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><channel><title>école publique - Economie rebelle</title> <atom:link href="http://economierebelle.com/tag/ecole-publique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>https://economierebelle.com/tag/ecole-publique/</link> <description>Mon argent, mon choix</description> <lastBuildDate>Thu, 14 Apr 2022 03:24:35 +0000</lastBuildDate> <language>fr-FR</language> <sy:updatePeriod> hourly </sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency> 1 </sy:updateFrequency> <generator>https://wordpress.org/?v=6.6.1</generator> <item><title>&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;&#x2b50;Livre « Weapons of Mass Instruction » par John Taylor Gatto</title><link>https://economierebelle.com/livre-weapons-of-mass-instruction-par-john-taylor-gatto/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=livre-weapons-of-mass-instruction-par-john-taylor-gatto</link> <comments>https://economierebelle.com/livre-weapons-of-mass-instruction-par-john-taylor-gatto/#respond</comments> <dc:creator><![CDATA[Khalid Lyoubi]]></dc:creator> <pubDate>Wed, 13 Apr 2022 23:24:29 +0000</pubDate> <category><![CDATA[Eduquer]]></category> <category><![CDATA[école à la maison]]></category> <category><![CDATA[école publique]]></category> <category><![CDATA[livre]]></category> <guid
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class="wp-block-list" type="1"><li><strong>La soumission à l’autorité.</strong> Celle-ci ne peut être testée qu’en faisant faire aux enfants des activités qu’ils ne veulent pas faire, i.e. ennuyeuses ou absurdes.</li><li><strong>Le conformisme. </strong>Ici, l’objectif est de rendre les enfants aussi uniformes que possible, car cela les rend prévisibles et garantit une main-d’œuvre plus obéissante.</li><li><strong>La détermination de la position sociale. </strong>L’accumulation des évaluations scolaires est utilisée pour justifier la place réservée à l’élève dans la société.</li><li><strong>La différentiation. </strong>Une fois le niveau social établi, l’élève ne doit pas être formé au-delà de ce que nécessite son rôle.</li><li><strong>La sélection. </strong>Les mauvaises notes, les redoublements, toutes les petites humiliations servent à identifier les inférieurs et les ostraciser à des fins eugénistes.</li><li><strong>Préparation de l’élite.</strong> La continuation du système suppose qu’un petit groupe d’élèves soit initié et sache en assurer la gestion&nbsp;: contrôler une population abêtie, satisfaire les besoins en main-d’œuvre et faire avancer le projet sans contestation.<strong> &nbsp;</strong></li></ol><p>Au 20<sup>e</sup> siècle, la production de masse requiert la consommation de masse. L’école publique a annihilé l’esprit critique qui est la principale barrière à l’influence du marketing.</p><h3 class="wp-block-heading">Tout ce que vous savez sur l’école est faux</h3><p>Benjamin Disraeli, le Premier ministre britannique a déclaré que tous les événements importants étaient contrôlés par un gouvernement invisible. Dans le cas de l’école publique dans les années 1920, la fondation Rockefeller était l’entité qui tirait les ficelles avec comme mission d’extraire les enfants de leur milieu familial rétrograde et de les mettre entre les mains d’experts.</p><p>Depuis Darwin et Galton, une idéologie eugéniste a vu le jour dans les classes dirigeantes. Cette idéologie vise à améliorer la race et elle perdure aujourd’hui. L’école a été un instrument de choix pour séparer les élèves considérés comme intelligents des élèves considérés comme stupides.</p><p>Au début du 20<sup>e</sup> siècle, hors de toute supervision publique, la fondation Rockefeller a financé des chaires universitaires pour promouvoir l’instruction obligatoire. Un de leur document, daté de 1906, éclaire leurs objectifs&nbsp;: «&nbsp;Nous ne nous efforcerons pas de transformer ces gens ou leurs enfants en philosophes, en érudits ou en hommes de science […] auteurs, éducateurs, poètes, hommes de lettres […] artistes, peintres, musiciens, avocats, médecins, ministres du Culte, politiciens, hommes d’État – dont nous avons déjà amplement le nécessaire. La tâche que nous ne fixerons est très simple […] Nous organiserons les enfants […] et leur apprendrons à faire parfaitement ce que leurs parents font d’une façon imparfaite.&nbsp;»</p><p>Après la Seconde Guerre mondiale, ce mouvement s’est fait plus discret.</p><p>Entre 1967 et 1974, la formation des enseignants a radicalement changé sous l’influence de fondations privées, d’universités de premier plan, d’agences gouvernementales et des corporations. Un des principaux changements a été l’introduction de la psychologie behavioriste pour forcer les enfants à adopter les bons comportements, les bonnes pensées et les bonnes attitudes. Cette approche a été promue par Benjamin Bloom qui était obsédé par la classification des étudiants pour le bénéfice de la classe managériale.</p><p>L’école est devenue à cette époque un laboratoire pour l’expérimentation de techniques de manipulation. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’explosion de violence dans les écoles se produit à peu près au même moment. L’interdiction de prompts châtiments corporels qui étaient un moyen de maintenir la discipline y a également contribué.</p><p>Entre 1942 et 1944, 98% des recrues de l’armée savaient lire et écrire convenablement, soit 2% de moins que dix ans auparavant. Au moment de la guerre de Corée en 1953, ce taux est passé à 81%. Lors de la guerre du Vietnam, le taux s’est établi à 73%. Ces résultats sont ceux de jeunes adultes bien plus scolarisés que leurs prédécesseurs.</p><p>Aucune cause génétique ne peut expliquer une dégradation aussi rapide. En réalité, cela est le résultat de la méthode globale d’enseignement qui a été privilégiée au détriment de la traditionnelle méthode phonétique. La méthode globale consiste à apprendre à reconnaître des mots entiers. La méthode phonétique se base sur les sons de&nbsp;l’alphabet et est utilisée depuis plus de 300 ans.</p><p>Une autre source, encore une fois d’origine prussienne, remonte à Hegel, celui-là même qui avait dit qu’il fallait susciter des crises pour créer l’unité et ainsi atteindre ses objectifs. Un courant philosophique, appelé les hégéliens de Saint-Louis, voulait amener la fin de l’histoire, c’est-à-dire la fin des conflits et des révolutions. Dans ce monde idéal, la plupart des individus attendraient sagement qu’on leur dise quoi faire. Selon William Torrey Harris, l’outil pour parvenir à cette utopie est l’aliénation psychologique. Autrement dit, il fallait les rendre étrangers à eux-mêmes en les coupant de leur vie intérieure, de leur milieu familial, de leurs traditions, de leur religion et toute autre chose qui pourrait contredire le projet de l’État.</p><p>Si votre vie intérieure est pauvre, ce sera beaucoup plus facile de travailler chez McDonald&rsquo;s, ou de rester assis en face d’un ordinateur toute la journée, ou encore de livrer des marchandises fabriquées en Chine. Peut-être même qu’avec l’aide de l’alcool, du divertissement ou d’autres drogues, ce type d’activités peu gratifiantes deviendrait supportable.</p><p>Historiquement, l’Amérique était hautement éduquée et dotée d’un esprit d’entreprise inégalé de même qu’une passion pour la libre expression et la contestation. Non seulement les Américains étaient alphabétisés, mais ils maîtrisaient la lecture, l’écriture et l’expression en public, des compétences qu’il était interdit d’enseigner sous l’Empire britannique.</p><p>Après la guerre civile, l’économie s’était peu à peu transformée d’économie entrepreneuriale à la production de masse qui nécessitait un prolétariat déraciné et corvéable à merci.</p><p>L’implantation de l’école publique a commencé par le Massachusetts. La résistance à l’école publique était telle qu’il aura fallu 15 ans pour qu’un second état la propose, c’est-à-dire si l’on ne tient pas compte de Washington D.C. qui l’a mise en œuvre immédiatement.</p><p>Au départ, les commissions scolaires étaient gérées localement. Pour contrer les influences locales, les districts scolaires sont devenus plus grands au nom d’une supposée efficacité. En réalité, cela a eu pour effet d’écarter les parents qui n’avaient pas de financement pour se faire élire. Et contrairement à l’efficacité promise, les coûts de gestion ont augmenté, certains en profitant pour se remplir les poches.</p><p>Les commissions scolaires ont ainsi été réduites de 135000 à 15000 environ. Du fait de leur taille, ces institutions devenaient des cibles intéressantes pour le clientélisme politique et pour certaines industries.</p><p>Quels sont les avantages qu’offre la scolarisation pour une gestion politique de la population ? Tout d’abord, l’école et ses sous-traitants sont le premier employeur du pays. L’institution permet d’employer autant de gens que nécessaire pour calmer les velléités révolutionnaires.</p><p>L’école est aussi un moyen de sélectionner des employés avec les bonnes idées. Les budgets de l’Éducation Nationale rivalisent avec ceux de la Défense et servent à payer les bons amis dans l’industrie. Comment expliquer autrement que l’école paie plus cher qu’un particulier pour ses commandes ?</p><p>Les parrains de l’école publique comptent parmi les plus grandes familles de l’Amérique. Leurs traditions démocratiques ont été ébranlées par la théorie de Darwin. Par la suite, c’est surtout la crainte de la surproduction qui les a motivés à agir sur le destin de millions d’enfants. Pour que l’investissement initial soit rentable, la production doit pouvoir compter sur une demande stable et prévisible. Au tournant du siècle, il restait encore un peu de trop de volonté d’indépendance dans la population pour en faire une clientèle fiable. En particulier, l’esprit d’entreprise et la capacité d’innovation étaient très répandus et constituaient une menace pour les monopoles.</p><h3 class="wp-block-heading">Détour par Londres</h3><p>L’apprentissage autodirigé à la manière de Benjamin Franklin est un parcours à la carte pour une éducation sur mesure. Ce type de formation accepte que tout et n’importe quoi puissent être un point de départ pour un apprentissage&nbsp;: un emploi, jouer au poker, etc. Tout ce qui importe est que ce choix soit personnel et voulu. N’importe quelle personne qu’on rencontre est un professeur potentiel&nbsp;: un mécanicien, une stripteaseuse, un compteur de cartes, etc.</p><p>Dans ce modèle, il n’y a pas vraiment de règle, si ce n&rsquo;est que l’élève choisit ce qu’il veut apprendre. Il n’est pas pénalisé s’il ne souhaite pas apprendre de vous, comme c&rsquo;est le cas à l&rsquo;école.</p><p>L’apprentissage autodirigé peut paraître chaotique, mais il ne l’est pas plus que la vraie vie. Au bout du compte, soit vous choisissez votre scénario, soit vous êtes dans le scénario de quelqu’un d’autre.</p><p>Il est difficile de croire que nous en soyons arrivés de nos jours à faire appel à des spécialistes pour des questions à la portée de gens ordinaires.</p><p>De la même manière, nous considérons &#8211; à tort &#8211; comme une catastrophe d’être déscolarisés. Mais les exemples de Thomas Edison, parti vers l’Ouest à 12 ans sans argent et sans contact, ou de George Bernard Shaw qui a quitté l’école à 14 ans devraient nous faire douter.</p><p>Une étude de l’université du Connecticut a voulu évaluer l’accumulation de connaissances entre la première année d’université et la dernière. Dans 16 sur 50 des universités étudiées, les étudiants en savaient moins en sortant qu’en arrivant à l’université. Dans les autres universités, aucun progrès n’a été mesuré !</p><p>La Guerre Civile américaine n’avait pas pour cause la lutte contre l’esclavage. En fait, les industriels du Nord observaient avec envie ce que leurs concurrents européens faisaient avec leur prolétariat. Mais ils étaient suffisamment avisés pour réaliser que l’indépendance et les traditions familiales et religieuses des Américains devaient d’abord être affaiblies. L’école obligatoire était un instrument pour réaliser cet objectif.</p><p>En effet, un esprit indépendant et libre de ses choix d’apprentissage est sûr de lui et d’autant moins malléable face à l’autorité.</p><p>Une économie de production de masse débouche inéluctablement sur une oligarchie. Dans un tel régime, les processus naturels du capitalisme sont empêchés. La destruction créatrice de Schumpeter ne peut pas avoir lieu sans quoi le capital des oligarques n’est plus à l’abri. Une telle économie centralisée ne peut pas fonctionner correctement sans un contrôle et une uniformisation des esprits. L’entreprise est facilitée si l’on commence dès le plus jeune âge.</p><p>Durant deux siècles, l’apprentissage autonome a été la règle en Amérique. Cette période a été caractérisée par une inventivité sans pareille dans l’histoire de l’humanité. La scolarisation et sa nasse de jugements et de normes a coupé les ailes de notre jeunesse. Peu après la généralisation de l’instruction obligatoire jusqu’à l’adolescence, le nombre de demandes de brevets déposés a diminué. Le déclin s’est accéléré avec la Seconde Guerre mondiale lorsque la maternelle et l’éducation supérieure ont gagné du terrain.</p><p>Des hommes comme Spinoza au 17<sup>e</sup> siècle et Fichte au 19<sup>e</sup> siècle ont été capables d’anticiper les conséquences délétères de la scolarisation (et de la promouvoir). Selon ces derniers, un individu à l’imagination fertile est beaucoup moins prévisible et contrôlable qu’un autre.</p><p>De nombreuses personnes qui n’ont pas jugé utile d’avoir une formation supérieure&nbsp;ont très bien réussi : Bill Gates et Paul Allen (Microsoft), Steve Job et Steve Wozniak (Apple), Michael Dell, Larry Ellison (Oracle), Ted Turner (Time Warner), Warren Avis, William Faulkner, Paul Orfaela (Kinko), Shawn Fanning (Napster), Lew Wasserman (MCA), John Mackay (Whole Foods), Kip Tindell (The Container Store). Pour certains d’entre eux, leur principal avantage sur les autres a été de préserver du capital et de commencer leur carrière très tôt alors qu’ils étaient au sommet de leurs capacités à l’adolescence.</p><p>Adam Smith considérait le désir insatiable de gagner de l’argent comme une maladie mentale. Derrière le succès des entreprises citées précédemment, il faut chercher non pas la volonté de maximiser le profit ou la valeur pour l’actionnaire comme cela est enseigné dans les Business Schools, mais plutôt le souci de satisfaire ses clients.</p><p>La véritable éducation, à l’opposé de l’instruction scolaire, enseigne que le seul moyen de s’enrichir est d’être utile aux autres. Ce ne sont pas nos systèmes qui vont sauver notre économie malade, seuls des individus complets le peuvent et ceux-ci ne sortent pas d’écoles-usines. Auparavant, nous fabriquions de l’acier, maintenant nous produisons des bulles spéculatives. Alors même que nous n’avons jamais eu autant besoin de citoyens pleins de ressources et avec de nouvelles idées, l’école continue à produire des zombies dociles.</p><p>À l’époque de Saint Paul, la vie des israélites était codifiée à l’excès. Par exemple, une règle concernait la hauteur réglementaire depuis laquelle verser de l’eau sur du fumier. Saint-Paul proposait de respecter le principe de l’amour de son prochain et de s’adapter aux circonstances. À notre époque, la société est aussi réglementée qu’à l’époque de Saint-Paul, mais dispose de plus d’outils de surveillance de masse pour punir les déviants et les récalcitrants.</p><p>Mais la résistance s’organise. Des millions d’Américains font l’école à la maison. Des trucs et astuces s’échangent sur internet pour passer sous le radar ou pour confectionner des armes. L’ère de l’expert, des élites créées par le rationnement de l’information, ainsi que des distorsions créées par le gouvernement touche à sa fin. Demandez-vous, dans une telle période, voulez-vous comme ami le premier de la classe ou quelqu’un qui a le sens de la débrouille ?</p><h3 class="wp-block-heading">Stanley le Gros et les Amish de Lancaster</h3><p>L’éducation se distingue de l’instruction en cela qu’elle requiert la connaissance de soi avant qu’elle ne puisse se développer. Dans le cas de l’instruction, c’est toujours le plan de quelqu’un d’autre qui sert de référence ultime. L’éducation est initiée de l’intérieur tandis que l’instruction est imposée de l’extérieur.</p><p>L’éducation suppose une large palette d’expériences, une introspection constante, le maintien de sa concentration en dépit des distractions, de la curiosité, de la patience, de l’observation, une inclination à faire des essais et à prendre des risques, et une capacité à apprendre de ses erreurs.</p><p>Stanley, le Gros, âgé de 13 ans, était un camarade de classe de John Taylor Gatto. Il venait seulement un ou deux jours par mois à l’école. Le reste du temps, il s’empressait de travailler gratuitement pour ses oncles et tantes entrepreneurs&nbsp;: un fleuriste, un restaurant, une épicerie, un menuisier et une entreprise de livraison. Il savait qu’il n’avait que 8 ans pour devenir financièrement indépendant et accumulait autant qu’il le pouvait de l’expérience avec sa famille.</p><p>L’école n’offre pas ce type d’expériences. En fait, elle les décourage. Ce qu’elle apprend c’est d’attendre patiemment son tour, si jamais il vient et de se soumettre au jugement d’étrangers, même lorsqu’ils ont tort.</p><p>Là où le capitalisme industriel s’évertuait à tuer sa main-d’œuvre à la tâche, les socialistes souvent issus des mêmes familles industrielles voulaient les tuer avec bonté. C’est ainsi qu’est né l’état providence. Contrairement aux promesses faites, l’école n’a pas résorbé les inégalités, mais les a renforcées. La richesse, aujourd&rsquo;hui, est deux à trois fois plus concentrée qu’au début du 20<sup>e </sup>siècle. Le pouvoir d’achat d’un <em>couple</em> de travailleurs en 1995 est 8% supérieur à celle d’un <em>célibataire</em> en 1905 !</p><p>Les Amish ont pris un chemin différent. Pour les Amish, l’école publique était une atteinte à leur mode de vie en séparant les enfants de leur famille et de leur communauté. Pour les Amish, l’école produisait des individus abîmés et inaptes à prendre des responsabilités dans la communauté. &nbsp;Finalement, en 1976, un arrêt de la Cour Suprême sur le conflit qui opposait l’état du Wisconsin et la communauté Amish a statué&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li>Les écoles devaient être à distance de marche de la maison</li><li>Les écoles devaient avoir une taille modeste pour ne pas avoir à séparer les élèves en classes d’âges et pour pouvoir conserver le même professeur pendant toute leur scolarité.</li><li>Le temps de scolarité devait être d’au plus 8 mois.</li><li>Les décisions importantes devaient être sous le contrôle des parents et non des bureaucrates.</li><li>Les professeurs devaient connaître et apprécier la culture Amish.</li><li>Les enfants devaient apprendre que la sagesse et l’érudition étaient deux choses différentes.</li><li>Les élèves devaient avoir l’opportunité de faire des stages pratiques supervisés par leurs parents.</li></ol><h3 class="wp-block-heading">La classe de David Sarnoff</h3><p>David Sarnoff est immigrant russe. À peine arrivé à New York, son père est décédé, ce qui l’a obligé à soutenir sa famille en travaillant à partir de 9 ans. En cinq mois, il a appris à lire l’anglais et a commencé à travailler pour un journal. Lorsqu’il vit une annonce pour un poste chez Marconi Wireless, il s’est précipité dans leurs bureaux et est entré directement chez le PDG pour lui dire qu’il voulait le poste. Il l’a eu. Les cinq cents garçons qui attendaient à l’extérieur pour une entrevue ont donc attendu pour rien.</p><p>Sarnoff s’est constamment formé pour être à la pointe des développements technologiques. À 39 ans, il est devenu PDG de la RCA.</p><p>L’école obligatoire aurait rendu cette aventure impossible. C’est encore plus vrai aujourd’hui avec nos écoles dysfonctionnelles et en proie à la violence.</p><p>Ce n&rsquo;est pas tout. Des dynamiques autodestructrices sont à l’œuvre dans le corps enseignant . Certains enseignants jouissent de privilèges&nbsp;: de bonnes salles de classes, de bons élèves, etc., parfois même des postes administratifs sans enseignement. D’un autre côté, d’autres enseignants, souvent jeunes, ont des conditions de travail plus difficiles et la tentation est grande pour ces derniers de se désengager et d’en faire le moins possible.</p><p>Dans ce système, les rares idéalistes qui cherchent à changer les choses sont rapidement mis hors d’état de nuire.</p><p>Les professeurs de mathématiques et d’éducation physique sont ceux qui deviennent le plus souvent des administrateurs ou des principaux. En effet, ce sont eux qui ont le plus de temps et le moins de stress dans une journée de travail. Ils trouvent alors l’énergie pour construire des alliances et amadouer des intérêts particuliers pour monter en haut de la pyramide hiérarchique. Lorsqu&rsquo;ils atteignent leurs objectifs, ils ne sont pas enclins à mordre les mains qui les ont nourris.</p><h3 class="wp-block-heading">Camino de Santiago</h3><p>Les enfants avec les pires problèmes de comportement sont ceux qui regardent trop la télévision. Il faut croire qu’écouter des histoires sans queue ni tête, des publicités absurdes, ainsi que la propagande corporative ne contribue pas à forger le caractère et le sens moral.</p><p>Les individus apprennent grâce à des rétroactions. Dans la vraie vie, s’ils n’exécutent pas une tâche comme il faut, ils vont le savoir très vite. Or, à l’école, le système de règles rigides inventées il y a longtemps par on ne sait qui limite beaucoup ce type d’apprentissage interactif.</p><p>Pour résoudre la problématique de l’abrutissement par la télévision, les ordinateurs et l’internet, la solution passe par une exposition à un apprentissage interactif.</p><p>Le secret d’un programme de guérilla éducationnelle consiste à donner l’opportunité à des élèves d’avoir des expériences dans le monde réel. Pour les élèves, ces expériences sont beaucoup plus engageantes que n’importe quel divertissement sur écran.</p><p>Faire des expéditions à travers l’état de New York, déposer une plainte dans le système judiciaire, créer une activité entrepreneuriale, participer à des débats publics est infiniment plus intéressant que de rester assis dans l’ombre.</p><p>Le programme de John Taylor Gatto était en fait inspiré du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, qui donne l&rsquo;occasion de se réconcilier avec soi-même, de se sentir en contrôle, et de communier avec la nature. Voici une autre source d’inspiration&nbsp;: <em>A Visitor’s Key to Iceland</em>, un guide touristique sur l’Islande où chaque lieu était décrit avec une histoire pittoresque.</p><p>Les élèves envoyés par Gatto en excursion devaient collecter des informations intéressantes sur les lieux qu’ils visitaient pour les partager avec leurs camarades.</p><p>Les enfants qui s’abrutissent devant leurs écrans ont une capacité d’attention moindre. Ils ont un besoin constant de stimulation que la réalité ne peut leur donner. La violence, y compris la violence sexuelle, est leur exutoire. La plupart des civilisations en déclin glorifient la guerre. Le respect pour les devoirs et pour la famille diminue de même que l’empathie au profit du divertissement et de la prédation.</p><h3 class="wp-block-heading">Armes d’instruction massive</h3><p>L’école n’est pas un bon endroit pour vos enfants. Elle est incurable et mérite d’être sabotée.</p><p>Comme les guildes médiévales de l’orfèvrerie ou du verre, l’institution scolaire décourage toute innovation parmi ses membres et sanctionnera toute dérive. Comme l’a démontré Robert Michel, la mission première de toute bureaucratie est de se préserver.</p><p>Il n’y a pas vraiment de différences entre les bons et les mauvais élèves si ce n’est que le second groupe a été privé de stimulations délibérément.</p><p>La méthode de John Taylor Gatto consistait d’abord à connaître intimement l’histoire de ses élèves et les relations entre eux. Toutes les sources d’information étaient bonnes&nbsp;: faire parler les élèves, leurs ennemis, leur famille, et même consulter les bulletins de notes. Une fois le profil de l’élève connu, un questionnaire à remplir par l’élève devait indiquer trois choses qu’ils aimeraient apprendre et trois faiblesses sur lesquelles ils voudraient travailler. Les priorités de l’élève devenaient celles de Gatto sans aucune censure. Toutefois, aucun collègue ou administrateur ne devait être au courant. Seuls les parents étaient dans la confidence et la plus grande discrétion leur était demandée. Sans plaintes des parents et sans désordre dans la salle de cours, Gatto avait alors les coudées franches.</p><p>Comme Adam Smith l’a clairement énoncé, l’objet de l’éducation n’est pas de faire une nation plus prospère. Selon lui, l’éducation est le moyen de résorber les dommages collatéraux inhérents au capitalisme. En effet, la compétition associée au libre-échange crée des dégâts psychologiques&nbsp;: les travailleurs deviennent plus frileux, plus stupides, plus paresseux et plus indifférents.</p><p>La véritable éducation s’attaque à ces maux.</p><p>Les élèves sentent instinctivement que l’école n’a pas leur intérêt à cœur. Pour cette raison, il la méprise et tout ce qui y ressemble de près ou de loin.</p><p>L’école est aussi sous influence politique. Des intérêts privés ou des intérêts de caste peuvent éliminer du programme des informations critiques sur leurs privilèges, leurs pratiques, leurs croyances. Une grande partie du temps de classe est donc consacrée à des sujets sans importance ou du moins sans rapport avec les questions importantes que se posent les enfants.</p><p>Vos professeurs ne vous ont sans doute jamais mentionné que Darwin a une formation de ministre du Culte et qu’il était d’une famille immensément riche qui côtoyait les princes et les ducs. Ils ne vous auront pas non plus mentionné que Darwin, dans <em>Descent of Man</em>, prônait le darwinisme social et qu’il croyait dans l’inégalité des races, et ô surprise que la race européenne étant la plus avancée.</p><p>Saviez-vous que la première décision d’Adolphe Hitler une fois au pouvoir fut d’interdire la possession d’armes à feu par les citoyens ? Pourquoi n’en parle-t-on pas ?</p><p>Le slogan de la Royal Scientific Society est <em>Nullius in verba</em> c’est-à-dire «&nbsp;Ne croyez rien sur parole ! Pensez par vous-même.&nbsp;» Le slogan de nos écoles serait plutôt « Laissez les autres penser à votre place !&nbsp;»</p><p>Un autre secret que l’école se garde bien de vous dire, mais que vous devinez sans doute est que l’apparence physique et la prestance sont importantes pour l’admission dans les universités d’élite. Tout se passe presque comme si ces universités participaient à un projet eugéniste…</p><p>La laideur demande du travail. À votre avis, est-ce que rester assis passivement des heures durant toute la journée va vous donner une meilleure mine ? Est-ce que le stress des devoirs et des examens vous rendra plus agréable ?</p><p>Avez-vous appris à l’école que les nazis se sont inspirés des programmes eugénistes américains qui ont conduit à stériliser des dizaines de milliers de personnes aux États-Unis ?</p><p>Dans un monde complexe comme le nôtre, les personnes flexibles survivent mieux que les autres. Malheureusement, l’école récompense ceux qui suivent scrupuleusement des règles. Or, pour rester indépendants, nous devons savoir où et comment chercher l’information et se former continuellement. Le véritable apprentissage conduit inévitablement à de piètres performances aux examens.</p><p>Pour une bureaucratie, tout est secondaire sauf une chose, la subordination. Un membre éduqué ou avec des principes est ce qu’elle redoute le plus. Le premier, car il peut argumenter efficacement, le second car il est inflexible. De tels individus sont problématiques.</p><p>C’est pourquoi le conditionnement commence au jardin d’enfants par l’injonction&nbsp;: «&nbsp;ne fais pas ça&nbsp;». En primaire, au lieu d’explorer le monde, les élèves s’entendent répéter&nbsp;: «&nbsp;Ne cours pas! Ne grimpe pas aux arbres! Ne parle pas! Ne regarde pas par la fenêtre! » Ils comprennent ce que cela veut&nbsp;dire : «&nbsp;N’aies pas très propres idées! Sois passif! Ne fais pas tes propres choix!&nbsp;»</p><p>Le programme éducatif idéal devrait multiplier l’exposition à de nouvelles idées, de nouvelles expériences et de nouvelles personnes.</p><p>Au lieu de ça, tout est fait pour limiter le développement de compétences réelles et d’une pensée claire. Lorsqu’ils sortent de l’école, les élèves sont incapables de faire face aux défis de leur existence sans aide et leur impuissance les rend manipulables comme des enfants.</p><p>S’il y avait un seul conseil à donner aux parents dans leur relation avec leurs enfants, ce serait celui-ci&nbsp;: «&nbsp;Ne les voyez pas comme des enfants. S’ils sont encore puérils après 7 ans, c’est qu’il y a un problème. Si à douze ans, ils ne connaissent pas leur chemin en ville, s’ils ne font pas des excursions en vélo de 150 km, et ne sont pas assez utiles à la communauté pour avoir un revenu indépendant, c’est que vous avez raté quelque chose.&nbsp;»</p><p>Andrew Hsu, un immigrant taiwanais, âgé de 11 ans a fait son éducation à la maison. Il a remporté des prix en natation, un concours de science, et il parle couramment l’anglais, le français et le chinois. Voici la leçon la plus importante qu’il ait apprise&nbsp;: «&nbsp;si vous mettez des puces dans un contenant, elles sautent pour s’échapper. Mais si vous mettez un couvercle sur le contenant, les puces vont se cogner dessus et au bout d’un certain temps, elles cesseront de sauter.&nbsp;Quand le couvercle est enlevé, les puces n’osent plus sauter. Dans la vie, c’est la même chose. »</p><p>Nous savons depuis longtemps qu’un sommeil ininterrompu est le secret d’une pensée claire et précise. Mais cela est aussi vrai durant le jour. Une étude constamment interrompue nous empêche d’arriver à nos conclusions. Le rythme de l’école, ses interruptions régulières, ses changements de classe, les distractions créées par les élèves (flirts, intimidations, brouhahas) constituent un frein majeur à l’apprentissage. Les interruptions signalent aussi que ce qui est enseigné ne mérite pas notre attention, sinon pourquoi l’interrompre ?</p><h3 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qu’une éducation</h3><p>Une véritable éducation devrait vous permettre de comprendre le monde autour de vous et en particulier comment nous en sommes arrivés là.</p><p>Emmanuel Kant a posé les bases d’un véritable programme d’éducation en posant ces questions&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Qu’est-ce que je peux connaître ?</li><li>Que suis-je en droit d’espérer ?</li><li>Que dois-je faire ?</li><li>Qu’est-ce qu’un Homme ?</li></ul><p>Une personne éduquée&nbsp;:</p><ul
class="wp-block-list"><li>Aime passer du temps seul et profiter de sa compagnie.</li><li>Forme des relations saines, car elle comprend la dynamique des rapports humains.</li><li>Est consciente du temps qui passe et de sa mortalité. Elle tire des leçons à tout âge.</li><li>Évalue de façon critique les instructions qu’elle reçoit à l’aune de son système de valeurs. Elle connaît aussi des systèmes de valeurs alternatifs.</li><li>Apprécie le pouvoir de créer de nouvelles choses et découvre la vérité par elle-même.</li><li>Détecte les besoins des autres et obtient un revenu en y répondant sans perdre de vue que la richesse matérielle n’est pas l’essentiel.</li><li>Cherche à maîtriser une variété d’activités pour le plaisir et le savoir tout en ayant une occupation principale.</li><li>Cherche à découvrir d’où elle vient, quelles sont ses limites, quelles sont ses possibilités.</li><li>Observe attentivement le monde réel proche et lointain, l’analyse et interagit avec lui. Le tableau noir ne remplace pas l’expérience réelle.</li><li>Noue très tôt des relations à tous les niveaux&nbsp;: famille, amis, camarades, ennemis, amoureux, communauté, réseautage, etc.</li><li>À une approche raisonnée de sa vocation&nbsp;: comment contribuer au bien commun et gagner sa vie ?</li><li>Réalise que son temps est limité et que des choix irréversibles doivent être faits.</li></ul><p>La scolarisation obligatoire donne des avantages économiques de court terme pour les élites managériales. Mais cela se fait au prix de la vitalité de la communauté comme cela s’est produit en Union soviétique.</p><p>On dit que la mission de l’école est principalement d’apprendre à lire. Or, l’expérience montre qu’il suffit de 30 heures d’efforts assidus pour maîtriser les bases de la lecture. Tout le problème est que ce travail ne peut être imposé et l’élève doit le vouloir. Ainsi, certains élèves apprendront à 5 ans d’autres à 12 ans, mais à 15 ans on ne saura pas dire qui des deux a appris le premier.</p><p>Au 19<sup>e</sup> siècle, nous apprenions à lire comme aujourd’hui les gens apprennent à se servir d’un ordinateur&nbsp;: en nous donnant du mal, en demandant à des amis, en faisant des essais, en regardant les autres faire… On pourrait faire une comparaison similaire avec la conduite automobile.</p><h3 class="wp-block-heading">Une lettre à ma petite-fille</h3><p>Les clés d’une bonne éducation selon John Taylor Gatto&nbsp;:</p><ol
class="wp-block-list" type="1"><li><strong>Connais-toi toi-même.</strong> Vous devez connaître vos inclinations, forces et faiblesses.</li><li><strong>Observation</strong>. Vous devez être capable de vous concentrer intensément pour mémoriser une situation ou un document afin de l’analyser plus tard. Vous devez être capable de lire les sources originales, peu importe leur forme.</li><li><strong>Rétroaction</strong>. Vous devez prêter attention aux signes de votre environnement pour savoir si vous êtes sur la bonne voie. En revanche, les notes et appréciations des professeurs vous induiront en erreur.</li><li><strong>Analyse</strong>. Vous devez être capable de décomposer un problème en sous-problèmes et identifier les facteurs les plus importants – tout seul.</li><li><strong>Simulation</strong>. Vous devez être capable de vous glisser dans la peau de quiconque même de vos ennemis, et vous fondre dans les groupes les plus divers.</li><li><strong>Expression</strong>. Vous devez être capable de vous exprimer avec force et clarté pour gagner des alliés.</li><li><strong>Jugement</strong>. Vous devez percer le voile des apparences. Presque rien n’est tel qu’il paraît. Les personnalités les plus attirantes sont presque systématiquement fausses.</li><li><strong>Être utile</strong>. Si vous n’êtes pas utile pour les groupes dont vous faites partie, alors vous n’avez &#8211; littéralement &#8211; aucune valeur.</li></ol><p>Notre monde ressemble de plus en plus à un laboratoire où nos moindres faits et gestes sont scrutés. Les meilleurs talents des classes populaires sont identifiés aussitôt que possible pour être recrutés et éviter qu’ils n’encadrent un mouvement révolutionnaire. Ce projet de gestion scientifique des ressources humaines a été mené avec un grand art. Chaque fois qu’une liberté était enlevée, une autre était octroyée dans les domaines traditionnels&nbsp;: sexualité, famille, religion, etc. Tout et n’importe quoi étaient permis. L’école a contribué à ce mouvement en coupant les élèves de leur référence morale traditionnelle.</p><p>La création d’habitudes par l’école est la clé pour maintenir l’ordre établi. Comme l’a écrit William James en 1890 dans <em>Principes de psychologie&nbsp;</em>:</p><p>«&nbsp;L’habitude est l’élément stabilisateur de la société. C’est son agent conservateur le plus précieux. Seule l’habitude […] permet aux enfants privilégiés d’être protégés des soulèvements vengeurs des pauvres […] Seule l’habitude empêche les travaux les plus durs et les plus vils d’être désertés. Elle tient le mineur dans l’obscurité. Elle décourage le mélange des classes.&nbsp;»</p><p>C’est notre responsabilité d’identifier de telles habitudes placées en nous par des agents étrangers et qui bloquent notre curiosité.</p><h3 class="wp-block-heading">Incident au lycée Highland</h3><p>Les études montrent que trois choses comptent pour être heureux&nbsp;: de bonnes relations humaines, une bonne santé et un emploi intéressant. L’école contribue malheureusement à réduire le temps disponible pour nouer des relations, est néfaste pour la santé et conduit à des emplois dépourvus de sens.</p><p>Une des principales peurs des élèves, comme ceux du lycée huppé de Highland, est de ne pas être admis dans une université prestigieuse. En réalité, ils sont mal informés. Les universités sont des entreprises qui doivent recruter suffisamment d’élèves pour payer leurs frais. Bien sûr, tout le monde ne rentre pas, mais les notes sont moins importantes qu’on ne le croit. Harvard, Princeton, Yale, Stanford rejettent de nombreux candidats avec des scores SAT parfaits. À l’inverse des étudiants médiocres comme George W. Bush, Al Gore, John McCain, Franklin D. Roosevelt y sont acceptés sans difficulté.</p><p>Qu’est-ce qui intéresse ces universités ? Elles veulent savoir si vous êtes déjà distingué en créant une entreprise ou une association caritative, ou en faisant le tour du monde à la voile, ou en démontant un tracteur et en le réassemblant. En bref, elles veulent savoir si vous avez du potentiel. Car si vous avez du potentiel, vous avez de grandes chances de réussir d’une façon ou d’une autre. Vous contribuerez alors par votre réputation ou votre argent à l’essor de l’institution.</p><p>Vous n&rsquo;avez pas besoin de l&rsquo;école pour cela, bien au contraire.</p><p>The post <a
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href="https://economierebelle.com">Economie rebelle</a>.</p><p>L’article <a
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