à explorer les limites du savoir.</p><p>Qu’est-ce qui fait un scientifique anticonformiste ? Tout d’abord, une formation diversifiée qui leur permettra de dresser de nouveaux ponts entre disciplines. Ensuite, une attitude face à l’ambiguïté et l’incertitude dans l’exploration scientifique, acquise auprès de grands maîtres. De plus, une conscience de la pluralité des écoles de pensées qui peut être obtenue par un apprentissage autodidacte, une formation itinérante, le goût pour le principe général. &nbsp;</p><p>Un tel scientifique devrait avoir l’occasion, de préférence à 20 ans, de faire une vraie recherche indépendante&nbsp;: choix du problème, choix des techniques, et auto-évaluation. Le jeune âge ne signifie pas nécessairement un potentiel intellectuel supérieur, mais donne l’avantage de découvrir les choses avec un œil neuf.</p><p>Le scientifique qui a passé 30 ou 40 dans la même spécialisation et qui a ignoré une anomalie la première fois, ne la verra pas plus les autres fois. De même, le scientifique qui reçoit un Prix Nobel doute qu’il puisse faire une découverte aussi importante une deuxième fois et cesse d’essayer. Finalement, de nombreux scientifiques de premier ordre comme Einstein, Dirac, Maxwell, Heisenberg développent une forme d’arrogance qui les empêche d’évoluer et de rester productifs.</p><p>Les scientifiques qui ont le plus d’impact à long terme sont aussi ceux qui mènent de front trois ou quatre projets différents et qui n’hésitent pas à modifier l’orientation de leurs recherches.</p><p>La bonne approche institutionnelle n’est pas de payer les chercheurs pour leur recherche, mais les payer pour autre chose et leur laisser suffisamment de temps libre pour faire ce qui les intéresse. Autrement, le chercheur sera incité à dénaturer ses travaux pour produire quelque chose afin de justifier son salaire.</p><p>Aujourd’hui, la réglementation sur les produits chimiques ou les expérimentations animales rendent impossible le type de recherches privées réalisées au 19ème et dans une large part du 20ème siècle.</p><p>Dans le travail scientifique, l’argent et l’équipement sont beaucoup moins importants que les hommes. En fait, un équipement coûteux et complexe peut même être contre-productif, car les scientifiques vont perdre leur temps à apprendre à l’utiliser ou à jouer avec. De plus, la précision des résultats peut être une malédiction pour tester de nouvelles théories.</p><p>L’argent pour autant qu’il offre la liberté a tout de même son importance. J.J. Thomson a dit que « le meilleur ami du scientifique est un compte en banque bien garni. » Jusqu’au milieu du 20ème siècle, parmi les scientifiques de premier ordre, 7 sur 10 sont des héritiers. D’autres ont bénéficié de bourses inconditionnelles ou ont financé leur activité par leurs revenus de médecins.</p><p>Les circonstances personnelles qui semblent favoriser l’émergence de pionniers sont&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Une familiarité avec les nouvelles branches des mathématiques et des sciences et avec des innovations techniques utilisées dans les expérimentations</li><li>Une opportunité de se former dans des outils mentaux ou physiques peu utilisés par le scientifique moyen</li><li>Des opportunités pour commencer des recherches indépendantes en début de carrière</li><li>Peu d’obligations professionnelles et beaucoup de temps libre</li><li>Indépendance financière</li><li>Diversité des recherches</li><li>Changements fréquents de domaine de recherche (tous les cinq à dix ans)</li><li>Transfert de techniques, méthodes, théories d’un domaine à un autre</li><li>Démarche de simplicité</li></ul><p>Les personnes les plus prometteuses ont ces caractéristiques&nbsp;: veulent travailler sur leurs projets et non ceux de leurs professeurs, sont indépendants, ne sont pas dogmatiques, ont une motivation autonome, sont énergiques, mesurent leurs progrès, et ont une palette de compétences techniques.</p><p>D’un point de vue institutionnel, certaines pratiques sont recommandées&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Allouer des montants faibles pour de la recherche exploratoire. Soit ça fonctionne, soit ça ne fonctionne pas.</li><li>Laisser du temps. Une période de moins de cinq ans pour obtenir des résultats est déraisonnable.</li><li>Laisser leur liberté aux scientifiques. Pas de conditions sur l’utilisation des fonds.</li><li>Récompenser ceux qui réussissent.</li><li>Utiliser un autre processus que la revue par les pairs pour la recherche exploratoire.</li><li>Favoriser la recherche exploratoire dans les centres de recherches secondaires.</li></ul><p>L’état de la communauté scientifique aujourd’hui est déplorable. Imagine-t-on quelqu’un passer de la physique à la biologie comme l’ont fait Pasteur, Szilard et Crick ? Est-ce que nous prêterions attention à ce qu’a à dire un amateur comme Darwin ? Est-ce qu’Einstein réussirait son évaluation annuelle à l’office des brevets ?</p><p>La compétition croissante pour les ressources va continuer à uniformiser les parcours et les façons de penser. Les anticonformistes sont devenus une espèce en voie de disparition. La science n’y gagnera pas au change. En effet, <strong>les plus grandes avancées sont l’œuvre d’individus cherchant à satisfaire à leur curiosité et mieux comprendre le monde</strong>.</p><h3 class="wp-block-heading">Une synthèse: stratégies de découverte</h3><p>Les scientifiques illustres ne sont pas plus intelligents que les autres, mais ils ont des qualités qui les distinguent des autres. Ils sont plus curieux, plus pugnaces, plus ambitieux, plus créatifs. Surtout, ils font preuve d’un plus grand courage face à l’inconnu.</p><p>Voici quelques-unes des stratégies qu’ils utilisent. À vous de voir dans quel contexte et quand les utiliser&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li><strong>Principe de Young</strong>&nbsp;: il n’y a pas de compétence inutile. Plus vous avez d’expertises approfondies, mieux vous êtes préparés pour faire de la science.</li><li><strong>Principe de Kettering</strong>&nbsp;: L’action produit des résultats. Les explorateurs s’entraînent en explorant.</li><li><strong>Principe de Disraeli&nbsp;</strong>: Pour obtenir des résultats différents, ne faites pas comme les autres.</li><li><strong>Conseil de Truesdell&nbsp;</strong>: Cherchez à émuler les grands maîtres. Plus vous connaissez de styles de résolution de problèmes, mieux vous êtes outillé pour résoudre le vôtre.</li><li><strong>Principe de Pauling&nbsp;</strong>: Essayez beaucoup de choses. Il en ressortira toujours quelque chose de valable.</li><li><strong>Conseil de Salk&nbsp;</strong>: Faites ce qui vous fait vibrer.</li><li><strong>Principe du choix du problème&nbsp;</strong>: Voyez grand. Choisissez de grands problèmes susceptibles de changer la science.</li><li><strong>Principe de G.P. Thomson</strong>&nbsp;: L’importance du problème n’a rien à voir avec sa difficulté. Parfois, le découvreur est le premier à essayer.</li><li><strong>Principe de la formulation du problème&nbsp;</strong>: Il suffit parfois de bien poser le problème pour le résoudre.</li><li><strong>Le dilemme de la clé perdue&nbsp;</strong>: Si vous perdez votre clé dans une allée sombre, ne la cherchez pas sous le lampadaire sous prétexte qu’il y a de la lumière. Ne soyez pas effrayé par le vide.</li><li><strong>L’instinct du pionnier&nbsp;</strong>:Sortez des sentiers battus. Allez là où il n’y a pas (encore) d’expert.</li><li><strong>Conseil de Szent-Gyorgyi&rsquo;s</strong>&nbsp;: Replongez-vous dans les anciennes idées abandonnées.</li><li><strong>Principe de Medawar&nbsp;:</strong> Si une expérience n’est pas susceptible de modifier votre hypothèse, elle ne mérite peut-être pas d’être faite.</li><li><strong>Méthode de Pasteur</strong>&nbsp;: Trouver une contradiction entre la théorie et les données. L’une des deux doit être fausse.</li><li><strong>Principe de Bacon</strong>&nbsp;: la vérité sort plus vite de l’erreur que de la confusion. Osez faire des erreurs.</li><li><strong>Principe de Delbruck&nbsp;</strong>: Soyez suffisamment négligent pour que quelque chose d’inattendu se produise, mais pas au point de ne pas comprendre ce qui s’est passé.</li><li><strong>Principe de Dainton&nbsp;</strong>: Cherchez le paradoxe.</li><li><strong>Principe de Bernard</strong>&nbsp;: Toutes les données sont valides, même celles qui contredisent d’autres données. Les différences proviennent peut-être d’un contexte différent.</li><li><strong>Principe de contradiction&nbsp;</strong>: Trouvez les contradictions.</li><li><strong>Principe des implications&nbsp;</strong>: Poussez une idée à l’extrême.</li><li><strong>Loi de Macfarlane</strong>&nbsp;: si un certain nombre de théories sont en désaccord, le point qui est le plus certainement incorrect est celui où ces théories sont d’accord&nbsp;!</li><li><strong>Principe de Kuhn&nbsp;</strong>: Les grandes révolutions scientifiques sont précédées par la découverte d’anomalies. Identifiez ce que la communauté scientifique attend comme résultats et trouvez les anomalies.</li><li><strong>Recommandation de Fermi</strong>&nbsp;: N’essayez jamais de résoudre un problème à moins d’en deviner la réponse. L’exploration ne peut être faite en aveugle, il faut une intuition qui donne l’idée de la forme générale de la réponse.</li><li><strong>Opinion de Darwin</strong>&nbsp;: Sans spéculation, il n’est pas possible de faire une observation juste et originale.</li><li><strong>Loi de Grimm</strong>&nbsp;: Considérez que chaque observation et chaque idée a le potentiel d’illuminer de larges pans de la nature si le chercheur se donne la peine d’y penser.</li><li><strong>Principe d’Huxley</strong>&nbsp;: La plupart des théories meurent très jeunes. Soyez impitoyablement autocritique envers vos théories. Mieux vaut que vous les tuiez vous-même que de les voir massacrées par d’autres, une fois publiées.</li><li><strong>Principe d’Arrhenius</strong>&nbsp;: Les choses soi-disant impossibles sont les plus importantes pour la science. Essayez les choses réputées impossibles, mais dont on n’a pas démontré qu’elles l’étaient.</li><li><strong>Principe de Bohr&nbsp;</strong>: «&nbsp;Nous sommes bien d’accord, votre théorie est insensée. Mais est-elle suffisamment insensée pour être correcte?&nbsp;».</li><li><strong>Principe de Monod&nbsp;</strong>: La précision encourage l’imagination. Plus vos idées sont folles, plus vous vous devez d’utiliser rigoureusement les méthodes acceptées par la communauté scientifique.</li><li><strong>Conseil de G.P. Thomson</strong>&nbsp;: Démontrez au lieu de mesurer. En recherche exploratoire, l’objectif est de démontrer l’existence et non de caractériser sous toutes ses formes un nouveau phénomène.</li><li><strong>Stratégie de George</strong>&nbsp;: Faites varier les conditions sur un intervalle aussi étendu que possible. Les surprises se produisent souvent aux limites.</li><li><strong>Principe de Langmuir</strong>&nbsp;: Faites le contraire de ce qui vous semble naturel. S’il y a du bruit dans un signal, augmentez-le comme Hans Geiger. Au lieu de faire un système parfait, faites un système qui tolère les erreurs comme Svaboda.</li><li><strong>Principe de Taton</strong>&nbsp;: les grandes synthèses scientifiques sont le fait de ceux qui poursuivent des recherches diversifiées. En effet, une idée provenant d’un domaine est souvent la clé d’un problème d’un autre domaine.</li><li><strong>La chance du débutant</strong>&nbsp;: certaines découvertes ont été réalisées parce que les chercheurs ne savaient pas que c’était impossible!</li><li><strong>Conseil de Burnet</strong>&nbsp;: On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Faites-le plus possible d’expériences de vos propres mains.</li><li><strong>Principe de Planck&nbsp;</strong>: «&nbsp;Uniquement lorsque je serai convaincu moi-même&nbsp;». Vous devez vous faire votre propre idée. Faraday&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Je n’ai jamais pu accepter un fait sans l’observer de mes propres yeux.&nbsp;» Feynman&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Je ne prête pas la moindre attention aux ‘‘experts’’&nbsp;». Einstein&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Je calcule tout moi-même.&nbsp;»</li><li><strong>Critère d’Occam</strong>&nbsp;: Recherchez la simplicité. Einstein&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;ce doit être aussi simple que possible, mais pas davantage.&nbsp;»</li><li><strong>Principe de Szent-Gydrgyi</strong>&nbsp;: La nature n’utilise qu’un nombre limité de mécanismes. Toute la difficulté est de trouver la bonne combinaison de mécanismes qui s’appliquent.</li><li><strong>Principe de Bates</strong>&nbsp;: La simplicité est le résultat non de la simplification, mais d’une compréhension fine des phénomènes comme van’t Hoff qui a résolu cinq problèmes à partir de l’arrangement des atomes de carbones en tétraèdres.</li><li><strong>Principe de Dirac</strong>&nbsp;: Recherchez la beauté.</li><li><strong>Loi de Maier&nbsp;</strong>: Si les données ne correspondent pas à la théorie, ignorez les données. Trop de données peuvent vous induire en erreur.</li><li><strong>Loi d’Agassi</strong>&nbsp;: Les données qui supportent une théorie ne sont pas nécessairement <em>toutes</em> justes. Doutez de tout ce à quoi la communauté scientifique serait encline à croire.</li><li><strong>Règle de Richter</strong>&nbsp;: En complément des deux lois précédentes, la règle de Richter requiert qu’une théorie doive classer toutes les données, soit en fait, soit en artefacts, et pourquoi. Autrement dit, la théorie doit spécifier son champ d’application.</li></ul><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1869</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;Livre sur les jésuites et les sciences de François Euvé</title><link>https://economierebelle.com/livre-sur-les-jesuites-et-les-sciences-de-francois-euve/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-sur-les-jesuites-et-les-sciences-de-francois-euve</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-sur-les-jesuites-et-les-sciences-de-francois-euve/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sun, 19 Dec 2021 15:03:11 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <category><![CDATA[science]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1863</guid><description><![CDATA[<p>Introduction Le livre Mathématiques, astronomie, biologie et soin des âmes : les jésuites et les sciences de François Euvé éclaire les liens entre les jésuites et la science moderne. Les jésuites ont perfectionné l&#8217;art de l&#8217;enseignement depuis plusieurs siècles. Un aspect moins connu est leur contribution au développement des sciences, tout particulièrement dans les domaines&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Le livre <em>Mathématiques, astronomie, biologie et soin des âmes : les jésuites et les sciences</em> de François Euvé éclaire les liens entre les jésuites et la science moderne.</p><p>Les jésuites ont perfectionné l&rsquo;art de l&rsquo;enseignement depuis plusieurs siècles. Un aspect moins connu est leur contribution au développement des sciences, tout particulièrement dans les domaines qui n&rsquo;entrent pas directement en conflit avec la religion comme les mathématiques et l&rsquo;astronomie.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><p>Ignare de Loyola a modelé l’enseignement dans l’ordre des jésuites selon l’Université médiévale de Paris. Dans ce cursus, la théologie est le but de toutes les études. Les étapes précédant la théologie sont hiérarchisées en deux groupes. Le plus important regroupe grammaire, rhétorique et logique. L’autre regroupe l’arithmétique, la musique, la géométrie et l’astrologie.</p><p>La découverte du Nouveau Monde crée de nouveaux défis techniques&nbsp;: aménager des territoires, creuser des canaux, étudier les nouvelles plantes découvertes. Il n’est pas rare que les pouvoirs publics fassent appel à la Compagnie de Jésus pour ces œuvres. Du côté des jésuites, il y a un intérêt pour l’action pratique.</p><p>Le contexte culturel de l’époque est marqué par la curiosité des hautes classes pour les nouveautés, y compris les phénomènes physiques que découvrent les savants. Cultivant l’art du théâtre, les jésuites savent mettre en scène de telles curiosités.</p><p>Les premières décennies de l’ordre correspondent à une période de basculement. Le rappel récurrent qu’il faut suivre Aristote dans les déclarations des congrégations prouvent justement que cela ne va plus de soi. Aussi, s’il est bon de s’appuyer sur les auteurs anciens qui ont fait leur preuve, il est tout aussi nécessaire de préparer les étudiants aux débats de leur temps.</p><p>La mission en Chine est l’une des plus fameuses de l’ordre des Jésuites. Les Jésuites comprirent que les Chinois n’étaient pas intéressés par leur doctrine. En revanche, l’astronomie était en Chine une «&nbsp;affaire d’état&nbsp;». Le succès des Jésuites dans la prédiction d’éclipses et autres phénomènes célestes à l’aide de la nouvelle science européenne développée par Galilée, Kepler et Newton, attira les faveurs des autorités chinoises. Les jésuites contribuèrent à la mise en place d’un nouveau calendrier, comme ils l’avaient fait à Rome. La mission en Chine qui s’étend du 16<sup>ème</sup> siècle au 20<sup>ème</sup> siècle, donna l’occasion de traduire et de diffuser les Classiques Chinois. Les Jésuites transmirent également au Chinois les œuvres de référence tels que «&nbsp;les éléments d’Euclide&nbsp;», en particulier la version plus claire de Pardies ainsi que la «&nbsp;Sphère&nbsp;». Par la suite, ils offrirent au 19<sup>ème</sup> siècle et au 20<sup>ème</sup> siècle leurs services en météorologie. Les Jésuites tiraient avantage de leur réseau d’établissements en Asie pour détecter des typhons qui ravageaient la côte chinoise. Il y eut également des développements similaires en séismologie.</p><p>L’approche des Jésuites dans les sciences naturelles opèrent selon deux principes, la recherche aristotélicienne du pourquoi derrière les phénomènes, la familiarisation avec le contexte (langue, milieu, mœurs…) afin notamment de gagner la confiance des indigènes.</p><p>Le corps des Jésuites n’a pas produit de grands scientifiques, mais un réseau de personnes en relation. Les motivations qui ont engagé les Jésuites dans les sciences sont multiples&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Des raisons utilitaires, en particulier en médecine</li><li>Le fait d’intéresser les puissants aux découvertes afin de les approcher et d’obtenir leur appui</li><li>Accompagner le changement dans une période de profonde mutation culturelle</li><li>Le motif théologique&nbsp;: la contemplation de la Nature doit éveiller l’esprit à celle de Dieu</li></ul><p>Même si l’enseignement n’était pas considéré dans le projet initial d’Ignace De Loyola, ce dernier a vite perçu l’importance de cette activité. La science et notamment les mathématiques ont été partie intégrante de cette formation, non sans résistance. Il s’agissait de former à la rigueur de la pensée.</p><p>The post <a
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xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1863</post-id> </item> <item><title>&#11088;&#11088;&#11088;&#11088;Livre « 59 secondes » de Richard Wiseman</title><link>https://economierebelle.com/livre-59-secondes-de-richard-wiseman/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-59-secondes-de-richard-wiseman</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-59-secondes-de-richard-wiseman/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Sat, 11 Dec 2021 20:14:07 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Décider]]></category> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[Négocier/Vendre]]></category> <category><![CDATA[Travailler sur soi]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <category><![CDATA[psychologie]]></category> <guid
isPermaLink="false">https://economierebelle.com/?p=1806</guid><description><![CDATA[<p>Introduction L&#8217;industrie du développement personnel est malheureusement souvent construite sur des mythes. Si vous préférez des faits et des preuves aussi scientifiques que cela est possible dans le domaine des sciences sociales, alors le livre de Richard Wiseman est sans doute ce qu&#8217;il y a de plus convainquant. L&#8217;ouvrage s&#8217;intitule 59 secondes car le défi&#8230; <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>L&rsquo;industrie du développement personnel est malheureusement souvent construite sur des mythes.</p><p>Si vous préférez des faits et des preuves aussi scientifiques que cela est possible dans le domaine des sciences sociales, alors le livre de Richard Wiseman est sans doute ce qu&rsquo;il y a de plus convainquant.</p><p>L&rsquo;ouvrage s&rsquo;intitule <em>59 secondes</em> car le défi que s&rsquo;est lancé l&rsquo;auteur est d&rsquo;expliquer en moins d&rsquo;une minute des astuces psychologiques utilisables dans la vie quotidienne.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><p>Une expérience menée par Ellen Langer a démontré qu’en donnant une plante verte à arroser les pensionnaires d’une résidence pour personnes âgées étaient plus heureuses et en meilleure santé que les autres!</p><h3 class="wp-block-heading">1. Bonheur</h3><p>Le bonheur est bon en lui-même mais il a aussi une série d’effets bénéfiques : il nous rend plus sociable, améliore notre capacité à résoudre les conflits et renforce notre système immunitaire. Si nous maintenons cet état sur une longue durée, nous développons de meilleures relations et vivons plus longtemps.</p><p>L’argent, au-delà de la satisfaction de nos besoins de base, contribue assez peu au bonheur. En fait, les études montrent que 50% de notre attitude est conditionnée par nos gènes, 10% par le milieu social (éducation, revenus, mariage ou célibat) qui est lui aussi difficilement sous notre contrôle. Nous ne contrôlons donc moins de 40% des paramètres.</p><p>Une idée fausse propagée par la littérature du développement personnel est qu’il faut pratiquer la pensée positive. Or, paradoxalement, plus nous essayons de chasser des pensées négatives, plus elles nous obsèdent, ce qui a un impact négatif. Faire des activités pour se distraire n’est pas non plus une panacée. En fait, rien de tel que de tenir soigneusement un journal intime pour contribuer à améliorer son humeur.</p><h4 class="wp-block-heading">Journal intime</h4><p>Contrairement à ce que croient 90% des gens, partager avec les autres nos expériences traumatiques, décès, maladie, divorce, viol n’aide en rien à se rétablir. En revanche, l’écriture d’un journal permet d’améliorer son état psychologique en créant du sens dans notre parcours de vie.</p><p>Le journal intime, lorsqu’il nous permet de nous remémorer des moments heureux, a un effet bénéfique sur nous. En d’autres termes, la mémoire du bonheur suscite le bonheur. Une variante sur le même thème est d’imaginer et de décrire son avenir idéal. Toujours selon le même principe, écrire des mots doux pour la personne aimée a les mêmes effets.</p><h4 class="wp-block-heading">Le pouvoir du lèche-vitrine</h4><p>Les gens qui attachent beaucoup d’importance aux possessions matérielles et qui aiment acheter des objets de luxe pour épater les autres ont tendance à être plus malheureux que la moyenne. Les personnes matérialistes ont aussi tendance à être égoïstes et cela peut être un obstacle au bonheur.</p><p>Plus précisément, il existe une corrélation entre le fait de dépenser pour les autres et le fait d’être heureux. Une expérience ingénieuse a finalement démontré que la relation était bien dans ce sens : c&rsquo;est l’altruisme cause le bonheur.</p><p>Une autre expérience a par ailleurs montré qu’en faisant cinq actions altruistes dans une même journée, le bien-être augmente de 40%.</p><h4 class="wp-block-heading">Le bonheur à portée de crayon</h4><p>Nous sourions parce que nous sommes heureux. Mais l’inverse est aussi vrai. En mimant un sourire, notre cerveau associe automatiquement l’émotion positive qui va avec un sourire. De plus, si le sourire est durable (de 15s à 30s), l’émotion positive ainsi créée se prolonge dans le temps.</p><p>Essayez donc d’imaginer à différents moments de la journée des situations agréables qui déclencheront un sourire&nbsp;!</p><p>Les changements circonstanciels, comme une prime salariale ou un déménagement, nous apportent de la joie mais l’effet est temporaire. D’un autre côté, les changements intentionnels, dus à nos efforts comme la création d’une nouvelle entreprise, la participation à un club ou le démarrage d’un projet, apportent une satisfaction plus durable.</p><h3 class="wp-block-heading">La persuasion</h3><p>Contrairement à l’opinion commune, la promesse d’une forte récompense est démotivante. En effet, peut-être à cause de l’école, les gens se disent intérieurement que s’il y a besoin d’une récompense, c’est que le travail n’est pas agréable. Mais si la carotte ne fonctionne pas réellement, quels sont les encouragements qui ont un effet ? Apparemment, des cadeaux surprises et des compliments sont intéressants à utiliser.</p><h4 class="wp-block-heading">Entretien d’embauche</h4><p>Le recrutement est sensé dépendre de deux facteurs : l’expérience professionnelle et la formation. En réalité, seul un élément qui n’a rien à voir compte, à savoir : est-ce que le candidat a l’air sympathique ?</p><p>Une étude a également établi que les faiblesses ou fautes dans le parcours d’un candidat étaient beaucoup plus facilement pardonnées si elles étaient affichées d’emblée au début de l’entretien. A l’inverse, les éléments avantageux sont pénalisants s’ils sont partagés au début de la rencontre car ils donnent l’impression d’un candidat prétentieux.</p><p>Voici une petite astuce tirée d’une étude sur le jeu « le maillon faible », si vous êtes dans un groupe, tâchez de vous mettre au milieu. En effet, dans ce jeu, 42% de ceux qui se trouvaient au centre arrivaient en finale contre seulement 17% de ceux qui se trouvaient aux côtés ! Pourquoi ? Simplement parce que les gens ont tendance à penser que dans un groupe, les gens importants sont au milieu.</p><h3 class="wp-block-heading"> 2. Petits services</h3><p>Faire fructifier son capital sympathie peut littéralement vous sauver la vie. Pour ce faire, intéressez-vous sincèrement à votre entourage.</p><p>Benjamin Franklin cherchait à s’attirer les bonnes grâces d’un juge de Pennsylvanie connu pour son caractère maussade. Plutôt que d’user de flagornerie, il se contenta de lui emprunter un livre. Quelques jours plus tard, il eut le plaisir de remarquer la courtoisie du juge à son endroit.</p><p>Faire quelques petites bévues n’est pas un problème, au contraire même. Les gens s’identifient plus facilement à quelqu’un qui est spontané et commet des maladresses.</p><p>Enfin, curieusement, lorsque quelqu’un parle des autres en bien ou en mal, les gens vont instinctivement lui associer les qualités ou défauts qu’il décrit. Ne parlez donc pas en mal des autres !</p><p>Dans le registre de la persuasion, une étude a montré que nous étions beaucoup plus sensibles à des slogans rimés que l’alternative&nbsp;: «&nbsp;science sans conscience…&nbsp;».</p><p>Dans les négociations, une pointe d’humour à la fin des pourparlers fait aussi son effet&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Mon offre finale est de XXX dollars, avec le sourire de la crémière.&nbsp;»</p><h4 class="wp-block-heading">Les cuisiniers qui gâchent la sauce</h4><p>Plus il y a de monde autour de vous, moins on est enclin à aider les autres par exemple dans une situation d&rsquo;urgence.</p><p>Apparemment, lorsque le groupe ne fait rien, un individu en déduira que les autres ont une bonne raison de ne rien faire et s’abstiendra d’agir. De plus, puisqu’il y a d’autres personnes, il se ne considèrera pas aussi responsable que s’il était seul.</p><p>Que faire si c’est vous qui avez besoin d’assistance au milieu d’une foule ? D’après Cialdini, il faut repérer un visage sympathique, lui expliquer ce qui arrive et lui dire ce qu’il peut faire pour vous aider.</p><p>Une expérience pour une association caritative a permis de tester quatre messages différents « Soyez généreux », « Chaque centime compte », « Chaque dollar compte », et « Vous pouvez changer les choses ». C’est la boîte « Chaque centime compte » qui a récolté le plus de dons avec 62% du total. La boîte « Chaque dollar compte » n’a rapporté que 17% du total. L’explication est à rechercher dans le fait que la boîte « Chaque centime compte » déculpabilise le client sur le montant minimal qu’il peut donner. Autre enseignement : la couleur rouge attire davantage les donateurs !</p><h4 class="wp-block-heading">Petit coup de pouce</h4><p>Il y a en psychologie un phénomène appelé réciprocité qui pousse la personne pour qui vous avez eu une petite attention à retourner la pareille, en fait même plus que la pareille.</p><p>Par exemple, le simple fait pour un serveur d’ajouter un bonbon avec l’addition permet de récolter 3% de pourboire en plus, et 14% de plus avec deux bonbons ! Mais la manière compte aussi. Si le serveur, après avoir donné un bonbon, pioche dans sa réserve et rajoute subrepticement un deuxième bonbon, le gain est de 23%.</p><p>Mais attention avec la réciprocité, si vous voulez obtenir une faveur en retour, n’attendez pas trop longtemps.</p><h4 class="wp-block-heading">Comment éviter de perdre son portefeuille</h4><p>Une curieuse expérience a consisté à abandonner 240 portefeuilles sur la voie publique pour mesurer le taux de retour selon son contenu. Au bout d’une semaine, 52% avaient été rapportés. Dans ce total, un tiers des portefeuilles contenait une photo de bébé, soit deux fois leur proportion dans les 240 portefeuilles.</p><h3 class="wp-block-heading">3. Motivation</h3><p>Contrairement à ce que prétendent certains livres de développement personnel, il est contre-productif de fantasmer sur sa vie idéale. Une hypothèse est que ceux qui rêvent en couleur ont tendance à baisser plus facilement les bras face aux obstacles. Mais il existe des méthodes éprouvées qui permettent de rester motivé.</p><h4 class="wp-block-heading">Plan de bataille</h4><p>Une enquête impliquant 5000 participants a cherché à évaluer les méthodes les plus efficaces pour rester motiver et atteindre ses objectifs. A l’issue de l’étude, seul 10% avaient atteint leur objectif&nbsp;: perdre du poids, changer de carrière, rencontrer l’âme sœur etc.</p><p>Voici ce qui ne marche pas : prendre modèle sur une célébrité, refouler les images de tentations, penser aux conséquences si on ne réussit pas, et se laisser aller à des rêves éveillés de gloire et de succès.</p><p>Voici ce qui marche&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Établir un plan de bataille, c’est-à-dire décomposer l’objectif final en sous-objectifs concrets et en jalons.</li><li>Partager ses objectifs avec sa famille et ses amis, ce qui accroît l&rsquo;imputabilité.</li><li>Identifier les avantages qui découleront du succès.</li><li>Se récompenser symboliquement pour chaque petite victoire.</li><li>S’engager par écrit, par exemple au travers d’un journal intime.</li></ul><p>La procrastination est un obstacle récurrent pour atteindre ses objectifs. Elle a beaucoup de causes variées, mais peu importe. <strong>La bonne façon de gérer la procrastination est de se dire&nbsp;:&nbsp;« je m’y mets&nbsp;juste quelques minutes&nbsp;».</strong> Souvent, une fois la tâche commencée, la personne persévère jusqu’à la fin.</p><h4 class="wp-block-heading">Double pensée</h4><p>Gabriele Oettingen a mis au point une méthodologie qui concilie à la fois le fantasme et le réalisme. Il s’agit de noter les deux principaux avantages qui découle de la réussite de l’objectif, et les deux principaux obstacles pour y parvenir. Le sujet doit alors se représenter à la fois le premier avantage et le premier obstacle et imaginer le moyen de surmonter la difficulté. Même chose pour le second avantage et le second obstacle.</p><h4 class="wp-block-heading">Au régime</h4><p>Des chercheurs se sont aperçus que les gens mangeaient tant qu&rsquo;il en restait dans leur assiette.  Ainsi, plus l’assiette est petite, moins ils vont manger! Cela donne aussi une méthode efficace pour réduire la consommation de nourriture ou d’alcool.</p><p>Parmi les autres astuces pour perdre du poids : mangez lentement, utilisez une petite cuillère ou une petite fourchette, éloignez les friandises et l’alcool, mangez sans distraction (TV, livre, bavardage avec des amis), notez ce que vous mangez dans votre journal, pensez aux remords que vous aurez de ne pas aller à la salle de sport pour vous motiver, organisez-vous pour dépenser plus d’énergie dans vos tâches quotidiennes, placez un miroir dans votre cuisine pour prendre conscience de votre corps, et n’utilisez pas de coupe-faim car ils vous déculpabilisent.</p><h3 class="wp-block-heading">4. Créativité</h3><p>Max Ringelmann, un ingénieur agronome français, a tenté de nombreuses expériences en 1880 pour améliorer la productivité des ouvriers. Il découvrit que ceux qui travaillaient seuls plutôt qu’en groupe soulevaient des poids plus lourds avec une corde (85kg au lieu de 65kg). Il s’agit du même phénomène de déresponsabilisation en groupe déjà vu auparavant.</p><p>C’est aussi pourquoi les séances de remue-méninges en groupe sont beaucoup moins productives qu’on ne le pense.</p><h4 class="wp-block-heading">Écoutez l’homme tranquille</h4><p>Notre inconscient est une des sources de notre créativité. Lorsque nous n’arrivons pas à résoudre un problème, une pause plus ou moins courte peut aider. Pourquoi cela fonctionne-t-il ? Il faut se représenter notre moi et notre inconscient respectivement comme un homme sûr de lui et dominateur mais peu créatif, et un homme timide et créatif. Lorsque l’homme sûr de lui est aux manettes, il ne laisse pas l’autre en placer une. La solution ? Donner de quoi s’occuper à l’homme sûr de lui pour laisser l’homme timide s’exprimer.</p><p>En somme, <strong>la clé de la créativité n’est pas de relaxer, mais d’accaparer l’attention du bavard en nous</strong>.</p><p>Si vous avez un problème à résoudre et qu’après y avoir bien réfléchi, vous ne trouvez pas de solution, changez-vous les idées en visitant un musée, en feuilletant un magazine, en faisant des mots croisés etc.</p><p>Changez de perspective, essayez de voir le monde avec les yeux d’un enfant, d’un étranger, d’un crétin, d’un artiste, d’un extraterrestre. Ne vous prenez pas trop au sérieux, faites une cure de rire et revenez à votre problème ensuite. De même, si le monde autour de vous devient trop familier, restez curieux, essayez de répondre à toutes sortes de questions étranges chaque semaine.</p><h4 class="wp-block-heading">L’appel de la nature</h4><p>Des études montrent que les patients hospitalisés ont plus de chances de guérir s’ils peuvent voir des arbres. De même, les prisonniers seront en meilleure santé s’ils voient une forêt ou des champs depuis leur cellule.</p><p>En ville, la présence d’espaces verts réduit la criminalité et augmente la créativité. Une hypothèse est que la proximité des plantes nous rassurerait car l&rsquo;évolution nous ferait associer la présence de plantes avec la disponibilité de sources de nourriture.</p><p>Une question intéressante est de déterminer si les équipes dont les membres ne changent pas sont plus (ou moins) créatives que celles dont les membres changent régulièrement. En fait, les équipes statiques sont plus agréables mais moins créatives. D&rsquo;autre part, inutile d&rsquo;en faire trop pour restructurer les équipes, l’ajout ne serait-ce que d’un seul nouveau membre semble beaucoup stimuler la créativité des autres membres de l’équipe.</p><h4 class="wp-block-heading">Petit mais costaud</h4><p>Les petits détails anodins nous influencent beaucoup plus que nous le croyons. Lorsqu’on demande à des personnes d&rsquo;écrire quelques commentaires sur les punks et à d’autres personnes d&rsquo;écrire sur les ingénieurs, le premier groupe se montre plus créatif que le second !</p><p>Dans le même ordre d’idée, avoir un billet de banque comme fond d’écran favorise l’égoïsme et les comportements asociaux.</p><h3 class="wp-block-heading">5. Séduction</h3><p>Les biscuits pris dans un paquet presque vide ont meilleur goût que ceux pris dans un paquet plein. Ce principe s’applique aussi à la séduction.</p><p>De nombreux manuels de séduction modernes prétendent qu’il faut cacher son désir. Toutefois, des expériences ont montré que ce n’était pas tout à fait exact. En fait, socialement, il ne faut pas paraître trop facile, mais surtout il est important de montrer à l’autre que c’est lui ou elle qu’on a choisi, et que c&rsquo;est lui ou elle qui nous a conquit.</p><h4 class="wp-block-heading">Le pouvoir de l’effleurement</h4><p>Une expérience réalisée en discothèque par Nicholas Guégen est très édifiante. Une jeune femme d’apparence ordinaire et avec une petite poitrine devait servir d’appât. Un chercheur faisait alors le décompte des invitations à danser. Par la suite, un rembourrage fut utilisé pour mesurer les effets sur la gent masculine :</p><p>80A : 13 invitations</p><p>85B&nbsp;: 19</p><p>95C&nbsp;: 44</p><p>L’expérience fut poursuivie sur le bord de la route pour mesurer le nombre d’auto-stoppeurs qui s’arrêtaient. L’apparence de la jeune femme n’avait aucun effet sur les conductrices, mais en avait bien un sur les hommes&nbsp;:</p><p>9% des conductrices se sont arrêtées</p><p>80A&nbsp;: 15% des conducteurs</p><p>85B&nbsp;: 18%</p><p>95D&nbsp;: 24%</p><p>Dans un autre registre, l’effleurement a une grande influence dans la séduction. En boîte de nuit, 47% des femmes acceptent une invitation à danser sans effleurement, 67% avec effleurement. Dans la rue, 10% des femmes donnent leur numéro de téléphone sans effleurement, 20% avec.</p><p>L’explication&nbsp;: le fait de toucher est un marqueur du statut social, point important pour les femmes. En effet, celui qui touche a tendance à être dominateur et celui qui est touché a tendance à être dominé.</p><h4 class="wp-block-heading">Speed dating</h4><p>La meilleure stratégie au « speed dating »  serait de demander à votre partenaire la garniture de pizza préférée, ne pas draguer à outrance et rester modeste.</p><p>Les pires méthodes d’abordages sont : « vous venez ici souvent ? », « j’ai un doctorat en informatique ».</p><p>Les meilleures entrées en matière sont de l’ordre de la plaisanterie : « si tu jouais dans une comédie musicale, tu serais quel personnage ? »</p><p>Pour établir un lien, les plus doués orientait la conversation vers un sujet intime ou surprenant.</p><p>Une expérience de Rick van Baaren a mis en évidence la force de l’effet miroir sur les pourboires des serveurs.&nbsp; L’effet miroir est ce qui nous pousse à imiter les autres et qui indirectement nous permet de ressentir ce qu’ils ressentent. L’expérience a montré que les serveurs qui répétaient les mots des clients au moment de prendre la commande recevaient 70% de pourboires en plus que les autres.</p><p>Pour ce qui concerne la séduction, une stratégie similaire est payante car elle donne à penser au partenaire que vous avez des atomes crochus avec lui ou elle.</p><p>Un autre phénomène identifié lors de séances de « speed dating » est que plus on est sélectif, plus on est jugé séduisant. Toutes choses égales par ailleurs et en particulier à physique équivalent, ceux qui donnent l’impression de vouloir rencontrer le plus possible de personnes sont mal jugés.</p><p>Finalement, les hommes beaux et avec un rang social élevé n’étaient pas considérés comme de bons partis. Les femmes semblaient en effet tenir compte des problèmes que pourraient causer la concurrence des autres femmes avec un tel partenaire.</p><p>Loin devant la générosité et la tendresse, le courage physique et moral est la qualité la plus recherchée par les femmes chez un homme.</p><h4 class="wp-block-heading">Comment réussir son rendez-vous galant</h4><p>Lorsque nous avons un coup de foudre, notre cœur bat plus vite. Mais la réciproque est aussi vraie. Si notre cœur bat plus vite, par exemple après un effort physique ou une frayeur, nous aurons plus tendance à croire que nous en pinçons pour l’autre. Moralité, allez dans un parc d’attraction pour faire les montagnes russes ou regardez un film d’horreur.</p><p>Le fait de se faire des confidences, par exemple avec le jeu de la vérité, permet aussi de créer des liens.</p><p>Voici aussi quelques autres conclusions des recherches&nbsp;scientifiques sur le sujet&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Les femmes trouvent plus séduisant un homme à qui d’autres femmes sourient ou qui apprécient sa compagnie.</li><li>Personne n’aime que son rendez-vous dise oui à tout, tout de suite.</li><li>Les faux sourires font mauvais effet.</li><li>L’amour a tendance à se traduire par un rapprochement des deux partenaires, le désir a tendance à se manifester par un passage de la langue sur les lèvres.</li></ul><h3 class="wp-block-heading">6. Stress</h3><p>Le stress et la frustration ne peuvent être éliminés en se défoulant. Au contraire, il semblerait que s’énerver ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu.</p><h4 class="wp-block-heading">Avantages</h4><p>Si se mettre en colère n’aide pas, comment gérer nos émotions après un incendie, un deuil, ou une attaque cardiaque ?</p><p>Apparemment, la bonne approche est de se remémorer ces événements et d’identifier les avantages qui en ont résulté.</p><p>Voici quelques autres astuces issues de la recherche qui aident à gérer la frustration et la colère&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Prier pour autrui</li><li>Écouter Vivaldi permet de faire baisser la tension artérielle</li><li>Passer plus de 30 minutes en plein air lorsque la météo est ensoleillée</li><li>Rire plus de 15 minutes par jour</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Animaux de compagnie</h4><p>Les propriétaires de chiens qui ont fait un infarctus ont neuf fois plus de chance d’être encore en vie un an après que les autres!</p><p>Avoir un chien permet de diminuer significativement le stress et le risque de dépression. Les chats, même s’ils améliorent l’humeur, n’ont pas d’effets comparables.</p><p>Il est possible que les promenades quotidiennes expliquent une partie du bénéfice qu’apporte les chiens. En particulier, la promenade du chien offre l’occasion d’établir davantage de rapports sociaux et de briser la solitude.</p><h3 class="wp-block-heading">7. Couple</h3><p>Les couples unis ont tendance à suivre un mode opératoire spécial. La femme identifie un problème et propose des solutions possibles. L’homme, lorsqu&rsquo;il est suffisamment ouvert pour accepter certaines de ces solutions, a plus de chance de faire durer la relation.</p><h4 class="wp-block-heading">L’intimité</h4><p>Les couples amoureux peuvent passer beaucoup de temps à se regarder dans les yeux. Au début des année 1980, James Laird a voulu vérifier si la réciproque était vraie. Prétendant réaliser une expérience sur la télépathie, il a amené de nombreux inconnus à se regarder longuement dans les yeux. A leur insu, ces personnes ont développé une attirance pour leur partenaire.</p><p>Les gestes les plus romantiques d’après les femmes sont&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Lui bander les yeux et lui offrir un cadeau : 40%</li><li>L’emmener en week-end : 40%</li><li>Lui dédier une chanson ou un poème : 28%</li><li>Lui dire qu’elle est la femme la plus merveilleuse que vous ayez jamais rencontrée : 25%</li><li>Faire couler un bain chaud pour elle après une rude journée de travail : 23%</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Cinq contre un</h4><p>Nous sommes plus sensibles à la critique qu’aux compliments. Ainsi, pour qu’une relation de couple dure, il faut un ratio d’au moins 5 remarques positives pour une remarque négative.</p><p>Dans les thérapies de couple, les activités suivantes sont bénéfiques&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Prenez dix minutes pour mettre par écrit vos sentiments</li><li>Pensez à des connaissances dont le couple bat de l’aile et notez trois raisons pour lesquelles votre couple est plus solide que le leur</li><li>Notez la plus grande qualité de votre partenaire. Notez son plus grand défaut et comment il peut être vu sous un angle positif.</li></ul><h4 class="wp-block-heading">Chambre avec vue</h4><p>La décoration intérieure du lieu de vie reflète la personnalité de l’occupant dans une certaine mesure. C’est aussi vrai des couples. Plus la décoration est le fruit d’un travail collaboratif du couple, plus le couple sera solide.</p><p>Une autre expérience de psychologie vient éclairer le phénomène précédent. En effet, des chercheurs ont montré qu’après avoir pensé à l’être aimé, il était beaucoup plus difficile de tomber sous le charme d’une personne séduisante. Ainsi, les divers objets qui garnissent un appartement sont autant de rappels des liens qui nous unissent à notre partenaire.</p><h3 class="wp-block-heading">Décisions</h3><p>Les expériences de James Stoner au début des années 1960 se sont intéressées à la qualité des décisions prise par un groupe plutôt que par un individu. Le résultat de ces recherches et des recherches ultérieures est que <strong>les décisions du groupe accentuent les opinions individuelles des membres dans une direction plus radicale</strong>. Si vous regroupez des extrémistes ensemble, ils développeront des opinions encore plus fanatiques. Cela s’applique en particulier aux réseaux sociaux.</p><p>Lorsque vous rejoignez un nouveau groupe où certaines opinions ne sont plus taboues ou censurées, vous avez moins de scrupules à exprimer vos sentiments refoulés, ce qui encourage d’autres personnes à faire de même. Progressivement, vous finirez par défendre une position de plus en plus extrême.</p><p>Ce n’est pas tout. En plus de la radicalisation, la dynamique de groupe est souvent caractérisée par le dogmatisme, la justification d’actes irrationnels et les préjugés à l’encontre des intrus.</p><p>Si le groupe n’aide pas à prendre de bonnes décisions, quelle serait la bonne façon de s’y prendre?</p><h4 class="wp-block-heading">Le pied dans la porte</h4><p>Toutes sortes de techniques sont employées pour augmenter les ventes. Il y a le fait de faire des propositions de plus en plus intéressantes jusqu’à que la pulsion d’achat soit irrésistible. Une expérience a montré que 40% des clients achèteraient un gâteau + deux biscuits pour 5$ tandis que 73% achèteraient un gâteau pour 5$ + deux biscuits <em>gratuits</em>.</p><p>Une autre technique populaire consiste à surprendre le prospect. Un clochard qui demande 25 centimes reçoit plus de dons que les autres. Voici une autre illustration tirée de la vente de cartes postales. L’amorce «&nbsp;On les vend pour 300 centimes, c’est-à-dire 3$. C’est une aubaine&nbsp;» permet de doubler les ventes par rapport à «&nbsp;On les vend 3$. C’est une aubaine.&nbsp;» !</p><p>La technique de vente probablement la plus populaire est celle dite du pied dans la porte. Dans une expérience célèbre, des chercheurs ont demandé à des personnes de placer devant leur maison un panneau géant pour que les automobilistes ralentissent. La plupart a refusé. Les chercheurs ont ensuite demandé à un autre groupe de propriétaires de placer un petit panneau. Presque tous ont accepté. Deux semaines plus tard, les chercheurs demandaient à placer le panneau géant&nbsp;: 76% ont accepté!</p><p>Une variante de la technique précédente procède à l’envers. Il s’agit d’abord de formuler une demande extravagante, puis de faire une proposition qui aura l’air plus raisonnable en comparaison. Dans une expérience, les chercheurs ont demandé à des étudiants s’ils étaient disposés à passer une journée à visiter un zoo avec des jeunes délinquants. 20% ont accepté. Les chercheurs se sont ensuite adressés à un autre groupe d’étudiants pour une demande encore plus extravagante : accepteraient-ils de consacrer deux heures par semaine à s’occuper de jeunes délinquants ? Devant le refus de la plupart des étudiants, ils ont ensuite proposé la journée au zoo : plus de la moitié a alors donné son accord!</p><h4 class="wp-block-heading">Ne plus jamais regretter de décision</h4><p>Vous devez choisir entre plusieurs alternatives. Il y a plusieurs façons de s’y prendre&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Peser le pour et le contre en fonction de critères bien identifiés</li><li>Sélectionner l&rsquo;option qui vous parle le plus</li><li>Utiliser une méthode scientifique pour prendre la meilleure décision</li></ul><p>En l’occurrence, la méthode scientifiquement éprouvée, qu’il s’agisse de l’achat d’une maison, d’une voiture ou d’un investissement en bourse, consiste à avoir une activité cérébrale intense avant de prendre la décision. Par exemple, avant de vous décider, faîtes des sudokus ou résolvez des anagrammes.</p><p>Que se passe-t-il au juste ? L’esprit conscient est très bon pour comparer des objets similaires selon une dimension à la fois. Cependant, <strong>lorsqu’il est question d’évaluer une situation dans son ensemble, l’esprit conscient va se focaliser sur des éléments mesurables mais risque de perdre de vue l’essentiel</strong>.</p><p>Le subconscient en revanche est capable d’intégrer une multitude de paramètres si on lui en laisse le temps. Pour cela, il faut simplement occuper l’esprit conscient à un tâche très prenante (et inutile).</p><p>Dans un registre similaire, Thomas Gilovich a noté que 75% des gens regrettent des choses <em>qu’ils n’ont pas faites</em>, alors que 25% seulement ont des remords par rapport à des choses <em>qu’ils ont faites</em>. Autrement dit, «&nbsp;mieux vaut avoir des remords que des regrets.&nbsp;»</p><h4 class="wp-block-heading">Comment savoir si on vous ment?</h4><p>Il y a fort longtemps, on utilisait la méthode du tisonnier pour savoir si quelqu’un mentait. Le suspect devait lécher un tisonnier brûlant. S’il avait de la salive, c’est qu’il disait la vérité, sinon … dommage pour lui.</p><p>Aujourd’hui, nous n’avons pas réellement fait plus de progrès pour détecter les menteurs, même si les méthodes sont moins barbares.  </p><p>Il semblerait que nos détecteurs de mensonge soient davantage des détecteurs de stress. Or beaucoup de menteurs peuvent mentir avec aplomb et sans ressentir le moindre scrupule.</p><p>La vérité est que nous sommes très mauvais pour détecter les menteurs.</p><p>Les recherches indiquent qu’au lieu de considérer les signes de nervosité, il vaut mieux identifier certaines caractéristiques&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Le menteur se fige ou fait peu de gestes</li><li>Le menteur est concentré</li><li>Il utilise un ton impersonnel</li><li>Il cherche à éluder les questions</li><li>Le menteur fait des réponses brèves ou répond par une autre question</li><li>Il cite peu de noms</li></ul><p>Si vous avez affaire à un inconnu, commencez par poser des questions anodines pour évaluer le comportement de base de cette personne lorsqu’elle dit la vérité.</p><p>Une étude intéressante a révélé que nous mentions dans 14% des courriels, 21% des textos et 37% des coups de fil. En d’autres termes, nous sommes plus réticents à mentir par écrit.</p><h3 class="wp-block-heading">9. Enfants</h3><p>Une expérience réalisée par Schellenberg à Toronto a offert des cours gratuits à 140 enfants en les répartissant aléatoirement dans quatre groupes : piano, chant, théâtre, et groupe témoin sans cours (le cours était offert à la fin de l’étude).</p><p>Les enfants qui avaient reçu des cours de piano et de chant ont eu de meilleurs scores au test de QI. L’hypothèse est que de tels cours aident à développer la concentration, la mémorisation et l’autodiscipline.</p><h4 class="wp-block-heading">Le choix du prénom</h4><p>De nombreuses études étayent l’avantage d’avoir un nom de famille proche du début de l’alphabet. Plus étrange encore, l’effet du nom de famille sur la réussite semble s’accentuer avec l’âge.</p><p>D’autre part, les recherches ont montré qu’un prénom connoté positivement comme Rose ou en lien avec la royauté avait tendance à obtenir de meilleures notes. A l’inverse, un prénom connoté négativement avait tendance à créer un sentiment d’infériorité.</p><h4 class="wp-block-heading">Encouragements</h4><p>Il est très dommageable de dire à son enfant qu’il est intelligent ou talentueux. Dans une expérience impliquant des enfants de tous milieux entre 10 et 12 ans, les chercheurs ont fait passer des tests de QI. Ils ont ensuite dit à une partie des jeunes participants qu’ils avaient brillamment réussi tandis qu’ils n’avaient fait aucun commentaire à une autre partie du groupe.</p><p>Les participants qui avaient ainsi été encouragés étaient ensuite moins enclins à faire des exercices difficiles, possiblement pour ne pas risquer de perdre leur statut de génie. Un test de QI ultérieur a même montré que les participants complimentés ont obtenu des scores inférieurs à leurs camarades!</p><p>L’expérience impliquait en fait aussi un autre sous-groupe&nbsp;: les enfants complimentés pour leur effort et non leur intelligence. Ce sous-groupe est celui qui a obtenu les meilleurs résultats et qui a choisi à 90% de faire des exercices plus difficiles.</p><h4 class="wp-block-heading">S’autodiscipliner</h4><p>Dans la célèbre expérience de la guimauve, des enfants devaient décider s’ils mangeaient tout de suite une guimauve ou s’ils patientaient pour en avoir deux. Grosso modo, un tiers mangeait la guimauve immédiatement, un tiers attendait un peu avant de se précipiter dessus et un autre tiers attendait patiemment l’autre guimauve.</p><p>Les chercheurs ont recontacté les familles de ces enfants dix ans plus tard. Les enfants qui s’étaient montré patients lors de l&rsquo;expérience étaient plus motivés, organisés et déterminés. En fait, la capacité à différer la gratification est un facteur plus prédictif du succès que les tests de QI.</p><p>Que faire pour les autres enfants? Il existe des techniques qui améliorent la concentration comme par exemple certains jeux où l’enfant doit suivre des consignes et se contrôler.</p><h3 class="wp-block-heading">10. Personnalité</h3><h4 class="wp-block-heading">La règle de cinq</h4><p>Au début des années 1990, après une série de raffinements successifs, une étude a mis en évidence cinq dimensions principales de la personnalité (mesurées sur une échelle de 1 à 5)&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Ouvert d’esprit ou pas, mesure la curiosité et l’appétit pour de nouvelles expériences</li><li>Consciencieux ou pas, mesure le degré d’organisation et d’autodiscipline</li><li>Extraverti ou pas, mesure le besoin d’être stimulé par le monde extérieur</li><li>Attentionné ou pas, mesure l’amabilité</li><li>Névrotique ou pas, mesure la force morale et la capacité à gérer le stress</li></ol><p>La complexité apparente de la personnalité sera en fait un leurre. Pour se faire une idée de notre personnalité ou de celle des autres, les cinq dimensions suffisent.</p><h4 class="wp-block-heading">L’effet Casanova</h4><p>L’effet Casanova est le fait d’avoir un annulaire plus long que l’index. Cette caractéristique est typiquement masculine. Chez les femmes, l’index a la même longueur que l’annulaire en moyenne. Chez les hommes le ratio index/annulaire est de 0,98 en moyenne.</p><p>Selon une théorie controversée, plus ce ratio est faible, plus cela signifierait que l’individu a des taux élevés de testostérone, l’hormone de la virilité. Empiriquement, les hommes dont l’annulaire est plus grand que l’index ont tendance à être plus fort physiquement et courent plus vite que les autres. Des comparaisons entre athlètes et gens ordinaires ont aussi mis en évidence cette particularité.</p><p>Les avantages ne sont pas uniquement physiques. Un ratio index/annulaire faible correspond souvent à une meilleure capacité à se représenter l’espace et des aptitudes pour la musique.</p><p>Il semblerait aussi que les hommes avec un annulaire plus long que l&rsquo;index soient aussi surreprésentés dans le show business.</p><h4 class="wp-block-heading">Cerner la personnalité de votre interlocuteur en une minute</h4><ol
class="wp-block-list" type="1"><li><strong>A-t-il un animal de compagnie?</strong><br>Une étude portant sur 2000 propriétaires d’animaux a permis d’établir que les propriétaires de poissons étaient les plus heureux; les propriétaires de chiens ceux qui étaient les plus drôles; les propriétaires de chats, ceux qui étaient les plus fiables et les plus sensibles; les propriétaires de reptiles ceux qui étaient les plus indépendants. L’étude a aussi montré que les propriétaires d’animaux avaient tendance à projeter leur personnalité sur celles de leur compagnon à poils ou écailles, à moins que ce ne soit l’inverse. Demandez donc à votre interlocuteur de parler de la personnalité de son animal domestique pour en savoir plus sur lui.<br></li><li><strong>Stickers de voiture?<br></strong>Une étude a montré que l’agressivité au volant était corrélée au nombre de stickers collés sur la voiture.<br></li><li><strong>Pouce?<br></strong>On parle de cerveau droit (personnalité artistique) et de cerveau gauche (personnalité analytique). Pour savoir à qui vous avez affaire, demandez à votre interlocuteur s’il est droitier ou gaucher. S’il est droitier, demandez-lui de mettre ses pouces l’un sur l’autre. S’il met le pouce droit sur le pouce gauche spontanément, c’est qu’il est plutôt « cerveau gauche ».<br></li><li><strong>Du matin ou du soir?</strong><br>Demandez à votre interlocuteur à quelle heure il se réveillerait s’il n’avait pas de réveil : 7h, 8h, 9h, 10h ? Demandez-lui ensuite à quelle heure il se coucherait s’il n’avait pas d’obligation le lendemain. Les couche-tard ont tendance à être plus audacieux, créatifs, indépendants et impulsifs. Les lève-tôt ont tendance à être plus introvertis, et soucieux de l’opinion des autres.</li></ol><iframe
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p> ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2><p>Richard H. Tierney explique la méthode d&rsquo;éducation jésuite au travers d&rsquo;une série d&rsquo;essais riches d&rsquo;enseignements.</p><h2 class="wp-block-heading">Points clés à retenir</h2><h3 class="wp-block-heading">1. L’enseignant et son ambition</h3><figure
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decoding="async" width="1024" height="477" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-1024x477.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1247" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-1024x477.jpg 1024w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-300x140.jpg 300w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-768x358.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-1536x715.jpg 1536w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-2048x954.jpg 2048w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-1200x559.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/God2-Sistine_Chapel-1980x922.jpg 1980w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Création d&rsquo;Adam, Michael-Ange</figcaption></figure><p>L’objectif principal d’une véritable éducation est la formation du caractère. Le jeune garçon vit dans un univers aux confins limités et la première tâche de l’enseignant est d’ouvrir des portes vers une vie plus riche et plus noble.&nbsp; L’enseignant doit lui donner une idée de l’étendue de l’existence et d’instiller en lui le désir d’y jouer un rôle noble.</p><p>Il n’est jamais trop tôt pour que l’élève réalise qu’il a une tâche à accomplir. De plus, il doit comprendre que son caractère est la somme de ses pensées, de ses mots et de ses actions. Ce qu’il fait aujourd’hui a des conséquences sur le futur. L’image appropriée est celle d’Adam dans la chapelle Sixtine, une brute allongée sur le sol au regard vide qui approche son doigt de celui de Dieu. L’instant d’après Adam est une créature debout, les nuages ont disparu, ses yeux brillent et la lumière divine fait rayonner son visage.</p><p>La vie est la grande éducatrice. C’est la vie, et non les livres, qui devraient être l’objet d’étude du jeune garçon. D’ailleurs, qu’est-ce qui fait qu’une œuvre est sublime sinon la vie qui y transparaît, et non l’art qui y est mis&nbsp;?</p><p>Dans l’étude d’un livre, nous ne nous arrêterons pas à l’étude des mots et des phrases, mais nous devrons louer ce qui est noble et mépriser ce qui est vil. Pour faire cela, le maître doit lui-même être un homme de caractère. Si ses pensées élevées sont de pures compositions, la fausseté infectera sa classe&nbsp;; et son enseignement fera plus de mal que de bien.</p><p>L’enseignant doit être dévoué au bien-être de ses élèves, compréhensif et ouvert d’esprit, patient, sans préjugés, miséricordieux, doux mais ferme, humble mais confiant, généreux, cordial, digne mais sans prétention, enthousiaste, convaincu de sa mission par la grâce de Dieu.</p><p>L’enseignant chrétien doit d’abord concevoir en lui-même une représentation du Christ, comme Michael-Ange s’est représenté David avant de le réaliser dans le marbre. Il doit ensuite insuffler cette inspiration dans l’élève, même le moins prometteur, jusqu’à que l’image du Christ émerge lentement dans son âme, floue tout d’abord puis de plus en plus belle.</p><h3 class="wp-block-heading">2. Véritable éducation</h3><figure
class="wp-block-image size-large"><img
loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-683x1024.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1245" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-683x1024.jpg 683w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-200x300.jpg 200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-768x1152.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-1024x1536.jpg 1024w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-1365x2048.jpg 1365w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-1200x1800.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-1980x2970.jpg 1980w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/David_by_Michelangelo_JBU0001-scaled.jpg 1706w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption>David, Michael Ange</figcaption></figure><p>La plupart des enseignants qui échouent approche leur tâche sans vraiment bien comprendre la véritable mission d’un éducateur. Ils se concentrent sur la discipline, la syntaxe et les cours qu’ils prévoient de donner. Ils ne réalisent pas que chaque leçon devrait être entreprise comme une étape supplémentaire vers la création d’un homme noble.</p><p>Dans les arts et dans les sciences, seuls les concepts suffisamment étoffés et développés avec soin peuvent conduire au succès. L’enseignant doit donc procéder comme l’artiste, en imaginant et en organisant les différentes parties dans son esprit avant de les réaliser.</p><p>La véritable éducation consiste à développer l’homme au maximum de son potentiel. Une telle entreprise s’intéresse à tous les aspects du développement&nbsp;du corps, des sens et de l’âme, qui doivent être cultivés harmonieusement.</p><p>Le travail manuel aide à développer <strong>les sens</strong>, de même que l’observation dans la vie quotidienne et l’attention dans la lecture et l’écriture. Remarquez qu’il existe un lien puissant entre les sens et l’imagination qui est une faculté de la plus haute importance.</p><p>L’<strong>imagination</strong> peut être utilisée pour voler avec les anges ou ramper avec les bêtes. Un esprit jeune est attiré par le fantastique, les monstres et les héros. Tout l’art d’Homer, de Virgile, Dante et Milton est d’utiliser cet appât pour illustrer ce qu’il y a de plus noble chez l’homme.</p><p>La <strong>mémoire</strong> ne doit pas être négligée. Elle est cultivée d’une part par une pensée claire, précise et noble et d’autre part par l’exercice. La mémorisation ne doit pas devenir une opération mécanique d’accumulation de connaissances et de régurgitation.</p><p>Il y a beaucoup à dire pour le développement de l’<strong>intellect</strong>. Pour commencer, il ne faut pas former des spécialistes, ni gaver les esprits avec une collection de faits. Les efforts sont mieux investis si l’on instille chez l’élève l’amour de l’apprentissage, le désir d’en savoir davantage, et comment procéder pour y parvenir.</p><p>Il y a deux types d’élèves. Il y a ceux qui semblent avoir des facilités à apprendre et à réussir les examens, mais qui peu de temps après oublient ce qu’ils ont appris. D’autre part, il y a ceux qui laborieusement, péniblement, travaillent dur sans succès éclatants mais sans se décourager non plus. Ces derniers sortent de l’école en ayant appris ce que les premiers n’ont jamais appris, c’est-à-dire comment discipliner son esprit.</p><p>L’enseignant doit faire feu de tout bois. Les mathématiques enseignent la rigueur et la précision&nbsp;; les sciences naturelles, la vigilance et la précision à nouveau&nbsp;; l’histoire, les grands idéaux. Une matière ne doit pas être avantagée par rapport aux autres si elle se fait aux dépends des autres. Ce qu’il y a de meilleur dans un sujet doit être mis en avant. Par exemple, l’histoire n’est pas une collection de date d’événements.</p><p>Enfin, il reste le cas de la <strong>volonté</strong>. Chaque élève est différent et l’enseignant doit connaître son caractère pour adapter son approche à chacun d’entre eux. Les encouragements, les remontrances, l’humour et les insinuations peuvent aider, ainsi que l’appel à des idéaux nobles&nbsp;: la patrie, l’honneur, l’amour des parents. Bien entendu, rien n’égale la Religion Révélée qui seule peut corriger les grandes failles de l’âme. Sa doctrine et sa pratique rende l’élève meilleur en suscitant l’amour de Dieu, la révérence, le pardon ou le désir d’émulation avec ses saints.</p><h3 class="wp-block-heading">3. L’enseignant idéal</h3><figure
class="wp-block-image size-full"><img
loading="lazy" decoding="async" width="413" height="310" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ignace-1.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1252" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ignace-1.jpg 413w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ignace-1-300x225.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 413px) 100vw, 413px" /><figcaption>Ignacio De Loyola, fondateur de la l&rsquo;Ordre des Jésuites</figcaption></figure><p>Si l’éducation est une préoccupation d’importance, alors un enseignant doué a une valeur inestimable. Quelles seraient les qualités d’un tel éducateur&nbsp;?</p><p>En bref, ce doit être un gentleman.</p><p>Une de ses principales qualités est la maîtrise de soi. Le contact prolongé avec des esprits inférieurs crée une tendance au dogmatisme chez le professeur. Peu à peu, la franchise dans les rapports cède la place à la fausseté et à l’injustice lorsqu’elle rencontre l’opposition. Les élèves développent alors une méfiance vis-à-vis de leur enseignant qui se transforme rapidement en mépris. Les dommages sont alors considérables. En effet, très peu d’élèves sont motivés à étudier par sens du devoir, par peur ou par amour des livres. La plupart le sont grâce à l’admiration et à l’amour qu’ils portent à leur professeur.</p><p>La courtoisie est une autre qualité essentielle. Il ne s’agit pas des manifestations superficielles de la bienséance mais plutôt la distinction d’une belle âme. Elle se caractérise de mille manières&nbsp;: respect pour les supérieurs, les aînés, l’opinion et les sentiments des autres, leurs droits et leurs particularités lorsqu’elles ne sont pas des vices. L’impression qu’elle laisse est celle de l’équilibre et de la pondération, qui sont le résultat d’une grande discipline.</p><p>Un enseignant se doit de maîtriser son sujet. Il doit être capable de l’exposer simplement, clairement, directement et correctement faute de quoi ses élèves seront perdus. Le savoir, l’ordre, la concision, la clarté, la capacité à amuser sans distraire, tout cela est souhaitable chez l’enseignant.</p><p>L’enseignant doit constamment apprendre, et pas uniquement par les livres, mais aussi par l’observation et en assistant à des conférences. Sans cela, son esprit s’embrume et ses idées deviennent vagues et inintéressantes.</p><p>L’enseignant a besoin de certaines qualités morales. Sens de la justice, patience, bonté, intégrité, résilience sont indispensables pour supporter une exposition année après année à une variété de caractères&nbsp;: les jaloux sensibles à l’injustice, les audacieux qui ont besoin d’être remis à leur place, les timides et les faibles qui doivent être encouragés, les paresseux qui ont besoin du martinet.</p><p>Plus important encore, l’enseignant doit être un homme de Dieu. Sans cela, l’enseignant est un homme parmi les hommes, dirigé par son intérêt et ses passions. L’homme de Dieu a devant lui un horizon élargi et est dévoué à une cause plus grande que lui-même.</p><h3 class="wp-block-heading">4. Méthodes d’enseignement</h3><figure
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loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="940" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ironsmith-1024x940.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1262" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ironsmith-1024x940.jpg 1024w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ironsmith-300x275.jpg 300w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ironsmith-768x705.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ironsmith-1200x1102.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/ironsmith.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Le forgeron, Joseph Wright of Derby</figcaption></figure><p>Trop souvent, la salle de classe est le cimetière de la puissance intellectuelle, de l’espoir et de l’ambition.</p><p>Il y a deux méthodes d’enseignement, dont l’une est mortelle pour la vie intellectuelle. Cette méthode consiste à voir l’élève comme un contenant vide qu’il faudrait remplir méthodiquement ou comme une oie qu’il faudrait gaver.</p><p>L’autre méthode imite la nature. L’enseignant veille à ce que le goût d’apprendre chez l’élève soit préservé et développé. Il convient davantage de guider que de forcer, jusqu’à ce que l’intellect soit suffisamment fort et énergique pour être autonome dans sa stimulation et la satisfaction de ses besoins.</p><p>Comment cela peut-il être réalisé&nbsp;? Aristote suggère que la sagesse commence par l’émerveillement. L’émerveillement éveille l’intérêt et l’intérêt suscite l’enthousiasme. Un enseignant qui n’est pas passionné par son sujet mais seulement intéressé par un salaire n’arrivera pas à créer l’enthousiasme chez les autres. Mais, la passion seule ne suffit pas, il y faut rajouter le savoir et la connaissance de ses élèves.</p><p>L’enseignant doit maîtriser son sujet. Il ne s’agit pas de pouvoir réciter son manuel de mathématiques mais être capable d’expliquer la logique, les relations entre les parties, les principes sous-jacents, la progression d’une idée, et les implications dans d’autres domaines. Il en va de même en littérature. Même si la grammaire et la rhétorique sont importantes, ce qui compte vraiment est ce qui se cache derrière le voile de la langue&nbsp;: les joies, les peines, les succès, les échecs, les vertus, et les passions, toutes ces choses de la vie qui participent à la formation d’un homme. L’âme du jeune garçon peut ainsi se rapprocher d’autres âmes et grandir à leur contact.</p><p>La compétition est un autre outil à utiliser mais sans exagération. Non pas tant la compétition qui cherche à vaincre l’autre, mais celle qui vise à se dépasser soi-même. La compétition avec les autres ne doit pas être négligée non plus. La compétition qui oppose un groupe à un autre dans un cadre de jeu n’est pas plus dangereuse pour la formation du caractère qu’un match de football.</p><p>Les prix ont également leur utilité s’ils ne deviennent pas une fin en soi. Ils doivent servir comme motifs supplémentaires pour des activités et être accessibles à une grande partie de la classe.</p><p>Toutes ces méthodes ne visent qu’à éveiller et maintenir un intense désir d’apprendre aussi longtemps qu’il faut pour que les bases de l’éducation soient solidement fixés dans l’âme du jeune homme.</p><h3 class="wp-block-heading">5. Stimulation intellectuelle</h3><figure
class="wp-block-image size-large"><img
loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="823" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated-1024x823.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1268" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated-1024x823.jpg 1024w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated-300x241.jpg 300w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated-768x617.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated-1536x1234.jpg 1536w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated-1200x964.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated-1980x1591.jpg 1980w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Richard_Feynman_undated.jpg 1990w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Richard Feynman, Prix Nobel de Physique et joueur de bongo</figcaption></figure><p>L’enseignant doit conserver un corps et un esprit vif et actif sans quoi il sera impossible de susciter ces qualités chez ses élèves. Une fois que l’élève est intéressé, il faut constamment entretenir cet état par une incessante stimulation de son intellect.</p><p>Un bon enseignement est toujours vivant et une réalisation toute personnelle. L’enseignant doit dépouiller son sujet des accessoires sans importance, le moderniser, l’assimiler, le revitaliser et l’électriser pour lui donner vie, enrichi par sa vision du monde et son individualité. Se faisant, il doit employer tout le registre des leviers à sa disposition&nbsp;: le geste, les expressions faciales, l’intonation, l’imagination grâce à des métaphores, l’intellect par des raisonnements simples, la volonté par des enseignements tirés d’anecdotes personnelles.</p><p>L’enseignant aura avantage à maintenir des relations directes avec des personnes âgées et jeunes afin de conserver un esprit actif. Cela l’expose à deux points de vue, l’un qui nous amène à voir plus loin et à se préparer à l’avenir, et l’autre qui nous rappelle sans cesse que nous devons nous adapter à une réalité changeante. Le garçon d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui d’il y a dix ans.</p><p>La spécialisation à outrance est un mal dont il faut se garder car il déforme l’esprit. Des lectures diversifiées sont donc toutes indiquées. De plus, elles fournissent de la matière nouvelle qui agrémentera utilement ses cours. De même, l’actualité lui offrira des prétextes tout trouvés pour aborder certains de ses exposés.</p><p>La vitalité de l’enseignant ne sert à rien sans l’art de présenter ses exposés. L’enseignant peut aussi pécher en en faisant trop. Un bon professeur ne ferait jamais le travail que pourrait et devrait faire son élève. Entraineriez-vous vos élèves à traverser une forêt en les portant sur vos épaules&nbsp;? Non, vous les laisseriez se débrouiller autant que possible selon leurs moyens sans être négligent, ni imprudent. Une certaine dose de peine, de souffrance et même de sacrifice est nécessaire pour faire un homme complet.</p><p>L’enseignant ne doit pas vivre dans une tour d’ivoire. Au contraire, il doit être attentif au monde qui l’entoure et réaliser que le succès appartient toujours à ceux qui sont vigilants et déterminés. Ainsi, il doit aussi former ses élèves pour avoir ces qualités également, sinon leur réveil sera rude.</p><h3 class="wp-block-heading">6. Méthode d’exposé</h3><figure
class="wp-block-image size-large"><img
loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Socrates_Louvre-1-768x1024.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1277" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Socrates_Louvre-1-768x1024.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Socrates_Louvre-1-225x300.jpg 225w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Socrates_Louvre-1-1152x1536.jpg 1152w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Socrates_Louvre-1-1536x2048.jpg 1536w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Socrates_Louvre-1-1200x1600.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Socrates_Louvre-1-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Socrate, corrupteur de la jeunesse athénienne</figcaption></figure><p>Le cours de l’enseignant est de peu d’utilité si ce qui rentre par une oreille sort aussitôt par l’autre. Le remède à ce mal réside dans les exposés oraux ou écrits. Ceux-ci doivent être adaptés au public visé.</p><p>Il y a deux principales méthodes&nbsp;: la méthode socratique et la méthode axée sur le sujet. Dans la méthode socratique qui est la plus utile pour former les jeunes esprits fougueux et imaginatifs requière du tact et de la préparation.</p><p>L’enseignant doit séparer ce qui est important de ce qui ne l’est pas et commencer par là. Il doit ensuite arranger soigneusement une série de questions qui vont mener progressivement au cœur de son exposé. Lorsqu’il obtient des réponses pertinentes, il doit poser des problèmes adaptés au niveau des élèves. L’objectif est que l’élève retienne les principes qui sous-tendent l’exposé. Il ne s’agit pas de faire imploser les systèmes des élèves sans rien laisser à la place sinon une multitude de questions. Idéalement, l’exposé se termine, si possible, par une conclusion générale.</p><p>L’exposé socratique est aussi l’occasion d’entraîner le jeune intellect à faire des liens entre différentes notions, connaissances, sciences et tirer lui-même ses propres conclusions.</p><p>La méthode axée sur le sujet choisit pour la leçon les sujets importants et propose de les soumettre à la discussion. L’enseignant ne doit pas diriger cette activité, même s’il peut faire des suggestions. L’objectif est d’acquérir et d’utiliser un vocabulaire choisi, de développer une fluidité de l’expression orale et la précision du langage. Cette méthode est recommandée avec les esprits secs, pratiques et sans imagination. Elle aussi très utile pour évaluer les limitations de ses élèves et leur caractère.</p><p>Les deux méthodes s’appliquent aussi aux devoirs. En la matière, la manière de les organiser et de les évaluer est secondaire. Ce qui est d’importance suprême est que l’élève corrige ses erreurs.</p><h3 class="wp-block-heading">7. Discipline</h3><figure
class="wp-block-image size-full"><img
loading="lazy" decoding="async" width="750" height="572" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/john-lewis-cairo.jpgLarge.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1280" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/john-lewis-cairo.jpgLarge.jpg 750w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/john-lewis-cairo.jpgLarge-300x229.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption>Intérieur d&rsquo;une école au Caire, John Frederick Lewis</figcaption></figure><p>L’enseignant doit discipliner sa classe suffisamment pour créer une atmosphère propice à l’apprentissage mais pas davantage. Pour ce faire, il doit en premier lieu se discipliner lui-même. Cela signifie neutraliser la colère et la remplacer par la sérénité. Il s’agit aussi de se défaire des ruses telles que l’accommodement, le favoritisme et la suspicion pour incarner les vertus viriles de la fermeté et de franchise.</p><p>Très souvent également, les problèmes de disciplines sont causés non par la personnalité du professeur mais par une leçon inintéressante. L’enseignant doit donc être attentif aux premiers signes de rébellion et les éliminer en adaptant son exposé ou la manière de le présenter. D’autre part, m’élève doit toujours sentir qu’il peut être appelé à participer.</p><p>Toute bonne discipline est une autodiscipline chez le jeune garçon. Cela commence par la distinction du bien et du mal, puis progresse vers la compréhension des devoirs, puis vers la formation d’idéaux élevés et s’achève par la détermination à régler ses paroles et ses actions selon les plus hauts standards.</p><p>L’atmosphère de la salle de classe n’est pas celle d’une prison ni d’une garnison. Elle est plutôt celle d’un conseil de famille avec à sa tête un guide expérimenté. En effet, ce n’est que dans ces conditions que l’enseignant peut entrevoir les défauts et les vices qui ont besoin d’être redressés. Une telle supervision est bien meilleure que d’espionner subrepticement ses élèves. En plus d’être un aveu d’échec, cela transforme les élèves en individus malhonnêtes, méfiants et fourbes.</p><p>Quels sont les moyens à la disposition du maître pour discipliner ses élèves&nbsp;?</p><p>Tout d’abord, il y a l’appel à la raison. Les plus jeunes y sont moins sensibles que les élèves plus matures, mais l’enseignant pourra insister sur l’utilité et le profit qu’il y a redresser ses torts. Un autre moyen est de recourir à la peur. Bien que parfois utile, ce type d’incitation devrait être éviter en règle générale.</p><p>On devrait lui préférer l’appel à la révérence et à l’amour. Pour être digne de l’admiration et de l’amour de ses élèves, le professeur devra incarner l’excellence morale et intellectuelle. &nbsp;</p><h3 class="wp-block-heading">8. Caractère</h3><figure
class="wp-block-image size-large"><img
loading="lazy" decoding="async" width="705" height="1024" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-705x1024.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1285" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-705x1024.jpg 705w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-207x300.jpg 207w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-768x1115.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-1058x1536.jpg 1058w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-1410x2048.jpg 1410w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-1200x1743.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-1980x2875.jpg 1980w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Head_of_Abraham_Lincoln_at_Mount_Rushmore-scaled.jpg 1763w" sizes="auto, (max-width: 705px) 100vw, 705px" /><figcaption>Abraham Lincoln, Mont Rushmore</figcaption></figure><p>La formation du caractère de l’élève devrait être l’objet de la plus grande attention de la part de l’enseignant. Si l&rsquo;enseignant est noble, sa leçon sera à sa mesure. S’il est vil, son œuvre sera insignifiante et sans effet.</p><p>De nos jours, le maître est contraint par des bureaucrates qui lui imposent un manuel, un horaire et des méthodes sans avoir eux-mêmes jamais vu d’écoliers. Malgré tout, certains maîtres parviennent à s’extirper de leur étreinte mortifère.</p><p>Tout d’abord, il faut réaliser ce qu’est le caractère et surtout le bon caractère. Cette notion défie quelque peu l’analyse à l’instar de la vie. Une condition nécessaire mais pas suffisante du caractère est la présence d’idéaux élevés et d’une pensée claire. Il faut de plus que les idéaux agissent comme un aiguillon sur la volonté pour les traduire en actes répétés jusqu’à devenir de saines habitudes.</p><p>Certes, les hommes peuvent parfois ne pas être à la hauteur de leurs idéaux, mais cela ne fait pas d’eux des personnes sans caractère. En la matière, mieux vaut mille faiblesses suivies de repentances qu’une vie sans idéal.</p><p>Face à l’élève qui le déçoit, l’enseignant se rappellera avec profit que sa vie a été parsemée d’innombrables échecs. Il réalise que l’erreur et la difficulté ne sont pas les signes d’un manque de caractère. En outre, il faut faire confiance à la Nature qui fait bien les choses et à la Grace qui est puissante. L’effort répété de l’élève, sous la direction du maître, le rendra plus intègre et plus honnête vis-à-vis de lui-même d’abord puis des autres. L’élève deviendra plus courageux et préfèrera se faire un ennemi que de trahir un principe. Il sera plus patient, plus joyeux et plus charitable.</p><h3 class="wp-block-heading">9. Formation du caractère</h3><figure
class="wp-block-image size-large"><img
loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="729" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Job_and_his_friends-1024x729.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1289" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Job_and_his_friends-1024x729.jpg 1024w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Job_and_his_friends-300x214.jpg 300w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Job_and_his_friends-768x547.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Job_and_his_friends-1536x1094.jpg 1536w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Job_and_his_friends-1200x855.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Job_and_his_friends.jpg 1685w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Job et ses amis, Ilya Repin</figcaption></figure><p>Pour former le caractère de l’élève, l’enseignant doit très bien le connaître et le faire travailler individuellement. Il doit également lutter contre les influences néfastes à la maison contre l’autorité et surtout les mœurs corrompues de la société.</p><p>Notre époque valorise le mécréant ignorant qui s’est enrichi aux dépens du pauvre. Ses vices sont glorifiés par la presse comme des insignes d’honneur. Son succès est applaudi tandis que son argent sale s’évertue à pervertir les idéaux et les institutions de la nation.</p><p>La formation du caractère doit être initiée le plus tôt possible, car si un garçon mal élevé de douze ans est un problème, un de dix-sept ans est un cas désespéré. Des idéaux élevés doivent être plantés dans l’esprit du jeune garçon, patiemment, calmement et simplement. Si le garçon adopte pour lui-même deux ou trois de ces principes chaque année, ce sera une grande victoire.</p><p>Cet objectif ne sera pas atteint en forçant les choses. L’enseignant doit connaître les spécificités de l’élève et ses besoins afin d’adapter sa formation. Il doit laisser l’élève se démener et faire ses erreurs. L’épreuve renforce le courage&nbsp;; la tentation développe la maîtrise de soi&nbsp;; le chagrin accroit la patience&nbsp;; les échecs intellectuels enseignent l’humilité&nbsp;; l’ingratitude des autres favorise le dévouement.</p><h3 class="wp-block-heading">11. Religion et éducation</h3><figure
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loading="lazy" decoding="async" width="722" height="1024" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Sermon-to-Jesuit-Novices-722x1024.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1301" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Sermon-to-Jesuit-Novices-722x1024.jpg 722w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Sermon-to-Jesuit-Novices-211x300.jpg 211w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Sermon-to-Jesuit-Novices-768x1090.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Sermon-to-Jesuit-Novices.jpg 1057w" sizes="auto, (max-width: 722px) 100vw, 722px" /><figcaption>Sermon aux novices, Alessandro Magnasco</figcaption></figure><p>La vie sur terre est incomplète puisque toute victoire n&rsquo;est que temporaire. Celle-ci trouve son complément dans les cieux et c’est pourquoi la religion est importante dans l’éducation.</p><p>Comment dispenser cette éducation religieuse&nbsp;?</p><p>Un des plus grands maux de notre époque est que l’homme croit être la mesure de toute chose. Pour cette raison, la première tâche du maître est d’enseigner à ses élèves que le lot de l’homme est de progresser dans les ténèbres. L’intellect est de bien peu de secours pour concevoir la grandeur du Créateur. C’est aussi dans l’ordre des choses que la religion contienne une part de mystère qui doit inspirer la plus forte impression et un profond respect chez le jeune garçon.</p><p>Le respect doit s’étendre aux plus petits détails dans les rites catholiques. De plus, la révérence sera entretenue par la connaissance du dogme qui peut être enseigné de façon informelle ou formelle. Des conversations privées, des allusions, des métaphores, des biographies de zélotes fournissent de nombreuses et excellentes occasions d’instruire indirectement l’élève.</p><p>L’instruction formelle est plus problématique car il faut reconnaître que les cours de catéchisme ne sont pas appréciés des élèves. Pourtant, nos écoles n’ont pas été établies pour apprendre le latin, ni le grec, ni les mathématiques et ni l’histoire mais bien pour l’instruction religieuse. C’est au nom de la religion que nos Pères et nos Mères se dévouent corps et âmes pour leurs élèves année après année.</p><p>L’enseignant devra insuffler la vie à son cours de religion, avec des illustrations pratiques et des images mémorables. L’élève qui sort de l’école sans rien connaître de la religion sauf le dogme sera plus dépravé qu’un ignorant à cause du peu qu’il sait. L’enseignant aura donc intérêt à préparer des sermons clairs, vigoureux, pratiques et spirituels s’il veut être écouté.</p><p>Un autre problème est que la religion est souvent vécue de l’extérieur que de l’intérieur. Les traditions et les rituels n’ont pas de signification particulière pour le jeune garçon, et la tentation sera souvent plus forte que la pratique religieuse superficielle. Pour lui, le Christ est davantage une figure mythique que réelle. Le remède consiste à instiller dans l’élève une conviction intime ardente et une volonté indéfectible de rester sur le droit chemin.</p><h3 class="wp-block-heading">12. L&rsquo;éducation catholique et les affaires sociales</h3><figure
class="wp-block-image size-large"><img
loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="799" src="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-1024x799.jpg?7dfbcc&amp;7dfbcc" alt="" class="wp-image-1314" srcset="https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-1024x799.jpg 1024w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-300x234.jpg 300w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-768x599.jpg 768w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-1536x1198.jpg 1536w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-2048x1598.jpg 2048w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-1200x936.jpg 1200w, https://economierebelle.com/wp-content/uploads/2021/09/Jesuits-Charitable-Work-1980x1545.jpg 1980w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>La ronde du pain et des œufs, Luis Tristan</figcaption></figure><p>La religion est l’élément le plus fondamental de l’ordre social. Au crépuscule de l’empire romain, alors que l’état était en décomposition, l’Église trouva le moyen d’inaugurer des services sociaux qui ont fait l’admiration de tous. Personne ne surpassa jamais non plus les Bénédictins qui sont à l’origine de la création d’un tiers des villes françaises. Ces derniers construisirent des monastères au milieu des forêts qui devinrent un refuge pour les malades, une école pour les enfants, un hospice pour les pauvres et un lieu de repos pour les voyageurs.</p><p>Aujourd’hui, les hommes vivent pour eux-mêmes. Ils ne sacrifieront pas leur intérêt personnel au bien commun. Sans l’union et la fraternité, l’État ne peut se maintenir. L’autorité est bafouée, le riche devient insolent et le pauvre impertinent. La corruption et la dépravation des mœurs rongent la vitalité de l’État.</p><p>Tout serait différent si la doctrine catholique était suivie. Les intérêts particuliers ou de classes seraient subordonnés à l’intérêt public. Les riches se comporteraient en fiduciaires de leur fortune, responsables devant Dieu de son emploi bon ou mauvais. Les pauvres apprendraient la dignité du travail et la patience face à l’épreuve.</p><p>Les enseignants catholiques ont leur part de responsabilité dans le faible engagement social des élèves. Nos jeunes garçons sortent de l’école sans connaître les malheurs qui frappent leurs semblables sans qu’ils l’aient mérité. Comment pourraient-ils vouloir aider s’ils ne savent pas que d’autres sont dans le besoin&nbsp;? Comment resteraient-ils actifs dans leurs œuvres caritatives s’ils n’ont pas conscience de leur obligation&nbsp;ni le désir de les remplir ?</p><p>Du fait de cette négligence, de nombreux jeunes garçons avec un bon instinct religieux sont livrés à eux-mêmes à un moment charnière de leur existence. Plus tard, ils deviendront des proies faciles pour le socialisme et l’anarchisme.</p><p>Le remède à prescrire est simple : des instructions claires et des discussions amicales pour les jeunes élèves, des interactions avec des travailleurs sociaux pour les plus âgés.</p><p>The post <a
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